Alala vous m'avez gâtée encore ! Que d'éloges et que de gentilles reviews, vous êtes magiques !

Du coup, voilà pour vous la partie 2 de ce chapitre ! J'attends avec impatience vos retours, j'ai beaucoup aimé traduire cette deuxième partie.

Un merci tout particulier à

- Petit Lutin22

- adenoide

- Daidaiiro30

- Okaemi (bienvenue !)

- Quetsche

Sans plus attendre, bonne lecture !

Chapitre 17 : L'ennemi de mon ennemi est mon quoi ?! (partie 2)

« Lee s'occupe du magasin cette semaine. » expliqua Ron à Harry. Ils étaient dans la salle commune, profitant de leur dimanche soir. « Et Percy et Bill filent un coup de main. Fred devrait sortir de l'infirmerie la semaine prochaine, peut être même dimanche prochain si il suit les instructions de Mme Pomfrey. »

« Ouais...tu rêves là, non ? » lança Ginny qui venait de les rejoindre. Elle était sortie l'après-midi même.

Hermione, assise à côté de Ron, sur son devoir de Métamorphose, mâchouillait sa plume, pensivement. « Je ne sais pas. Percy a peut être raison, par rapport à George. Il a réalisé qu'ils n'étaient pas invulnérables. »

Ron frissonna et se rapprocha d'Hermione. « J'aurais préféré qu'ils ne le découvrent pas comme ça. »

Harry tentait de se concentrer sur son devoir de Défense spécialisée. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à ce que Percy lui avait dit. Percy et Snape avaient vu les parents d'Harry. Cornellius Fudge avait en tête de le tuer, et la Gazette du Sorcier commençait à imaginer qu'il mettait l'école en danger.

Et qu'est-ce qu'il s'était passé entre ses parents et Snape ? La question ne quittait pas son esprit.

« Harry ? »

Il cligna des yeux. Ron, Hermione et Ginny le regardaient avec une expression soucieuse, et ils échangèrent des regards. Harry répliqua « Quoi ? »

« Rien ! » s'exclama Hermione. « On...tu semblais distrait, et on voulait...enfin, si tu es d'accord... » balbutia-t-elle.

Harry prit ses livres et lança « Je vais bien. Et si vous comptez continuer à chuchoter en vous donnant des coups de coudes sans me dire ce qu'il se passe, je vais à l'étage et je vous laisse tranquilles ! » D'un pas lourd, irrité, il se dirigea vers le dortoir.

Après s'être retourné plusieurs fois dans son lit, il entendit quelqu'un rentrer. « Harry ? » demanda Ron prudemment. « Ca va ? »

Harry soupira. Il n'aurait pas dû se montrer si dur. Ce n'était pas contre eux qu'il était énervé. « Ouais. »

« Il,,,il y a quelqu'un d'autre ici ? »

« Je ne crois pas. »

Le bruit d'un Ron inspectant chaque lit, ainsi que la salle de bains, rendit Harry curieux. Le visage de Ron était largement rouge quand il revint. « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Harry.

« J'imagine... que j'ai quelque chose à te dire. » lui lança Ron, le regard fixement pointé sur ses pieds. « Hermione a raison, c'est idiot de garder ça secret, par rapport à toi. »

Harry devint nerveux. Sur quoi ont-ils pu chuchoter et conspirer pendant tout ce temps ? Bon sang, je ne sais pas combien de révélations fracassantes je vais pouvoir supporter encore aujourd'hui ! Néanmoins, il attendit, et finalement Ron vint s'asseoir au pied de son lit, le regard fixé sur le mur. « Alors ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »

« Bah... »Ron rougissait au point d'avoir la peau pleine de sueur. « Euh...c'est en fait, euh...Hermione et moi...hum...tu vois, on...enfin voilà. »

« Hermione et toi... » Harry fronça les sourcils, confus. « Qu'est-ce que Hermione et toi...attends une minute... » Dans son esprit, quelque chose s'alluma. Il regarda Ron, bouche bée. « Hermione et toi ?! »

« Chuuuut ! » siffla Ron, bien que le dortoir était vide. Son teint avait prit une teinte tomate. Il osa lever le regard vers Harry, avant de refixer le sol à nouveau. « Ouais. Voilà. Enfin, je veux dire, voilà, ça veut pas dire que c'est rien mais, 'fin voilà...j'aurai préféré qu'elle vienne te le dire elle même. Elle est meilleure que moi sur ce genre de choses. » dit-il avec une moue boudeuse.

Toujours choqué, Harry demanda « Pourquoi...hmm...pourquoi elle a voulu que tu me l'annonces toi même ? »

Ron haussa les épaules. « Un truc sur le fait que c'est une conversation ''d'homme à homme''. Moi je pense qu'elle avait juste peur de te l'annoncer. »

« Pourquoi elle aurait peur ? »

« Et bien... » La teinte rouge qu'avait pris le visage de Ron commençait seulement à s'estomper légèrement. « Tu as été un peu...susceptible ces derniers temps. Enfin...on voulait te le dire avant, mais tu as été malade et après...ça ne semblait jamais être le bon moment... » dit-il tout en regardant Harry comme s'il allait se mettre à exploser.

Ce qui n'arriva pas, Harry étant bien trop occupé à faire le tri dans ses pensées. « Donc... » dit-il lentement, « toi et Hermione...ça veut dire que...Hermione est ta copine ? »

Le visage de Ron devint encore plus rouge qu'auparavant. « Euh...bah...j'imagine qu'elle...bah...oui. » Il fit un petite signe de tête, comme pour se convaincre lui-même. « Yep. »

Harry posa son menton sur ses genoux. « C'est arrivé quand ? » demanda-t-il.

« Bah...tu vois...ce n'était pas vraiment voulu. » balbutia Ron. « C'était franchement étrange. C'était pendant l'été, quand tu n 'étais plus là, et on...était plus ou moins en larmes tout le temps, l'un sur l'épaule de l'autre. » Il haussa les épaules. « Enfin bref, ça s'est juste...passé comme ça. Tu n'es pas en colère, hein ? » dit-il d'une traite.

« Non. » répondit automatiquement Harry. « Bien sûr que non. »

Mais était-ce le cas ? Pourquoi n'était-il pas heureux pour eux ? Il aurait dû rire, les taquiner sans pitié, il aurait dû ressentir...quelque chose. Mais cela lui laissait une impression étrange.

Il avait l'étrange sensation d'avoir une boule dans l'estomac. Il ne pouvait pas être jaloux de Ron quand même ? Par rapport à Hermione ? Hermione était juste son amie ; il n'avait jamais imaginé leur relation de cette façon, non ?

Non, l'idée même lui semblait totalement absurde. Donc, s'il n'était pas jaloux, pourquoi n'était-il pas heureux pour eux ?

Il entendit Ron se lever et quitter la pièce, mais il était si absorbé par ses pensées qu'il ne songea pas à le rappeler. Pourquoi cela semblait si bizarre ? S'ils étaient heureux, n'était-ce pas ce qui comptait le plus ?

Mon meilleur ami a une copine...qui n'est autre que mon autre meilleure amie. Et ils ne me l'avaient pas dit.

Pourquoi avaient-il gardé cela secret ? Maintenant qu'ils étaient...ensemble... allaient-ils garder d'autres secrets ? Iraient-ils à Pré-Au-Lard ensemble en laissant Harry derrière ? Auront-ils toujours du temps pour moi ? songea une petite voix plaintive dans sa tête.

Ron et Hermione étaient...Ron et Hermione. Et Harry dans tout ça ?

Je n'ai pas le droit de penser comme ça, se dit-il en colère. Je n'ai jamais été un bon ami, ils sont bien mieux ensemble qu'avec moi ! Il pensa à la manière dont il les avait traité l'année dernière, et il grimaça. Pas étonnant que ça se soit produit, franchement, il les avait quasiment jeté l'un dans les bras de l'autre. Mais ils avaient dit qu'ils me soutiendraient, lança la petite voix à nouveau.

Des éclats de voix le tirèrent de ses pensées.

« Oh, Ronald, franchement, je t'ai dit ce que tu devais lui dire ! »

« Et pourquoi toi, tu ne pouvais pas lui expliquer, alors ? T'es son amie aussi, je crois, non ? »

« Hé, vous deux, c'est pas bientôt fini de... »

« Reste en dehors de ça, Ginny ! »

« Vous allez juste l'énerver encore plus ! »

« On doit juste lui expliquer... »

Harry prit son courage à deux mains en voyant surgir dans le dortoir deux têtes rousses et une brune, en pleine discussion houleuse.

« Harry, je suis désolée, Ron a fait paraître ça pour... »

« Ca ne change rien ! »

« Laisse-les se dépatouiller tout seuls, Harry... »

« Tu es notre meilleur ami ! »

« On ne va certainement pas t'abandonner ! »

« C'est promis ! »

Ron et Hermione semblaient être sur le point de se jeter sur Harry, mais Ginny les chassa du lit d'Harry avec un signe de la main. « HEY ! Laissez le respirer ! »

« Cela ne te concerne pas, Ginny ! » lança Hermione, le souffle court.

« CA SUFFIT ! DEHORS ! Tous les deux, dehors ! » rugit Ginny, d'une voix telle que Ron, Hermione et Harry sursautèrent. Ron et Hermione semblaient sur le point de protester, mais Bastet décida de renforcer l'ordre de sa maîtresse en s'élançant vers eux avec un feulement sauvage. Tenant à leur vie, le couple s'engouffra dans l'escalier hâtivement.

Une fois les miaulements inaudibles, Harry garda son regard fixé sur les escaliers jusqu'au moment où Ginny se retourna et glissa une mèche de ses cheveux derrière son oreille. « Bien. Maintenant que notre joli couple est parti prendre l'air, comment ressens-tu les choses ? » lui demanda-t-elle en se laissant tomber lourdement sur le lit de son frère.

« Je...euh... » répondit Harry, nerveux. La spontanéité de Ginny était à la fois rafraîchissante et déconcertante.

L'expression de Ginny s'adoucit légèrement, et elle vint s'asseoir au pied du lit d'Harry. « Tu es d'accord avec ça ? Tu as le droit de me dire la vérité... »

« Hum...je... » Harry prit une grande inspiration et rassembla ses idées éparpillées. « Je...vraiment, je suis okay avec ça... qu'ils soient tous les deux... »

« Ensemble? » reprit Ginny malicieusement. Harry laissa échapper un sourire et acquiesça. « Pfff, j'avais dit à Hermione que cette histoire d'homme à homme ne marcherait pas. Ron, exprimer ses sentiments ? Haha ! »

Harry se mit en tailleur et examina sa couverture. « J'imagine que ça m'a surpris. C'est juste... » Avant qu'il ne réalise, les mots sortirent tous seuls. « C'était toujours ''nous trois'', aussi loin que je me souvienne. Nous trois. Je...je ne m'attendais pas à ce que ça soit ''eux deux''. »

« C'est toujours ''vous trois'', Harry. » lui répondit fermement Ginny. « Tu ne vois pas ? Ron ne t'a pas dit comment ils en sont arrivés à être ''eux deux'' ? »

« Pas vraiment. Il m'a dit quelque chose à propos de l'été dernier. » répondit-il.

Ginny, soudainement, le regarda avec un air sérieux. « Tu n'imagines même pas comment c'était quand tu n'étais pas là. Ron et Hermione se sentaient très mal, pire que tous...sauf peut être le Professeur Lupin. » Elle eut un sourire triste. « Pire que moi. Et ce n'est pas peu dire. Ils se sont juste...trouvés. Etre toujours ensemble, c'est comme ça qu'ils ont surmonté tout ça. Et une chose en entraînant une autre... » Elle lui adressa un grand sourire. « Entre ça et le fait que Ron était fou d'elle depuis au moins deux ans... »

« Quoi ?! »

« Oh, pour l'amour de Merlin ! » lança Ginny en levant les yeux au ciel, à la façon d'Hermione. « Vous les garçons ! Comment tu n'avais pas pu remarquer ? Il tourne autour d'Hermione depuis le Bal de Noël ! »

Harry songea au comportement de Ron au Bal, et depuis lors. « C'est pour ça qu'il lui a donné du parfum à Noël dernier ? »

Ginny gloussa et acquiesça.

« Et c'est pour ça qu'il est en colère quand elle écrit à Viktor Krum ? »

« Yep ! » lui répondit-elle avec un sourire.

« Wahou. Je ne n'avais jamais remarqué. » réfléchit Harry à voix haute. Le poids qu'il avait dans son estomac commençait à s'estomper. « Je pensais qu'il était juste...Ron. »

« Ron est fou d'Hermione. Et c'est la raison pour laquelle il est en colère quand elle te materne. » ajouta Ginny avec un air espiègle.

« Quoi ? » Harry sentit le rouge lui monter aux joues. « Mais...elle... je ne... »

« T'en fais pas. » lui dit Ginny. « Tu sais bien qu'il est jaloux pour des raisons stupides. » Elle se rapprocha d'Harry et lui donna une petite tape sur le genou. « Laisse tomber. Il sait qu'il est celui qu'elle aime, mais si elle est aux petits soins pour toi. » Elle leva les yeux au ciel. « Et il sait que tu en as besoin. »

« Certainement pas ! » s'exclama Harry.

« Bien sûr que si ! »

« Non ! »

Un moment plus tard, Harry descendit rejoindre Ron. Celui-ci jouait aux échecs sorciers à un joueur, dans la salle commune. « Ou est Hermione ? » demanda-t-il.

« En haut. Elle protège Pattenrond de Bastet. »

« Oh ! » répondit maladroitement Harry. Il s'assit en face de Ron et entreprit une partie avec lui. Ron lui jetait des regards nerveux. Finalement, Harry le regarda et sourit malicieusement. « Donc...ça veut dire que tu l'as embrassée ?

« Harry ! »


Les cours débutèrent comme habituellement lundi, bien qu'une vingtaine encore d'élèves se trouvaient encore à l'infirmerie. Harry se retrouva à nouveau la cible de chuchotements et de regards au mieux effrayés et au pire hostiles. Ce n'était pas aussi important qu'en seconde année, où la moitié de Poudlard pensait qu'il était l'héritier de Slytherin, ou bien encore en quatrième année, où tout le monde pensait qu'il avait triché pour entrer dans le Tournoi des Trois Sorciers. Mais cela n'en restait pas moins déplaisant. Les gens s'écartaient sur son passage, détournait le regard dans les couloirs à son passage comme s'ils s'attendaient à voir des Mangemorts le suivre.

Ce qui rendait les choses plus difficiles cette fois-ci étant qu'Harry savait que leurs impressions étaient justifiées. Aussi longtemps qu'il resterait à Poudlard, l'école serait menacée par Voldemort.

Cela le tracassait tellement qu'il alla voir le Professeur Lupin après un cours de DFCM pour lui demander s'il ne serait pas mieux au quartier général. « Je ne veux mettre personne en danger. »

Lupin tendit à Harry une tasse de thé et s'assit sur un bureau à côté de lui. « Tu ne veux pas vraiment quitter Poudlard, n'est-ce pas ? Pour Square Grimmaurd encore moins, j'imagine ? »

« Non, bien sûr de non ! » s'exclama Harry. « Mais je ne veux pas que Voldemort continue à venir à Poudlard, qu'il blesse encore quelqu'un. »

Il fixa le bureau devant lui. Il sentit Lupin se pencher vers lui. « Harry, tu n'es pas la seule raison pour laquelle Lord Voldemort cible Poudlard. Si tu partais aujourd'hui, ce n'est pas pour autant qu'il nous épargnerait. »

Harry soupira. « Ca ferait une distraction pour un moment. »

« Peu probable. Et en plus, t'envoyer ailleurs serait dangereux pour ta propre sécurité. »

« Je ne suis pas plus important que quelqu'un d'autre ! » répondit Harry avec colère. « Je ne vaux pas ça. Ce n'est pas juste ! »

Lupin posa sa main sur son épaule. « Personne n'a dit que c'était juste. Tu as raison sur le fait que ça ne l'est pas – et pour ce que ta vie vaut, je ne suis pas vraiment de ton avis, mais c'est une autre question. Tu as droit à la sécurité au même titre que n'importe quel autre élève, et l'endroit le plus sûr en ce moment est Poudlard. »

Harry se leva et se dirigea négligemment vers le Strangulot. « Je déteste ça. Je déteste qu'ils soient en danger à cause de moi. »

« Ce n'est pas à cause de toi. C'est à cause de Lord Voldemort. On ne cesse de te le dire, Harry, tout ce que tu as à faire est de croire en nous. Tu n'es pas à blâmer. »

Remus vint se placer près de lui. « Arrête de te détester. C'est la dernière chose que tes parents et Sirius auraient voulu. »

Tout en mordant sa lèvre, Harry acquiesça. « Je...je sais. J'aimerais juste savoir quoi faire. »

« Faire ce que tu fais déjà : vivre ta vie. Et être attentif en cours de Défense. » lui répondit Remus avec un sourire en coin. Harry ne pu que lui sourire en retour. « Juste...vis, et n'abandonne pas. Ce n'est pas à toi de sauver le monde. »

Et pourtant, si, pensa Harry misérablement. Il aurait aimé le dire à Remus, mais cela ne ferait que le rendre en colère d'entendre la prophétie. Sans penser que cela donnerait une raison à Voldemort pour s'en prendre à lui.


La journée entière, Harry réalisa qu'il attendait presque la séance d'Occlumencie avec impatience, et ce n'était pas car la plaisante compagnie de Snape lui avait manqué. Snape avait vu les parents d'Harry dans la chambre du Pilier. Ils l'avaient regardé si Percy avait raison, ils avaient même essayé de lui dire quelque chose. Harry ne pouvait s'empêcher d'y penser – pas même lorsqu'il avait remarqué que Ron et Hermione se tenaient la main sous la table pendant le dîner. C'était ses parents ! Il avait le droit de les voir !

Donc, lorsque Rusard vint le chercher, il le suivit presque avec enthousiasme, et avait sa baguette fin prête aussitôt arrivé dans le bureau de Snape. « Je crois imaginer que vous n'avez eu de nouvelles...communications avec le Seigneur des Ténèbres, Potter ? »

« Non, rien d'autre. » répondit Harry avec distraction.

Snape fronça les sourcils. « Quel est le problème dans ce cas ? »

« Rien. » mentit Harry – en vain. Pourquoi ne pouvaient-ils pas commencer ?

Mais Snape ne leva pas sa baguette. Son regard froid et dur semblait transpercer Harry, et ce dernier se demandait amèrement ce qu'il voyait. « Potter, répondez moi. »

La gorge d'Harry se serra. La frustration semblait le consumer. Ce n'était pas juste ! Il fixa le sol. « Pourquoi ne m'avez-vous pas dit ce qu'il s'était passé en Amérique ? »

Et bien, cela avait définitivement capté l'attention de Snape. Le Maître des Potions recula si précipitamment qu'il faillit renverser son siège, qui bouscula l'étagère derrière lui et fit tomber un flacon de foie de dragon. Snape le répara négligemment avant de retourner un regard de glace sur Harry.

« Comment savez-vous cela ? » siffla-t-il.

« Percy Weasley me l'a dit. » explosa Harry. « Vous étiez là, vous avez dû le dire à Dumbledore, chaque foutu sorcier présent dans la chambre le jour là l'a vu, et je dois l'entendre de Percy ! »

Tremblant de colère, Snape gronda « Ce ne sont pas vos affaires... »

« C'est mes PARENTS ! C'est mes affaires ! J'avais le droit de... »

« Ce n'est en aucun cas mon problème, Potter... »

« Ils vous ont dit quelque chose, hein ? C'était quoi ? »

« POTTER ! Je n'ai rien à vous dire ! »

Furieux, tous ses membres tremblant, l'estomac de plomb, les yeux brûlants, Harry cracha « Pourquoi c'est vous qui avez pu les voir ? » La faible parcelle de rationalité qui lui restait lui soufflait que ce n'était pas la faute de Snape, mais Harry se fichait bien d'être rationnel.

L'expression mortellement sérieuse, l'air aussi furieux qu'Harry, Snape lui rétorqua « Aurais-je eu le choix, je m'en serai passé, et ce sujet n'a rien à voir avec notre tâche d'aujourd'hui. Maintenant, arrêtez cet étalage stupide de vos pleurnichements et videz votre esprit ! »

Harry n'en n'avait nullement l'intention. Il pensait avoir un moyen de parvenir à ses fins et de découvrir ce qu'il s'était passé. Il n'avait jamais essayé de faire ça intentionnellement auparavant, mais...il rassembla toute sa concentration lorsque Snape leva sa baguette. « Legilimens ! »

Cela fonctionna – la première partie en tout cas. Des images flottèrent devant l'esprit d'Harry, mais il était tellement fixé sur son objectif qu'il ne prêta pas attention. Il n'eut besoin que de quelques secondes avant de lever sa propre baguette. « Protego ! »

Il plongea droit dans l'esprit de Snape, non plus dirigé, impuissant, par son sort mais activement, cherchant ce qu'il était venu trouver. Il vit un garçon blond, son bras autour d'un adolescent aux cheveux gras...Voldemort brandissait sa baguette sur Snape alors que le Pilier rougeoyait derrière eux... !

« ASSEZ ! » Un Sortilège de Désarmement frappa Harry si violemment qu'il fut projeté contre le mur et se retrouva jeté au sol. Le souffle coupé, il se retourna sur le dos et vit Snape qui le fixait.

« Vous êtes aussi transparent que l'eau, Potter. Je savais que vous tenteriez ceci. »

Harry lui lança un regard noir. Il se remit sur ses pieds sans lui répondre. Snape poursuivit « Si vous ne parvenez pas à maîtriser vos émotions, vous ne serez d'aucune utilité dans cette guerre. »

« Vous pouvez parler ! » rétorqua Harry, hors de lui. « Monsieur ! »

Snape esquissa un rictus. « Peut être. Cela dit, je ne suis pas celui sur lequel repose malheureusement le destin de tout le monde sorcier. Combien d'autres devront mourir ou être blessé avant que vous ne laissiez de côté votre refus arrogant de vous contrôler ? »

« Vous n'êtes qu'un hypocrite ! » lança Harry.

Les vieilles petites rancunes de Snape étaient la raison pour laquelle Sirius était mort, la raison pour laquelle Harry n'était pas capable de se protéger des visions de Voldemort l'année dernière, la raison pour laquelle Sirius n'avait pas été libéré et Lupin avait perdu son poste de professeur de DFCM en troisième année !

Voldemort aurait très bien pu ne jamais revenir sans Snape !

« Vous avez toujours une excuse, hein ? C'est pas grave si vous, vous n'êtes pas foutu de laisser vos rancunes de côté et traiter les gens comme des moins que rien, même s'ils sont de votre côté ! Votre ancien job n'était pas si important ? Pourquoi vous avez passé tant de temps à saper l'Ordre si cette guerre était si importante pour vous ? »

Snape dévoila ses dents, lança un regard meurtrier à Harry et explosa « DEHORS ! »

« AVEC PLAISIR ! » répondit Harry avec force avant de se jeter vers la sortie. Il se dirigea vers la Tour Gryffondor d'une traite et se précipita vers les dortoirs sans même parler à Ron et Hermione. Il tourna et se retourna dans son lit avant un long moment sans pouvoir trouver le sommeil. Snape était vraiment un sacré salaud !

Il finit par s'endormir, pas moins furieux.


Il se tenait sur le pas de l'entrée, fixant l'extérieur alors que les rayons de la pleine lune filtraient à travers une épaisse canopée. Il n'y avait aucun bruit dans cette forêt, et la lumière qui émanait du ciel ne touchait ni le sol, ni les marches en pierre derrière les pieds d'Harry.

Il y avait du monde derrière Harry, il pouvait les sentir, dans l'attente de sa décision. L'un d'entre eux, drapé dans une robe noire avec un masque blanc qui dissimulait ses traits, s'avança avec hésitation. « Etes-vous satisfait de ceci, Maître ? »

En l'occurrence, il était plus que satisfait, mais il se garda de leur montrer. Ses serviteurs n'avaient nul besoin de se complaire d'eux même. Il tourna le dos à la forêt épaisse et sombre, et les sorciers masqués esquissèrent un léger mouvement de recul.

Harry prit la parole, sa voix froide et aigue, mais sa voix trahît la satisfaction qu'il ressentait. « Cela fera l'affaire. »