CHAPITRE REVISE LE 06/02/2021.
Chapitre 9 – présence.
S'il y avait bien une personne que la jeune Yato ne s'attendait pas à voir sur ce pont, c'était bien son rival. Enfin… Reformulons. Si il y avait bien une personne que la jeune Yato ne voulait absolument pas voir sur ce pont, c'était son rival.
Mais la jeune fille avait des sentiments si confus et contraires en elle qu'elle ne remarqua presque pas la silhouette qui s'était approchée d'elle. Et fait le plus troublant, elle ne l'avait même pas senti, alors que les Yato ont normalement un odorat très développé, ce qui expliquait entre autres que la réserve de chocolat de Gintoki venait toujours à disparaître à un moment ou à un autre…
Elle sécha ses larmes, trop fière pour les montrer à son rival, mais lorsqu'elle se retourna, elle ne vit personne.
« China ! » Appela une voix.
Elle se tourna à nouveau vers l'endroit d'où venait à voix ; mais toujours rien en vue.
Il lui faisait une blague ou quoi ?
Pour en être sûre, elle regarda partout autour d'elle, et même sous le pont. Personne.
« China ! » Appela à nouveau la voix, qui semblait plus proche que jamais.
Et cette fois, son rival était apparu à l'extrémité Ouest du pont.
« Lâche-moi sadique, j'ai pas envie de voir ta sale tronche ! » Lâcha-t-elle.
« China ! » Dit encore la voix, mais cette fois depuis derrière elle.
Elle se retourna, et vit que son rival se tenait à présent à l'extrémité Est du pont.
Comment avait-il fait pour se déplacer aussi vite ? Et surtout, comment avait-il changé de tenue aussi rapidement ?
Si celui qui se trouvait à l'Ouest était vêtu de son uniforme du Shinsengumi, celui qui se trouvait dans la direction opposée portait un long manteau muni d'une capuche qui laissait à peine entrevoir ses traits.
« Mais qu'est-ce que tu veux à la fin !? Je suis vraiment pas d'humeur, alors dégage avant que je t'envoie sur Mars, ersatz de seigneur Sith ! »
Son rival habillé normalement s'avança, et s'avança, sans s'arrêter. Et plus il avançait, plus elle avait envie de l'envoyer balader. Littéralement. Et il était dans son périmètre de sécurité (soit une dizaine de mètres), quand elle laissa exploser sa rancœur. Elle se précipita vers lui et lui asséna un violent coup de poing.
« Tu te casses sur Mars ! (1) Enfoiré ! » Hurla-t-elle.
Et en effet, son rival s'envola. Mais pour aller atterrir un peu plus loin dans le lit de la rivière.
Elle rumina un moment puis se retourna subitement vers l'autre exemplaire supposé de son rival.
« Si c'est toi Yamazaki, je vais t'arracher les boules et te les faire bouffer ! » Cria-t-elle.
Mais l'individu ne bougea pas. Elle ne voyait pas son visage, et la seule indication qu'il aurait pu s'agir de son rival était la voix qu'elle avait entendue. Sauf que son rival prenait un bain forcé en ce moment même. Le sadique avait donc dû appeler (enfin, obliger plutôt) un de ses subordonnés à l'aider pour réunir toutes les conditions nécessaires à la réalisation de la loi de l'emmerdement maximum. Et elle savait parfaitement que l'accroc aux Anpans était la victime souhaitée.
« Bouge de là ! » Cria-t-elle.
« China… »
La voix de son rival se fit à nouveau entendre, mais cette fois… Elle venait de l'individu encapuchonné.
Trop c'est trop. Yamazaki ou pas, elle allait lui éclater la tronche. Elle se mit à avancer à grands pas, chacune de ses enjambées faisant craquer avec violence le plancher du pont sous chacun de ses pieds.
Mais lorsqu'elle arriva enfin devant la silhouette, quelque chose d'inattendu se produisit. Au début, elle voulait aussi l'envoyer valser d'un coup de poing. Et dans la pure tradition Yato, elle voulut donc exploser ce qui lui bouchait le passage. Sauf que son poing n'atteignit jamais sa cible. Enfin, techniquement, il l'atteignit, mais ne rencontra aucune résistance.
Encore sous le coup de la surprise, elle remarqua à peine que la forme quelques secondes plus tôt immatérielle avait bel et bien empoigné son bras et le tenait fermement. Posant les yeux sur son bras prisonnier, elle leva ensuite son regard vers la tête de l'individu, et sombra encore plus dans l'incompréhension, lorsqu'elle vit enfin le visage de l'individu…
Qui était aussi son rival. Rival qui se mit à lui parler sur un ton grave.
« China, écoute-moi. J'ai très peu de temps pour te dire tout ce que j'ai à te dire, alors pour une fois dans ta vie, écoute moi avec toute l'attention que tu peux rassembler, et ne fais pas l'abrutie en m'ignorant… »
C'était la première fois que le sadique lui parlait de la sorte, avec si peu d'insultes, si bien qu'elle se demandait si elle n'était pas en train de rêver.
« China, il faut que tu tues mon double. »
Qu… Quoi ? Est-ce qu'elle avait bien entendu ? ça devenait de plus en plus incompréhensible… Elle devait sûrement faire un cauchemar, ou quelque chose comme ça.
« China, écoute-moi bon sang ! Je ne peux pas rester ici tant qu'il sera là, tu comprends ? Tant que tu ne l'auras pas éliminé, je ne pourrais pas venir t'aider… »
« M'aider ? Tu te fous de moi ? » Ironisa Kagura. « Depuis quand les sadiques ont un cœur aussi généreux? Non… je reformule : depuis quand les sadiques pensent à quelqu'un d'autre qu'à eux ? »
« Chinaaa… Écoute-moi bon sang… TUE-MOI. Il faut que tu me tues, mon exemplaire de ce monde ! » Il commençait à perdre patience là.
« Mais de quoi tu parles à la fin ? Tout ce Tabasco que tu bouffes a fini par te griller le cerveau ? » Dit Kagura tout en se débattant pour libérer son bras.
Bras qui étrangement, était toujours prisonnier de la main d'un simple humain.
« TUE-MOI ! Si tu fais ça, tu verras ! Tu n'es pas dans Edo là, tu es- »
La voix se tût d'un coup, et la pression sur le bras de la jeune Yato disparût. L'individu lui aussi s'était subitement volatilisé.
Elle ne savait pas comment il avait fait pour se dédoubler, et vu la pauvre qualité de son double, c'était probablement un Kage-Bunshin (2) raté de toute façon. Mais ses paroles résonnaient encore en elle. Et elle n'arrivait pas à s'en débarrasser, comme un perfide écho qui revenait encore et encore.
Et au même moment, dans l'hôpital général d'Edo, le Capitaine Okita Sougo se réveillait d'une courte sieste éprouvante, sous les yeux de ses supérieurs et de deux Yorozuyas inquiets. Il cligna plusieurs fois des yeux, et la bouche encore pâteuse, dit :
« Le message est passé… Mais c'est à elle, d'agir. Si elle ne fait rien, on ne pourra pas intervenir… »
A Suivre...
Notes de compréhension :
(1) : Référence au film original Total Recall (1990).
(2) : Kage bunshin no jutsu : aussi appelé méthode de multi-clonage dans Naruto.
Note d'auteur: Il a été posté à l'origine en juin 2017, littéralement la veille de mon départ pour le Canada. C'était étrange mais également excitant. J'ai dû faire une pause dans les mises à jour pendant 2 semaines, mais j'échangeais tout de même des messages XD.
