CHAPITRE REVISE LE: 19/01/2021


Chapitre 05 – Souvenirs


Kagura avait bien mérité une bonne journée de repos, après tout ce qu'elle avait vécu comme supplices hier. Vraiment ! Ce type insupportable avait vraiment décidé de la traquer, même affaiblie comme elle l'était ! Quand il ferait moins chaud, c'est sûr, elle allait l'écraser !

Ruminant comme elle le faisait depuis les quelques dernières heures, Kagura n'avait pas remarqué que quelqu'un tapait avec insistance à la porte de l'agence des Yorozuyas depuis plusieurs minutes... Finalement, l'ouverture brusque de la porte coulissante fit revenir Kagura à ses esprits ; et elle sortit de son placard/chambre afin de voir qui venait la déranger à une heure pareille de la journée (10 heures du matin, ce qui n'était pas vraiment tôt, étant donné que la matinée était déjà bien avancée…). Aussi, la surprise s'afficha sans retenue sur son visage encore endormi, lorsqu'elle vit qui venait d'entrer dans l'agence, et qui était en train d'enlever sa cape.

« P... Papi ?! » S'exclama la jeune Yato.

«Kagura... Les deux autres incapables ne sont pas là à ce que je vois ? » S'étonna Umibouzu.

« Non, Gin-chan et Pachi sont partis faire un travail ! » Répondit-elle à la hâte. « Mais toi, qu'est-ce que tu fais là Papi ? »

« ah... Je suis venue te voir toi », dit-il.

Sur ces mots, il retira ses bottes et quitta l'entrée pour se diriger vers le salon/bureau des Yorozuyas/salle à manger, où il s'affala sur une des banquettes bleues au centre de la salle. Kagura le suivit sans un mot, et s'assit en face de lui. Si son père avait fait tout ce chemin pour la voir, cela ne voulait dire qu'une chose.

« Kagura, je suis venue t'annoncer... »

« Si c'est pour me demander de partir avec toi dans l'espace pour devenir chasseuse d'alien comme toi, c'est non. » Dit-elle, sèchement.

Umibouzu sembla un brin déconcerté, mais continua sur sa lancée.

« Hum, oui et non... A vrai dire, l'autre jour, j'ai combattu un de ces aliens du cadran galactique sigma, et en passant à ça de perdre mon autre bras, je me suis dit... Que j'étais peut-être devenu un peu trop vieux pour ce métier. »

Kagura avait peur de mal comprendre. Son visage montrait tout autant d'étonnement que de confusion face à la déclaration de son père.

« Papi- »

« Je pense arrêter le métier de chasseur d'aliens, Kagura. » La coupa-t-il.

Kagura ne savait plus quoi dire. Si Papi arrêtait de faire ce qu'il avait toujours fait depuis qu'elle était toute petite, alors...

« Et... Tu vas faire quoi, alors ? » Demanda Kagura, craintive.

Umibouzu la fixa droit dans les yeux, son crâne chauve brillant avec la lumière du soleil perçant à travers les fenêtres de l'agence. Il déclara alors d'un ton solennel :

« Je pense venir vivre sur Terre, si tu acceptes d'avoir ton vieux père près de toi, Kagura. »

Une tonne d'émotions contraires se bousculèrent dans la poitrine de la jeune Yato, mais une seule d'entre elles fut assez forte, pour la faire agir. Elle se leva soudainement, et avant que le vieux Yato puisse réaliser ce qu'il se passait…

« K... Kagura ? » Demanda-t-il, peu sûr de lui.

Kagura sortit de la pièce en fermant la porte violemment derrière elle.

La seule émotion qui fut assez forte pour la faire bouger en adéquation avec ce que venait de dire son père… Était la colère.


Pendant ce temps, dans une des grandes avenues du quartier Kabuki, deux hommes parlaient à l'écart de la foule, à priori de quelque chose d'anodin, mais qui pourtant était un problème bien plus grave qu'il n'y paraissait.

Et un de ces deux hommes était le policier alors de service, arrivé en premier sur les lieux de « l'incident ».

« Donc, vous êtes sûr que ce type s'est enfui peu de temps après que la chinoise ne commence à tituber ? » Demanda le jeune homme aux yeux rouges.

Le policier, encore en patrouille à cette heure de la journée, fut un peu mis mal à l'aise par les deux yeux carmin qui l'observaient.

« Hum... Oui, je suppose... j'étais plutôt occupé à tenir la foule éloignée, vu que ces deux là avaient commencé à raser le parc dans son entièreté... » Répondit-il. « Mais ce qui est sûr, c'est que ces deux-là ne rigolaient pas. Je suis sûr d'avoir vu des os se faire briser, ce jour-là... »

Sougo se remémora les derniers affrontements qui avaient eu lieu entre lui et la gamine des Yorozuyas. Plus que quiconque, il savait très bien que les coups de la jeune Yato ne devaient pas être sous-estimés. Encore plus quand elle prenait les choses au sérieux. Ses émotions pouvaient très bien faire passer d'une simple bosse à un os cassé. Il en avait fait les frais plus d'une fois…

« Maintenant qu'on en parle, j'ai trouvé les deux assez similaires dans leur façon de se battre ». Continua le policier. « Mais je n'ai pas bien vu le visage de l'homme, parce que sa tête était en partie bandée... »

« Vous voulez dire que ce type cachait son visage ? Et ses vêtements étaient similaires à celui de la chinoise ?» S'enquit Sougo.

Le policier acquiesça d'un signe de tête.

« Ils viennent peut-être de la même planète, allez savoir... »

Au loin, une échauffourée entre un ivrogne et un vendeur fit sortir le patrouilleur de sa torpeur.

« Ah, excusez moi Capitaine Okita, mais si vous avez d'autres questions, j'ai bien peut que vous ne deviez repasser quand je ne serai pas de service... »

Il s'excusa rapidement et accourra vers le chahut en formation pour séparer les deux imbéciles qui en étaient venu à une lutte de force grotesque, où la lenteur de l'ivrogne ralentissait aussi les gestes du vendeur.

Sougo lui, termina de mémoriser ce que l'homme lui avait dit. Et ça ne pouvait signifier qu'une chose. La chinoise avait combattu un autre Yato, malgré le fait que les Yatos se faisaient rares sur Terre. Il devait donc s'agir d'un individu venu d'autre part. Et cet « autre part », Sougo savait déjà où ça pouvait se trouver.

Il leva les yeux vers le ciel ensoleillé, plissant les yeux face à l'astre aveuglant. Un de ces enfoirés d'Harusame était venu exprès pour mettre hors d'état de nuire la jeune Yato. Sa rivale. Et ça, il n'allait pas le laisser passer. Il allait trouver celui qui avait fait ça, et il allait lui briser toutes les articulations, une par une...


Des regards insistants et inquiets pesaient sur le vieil homme. Deux regards même, pour être plus précis.

« Alors ? » Demanda le permanenté.

« Alors quoi ? » Répondit Gengai.

« Alors ? » Demanda à nouveau Gintoki.

« Quoi ?! Quoi à la fin ?! » S'énerva Gengai. « Ça va faire vingt fois que tu me poses cette question ! Tu m'as amené Tama, mais c'est pas pour autant que je vais avoir des résultats dans les secondes, voire les minutes ou les heures à venir ! »

« T'as dit que ça allait aller plus vite avec Tama ! C'est pas assez vite, finalement ! »

« Gin-san, » tenta Shinpachi. « C'est vrai que Gengai-san a dit que les choses avanceraient plus vite, mais je pense qu'il serait mieux pour travailler si on le laissait assez tranquille pour réfléchir... »

Les épaules du patron des Yorozuyas se relaxèrent.

« Je sais que tu t'en fais pour Kagura-chan, moi aussi je m'en fais pour elle... Mais tout ce qu'on peut faire, c'est attendre... »

« Pattsuan... Tu n'as pas compris la situation... Si Kagura ne se réveille pas.. Alors elle ne sera pas la seule à dormir pour l'éternité... »

« Qu'est-ce que tu veux dire, Gin-san ? »

« Son taré de père va venir nous faire dormir d'un sommeil éternel ! » Explosa Gintoki, d'une voix hystérique.

« C'est de ça que tu t'inquiète en fin de compte ?! » Explosa à son tour le tsukkomi de service, en donnant une tape sur la tête de son employeur.

« Mais Pattsuan... » Tenta misérablement Gintoki. « Réfléchis un peu ! Si jamais le vieux chauve apprend ce qui s'est passé, il va revenir sur Terre, et nous exécuter tous les deux parce qu'on aura pas su protéger Kagura ! »

Rien qu'à cette pensée, Shinpachi ne put réprimer un frisson… Le patron des Yorozuyas avait bien raison de se soucier de ça. Mais toujours est-il que c'était loin d'être la priorité du moment, même avec cette menace imminente pesant sur les deux hommes.

« T-tout ce qu'on a à faire, c'est de sauver Kagura-chan avant que son père n'ait vent de cette histoire, » dit le garçon à lunettes en hésitant. « Mais honnêtement, je me ferait plus de soucis pour la personne responsable de l'état de Kagura-chan… Que cette histoire se termine bien ou non, cet individu risque de ne pas voir le soleil se lever (1) … »

« Hum… C'est vrai, » raisonna Gintoki. « Après tout, nous sommes censés protéger la goinfre, et nous ne sommes pas responsables de ce qui lui est arrivé, pas du tout… »

« Gin-san… C'est pourtant toi qui lui as dit d'aller racheter du riz parce qu'elle avait tout mangé et que sa force surhumaine lui permettrai d'en porter plusieurs sacs à la fois… » Dit Shinpachi, sans croire à ce que venait de dire le patron des Yorozuyas.

« Q-q-q-q'est-ce que tu racontes, Pattsuan ! J'ai jamais dit ça ! » Tenta pitoyablement Gintoki.

Shinpachi soupira devant l'inconscience et l'idiotie de son employeur, et reporta son regard sur le vieux Gengai en train de travailler avec Tama devant plusieurs écrans d'ordinateur.

Même s'il n'en avait pas l'air, Gintoki était tout aussi inquiet pour la jeune fille. Il pouvait aussi réellement craindre Umibouzu. Mais si Shinpachi savait quelque chose sur le permanenté, c'est qu'il pensait toujours plus aux choses sérieuses que ce qu'il ne voulait bien montrer…


A Suivre...


Notes de compréhension:

(1) « The sun will rise again/Hi wa mata noboru ». Référence au nom du groupe de scanlation qui a traduit l'intégralité de Gintama en anglais.