Ca fait bien longtemps que je n'avais pas posté, je m'en excuse, platement. Pour me faire pardonner, voici la première partie du chapitre 17 ! J'ai préféré le couper, sinon vous risquiez d'avoir le chapitre entier vers...Noël vu mon rythme de traduction !
Un grand merci à toutes et tous pour vos petits mots, vos follow et favorites qui font chaud au coeur !
Un merci tout particulier à
- stormtrooper
- Zeugma
- Daidaiiro
- Questche
- KylieKaty2001
A bientôt ! N'hésitez pas, comme d'habitude, à laisser des reviews qui font toujours plaisir !
Chapitre 17 : L'ennemi de mon ennemi est mon quoi ?! (partie 1)
Non sans appréhension, Harry laissa Hermione le ramener à l'infirmerie. Ron était assis sur le lit de Ginny, Percy se tenait entre les deux lits et George avait sa tête posée sur ses bras croisés sur le matelas. Sa main couvrait celle immobile de son frère. Percy leva les yeux vers Harry et sourit faiblement. Cela le fit paraître un peu plus jeune.
« Tu devais être là aussi, Harry. »
Et bien… Harry ne s'était pas attendu à ça. Hermione partit s'asseoir juste à côté de Ron. Harry réalisa qu'il y avait une chaise supplémentaire. Légèrement fébrile, il se mit assis.
George tressauta et leva les yeux vers Harry pour la première fois depuis l'attaque. Harry retint son souffle, mais George lui sourit et tendit son bras vers lui, sans un mot. L'étincelle de malice qui occupait habituellement son regard était encore absente – Harry pressentit que ce serait le cas tant que Fred ne se serait pas réveillé – mais son regard hanté s'était dissipé. Harry lui rendit son étreinte et le regarda reprendre sa place au bord du lit de son frère.
Un long moment plus tard, des voix chuchotées se firent entendre derrière le rideau, celles de Mme Pomfrey, accompagnée du Professeur McGonagall. Elle leur sourit. « Je suppose qu'il est inutile de vous demander à tous d'aller vous reposer ? » Ron ricana, Harry et Hermione sourirent, et Percy secoua la tête. « Bon, George Weasley, vous, au moins, vous devriez prendre un peu de repos. »
George l'ignora, à moins qu'il ne l'ait pas entendu.
Le Professeur McGonagall et elle échangèrent un regard et haussèrent les yeux au ciel. McGonagall se dirigea vers George et lui tapota l'épaule doucement. N'obtenant pas de réponses, elle posa sa main sur la chevelure rousse du jeune homme et, avec son pouce, se mit à décrire des petits cercles sur le front de George.
Harry et les autres eurent un mouvement de surprise lorsque les yeux de George se fermèrent et que sa tête tomba juste à côté de son bras. George était endormi à la seconde où le Professeur McGonagall retira sa main. Elle leur adressa un sourire, puis récupéra une couverture que Mme Pomfrey lui tendait et la posa sur le jumeau profondément endormi. « Chut. » leur dit-elle avant de se retirer de la pièce.
Harry échangea des regards interloqués avec les autres. « C'est légal ? » se demanda Percy à voix haute.
« Probablement pas. » chuchota Hermione, un sourire tendre en direction des deux jumeaux. « Mais c'était la meilleure chose à faire. »
Du mouvement depuis l'autre lit attira l'attention des personnes dans la pièce. « Percy ? » marmonna Ginny, encore à moitié endormie.
Hermione laissa sa place à Percy et se tint derrière Ron avec Harry, chacun une main sur l'épaule de leur ami. Percy rejoint rapidement sa petite sœur. « Comment tu te sens, Gin ? »
« Pas trop mal. T'es arrivé quand ? »
« Il y a quelques heures. Désolé de ne pas être arrivé plus tôt. »
Harry n'avait jamais vu Percy comme ça auparavant. Sa voix était très douce, toute son attitude faisait très…fraternelle. Et, à le voir ainsi, les yeux embués de larmes, il ressemblait étonnement à sa mère.
Ginny lui sourit et lui répondit « Contente que tu sois revenu, espèce d'idiot. Tu m'as manqué. »
« Moi aussi. Je…désolé, Gin. Désolé pour tout. » Percy posa sa tête sur le bord de l'oreiller de sa sœur et continua de lui parler doucement, sans jamais quitter sa sœur des yeux.
Ce fût cette scène qui accueillit M. et Mme Weasley, Bill, et Charlie lorsqu'ils arrivèrent aux alentours de minuit. « Percy ! » haleta Bill.
Harry et les autres se retournèrent.
« Maman… » lança Ginny d'une petite voix.
Les yeux de M. Weasley naviguaient entre sa fille alitée jusqu'aux jumeaux, et il laissa échapper un sanglot en se couvrant la bouche d'une main tremblante. Mme Weasley, à la surprise d'Harry, ne pleura pas. Elle alla vers Ginny et la serra dans ses bras délicatement. Puis elle embrassa Ron, puis Percy (elle le serra si fort dans ses bras qu'Harry eu peur qu'elle ne lui brise quelques côtes), puis elle se dirigea vers les jumeaux endormis et déposa un léger baiser sur leur front.
« Ils vont se rétablir, Molly. » dit le Professeur Dumbledore qui les avait rejoints. M. Weasley ne leva pas les yeux, assis sur le lit des jumeaux, mais Mme Weasley se tourna vers lui. « Fred l'a échappé belle, mais il va s'en sortir. »
« Qu'est-ce qui l'a touché ? » demanda Bill à Hermione.
« Tu te souviens du sort que Dolohov m'avait lancé au Département des Mystères ? Apparemment c'est un des sorts préférés des Mangemorts – et celui-là n'était pas aphone ! On a de la chance qu'il n'était pas aussi doué que Dolohov ! » murmura-t-elle gravement.
Harry tressaillit. Juste alors, Mme Weasley leva les yeux et vit qu'il était là. Sa bouche s'ouvrit, mais aucun son n'en sortit. Le cœur d'Harry se mit à battre la chamade. Sa respiration était saccadée. Ron, Hermione, même Percy, indirectement, lui avaient dit que tout cela n'était pas de sa faute. Il avait imaginé qu'il en serait de même pour Mme Weasley.
Mais dès lors, avec un fils à moitié mort et son unique fille sérieusement blessée, Harry se posa la question : allait-elle continuer à se soucier de lui ? Il y a quelques temps, elle avait déclaré considérer Harry comme son propre fils – à personne d'autre que Sirius – mais…après tout ça…était-ce encore le cas ? N'allait-elle pas décider de ne plus avoir affaire à lui ? Harry déglutit difficilement, et, alors que Mme Weasley se rapprochait de lui, envisagea rapidement de sauter depuis la tour d'Astronomie si elle le rejetait.
Mme Weasley s'immobilisa devant lui, lui prit son visage entre les mains. « Ne t'avise pas un instant de te croire responsable de ça, Harry Potter ! »
Derrière eux, Ron renifla bruyamment, Hermione éclata en sanglots et Harry, de bon cœur, enfouit son visage contre l'épaule de Mme Weasley pour s'empêcher de l'imiter. Toute la famille Weasley apporta son soutien à Harry, à l'image de leur mère. Peu après, Fred et George se réveillèrent.
D'abord, Fred remua faiblement, attirant l'attention de tous. George se redressa d'un coup, serrant la main de son frère dans la sienne et le fixant intensément avec des yeux écarquillés. Avec l'accord de Mme Pomfrey, Bill emmitoufla Ginny dans une couverture et la porta dans ses bras vers le lit des jumeaux.
Sous le regard de tous, les paupières de Fred papillonnèrent, puis s'ouvrirent doucement. Avec un regard légèrement hébété, il dévisagea toute l'assemblée puis se fixa sur son jumeau. Il passa sa langue sur ses lèvres puis chuchota « 'lut, mon vieux. Qu'est-ce que j'ai manqué ? »
George éclata en sanglots en s'écroulant sur le matelas. Fred, le sourire aux lèvres, sourit doucement et lui ébouriffa les cheveux. Mme Weasley se mit à pleurer doucement, suivie par tous, bien qu'ils riaient entre leurs larmes.
C'était une excellente manière pour Fred Weasley de se réveiller.
POUDLARD ATTAQUEE
Les barrières temporairement compromises, le témoignage des Aurors…
La première rencontre de Quidditch à l'Ecole de Poudlard a été tragiquement interrompue samedi par l'apparition dans l'enceinte de l'école de quatorze Mangemorts. Les victimes semblent avoir été prises pour cible de manière aléatoire, ayant pour conséquences plus de quarante blessés, autant chez les élèves qu'au sein du corps enseignant. Cependant, aucun mort n'est à déplorer. Plusieurs témoins ont rapporté à la Gazette que les assaillants ont particulièrement axé leurs attaques sur l'Attrapeur de l'équipe de Gryffondor, Harry Potter, et sur son équipe de manière globale.
Il a été confirmé que le Garçon-Qui-A-Survécu compte parmi les blessés, mais les témoignages ne s'accordent pas à dire s'il a été blessé lors de l'attaque ou bien au décours d'un accident de Quidditch. Il est cependant indéniable que Potter était visé par les Mangemorts, et deux des blessés les plus sérieux se trouvent être Fred et Ginevra Weasley, dans leur tentative héroïque de protéger le Garçon-Qui-A-Survécu.
Harry soupira lourdement lorsqu'il vit la photo de lui-même penché sur une Ginny et un Fred immobiles, avec des Aurors qui courraient vers eux. « Je n'étais même pas blessé. Complètement inutile. »
« Arrête de parler comme ça ! » le gronda Hermione. « Apparemment, ces vertiges t'arrivent parce que Voldemort t'a fait quelque chose pour te nuire. »
« Elle a raison. » relança Ginny en éloignant le journal. « Il savait sûrement qu'avec toi et Dumbledore, les Mangemorts n'auraient pas fait long feu. » Elle se rassit contre les oreillers de son lit et lit à haute voix « Les Aurors posent l'hypothèse que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était présent aux abords de Poudlard et qu'il, d'une manière ou d'une autre, a réussi à compromettre les barrières le temps que ses fidèles puissent y transplaner. Cependant, le fait que les Mangemorts se retrouvent bloqués à l'intérieur des barrières et qu'ils puissent être appréhendés permet au Ministère d'affirmer que l'on peut considérer cette attaques comme un échec. Cependant, plusieurs parents d'élèves blessés au cours de cette attaque n'y trouvent que peu de consolation et exigent que la sécurité de l'école soit renforcée.
Harry eut un sourire amer. « Tu oublies la partie où je suis un danger potentiel pour l'école. »
« Je ne lis pas les inepties. » répliqua Ginny.
Hermione adressa un regard d'avertissement à Harry, il se ravisa donc de dire ce qu'il avait sur le cœur. Cela ne l'empêchait pas, cela dit, de le penser. Ils étaient ciblés, pas moi. Ils sont des cibles à cause de moi.
Percy et le Professeur Dumbledore arrivèrent à ce moment-là, suivi par M. et Mme Weasley. Fred et George étaient à nouveau endormis. « Tu te sens bien ? » demanda Percy à Ginny en déposant un baiser sur son front.
« Ca va mieux. » lui répondit-elle.
Dumbledore fit la remarque « Nous devrions peut-être nous fournir un deuxième lit pour George le temps que son frère est ici. »
« Ca serait sage. » répondit Mme Weasley en riant. « Personne ne sera capable de faire sortir George d'ici tant que Fred ne sera pas sorti. » Elle secoua la tête. « Je suppose que ce serait trop espérer qu'ils soient tous deux moins entêtés après tout cela. »
« Pour l'un d'eux oui, peut-être. » répondit Percy les yeux fixés sur ses deux frères. « Fred se croira peut-être encore immortel, mais je pense que George n'est pas prêt d'oublier. » Il soupira. « J'aurai préféré que non, cela dit. »
Tout le monde acquiesça en silence. Une discussion avec Hermione la nuit précédente avait permis à Harry de se rendre compte à quel point Fred a été proche de la mort. Cette pensée seule le rendait malade.
Mme Weasley se dirigea vers le lit de Ginny. Harry s'écarta pour leur laisser de l'espace. Percy le rejoint. « Harry, puis-je te parler ? » demanda-t-il calmement.
Harry sentit une boule dans son estomac. Avec ce samedi infernal derrière eux, il avait réalisé ce matin que plusieurs choses étaient en suspens entre lui et Percy. Et il n'était pas spécialement pressé pour cette entrevue. Cela dit, à en juger par les regards que Ginny et Ron adressaient à leur frère, cette discussion n'est pas entièrement la décision de Percy seul. Et tous les Weasley ne seraient pas mécontents si Harry et Percy laissaient leur querelle derrière eux. Il lui fit un signe de la tête et il suivit Percy hors de l'infirmerie.
Ils se dirigèrent dehors, là où le silence pesant de l'école était moins oppressant. Ils s'arrêtèrent près des serres. Percy, concentré sur sa pointe de pied qui décrivait des cercles dans la terre, évitait le regard d'Harry, rien à voir donc avec le Percy pompeux et hautain qui se pavanait avec Fudge pendant son mandat. Il prit une grande inspiration.
« Je suis certain que tu sais le pourquoi de cette conversation, donc je vais aller droit au but : je te dois des excuses. Beaucoup, en fait – ne m'interromps pas ! » ajouta-t-il en voyant Harry ouvrir la bouche. « Pas la peine de le nier, j'ai été…mon comportement envers toi a été inexcusable l'année dernière. »
Harry haussa les épaules, gêné. Il fixait les serres derrière eux afin de ne pas croiser le regard de Percy. « Je n'ai pas vraiment été sympa envers toi en Amérique. »
Percy eut un rire amer. « Non, mais…tu avais raison. Sur ma famille…et mes actions. »
Harry s'éclaircit la gorge. Il répondit d'une petite voix « Tu avais raison aussi, à propos de moi. Le fait que je sois un danger. Je suis désolé. » Il se força à rencontrer le regard de Percy. « Vraiment. J'aurais préféré que Ron ne me rencontre jamais. »
Percy lui fit un signe de la main. « Non. Ce n'est pas juste. Harry, je…je comprends maintenant. Mes parents, mes frères, Ginny. Pourquoi ils tiennent tant à toi, ce que ça signifie. Et pourquoi ce n'est pas ta faute. Et aussi, pourquoi Ron mourrait pour toi. »
« Ne dis pas ça ! » gronda Harry. Il posa son front contre la fenêtre de la serre. « Je ne peux pas…penser à ça, comme ça. Il ne devrait même pas y réfléchir. Je suis juste son ami. »
« Tu signifies autant pour lui que Fred pour George. » répliqua Percy calmement. Harry enfouit son visage dans ses mains. Il se haïssait pour ça. Il n'y avait rien de bon à ce que Ron puisse mourir pour lui. Pourquoi ça ne serait pas Harry qui meure ou soit blessé pour Ron ou quelqu'un d'autre ? Pourquoi les gens qu'il aime doivent souffrir pour lui ?
Il serait mieux s'il ne m'avait jamais rencontré, pensa Harry à nouveau. Il serait sain et sauf. Ils le seraient tous. A haute voix, il dit « Je suis désolé de ne pas pouvoir les protéger. Je ne savais pas. Je te jure que je ne savais pas. »
« Je sais maintenant que ce n'est pas ta faute. »
« J'aurais dû réaliser. » protesta Harry. « Si je l'avais, si j'avais arrêté de penser….ça n'aurait pas été aussi loin, mais maintenant c'est trop tard. Ils ne seront plus jamais en sécurité. »
« C'est le fait de Tu-Sais-Qui. » lui répliqua Percy avec tant de conviction qu'Harry le fixa un moment. « Pas toi. »
S'adossant contre le mur chaud de la serre, Harry lui demanda. « Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis ? »
« Et bien… » Percy détourna le regard, manifestement gêné. « Il y a autre chose que je dois te dire – mais avant, tu devrais peut être t'asseoir. »
Perplexe, Harry suivit Percy vers l'orée de la forêt et ils s'assirent tous deux sur une souche d'arbre. « Qu'est-ce que c'est ? »
- Il y a quelque chose... » Percy jeta un regard aux alentours, puis dit à Harry d'une voix posée, « J'aurais dû te le dire plus tôt, mais honnêtement, je n'avais pas réalisé que tu n'avais rien vu. »
« Vu ? Vu quoi ? Quand ? » demanda Harry, de plus en plus perplexe.
Percy fixa ses pieds. « Ce jour là, au Capitol, quand le Pilier de Storgé a explosé. »
Le coeur d'Harry se mit à battre la chamade. « Quelque chose s'est passé...quand j'étais...»
Percy acquiesça. « J'ai pensé que tu devais savoir, mais... » il leva une main en signe d'avertissement « Ca va te faire un choc. Un sacré choc. »
Harry déglutit. « J'ai compris. Dis-moi. »
Prenant une grande inspiration, Percy débuta. « Quand j'ai vu Tu-Sais-Qui, juste...là, en plein duel avec le Professeur Snape, je suis...resté immobile. J'étais incapable de ne serait-ce qu'aider un peu. » Il secoua la tête. « Quel Gryffondor je fais. Mais ensuite tu as touché le Pilier, et la poussière était si épaisse qu'on ne pouvait rien voir. Quand elle a commencé à se dissiper, j'ai vu le Professeur Snape se lever. Il avait perdu sa baguette et Tu-Sais-Qui était sur le point de le tuer. »
« Je me souviens. » murmura Harry, confus.
Percy enchaîna. « A ce moment là, quand Lord...il avait levé sa baguette, prêt à le tuer, et là j'ai vu quelque chose...on aurait pu croire que c'était juste la poussière qui faisait des tourbillons, mais en fait...il y avait quelqu'un, à côté du Professeur Snape. Ils ont fait face à Tu-Sais-Qui. »
« Maman... » lança Harry dans un souffle, mais Percy secoua la tête en signe de dénégation.
« Non...Le Professeur Snape était tellement surpris qu'il a trébuché sur des débris...la personne dans la poussière, en face de toi...c'était un homme. » L'expression de Percy était extrêmement sérieuse lorsqu'il leva les yeux sur Harry. « Je l'avais déjà vu sur des photos. Tu...tu lui ressembles comme deux gouttes d'eau. »
La bouche d'Harry était tellement sèche qu'il avait du mal à parler. Papa ? Mon père était là aussi ? « Mon père... »
Percy acquiesça, les yeux toujours rivés au sol. « Je ne pense pas avoir déjà vu le Professeur Snape aussi choqué, tu imagines...ton père l'a regardé, juste un moment, avant de faire face à Tu-Sais-Qui. Puis, le Professeur Snape t'a regardé, et je l'ai imité...c'est là que nous avons vu ta mère. »
« Je l'ai sentie. » chuchota Harry. « Elle...ils... »
« Tu étais en train de te redresser. La poussière s'est mise à tourbillonner, puis une femme apparut, agenouillée à côté de toi. Elle a mis ses bras autour de toi, comme pour te protéger. Et alors tu t'es juste écroulé. »
« Elle me protégeait. »
Percy acquiesça. « Tu-Sais-Qui les a juste fixé, puis il a disparu. D'une façon ou d'une autre, il a eu peur. »
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ? » demanda Harry.
« C'était...étrange. Ton père s'est retourné, t'a regardé, toi et ta mère, en souriant. Ensuite les deux se sont tournés vers le Professeur Snape. Je n'ai pas vu le visage de ton père, mais ta mère...la façon dont elle le regardait...comme si elle lui demandait quelque chose. Comme une supplique. Puis, ils se sont évaporés. »
Harry resta silencieux un moment. La vérité était qu'il en avait jusqu'à oublié la présence de Percy. Ses pensées tourbillonnaient, son coeur battait la chamade et sa gorge était serrée. Ses parents étaient avec lui. Ses deux parents. Son père s'était dressé face à Voldemort et sa mère l'avait enlacé et chuchoté que tout irait bien. Son père avait même protégé Snape.
Pas étonnant pourquoi Snape avait agis si étrangement avec lui. Harry se demandait vaguement ce que son père et sa mère avaient voulu demander à Snape.
Pourquoi tout le monde avait pu voir les parents d'Harry, sauf Harry lui-même ? Il tenta en vain d'éviter une vague de ressentiment. Il murmura à Percy « Merci. De me l'avoir dit. » Mais pourquoi je dois l'entendre de toi ?! Dumbledore a dû le savoir, et Snape ! Il aurait au moins pu avoir la décence de me le dire ! C'est mes parents !
Percy, semblant réticent, repris. « Harry...il y a autre chose. Tu dois le savoir, mais...je ne peux pas te le dire si tu ne me jures pas que tu ne le diras à personne. Pas à Ron, pas à Ginny, ni Hermione. Et surtout pas les jumeaux. »
Harry en fut étonné. Il n'aimait pas l'idée de garder ses amis hors de la confidence, sans compter tout ce qu'il leur cache pour les protéger. « Pourquoi ? »
« Parce que les conséquences pour nous deux si cela se sait seraient assez sévères. » lui répondit Percy avec un air mortellement sérieux. « Je suis désolé, je sais que tu n'as aucun secret pour Ron, mais si lui ou quelqu'un d'autre l'apprend, j'ai bien peur que ma fratrie soit si fière de moi qu'ils ne puissent pas tenir leur langue. »
De plus en plus confus, Harry se laissa guider par sa curiosité. « Très bien. »
« J'ai ta parole ? »
« Oui. »
Percy semblait...penaud ? « Tu sais que j'ai vu ce qu'il s'était passé hors de la chambre du Pilier, après. » Harry acquiesça. « J'étais plutôt...secoué. Je suis parti aussitôt au Ministère pour tout rapporter. Ce n'était pas pour te nuire, » ajouta-t-il rapidement. « Je pensais que le Ministre pourrait aider. Lui et Dumbledore. J'ai pensé qu'ils pourraient trouver un moyen d'arrêter Tu-Sais-Qui de...de te contrôler comme ça. »
Harry acquiesça. « Ce n'est pas vraiment une partie de plaisir. Que s'est-il passé ensuite ? »
Percy soupira, son expression teintée de frustration et d'amertume. Harry reconnu ce regard, celui de quelqu'un qui a vu s'effondrer tous ses idéaux. « Il...le Ministre...il voulait tout dire à la Gazette ! » lança-t-il. « Une fois que j'ai écrit mon rapport, il m'a dit de leur amener et...il parlait de te sortir de Poudlard. »
« Quoi ?! Pourquoi ? »
Le regard de Percy était noir. « Il disait que peut être les Aurors pourrait te surveiller jusqu'à la prochaine fois, et que... »
Harry en eut la gorge serrée. Il se souvint des mots de Dumbledore : Voldemort, en te possédant ainsi, ne cherchait pas ma propre destruction, mais la tienne. « Mais...ça n'aurait pas détruit Voldemort. Ca me tuerait, juste. C'est pour ça qu'il me possède. » répliqua-t-il d'une voix blanche.
« Je sais ! » s'exclama Percy. « Je l'ai compris lorsque tu...enfin, il...l'a dit au Professeur Snape ! » Il serra les poings. « Et j'ai tenté de lui expliquer, au Ministre, mais il s'en fichait. Il était presque...excité quand je lui ai dit tout ça, comme si...comme si il avait toujours attendu une opportunité pareille. Il voulait... » La voix de Percy était marquée par l'incrédulité. « Je ne comprends pas. Il n'arrêtait pas de rabacher que Dumbledore t'utilisait pour avoir tous les honneurs. Je lui ai dit que ça te tuerait, mais il a répondu...que tu étais la raison première pour laquelle Tu-Sais-Qui a réapparu. »
Harry ramena ses genoux contre sa poitrine, mais ça ne l'empêcha pas d'avoir des sueurs froides. Fudge le voulait mort. C'est ce que Percy essayait de dire, de l'avertir. Fudge avait vraiment quelque chose contre lui. « Et donc...comment se fait-il que je ne sois pas encore arrêté ? » lança-t-il avec un rire froid.
Les oreilles de Percy se mirent à rougir, de la même manière que Ron. Pour une quelconque raison, Harry se sentit mieux. « Je...c'est pour ça que tu ne peux rien dire à personne. En voyant que le Ministre n'entendait pas raison, j'ai détruit le rapport et...je lui ai lancé un Oubliette. »
Harry en eut le souffle coupé. Percy Weasley ! Attaquer le Ministre de la Magie !
« Euh...merci ? »
