CHAPITRE REVISE LE : 30/03/2021.
Chapitre 12 – Prêt ? Plongée!
La chambre d'hôpital était silencieuse. Toute l'activité avait été relocalisée dans un bureau un peu plus loin, et des voix s'élevaient déjà, dérageant certains patients.
« Je vais le massacrer! » Hurla Gintoki, les dents serrées.
Il était retenu partiellement par le binoclard, qui ne savait pas trop comment gérer la situation. Car lui aussi était en colère, mais il avait une chose que le permanenté n'avait pas en ce moment : du self-contrôle.
Hijikata était arrivé à peine quelques minutes avant, indiquant qu'un type en sale état avait été déposé devant le QG du Shinsengumi, enroulé de cordes et avec un mot dessus. Un mot d'un inconnu expliquant que ce que le prisonnier avait à dire serait important pour le Yato se trouvant à l'hôpital. Et il n'y avait qu'un seul yato correspondant à cette désignation. Aucune erreur possible.
L'homme avait été plongé dans un baril d'eau puis interrogé, et avait révélé qu'il avait été celui ayant administré le « poison » à la jeune fille. Et à présent, il risquait de se faire massacrer par le patron des Yorozuyas.
« Si le permanenté veut bien se calmer, j'ai d'autres informations à livrer, » dit Hijikata, des feuilles en main. « Ce type a déjà été passé à tabac, donc ça n'a pas été trop dur de lui soutirer des informations, et il nous a révélé quelque chose. Il sait où trouver une dose d'antidote, mais même avec ça, ça ne suffira peut-être pas à tirer la petite de là. Elle a déjà été trop longtemps dans le coma. »
« En gros, il lui faudrait un coup de pouce ? » Demanda Shinpachi, relâchant son étreinte sur son ami.
Hijikata acquiesça silencieusement. Puis il ajouta :
« Apparemment, il y a un autre individu en ville possédant des doses d'antidote avec lui. Le type nous as donné une adresse, mais le temps qu'on intervienne, il sera peut-être trop tard. »
Le médecin en charge de la jeune fille s'approcha alors, et dit :
« Il n'y a pas de bonne façon de procéder dans un cas pareil, mais je dis que nous devrions peut-être tenter notre chance, si nous voulons en avoir ne serait-ce qu'une. »
- « C'est à dire ? » Demanda Gintoki, un peu plus calme.
Calme, c'était un grand mot. Il était peut-être en partie abattu mais aussi en colère à cause des informations qui venaient d'arriver. Mais calme ? Certainement pas.
« Si notre théorie est correcte, le subconscient de la jeune Amanto est toujours fonctionnel, comme si elle était en plein rêve. Si quelqu'un pouvait atteindre ce rêve, peut-être qu'on pourrait éventuellement faire réaliser à la patiente qu'elle est endormie et qu'elle doit avoir la volonté de se réveiller. Je ne dis pas que ça marchera, mais je pense que c'est la meilleure possibilité, en attendant un quelconque antidote. »
Les individus dans la pièce restèrent pensifs un moment, sougo n'ayant toujours pas prononcé un mot ; puis Hijikata reprit de nouveau la parole.
« Bon, c'est décidé ! Je sais pas comment on va faire pour cette histoire d'exploration du rêve, mais on va déjà lancer l'opération contre le suspect ! »
« Je viens ! « Dit Gintoki. « Quant à l'expert en rêves, on en a déjà un ; Shinpachi va aller le chercher ! »
« Encore moi ? » Demanda platement le binoclard.
Question qui fut ignorée de l'assemblée qui commençait déjà à se ruer en dehors de la salle, lorsque Sougo posa enfin une question.
« Attendez, si on doit tous aller à cette opération, et que l'otaku pervers va chercher son expert, qui va... Enfin vous savez... »
Deux mains se posèrent sur chacune de ses épaules.
« Je crois en toi, Sougo, » dit Hijikata, faussement convaincu.
« Kagura m'a dit un jour que si elle devait mourir, ce serait sûrement pas à cause d'un sadique dans ton genre ; donc si elle te voit dans son rêve, elle aura une folle envie de vivre, pas vrai ? » Sourit Gintoki.
Le permanenté lui avait balancé ça avec un regard confident et un pouce levé en l'air en signe d'encouragement, comme dans tout Shonen qui se respecte, avant de prendre la poudre d'escampette avec l'autre futur cancer des poumons ambulant.
Le sadique était resté cloué sur place dans la pièce, et à présent il ne restait plus que lui et le médecin, Shinpachi ayant profité de son état tétanisé pour s'enfuir par la seule porte ouverte.
Le docteur s'avança alors vers lui et s'apprêtait sûrement à lui dire quelque chose de rassurant en posant à son tour sa main sur l'épaule du jeune homme, mais il fut accueilli par le regard glacé du policier.
« Hé, si tu oses foutre ta main là, prépare toi à ce qu'elle ne soit plus attachée au reste de ton corps. »
Le docteur au teint maintenant blafard s'éclipsa à son tour de la pièce, et le calme revint, presque, dans l'hôpital.
Presque.
Une demi-heure plus tard, un vieux type louche habillé chaudement de la tête aux pieds - alors que c'était déjà l'été - avait été escorté par le binoclard de l'agence à tout faire.
Shinpachi l'aidait d'ailleurs à bouger une sorte d'appareil ressemblant à un être humain... sauf que c'était Tama, vraisemblablement, affublée de plusieurs câbles et composants. Nul doute qu'un certain stalker accroc aux Anpans serait dans le coin d'un moment à l'autre.
Et le visage du vieux semblait familier à Sougo ; mais impossible de se souvenir où il avait bien pu le voir.
Il se mit à suivre le trio improbable pour finalement arriver à la chambre de sa rivale de toujours, où le médecin s'affairait déjà à lui injecter divers produits, prétextant que ça la rendrait plus réceptive. Mais ça n'aurait pas étonné Sougo que le vieux fasse juste des injections de Placebo pour prétexter ne pas être aussi paumé en la matière que le sadique lui-même. Parce que lui, honnêtement, il était paumé. Il allait devoir aider celle qu'il avait toujours eu envie de mettre à terre ; et de la plus étrange des façons.
Mais, il n'était pas non plus mécontent qu'elle puisse enfin sortir de cet état végétatif, si cela fonctionnait.
Il avait été et serait toujours mal à l'aise vis à vis des hôpitaux, notamment à cause de sa sœur. Il avait été profondément marqué par toutes ces années de maladies, et les injustices dont elle avait été victime, à commencer par l'abandon d'Hijikata, et pour finir avec la trahison d'un autre homme. Et tout ce qu'il avait pu faire à l'époque, ça avait été de pleurer dans son coin, sans rien pouvoir faire d'autre de vraiment significatif. Il avait également été blessé par la fausse maladie de la Yato, à une certaine époque, même si au fond il y avait eu un peu de vérité dans tout ce gros mensonge. Mais il se mentirait à lui-même s'il disait ne jamais vouloir la revoir. Et il préférerait se tuer plutôt que de révéler ça à qui que ce soit. Histoire de préserver intacte son image d'impitoyable sadique sans cœur.
Il savait qu'il se mentirait aussi s'il disait ne jamais vouloir lui reparler et croiser le fer avec elle ; en quelque sorte s'amuser. Il s'amusait bien avec elle. Et pas seulement en lui balançant des blagues vaseuses ou déplacées pour une jeune fille de cet âge. C'est qu'elle avait un moral d'acier, celle-là, et pouvait facilement envoyer le policier se faire moucher quand elle le voulait, avec autant de force que lui. Ce qui amusait encore plus Sougo, et lui plaisait.
Bah. Il effaça ce dernier mot de sa phrase. Elle ne lui plaisait pas, c'était juste un passe-temps. Mais il était pourtant clair qu'elle lui manquait, et ça l'énervait. Il ne voulait se lier avec personne, et encore moins avec une guenon surpuissante osant lui tenir tête, à lui.
Pendant ce temps, l'androïde aux cheveux verts s'était assise sur une chaise entre deux lits, l'un vide, l'autre occupé par la jeune fille. Ce serait donc Tama qui servirait d'intermédiaire entre les deux. Le vieux type louche continuait de déployer un matériel incompréhensible dans toute la pièce, ses lunettes de protection sur le nez, avec un air concentré.
Il allait les pulvériser, ces deux vieux qui l'avaient désigné d'office sans qu'il puisse répliquer. Il allait leur faire des crasses pas possibles, dont ils se souviendraient toute leur vie, ça il pouvait en être sûr.
Il était resté planté tout du long sur le pas de la porte, refusant de s'approcher plus de tout le manège qui s'opérait devant lui. Mais il ne put réprimer un sentiment d'angoisse soudain lorsque l'équipe médicale se mit à affluer dans la pièce. La jeune Yato commençait à partir, avant même qu'il ait pu faire quoi que ce soit. Son cœur s'était presque arrêté, et l'équipe avait réussi à la stabiliser, mais bientôt, une évidence pris forme dans l'esprit de Sougo. C'était maintenant ou jamais. Si il ne faisait rien, et si les autres abrutis ne se bougeaient pas, elle allait mourir. Et ça, il se refusait à le croire.
Shinpachi, très inquiet et nerveux, aux bords des larmes (on ne pouvait pas lui en vouloir), s'était mis de l'autre côté du lit, près du mur, et serrait la main de la Yato.
De façon presque automatisée, Sougo se dirigea vers le second lit, et après s'être installé, dit :
-branchez-moi dès que possible.
Le vieillard fit alors un signe de la main, pour indiquer qu'il lui fallait encore quelques minutes. Puis le jeune homme fut lui aussi recouvert de capteurs étranges sur le crâne.
-Procédure enclenchée, dit Tama de sa voix monotone.
Effectivement, les modules raccordés à l'androïde commencèrent à vrombir et à dégager de la chaleur, avant d'émettre un bruit strident qui ne semblait affecter que Sougo.
-Plongée dans 5, 4, 3... énonça Tama.
-Ramenez-la nous, Demanda Shinpachi.
-2, 1...
Puis ce fut l'obscurité la plus totale.
A Suivre...
Note d'auteur: chapitre initialement publié à NOEL.
