La suite du chapitre deux semaines après la dernière publi, faut-il que je vous aime très fort pour avoir bossé comme une dingue (merci aussi à mes quelques jours de congé, même si je travaille à Noël…)

Voilà donc la fin de ce chapitre 12 ! Pas beaucoup plus d'action que dans la première partie, ce chapitre fait guise d'introduction pour toute l'intrigue qui va arriver…J'ai hâte de vous faire partager les prochains chapitres, que les fans de Snape se rassurent, vous allez en avoir pour votre argent !

Comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser des reviews, elles font toujours grand plaisir ! A la prochaine et joyeuses fêtes à toutes et tous !


Chapitre 12 partie 2 : Jeux de guerre.

« Vous avez combien de membres dans l'équipe ? » demanda Neville après que Ron lui expliqué la nouvelle formation de l'équipe.

« Et bien, sept, comme d'habitude. » lui répondit Ron d'un ton joyeux.

« Mais je pensais… »

« On est autorisés à entraîner des remplaçants. C'est juste que les autres Maisons n'ont pas assez de joueurs potentiels pour le faire. Comment les équipes professionnelles pourraient durer aussi longtemps si les deux Attrapeurs sont pris ailleurs ? Ils doivent avoir des remplaçants, mais bon, ils ont le choix parmi tout le monde sorcier. On a eu de la chance cette année je pense. » dit Ginny, qui s'était installée à côté d'eux.

« C'est génial ! Les autres Maisons n'auront pas la moindre chance ! Si quelqu'un se blesse, on n'aura qu'à faire un roulement ! » lança Colin Creevy.

Harry secoua sa tête. « Ca ne marche pas comme ça, Colin. On ne pourra pas changer des joueurs en plein milieu d'un match comme ça…n'est-ce pas, Hermione ? »

« Une partie doit durer plus de six heures pour que l'équipe soit autorisée à faire des changements de joueur. » déclara Hermione sans même lever les yeux de son manuel d'Arithmancie.

« Donc pour la plupart des matchs, on aura à choisir les joueurs avant. » conclut Ron.

« En tout cas, » débuta Vinny Watson, « ça va nous aider d'éviter ces désastres quand Harry est blessé et coincé à l'infirmerie… » Elle coupa net et son visage vira au rouge.

Harry acquiesça avec impatience, tenant de ne pas céder à l'irritation de voir que tous ses amis semblaient le ménager. Après tout, c'était mieux que lorsqu'ils ne croyaient pas un mot de ce qu'il disait.

« Ouais, j'ai un don pour me retrouver blessé la moitié de la saison. Maintenant, on a Ginny, qui a assez d'expérience pour faire ce qu'il faut si besoin. »

« Et bien, Potter ? Tu es un Attrapeur tellement médiocre que maintenant les Gryffondors doivent entraîner quelqu'un d'autre pour faire ton boulot ? » dit une voix connue et largement détestée. Plusieurs membres des Gryffondors grognèrent, ce qui eut pour effet de rendre Harry un peu moins agacé.

« Malfoy ! » lança Harry d'un ton sarcastique. « Je suis surpris ! On est là depuis cinq minutes, et tu n'avais dit aucune méchanceté, pas une ! »

« Cha ch'est bien vrai. » dit Ron, la bouche pleine de pain. « On penchait que tu voulais plus être copain avec nous. »

Les yeux d'Hermione lançaient des éclairs alors qu'elle se penchait, son menton reposant sur sa main. « Oui, Malfoy. Harry avait peur que tu ne l'aimes plus ! D'habitude, tu passes tellement de temps avec lui ! »

L'expression de Malfoy prit une teinte grise, et il grogna quelque chose à travers ses dents serrées qui ressemblait fort à « foutus Sang-de-Bourbe » et rebroussa chemin. Neville les regarda tous les trois, un air ravi sur le visage. Hermione se frottait les mains tandis que Ron donna un coup sur la table en signe de joie. Les jumeaux, qui étaient restés au dîner suite à l'invitation du Professeur Dumbledore, se mirent à applaudir.

« Je ne crois pas qu'on l'ait déjà remballé aussi bien avant ! » déclara Hermione.

« Il n'est pas chi fort chan chon Papounet dans le coin. » dit Ron, la bouche pleine.

« Pour l'amour du ciel, avale, Ron ! »

« Décholé. » (Glup.) « Hé Harry, j'ai vu Snape en grande conversation avec Mme Bibine tout à l'heure. Je ne crois pas qu'il soit très heureux de voir à quel point notre équipe va être forte cette année. »

Harry écarquilla les yeux et regarda Ron en fronçant les sourcils. « Ce n'est pas très gentil de me dire ça. Tu sais bien que je n'arriverais pas à dormir cette nuit en sachant que je n'ai pas rendu Snape heureux. »

Des rires jaillirent de tout le côté de la table, alors que Fred et George se levèrent, se dirigèrent en direction d'Harry pour mettre leur main sur son front, comme pour chercher des signes de fièvre. Au même moment, le Professeur des Slytherins darda son regard vers leur table depuis la table des Professeurs, comme s'il connaissait exactement la raison de leur rire. Bien évidemment, il était bien trop loin pour avoir entendu ce qu'Harry avait dit, mais Ron était d'avis que voir des Gryffondors donnait des aigreurs d'estomac à Snape.


Au moment de descendre vers les cachots, l'Occlumencie ne semblait pas à Harry une telle épreuve qu'auparavant. Peut-être était-ce simplement parce que la journée s'était trop bien passée pour qu'Harry ne permette à quoi que ce soit de venir la gâcher.

Pas même Snape.

Il se souvint du conseil que Remus lui avait donné après le cours de Défense, et se dit Ne le laisse pas te mettre à bout. Ne réagit pas. Pense à aujourd'hui, à l'équipe de Quidditch, et du vent, et du ciel bleu – et à quel point c'était satisfaisant de balancer ces Cognards. Devant le bureau de Snape, il prit une grande inspiration et frappa.

« Entrez. »

Snape se tenait derrière son bureau. Harry croisa son regard froid et traversa la tête sans le lâcher. Tu peux le faire. Tu peux le faire. Sans attendre les habituelles courtoisies faites de critiques et d'insultes de Snape, il sortit sa baguette. « Je suis prêt ».

Un éclair passa dans les yeux de Snape qui pouvait se rapprocher de la surprise, mais il fit un rapide hochement de tête et répondit, d'un ton narquois. « Si vous le dites, Potter. Legilimens ! »

Respire. Le corps de Sirius, tombant à travers le voile en une courbure gracieuse depuis l'arche…Harry pouvait voir Snape murmurer…

« Protego ! »

Il avait réagit rapidement, sans vraiment réfléchir. Et Snape n'était visiblement pas préparé à ça. Sa baguette fut éjectée de sa main, et Harry vit un Snape adolescent, suspendu dans les airs par un sortilège de son père…un beau jeune homme blond élégant, arborant la robe de Slytherin, déambule avec un groupe d'amis et fait signe à un garçon aux cheveux noirs solitaire qui se tient contre un mur…une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts à côté d'un garçon aux cheveux noirs, avec des lunettes, très proches à la table alors qu'un gamin aux cheveux gras les regarde…

Quelque chose atteint l'épaule d'Harry, et il trébucha. Le livre tomba au sol avec un son lourd. Snape le fixait, une expression glacée. « Vous serait-il possible de garder votre nez hors de mes affaires, Potter ? »

Pense au vol, pense à la sensation d'envoyer valser les Cognards…Harry prit une grande inspiration et refréna –difficilement- une vague d'irritation. « Je ne sais pas comment empêcher ça. Monsieur. Je n'essayais même pas. »

« Alors, ne le faites pas. » Harry roula des yeux mentalement. Snape voulait juste une excuse pour être en colère contre Harry. « Je compte jusqu'à trois. Un-deux-trois-Legilimens ! »

Harry vit l'expression mêlée de peur et de surprise sur le visage de son parrain ravagé qui laissait deviner les traits d'un bel homme autrefois, lorsqu'il tomba à travers le voile tenu par cette antique arche…il se concentra, tentant de percevoir le visage de Snape au premier plan de son esprit…le voile flotta un moment, comme en proie à un vent fort…Harry ferma les yeux…le voile reprit sa place initiale…Harry baissa sa baguette et rappela à son esprit les Perles de Pois avec toutes leurs couleurs, blanches, grises, pêche, dorées, bronze, argent, bleues, brillantes au soleil…le Département des Mystères avait disparu, mais il pouvait entendre le cri triomphant de Bellatrix Lestrange et son cœur manqua un battement, mais il serra les dents et ramena ses pensées sur la sensation de voler, du vent dans ses cheveux…concentre-toi, concentre-toi…la sensation de planer bien au-dessus du terrain et de cibler le Cognard, les deux mains sur la batte-whack !

Les yeux d'Harry se rouvrirent d'un coup, et il chancela vers l'arrière, pantelant, son cœur battant la chamade. Mais chaque partie de son être hurlait de triomphe. L'expression de Snape était blême, alors qu'il baissait sa baguette, et c'était la seule confirmation qu'Harry avait besoin : il avait réussit. Il l'avait fait !

Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire, même quand Snape retorqua avec un rictus : « Ne soyez pas trop présomptueux, Potter, c'est la première fois que vous parvenez à vous protéger, et ce en plusieurs mois de ce leçons. »

Harry laissa un rire s'échapper de ses lèvres. Il savait que Snape chercherait probablement une nouvelle plaie pour y remuer le couteau, mais ça ne marchait pas. Il y était enfin arrivé. Je me demande si je devrais lui dire que je suivais les conseils que Remus m'a donné ! Ah ! Au lieu de ça, il répondit : « Encore une fois, alors ? »

« Baissez votre baguette, Potter. » ordonna Snape. « Selon toute probabilité, si votre esprit se trouve attaqué frontalement par le Seigneur des Ténèbres, vous n'aurez pas votre baguette à disposition. Vous êtes parvenu à vous défendre une fois, voyons maintenant si vous en êtes capable en toutes circonstances. »

Prenant une large inspiration, Harry s'exécuta et ferma les yeux.

« Legilimens ! »

La porte d'entrée de Privet Drive implosa…Harry eut un hoquet de surprise et tenta de retrouver ses souvenirs de vol sous le ciel bleu clair…il pouvait entendre Tante Pétunia lui hurler de sauver Vernon…sa gorge se serra…il était en train de le perdre…il tenta de se concentrer sur les Perles de Pois pendant quelques secondes, mais la couleur gris argenté lui rappelait soudainement les cendres qui recouvraient le corps de l'oncle Vernon lorsqu'Harry était accouru auprès de lui…Non, non…agenouillé au sol, de désespoir, il entendait le rire froid de Voldemort…les yeux d'Harry s'ouvrirent, il pouvait voir Snape en pleine concentration…de désespoir, il leva sa baguette et s'écria de toutes ses forces :

« Protego ! »

La force de son bouclier envoya Snape contre son bureau, et Harry était trop secoué par cet échec pour se rendre compte qu'il plongeait dans les souvenirs de Snape : un jeune homme aux cheveux gras à genoux, dévoilant son bras gauche dénudé devant la baguette d'un sorcier aux yeux rouges encapuchonné…un sorcier portant un masque blanc, enveloppé dans des robes noires, regardant en silence un groupe de sorciers, semblables à lui, lancer avec entrain des sorts à une famille de Moldus…le même homme, se tenant dans l'ombre de l'entrée de Poudlard comme s'il cherchait le courage d'y pénétrer…un homme aux cheveux gras qui regarde, les poings serrés, deux autres sorciers traîner un jeune homme aux cheveux noirs, à moitié conscient, dans une tombe en pierre…

« Expelliarmus ! » La baguette d'Harry vola d'entre ses mains, et il eut un mouvement de recul en voyant que Snape se tenait juste devant lui. « Qu'est-ce que je vous ai dit sur le fait de rester en dehors de mes souvenirs ? » gronda Snape.

« Je ne sais pas comment faire ! » lui lança Harry avant même de pouvoir s'arrêter.

« Ne me prenez pas pour un imbécile, Potter. » lui répondit Snape d'un ton menaçant. « Après votre petit coup d'éclat avec la Pensine, ne vous attendez pas à ce que je vous croie sur parole. »

« Vous pensez vraiment que je veux voir ce que vous et vos amis Mangemorts manigancez !? »

Harry se glaça lorsqu'il réalisa ce qu'il avait dit. Snape était mortellement silencieux, le visage blême et son regard brûlait de haine envers Harry. Avant qu'il ne se rende compte de ce qu'il faisait, il laissa échapper « Je suis désolé ! »

Ce n'était pas chose aisée de dire lequel des deux était le plus surpris – Harry n'avait pas vraiment prévu de dire ça.

Snape laissa échapper un rire sans joie. « Foutaises, Potter. Vous ne l'êtes aucunement. »

Harry soupira misérablement, pensant aux mots que Lupin avait prononcés l'autre nuit. Sans oser croiser le regard de Snape, il murmura « Si, je le suis. »


Le matin suivant, au lever, Ron quitta le dortoir tôt, disant qu'il devait s'occuper de quelque chose. Harry le rejoint lui et Hermione quelques temps plus tard ils étaient occupés à discuter à voix basse dans la salle commune. « C'est ridicule de réagir de cette façon, comme si on avait honte ! »

« Je ne sais pas si je suis prêt… »

« Ce n'est pas juste de lui cacher ça ! »

« Et pourquoi toi, tu ne lui dis pas ? »

« Dire quoi à qui ? » demanda Harry.

Ron et Hermione sursautèrent en l'entendant. « Euh…rien, Harry. Juste…laisse tomber. » balbutia Ron, les oreilles en feu. « Allons déjeuner ! »

Ses deux amis traversèrent en hâte le portrait avant qu'Harry puisse en savoir davantage, à son grand désarroi.

Il tenta d'en savoir plus pendant le petit déjeuner, mais ses amis ne cessaient de lui répéter que cela n'avait rien à voir avec lui. Ginny leva les yeux en l'air mais ne lui fournit aucune explication. Hermione relisait son devoir de Défense spécialisée – pour la nième fois. « J'ai vu le Professeur Smythe-Wellington ramener des mannequins-cibles dans l'école l'autre jour. La leçon d'aujourd'hui devrait être intéressante ! »

Il n'en fallait pas plus pour le distraire. « Au moins, on en a fini avec ces satanés puzzles. »

Hermione lui lança un regard ennuyé, mais Ron acquiesça, en accord avec lui. « On sait que ces cours nous obligent à réfléchir, mais on doit apprendre à se battre aussi. »

« Tu serais surpris de voir à quel point les deux sont liés, Ronald. »

Quelques heures plus tard, Ron murmurera à Harry que peut être à partir de maintenant, ils devraient juste faire ce qu'Hermione leur dit de faire sans discussion. Au moins ils ne seraient pas aussi embarrassés. La seule bonne chose là dedans est qu'au moins, ils n'étaient pas les seuls.

Il y avait en effet une dizaine de mannequins d'entraînement appuyés contre le mur de la salle de cours lorsque les élèves arrivèrent. Ils étaient tous habillés comme des personnes. Le Professeur Smythe-Wellington suivait du regard les élèves qui rentraient dans la classe avec des murmures excités.

« Aujourd'hui, » déclara-t-elle aux élèves rassemblés devant elle, « vous allez apprendre comment analyser une situation et réagir de manière offensive ou défensive sous la pression. Nous allons commencer : chacun à votre tour, vous prendrez part à un exercice, très commun à vrai dire, que nous avons déjà vu lors des cours sur les Aurors. » Harry et Ron échangèrent un sourire. Pour une fois, Smythe-Wellington ne les reprit pas, elle continua ses explications. « Chacun d'entre vous, vous allez interagir seuls avec ces mannequins-cibles pendant trente secondes très précisément. Les règles sont simples : vous pouvez utiliser un Reducto, aucun autre sort – si vous touchez la cible, ce sera plus qu'efficace. »

Elle leva un sourcil à la vue des élèves qui gloussaient et continua sur sa lancée. « Les baguettes des mannequins vous lanceront un Maléfice Cuisant – si vous êtes touchés, considérez-vous comme mort. » S'en suivit une autre vague de gloussements. « Vous devez juger par vous-même comment répondre ; chaque mannequin est programmé pour avoir un certain degré d'agressivité - certains peuvent esquiver. » ajouta-t-elle. « Si vous n'avez pas été touchés à la fin des trente secondes, vous avez survécu. » Elle fit un mouvement avec sa baguette et quatre murs apparurent au milieu de la pièce, cachant de ce fait les mannequins. « Ce serait un désavantage pour les derniers à passer de voir comment les mannequins répondent, donc vous passerez chacun votre tour, seuls. Qui souhaiterait commencer ? »

Près de la majorité des mains se levèrent. « Miss Patil, allez-y. » Smythe-Wellington arrêta Padma juste avant qu'elle ne rentre dans l'espace dessiné par les murs. « Laissez-moi vous donner un dernier conseil avant de rentrer : traitez cette situation en imaginant que les mannequins sont des vrais êtres humains, et que vous les rencontrez dans la rue. Compris ? Très bien. Quand vous serez tous passés, nous discuterons de chacune de vos performances. Allez-y, Miss Patil. »

Padma, baguette à la main, se dirigea vers la zone d'entraînement nouvellement construite avec un léger rire nerveux. Tous les élèves tendirent l'oreille.

« Reducto ! Red…oh ! Reducto ! » Des bruits de fracas se faisaient entendre, comme si les mannequins explosaient, mais en moins d'une dizaine de battements de cœur, Padma s'écria « Aïïïe ! »

« Elle s'y est vraiment crue ! » lança Draco d'un ton moqueur.

« J'entends un autre son de vous, M Malgoy, et vous passerez le restant de ce cours à écrire des lignes au lieu de participer à cet exercice en plus des cinquante points en moins pour Slytherin. » gronda Smythe-Wellington depuis l'entrée de la pièce d'entraînement. « Reparo ! Retournez à votre place, Miss Patil. Suivant ! M. Zabini. »

Zabini s'en tira légèrement mieux ; il dura cinq secondes de plus que Padma, bien qu'à l'entendre, il avait « tué » plus de mannequins. Harry n'avait pas la moindre idée de comment se comportaient les mannequins là-dedans. Entre les explosions, les cris, il était impossible de savoir ce qu'il se passait – ce qui était probablement ce que Smythe-Wellington avait prévu. De ce qu'il pouvait voir, il était fier de noter que, de tous les élèves, les membres de l'AD semblaient tenir plus longtemps que les autres

Neville réussit à tenir quasiment tout le temps imparti, et, à en croire les sons qui s'échappaient de la pièce, avait explosé la quasi majorité des mannequins. Harry était très impressionné et lui sourit lorsque Smythe-Wellington eut le dos tourné. Malfoy, au grand déplaisir d'Harry, fut le premier à en sortir « vivant ».

Ron semblait bien s'en tirer, mais il sortit après vingt secondes, avec visiblement la nuque très douloureuse et une expression passablement contrariée. Hermione survécut près de la totalité des trente secondes, mais sans toucher un grand nombre de mannequins, et sortit en lançant un regard insistant à Harry, coupé par Smythe-Wellington qui lui lança « Regardez devant vous, Granger ! »

Susan Bones, quant à elle, réussit à rester « en vie » pendant un bon moment, mais ne toucha quasiment aucun mannequin ; ils pouvaient entendre ses pas sur le sol de sa course pour esquiver les tirs. Puis ce fut le tour d'Harry. Déterminé à faire aussi bien que Malfoy, il leva sa baguette avant même de rentrer, mais il changea de stratégie au dernier moment : il risquait d'attirer l'attention des mannequins avant même de trouver une bonne position. C'est pourquoi il se dirigea prudemment vers l'entrée et tenta de jeter un coup d'œil avant de charger. Smythe-Wellington ne fit rien pour le presser de rentrer, donc il prit son temps pour étudier l'intérieur de la pièce. Cette dernière avait été ensorcelée pour ressembler à une ruelle sombre. Prenant une large inspiration (et ignorant les chuchotements sarcastiques des Slytherins), il se glissa à l'intérieur et se baissa derrière une fausse poubelle.

Le mannequin le plus proche se tourna immédiatement et pointa sa baguette. « Reducto ! » s'écria Harry. La silhouette vola en éclat. Tous les mannequins se mirent à converger dans sa direction, et il se mit alors au travail, gardant ses yeux sur chacun d'entre eux, les explosant au moment même où ils se tournaient vers lui. Un mannequin avec un costume d'un vert hideux faisait mine de se cacher derrière un bâtiment, et Harry abandonna sa position, réduisant en cendres deux autres mannequins pour les écarter de son chemin. Un tir le frôla et alla s'écraser contre le mur juste à côté de lui.

C'était intense. C'était excitant – et pour le moins satisfaisait. Harry imaginait le mannequin en gris avec les traits de Malfoy, ceux en rouge, Lucius Malfoy et Bellatrix Lestrange – et celui en noir en Snape. Et celui en vert, Queudver. Avant qu'il ne réalise, il était au beau milieu de la « rue », entouré par des mannequins détruits. Il avait réussi.

Les lèvres du Professeur Smythe-Wellington remuèrent légèrement lorsqu'elle croisa son regard tout en réparant le décor. « Retournez à votre place, Potter. MacMillian, c'est à vous. » Harry était bien content qu'elle ne puisse pas voir son large sourire lorsqu'il se dirigea vers son bureau, et elle fit mine d'ignorer les chuchotements admiratifs de ses camarades – il avait fini plus rapidement que Malfoy.

Tous les élèves ayant effectué leur passage, le Professeur fit disparaître la salle d'entraînement (en dépit des nombreux élèves qui demandaient à repasser) et s'installa à son bureau. « La seconde partie de cette leçon va sembler déplaisante pour certains d'entre vous, mais je peux vous assurer que si vous souhaitez poursuivre dans la carrière des forces de l'ordre magique, vous allez devoir vous habituer à des évaluations orales…en public. » Plusieurs élèves poussèrent des gémissements. « Ces remarques ne sont pas destinées à vous insulter, vous ou vos capacités, mais à vous donner une opinion professionnelle honnête et critique de votre performance. Ceci étant, en général, j'ai pu noter des réactions rapides et vives, bien plus rapides et affirmées que la normale pour votre âge. » Plusieurs membres de l'AD se tournèrent vers Harry avec un sourire, et il se força à se mordre l'intérieur des gens pour garder une expression attentive.

Smythe-Wellingon poursuivit. « Cela dit, comme tous les aspects de cette discipline, cela est un avantage et un inconvénient. Vous vous défendez correctement, même très correctement dans certains cas. Cependant, j'ai pu remarquer une certaine tendance dérangeante de sur-agression. En particulier… » Elle marqua une pause et ses yeux se posèrent sur Draco, puis sur Harry avant que l'un d'entre eux ne dise quoi que ce soit. « M. Malfoy et M. Potter. Ah, et M. Longdubat récolte cet honneur également. » Harry et Neville eurent la même réaction : ils furent bouche bée. Smythe-Wellington ricana. « J'avais pourtant signifié, n'est-ce pas, que vous deviez vous mettre dans la situation où vous rencontriez ces personnes dans la rue ? »

Elle désigna de la main les mannequins, qui reculèrent. « Vous aviez pourtant remarqué leur accoutrement, n'est-ce pas ? Ceci aurait dû être un indice sur comment interagir avec eux. » Quelques hoquet de surprise se firent entendre, et plusieurs élèves se prient le visage dans les mains. Le cœur d'Harry se faisait lourd dans sa poitrine. « Dites-moi, M. Potter, avez-vous pour habitude de traquer et de lancer des sortilèges à des Moldus sans défense dans la rue ? »

Harry fixa le mannequin habillé de vert et étouffa un grognement. Avant que Draco ne puisse ne serait-ce que ricaner, Smythe-Wellington se tourna vers lui et montra les trois mannequins drapés dans des robes rouges. « Et vous, M. Malfoy, vous réalisez que vous avez tué vos trois collègues Aurors qui tentaient pourtant de vous couvrir ? » Harry ne put s'en réjouir – il avait fait la même chose. « Quant à vous, M. Longdubat, vous étiez si occupé à lancer des sorts à des sorciers amicaux que vous vous êtes fait toucher par un individu hostile. »

Smythe-Wellington prit un moment pour fixer les expressions honteuses des garçons, puis reprit. « Vous trois recevez la plus mauvaise note de cet exercice. » Neville enfouit son visage dans ses mains. « M. Potter, vous parvenez à avoir un 2/10 plutôt qu'un 1 car vous avez au moins tentez de prendre un moment pour analyser la situation avant d'attaquer – bien que je sois grandement tentée de reprendre ce point vu votre étonnante incapacité à régir correctement alors que vous avez pris le temps de regarder avant. »

Son expression se radoucit et elle se tourna vers le reste de la classe. « Bien. Miss Bones, vous recevez la meilleure note, car vous n'avez pas fait preuve de sur-agression et vous avez réussit à comprendre qu'un Moldu était présent. Ceci dit, vos tirs manquent de précision, il faudra travailler la visée. Vous avez également manqué le fait que les trois mannequins Aurors ne pointaient pas leurs baguettes vers vous. Miss Granger, vous avez passé beaucoup trop de temps a décider si chaque mannequin était agressif ou non, et vous vous êtes de ce fait trop exposée. Vous devez réagir plus rapidement dans ce genre de situations – effacez immédiatement ce sourire, M. Macillian, puisque nous allons nous attarder sur le fait que vous prenez pour cible des lampadaires au lieu des mannequins ! »

Et cela se poursuivit ainsi. C'était un groupe de sixième année bien morose qui quitta le cours de Défense spécialisée, emportant avec eux les restes de leurs égos. Harry était si pressé de quitter le cours le plus vite possible qu'il jaillit de sa chaise à la seconde où le cours se termina, et Ron et Hermione durent courir après lui.

« Harry, attends ! » lança Hermione. « Ne sois pas si mécontent, personne n'était supposé bien faire ! C'était juste pour nous apprendre quelque chose ! »

« Bones a réussi, elle. » grogna Ron. « Je suis Harry allons nous enterrer dans une serre pendant quelques semaines le temps que nos visages retrouve une couleur normale ! »

« Tu as fait mieux que moi. » dit Harry d'une voix basse en s'appuyant contre un mur. « C'était un désastre monumental. »

Hermione se mit en face d'eux. « Ne le prenez pas trop à cœur ! C'était notre premier exercice pratique ! Elle a dit… »

« Tu n'as pas vu sa tête quand j'avais terminé, Hermione. Je crois qu'elle se moquait de moi. » dit Harry. « Elle sait que je veux devenir Auror, et elle pense que je n'ai aucune chance ! »

« Et bien, si tu abandonnes à chaque petit obstacle, alors oui, elle a raison de le penser ! » lança Hermione d'un ton ferme. Harry la fixa, mais elle croisa les bras. « Tu le veux vraiment ou pas ? »

« Tu sais bien que oui ! » répondit-il d'un ton exaspéré.

« Et tu as bien déjà eu des entraînements ratés dans ton précieux Quiddicth ! »

Harry eut un mouvement rageur des mains. « Personne ne se fait tuer dans un mauvais entraînement de Quiddicth ! »

« Et personne ne l'a été aujourd'hui. » Hermione s'assit sur les marches pour que Ron et Harry ne puissent pas passer. « C'est à ça que servent les exercices comme celui d'aujourd'hui - nous apprendre à gérer nos forces et nos faiblesses. »

« T'as fini de me faire la leçon ? » gronda Harry.

« Très bien ! » cria-t-elle, se levant d'un bond. « Je voulais juste te remonter le moral, mais si tu veux rester là à te morfondre, qui suis-je pour t'en empêcher ! » Et elle descendit les marches d'un pas énervé, essuyant ses mains du dos de la main dans un geste rageur.


Harry et Hermione s'adressèrent à peine la parole le reste de la journée, et pour ne rien arranger, Ron semblait avoir pris le parti d'Hermione. Harry les vit chuchoter avec des regards vers lui dans la salle commune le soir venu. Il monta se coucher tôt, énervé, alors que le lendemain même, il devait partir avec Snape.

Entre ces deux pensées, il ne parvint pas à faire le vide dans son esprit cette nuit là, et ses rêves étaient parasités de visions des tunnels souterrains que Remus avait identifié comme ceux du bâtiment du Congrès américain Sorcier. Il vit également une pièce qui semblait également souterraine, faiblement éclairée, et contenant un unique et très ancien pilier en pierre, qui rappelait douloureusement à Harry l'arche du Département des Mystères.

Cette comparaison suffit à le réveiller d'un bond en pleine nuit. Il supposait qu'il devrait mentionner cette vision, bien que cela allait lui garantir à coup sûr une explosion de la part de Snape.

L'aube de ce samedi se leva, avec un autre mauvais rêve, et Dobby vint le réveiller à sept heures. « Maîtresse McGonagall dit que vous devez vous lever maintenant, Harry Potter. » lui chuchota-t-il, et lui tendant une petite valise. « Elle dit que les affaires de Harry Potter sont déjà prêtes pour le voyage, et que vous n'avez qu'à y aller en uniforme de l'école. »

« Merci, Dobby. Dis-lui que j'arrive tout de suite. » grogna Harry.

Alors qu'il se tira hors du lit, Ron bailla et marmonna. « T'y vas ? »

« Ouais. » répondit-il tout en s'habillant.

En se frottant les yeux, Ron fit une grimace. « Ils te tirent du lit à une heure indécente, hein ? »

« Le début parfait d'un voyage déplaisant. » répondit Harry.

Ron acquiesça, compatissant, et regarda Harry pendant un moment avant d'ajouter « Ecoute, avant que tu t'en ailles… » Harry marqua une pause et le regarda. Ron était rouge d'embarras. « Hermione m'a dit de te dire d'être prudent. Tu sais…elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle a dit hier. »

Harry soupira. « Je sais. Tu veux bien lui dire que je suis désolé ? » Voyant Ron froncer les sourcils, il ajouta. « Je lui aurais bien dit moi-même, mais il est tôt, et je ne peux pas aller dans le dortoir des filles sans réveiller tout le monde. Pas besoin de ruiner le samedi matin de tout Gryffondor. »

« T'as raison, j'imagine. »

Harry mit son manuel de Défense spécialisée dans son sac avec son cahier. Il avait l'impression qu'il allait devoir s'occuper. Il pensa emmener son manuel de Potions, puis se ravisa. Il ferma son sac, et sourit à Ron, qui le regardait par-dessus son lit. « Dis à Hermione que j'emmène ça. » dit-il en riant, en lui montrant le livre.

Ron rit « Je pense que je vais la laisser me traîner dans la Bibliothèque pour ce cours. On ne va pas laisser cette bonne vieille Smythe-Wellington nous décourager ! »

« Bien raison ! » Ils échangèrent une tape dans la main.

Deux lits plus loin, une masse de draps et de couvertures bougea et grogna. « Taisez-vous voir un peu, vous deux. »

« Désolé ! » chuchota Ron. Il échangea un regard avec Harry et étouffa un rire. Il se pencha vers Harry et murmura « Bonne chance ! Et fais attention à toi ! »

Harry ramassa son sac et lui fit un signe de la main. « A demain soir ! »

A suivre…


J'espère que ça vous a plu, dites-moi ce que vous en avez pensé ! Prochain chapitre, on va voir un certain personnage du Ministère les accompagner au pays des hamburgers, des cows-boys et de Trump (qui est sûrement un Mangemort, j'en suis sûre !)

A la prochaine et merci de votre soutien !