Chapitre originalement BETA par: Kaeru.

CHAPITRE REVISÉ LE : 01/2021


Chapitre 03 - Réalisation


Les deux Yorozuyas étaient arrivés aussi vite qu'ils le pouvaient, manquant de renverser des gens sur leur passage, et de voir que certaines personnes bien connues du Shinsengumi étaient déjà devant la porte de la chambre qu'on leur avait indiquée. Hijikata Toshiro et Okita Sougo étaient déjà là, visiblement aussi inquiets qu'eux, bien qu'ils ne le laissent pas transparaître.

Hijikata mordillait une cigarette non allumée qu'on lui avait interdit de fumer à l'intérieur du bâtiment, et Sougo fixait simplement les nouveaux arrivants de ses yeux inexpressifs. Et visiblement, les deux gradés ne se doutaient pas de l'orage qui arrivait dans leur direction.

« Qu'est-ce que vous avez encore fait ?! » Hurla Gintoki à l'intention des deux hommes.

Les deux officiers eurent un mouvement de recul, avant que Sougo ne se décide à parler. Ils n'avaient pas pour habitude de voir le Patron aussi agité par l'émotion.

« Tout ce qu'on a fait, c'est surveiller sa chambre. Oh, et aussi s'assurer qu'elle arrive bien à l'hôpital avant de clamser ». Dit-il calmement.

Aussitôt, il fut soulevé par son col par le samouraï aux cheveux argentés, un regard mauvais braqué sur lui.

« Si j'apprends que ce qui lui arrive est de ta faute, ou de qui que ce soit d'autre parmi vous les chiens du Bakufu, rien ne me retiendra de venir chercher vos têtes. » Menaça Gintoki, mortellement sérieux.

« Vous changerez peut-être d'avis, Patron, quand vous saurez ce qui s'est vraiment produit... » Dit Sougo.

Comme si ne plus toucher le sol n'avait aucune importance.

« Et donc ?! Qu'est-ce qui s'est passé là-bas?! »S'énerva Gintoki.

Toujours sans vraiment se préoccuper du fait que ses pieds ne touchaient plus le sol à cause de l'emprise du Yorozuya, Sougo continua :

« Si on considère ce que les personnes encore présentes sur place ont pu nous raconter, il semble que la chinoise a encore fait du grabuge, en se battant avec quelqu'un dans le parc. Ils détruisaient tellement de choses à eux deux que les riverains ont appelé la police. Mais l'agent de police que j'ai croisé sur place m'a expliqué qu'il avait alors dû appeler du renfort, parce que la situation dégénérait. »

Le permanenté se calma un peu, et sa prise se desserra, faisant redescendre vers le sol le capitaine de la première division du Shinsengumi.

« On sait pas trop ce qui s'est passé ensuite, » continua Hijikata, « mais ce qui est sûr, c'est que le type qu'elle avait en face d'elle s'était volatilisé à l'arrivé du gros des effectifs, et que la petite était déjà étendue au sol. Donc il est fort probable que ce type n'ait pas joué selon les règles. Voire même, ait été un mauvais perdant... »

«Par mauvais perdant, vous voulez dire...» S'enquit Shinpachi, inquiet.

« Il l'a peut-être empoisonnée. C'est le seul cas probable où la chinoise terminerait inconsciente au sol ; sans avoir été gravement blessée... » Conclut Sougo.

Gintoki lâcha le jeune homme, puis se précipita à l'intérieur de la pièce, suivi de près par Shinpachi, qui comme Hijikata, avait assisté à la scène sans vraiment savoir ce qui allait se passer par la suite.

Kagura était inconsciente, et bien que les deux hommes ne cessent d'appeler son nom pendant plusieurs minutes, elle n'ouvrit pas les yeux. Il semblait qu'elle ne pouvait pas respirer toute seule, un masque lui recouvrant la bouche et le nez.

Au bout d'un moment, le silence se fit dans la chambre, si bien que Sougo et Hijikata se demandèrent si les deux hommes n'étaient pas sortis sans qu'ils le voient par une autre porte. Mais les deux hommes étaient toujours présents. C'est juste qu'ils n'osaient plus prononcer un mot ; ou plutôt, que les mots leur manquaient, tant la situation semblait irréelle.

Quelques minutes après, un médecin arriva auprès des deux hommes du Shinsengumi situés à l'extérieur, faisant sortir de leur état contemplatif les deux Yorozuyas, qui se rendirent auprès du petit groupe. Après quelques courtes présentations, le médecin finit par expliquer ce qui se passait.

« Nous pensions au départ qu'elle avait été empoisonnée, au vu des symptômes, et nous avons donc mené plusieurs analyses. Mais absolument rien n'est ressorti. Son état s'est alors empiré, et nous avons dû la mettre sous soins intensifs... »

« Mais ? Y'a toujours un « mais », quand un médecin fait une pause dramatique... » Se plaignit Gintoki.

Le médecin acquiesça, et sorti alors d'une enveloppe qu'il avait sous le bras une feuille noir transparent. C'était une radiographie du corps de Kagura, et plus particulièrement, de son torse et de sa tête.

« Doc... » Demanda Gintoki, inquiet comme jamais. « C'est quoi ces trucs ? »

Les trois autres hommes présents se posaient la même question.

Ils n'étaient pas médecins, et donc, ne pouvaient pas savoir correctement lire une radio. Mais il y avait des cas où même sans être médecin, on pouvait constater des évidences. Évidences qui prenaient la forme de centaines de petits points blancs minuscules, comme si on avait vaporisé quelque liquide sur une vitre sous forme d'une vapeur extrêmement fine. Des petits points étaient présents partout dans le corps de la jeune fille. Y compris dans sa tête.

« Nous avons tenté de prélever un de ces « points » visibles, » dit le médecin. « Et il s'avèrent qu'il s'agit de nanorobots. »

Aussitôt, Gintoki fut pris d'un certain malaise, se remémorant des événements de la guerre du Joui, lorsque lui et ses compatriotes avaient dû faire face à de redoutables ennemis utilisant un nanovirus pour contaminer et tuer lentement mais sûrement les êtres humains. Il ne pouvait s'empêcher de craindre que Kagura n'ait été infectée par ça, bien qu'il n'y ait aucune raison qu'une souche vivante de cette maladie traîne à cette époque en plein Edo. Mais ses inquiétudes furent rapidement levées.

« Les nanorobots ne semblent rien faire, si ce n'est détraquer son organisme. Il semble qu'ils l'empêchent également de se réveiller. »

« Et alors ? Vous attendez quoi pour lui enlever ces saletés ? » Demanda Hijikata.

« Nous tentons tout notre possible, mais nous n'avons pas encore trouvé de moyen de tous les retirer en même temps. Nous nous sommes rendus compte qu'en en retirant une petite partie, cela mettait sa vie en danger. Et malheureusement, le temps est contre nous. »

A cette dernière déclaration, Gintoki explosa.

« Qu'est-ce que vous attendez pour la sortir de là, alors ?! Vous voulez dire qu'elle risque de mourir si on lui enlève pas ces saletés rapidement ?! »

Le médecin hocha de la tête avec réserve, craignant un autre débordement de ce type, mais en bien plus violent, si il venait à exprimer cette idée à voix haute. Mais malgré cela, il avait encore une chose à dire.

« Toutefois, depuis que votre amie est arrivée ici, nous avons relevé sans cesse ses constantes, pour nous assurer de la vitesse de développement de sa mauvaise condition, » il fit une autre pause, « et nous avons ainsi pu remarquer qu'elle avait une activité cérébrale très intense... »

« C'est bien beau tout votre jargon scientifique, mais pensez aux gens comme nous qui ne pigent que dalle ! » S'énerva Gintoki.

« Gin-san ! » Intervint Shinpachi. « Laisse le finir et calme toi, sinon on risque de nous mettre à la porte ! »

En effet, plusieurs têtes s'étaient à plusieurs reprises tournées dans leur direction, des membres du personnel lançant des regards réprobateurs et méfiants aux nuisances sonores sur pattes.

Gintoki soupira un grand coup, et attendit que l'homme reprenne son explication.

« Il semble que votre amie ici présente, soit actuellement en train de rêver... »


A Suivre...