Taaadaaaaa ! Deux chapitres en une semaine, vous êtes gâtés mes petits choux ! J'avais envie de récompenser votre fidélité et c'est avec grand plaisir que je vous poste le chapitre suivant !
Comme d'habitude, merci à toutes et tous pour vos reviews, follows, etc... Vous êtes au top !
Un merci tout particulier à :
- Little Luna (ouiiii, Snape et Harry vont, un jour ou l'autre, se rapprocher, mais il va falloir être patients !)
- PetitLutin22
- Daidaiiro30
- adenoide (la réaction de Percy en touchant le Pilier sera expliquée un peu plus tard, quant à Snape, il n'a pas vraiment été entouré d'amour dans sa famille, d'où son manque de réaction. Merci pour ta review en tout cas)
- Karozthor the Necromagus
- stormtrooper
- Zeugma412
Chapitre 15 : Round and round and round we go
Harry était allongé sur son lit dans le dortoir avec la fenêtre ouverte, pensant à tout et rien, lorsque Ron, Hermione et Ginny arrivèrent par les escaliers. « Harry ! »
Hermione s'assit sur le coin du lit, Ron la rejoint. « On a entendu dire que tu étais revenu – qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Regardant le ciel bleu par la fenêtre, Harry murmura « La même chose que d'habitude. »
« Bon sang, Harry ! » s'exclama Ron. « Qu'est-ce qu'il voulait, cette fois ? »
« Il ne voulait pas vraiment quelque chose, cette fois. » lui répondit Harry. « Il essayait de me tenir éloigné de quelque chose. »
« Des blessés ? » demanda Hermione.
Harry secoua la tête. Ses amis restèrent silencieux, puis Ginny s'assit contre le mur sous la fenêtre. « Et toi ? »
« Je n'ai pas été blessé. Enfin, pas vraiment. » Il lui sourit faiblement.
Elle fixa Harry, puis lui dit doucement. « Il t'a encore possédé, c'est ça ? »
Ron et Hermione grimacèrent. Il déglutit. « Ouais. Mais pendant à peine une minute. »
Il sentit la main d'Hermione lui toucher la tête. « Mais tu as réussi à le repousser ? »
« Pas moi. » dit Harry. « Le Professeur Snape. On était en bas, dans leur Département de Recherche en Magie…il y avait un artefact que Voldemort avait peur que je trouve. C'était une sorte de bouclier. »
Il ne pouvait pas leur parler du Pilier. Pas encore. Le souvenir était encore trop frais dans son esprit. « En le touchant, il était censé me protéger à nouveau face à lui. Il est venu, a essayé de le détruire, mais le fait est que je l'ai touché, et c'était trop tard pour lui. Il s'est enfuit quand les renforts sont arrivés. »
« C'est ce qui… » commença à dire Hermione, mais elle fût coupée par Ron.
« Si t'es fatigué, on peut te laisser tranquille. »
« Non. » lui répondit-il, bien qu'il se sentait fatigué. « Je me sens juste…bizarre, d'avoir été possédé, tout ça. » Ils se rapprochèrent de lui et Hermione mit sa main sur son dos en signe de réconfort. « Le monde entier va le savoir cette fois ci, dès demain. »
« Oh non. » lança Hermione. « Les Américains t'ont vu ? »
« Oui, mais ils ont promis de ne pas ébruiter ça dans les journaux. » expliqua Harry. Il sourit. « Ils sont étranges, ces sorciers Américains. Mais je les aime bien. » Ron sourit. « Non, la raison pour laquelle le monde entier est sur le point de le savoir est que Percy, lui, m'a vu. » Ginny et Ron poussèrent un cri de surprise. « Et, évidemment, il est parti droit vers le Ministère avant même que Dumbledore n'arrive et ne puisse lui parler. »
« Ce…ce… » Harry leva les yeux et ne put réprimer un rire : le teint de Ron virait à un rouge cramoisi. « Ce…stupide abruti…s'il pense à…je vais le tuer ! »
Ginny secoua la tête. « Il ne peut pas. C'est peut être un abruti mais il sait ce qu'il arrivera à Harry si ça se sait. Les gens deviendraient fous – Percy ne peut pas vouloir la mort d'Harry ! »
Harry se contenta de hausser les épaules, mais intérieurement, il pensa C'est exactement ce que Percy veut. Il bailla et changea de sujet. « J'imagine que j'ai des devoirs en retard à faire. »
« Bon sang, mon pote, tu te transformes en Hermione ! »
« Oh, arrête voir, Ronald ! Si tu veux, Harry, on peut faire ça ici tant que tu es réveillé. »
« Je ne suis pas invalide ! » lança Harry, contrarié.
Elle croisa ses bras. « Ne t'énerve pas après moi, tu l'as dit toi-même, tu as des devoirs à faire. Et le fait que tu n'aies pas bougé ne serait-ce qu'un muscle depuis un quart d'heures suggère que tu ne te sens pas d'attaque de faire le chemin jusqu'à la bibliothèque, donc j'essayais juste d'aider ! »
Harry grogna et enfuit son visage dans son oreiller. « Est-ce que, de temps en temps, tu pourrais arrêter d'avoir raison ? » dit-il d'une voix étouffée.
Des rires en termes de réponses lui indiquèrent qu'il était pardonné. Quelqu'un lui ébouriffa les cheveux à nouveau. « Arrête de le papouiller comme ça ! »
« La ferme, Ron, je ne fais que le materner. »
Harry tressaillit. Et pas qu'un peu. « Harry ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
Harry se mit assis rapidement et se frotta la nuque. « Rien. Juste une crampe. » dit-il. « Okay, Hermione, tu m'as convaincu. Je n'ai pas fini mon devoir de DCFM. »
« Harry, honte à toi, c'est pour demain, et tu dois au Professeur Lupin de faire de réels efforts dans son cours… » Le sermon d'Hermione continua à se faire entendre dans les escaliers alors qu'elle et Ginny allèrent chercher leurs livres.
Sortant son propre manuel de sous son lit, Ron rigolait. « Elle ne changera jamais. » dit-il sans perdre son sourire.
« Tu t'attendais à quoi ? » demanda Harry.
« A rien, j'imagine. » Les oreilles de Ron prient une légère teinte rosée. Il fit un geste en direction de son livre. « Tu as déjà lu le chapitre ? »
« Ca, oui, je n'ai juste pas encore fait la dissertation. »
« Ah, on a de l'avance sur toi, on l'a fait mercredi. »
« Quand est-ce que vous avez fait ce devoir mercredi, tous les deux ? »
« Heu… »
Au grand étonnement d'Harry, la une de la Gazette du Sorcier de lundi n'était pas Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom prend le contrôle de l'esprit d'Harry Potter ou un autre titre racoleur.
Ayant passé une nuit horrible, à se réveiller plusieurs fois en sueur en se demandant si une horde de sorciers hystériques n'allait pas venir l'embarquer vers l'asile psychiatrique de Ste-Mangouste, le soulagement était immense.
« Tu es sûr que Percy t'a vu ? » lui demanda Ron lorsque Hermione leur montra le journal.
Harry acquiesça. L'attaque sur le Congrès Sorcier américain, quant à elle, était bien mentionnée, mais les détails n'étaient pas explorés. « Le Professeur Dumbledore semblait le penser. Il n'était pas vraiment heureux quand Percy s'est précipité au Ministère après tout ça. »
« Il a peut être juste eu peur. » tenta Ginny.
Hermione secoua la tête en roulant le journal avec une expression indécise. « S'il voit quelque chose de tel, c'est de son devoir d'en informer son supérieur – ou au moins c'est comme ça qu'il voit les choses. » lança-t-elle, rapidement avant que Ron ne s'énerve. « Et même si Percy ne voulait pas faire de mal à Harry, Fudge, lui, n'hésitera pas à faire fuiter cette information. »
« Tu penses que Fudge a pris Harry en grippe ? » demanda Ron. « Je pensais qu'il était juste un petit pleurnicheur… »
« Opportuniste, c'est tout ce qu'il est. » grogna Hermione. « Ce n'est peut-être pas une question d'avoir pris Harry en grippe, mais si ça lui permet d'être mieux vu par le grand public, il ferait un sacrifice humain sans aucune hésitation. » La référence fit frémir Harry, se remémorant Queudver qui l'avait attaché sur la tombe.
Ginny posa sa main sur son bras. « Laisse tomber, Harry. Fudge n'est pas qu'un petit geignard opportuniste, il est surtout incompétent. Il n'a pas assez de courage et d'intelligence pour te faire du mal. »
Peut-être, mais il pourrait toujours faire encore croire à tout le monde que je suis cinglé. Hermione enfuit le journal dans son sac et adressa à Ron un regard chargé de sens. Elle rougit légèrement quand elle vit qu'Harry l'observait. « Quoi ? » lui demanda-t-il, irrité.
« Rien, désolée. Vraiment, Harry, c'est rien ! » dit-elle en levant ses mains. Harry haussa les épaules, mais se sentait de plus en plus énervé – les oreilles de Ron avaient pris une belle teinte rouge. Ce n'était pas rien !
A ce moment-là, Neville lui secoua le bras. « Hé, Harry, c'est quoi le problème avec Snape ? »
« Snape ? » Harry cligna des yeux de surprise.
« Il n'arrête pas de te fixer. » chuchota Neville avec étonnement.
Ron haussa les épaules et se resservi une part de porridge. « Il déteste Harry, celui -à. Il le regarde toujours de travers. »
Neville secoua la tête. « Non, c'est différent cette fois. »
Sans y réfléchir, Harry tourna la tête vers la table des Professeurs. Snape, en effet, le fixait, mais ce n'était pas l'habituel regard mauvais qui rangeait Harry dans la catégorie des cornichons. Ce n'était pas un regard amical non plus. Snape semblait…perturbé.
Aussitôt qu'il vit qu'Harry lui rendait son regard, le Maître des Potions se leva et quitta le Grand Hall. Dumbledore et McGonagall le regardèrent partir, mais Dumbledore sourit. Harry reporta son attention sur Neville et haussa les épaules, circonspect.
Ce soir-là, la séance d'Occlumencie ne lui apporta pas plus de réponses. Au contraire : Harry était plus confus que jamais. Lorsqu'il arriva, Snape se tenait derrière son bureau et lisait des devoirs. « Fermez la porte, Potter. » lui lança-t-il sans lever le regard. Harry s'exécuta avec une pointe d'appréhension. L'atmosphère était étrange. Snape se leva, fit le tour de son bureau et lui ordonna « Sortez votre baguette. », tout cela sans regarder Harry.
Harry était perplexe. Pas de remarques acides sur la dernière leçon, où Harry s'est presque abaissé à supplier Snape d'arrêter ? Pas de menaces ou de sarcasmes sur ce qu'il se passerait si le contrôle mental d'Harry ne s'améliorait pas ?
Non, rien de tout ça – bien que lorsque Snape daigna lever les yeux sur Harry, ce dernier pensa que son regard aurait été suffisant pour traverser son front en une brûlure incandescente. « A trois. Un-deux-trois- Legilimens ! »
Alex Marshall tremble sur le sol du repaire de Voldemort…Harry dirigea ses pensées vers la chambre du Pilier, à la recherche de la sécurité au sein des bras de sa mère…Percy l'accuse de mettre sa famille en danger…Snape se tient devant Harry alors que Voldemort brandit sa baguette, se préparant à mener une bataille sans espoir…
Harry pouvait vaguement voir le visage de Snape en face de lui, et lorsqu'il rappela à son esprit le souvenir de la chambre du Pilier pour couvrir les images mentales que Snape attaquait, il vit le regard de ce dernier s'élargir. Puis, tout d'un coup, ce fut comme si une lutte acharnée entre deux souvenirs d'Harry prit fin soudainement. Le visage de Percy, en colère et blessé dans l'hôtel, s'évanouit et l'image du Pilier explosa dans l'esprit d'Harry avec une force telle qu'il perdit toute notion du temps et de l'espace.
Ca va aller…Les bras de sa mère étaient autour de lui à nouveau, farouche, désespérée, l'aimant plus qu'il ne pouvait imaginer ; il ferma les yeux, espérant que cet instant dure pour toujours.
Harry tomba sur ses genoux avec une exclamation de surprise. Il tremblait. Levant les yeux, il vit que Snape se tenait au-dessus de lui avec un visage pâle. Comment passer du paradis à l'enfer, se dit-il en réprimant un grognement.
« Levez-vous, Potter. » Harry s'exécuta, résigné, s'attendant aux brimades habituelles. L'expression de Snape était illisible. « Ce souvenir est bien trop chargé d'émotion pour constituer une défense efficace. Il a trop de pouvoir sur vous. »
La voix de Snape était inhabituellement plate. Pour sûr, ce n'était pas un ton amical, pas même cette espèce de semi-approbation qu'il réservait à Malfoy et aux Slytherins, mais le manque d'hostilité ouverte était suffisant pour déconcerter Harry. Il fixa Snape, confus. « Quoi ? »
Snape répéta lentement. « Je disais que le souvenir de cet…incident aux Etats-Unis ne vous protégera pas suffisamment du Seigneur des Ténèbres. »
« Donc… » Harry tentait avec difficulté de faire fonctionner ses méninges. « Je devrais utiliser autre chose pour me protéger ? »
« Correct. Le bouclier que vous aviez utilisé la semaine dernière était un meilleur choix. L'objectif étant de libérer votre esprit de toute émotion. »
« Je…très bien. » Harry, intérieurement, secouait la tête. Il ne voulait pas faire la fine bouche, étant donné que cette leçon se trouvait être productive pour une fois – mais il ne pouvait s'empêcher de se demander si la bataille n'avait pas embrouillé le cerveau de Snape.
Snape brandit sa baguette, et, par un geste, enjoignit Harry à baisser la sienne. « Encore. A trois : un-deux-trois- Legilimens ! »
Sirius riait, faisant face à Bellatrix…oh non, pas celui-là encore…un éclair rouge le toucha à la poitrine…concentre-toi, CONCENTRE-TOI…Harry ferma les yeux et tenta de fixer son esprit sur les essais de Quidditch de la semaine passée…les yeux de son parrain reflétèrent la surprise du choc…il se concentra sur la lumière du soleil reflétée sur le manche de son balai…ciel bleu…lumière rouge…le vent sur mon visage…le voile flottait comme si…NON ! Il pourchassait le Souaffle, passait à travers les buts de l'équipe Or rapidement, encore plus rapidement, et volait aussi vite que possible…whack !
Cherchant à reprendre son souffle, Harry ouvrit les yeux, les frotta avec le dos de sa main. Snape baissa sa baguette. « Mieux. » se contenta-il de dire.
Mais que se passe-t-il ici ? pensa Harry.
Snape fit mine de lever sa baguette à nouveau, puis se ravisa. « Vous avez fait des progrès pour défendre votre esprit, mais contre une attaque ouverte du Seigneur des Ténèbres, se concentrer vaguement sur un souvenir plaisant ou une distraction ne sera pas suffisant. Vous ne parvenez toujours pas à vider votre esprit de toute émotion ; chaque fois que vous vous permettez d'être bouleversé, il pénétrera toujours plus loin dans votre esprit. »
« Oui, Monsieur. » répondit Harry prudemment, espérant que l'attitude presque humaine de Snape ne cesse pas.
« C'est assez pour ce soir. Avant d'aller vous coucher, concentrez-vous pour faire le vide dans votre esprit, comme toujours. Travaillez là-dessus, Potter. » lui dit-il sèchement. « Après son échec en Amérique, le Seigneur des Ténèbres va intensifier ses efforts. »
Harry acquiesça et se tourna pour quitter le bureau, se demandant toujours pourquoi Snape se montrait presque aidant. Il ne comptait pas risquer de provoquer quoi que ce soit, mais…il osa se retourner et regarder Snape. Ce dernier regagnait son siège derrière son bureau. « Monsieur ? Pensez-vous qu'il pourrait venir s'en prendre à Poudlard ? »
Snape, le dos tourné, s'immobilisa et répondit « Je n'ai aucun doute qu'il s'y prépare d'ores et déjà. Poudlard est la place forte de l'opposition, et ses récentes déconvenues sont pour lui des insultes personnelles. Ce n'est qu'une question de temps. »
Harry se réjouit que Snape n'aie pas l'idée de se retourner à ce moment-là : ses mots l'avaient fait tressaillir.
De retour au dortoir, Harry trouva Ron et Hermione assis sur le lit de Ron. Ils sursautèrent en le voyant arriver. « Alors ? » demanda Ron. « Comment ça s'est passé ? »
Harry s'assit sur son propre lit et prit le temps d'enlever ses chaussures avant de répondre. « Bizarre. Très bizarre. »
« Bizarre. » répéta Hermione en fronçant les sourcils. « Dans quel sens ? »
« Et bien… » Harry se gratta la tête, tentant toujours de mettre de l'ordre dans sa tête après cette leçon. « Je crois…que ça s'est bien passé. Je suis en train de comprendre le truc. »
« Et c'est bizarre ? » demanda Ron.
Harry secoua la tête. « C'est Snape qui était bizarre. »
« Oh bon sang, qu'est-ce qu'il a fait cette fois ci ? »
Hermione souffla du nez. « Quelqu'un devrait vraiment lui rappeler qu'on est en guerre. Il devrait travailler avec toi, et pas contre toi. Que t'a-t-il fait ? »
Harry soupira en secouant la tête. « Rien. »
« Comment ça, rien ? » répondirent en chœur Ron et Hermione.
« Et bien…je l'ai en quelque sorte bloqué au début, mais il m'a dit que je le faisais mal. Et il m'a ensuite dit comment il valait mieux le faire. On a réessayé, je l'ai bloqué, et il a dit que c'était mieux mais que je devrais faire mieux si je voulais rivaliser avec Voldemort. Et ensuite il m'a laissé partir. » Même aux oreilles d'Harry, l'histoire sonnait étrangement.
Ron et Hermione restèrent silencieux un moment. « Et bah. » murmura Ron. « Ca, c'est bizarre. »
Hermione laissa pendre ses pieds par-dessus le lit de Ron, fixant Harry comme si elle pensait qu'il avait reçu un coup sur la tête. « Il ne t'a pas…insulté ? »
« Non. »
« Il ne t'a pas hurlé dessus ? » demanda Ron.
« Non. »
« Il n'a pas saboté l'essai pour ensuite rejeter la faute sur toi ? »
« Non. »
« Il n'a pas agi comme si tu étais un cornichon attardé ? » s'exclama Ron.
« Non. »
« Harry… » Hermione ramena ses genoux sous son menton ; elle semblait relativement troublée. « Tu es bien sûr que c'était Snape ? Je veux dire, on s'est déjà fait avoir, par Croupton… »
C'était une idée. Harry fronça les sourcils, pensif. « Je ne sais pas…il agissait étrangement à la minute où le Pilier a été détruit. La première fois que je l'ai vu juste après, il avait l'air presque…effrayé. »
« Peut-être que t'avoir vu possédé lui a foutu les jetons. » lança Ron. Puis son regard s'agrandi. « Ou…peut-être que c'est lui qui est possédé ! »
« Non. » répondit Harry à mi-voix. Il se frottait sa cicatrice, qui le lancinait légèrement mais pas autant que d'habitude après une leçon d'Occlumencie. Il sentait que son esprit n'était pas autant drainé et affaibli qu'habituellement. « Dumbledore était là un bon moment. Il aurait remarqué. Et…je ne pense pas que moi-même je n'aurais pas remarqué si Voldemort possédait quelqu'un d'autre – même si c'est moitié moins douloureux. »
Hermione et Ron redevinrent sérieux. « C'est douloureux à ce point ? » demanda Hermione.
Harry acquiesça. « Plus que tu n'imagines. Et un des Américains a dit quelque chose : apparemment mes yeux avaient changé de couleur. »
Hermione laissa échapper un petit cri de stupéfaction, et Ron grimaça. « Quelle couleur ? » demanda Ron qui semblait révolté.
Harry réalisa, légèrement choqué, qu'aucun de ses amis n'avait jamais vu Voldemort. Ils ne savaient pas à quoi il ressemble. « Rouge. » leur répondit-il. « Les yeux de Voldemort sont rouges. »
Hermione se couvrit la bouche avec sa main et Ron se rapprocha d'elle et mit son bras autour de ses épaules. Harry changea de sujet. « En tout cas, ça règle la question de la possession de Snape, ça ne nous aide pas à savoir pourquoi il est si soudainement… »
Ron se pencha vers lui. « T'essayes quand même pas de nous dire que Snape a été sympa avec toi ?! »
Au même moment, Ginny s'apprêtait à les rejoindre mais, entendant les mots de Ron, elle s'immobilisa, bouche bée, puis se retourna vivement et fit mine de redescendre les escaliers. Ils se mirent tous à rire. « Reviens, Ginny. » lui lança Harry entre deux éclats de rire.
Elle s'exécuta, avec une hésitation exagérée. « Est-ce que le ciel va nous tomber sur la tête ? »
« Non, Snape n'a pas été vraiment sympa. » Ils rirent de plus belle, et Harry se détendit. A quoi bon être nerveux – bon, c'était tout de même plutôt déroutant, mais se tracasser là-dessus ne lui donnerait pas plus de réponses. « Il n'était…pas spécialement méchant non plus. »
« Vraiment étrange. » murmura Hermione.
« Peut-être qu'il a juste changé d'avis ? » suggéra Ron. Puis il éclata de rire en s'affalant sur le lit.
Hermione ria tellement qu'elle tomba sur les genoux de Ron, incapable de se relever. Ginny, totalement hilare, tapait des pieds par terre. Harry en avait mal au ventre à force de rire.
La vie à Poudlard se déroula de manière assez étrange dans les jours qui suivirent pour Harry. Chaque matin, il ouvrait avec inquiétude la Gazette avec Ron, Hermione et Ginny qui regardaient par-dessus ses épaules. Ils se demandaient tous quel serait le jour où la possession par Voldemort serait annoncée. Il ne comprenait pas ce que Fudge attendait.
« Il doit savoir. » murmura Harry mercredi pendant le petit déjeuner. « Pourquoi il n'est même pas venu pour me questionner ? »
« Peut-être que Percy ne lui a pas dit, après tout ? » lança Ginny avec une voix teintée d'espoir.
« Aucune chance. » lui répondit Ron, amer. « Aucune. Je n'aime pas trop ça. C'est comme s'ils attendant qu'Harry fasse quelque chose, j'ai l'impression. »
« Une preuve, peut-être. » intervint Hermione. « Ou alors ils voient avec les Aurors pour savoir quoi faire. »
« Dumbledore l'a peut-être arrêté ! » lança Ron, enthousiasmé par l'idée (ainsi qu'Harry). « Il l'a convaincu, ou menacé de quelque chose. »
« Qui menace qui ? » lancèrent les jumeaux, venus pour rattraper leur ASPIC.
Harry secoua vigoureusement la tête en direction de Ron. Ce dernier, ayant compris le message, répondit « Désolé, on peut rien vous dire pour le moment. »
« Oh, allez, nous savons garder un secret. » insista Fred.
« Ne sommes-nous pas la discrétion incarnée ? » fit George.
Hermione ricana. Les jumeaux lui envoyèrent simultanément une expression de chiot battu qu'ils réussirent à tenir jusqu'à ce qu'Hermione ne craque et ne se mette à rire. « Hé, flirtez avec quelqu'un de votre âge ! » leur envoya Ron qui semblait ennuyé.
« Quoi ? » s'exclama George. « Hermione pense que nous sommes charmants, n'est-ce pas ? »
« Hmm… » Hermione prit une teinte rouge, encore plus que Ron dans ses pires moments, et refusa de lever les yeux. Ron fusilla les jumeaux du regard jusqu'à ce qu'ils quittèrent la table pour se rendre vers la table des professeurs afin de rencontrer le Professeur Flitwick, puis il reporta son regard sur Hermione. « Oh, arrête ça ! » lui lança-t-elle.
Harry secoua la tête. Il avait abandonné l'idée de leur demander ce que eux et le reste des Weasley conspiraient – chaque fois qu'il se retournait, ou qu'il arrivait dans une pièce, ils chuchotaient furtivement, puis se séparaient et prenaient une mine gênée quand ils voyaient Harry. Ron et Hermione refusaient catégoriquement de dire quoi que ce soit, et bien qu'Harry avait questionné Ginny, elle insistait pour lui dire que c'était à Ron ou Hermione de lui dire ce qu'il en retournait. Les jumeaux se contentaient de se donner des coups de coude avec des airs de conspirateurs et lui envoyaient des clins d'œil. C'était incroyablement agaçant, donc il se contentait de fixer Ron et Hermione quand ils avaient ce genre de comportement.
Tout le monde devient totalement fou à lier ici !
La leçon de la nuit dernière d'Occlumencie s'était bien passée à nouveau ; Snape avait attendu plus longtemps entre chaque essai pour donner à Harry le temps de vider son esprit de toute émotion. Harry n'y était pas parvenu totalement – il avait duré environ cinq secondes dans le souvenir de la mort de Sirius avant de devoir utiliser sa baguette pour le stopper. Mais, au moins, il était capable de le stopper maintenant, bien que Snape ne perdit pas le temps de lui rappeler que s'il devait se retrouver face à une attaque du Seigneur des Ténèbres, Harry n'aurait vraisemblablement pas sa baguette à portée de main.
Mais on était bien loin de la façon presque jouissive que Snape avait de lancer Harry dans ses souvenirs les plus douloureux, suivi généralement d'une bonne dose de brimades envers son père. Non pas que cela dérange Harry ; c'était seulement…étrange.
Et le cours de Potions fût encore plus étrange. A ce qu'Harry pouvais en dire, le comportement de Snape envers lui en public n'avait pas vraiment changé ; il prétendait toujours nier son existence en cours – du moins, jusqu'au jour où il n'eut d'autres choix que de lui accorder son attention.
Au plein milieu du cours, Harry versait lentement du sang de dragon dans sa Potion de Guérison des Plaies lorsqu'il fut frappé par une vague de vertige tellement intense qu'il faillit tomber en avant dans son chaudron. Il parvint cependant à agripper le bureau à côté de lui pour se stabiliser, mais il fit tomber tout le contenu de la fiole de sang de dragon dans la potion. Le chaudron cracha des flammes dans les airs – fort heureusement, vers le haut et non en explosant, ce qui évita à Harry et Hermione d'être brûlés.
Snape surgit devant eux, lança un sort arroseur ; Harry se prépara au pire. « POTTER ! Mais qu'est-ce que vous fabriquez ?! »
Hermione avait sa main devant la bouche. Harry murmura « J'ai fait tomber la fiole de sang de dragon, Monsieur. »
De l'autre côté de la pièce, Malfoy émit un ricanement bruyant. « Vingt points en moins pour Gryffondor pour avoir gâché des ingrédients, Potter, et ça sera un zéro pour vous- pour vous et pour Miss Granger, puisqu'elle n'a pas eu le bon sens de garder les ingrédients de valeur hors de votre portée ! » Puis, d'un pas raide, il se retourna. Hermione se rassit à son bureau et pris son visage dans ses mains.
« Je suis désolé. » lui chuchota Harry.
Avec un soupir, elle se redressa et regarda ses notes. « Ca va. Je t'ai vu chanceler. Tu vas bien ? »
« Ouais. Juste la tête qui tourne. Mais c'est passé. C'était peut-être les fumées. »
Elle lui adressa un sourire. « Bon…en tout cas, le voilà redevenu lui-même ! » Harry cligna des yeux, puis ne put s'empêcher de sourire également.
Ce soir-là, lorsqu'Harry se rendit avec lassitude en cours d'Occlumencie, se préparant au grand retour de ce bon vieux Snape, le Maître des Potions lui bondit dessus sitôt la porte de son bureau fermée. « Que s'est-il passé en Potions aujourd'hui, Potter ? Verser une fiole entière d'un ingrédient d'une valeur inestimable dans un chaudron semble être légèrement extrême, même en considérant votre maladresse naturelle. Serait-ce encore une nouvelle tentative pour attirer l'attention ? »
Harry, décontenancé, rétorqua « J'ai eu un vertige ! C'était un accident. »
Snape eu un rictus moqueur. « Un vertige. »
« J'ai…dû…me rattraper…au bureau… » répondit Harry, tentant, en vain, de compter jusqu'à cent.
Se retournant, Snape répondit « C'est bien ce que je pensais. »
Son ton neutre rendit Harry furieux. « Alors pourquoi vous m'avez retiré des points pour négligence si vous saviez que ce n'était pas le cas ?! »
« Premièrement, M. Potter, vous avez été négligent, vous avez en effet versé le sang depuis la fiole alors qu'il aurait été plus judicieux de mesurer la quantité nécessaire dans un autre récipient – et Miss Granger a été négligente car elle ne vous a pas guidé en ce sens. »
« Pour quelqu'un qui déteste les ''insupportables je-sais-tout'', vous avez l'air de lui demander d'être omnisciente. » renvoya Harry.
Snape poursuivit comme s'il n'avait pas entendu Harry. « Deuxièmement, vous avez manqué de signaler cet épisode de vertige lorsque je vous ai demandé des explications. » Il rencontra le regard interloqué d'Harry, et reprit « Troisièmement, à partir de maintenant, vous signalerez tout épisode de désorientation, douleur à votre cicatrice, et tous les rêves qui n'évoquent pas votre précieux Quidditch dès lors qu'ils se produisent, ou bien je trouverai d'autres moyens de vous retirer des points. Me suis-je bien fait comprendre ? »
« Vous… »
« Potter ! »
A travers ses dents serrées, Harry grogna un « Oui…Monsieur. »
« Bien. Maintenant, videz votre esprit. »
Il semblerait qu'ils avaient tous deux retrouvés leur comportement normal ; Harry fût incapable de bloquer la moindre chose.
La vie alla de mal en pis à partir de ce jour-là. Alors que Snape ne s'était pas remis à torturer Harry avec des souvenirs de Sirius, Cédric ou encore Oncle Vernon, il se montrait peu patient à l'encontre des difficultés d'Harry pour faire le vide dans son esprit. Les jours où Harry et Snape ne se bagarraient pas, Harry parvenait habituellement à l'expulser de son esprit avec un souvenir qu'il projetait lui-même ou avec un sort. Le reste du temps, si Harry était agité dès le début du cours, il était chanceux de s'en sortir avec un Maléfice Cuisant.
Cependant, Harry remarquait qu'il n'avait pas à reporter de nombreux rêves à Snape, puisque la plupart d'entre eux semblait inclure le Quidditch.
Ron prenait ses activités de Capitaine très au sérieux et, en dehors des créneaux d'entraînement réguliers, il enjoignait souvent Harry, Ginny et tous les autres membres de l'équipe qui ne semblaient pas occupés (et même ceux qui l'étaient) à venir sur des créneaux spontanés alors qu'ils étaient supposés étudier. Harry était plus que ravi de participer, mais Ron avait trop tendance à son goût à le harceler avec des diagrammes et des stratégies de vol et des rumeurs qu'il avait entendu sur les équipes des autres Maisons.
Par conséquent, Harry avait souvent le Quidditch en tête, ce qu'il lui allait parfaitement. L'équipe élargie de Gryffondor s'entraînait de manière efficace, mais l'épisode de vertige en cours de Potions n'était que le premier d'un nombre croissant qui commençait à inquiéter Harry et ses amis. Durant le cours de Botanique, le jour suivant, sa tête se mit à bourdonner tellement que lorsqu'il marchait dans la serre, il vacilla et tomba contre un Spicularboium Géant et fût méchamment piqué. Ceci l'envoya à l'infirmerie, mais il réussit à convaincre qu'il avait juste trébuché. Cela dit, il expliqua tout au Professeur Lupin pendant le cours de Défense l'après-midi même. Lupin transmettrait le message à Dumbledore, et Snape s'il le voulait, et Harry préférait de loin parler de ces incidents à Lupin.
Les sensations de vertige s'empirèrent les jours suivants. Harry ne s'évanouit jamais totalement, mais plusieurs fois il se retrouva dos au sol, incapable de bouger tant que le monde ne s'arrêtait pas de tourner. Le pire était que personne ne semblait comprendre ce qu'il se passait.
Madame Pomfresh lui donna une Potion Vitalisante, pensant qu'il s'agissait peut-être d'effets secondaires à la Goutte du Mort-Vivant et la fatigue, mais cette potion ne l'aida pas, car Harry trébucha contre un mur pendant le cours de Métamorphose le jour suivant. Elle prit par la suite une approche plus frontale et lui prescrivit des potions pour à peu près toutes les pathologies depuis la commotion cérébrale jusqu'à l'otite de l'oreille interne, mais sans succès. Harry poursuivait avec l'Occlumencie, sérieusement (et occasionnellement avec désespoir), essayant de vider son esprit de toute émotion autant que possible avant d'aller se coucher, mais manifestement ce n'était pas efficace.
La pire tentative pour diagnostiquer son problème vint de Dumbledore, qui suggéra à Snape d'examiner l'esprit d'Harry pour y voir si Voldemort, d'une manière ou d'une autre, utilisait la Légilimencie afin d'atteindre Harry physiquement. Ils ne le découvrirent jamais, car à chaque tentative, certains souvenirs provoquèrent une telle panique chez Harry qu'il repoussait Snape. Naturellement, ce dernier n'était pas ravi.
Lors du premier week end à Pré-Au-Lard , aux environs d'Halloween, Harry se trouvait au Trois Balais avec Ron, Hermione et l'AD, en pleine discussion portant sur la formation d'un club officiel. « On devrait changer le nom officiel en « Association de Défense ». dit Hermione en riant. « Je ne pense pas que ça aiderait sur la santé mentale de Fudge si on gardait l'Armée de Dumbledore comme nom. »
Tout le monde se mit à rire. « En même temps, c'est pas super nécessaire en ce moment, vu que le Professeur Lupin est revenu. » dit Terry Boot. « Mais ça serait une bonne idée de continuer à s'entraîner. »
« Le Professeur Lupin pourrait être notre professeur parrain. » lança Ginny. « On en a besoin d'un pour former un club officiel. »
Tout en mâchonnant une cerise, Hermione fronça les sourcils. « C'est une bonne idée, sauf que le Professeur Lupin est déjà assez surveillé par le Ministère à cause de son état. Je n'aimerai pas lui causer du tort. »
Ron haussa les épaules et bu une gorgée de bièraubeurre. « Le Professeur McGonagall pourrait nous parrainer, alors. Le Professeur Lupin pourrait toujours aider quand même. »
« On se retrouverait toujours dans la Salle sur Demande ? » demanda Cho Chang. « J'aime bien cet endroit. »
« Je ne sais pas si on y serait obligés, maintenant que c'est légal. » dit Ernie MacMillian, qui se tenait sur un coin de la table. « Mais on pourrait utiliser la Salle de Duel, ou aménager une salle de cours vide avec les choses dont on a besoin. »
Hermione sortit une plume et un parchemin. « C'est le formulaire officiel pour organiser un nouveau club. »
« On doit signer quelque chose, cette fois ? » demanda Zacharie malicieusement. Cho rougit pendant que tout le monde rigolait de bon cœur.
Tout en souriant, Hermione répondit « Et bien, on doit en effet donner les noms des membres du club pour montrer combien de personnes sont intéressées…mais je le promets, je n'ai rien fait cette fois ci ! »
Ils se mirent tous à rire de plus belle. Ron essuya ses yeux. « Tu es une inspiration pour chacun d'entre nous, Hermione ! » Celle-ci se mit à rougir en entendant tous les autres membres du groupe acquiescer ou applaudir.
Harry resta silencieux une bonne partie de la réunion. Aussi heureux qu'il était de voir l'idée de reformer le club de Défense, il savait qu'ils voudraient qu'il soit leur enseignant à nouveau, et il n'était pas certain de savoir s'il le voulait.
Entre les vertiges (il en avait eu un à Honeydukes et un autre à Zonko également), les catastrophes qui avaient résulté de ses visions, et les cours de Smythe-Wellington, il souffrait d'un certain manque de confiance en lui dans ses propres capacités à se défendre. Mais, quand le formulaire passa devant lui, il y inscrivit son nom, et Hermione récupéra le parchemin avec satisfaction. « Je l'amènerai au Professeur McGonagall et Lupin, et je verrai lequel voudra nous parrainer. Et décider de l'endroit. »
« Et maintenant on pourra juste mettre des mots sur les réunions sur les tableaux d'affichage comme des gens normaux ! » lança Ginny en souriant.
« Oh, j'aimais bien ces faux Gallions ! » dit quelqu'un dans l'assemblée.
Ils eurent leur permission pour former leur club, et le Professeur McGonagall et le Professeur Lupin les parrainèrent ensemble, leur donnant une légitimité parfaite, bien que la plupart d'entre eux se référait au groupe comme l'Armée de Dumbledore. Leurs réunions se centraient pour le moment sur l'entraînement de ce qu'ils avaient vu dans leurs cours respectifs, mais la franche camaraderie de l'année précédente restait entre eux, comme une promesse non-dite entre eux.
Quelques élèves plus jeunes les rejoignit, et alors qu'Harry évitait de prendre son ancien rôle de leader du groupe, c'était sur sa suggestion que les anciens élèves fassent équipe avec les nouveaux. Ils utilisèrent d'abord une ancienne salle de cours, mais leur nombre s'élevant rapidement à seize membres, ils furent autorisés à utiliser la Salle de Duel.
Harry découvrit rapidement qu'il était lui-même bien plus mauvais en pratique qu'auparavant, car à cause de ses vertiges, ses partenaires évitaient de lui lancer des sorts, et il ne savait jamais quand il perdrait l'équilibre et tomberait au sol.
La semaine avec le premier match de l'équipe de Gryffondor contre les Poufsouffles, Harry commençait à se demander s'ils ne devaient pas nommer Ginny comme Attrapeuse, et, finalement, il en parla à Ron dans la salle commune, alors qu'ils faisaient leurs devoirs. « Je ne vais pas te laisser tomber parce que tu as juste la tête qui tourne. » lui répondit Ron. « Pas pour notre premier match, ça ne serait pas juste après ton exclusion de l'année dernière. »
« Je sais. » répondit Harry, frustré.
« Je crois en toi, mon pote, tout comme Angelina ne m'a pas laissé arrêter. »
Sa cicatrice lui faisait mal à nouveau. Agacé, Harry frotta furieusement sa tête, pour finalement la poser sur ses bras croisés. « On ne trouve pas la cause. On ne sait pas comment arrêter ça. »
« Et bien…tant que ça ne s'aggrave pas, tu joues. » déclara Ron. « Et si tu as des vertiges pendant le match, fais-moi signe et je demanderai un temps mort. »
« Très bien. » soupira Harry. « Mais ne passe pas ton temps à me regarder, ça serait dommage que tu oublies de garder tes anneaux ! » ajouta-t-il avec un sourire.
« Tout à fait ! » Ils partirent tous les deux dans un éclat de rire.
Harry regarda autour de lui. « Où est Hermione ? Son cours d'Arithmancie est fini, non ? »
Les oreilles de Ron virèrent au rouge. « Hm…je crois qu'elle est…euh…à la bibliothèque. »
« Mais je pensais qu'elle venait t'aider avec ton projet en Défense. »
« Oh…c'est le cas…elle viendra, je pense…à un moment ou un autre… » La teinte rouge qui colorait les oreilles de Ron atteint ses joues et son nez. « Okay, on a eu une grosse dispute, et elle est en colère après moi. » Il évita le regard d'Harry. « C'était sur le Quidditch, elle pense elle aussi que tu ne devrais pas jouer – mais je pense que tu devrais ! » dit-il d'un ton désespéré. « On doit montrer aux autres Maisons qu'on est en force, et ça signifie qu'on doit vous avoir, Ginny et toi, à vos postes de prédilection ! »
En riant, Harry lui donna une tape dans le dos. « Très bien. Mais assure-toi que les autres sauront voir le signal pour un temps mort. J'aimerai bien ne pas tomber de mon balai pendant une feinte de Wronski. »
« Tu ne tombes pas si souvent ! »
« Non, parce que j'ai souvent assez de temps pour m'assoir avant de m'écrouler. Tu ne m'as pas vu en Défense Spécialisée tout à l'heure ? Smythe-Wellington pense que je suis une vraie loque ! »
« Oh, je ne pense pas, elle avait l'air assez inquiète. Elle sait que ce n'est pas normal de tourner de l'œil plusieurs fois dans une semaine. » lui dit Ron. « Et au moins elle t'a laissé tranquille sur la façon dont tu dégaines ta baguette. »
Harry grogna, se souvenant comment Smythe-Wellington l'avait comparé à un tireur Moldu lorsqu'il dégainait sa baguette et l'avait fait recommencer encore et encore devant toute la classe jusqu'à ce qu'elle fut satisfaite. Puis il a commencé à ressentir un vertige, et il a tout juste réussi à rester debout pendant le reste du cours. « Elle fait peut-être juste son travail, mais elle pense définitivement que je ne suis pas fait pour être Auror. »
« Bah… » Ron ne pouvait le nier. Smythe-Wellington ne semblait pas vraiment croire en ses chances. « Au moins, elle pense que Malfoy est pire que toi ! »
