{Inspiration : Rizzoli & Isles, Episode 1 Saison 3}.
Celle qui n'était pas une prostituée.
Le ventre gargouillant, Regina décida qu'il était temps pour elle de faire une pause déjeuné. Après tout, on est bon à rien quand on ne pense qu'a manger. Elle retira ses lunettes, ses gants qu'elle jeta à la poubelle et elle retira sa combinaison qui la protége lorsqu'elle travaillait.
Regina était médecin légiste depuis six ans et médecin légiste en chef depuis quatre ans. C'était la première médecin légiste en chef aussi jeune. Elle n'avait que trente - deux ans et, statistiquement, elle était en avance de huit ans, tout au plus. Elle avait d'ailleurs était en avance sur tout et toute sa vie. Elle avait sauté deux classes, s'ennuyant mortellement en classe, tellement qu'elle expliquait elle - même les cours à ses camarades. Mais elle s'était toujours sentie en marge à côté d'eux. Souvent, elle avait eu du mal à comprendre le raisonnement de ses camarades, ce qui l'avait conduite à être la première cible de choix des moqueries de ses camarades au collège. Ces années avaient été terriblement dures pour la petite fille qu'elle était, d'autant que chez elle, on ne s'épanchait pas sur ses sentiments. Sa mère lui répété souvent : "Ne te laisse pas abattre. Ne laisse pas tes sentiments t'affecter, c'est une faiblesse que les autres se feront un plaisir d'utiliser. Si tu n'en peux plus et que tu as envie de crier et de pleurer, alors fais en sorte que personne ne te voit". Et c'est ce qu'elle avait fait. Elle avait appris à cadenasser ses sentiments au plus profond de son cœur et avait appris à relâcher la pression de sa solitude dans son placard. A l'époque, c'était dans son armoire à peine pas plus large qu'elle. Lorsqu'elle sentait ses émotions la dépasser, elle entrait dans son armoire et se glissait derrière ses habits et là, enfin, elle laissait place à ses émotions étouffées. Elle avait continué cette sorte de rituel. La seule différence était qu'aujourd'hui, elle s'enfermait dans son dressing bien plus large que toutes les armoires qu'elle avait pu avoir dans sa vie. Huit mètres carré.
Elle se recoiffa un peu et prit son sac avant d'entrée dans l'ascenseur. Elle s'observa dans la glace. S'il y a bien une chose qu'elle ne pourrait jamais reprocher à sa mère, c'est de lui avoir inculqué un parfait sens de la mode. Elle adorait ça. D'où la grandeur de son dressing ... qu'il faudrait peut - être pensé à agrandir ? ... C'était son exutoire. Loin de la science et des crimes. A ne pas s'y tromper, elle adorait son métier et pardessus tout, les sciences. Depuis toute petite, Regina en était passionnée. Elle tenait ça de son père qui était professeur reconnu de mathématique et d'astronomie à l'université. Alors qu'elle avait cinq ans, il avait été obligé de l'emmener avec lui pour une conférence sur le cerveau puisque la nourrice avait décommandé à la dernière minute. A sa surprise, Regina avait été calme et avait écouté chaque mot prononcé, essayant de comprendre et de retenir. Bien sûr, elle n'avait pas tout compris, mais à la sortie elle avait posé mille questions à son père qui s'était fait un plaisir de lui répondre. Et les fois d'après, il l'avait emmené voir d'autre conférence. Ils étaient proches comparer avec sa mère. Même si avec lui également, on ne parlait pas de ses sentiments, de ce qui n'allait pas ou de ce qui faisait peur. Alors elle en avait profité pour parler de ses passions. Débattre pendant des heures avec son père - autour d'un thé - était ce qu'elle préférait le plus au monde. C'était sa principale source de bonheur. Jusqu'à cet accident ...
Elle souffla un grand coup en repensant à ce douloureux souvenir comme pour éloigner ce songe qu'elle ne voulait pas. Elle sortit de l'ascenseur et se dirigea vers la cafétéria du poste de police. Oui, ça n'a pas été précisé. Regina pratiquait la médecine légale. Elle était légiste au service du poste de police de Boston et ses bureaux - c'est - à - dire laboratoires, archives et morgue en plus de son bureau - étaient au sous - sol du bâtiment. Elle se mit derrière la file d'attente et attendit patiemment son tour, lisant un nouvel article médical sur son téléphone. Soudain, son esprit fut happé par la voix forte d'une femme dirigé vers Stanley, l'homme qui tenait la cafétéria. Regina n'aimait pas cet homme et faisait toujours en sorte de passer le moins de temps avec lui : mal aimable, bourru, sans respect pour les femmes ...
-S'il vous plaît Stanley, je vous les rendrais. Dit la femme.
Elle était blonde, les cheveux rabattus dans une queue - de - cheval tombant sur le côté. Elle aurait pu plaire à Regina si elle n'avait pas été vêtue d'une jupe en cuir terriblement courte, de bas résille noir et de veste en cuir tellement usée qu'elle avait des trous et le cuir n'était même plus présent à certains endroits, notamment aux épaules. Cette accoutrement traduisait son métier.
-Y a rien qui me le prouve. Je ne sais rien de vous, Tiffany. Déclara le vieil homme maigre, indiquant ainsi à Regina l'identité de cette personne.
-C'est une blague ? Vous pouvez me faire crédit de deux dollars pour un beignet rassis et un mauvais café quand même ? Je vous rembourserez après mon service.
-Ah ! Vous croyez gagner autant ? Méprisa l'homme.
-D'accord ! Abdiqua la blonde, vexée. Outrée par la méprise de l'homme et ayant toujours un cœur plus que généreux - ce qui lui a valu bien des tracas -, Regina sortit son portefeuille et en sortit un billet de cinq dollars. J'espère que Big'Mo enlèvera votre voiture, j'espère que votre café infecte vous collera un ulcère et que votre psoriasis vous tueras. Déclara la blonde véhémente alors que Stanley baissait ses manches. Vous permettez ? Vous l'aurai votre café au lait sans matière grasse. Se moqua Tiffany alors que Regina avait doublé les personnes devant elle pour tendre le billet à la prostituée.
-Non, c'est pour vous. Et étant donné votre carence en vitamine D due à votre ... à votre travail nocturne, je vous conseille de prendre un yaourt nature et une salade verte. Conseilla Regina avec un immense sourire sincère.
-J'assume les poux que j'ai sur la tête, merci. Mais Stanley, qui est là, est atteint de psoriasis. Déclara la femme pensant se venger de l'homme. Ce qui fonctionna un instant ...
-Le psoriasis n'est pas contagieux, c'est une maladie génétique. Ne pu s'empêcher de corriger Regina, comme à chaque fois que quelqu'un faisait une erreur.
-Et l'impolitesse, c'est aussi génétique ?
-J'essayais juste d'être sympathique. Se justifia Regina qui commençait à regretter d'avoir voulu porter secours à la blonde.
-Toutes les prostituées n'ont pas un coeur en or, chérie. Se moqua la blonde.
-Je viens de m'en rendre compte. Désolé, chérie. Répondit Regina pas prête à se laisser marcher sur les pieds.
La blonde leva un sourcil et Regina tendit un peu plus son billet. La blonde sentant son ventre gargouillait, grogna et arracha le billet des mains de la brune pour payer et partit rapidement, vexée. Regina regarda la blonde partir et ne put s'empêcher de se dire que pour quelqu'un qui devait marcher à longueur de journée avec ses talons aiguilles, elle marchait très mal avec. Peut - être avait - elle mal au pied après tout. Quoiqu'il en soit, quelques secondes plus tard, et Regina avait oublié cette mauvaise rencontre. Elle prit sa salade et retourna dans ses bureaux et se remit à travailler.
Une semaine passa dans une routine égale à celle des autres jours : levée, déjeuné tout en lisant un livre, direction boulot, travail, pause déjeuné tout en lisant un article médical, travail et elle rentrait chez elle. Elle aimait cette routine comme elle ne l'aimait pas. Elle l'aimait parce qu'elle avait horreur des choses qui changeait, elle se sentait plus en sécurité avec un schéma récurrent. Mais ce schéma signifiait sa solitude et le désert total de sa vie sentimentale. Elle avait toujours était différente des autres enfants, mais elle avait une chose en commun avec les petites filles de son âge : l'amour. Elle rêvait de trouver l'amour et de se marier, c'était une chose à laquelle elle rêvait depuis son plus jeune âge. Mais le constat était dur : aucune relation sérieuse depuis bien dix ans et elle s'était tellement plongée dans sa routine que son seul moyen serait de rencontrer quelqu'un au travail. Impossible donc. Peut - être allait - elle s'acheter un chat, ou deux, et finir sa vie avec comme toute bonne vieille homosexuelle célibataire qui se respecte ...
Aujourd'hui encore, sa routine n'échappait pas. Elle venait de recevoir un corps tôt le matin et elle était en train de faire son autopsie lorsque la porte s'ouvrit. Une grande brune entra qu'elle reconnue comme étant le lieutenant Ruby Lucas. Cela faisait cinq ans que Regina travaillait avec Ruby. La jeune femme avait une petite fille du nom d'Elisa et était marié depuis quatre ans avec un homme dénommé Graham qui travaillé au stup'. Regina ne l'avait jamais vu, mais elle en avait beaucoup entendu parlé par Ruby qui était de nature extravagante et très sociale. La plupart du temps, Regina écoutait Ruby parler parler et parler sans rien dire. Elle l'aimait bien, mais à petite dose quand même. La jeune femme était beaucoup trop joviale pour elle, mais elle compensait avec son intelligente et sa vivacité d'esprit. Des qualités que la légiste appréciait grandement, c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle elle avait fait en sorte de continuer de travailler avec elle. La seconde, qui était commune aux deux, était que Ruby était une femme et que par conséquent, il n'y avait pas de combat de supériorité masculine. Ruby, quant à elle, appréciait travailler avec Regina car celle - ci ne la prenait pas de haut, elle ne lui faisait pas paraître inférieure par rapport au légiste et se faisait toujours un plaisir d'expliquer ses théories et ce que Ruby ne saisissait pas.
Enfin bref, Ruby entra et c'est à ce moment là que Regina vit qu'elle était suivie d'une blonde. Elle se figea un instant, persuadé d'avoir déjà vu la femme. C'est lorsqu'elle la vit écarquiller des yeux que Regina écarquilla à son tour des yeux, surprise.
-Salut, Regina. Comment ça va ? Demanda Ruby.
-Bien et toi ? Demanda Regina, préférant attendre que la brune ne présente cette inconnue d'elle - même.
-Super. Avant que tu nous racontes tout ce qu'il faut savoir sur ce corps, je voulais te présenter le lieutenant Emma Swan. Elle est nouvelle à la crime et vient d'être nommé. Informa Ruby.
-Emma Swan. Répéta la brune. Excusez - moi, mais je pensais que vous vous appeliez Tiffany. Exposa Regina en fronçant des sourcils, ne comprenant plus.
-Faut pas se fier à ce qu'on voit. Rétorqua la blonde.
-Vous vous connaissez ? Demanda Ruby, surprise.
-On s'est rencontré y a une semaine à la cafétéria. Je me disputais avec Stanley et elle a eu pitié de ma condition de prostituée. Rétorqua la blonde, légèrement hargneuse.
-Je n'ai pas eu pitié. Et vous vous êtes vexée pour un rien. Décréta Regina agacée par le comportement du lieutenant.
-Okay, bref ... Coupa Ruby. Elle connaissait suffisamment Emma pour savoir que la blonde ne s'arrêterait pas jusqu'à avoir le dernier mot et elle n'avait pas envie que sa collaboration avec le médecin ne s'arrête là pour quelque chose d'aussi futile. Elle en parlerait le plus vite possible avec Emma. Si on en venait au corps que vous avez retrouvée ?
-Oui. Acquiesça la brune en se reconcentrant sur son travail. Femme asiatique de quarante ans morte par strangulation ...
La brune exposa les faits, ne fixant que Ruby et ne s'occupant pas de la blonde qui semblait agacée par chaque mot qu'elle sortait ce qui avait fini par la mettre mal à l'aise. Si elle n'était pas du genre à se laisser faire et bénéficiait d'un sacré répondant, elle détestait les conflits et faisait souvent tout pour les éviter, quitte à fuir. Elle fut plus que rassurée lorsqu'elle observa les deux femmes partirent. Si elle avait bien compris, Emma remplaçait Marco - l'ancien coéquipier de Ruby - partit à la retraite. Ce qui signifiait qu'elles allaient être amenées à se revoir régulièrement. Soufflant à cette idée, elle décida d'envoyer des échantillons d'une substance grisâtre qu'elle avait trouvé à son laboratoire.
De son côté, Ruby décida d'aplanir les choses immédiatement et donc dans l'ascenseur.
-Qu'est - ce - qu'il t'a pris là avec Regina ?
-Rien, je l'aime pas c'est tout.
-Elle t'a rien fait, Emma. Tu ne la connais pas du tout.
-Et j'en ai pas envie. J'aime pas les gens comme ça.
-Comment ça comme ça ?
-Les gens qui se croient meilleurs que les autres parce qu'ils ont de l'argent. Elle s'est senti plus classe que moi et me la fait ressentir. Je ne faisais pas la manche et en plus, elle s'est permis de me donner des conseils diététiques parce que j'étais une prostituée. Se moqua Emma en levant les yeux au ciel.
-Bon, déjà, aux dernières nouvelles tu n'es pas une prostituée, Emma. Et puis, elle n'est pas comme ça, au contraire. Tu te trompes.
-Mon premier avis est toujours le bon.
-Peut - être, mais pas celui - ci. Là, tu te trompes en beauté ma vieille et on va souvent travailler avec elle alors t'a plutôt intérêt à pas rester butée comme ça et être un peu plus sympa.
-Je serais professionnel. Déclara la blonde sous - entendant en réalité qu'elle n'était pas disposée à faire un quelconque effort.
-Ouais, bah là, ça ne s'est pas vu. Finit Ruby en sortant de l'ascenseur, agacée par le comportement de sa meilleure amie.
Elle avait rencontré Emma sur les bancs de la fac et elles avaient eu leurs diplômes en même temps. Ruby s'était dirigé vers la criminologie et Emma vers les stup' et elles avaient vécu un moment en tant que colocataire jusqu'à ce que Ruby n'emménage avec son petit - ami - mari aujourd'hui - et coéquipier d'Emma. La blonde en avait eu marre de travailler là - bas, le climat était dur. Son déguisement de prostituée était une couverture pour choper un petit dealer. Elle avait l'habitude des plus grosses opérations, mais celle avant celle - ci l'avait énormément ébranlée, lui mettant même sur les épaules un syndrome post - traumatique. Résultat, elle avait eu le déclic et avait décidé de faire une demande pour passer à la criminelle. Au vu de ses états de service impeccable, elle avait tout de suite était accepté et le jour de sa rencontre avec Regina était son tout dernier travail sous couverture.
Finalement, Ruby avait eu le déplaisir de voir qu'Emma n'était pas du tout encline à essayer d'apprécier la légiste. Elle était en permanence froide, cassante, si bien que Regina avait fini par être elle aussi agacée et était devenu froide à son tour, faisait ressortir son humeur à tous. D'habitude douce et à l'écoute, elle était de plus en plus cassante avec ses collègues qui n'avaient plutôt pas intérêt à faire une erreur. C'est pourquoi Belle avait décidé d'en parler avec sa patronne avant qu'elle ne devienne réellement insupportable.
-Regina ? Je peux te parler, s'il te plaît ?
Belle était la seule personne dans tout le département à avoir réussi à vraiment briser la carapace de la brune pour finalement en devenir une amie, même si souvent, Regina réinstallait brusquement une distance professionnelle. Elle était laborantine et très intelligente, terriblement cultivée ce qui faisait que Regina se sentait moins seule lorsqu'elle émettait un sujet qui n'intéressait personne. Belle était toujours en quête de nouvelles choses.
-Oui, bien - sûr. Il y a un problème ?
-Non ... enfin si ... Bafouilla Belle ne sachant pas trop comment s'y prendre, elle ne voulait pas braquer la brune. Voilà, j'ai pu remarquer que tu étais assez tendue ces derniers temps et je voulais savoir si tu allais bien.
-Oui, je vais bien. Ne t'en fais pas. Si ce n'est que ça, tu peux y aller. Renvoya la brune.
-C'est à cause d'Emma ? Vous n'avez pas l'air de bien vous entendre.
-Non.
-Si tu me mens, tu vas être malade. Manipula son amie.
Regina souffla. C'était une chose qu'elle détestait chez elle : son incapacité à mentir. Dès qu'elle mentait, la pression devenait trop forte et elle tombait dans les pommes, irrémédiablement. Elle faisait ça depuis toute petite, sans pouvoir se retenir. Et si le mensonge durait trop longtemps, elle se retrouvait avec un ulcère qui la pliait en deux. Elle en avait fait les douloureux frais lorsque, alors qu'elle était au lycée, elle avait assuré à deux filles qu'elle n'était pas en couple. Elle avait réussi à tenir jusqu'à ce que les deux pestes partent, mais ensuite, elle avait sentit ses jambes vaciller et elle était tombé à terre. Souvent, elle restait consciente, simplement son corps ne la supportait plus. Et ce mensonge avait duré pendant de longues semaines - sa petite - amie de l'époque n'étant pas prête à faire son coming - out - et elle avait commencé à avoir mal au ventre et elle avait découvert qu'elle avait un ulcère. Belle était l'une des seules personnes à connaître ce problème et, elle en profitait quelques fois, comme là maintenant.
-Je ne sais pas quoi faire. Elle est vraiment insupportable. Je veux bien qu'on soit en désaccords et qu'on ne s'apprécie pas, mais elle est tellement grossière et froide.
-Tu as essayé de parler avec elle ? Elle est juste persuadé que tu es une bourge qui se prend pour Dieu, tu sais. Apprit Belle qui avait déjà eu l'occasion de parler avec Emma lors d'une soirée.
-Non. Et de toute manière elle peut penser ce qu'elle veut, je m'en fiche. Mais, ce qui m'agace c'est juste son comportement, franchement on aurait pu passer au - dessus depuis bien longtemps. Je ne vois pas pourquoi ça perdure, y a pas matière à se détestait.
-Elle a des préjugés sur toi. Le seul moyen de faire en sorte que ça se passe un peu mieux, c'est de parler avec elle, Regina.
-Pourquoi moi ? Et puis de toute façon, elle m'enverra bouler avec une réplique cinglante et puis c'est tout.
-Oui, mais au moins tu aura essayé. Imagine que ça fonctionne et que finalement vous travaillait bien ensemble, ça serait pas génial ?
-Si.
-Super, alors tu viens avec moi. Elle est au Rabbit Hole avec Ruby qui nous attend.
-Pourquoi j'ai l'impression que tout ça était prévu d'avance ? Gémit la brune en récupérant son sac, se laissant traîner par Belle.
-Parce que c'est le cas. Renchérit la petite brune dans un rire."
Les deux femmes arrivèrent rapidement dans le bar, celui - ci étant juste à quelques mètres du poste de police. Regina n'était venue ici qu'une ou deux fois avec Belle, sortant rarement. Le bar était bondé, de flics principalement qui décompressé de leur dure journée. Belle prit la main de Regina et la tira à travers tous les buveurs pour la conduire vers une petite banquette tout au fond de la salle où Ruby et Emma étaient en train de boire.
-Salut. Dit Belle en s'asseyant à côté de Ruby et en jetant presque Regina aux côtés d'Emma qui se renfonça dans son siège lorsque la brune s'installa, gênée.
De toute la soirée, Belle et Ruby ne cessèrent de converser tandis qu'Emma et Regina n'avaient pas sortit un mot. Ou alors, plutôt, au départ, elles avaient commencé à parler, mais dès que l'une ouvrait la bouche l'autre était agacé et n'était pas discrète. A un moment donné, Ruby et Belle se levèrent pour aller chercher des commandes et Belle lança un regard lourd de sens à Regina pour lui signifiait que c'était le moment. Regina souffla doucement et se tourna vers la blonde qui touillait sa boisson presque vide avec sa paille.
-Vous ne voudriez pas que nous essayions de nous entendre et d'oublier cette première rencontre ? Débuta Regina sans trop savoir quoi dire.
-Pourquoi faire ? Demanda sérieusement la blonde, un sourcil haussé.
-Je n'aime pas travailler dans ces conditions et toute cette ambiance se répercute sur tout le monde.
-Quoi ? Cette ambiance est mauvaise pour vos chakras ? Se moqua la blonde.
-Pour qui vous me prenez ?! S'agaça Regina avant de respirer un grand coup. Tout arranger, rien empirer. Ecoutez, vous avez des préjugés sur moi d'accord, même si vous vous trompez. Mais ça ne change rien que vous me jugeait et ne m'aimait pas juste parce que j'ai voulu vous aider parce que Stanley était méprisant avec vous et c'est une chose que je ne supporte pas. Il l'est d'ordinaire avec toutes les femmes, mais là il l'était doublement parce qu'il pensait que vous étiez une prostituée, moi aussi, je vous le concède. Et j'ai vraiment horreur des gens qui jugent les autres sans rien savoir et c'est pour ça que j'ai voulu vous aider. Finalement, je me rends compte que vous êtes comme lui, à juger les gens au premier regard et vous avez quoi ? Vous avez raison, tout ça n'en vaut pas la peine. Continuons de nous faire la guerre si ça peut vous plaire.
Et voilà, se dit Regina, quand j'étais en train de te dire de faire des efforts pour ne pas t'énerver et lui rentrer dedans, c'est exactement ce que je ne voulais pas que tu fasses : un parfait monologue de reproche. Pensant avoir tout gâché, Regina se leva pour partir, mais avant qu'elle ne puisse quitter la banquette, une main douce et chaude qui lui transmis un frisson la retint.
-Okay, vous avez raison. Ça se trouve, je vous ai jugé un peu vite. Tout le monde n'arrête pas de me le dire, alors on peut essayer de s'entendre.
-Si vous voulez être fixé, on peut apprendre à se connaître. Suggéra Regina.
-Dis comme ça, on croirait un rancard. Mais, je suis d'accord. S'empressa de rajouter Emma en voyant le visage crispé de la brune qui s'éclaira à cet accord.
-Ça marche.
Elles scellèrent leur accord par un sourire. Cet accord avait permis au moins une chose, elle n'avait plus envie de s'étriper dès qu'elles se voyaient. Et cette nouvelle relation avait permis aux deux femmes de se voir autrement et Regina était sûre d'une chose, Emma Swan lui plaisait énormément. Elle ne l'avait pas remarqué avant, trop occupé à la détester, mais maintenant, elle ne pouvait s'empêcher de l'observer. Grande blonde aux cheveux ondulés, les yeux verts, musclés, le visage fin et raffiné et un air sexy en permanence. Oui, Emma Swan plaisait réellement et énormément à Regina Mills. Même son caractère lui plaisait finalement. En réalité, Emma n'était ni froide ni cassante, mais plutôt drôle, maladroite et très intelligente. Elle avait découvert que la blonde connaissait beaucoup de choses et plus le temps passé et plus elle se sentait tomber pour Emma.
Et Emma était dans le même cas. Regina n'était pas son style, mais pourtant elle se sentait attirer par la brune. Elle adorait voir avec qu'elle classe Regina se déplaçait, comme si le monde lui appartenait et pourtant, elle y percevait une certaine retenue à la limite de la timidité. Elle avait remarqué également que la brune était modeste, très modeste même, tout l'inverse de sa première impression. Et d'une intelligence folle, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être étonné par tout ce que connaissait Regina, même si elle la trouvait bizarre quelques fois. Ceci dit, et c'est là qu'Emma c'était dit qu'elle devait être sacrément atteinte, parce qu'elle trouvait cette bizarrerie - qui traduisait parfois une incompétence sociale qui lui faisait penser à elle - adorable.
Pendant des mois, les deux femmes se tournèrent de plus en plus autour, ce qui ne passa pas vraiment inaperçu aux yeux de Ruby et de Belle. Emma faisait toujours en sorte d'aller voir Regina pour avoir son rapport ou pour poser une question qui n'avait parfois rien avoir avec l'affaire. Quant à Regina, elle prenait un temps fou à remettre ses rapports, passant par les détails les plus utiles aux plus inutiles, juste pour rester un petit peu plus longtemps avec la blonde. Et puis, elles avaient commencé à se voir en dehors du travail. Emma avait perdue un pari face à Regina et l'avait invité à déjeuné. Par la suite, tous les prétextes étaient bons pour passer une soirée ensemble, entre amies. Elles apprenaient à se connaître doucement.
Regina avait découvert qu'Emma n'avait vraiment pas eu une vie facile et que, tout comme elle, la profession qu'elle exerçait aujourd'hui, n'était pas prédite. Emma avait perdu ses parents à quinze ans lors d'une fusillade entre deux cartels de drogues. La blonde avait été recueillie par sa tante et s'était juré d'entrer dans la police pour arrêter le meurtrier de ses parents. Elle avait attendu dix ans, mais elle avait réussi. Elle avait démonté son réseau et l'avait envoyé en prison pour beaucoup d'années. Elle avait décidé de venir à la crime après avoir était découverte lors de son avant dernière couverture. Les hommes l'avaient torturée pendant des jours voulant lui faire avouer tout ce qu'elle savait, mais têtue et loyale comme elle était, elle n'avait rien dit. Elle avait fini par être sauvé, mais son esprit était aujourd'hui traumatisé et elle avait encore beaucoup de séquelles comme par exemple, ne pas supporter le noir ou bien recevoir de l'eau sur le visage.
Emma aussi avait découvert que la brune avait son lot de casserole. Avant d'être légiste, Regina était une brillante chirurgienne dont l'avenir était prometteur. Mais un accident de voiture lui avait coupé l'herbe sous le pied. Dans cet accident, elle avait perdu la seule personne dans ce monde qui s'intéressait réellement à elle : son père. Et elle avait été forcée d'abandonner sa profession car sa main ne lui obéissait plus. Sans comprendre pourquoi, sa main se mettait à trembler dès qu'elle sentait la pression montait en elle et dans un métier où le moindre tremblement pouvait être fatale, elle avait dû abandonner son rêve de petite. Et elle s'était tourné vers la médecine légale. Impossible de tuer quelqu'un de déjà mort.
Les deux femmes se tourner au tour, de plus en plus, et cela ne passait inaperçu pour personne. C'est d'ailleurs un jeu qui avait fini par agacer leurs deux amies. Trois mois qu'elles se tournaient autour rêvant de l'autre. Belle avait assuré à Regina qu'Emma était gay et Ruby avait assuré à Emma que Regina était gay, mais les deux étaient persuadés ne pas être le type ou assez bien pour l'autre et elles n'osaient donc pas inviter l'autre à dîner. Jusqu'à ce soir.
Emma et Ruby travaillaient sur la disparition d'un homme et cette enquête avait abouti à une prise d'otages. Un employé en colère d'avoir tout perdu après avoir été licencié avait décidé d'enlever son ex employeur pour lui faire payer sa souffrance. Dans un délire, il avait conduit son ancien patron chez celui - ci afin de lui enlever sa fille et sa femme puisque suite à son licenciement, il avait été forcé de divorcer et avait perdu la garde de ses enfants quelques jours plus tôt, le faisant complètement dérailler. Emma et Ruby étaient en charge de l'affaire et avaient été appelées en urgence sur le site et Regina avait suivi, au cas où un mort devait être déploré. Ruby attirait l'attention de l'homme tandis qu'Emma entrait par derrière pour le désarmer. Seulement l'homme s'était retourné au même moment et Emma et lui s'étaient battus passant par la fenêtre du salon. Un coup de feu avait retenti et un silence d'une demi seconde s'installa. Regina sentit la peur lui briser les entrailles en imaginant qu'Emma pouvait être blessée, elle mourait d'envie de courir vers la jeune femme pour s'assurer de sa sécurité, mais elle savait pertinemment que faire ça était tout bonnement inconscient. Alors elle attendit ce qui lui parut des minutes interminables et les larmes lui montèrent aux yeux lorsqu'elle vit Ruby arriver, le coupable menotté. Son souffle reprit lorsqu'elle aperçut Emma arriver, boitant légèrement. La blonde renvoya les ambulanciers sur les roses, refusant catégoriquement d'être soigné. Elle alla s'asseoir dans sa voiture et s'allongea sur la banque arrière, reprenant ses esprits.
-Emma, ça va ? Demanda Regina en posant sa main sur le genou de la jeune femme, la faisant sursauter et se mettre en position de défense, prête à se battre. Regina sursauta à son tour et mit ses mains en l'air. Pardon, je ne voulais pas te faire peur. S'excusa la brune.
-C'est bon, c'est rien.
-Tu es blessée ? Je vais chercher de l'aide. Déclara la brune en voyant la blessure d'Emma sur son front.
-Non. Arrêta Emma en tira la brune par son poignet, la rapprochant considérablement d'elle. J'aime pas ça, je ne veux pas être soignée par eux. Décréta Emma dont de mauvais souvenirs remontaient.
-Alors laisse - moi te soigner, s'il te plaît.
La blonde réfléchit un instant, mais elle se sentait en sécurité avec Regina alors elle accepta. La brune se dépêcha d'aller récupérer de quoi soigner la blonde et la soigna en essayant de faire le plus attention possible. Alors qu'elle finissait tout juste le pansement du lieutenant, Emma lui prit la main gauche de Regina qui reposait sur son épaule.
-Tu trembles. Observa Emma en fronçant les sourcils.
-Ouais, j'ai eu peur pour toi. Expliqua la brune en rangeant sa main, mal à l'aise.
-C'est fini, y a plus de raison d'avoir peur. Rassura Emma en récupéra la main et en y instaurant une légère pression. Elle avait compris que faire ça apaiser la brune et lui faisait moins mal.
Leurs yeux se rencontrèrent et le temps sembla s'arrêter. Plus aucun bruit ne leur parvenait, plus rien n'existait. Ironique quand on pense que tout autour d'elles une agitation sans nom de sirène, d'hommes qui crient, de pleurs s'élevaient partout dans les airs. Mais rien dans leur tête si ce n'est les yeux de l'autre dans lesquels elles avaient envie de plonger. Dans une même pensée, elles plongèrent dans les yeux de l'autre et leurs lèvres se rencontrèrent. Cette rencontre provoqua un léger arrêt de tout mouvement, comme pour être sûre que l'une n'allait pas trop loin et une bouche s'entrouvrit à nouveau pour laisser le passage de l'autre. Un baiser doux, qui traduisait la peur de l'une et la pression de l'autre, un baiser qui traduisait l'abandon de soi pour s'ouvrir à l'autre, fleuri. A bout de souffle, elles se séparèrent, gardant soigneusement leur nez collé.
-C'était quoi ça ? Demanda Emma en gardant soigneusement la brune près d'elle.
-Je ne sais pas. Je n'ai pas réfléchi.
-Moi non plus.
Les deux femmes restèrent encore un moment dans les bras de l'autre réfléchissant à ce qu'elles étaient en train de faire et Regina se lança finalement.
-Tu voudrais sortir avec moi ? Demanda - t - elle en se pinçant la lèvre et évitant le regard de la blonde.
-Comment refuser alors que tu me le demandes en te mordant la lèvre ? C'est beaucoup trop adorable.
-C'est un oui ? Voulut s'assurer la brune en remontant son regard, le cœur battant un rythme fou.
-Oui. Si ça ne te dérange pas de sortir avec une prostituée, bien sûr. Plaisanta la blonde sur leur rencontre.
-Tant que je suis la seule non.
-Tu es là seule. Depuis un moment déjà. Apprit Emma surprenant la brune.
-Toi aussi.
Les deux femmes s'embrassèrent à nouveau, aux anges d'avoir enfin passé cette étape. Elles se séparèrent, leurs obligations les appelants et repartirent le cœur léger. Le soir même, Emma passait chez Regina et elles passaient une soirée tranquille. La nouvelle de leur couple se fit rapidement savoir, ne voulant toutes les deux pas se cacher et elles firent le plus beau couple de tout le poste. Couple qui fut accepté pratiquement par tous hormis quelques - uns jaloux d'avoir perdu leur chance avec ces deux magnifiques femmes ou de quelques réfractaires. Les disputes naissaient encore quelques fois, mais tout se finissait avec de douces embrassades. Des embrassades qui pouvaient durer une éternité et qui dureront, d'ailleurs, pour l'éternité.
Merci de m'avoir lu ! N'hésitez pas à me dire si cela vous plaît toujours.
A la semaine prochaine avec le prochain os : Celle qui angoissait
LilyTom.
