CHAPITRE REVISE LE : 08/01/2021 (pour la sortie du film The Final)
Chapitre 02 – Esprit Égaré
Une nouvelle journée pour Kagura commença. Certes, assez longue, au vu de son réveil brutal à six heures du matin, mais toujours aussi ennuyante que les précédentes. Et encore ce foutu mal de tête. Elle pensait qu'elle avait dû rester trop longtemps dehors sous ce rude soleil, aussi décida-t-elle de trouver un coin d'ombre et de s'y poser, le temps que Gintoki et Shinpachi s'occupent d'un boulot qui leur avait été confié. Elle entendit alors un grand bruit.
Gin-chan venait de tomber de l'arbre où il était monté, un matou dans les mains lui grognant dessus et le griffant furieusement. Elle ri un petit peu, puis s'arrêta brusquement. Quelque chose lui touchait le cou, ou plus exactement, une main la touchait.
Ok, ce n'était plus drôle. C'était déjà arrivé hier, et là, ça recommençait. Sauf… Que c'était impossible. Elle était adossée à un arbre. Pourtant, quelque chose, ou plutôt quelqu'un, lui avait attrapé le cou par derrière. Ce n'est pas que Kagura avait peur des fantômes ou de quoi que ce soit d'autre relevant du surnaturel, hein. Mais disons qu'elle avait elle aussi ses craintes.
Elle n'osait pas bouger. Elle entendait à présent une respiration derrière elle. Oh, elle allait fracasser l'abruti qui s'amusait à lui faire peur, c'était sûr. Elle se retourna d'un coup tout en se levant, pour faire face au tronc de l'arbre.
Rien d'inhabituel. Pas un bruit même. Alors que l'instant d'avant, elle aurait juré que quelqu'un se tenait juste derrière elle. Peut-être qu'elle était trop fatiguée, et qu'elle avait rêvé éveillée. Gintoki et Shinpachi, au loin, faisaient face à un chat encore plus énervé, qui tentait de les griffer tous les deux. Elle rit un peu plus. C'était une bonne journée finalement.
Ce jour-là, Gintoki était encore en train de lire son Jump, allongé sur une des banquettes bleues du bureau, tandis que Shinpachi était encore sorti faire quelques courses, le frigo étant actuellement désespérément vide. Aussi, chacun faisait sa petite routine, sans se préoccuper du fait que Kagura était sortie promener Sadaharu il y a de celui plusieurs heures, et n'était toujours pas rentrée.
Curieusement, un certain officier du Shinsengumi ne l'avait pas croisée non plus aujourd'hui. Il errait avec espérance dans les alentours du parc, sans pour autant voir débarquer la jeune fille. Cela faisait quelques heures qu'il faisait sa « pause » pendant sa patrouille, et nul doute qu'Hijikata allait le critiquer encore plus que d'habitude, avec un tel retard. Mais ce bâtard pouvait bien aller crever (accidentellement) pour que Sougo puisse prendre sa place au sein du Shinsengumi. Il s'apprêtait à finalement abandonner tout espoir de croiser le fer avec la jeune Yato, lorsqu'il entendit des aboiements. Nul doute qu'il s'agissait du chien géant des Yorozuyas, avec un volume sonore pareil. Un sourire se dessina sur son visage. Oh, enfin, il allait pouvoir se défouler. Il attendit patiemment, que la chinoise et son gros clébard ne se montrent, se cachant derrière un des gros arbres des espaces verts du parc. Il entendit les aboiements se rapprocher. Le chien semblait venir directement vers lui, parfait.
« IIIIIIIiiiiiiiiiiiiiiii ! Appelez la police ! » Hurla une femme
Et merde. Aussitôt, le sang de policier dans les veines de Sougo ne fit qu'un tour. Tant pis pour l'autre truie. Il devait régler ce bordel en premier. Il sortit de sa cachette, et vit des gens se précipiter vers l'Est du parc. Endroit d'où venait un énorme chien blanc. Tch ! La gamine des Yorozuyas causait encore du grabuge. Elle ne pouvait décidément pas rester en place.
Sadaharu s'arrêta devant Sougo, et commença à aboyer de plus belle, cassant les oreilles du jeune homme par la même occasion.
« Tu vas te taire le clebs ?! Qu'est-ce que ton abrutie de maîtresse a encore fait pour affoler les gens à ce point, hein ? »
Le chien redoubla d'aboiements. Il n'avait pas l'intention de se taire, et la situation devenait très étrange, de plus en plus de monde se dirigeait vers l'Est, attirés par toute cette agitation. Et à présent, il entendait des sirènes au loin, qui se rapprochaient au fur et à mesure que les minutes passaient. Et le chien tirait sur la manche de son uniforme avec ses dents, manquant de le déchirer.
« Hé! » S'exclama Sougo.
Il n'eut pas le temps de faire part de son mécontentement une seconde de plus, que le chien l'entraînait à présent vers l'Est. Et à mesure que l'improbable duo se rapprochait du lieu de la perturbation, un nuage de passants s'était formé, tenus à l'écart par un policier régulier de la ville.
Sans se gêner, le chien perça à travers la foule, traînant dans son sillage le sadique. Le policier tenta de repousser le chien, mais lorsqu'il vit qu'un officier du Shinsengumi y était accroché, il se ravisa, et montra ses respects au jeune homme.
« Oh, vous êtes déjà là ? Je viens à peine de vous appeler ! » S'exclama le policier. « L'ambulance ne devrait pas tarder à arriver ! »
« Hein ? Vous pouvez m'expliquer ce qui se passe ici ? »Demanda Sougo, perdu.
Au même moment, l'ambulance était arrivée dans le parc, et l'attroupement de badauds fut rapidement dispersé pour permettre le passage du véhicule, tout en restant à proximité.
« On a une jeune fille évanouie sur les bras. Je sais pas ce qui s'est passé, mais quand je suis arrivé, elle respirait à peine ! » Expliqua le policier, un peu désemparé par la situation.
Le sang de Sougo se glaça. Derrière le policier, près d'un banc, se tenait la jeune Yato, allongée au sol. Sans perdre un instant, il se précipita vers elle. Il était toutefois encore sceptique. Elle pouvait très bien faire semblant, après tout. Ce ne serait pas la première fois. Et affoler la population et faire venir une ambulance allait lui coûter cher, à elle et au patron.
« Hé, la goinfre, qu'est-ce que tu fais? » Lâcha-t-il, sous le regard éberlué du policier.
Mais la jeune fille ne bougeait toujours pas.
« Hé, je te parle boudin! » Insista Sougo.
« Libérez le passage ! Libérez le passage ! Laissez passer ! » S'exclamèrent les ambulanciers, qui arrivaient derrière Sougo.
Le jeune homme sentit enfin que la situation n'était pas normale. Il n'y avait eu aucune réaction, même lorsqu'il l'avait insultée.
Comprenant enfin que ce qui se passait n'était pas une plaisanterie, il fut écarté sur le côté, tandis que les deux ambulanciers commençaient à vérifier l'état de leur patiente.
« Ses constantes vitales sont anormales. Le pouls est irrégulier » Dit l'un d'eux. « Il faut l'évacuer tout de suite ! »
Sans plus attendre, son collègue retourna vers le véhicule, et ramena une civière, où la jeune fille fut installée, sa forme immobile faisant penser que le pire était arrivé.
« Où est-ce que vous l'emmenez ? » Demanda Sougo sur un ton autoritaire.
« A l'hôpital général d'Edo ! » Répondit un des deux ambulanciers avant de soulever la civière, aidé de son collègue, et de commencer à l'emmener jusqu'à l'ambulance.
Les portes arrières du véhicule se fermèrent, et aussitôt, l'ambulance démarra en trombe, tout feux allumés et sirène hurlante, laissant un officier du Shinsengumi qui se rendait peine compte de ce qui s'était passé.
Le chien était à ses côtés et continuait d'aboyer, tandis que l'ombrelle violette délaissée au sol semblait avoir perdu de son éclat.
Reprenant ses esprits, le jeune homme demanda alors à la foule encore présente ainsi qu'au policier ce qu'ils avaient vu. Tous ceux qui avaient été témoins de la scène à proprement parler décrivirent la jeune fille en train de marcher, puis subitement s'effondrer au sol, sans raison apparente.
Sougo en vint alors à la conclusion que quelqu'un avait osé mettre au tapis avant lui la jeune fille. Mais il ne savait ni comment, ni pourquoi.
Et Gintoki ne s'attendait absolument pas à ce que Shinpachi arrive tout essoufflé et paniqué à la porte, hurlant que Kagura avait été emmenée à l'hôpital.
Il n'aurait jamais pensé qu'une telle chose puisse arriver.
A vrai dire, personne n'aurait pu penser à une telle chose.
Et pourtant c'était arrivé. Kagura était à l'hôpital, entre la vie et la mort.
A Suivre...
Note d'auteur: j'avais la grippe quand j'ai écrit ce chapitre...
