Absolument navrée de ce retard affreux ! Ce chapitre a été pénible à traduire mais je ne lâche rien et voilà enfin la suite de cette fanfic !

Un énorme merci à vous pour me suivre, pour avoir follow, mis cette traduction en favorite et un merci tout particulier à vous, les revieweurs/euses, toujours pré pour donner un coup de boost à ma motivation :

- Zeugma412

- Stormtrooper2

- Adenoide

- Karozthor the Necromagus

- PetitLutin22

- Daidaiiro30

- Questche

- Elwenn Snape

- Pretty Little Butterfly

- Danny

Sans plus tarder, je vous laisse en compagnie de nos amis les sorciers. Une fin de chapitre toute fluffy comme disent nos amis anglophones ! Comme d'habitude, je serai ravie de lire vos remarques à travers vos reviews, alors n'hésitez pas !


Chapitre 16 : Ante up !

La fin de journée de samedi se termina avec un temps nuageux, mais doux, et Ron n'aurait pas pu être plus heureux. « Pas le soleil dans les yeux, pas trop de vent, parfait. »

Hermione les accompagnait sur le terrain. « Harry, tu es sûr que tu pourras jouer ? »

« Hermione ! Arrête de le décourager ! »

« Je ne le décourage pas, Ron ! » s'écria-t-elle. « Je te le jure ! Je suis juste inquiète ! Cette chute en Défense Spécialisée hier était plutôt sérieuse, qu'est-ce qu'il se passerait si tu tombais de… »

«Ne t'inquiète pas ! » insista Ginny. « On a tout prévu. Tout le monde sait qu'on doit garder un œil sur Harry, et s'il est en difficulté, on demande un temps mort en attendant que ça passe. Ils ne sont pas vraiment rapprochés apparemment, ces vertiges. »

Andrew Kirk et Lavinia Watson arrivèrent à leur niveau. Andrew faisait des moulinets avec sa batte et Vinny attachait ses longs cheveux blonds. « Tu as peut-être une poussée de croissance ! » suggéra-t-elle.

Harry sourit. « Ca serait une bonne chose ! Je pourrais enfin rivaliser avec Ron ! »

« Tu sais, Harry, ça pourrait être ça. » lui dit Hermione, semblant finalement détendue. « La Goutte du Mort-Vivant bloque le corps, à la limite de la mort – tu n'as pas grandi de tout l'été. Peut-être que maintenant, ton corps se rattrape. »

« Hmm. Je demanderai à Mme Pomfresh, après le match. » dit Harry devant la porte des vestiaires.

Hermione le prit dans ses bras et chuchota dans son oreille. « Des rêves ? »

« Juste sur le Quidditch. » lui répondit Harry. Elle rayonna.

« Dans ce cas… » Hermione lâcha Harry et attrapa les deux mains de Ron. « Massacrez-les, capitaine Weasley ! »

Ron poussa une exclamation de joie, et, devant les yeux ébahis d'Harry, il prit Hermione par la taille et la fit tourner dans les airs. « Pour toi, je vais m'assurer que le score est d'au moins cent-cinquante à zéro ! T'as entendu ça, Harry ? Attrape le Vif d'Or dans les trente premières secondes ! »

Ginny gloussa derrière eux, et Harry lui répondit d'un ton moqueur « Chef, oui, chef ! »

Hermione leur fit des gestes d'encouragements puis se dirigea rapidement vers les gradins. « Regarde ça ! » lança Ron.

« Quoi ? » demanda Harry.

« Elle est…enthousiaste ! Sur le Quidditch ! Tu peux le croire, ça ? Elle nous a toujours supportés, mais nous en particulier, jamais l'équipe véritablement ! » Ron en venait presque à sautiller de joie.

Harry souriait. « C'est ton équipe, Ron. C'est pour ça. C'est notre équipe à nous, à toi, moi, Ginny, et Fred et George aussi. »

« Waouh. » dit Ron à voix haute. « C'est vraiment notre équipe, hein ? Mon équipe ? » Harry et Ginny échangèrent un regard, puis sourirent. « Dans ce cas…entrez dans ce vestiaires, tas d'asticots fainéants ! » leur cria-t-il, en leur faisant signe de rentrer rejoindre le reste de l'équipe.

Les Gryffondors étaient de très bonne humeur, et Ron leur donna des paroles d'encouragement dignes d'Olivier Wood, à tel point qu'Harry ressentit une sensation étrange lorsque l'équipe applaudit et trépignait. Il en fût perturbé tout d'abord, jusqu'au moment où il réalisa : il était fier de Ron. Tellement fier, en fait, qu'il en aurait explosé. On était à des années-lumières du Ron qui rougissait des oreilles, gêné et qui doutait de lui en permanence avant chaque match l'année dernière. Ce Ron là semblait être né pour être capitaine de Quidditch.

Préfet et Capitaine de Quidditch…je me demande s'il sera Préfet-en-Chef l'année prochaine.

Il restait là, les bras ballants, un grand sourire aux lèvres, jusqu'à ce que Ginny vienne lui donner un coup de coude. « Hé ! Tu viens ? »

« Quoi…euh, oui, désolé ! » lui dit-il en rejoignant les autres. Ginny le fixait, en attente d'une explication. « Je me disais juste qu'il faisait un très bon Capitaine. »

Elle lui répondit par un grand sourire. « Je sais. Je suis très, très fière de lui ! Fred et George sont fous de joie. J'aurai juste aimé que Maman et Papa puissent venir. »

Harry fronça les sourcils. « Ils n'ont pas réussi à venir pour son premier match ? »

« Ils sont avec Bill en Roumanie, avec Charlie aussi, pour…les affaires. » lui répondit-elle. Il comprit, au regard qu'elle lui adressait, que c'était en rapport avec l'Ordre.

« Désolée, tu n'étais pas là quand on a eu leur lettre. Ils seront rentrés demain, mais ils sont obligés de rater le match. Ils viendront à celui contre Serdaigle. »

« Celui-là sera excitant. » leur lança Ron en les rejoignant. « Là, ça ne devrait pas être trop difficile – ce qui n'est pas une excuse pour se laisser aller. » ajouta-t-il en les pointant chacun du doigt. Ils acquiescèrent avec un grand sourire. « Très bien. Allons-y ! »

Avec des exclamations d'excitation, les Gryffondors enfourchèrent leurs balais et s'engouffrèrent dans le stade de Quidditch sous les acclamations de la foule, nombreuse en ce samedi. Harry aperçut Fred et George avec Hermione et Neville. Il ne faisait aucun doute aux membres de l'équipe que de toute la foule, c'était bien des jumeaux que venait :

Weasley est notre Roi !

Weasley est notre Reine !

L'AD adore Potter !

Harry éclata de rire et brandit son point vers la tribune Gryffondor tandis que l'équipe prenait position. Ginny leva son pouce vers lui, et Ron leur fit un clin d'œil avant de serrer avec enthousiasme la main d'un Zacharia Smith visiblement tendu. Harry ne pouvait s'empêcher de sourire : non, ce n'était pas le même Ron qui tombait en morceaux avant le début de la saison l'année dernière !

Je suis tellement fier de lui ! Et il ne venait même pas à l'idée d'Harry d'être jaloux.

Le Souaffle lancé, la partie démarra. Ron avait raison : les conditions étaient parfaites. Harry circulait avec légèreté, gardant un œil sur l'Attrapeur Poufsouffle, et se réjouit en entendant le commentaire de Dean Thomas sur un superbe arrêt de Ron.

Ginny, flanquée par Dennis et Katie, s'empara du Souaffle et le lança dans les buts des Poufsouffles. Harry avait du mal à détourner son attention de Ginny qui volait en trombe en travers du terrain, Zacharie à ses trousses. Elle avait eu affaire avec Tom Riddle à l'âge de onze ans ; elle pouvait bien maîtriser Zacharie, même s'il chevauchait un Nimbus.

Lorsque le Poursuiveur de Poufsouffle tenta d'intercepter le Souaffle lancé par Ginny, Harry aperçut un éclair doré survoler la tribune des Professeurs. Il s'élança et entendit les exclamations d'excitation de la foule. « Potter a dû voir le Vif d'Or, ou alors il a un devoir en retard à terminer. » Dean se réjouit de sa blague seul, à l'image d'un comédien. « Jacobs est sur ses talons, poussant son Comète au maximum, bien qu'il pourchasse un Eclair de Feu ! Les voilà, et…oh ! »

Harry baissa la tête instinctivement, et un Cognard le frôla de près. Il parvient tout juste à en éviter un autre et manqua de percuter Frank Jacobs, l'Attrapeur de Poufsouffle. « C'en était moins une pour les deux Attrapeurs, mais tout va bien ! » s'écria Dean.

Harry fit un signe d'excuse en direction de Jacobs. Le Vif d'Or avait disparu. Il était sur le point de plonger à nouveau mais soudain, tout le terrain se mit à tanguer. Oh non, pas maintenant ! Il se mit à agripper le manche de son Eclair de Feu ; il avait l'impression que sa tête allait se détacher de sa nuque. Il n'osait même pas lever un bras pour alerter ses co-équipiers. Non, non, stop ! Pourquoi maintenant ? ALLEZ ! Il essayait, en vain, de concentrer son regard sur quelque chose, quoi que ce soit qui pourrait l'aider à s'ancrer. Le Vif d'Or aurait pu être devant son nez qu'il n'aurait pas réussi à l'attraper.

Au même moment, il entendit Mme Bibine utiliser son sifflet et Dean annonça un temps mort. Dieu merci, quelqu'un l'avait vu. Il sentit plus qu'il ne vit un balai arriver près de lui. Ron lui attrapa son bras. « Harry ! Ca va ? »

« Non…ça se voit…non ? » grogna Harry, trop désorienté pour avoir un minimum de tact. « Je vois…rien…bon sang ! »

Les autres membres de l'équipe arrivèrent auprès de lui. « Allons sur la terre ferme avant qu'il ne tombe. ». Harry entendit Ginny prononcer cette phrase mais ce qu'il ne vit n'était qu'une vision floue d'une chevelure rousse avec un uniforme rouge. Trop de roux dans cette équipe, pensa-t-il vaguement.

Avec Ron d'un côté et Ginny d'un autre, ils se dirigèrent vers le sol. « J'ai juste…besoin d'une minute. » murmura Harry. Ginny lui fit signe de se taire.

« Tout va bien. On a le dessus. Reste concentré et essaie de rester debout. »

Frustré et embarrassé, Harry savait pertinemment qu'elle avait raison. Il entendait les ricanements depuis la tribune des Slytherins. Il garda ses yeux fermés, espérant que son cerveau ferait le tri dans toutes ces informations. Mme Bibine vint à leur rencontre au moment où ils atterrirent. « Vous n'avez pas l'air en forme, Potter. Weasley, faites le sortir, voulez-vous ? »

Harry entendit Ron soupirer, et il ouvrit les yeux. « Ron, je… » Sa cicatrice se mit à flamber. Il se prit la tête entre les mains en poussant un halètement. Ses co-équipiers vinrent à ses côtés pour le soutenir alors qu'il perdait l'équilibre. « Je…oh non…il se…passe quelque chose… »

Une douleur poignante lui transperça le front, le jetant à genoux. Il jeta un regard désespéré vers la tribune des professeurs. « Harry, qu'est-ce qu'il se passe ? » lui demanda Ron, alarmé.

Harry agrippa les robes de Mme Bibine. « Quelque chose…arrive…avertir Dumbledore… »

Le bruit de craquement à l'apparition du premier sorcier DANS l'enceinte de Poudlard allait hanter Harry pendant le reste de sa vie. Des cris de paniques se firent entendre de toute part alors qu'un sorcier en noir, avec un masque blanc sur le visage, apparut directement sur le terrain. Il fut vite rejoint par un autre sorcier. Puis deux, puis trois…

Harry entendit quelqu'un jeter un sort. Les bras qui le soutenaient depuis tout à l'heure disparurent, et il s'écroula. Le monde entier tournait, et il se retrouva incapable de bouger, malgré les hurlements de terreur, les sorts, les cris de douleur tout autour de lui.

Sa cicatrice le tordait de douleur à tel point que cela ne voulait dire qu'une chose : ça se passait maintenant. Voldemort arrivait à Poudlard, et Harry était incapable de l'arrêter. Il était encore plus inutile que lorsque Snape l'avait traîné hors du repaire de Voldemort. Il ne pouvait même pas jeter un sort.

« Harry » cria quelqu'un près de lui. Il sentit un corps se pencher par-dessus lui pour le protéger. De longs cheveux roux passèrent devant ses yeux.

« Ginny…non… »

« Chut ! Expelliarmus ! Stupefix ! Ils sont nombreux ! » lui chuchota-t-elle en le maintenant au sol. Elle se redressa sur un coude pour lancer des sorts plus facilement.

« Protego ! Tiens bon. Les renforts arrivent. »

Harry ne pouvait même pas protester ou essayer de l'empêcher de se mettre en danger. Sa tête ne cessait de tourner, et ça empirait. SI Voldemort apparaissait à ce moment précis et menaçait Ginny, Harry ne pourrait absolument rien faire. Sa cicatrice est brûlante, mais pas au point de lui annoncer l'arrivée imminente de Voldemort. Pas encore, du moins.

Il entendit des pas arriver autour d'eux. « Reste là, Ginny ! » lui intima Ron. « Tiens bon, Harry. Stupefix ! »

Au prix d'un grand effort, Harry jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de Ginny. Cette dernière était toujours presque allongée sur lui, mais ils étaient entourés par des têtes rousses – trois ou six, il était incapable de le dire. Ils étaient au beau milieu du terrain de Quidditch. Bien trop exposés. Ginny était la seule à avoir le bon sens de rester près du sol – ou peut-être était-ce juste parce qu'elle protégeait Harry. Ne réalisaient-ils pas qu'ils étaient une vraie cible ?

Et finalement, ce qu'Harry craignait – ce qu'il avait toujours craint – arriva finalement. Un éclair passa au-dessus d'eux. Il sentit Ginny tressaillir et se pencher encore plus en avant. Ils entendirent un cri, puis un bruit sourd.

George hurla. « Fred ! »

« Non ! Reste là ! J'y vais ! » lança Ginny. Harry sentit son corps se redresser, s'éloigner mais au même moment, un autre éclair zébra le ciel, et Harry l'entendit crier.

« Oh bon sang ! Ginny ! » cria Ron, la panique dans sa voix.

Avec un effort, Harry tourna sa tête. Un uniforme de Quidditch était écroulé au sol aux côtés d'une veste verte. « Non… » dit Harry dans un souffle.

Sa tête tournait à un point tel qu'il fût pris de nausées. Mais il devait les rejoindre. Il réussit à se mettre sur le ventre, fixa son regard vers les deux corps inanimés et rampa pour les rejoindre. Il essaya du mieux qu'il put de les protéger de son corps. Ca ne peut pas arriver…pas vous deux…réveille-toi, bon sang !

Ginny poussa un léger gémissement et remua légèrement. Fred, quant à lui, ne montrait aucun signe de vie. Harry se serra contre eux, en souhaitant que tout cela s'arrête.

Après ce qui lui semblait être une éternité, les cris et les sorts laissèrent place aux gémissements, aux sanglots et aux demandes d'aides. Quelqu'un tira Harry en arrière et se mit à s'affairer autour des deux corps, en criant « Fred ? Fred ! »

Harry gisait toujours au sol, sa tête tournait toujours horriblement, son cœur battait bien trop rapidement et il avait un nœud à l'estomac. Il tentait en vain de retenir ses sanglots. Ce n'était pas possible…pas eux…il aurait préféré mourir afin de les protéger…

Quelqu'un courrait frénétiquement vers eux. « Harry ! Ron - Ginny ! Oh non non non… »

« Harry ! » lança Ron dans un sanglot. « Herm…va voir Harry ! »

Il sentit Hermione s'agenouiller à ses côtés, recherchant d'éventuelles blessures. « Es…es-tu blessé ? »

« Non… » murmura Harry, à regrets. « Juste…des vertiges. »

Hermione essuya ses yeux furieusement, puis se pencha sur lui, touchant son front, manipulant ses articulations. « Pas de fièvre…mais tes yeux ont l'air étranges. ».

Sa voix tremblait, mais elle essayait de rester le plus calme possible. Elle l'aida à se redresser en position assise. « Ce n'est pas ta faute. » lui chuchota-t-elle. « Ce n'est pas ta faute. »

Des Aurors et des professeurs accoururent autour d'eux. Harry tourna la tête et ferma les yeux. Hermione le serra dans ses bras, lui répétant inlassablement que ce n'était pas de sa faute. Mais, entre les cris, les pleurs et les sanglots de George juste à côté de lui, Harry n'envisageait même pas de la croire. Le seul soulagement arriva lorsque ses vertiges se calmèrent enfin pour laisser place aux ténèbres.


Harry se tenait debout face à une grande fenêtre, dans une pièce faiblement éclairée.

Voldemort le fixait du regard.

« Maintenant, toi et Dumbledore, ainsi que ton professeur traître à son sang savez le prix pour vous être opposés à moi » lui lança le Seigneur des Ténèbres avec un sifflement moqueur. « Et tes pathétiques alliés, les Weasleys, connaissent le prix de ton amitié ! »

Voldemort partit dans un rire hystérique, mais la chose étrange était que Harry riait également. Finalement, il réalisa : la grande fenêtre n'en était pas une.

C'était un miroir.


« NOOOON ! » Harry se dressa sur ses pieds, envoyant en l'air les draps dans toutes les directions. « NON ! Espèce de monstre…je vais te tuer… »

« Harry ! Harry, arrête ! » Des mains le saisirent, essayant d'attraper ses poings qu'il envoyait dans tous les sens.

Ce ne fut que lorsqu'il tomba du lit qu'il réalisa qu'il était à l'infirmerie – et qu'il s'en était fallu de peu qu'il ne donne un coup de poing à Hermione. Il se laissa tomber par terre contre le lit, haletant. « Un rêve – Voldemort – il riait – il disait…Ginny ? Fred ? » Il tenta de se redresser « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi vous êtes…qu'est-ce que… »

« Potter ! » le stoppa le professeur McGonagall, en lui attrapant ses épaules. « Ils sont vivants. Personne n'a été tué. »

Le soulagement le frappa comme une vague, avec une intensité telle qu'il chancela. McGonagall et Hermione le rattrapèrent et se mirent à le guider vers le lit, mais il se dégagea. « Où sont-ils ? Où sont Ron et George ? »

« Potter ! Calmez-vous ! » lui ordonna le professeur McGonagall. Harry se mordit la lèvre et tenta de garder son calme. Les yeux de McGonagall étaient très rouges et il remarqua également que son expression était défaite, mais sa voix était ferme. « Je vais vous conduire à eux, mais vous devez vous contrôler. » Elle serra son épaule doucement. « Je sais que vous êtes en colère, mais nous ne pouvons pas avoir d'éclats de voix en ce moment. »

Ce ne fut qu'à ce moment qu'Harry réalisa qu'ils n'étaient pas seuls dans l'infirmerie. Tous les lits étaient occupés. Mme Pomfrey dirigeait une armée entière de Guérisseurs qui s'activaient tous frénétiquement avec une expression préoccupée. Près de la porte, certains élèves, assis par terre, restaient silencieux pendant que le Professeur Chourave et Remus Lupin bandaient leurs blessures.

Remus leva les yeux et vit Harry, il lui dit quelque chose mais ce dernier était trop agité pour saisir le sens de ses paroles.

Il doit y avoir près de cinquante personnes, ici, pensa-t-il avec horreur.

Et Voldemort venait juste de remuer le couteau dans la plaie. Je te tuerai, sale monstre. Je te TUERAI !

Hermione et le Professeur McGonagall le regardaient attentivement. Harry prit une grande inspiration et leur dit « Ca va aller. » avec une voix étrange.

Le Professeur McGonagall lui fit un signe de la tête et le guida au fond de l'infirmerie. Harry réalisa, nauséeux, que plus ils s'enfonçaient dans la pièce, plus les blessures étaient sérieuses. Quelques parents, plus pâles que la mort, se trouvaient au chevet de leurs enfants. Harry détourna le regard. Les lits vers lesquelles ils se dirigeaient se trouvaient tout au bout de l'infirmerie, derrière un rideau. Harry se mordit anxieusement la lèvre inférieure.

Deux Guérisseurs, penchés au-dessus d'un lit, travaillaient avec hâte. Dans le deuxième lit, une jeune fille aux cheveux roux, la mine terreuse, semblait à demi-consciente. Sur une chaise, entre les deux lits, se tenait George, dont l'attention n'était portée uniquement que sur la silhouette inanimée dans le lit sur laquelle s'activaient les Guérisseurs. Derrière George, les mains crispées sur les épaules de son frère, se tenait Ron.

Ginny le vit en premier et tendit faiblement sa main vers lui. « Harr… »

Les pieds d'Harry le conduisirent auprès d'elle avant qu'il ne s'en rende compte. Ron le vit s'approcher et fit signe à George de s'écarter pour qu'Harry puisse rejoindre Ginny.

Il ne pensait à rien, il lui prit juste la main et la serra. « Hey. » dit-il doucement.

Elle lui fit un léger sourire et prit une inspiration hachée. « Tu…vas bien ? »

« Ouais. » répondit-il avec une boule dans la gorge. « Et toi ? » Quelle question stupide !

Elle garda le sourire et murmura « Ca va aller. » et elle ferma ses yeux. Harry serra doucement sa main et se redressa pour demander à Ron et George des nouvelles de Fred.

A la minute où il se tourna, Ron lui tomba presque dans les bras, tremblant comme une feuille. Harry tint bon, effrayé de savoir ce que Ron allait lui dire. « Il pourrait…il pourrait ne pas…ils ont dit…il peut ne pas… »

Non. Oh non… Se sentant démuni et ne sachant quoi faire, Harry serra Ron dans ses bras, jetant un regard à George qui fixait toujours Fred silencieusement. Harry ne pouvait pas imaginer George sans Fred, et il avait l'impression que ce dernier pensait la même chose. Ce qui se passerait si Fred…il frissonna. Cette pensée seule était trop horrible à envisager.

Se tenant juste à côté du rideau, le professeur McGonagall regardait George. Harry forma les mots « C'est grave ? » silencieusement sur ses lèvres.

« Nous ne savons pas encore. » lui répondit-elle d'une voix douce.

Désespéré de trouver autre chose, n'importe quoi, à quoi penser, Harry demanda à Ron « Tes parents sont en route ? »

Ron acquiesça, sans toutefois relâcher son étreinte. « Ouais, mais, la Roumanie, tu sais…ils pourraient prendre des heures, voire des jours ! »

Assise sur le lit de Ginny, lui caressant ses cheveux, Hermione laissa échapper un gémissement et tendit la main pour attraper celle de Ron. Ce dernier semblait regarder Harry comme s'il pouvait lui donner des réponses. « Je ne peux pas faire ça. » chuchota-t-il. « Je ne peux pas… » Il jeta un regard vers Ginny qui s'était assoupie, puis vers George et enfin vers Fred, qui occupait alors quatre Guérisseurs. « Je n'ai jamais…Il y avait toujours quelqu'un, les jumeaux, ou Bill, ou Charlie, ou encore Papa et Maman. Je n'ai jamais eu besoin de m'occuper d'eux…j'ai besoin…mais ils ne sont pas là…j'aimerai…Percy… »

Harry, par-dessus l'épaule de Ron, vit l'expression étonnée d'Hermione. Le Professeur McGonagall, qui avait entendu, vint les rejoindre. « Votre famille sera bientôt là, Ronald. Venez vous assoir avec votre frère. » Elle l'éloigna doucement d'Harry et le guida vers une autre chaise.

George ne semblait avoir rien entendu. Harry détourna le regard et s'agenouilla devant Ron. Il pouvait peut être faire quelque chose, finalement. « Tu veux que j'envoie un hibou à Percy au Ministère et que je lui demande de venir ? »

Ron cligna des yeux comme un petit garçon perdu. « Ouais. » dit-il dans un souffle. « Je veux Percy. Il saura quoi faire. »

« Très bien. Je reviens tout de suite. » lui dit-il. Il se redressa et se dirigea vers la porte. Hermione le suivit.

Sitôt qu'ils furent sortis de l'infirmerie, Harry se mit à courir à travers les couloirs jusqu'à la volière. Hermione, sur ses talons, lui tendit un morceau de parchemin et une plume. Il appela Hedwige et écrit quelques lignes. « Il viendra en lisant ça. Il me déteste peut-être, mais il les aime. »

Percy,

Viens à Poudlard. Il y a eu une attaque et Fred et Ginny sont blessés. Ron te demande.

Dépêche-toi, s'il-te-plaît.

Harry écrivit le mot URGENT sur l'enveloppe et la donna à Hedwige. « Amène ça à Percy Weasley, Sous-Secrétaire du Ministre. Mets-le en pièces s'il ne l'ouvre pas immédiatement. Fais aussi vite que tu peux. »

Hedwige déploya ses ailes et en quelques secondes, elle disparut par la fenêtre. Harry grimaça. « Je ne l'ai pas signée. J'aurai dû l'envoyer avec un autre hibou, il aurait été moins tenté de lancer la lettre au feu sans l'ouvrir. »

Hermione le regarda intensément. « Il s'est passé quelque chose en Amérique, n'est-ce pas ? »

« Oui. Et si après ça il ne me souhaite pas mort, ça sera le cas maintenant. » lui répondit Harry d'un ton morne. « Et je ne lui en voudrais pas. »

« Harry, arrête ! » lui lança Hermione. « Ce n'est pas ta faute, et je l'étranglerais moi-même s'il ose dire ça. Arrête de te faire ça à toi-même. »

Aussi fort qu'il put, Harry lança son poing contre le mur en bois. Le choc retentit dans la volière, des morceaux de bois volèrent. Hermione poussa un glapissement. Les chouettes et hiboux lançaient des hululements indignés. Harry, lentement, ramena son poing ensanglanté vers lui. Hermione laissa échapper un sanglot étouffé.

« J'ai eu une vision. » dit Harry, sa voix sonnant épuisée, même pour lui.

« Quand ?! »

« Quand l'attaque était terminée. Voldemort me parlait. Dans un miroir, il riait… » Il se laissa tomber sur ses genoux, tout en pressant ses poings serrés contre son front. Il aurait aimé pouvoir se fracasser son propre crâne. Hermione renifla et s'agenouilla devant lui.

« Ce n'est toujours pas ta faute ! »

Il se leva et épousseta son pantalon pensivement. « Viens. Percy voudra savoir ce qu'il s'est passé, s'il vient. »

« Il viendra. » répondit Hermione, comme une prière. « Ils le demandent. Il viendra. »

Ils se dirigèrent vers l'entrée principale lorsque Snape fit irruption dans le couloir juste devant eux. « Potter ! »

« Professeur ? » s'exclama Hermione.

Manifestement, Snape avait permis aux Guérisseurs de soigner le pire de ses blessures rapidement avant de sortir de l'infirmerie. Ses robes étaient toujours déchirées et tâchées. Du sang perlait sur sa tempe et coulait sur son visage maculé de poussière et de boue. Harry et Hermione attendirent qu'il vienne à leur rencontre. « Granger, laissez-nous, j'exige un…rapport de votre part, Potter. »

Hermione fit mine de s'éloigner, mais Harry attrapa son bras et la dirigea vers une salle de classe vide, faisait un signe de tête à Snape de les suivre. Il ferma la porte derrière lui et dit « Tu n'as pas besoin de partir, Hermione. »

« Excusez-moi, Potter ?! » Snape, visiblement, était d'une humeur massacrante.

Cependant, il en était de même pour Harry. « Vous voulez savoir si j'ai eu des rêves ou des visions, n'est-ce pas, Monsieur ? »

« Exact. » grogna Snape.

« Hermione est déjà au courant, donc il n'y a aucun intérêt à la renvoyer. » dit Harry avec un regard noir, bien que pour une fois ce regard n'était pas dirigé contre Snape.

« De toute façon, ça ne va pas la protéger, elle ou qui que ce soit. » La fureur à peine maîtrisée en lui, il poursuivit. « Voldemort me l'a dit. »

« Potter ! »

« Désolé, le Seigneur des Ténèbres me l'a dit. Après que je me suis évanoui. Il était devant un miroir et il me parlait. » Je le tuerai. Je le tuerai. Je le tuerai.

Snape ne se souciait visiblement plus de la présence d'Hermione. Son visage déjà pâle en temps normal avait perdu toute teinte. Harry cru même entendre un tremblement dans sa voix grave. « Qu'a-t-il dit exactement ? »

« Il a dit que maintenant, Dumbledore et moi…et vous…connaissez le prix de s'être opposé à lui. Et…que… » La gorge d'Harry se noua, et il dû reprendre son souffle avant de poursuivre. « …que les Weasleys savent le prix de mon amitié. Et il a rit. »

Hermione couvrit sa bouche avec sa main tremblante et se laissa tomber sur un bureau. L'expression du Maître des Potions changea peu, mais Harry saisit une lueur incendiaire très effrayante dans ses yeux. Snape acquiesça lentement, son attention manifestement détournée d'Harry, et s'adossa contre une chaise. Il baissa lentement la tête et jeta un regard noir à la dite chaise, comme si cette dernière était la cause de tous les problèmes. Soudain il souleva la chaise et l'envoya valser furieusement à travers la pièce. Elle se fracassa contre le mur. Le souffle court, il se dirigea vers la porte.

« Ne mentionnez cette vision à personne en dehors de l'Ordre. Et en aucun cas aux Weasley. »

Harry déglutit. « Je n'avais pas prévu de leur dire. »

Snape s'arrêta devant l'entrée et les dévisagea. « Granger ? »

« Je ne dirai rien, Professeur. »

Snape se retourna et ouvrit la porte. Il s'éloigna rapidement, tout en semblant se retenir de s'abattre sur la première personne venue. Harry prit une grande inspiration.

« Pour la première fois de ma vie, je sais exactement ce qu'il ressent. »

« Un groupe de Slytherins a été sérieusement blessé. J'ai vu le Professeur Snape tenter de vous rejoindre, toi, Ron et les autres, mais il a renoncé et est allé protéger un groupe de ses première année. Les Mangemorts n'ont épargné personne. »

« Je parie que Malfoy s'en est très bien sorti. » dit Harry avec un rire amer.

« Je ne sais pas, je n'y ai pas vraiment réfléchi. » lui répondit Hermione avec un haussement d'épaules. « Allons attendre Percy. Hedwige doit être arrivée au Ministère à l'heure qu'il est. »

Ils se dirigèrent vers l'entrée principale et s'y assirent, jetant un œil distrait aux Aurors qui déambulaient. « Tout le monde veut savoir comment des Mangemorts ont pu apparaître dans l'enceinte de Poudlard. D'une façon ou d'une autre, les barrières magiques ont cédé, assez longtemps pour que les Mangemorts les franchissent. Sauf que quand les Aurors sont arrivés, les Mangemorts étaient bloqués. »

« Ils ont tous été attrapés, alors ? » demanda Harry.

« Quelques-uns sont morts, mais les autres ont été arrêtés. »

« Voldemort était tout proche, je l'ai senti. Je me demande pourquoi il ne s'est pas joint à la bataille. »

« Hmm. Il faudra le signaler à quelqu'un. »

« Exact. »

Assis dehors, avec les jardins si étrangement calmes et silencieux, Harry se mit à penser à tout ce qu'il s'était passé. Gisant au sol, totalement inutile et impuissant, seulement capable de protéger Ginny et Fred après qu'ils aient été touchés…Il commença à trembler, et Hermione, perspicace, mit sa main sur son épaule.

« Ce n'est pas ta faute, Harry. »

Il laissa échapper un rire sans joie. « Tu n'arrêtes pas de le dire. »

« Parce que c'est vrai, et tu as du mal à y croire. »

Harry se roula en boule, son front contre ses genoux. « George ne m'a même pas accordé un regard. »

Hermione reniffla. « George n'a regardé personne depuis qu'il est à l'infirmerie. Il est en état de choc. » Sa voix se fit de plus en plus rauque. « Je ne peux même…même pas imaginer…ce qu'il ferait si… »

« Hé ! Fais gaffe, Weasley ! » aboya Maugrey Fol Œil.

Harry et Hermione se dressèrent sur leurs pieds. Une silhouette vêtue de robes du Ministère courait depuis l'allée qui mène à Pré-Au-Lard, échevelée, les lunettes de travers, et manqua de justesse de percuter deux Aurors. Son regard croisa celui d'Harry, et il accéléra de plus belle. Harry n'avait jamais vu cette lueur dans le regard de Percy auparavant – il n'avait jamais imaginé non plus que Percy était un aussi bon coureur. Il semblait avoir couru depuis les limites des barrières magiques.

Harry s'attendait au pire, aux blâmes, aux phrases assassines, même à une explosion de critiques, mais Percy ne fit que lui attraper les épaules, une lueur de panique dans le regard.

« Où sont-ils ? »

« A l'infirmerie. » répondit Harry, sonné. Percy le lâcha et se précipita à travers les portes. Harry et Hermione le suivirent.

Percy s'engouffra dans l'infirmerie comme si sa vie en dépendait. Il avait plusieurs foulées d'avance sur Harry et Hermione. Il s'immobilisa net à l'entrée de la pièce ; ils surent pourquoi. Il avait le souffle coupé au vu de l'activité de la pièce. Harry et Hermione le guidèrent vers l'arrière de la salle. Percy pâlit au fur et à mesure qu'ils déambulaient entre les lits.

Derrière le rideau, deux Guérisseurs pratiquaient des sorts sur Fred. Harry ne l'avait pas vu auparavant, et à la vue du jumeau Weasley habituellement fou, quelque peu énervant mais avec un cœur en or, ici si immobile et pâle, Harry sentit ses jambes flageoler – et ce n'était rien comparé à Percy. Il lança un sanglot rageur, attirant l'attention de Ron. Même George leva la tête et fixa Percy avec un regard hanté. Puis, à la surprise de tous, George fit mine de se lever, mais ses jambes lâchèrent et il s'écroula sur ses genoux.

Ron se leva d'un coup mais Percy fut plus rapide. Il s'agenouilla et serra George dans ses bras, le berçant comme un petit enfant. George se mit à pleurer doucement. Avec son deuxième bras, Percy attira Ron et les trois frères partagèrent une étreinte.

Harry ne put le supporter davantage. Il se retourna et quitta précipitamment l'infirmerie.


Poudlard était mortellement silencieux. Même Peeves était calme, Harry le voyait flotter dans l'entrée du Grand Hall. Il se dit qu'il le faisait un peu penser à George, puis il réalisa que Peeves devait savoir ce qu'il était arrivé à ses élèves préférés.

Harry retourna à la salle de classe vide où ils avaient parlé avec Snape. Il contemplait pensivement la chaise que Snape avait détruite quand soudainement, Hermione fit irruption dans la pièce, les larmes aux yeux, mais souriante. « Tu es là ! »

Harry se leva d'un bond, alerté. « Quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

« Il va s'en sortir ! Fred ! Ca va s'arranger ! » Hermione parvenait à peine à parler tant elle sanglotait. « Les Guérisseurs ont dit que le pire était passé ! »

Harry sentit les larmes couler sur ses joues. Il se ressaisit. « Oh…je… » Il riait entre ses sanglots. Il se frotta les yeux. « Merlin merci. Et Ginny ? Et comment va George ? »

« Ginny va aller mieux. Ils auront une longue convalescence, surtout Fred, mais ils vont s'en remettre totalement. George…et bien…il ne parle toujours pas, mais il est assis à côté de Fred maintenant que les Guérisseurs sont partis, et Percy a réussi à le faire boire un peu d'eau. Ron est avec Ginny. »

Harry laissa échapper un soupir de soulagement qui raisonna dans la salle vide. « C'est génial. Juste…génial. » Il se laissa tomber sur une chaise, le soulagement intense le rendait légèrement étourdi.

Hermione affichait un large sourire. « Il y a autre chose. Percy veut te voir. »