Encore un beau retard de ma part, j'ai eu des vacances mouvementées et compliquées. Désolée pour celles et ceux qui attendaient ce chapitre.

Comme d'habitude, merci aux fidèles, à ceux et celles qui suivent cette histoire et qui laissent régulièrement une petite review !

Un merci tout particulier à :

- bdf007

- Chloay (trois fois merci, même !)

- Zeugma412

- stormtrooper

- Daidaiiro

Sur ce, bonne lecture, n'hésitez pas à laisser une petite review et me dire ce que vous pensez de cette fic. On va rentrer dans tout un arc de l'histoire qui va sans doute plaire aux fans de Snape, et qui est très sympa, j'espère que vous aimerez autant que moi !


Chapitre 11 : Des progrès ?

Il était presque l'heure d'extinction des feux lorsqu'Harry se traîna péniblement hors des cachots. Il s'était senti pire, sans aucun doute, lors de ses nombreux face-à-face avec Voldemort, mais ce soir, il était douloureux au niveau de muscles dont il ne soupçonnait pas l'existence. Chacun d'eux le lançait, sa cicatrice le brûlait en continu et son cerveau lui donnait l'impression qu'il se balançait d'avant en arrière dans sa boîte crânienne.

Et que dire de son cœur après avoir vu Sirius mourir encore et encore. Ou de son âme en se remémorant les mots qu'il avait lancés à Snape.

Outre le fait que tout son corps protestait à tout effort supplémentaire, Harry ne voulait pas retourner au dortoir. La pensée d'être allongé dans le silence, entouré par ses amis paisiblement endormis l'emplissait d'une sensation d'horreur qu'il ne parvenait pas à s'expliquer. Donc il errait, restant toutefois aux alentours de la Tour Gryffondor au cas où un professeur le surprendrait il pourrait toujours avancer le fait qu'il était en chemin vers la Salle commune. Mais il espérait ne tomber sur personne. Il ne voulait pas devoir s'expliquer sur où il était ou ce qu'il faisait. Et il ne voulait certainement pas retourner à la Salle commune.

Ce ne fût que lorsqu'il se retrouva dans le couloir de Défense contre les Forces du Mal qu'il réalisa ce qu'il voulait. « Si tu as besoin de parler, à n'importe quel moment, viens me voir à mon bureau… »

Mais il était près de minuit, et Harry ne voulait pas déranger le Professeur Lupin. Merlin savait que Remus avait assez de choses à se soucier comme ça. Harry soupira, marchant plus lentement, et tenta de se dissuader. Après tout, ce qu'il s'était passé ce soir était de sa faute – en grande partie.

Pourquoi a-t-il laissé Snape le pousser si loin, alors que c'est lui, Harry, qui a insisté pour renforcer les leçons ? Ce n'était pas comme s'il ne savait pas que Snape exploiterait ce souvenir de Sirius. Snape saisissait toujours une occasion de le rendre misérable – depuis quand laisse t-il cela l'atteindre ?

Parce que ce n'est pas juste, dit la part de lui qui était toujours en colère, mais il balaya cette pensée. Depuis quand les mots « Snape » et « juste » faisaient bon ménage dans une même phrase ? Et Snape avait raison sur un point : Harry devait s'attendre à pire de Voldemort s'il n'apprenait pas l'Occlumencie. Mais ce qu'il a fait, ce n'était pas m'apprendre l'Occlumencie.

Et ce qu'Harry a fait, ce n'était pas apprendre l'Occlumencie.

Ses pas le menaient progressivement vers le bureau de Lupin. Remus n'était probablement même pas là, il était sûrement déjà au lit, ou bien dehors en train d'enquêter sur la dernière vision d'Harry. Harry frissonna : si c'était le cas, il espérait qu'il soit prudent. La pensée de perdre une personne de plus – n'importe qui - des mains de Voldemort faisait trembler Harry intérieurement. La pensée de perdre Remus – Harry dû se tenir contre le mur.

Fixant le sol, il cligna des yeux : il y avait de la lumière sous la porte du bureau du Professeur Lupin. Harry se retrouva debout face à la porte si vite qu'il ne se souvint pas d'avoir bougé, et il se tint là, dans le couloir sombre, pendant un temps incroyablement absurde, ne sachant se décider. Remus lui avait dit de venir le voir s'il avait besoin, et Harry voulait lui parler presque autant qu'il avait voulu parler à Sirius après avoir vu le souvenir dans la Pensine de Snape. Mais il ne voulait pas le déranger. Et s'imaginer le visage de Remus après lui avoir rapporté ce qu'il avait dit à Snape l'emplit tellement de honte qu'il se sentit mal.

Mais il se tenait devant la porte de Lupin comme un idiot, à minuit moins le quart, et il ne parvenait pas à s'éloigner. Il ne voulait pas déranger Remus, vraiment pas, après les catastrophes qu'il avait réussi à engendrer. Mais Ron et Hermione ne le comprendraient pas totalement. Si seulement Sirius était là, il aurait été exactement la personne avec laquelle il aurait été capable de parler de ce qu'il s'était passé.

C'était la pensée de Sirius qui rappela à Harry quelque chose qu'il avait vu dans le journal : Remus, en pleurs sur les marches du Numéro 4, Privet Drive, enserrant la baguette d'Harry contre son visage comme s'il s'agissait d'une relique sacrée.

La seconde suivante, Harry se vit lever la main et frapper à la porte. « Entrez. » entendit-il venir d'une voix lasse qui le fit hésiter.

Mais il avait frappé, donc il tourna la poignée et ouvrit la porte d'un geste hésitant. Le Professeur Lupin était assis devant la cheminée, semblant épuisé. Il cligna des yeux en voyant Harry, puis sourit. « Je suppose que je ne devrais pas être surpris. Viens t'assoir, Harry. » Les yeux baissés, Harry s'exécuta. « Une tasse de thé ? » Harry acquiesça et fixa le feu jusqu'au retour de Lupin avec la tasse. « Un employé d'un membre du Congrès américain Sorcier a disparu. J'attends que l'ambassadeur prenne contact avec moi. »

Harry prit une petite gorgée de thé, combattant son estomac noué. « Donc ça veut dire…celle-ci pourrait être réelle ? »

Remus acquiesça, son regard doux sur Harry. « Il se pourrait bien. Penses-tu que tu serais capable de reconnaître une photo du prisonnier de Voldemort ? »

Ressentant une légère vague de soulagement à l'idée que cette nuit cauchemardesque n'ait pas été un gâchis total, Harry hocha la tête, puis soupira. Non, la nuit n'a pas été un gâchis total – s'il mettait de côté le fait que la seule chose productive qu'il a réussi à accomplir était justement la raison pour laquelle il prenait des leçons d'Occlumencie, pour que cela s'arrête ! Il déglutit difficilement et se força à lever le regard. « Professeur… »

« Imagine que nous ne sommes pas à Poudlard en ce moment, Harry. » dit Remus d'une voix si douce qu'Harry en eut la gorge nouée. Il mit sa main sur l'épaule d'Harry. « Dis-moi ce qui te trouble. »

Harry bu une nouvelle gorgée de thé, puis demanda : « Est-ce que le professeur Dumbledore…ou Snape…vous a dit ce qu'il s'est passé avant la vision ? »

Remus secoua la tête. « Non, mais nous avons suspecté que la vision n'avait pas été la seule complication. Dis-moi. »

Harry prit une grande inspiration. « Il…je…ça s'est mal passé. » Remus acquiesça, le regardant intensément. Harry se tourna vers la cheminée à nouveau. « Les souvenirs…c'étaient des mauvais, et je n'arrivais pas à contrôler mes émotions. Il était…et bien, il ne riait pas vraiment… » Il secoua la tête. Les actions de Snape ont-elles vraiment justifié la charge qu'Harry lui avait lancée ?

Mais Remus dit : « Severus fait souvent ça. Continue. »

« A…à la fin, j'ai perdu mon calme et…j'ai commencé à crier. J'ai dit des choses… » Harry ferma les yeux. « Je l'ai appelé Mangemort. Et…comment Sirius et mon père l'appelaient. »

Il vit un mouvement du coin de l'œil Remus avait tressailli. Lorsqu'Harry osa lever le regard vers lui, Remus avait son regard plongé dans le feu. Il resta silencieux pendant un long moment, puis demanda doucement : « Pourquoi étais-tu tellement énervé, Harry ? »

Frottant sa cicatrice toujours douloureuse, Harry s'expliqua misérablement. « Je sentais comme…il ne me faisait pas voir mes pires souvenirs à cause de Voldemort ou pour m'entraîner…il le faisait parce que c'était amusant. » Soudain désespéré de s'expliquer, il regarda Remus. « Il avait ce regard…comme s'il se moquait de moi. De…tout ce qu'il s'est passé. »

Remus se prit la tête dans ses mains et gronda quelque chose qui semblait être : « Il…ne…grandira…jamais. » Après un moment, il se leva, regarda Harry et soupira. « Veux-tu que je lui parle ? »

« Non ! » s'exclama Harry. « Non, je ne…non. Ca n'aiderait pas, de toute façon. » Il fronça les sourcils, incertain de ce qu'il voulait. « Je voulais juste…parler. Je suis désolé, je vais… »

Il voulu se lever, convaincu qu'il s'était rendu ridicule, mais Remus attrapa son bras « Non Harry, tout va bien. Je te l'ai déjà dit, peu importe pour quoi, tu peux toujours venir me voir. »

Harry soupira, massant sa cicatrice à nouveau, souhaitant qu'elle arrête d'être si douloureuse. « C'est juste que…il y a tant de choses que j'aurai voulu…qu'elles n'arrivent jamais. Je sais que je ne peux rien changer, mais ça ne m'empêche pas de le souhaiter. Je le veux tellement, et c'est inutile. » Il regarda Remus désespérément. « Sirius, oncle Vernon, les visions…ce que j'ai dit à Snape…je veux…revenir en arrière parfois. » Il ferma les yeux. « Je veux que tout soit parti. Je ferai n'importe quoi pour ça. Je donnerai tout pour retrouver Sirius. »

Maintenant qu'il y pensait, il ne ressentait pas la main de Remus Lupin sur son épaule comme avec Sirius. Son étreinte lui rappelait celle de Molly Weasley, douce mais avec une certaine urgence, comme s'ils avaient peur qu'Harry ne disparaisse s'ils ne le tenaient pas serré.

« Tu n'es pas seul. Crois-moi. Et ressentir les choses de cette façon est tout à fait normal. Je sais que ça n'aide pas vraiment, mais c'est vrai. J'aimerais qu'il y ait un moyen de revenir en arrière et changer tout ce qui s'est produit. » Il donna une légère secousse sur le bras d'Harry pour lui faire lever le regard. « Ce que tu dois te souvenir, ce à quoi tu dois t'accrocher, c'est que la plupart des choses qui se sont déroulées étaient bien au-delà de ton contrôle. Ne t'en veux pas pour ce que Voldemort a fait, Harry. Ca lui donnerait une victoire. Sirius et ton oncle, ça n'était pas ta faute. En fait, la seule chose qui soit en ton contrôle…et bien… je suis content que tu regrettes ce que tu as dit au professeur Snape. »

Harry tressailli. « J'étais tellement en colère qu'il utilise mes pires souvenirs comme ça – que je n'ai pas réfléchi et j'ai fait exactement pareil. »

A sa grande surprise, Remus se mit à rire. « Tu n'es pas en train de devenir comme lui. » Harry cligna des yeux, confus. « Souviens toi, je connaissais Severus quand j'avais ton âge. Tu as vu le pire de James et Sirius, mais je peux t'assurer que Severus Snape n'était pas un saint non plus. » Remus soupira et donna une tape amicale sur le bras d'Harry. « Mais je suis heureux que tu regrettes ce que tu as fait. Il a le don pour faire ressortir le pire chez les gens – ça briserait mon cœur de te voir devenir une mauvaise personne à cause de lui. »

« Ca ne sera pas le cas. » promit Harry. « Je vais arranger ça. »

Remus sourit. « S'il s'agissait d'une autre personne, je te suggèrerai de t'excuser, mais dans ce cas précis… » Les deux hommes se mirent à rire.

Un éclair de flammes vertes s'échappa de la cheminée. Harry sauta de sa chaise avec un cri de surprise, sa baguette à moitié dégainée. Lupin s'exclama : « Calme-toi, Harry. J'attendais cet appel ! »

Son cœur battant la chamade, Harry réalisa qu'il s'agissait d'un appel par cheminée. L'homme haussa les sourcils à la vue d'Harry, puis se tourna vers Lupin. « Professeur ? On vient de le confirmer. L'homme qui a disparu s'appelle Alex Marshall, il est âgé de 24 ans et c'est l'employé de Gabe Maury. Maury est au Comité de Relations Internationales des gens mal intentionnés pourraient en tirer beaucoup de ces gens là. »

« Avez-vous réussi à trouver une photo de l'homme ? » demanda Lupin. L'étranger – visiblement américain – fit un geste de la tête vers Harry. « Oh, pardonnez-moi, voici Harry Potter. »

« Sans blague ? Le-Garçon-Qui-A-Survécu, hein ? » L'homme inclina sa tête vers Harry, comme pour le juger digne des ragots Harry était habitué à ce regard. « Ravi de vous rencontrer, Potter, je suis Greg Payton, Embassadeur du Monde Sorcier américain. Voilà votre photo. Vous reconnaissez le gars ? »

Payton tendit une image à travers le feu, et Lupin l'attrapa, la donnant à Harry. Le cœur d'Harry manqua un battement à la vue du jeune homme souriant largement, faisait des gestes vers l'appareil photo, avec son bras autour d'une belle femme blonde arborant une bague surmontée d'un diamant. « Bon… » dit Payton, voyant l'expression d'Harry. « Je suppose que ça répond à la question. »

« Oui, c'est lui. » confirma Harry doucement. Le couple souriant, enlacés, sur la photo animée lui rappelait douloureusement ses parents. Il se demanda quelle information les sbires de Voldemort voulaient tirer de Marshall et, une fois cette information acquise, combien de temps ils prendraient avant de le tuer.

Payton parlait à Remus. « Nos collaborateurs vous contacterons dès demain. Vous dites que cet endroit est probablement en Grande-Bretagne ? »

« Harry l'avait vu auparavant cela semble probable. »

« Okay. Faites moi savoir si vous avez quoi que ce soit de nouveau. Bonne nuit. »

« Bonne nuit, M. l'Ambassadeur. » dit Remus, et Payton disparut à travers les flammes. « Les Américains ne prendront pas à la légère le fait que l'un d'eux ait été utilisé par Voldemort. Cela pourra être tout ce que l'on avait besoin pour avoir leur soutien contre lui. »

Harry lui rendit la photo, triste. « Trop tard pour lui cela dit. N'est-ce pas ? »

Reus soupira. « Probablement. Maintenant tu… » Un coup sec se fit entendre sur la porte. « Entrez ? »

Le cœur d'Harry se fit lourd alors qu'une vague de nausée le toucha. Snape entra dans le bureau

« Lupin, as-tu… » Il stoppa net sa phrase à la vue d'Harry, et ses yeux se rétrécirent. « J'aurais dû m'en douter. » gronda-t-il.

Se levant en hâte, Harry marmonna. « Je vais y aller. »

« Harry. Assieds-toi. Maintenant. »

Harry s'exécuta. Il n'avait jamais entendu ce ton dans la voix de Remus Lupin auparavant. Tout ce qu'il pouvait faire était de regarder Lupin se tenir entre lui et Snape. « Excuse-moi, Severus, tu voulais quelque chose ? »

Le regard furieux de Snape naviguait entre Harry et Lupin. « Je m'apprêtais à te demander si tu avais d'ores et déjà reçu une réponse de l'Ambassade, mais je vois que Potter est là, se lamentant auprès de toi sur la façon dont je le traite. Ce garçon va être une proie excessivement facile pour le Seigneur des Ténèbres s'il ne peut survivre à des leçons d'Occlumencie sans accourir dans les pattes du loup-garou domestique de son père ! » cracha Snape.

Harry ouvrit la bouche afin de protester, mais un geste de la main de Lupin dans sa direction l'interrompit – et la magie n'y était pour rien. « Alors, Severus. » dit Remus, d'un ton léger mais calculateur comme Hermione savait bien le faire également, « dois-je comprendre que tu considères que tes méthodes d'enseignements ont du mérite ? »

Au lieu de répondre, Snape regarda par-dessus son épaule et ricana. « Potter semble penser que je devrais lui épargner ses souvenirs du décès de son sacrosaint parrain, et il ne peut même pas repousser la moindre attaque entre toutes ces pleurnicheries. »

Aussi outragé qu'Harry pouvait être, ce sentiment était outrepassé par le choc – et une légère vague de panique – alors que Remus s'avançait lentement vers Snape d'une manière qui rappelait tellement Sirius que le rictus de Snape s'évanouit et qu'il reculait imperceptiblement.

D'une voix calme mais néanmoins hautement intimidante, Remus lança : « Tu as une raison de plus de te réjouir que Sirius ne soit plus là, Severus, parce que je peux t'assurer que si Sirius avait été ici, à ma place, à ce moment précis, il ne se serait pas retenu de te tordre le cou de ses propres mains. »

Avant que Snape ne puisse répondre, Remus continua sur sa lancée. « Et, pour ton information, Harry était là pour identifier sur une photo un employé du Sénat Sorcier qui a disparu. Il apparaît que cette vision était à la fois exacte et très utile, bien que l'on pourra tous se réjouir une fois qu'Harry ne sera plus en proie à ces visions. » Harry n'avait jamais réalisé depuis lors que Remus était aussi grand que Snape il était voûté habituellement. Ce n'était pas le cas à ce moment là. « Bien sûr, j'imagine que l'Occlumencie lui permettrait de faire des progrès plus facilement si l'enseignant n'était pas si désespérément emmuré dans ses propres difficultés. »

« Es-tu en train de me traiter d'incompétent ? » siffla Snape, se redressant de toute sa hauteur.

Lupin ne bougea pas le moindre muscle, n'éleva pas la voix un seul instant. « Un professeur si aveuglé par des rancunes de cour d'école qu'il les répercute sur des gens innocents ? Un sorcier si incapable de renoncer à sa revanche qu'il laisserait tout le monde sorcier s'écrouler ? Oui, Severus, je crois que tout ceci montre des signes éclatants d'incompétence. »

Harry en était bouche bée. Ni Lupin, ni Snape ne le remarqua. « Je suppose, » lança Snape d'une voix pleine de rage, « que le garçon est accouru vers toi l'année dernière lorsque j'ai interrompu ses leçons. T'a-t-il mentionné à quel point il était incapable de ne pas envahir mon espace privé – ou le point que ce soir, il ne semblait également pas capable de résister à me lancer au visage cette invasion à nouveau ? »

« Oui, oui, je sais tout ça, Severus. » Lupin se tourna à moitié et pointa Harry du doigt d'une manière nonchalante. « Tu t'es très mal comporté, Harry, ce n'était vraiment pas bien. Mais, et bien, des garçons de seize ans font parfois des choses mal, et je dois l'admettre, ayant été l'ami de James Potter et de Sirius Black. Mais tu n'as plus seize ans, n'est-ce-pas, Severus ? Pourtant tu continues à agir comme tel. Dis-moi, quelle est donc ton excuse ? »

La mâchoire de Snape se contractait nerveusement, ses yeux étaient perçants de colère, mais il ne semblait pas capable d'émettre des mots. « Cet…arrogant… »

« Je sais que James était un garçon arrogant. Nous l'étions tous, à notre façon. » La posture de Lupin s'adoucit à ce moment, de manière presque imperceptible, mais Harry n'osait toujours pas émettre le moindre son. « Mais James a grandit et est devenu un homme bien, un adulte honnête, ainsi que Sirius. » Il s'avança à nouveau, et Harry retint son souffle. « Tu es également un adulte, Severus, et il est grand temps que tu agisses en tant que tel ! »

Lupin n'avait pas haussé le ton – il n'en avait pas besoin – mais Harry avait sursauté.

Snape ne fit aucun mouvement. Lupin soutint son regard un long moment, puis se tourna lentement vers Harry. « Maintenant, Harry, je réalise que tu as manqué un anniversaire cet été, mais tu as seize ans désormais, et nous sommes en guerre. Sirius et moi-même t'avions dit l'année dernière qu'il n'y a rien de plus important que d'apprendre l'Occlumencie. » Harry acquiesça il sentit son visage rougir. L'expression de Lupin se radoucit. « Je sais que ça a été une expérience douloureuse pour toi. Mais tu dois concentrer tous tes efforts pour faire le vide dans ton esprit et faire barrage à Voldemort. »

Du coin de l'œil, Harry vit Snape tressaillir. Mais il regarda Lupin dans les yeux et acquiesça à nouveau. Lui adressant un sourire rapide, Lupin se tourna à nouveau vers Snape. « Maintenant, Severus, je présume qu'Harry sera autorisé à reprendre des cours de soutien en Potions demain soir ? »

Le visage de Snape passa de la fureur à une expression totalement neutre. Harry n'osait imaginer ce qu'il se tramait dans la tête du Maître des Potions. Mais Snape adressa à Lupin un brusque hochement de tête, tourna sur ses talons et sortit rapidement du bureau.

Une fois la porte du bureau fermée, les épaules de Remus se détendirent visiblement, et il s'appuya contre le mur le plus proche, libérant un soupir bruyant. Jetant un regard à Harry, il se mit à rire doucement. « Wahou. Ma foi, je voulais faire ça depuis bien longtemps. Je suis désolé, Harry. Je ne voulais pas sembler si dur – j'étais bien plus agacé par lui que par toi. Mais il est essentiel que ces leçons continuent, et on ne peut pas se permettre des enfantillages – et certainement pas de la part d'un adulte qui devrait avoir un peu de bon sens. »

Harry se souvint alors qu'il devait respirer, et il laissa naître un sourire sur ses lèvres. « Je pense que…Sirius aurait adoré ça. »

« Par Merlin, les deux auraient aimé. » répondit Remus, s'asseyant sur le bord de son bureau. « Je ne leur ai jamais dit de laisser Snape tranquille, mais je me suis rarement opposé à lui non plus, je préférais laisser James et Sirius s'occuper de ça. Ca ne les dérangeait pas, bien sûr, mais ils m'ont toujours dit que je devrais apprendre à gérer ça. »

Il sourit, et pendant un moment, son regard se perdit ailleurs. Puis il regarda Harry. « Tu sais, quelque chose d'autre que tu dois garder en tête, c'est que Sirius et James ont vécu en temps de guerre également. Bien entendu, ils n'avaient pas un rôle aussi central que le tien, mais ils ont fait face à bien des heures sombres, crois-moi. Mais, même dans les temps les plus sombres, ils n'oubliaient pas de vivre, et de rire. Et je sais qu'ils auraient voulu que tu en fasses de même. » Il jeta un coup d'œil à l'horloge. « Bon, je ne sais pas pour toi, mais je pense qu'on vient d'avoir assez de désagréments pour une journée. Tu devrais aller au lit. »

Au même moment, Harry bâilla, et se leva. « Bonne nuit, alors. Et…Remus…merci. Pour tout. »

Remus lui donna une tape amicale lorsqu'il passa à côté de lui. « Dors bien, Harry. »


La matinée suivante, bien sûr, avait lieu le cours de Potions, et alors qu'Harry ressentait une grande vague d'appréhension en se dirigeant vers la salle de cours, Snape avait visiblement décidé de ne pas s'éloigner de sa ligne de conduite et prétendait donc qu'Harry n'existait pas. Ce qui allait parfaitement à Harry. Il savait pertinemment qu'il aurait droit à plus d'attention de la part de Snape ce soir – et chaque soir jusqu'à ce qu'il soit capable de tenir Voldemort hors de sa tête.

Et à mesure que sa motivation arrivait, il n'était pas tout à fait sûr si son désir de maîtriser l'Occlumencie était dû au besoin de fermer son esprit à Voldemort ou d'échapper à Snape pour de bon.

Dans tous les cas, cet après-midi, Harry gardait à l'esprit le conseil de Lupin sur le fait de ne pas oublier de vivre ; le cours de Métamorphose devenait très intéressant.

« Bonjour ! »

« Bonjour Professeur McGonagall ! »

Le Professeur McGonagall adressa un bref hochement de tête aux élèves de sixième année des quatre Maisons assis en face d'elle. « Bien. Aujourd'hui nous allons aborder la partie sur les Animagi. » Elle eut un léger sourire devant l'excitation des élèves. « Je suis ravie de voir que vous semblez intéressés, mais, afin de s'en assurer, » elle ramassa une pile de parchemins de son bureau, « vous allez effectuer un bref et néanmoins rigoureux devoir sur le manuel écrit. »

Harry soupira en même temps que les autres. C'était une bonne chose qu'Hermione ait insisté pour terminer avec lui et Ron les lectures qu'ils avaient à faire. « Si on veut devenir des Animagi, on ferait mieux de s'assurer que l'on connaît les notions de fond en comble ! » avait-elle insisté dès qu'elle perçut que Ron et Harry ne donnaient pas au manuel l'entière attention requise.

« Sérieux ? » avait soupiré Ron. « Au moins, en Défense contre les Forces du Mal, les bouquins nous aidaient à apprendre les sorts ! Je ne vois pas comment on peut apprendre à devenir Animagus dans un livre je parie que le père d'Harry et Sirius n'ont pas eu besoin... » Il avait cessé net sa phrase, regardant Harry avec un regard horrifié, qui, en retour, avait calmement acquiescé avec Hermione sur le fait qu'ils feraient mieux apprendre tout ce qu'ils pouvaient sur le sujet.

La petite interrogation du Professeur McGonagall dura tout de même jusqu'à la fin du cours. Harry se tordit les méninges pour se rappeler tous les faits qu'il avait lus sur les Animagi dans le chapitre Quand l'Homme rencontre l'Animal. Lorsqu'ils eurent fini, le Professeur McGonagall jeta un œil sur différents parchemins, avec un hochement de tête approbateur occasionnel. « Il apparaît que la plupart d'entre vous ont bien parcouru le manuel. »

Harry et Ron échangèrent un large sourire réjoui. Le Professeur McGonagall poursuivit. « Cependant, il y a un point que je me dois d'aborder avant de continuer. Il est possible qu'aucun d'entre vous ne soit capable de devenir Animagus. Ceci ne reflète en aucun cas votre capacité à pratiquer la magie, ou même votre force physique. Cette capacité de devenir Animagus requiert une certaine prédisposition que même les meilleurs chercheurs sorciers ne comprennent pas entièrement. L'année dernière, notre fameux Lee Jordan est devenu le premier Animagus formé par Poudlard en onze ans. Cela dit, vous pourrez trouver possible de réaliser des métamorphoses humaines sur vous-même avec l'aide de baguettes, de potions ou d'autres sorciers. »

La main d'Hermione se leva. « Professeur, y a-t-il un lien entre la capacité à devenir Animagus et la magie sans baguette ? »

« Une question sensée, Miss Granger, mais non. La magie sans baguette est directement liée au niveau de magie innée du sorcier ou de la sorcière, tandis qu'il est tout à fait probable pour le plus puissant sorcier d'étudier des années sans toutefois parvenir à métamorphoser leur propre corps à volonté. » La cloche signant la fin des cours retentit, et le Professeur McGonagall sourit. « Pour le prochain cours, je vous donnerai le conseil suivant : habillez-vous de vos robes les plus usées. Vous pourriez découvrir un lien particulier entre la métamorphose humaine et le déchirement des vêtements de certains. Vous pouvez y aller. »

Harry, Ron et Hermione se dirigèrent vers la porte. « J'ai trop hâte ! » s'exclama Ron, tellement excité qu'il trépignait sur ses pieds. « Vous pensez que je pourrais être quelle sorte d'animal ? »

« Un chat, peut être ? » suggéra Seamus, passant à côté d'eux.

« Je pense plutôt à un concombre de mer. » ajouta Harry, se baissant afin d'éviter un coup vengeur.

Hermione sembla troublée. « J'espère juste que je serai capable d'en devenir un. Ca serait tellement fascinant de se transformer en un animal ! »

« T'inquiète pas, tu as autant de chance d'en devenir un que n'importe lequel d'entre nous. » répondit Ron. « N'as-tu pas lu ce que le bouquin disait ? Cinq des huit Animagi déclarés ce siècle étaient formés par McGonagall – elle est vraiment douée pour ça. »

Les deux amis marchaient côte à côte vers le Grand Hall pour le dîner, mais ils furent forcés de s'arrêter lorsqu'ils réalisèrent qu'Hermione n'était plus avec eux. Regardant en arrière, ils virent qu'elle s'était arrêtée net, bouche bée. « Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Harry.

Avec une expression de terreur et de complète incrédulité, Hermione dit lentement. « Ronald Weasley. Est-ce que tu viens…de…citer…un…LIVRE ? »

« Je… » hésita Ron.

Harry tourna son regard lentement vers Ron, puis, feignant une terreur absolue, se mit à reculer vers Hermione.

La bouche d'Hermione esquissa un très léger sourire, presque imperceptible, avant qu'elle ne pointe sa baguette vers Ron avec un tremblement exagéré. « Ne fais aucun mouvement brusque, Harry ! »

« Qu'y a-t-il ? » s'exclama Neville, sortant de la salle de bains et légèrement inquiet au vu de leurs expressions.

Se penchant vers Neville sans pour autant lâcher des yeux Ron, Harry répondit dans un demi-murmure. « Ce…cette…cette chose a parlé d'un livre à Hermione ! A Hermione ! »

« Bon sang ! » Neville ne rata pas le côche, et brandit ses poings. « Reste en arrière, toi ! Qu'as-tu fait de Ron ! »

Ron croisa ses bras, un regard moqueur dirigé vers eux. « Très drôle ! » Ils reculèrent tous et glapirent de terreur.

« Tu penses qu'il est possédé par Tu-Sais-Qui ? » murmura Seamus en arrière.

« Pas drôle, Seamus. » chuchota Hermione, mais Ginny sortit de cours et vint à la rescousse. Elle laissa tomber sa baguette, son sac et un ananas au sol et chargea.

« Très bien, foutu imposteur, je veux savoir où est on frère et ce que tu lui as fait ! » s'exclama-t-elle.

« Argh ! » Ron fut pris par surprise lorsque Ginny le coinça contre le mur et se mit à lui cogner la tête.

« Où est mon frère ? Espèce d'imposteur rat de bibliothèque ! Où-est-il ? »

« Ah, lâche-moi ! Okay, okay, vous vous êtes bien amusés – ow ! Gin, arrête, ça fait vraiment mal ! Ouch ! »

« Très bien, très bien ! » Quelqu'un claqua des mains, et les élèves, en se retournant, virent le Professeur McGonagall, un sourire en coin en voyant leurs singeries. « Si vous devez persister sur un tel niveau de chahut après le déjeuner, je vous serai gré de vous limiter aux terrains extérieurs. Maintenant, libérez le couloir. »

« Oui, Professeur. »

« Désolés, Professeur. »

« Hé, Professeur ! Weasley a cité votre bouquin sur les Animagi ! » lança quelqu'un, au milieu de la foule qui se dispersait.

Les sourcils du Professeur McGonagall s'arquèrent alors qu'elle se tourna vers Ron, qui vira au rouge et fixa avec ressentiment ses persécuteurs. « Et bien, M. Weasley ? Je suis ravie d'entendre que le sujet de mes cours fait l'objet de vos discussions extra-scolaires. »

Toujours écarlate, Ron murmura : « J'ai juste pensé qu'il était prometteur que tant d'élèves de Poudlard soient devenus des Animagi. »

McGonagall acquiesça. « Et bien, ne soyez pas trop enclin à prendre les paris, comme vous avez pu le lire. Il est trop tôt pour dire combien d'élèves, ou même si au moins l'un d'entre vous, vont réussir. » Son sourire devint plus large, et elle ajouta : « Cela dit, c'est une surprise des plus plaisantes, étant donné que vous vous consacrez rarement pleinement à vos études, M. Weasley. Cinq points pour Gryffondor, j'imagine. » Et, sur un autre léger sourire, elle se retourna et se dirigea vers la direction opposée à la leur.

Hermione laissa échapper un petit cri de joie, et elle serra l'épaule Ron. « Bon ! Maintenant, peut être que tu passeras un peu plus de temps à la bibliothèque ! »

Le visage de Ron était toujours aussi rouge, mais il semblait un peu moins perturbé. « Aww, bref…allons-y. » Ils remontèrent le couloir avec Harry, Neville et Ginny, toujours en train de glousser.


Au moment du dîner, Harry avait décidé que l'approche de Sirius et de son père sur la rudesse de la vie que Remus lui avait décrit avait effectivement des bons côtés. Lui, Ron et Ginny passèrent une heure à l'entraînement de Quidditch avant qu'Hermione n'aille à son cours de Runes, ils étaient de ce fait d'humeur à la laisser les convaincre de faire leurs devoirs. Ils s'assirent donc tous ensemble à une table au fond de la bibliothèque, travaillant leurs dissertations sur la Coopération internationale de Magie, qui s'était avéré être un cours très intéressant.

« Honnêtement, » débuta Ron, « J'ai toujours pensé que la Coopération internationale de Magie serait semblable aux trucs que Percy fait – les tailles de chaudrons, ce genre de choses. Mais, finalement, c'est… »

« Pertinent ? » plaisanta Hermione. « Je savais que ça le serait. Et c'est encore plus important avec la guerre en ce moment. »

Harry leur avait parlé ce matin là de la vision du sorcier américain dans les griffes de Voldemort. Ron et Hermione remarquèrent que son attention s'était dissipée de leur conversation et ils surent qu'il pensait à cette vision. « Ne te tracasse pas trop, Harry. » lui dit Ron. « Ils l'ont peut être trouvé maintenant. »

« Je ne me ferais pas trop d'illusions, personnellement. » soupira Harry. Il faisait tourner sa plume entre ses doigts. « J'ai vu sa photo la nuit dernière. Son nom est Alex Marshall, il doit avoir à peu près l'âge de Bill, et il a une fiancée. Voldemort ne lui en voulait même pas personnellement – il veut juste des informations sur le Congrès sorcier. »

Ron grimaça. « Pauvre ricain. »

« Mais du coup, vois l'autre côté des choses. » dit Ginny, poussant son livre de Métamorphose sur le côté. « Au moins maintenant les américains savent que Voldemort ne va pas les laisser tranquilles. Et ils ont pas mal d'Aurors et de capacités à donner à l'effort de guerre. »

Hermione acquiesça, et enchaîna sur ce sujet. « J'ai feuilleté le livre jusqu'au chapitre de la guerre contre le mage noir Van Hoosenfeffer en 1904 – celle où le gouvernement allemand a été totalement renversé. Tout le monde pensait que Van Hoosenfeffer gagnerait jusqu'à ce que les Américains ne soient concernés, et c'était le même schéma – un groupe de leurs sorciers ont été tués, les amenant à s'engager. »

« Visiblement le bon vieux Tom Riddle a zappé ce chapitre dans ces bouquins d'histoire. » lança un Ron joyeux. « Rancuniers, ces sorciers US. » Il regarda sa dissertation avec une moue boudeuse. « J'aurais aimé en dire autant pour les Australiens. Pourquoi ils ne veulent pas rentrer dans le Traité de Standards magiques International ? »

« Isolationnisme. » répondit Hermione.

« A tes souhaits. »

« Ronald ! »

Ginny fit un grand sourire en aparté à Harry et roula des yeux. « C'est pour quoi, l'ananas ? » lui demanda Harry.

« Sortilèges, on leur faisait faire des claquettes. »

« C'est des trucs de première année, ça ! » lança Ron.

« C'était une révision pour les BUSE, espèce d'idiot ! » rétorqua-t-elle, tout en lui lançant l'ananas en pleine figure.


Ce soir là, Harry était déjà en pleine concentration pour faire le vide dans son esprit, en prévision de ses leçons d'Occlumencie, mais il s'agissait plus d'une tentative de rester calme et de ne pas céder à la tentation de fuir vers la Tour Gryffondor que d'un réel exercice. Mais lorsqu'il arriva, il fut étonné de trouver non seulement Snape, mais également le Professeur Dumbledore, le Professeur McGonagall, Lupin et l'ambassadeur du Congrès sorcier américain qu'il avait rencontré la nuit précédente.

« Ah, Harry, rentre. Ferme la porte. » lui dit Dumbledore. Harry s'exécuta, les regardant tous avec curiosité. « Je crois savoir que tu connais d'ores et déjà l'Ambassadeur Payton ? »

« C'est exact. » répondit Payton avec son accent américain. Il tendit sa main, et Harry la serra. « Ravi de te rencontrer en personne, jeune homme, malgré les circonstances. Et merci de ton aide. »

« Je… y a pas de quoi. » répondit Harry, gêné, jetant un regard vers Lupin.

« Pourquoi ne pas s'assoir ? » suggéra Dumbledore.

Ils se mirent assis tous ensembles autour d'une table qui n'était pas présente la nuit précédente dans le bureau de Snape. Remus Lupin se trouvait entre Harry et Dumbledore – ce qui empêchait Harry de le regarder dans les yeux accidentellement, et il trouvait par ailleurs la présence de Remus rassurante.

Par contre cette position amenait Harry à faire face à Snape.

« Nous avons de bonnes nouvelles finalement, Harry. » déclara Dumbledore. « Une équipe de recherche des Etats-Unis et des Aurors britanniques croient avoir trouvé le repaire de Voldemort. » Harry vit Snape grimacer, et même le Professeur McGonagall et l'Ambassadeur Payton tressaillirent. « Cet endroit était déserté lorsque nos forces étaient prêtes à y pénétrer, mais au final Tom en a perdu l'usage. Le Professeur Snape l'a déjà identifié, et le Ministre demande également ta confirmation. »

En face d'Harry, Snape fixait furieusement la table, visiblement outré que ses propres dires ne soient pas suffisants, mais Harry était trop occupé à contrôler son anxiété pour le remarquer. « Ma confirmation…comment ? Je vais devoir aller là-bas ? »

« Certainement pas, M. Potter. » répondit le Professeur McGonagall sèchement. « Même les bureaucrates du Ministère ne sont pas assez inhumains pour vous forcer à retourner dans cet endroit. Nous avons des moyens de vous le montrer, si vous vous sentez capable de le faire. »

La pensée de revoir cet endroit, dans tous les cas, laissait Harry légèrement nauséeux. Néanmoins, il déglutit et acquiesça. « Finissons-en, alors. »

Le Professeur Dumbledore et l'Ambassadeur Payton se levèrent et dirigèrent leur baguette vers le mur. « Genero locmenti. »

Tout un pan de mur du bureau du Professeur Snape sembla se dissiper tel une nappe de brouillard, laissant un Harry circonspect qui se frotta les yeux. Le mur se transforma pour donner lieu à une image d'une large caverne éclairée d'une torche, dont les murs et les sols étaient taillés dans la pierre. Dumbledore fit un mouvement de sa baguette, et ils semblèrent alors se déplacer le long des tunnels jusqu'à atteindre une large chambre, ses murs éclairés par des torches. Un fauteuil orné de serpents trônait au centre de la pièce, un cercle de torches placé juste devant. L'image continuait de bouger jusqu'à ce qu'ils traversent une entrée située sur le côté de la pièce pour se trouver dans une pièce entourée par des rideaux, éclairée par un unique chandelier, et occupé uniquement par un fauteuil.

La bouche d'Harry était très sèche. « C'est ça. » dit-il faiblement.

« C'est l'endroit dans lequel on t'a enlevé ? » demanda Dumbledore doucement.

Harry acquiesça. « Et…la pièce plus petite…je l'ai déjà vu…en visions. C'est là que Voldemort détenait cet homme la nuit dernière. » Puis quelque chose lui revint en mémoire, et il demanda. « Vous l'avez trouvé ? »

L'expression de Payton s'assombrit, et il hocha la tête. « Il est mort, petit. » Harry tressaillit, et sentit la main de Lupin se poser doucement sur son épaule. « T'inquiète pas. Au moment où on va lui faire son affaire, ton Mage noir aura préféré ne jamais avoir impliqué un Américain. »

« Ceci nous amène à notre prochaine question, Harry. » dit Dumbledore. « Le Ministère envoie un certain nombre d'Aurors et d'Ambassadeurs aux Etats-Unis afin de convenir d'une coopération dans le combat contre Voldemort. Et, cela étant, plusieurs membres du Congrès Sorcier américain voudraient l'entendre de ta propre bouche. »

Harry cligna des yeux. « Quoi ? Mais…pourquoi moi ? » Alors que son regard naviguait entre Dumbledore et Payton, il vit Snape lever les yeux au ciel.

Payton se mit à rire. « C a devrait être évident. T'es l'expert le plus indiqué dans tout le monde sorcier sur ce vieux salaud. »

« M. l'Ambassadeur ! Veuillez surveiller votre langage, je vous prie, M. Potter reste un élève. » le réprimanda le Professeur McGonagall.

Payton arbora un large sourire. « Mes excuses, M'dame. »

Harry était toujours confus. « Mais…Qu'est-ce qu'ils veulent savoir ? Qu'est-ce que je pourrais leur dire de plus…je me souviens à peine de la moitié des choses ! »

« Votre célébrité, Potter. » dit Snape d'une voix basse. « Maintenant que les Américains ont finalement décidé de s'impliquer, ils souhaitent pouvoir contempler le visage du Némésis du Seigneur des Ténèbres en personne. »

Tout le monde avait perçu le sarcasme sous-jacent, mais Payton répondit avec enthousiasme. « C'est à moitié faux. On a peut être pas combattu pendant la dernière guerre, mais on connait l'histoire du Garçon-Qui-A-Survécu. Tous les rapports du monde entier n'auront pas la moitié de l'impact de quelqu'un en chair et en os qui combat la même chose que nous. »

Pour la première fois de sa vie, Harry se vit être d'accord avec Snape. « Si tout ce que vous voulez, c'est pouvoir mettre un visage sur quelqu'un, pourquoi ne pas leur parler plutôt d'Alex Marshall ? Ou de la femme sur la photo avec lui ? » ajouta-t-il.

Au moins il eut l'attention de Payton. Son visage devint dur, et il dit à Harry : « Crois-moi, gamin, ils vont en entendre parler, pour sûr. Les obsèques de Marshall sont demain. La fille sur la photo, c'est Anita Green, sa fiancée. Elle va prendre la parole au Congrès le jour d'après. »

Harry perçut un réel chagrin sur le visage de l'homme, ce qui le fit regretter ses mots. Il ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie. « Donc…qu'est-ce que vous voulez de moi ? »

Le Professeur McGonagall se pencha en avant, croisant ses mains sur la table. «Ceci est la raison pour laquelle je vous ai recommandé de prendre les cours de Coopération Internationale de Magie, Potter. Le temps est venu pour le monde sorcier de réunir leur force contre le Mage Noir, et vous vous êtes déjà montré capable de…réunir des gens pour une cause. » Elle lui adressa un léger sourire.

« Mais c'était juste un club ! » protesta faiblement Harry. « Et tout le monde savait qu'Ombrage était incompétente. »

Personne ne le corrigea sur l'absence du titre « Professeur » Ombrage. Le Professeur McGonagall ne se laissa pas distraire. « Maintenant tout le monde sait que le mage noir est revenu, M. Potter. Et, aussi injuste pour quelqu'un de votre âge, vous êtes et vous avez toujours été notre plus puissante arme contre lui. » Son expression était solennelle mais ses yeux ne quittèrent à aucun instant les siens, et Harry savait qu'elle lui parlait en tant que membre de l'Ordre. Après tout le temps qu'il avait passé dans le noir, ses mots gentils mais directs avaient un grand impact.

Payton se pencha vers lui également. « Tout ça pour dire que les gens t'écouteront. Si y a le moindre doute sur ce qu'il s'est passé avec Marshall, ta venue pour demander de l'aide va attirer l'attention du pays tout entier. »

Harry ne pouvait pas s'empêcher de remarquer qu'à côté de Payton, Snape, le dos vissé dans le fauteuil, se renfrognait de plus en plus à mesure que le Professeur McGonagall et l'Ambassadeur parlaient. Il était l'espion dans les rangs de Voldemort pendant des années. Mais c'est toujours moi que les gens veulent entendre, réalisa-t-il.

Harry se rendit compte qu'il ne ressentait pas la moindre once d'auto-suffisance à propos de ce fait. Peut être était-ce la vue de ces tunnels si récents dans sa mémoire. Il força son esprit à se concentrer sur les questions qui lui étaient posées, et il acquiesça lentement. « Très bien. Si ça peut les convaincre de s'impliquer, j'irai. »

Payton se leva de la table et agrippa la main d'Harry. « On apprécie, gamin, crois-moi. Et je te promets – contrairement à tes compatriotes l'année dernière – (il sourit en direction des Professeurs) on sera très réceptifs à ce que tu auras à nous dire. »

Le Professeur McGonagall eut un léger ricanement derrière sa main. « Dans combien de temps auriez-vous besoin de M. Potter ? » demanda-t-elle. « Il a malheureusement manqué de nombreux cours depuis le début de l'année. »

« J'en ai entendu parler. » répondit Payton avec une grimace. « Ce samedi, okay ? Après que la fille Green fasse son discours au Congrès, je parierais n'importe quoi qu'ils tiendront séance pendant tout le week end. Ca donnerait à Potter une chance de discuter avec des sénateurs de manière informelle – pas de grands discours ou autre – et on le ferait rentrer le lundi. »

« Mais Albus, il y a toujours la question de la protection. » rétorqua le Professeur McGonagall. « Il serait sage d'attirer l'attention le moins possible sur ce voyage pour garder Potter en sécurité. »

« Hmm. » dit Payton, se radossant contre le fauteuil et se grattant le menton. « Un Auror qui l'escorterait serait bien, mais pas très subtil, hein ? »

« Et je crains qu'il n'y ait certaines questions sur la loyauté de certains dans les rangs des Aurors. » dit Dumbledore. « Peut être que je pourrais persuader le Ministre de m'autoriser à avoir un œil sur la sécurité d'Harry. »

« Il va vouloir des gens de son bureau. » l'avertit Lupin. « Peut être qu'on peut le convaincre de limiter le nombre. Et pas de journalistes, ou du moins pas avant qu'ils ne soient revenus sains et saufs. » Quelque chose dans sa voix amena Harry à le regarder. Il avait la très distincte impression que Remus n'était pas du tout heureux de ce voyage.

« C'est réellement dommage que vous ne puissiez pas l'accompagner, Remus », dit Dumbledore. Le cœur d'Harry se serra. Il était sur le point de le suggérer. Voyant l'expression d'Harry, Dumbledore s'expliqua. « Je crains que les restrictions des voyages pour les individus atteints de lycanthropie rendrait nos efforts de discrétion vains. »

Harry se tourna sèchement vers Payton. « Qu'est-ce que les Américains ont contre… »

L'Ambassadeur leva les mains en signe d'innocence. « Hey, c'est pas nous, c'est chez vous ! Les restrictions sur les mouvements des loups-garous ont été renforcées par votre Ministère l'année dernière. »

Ombrage, pensa Harry. Snape eut un rictus moqueur.

Dumbledore mit une main sur l'épaule d'Harry pour refreiner sa réplique de dégoût sur l'ancienne Professeure, et dit : « Tout de même, il serait sage pour Harry d'être accompagné par un Professeur de Poudlard. De plus, dans ce cas je crois que la meilleure personne pour cette tâche est celui qui connaît les méthodes de Lord Voldemort mieux que personne. » Il prit une pause brève, le temps qu'Harry ne fasse le lien, et sa bouche s'ouvrit d'horreur avant que Dumbledore ne finisse. « Nous enverrons le Professeur Snape. »

A suivre…


Alors, ce voyage, vous le sentez comment ? Comment nos deux sorciers vont gérer ce rapprochement forcé ? Et surtout...que va donner Snape mangeant un Big Mac ?

A bientôt pour la suite !