Chapitre 3 : Des Sorciers ? Ca existe vraiment ?
Rose se réveilla dans une chambre inconnue aux couleurs verte et argent. Elle avait un peu mal à la tête mais cela allait. Elle ne ressentait aucune nausée, c'était déjà bon signe. Il n'y avait aucun Strigoi aux alentours. Elle se leva prudemment et inspecta les lieux. Même si elle est loin du danger Strigoi, il pouvait en avoir d'autres.
Elle ne trouva son pieu nulle part, ce qui la fit se tendre à l'extrême et s'armer d'un tisonnier. Allez savoir pourquoi il y en avait un dans la chambre mais elle était contente de l'avoir. C'était mieux que rien. Elle sortit de la chambre et continua son inspection silencieuse alors qu'elle se déplaçait à pas de loup.
Dans chaque pièce, elle se retrouva face à des objets étranges. Comme si une sorte de sorcier ou de sataniste vivait dans cet endroit, des herbes et des ingrédients étranges, un chaudron qui mijotait doucement avec St Vlad seul savait quoi dedans. Cela avait une couleur grisâtre hideuse ! Quant à l'odeur... ignoble !
Elle descendit à l'étage inférieur et s'arrêta sur le palier, les yeux fixés sur toute une série de têtes empaillées.
« Mais qu'est-ce que c'est que ces choses ? » murmura-t-elle.
Sauf qu'elle avait murmuré bien trop près du rideau sombre. Ce dernier s'ouvrit brutalement et une voix de vieille femme irritée se mit à hurler !
« INTRUS DANS MA MAISON ! COMMENT OSEZ-VOUS FOULER LE SOL DE MA DEMEURE, IMMONDE CREATURE ! COMMENT ... ? »
« POUR L'AMOUR DE MERLIN, ALLEZ-VOUS UN JOUR APPRENDRE A LA FERMER ? » hurla un homme un étage plus bas encore.
Rose qui avait hurlé, tenant son tisonnier dans ses mains, totalement figée à la vue d'un tableau qui parle.
« COMMENT OSEZ-VOUS ME PARLER SUR CE TON ? A MOI, LADY BL... ! »
« Silencio ! »
L'homme était monté sur le palier et pointait bout de bois vers le tableau vivant. La femme qui y était représenté ne cessait de crier mais plus aucun son ne sortait de sa bouche.
« Expelliarmus. »
Le tisonnier quitta les mains de la jeune Dhampir. Cette dernière se mit immédiatement en garde, partiellement revenue de son choc et prête à se battre.
« Du calme, contrairement à ce que cette vieille mégère a pu dire, vous êtes la bienvenue ici, » fit l'homme aux cheveux noirs d'une voix calme. « Je ne vous veux aucun mal. Je vous ai sauvé de ces monstres. »
Rose baissa les bras, moins menaçante, mais elle resta sur ses gardes.
« Venez, nous serons mieux devant une tasse de thé. Et je suppose que vous devez avoir faim après deux jours de sommeil. »
« Deux jours ?! »
« Oui. Apparemment vous avez reçu un coup à la tête. Bien plus fort que ce que j'ai d'abord cru. On ne peut pas dire que je sois médicomage alors, je n'ai pas pu faire grand-chose pour vous aider si ce n'est réparer vos os et votre hémorragie. Pour votre tête, je n'ai rien pu faire. »
« Ca va, je crois. J'ai la tête dure, » fit la jeune fille en suivant l'homme dans les escaliers.
« Lors de votre séjour ici, essayez d'être la plus discrète possible en passant devant le portrait de Mme Black. Elle est du genre vieille mégère. »
« C'est ce que j'ai cru comprendre. Quelle genre de technologie est-ce ? »
« Technologie ? » fit l'inconnu. « Ce n'est pas de la technologie. C'est de la magie. »
Rose fronça les sourcils. L'homme soupira et agita son bout de bois dans les airs. Elle vit un service à thé flotter à travers la pièce pour se poser sur la table où ils venaient de s'installer. Elle vit de la vaisselle qui était en train de se faire toute seule dans l'évier et un feu brûler sans combustible dans la cheminée.
« Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle.
« Voilà une question qu'on ne me pose pas souvent, » sourit le jeune homme. « Potter. Harry Potter. »
« Rose Hathaway. »
« Enchanté de faire votre connaissance, Rose Hathaway, » dit Harry en mettant deux sucres dans son thé. « A voir votre visage, c'est la première fois que vous avez affaire à la magie. Étrange pour une personne qui se bat contre des vampires et qui est elle-même une créature magique. »
« Je ne suis pas une créature ! »
« Non, pas totalement, en effet, » admit le sorcier. « Vous n'avez que quelques gênes du vampire. Ce qui fait de vous une hybride. Et vous êtes en danger en Angleterre. Le Ministère de la magie tue les êtres comme vous. »
La jeune fille comprit que l'homme devait être une sorte d'alchimiste ou de ... sorcier, peut-être ? Il se passait des choses étranges dans cette maison, tellement étranges que cette possibilité flottait à l'avant de son esprit.
« Pourquoi ? Enfin, je comprends pour les Strigoi mais moi ... »
« Strigoi ? »
« Les vampires que je combattais. »
« Oh ! Nous les appelons juste vampire. Les pures souches du moins. Les plus dangereux. Le ministère est si peu tolérants envers les créatures sombres depuis la fin de la guerre. Enfin, une de nos guerres. Ils jugent toutes ces créatures dites sombres comme dangereuses alors qu'elles ne le sont pas tous. Je pense que ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'ils ne s'en prennent aux Gobelins. »
« Gobelins ? »
La voix et l'expression de la jeune femme firent comprendre au sorcier qu'il allait devoir prendre des pincettes pour expliquer les choses car elle ne savait apparemment rien. Il avait impression d'avoir affaire à une moldue. Pourtant, elle combattait les vampires et en était consciente ...
« Que savez-vous exactement de la magie, Rose ? A part les vampires, je veux dire. »
« Les Moroi sont des vampires qui peuvent résister un peu au soleil. Ils boivent du sang humain mais ils ne les tuent pas. Ils maitrisent les éléments. Quant aux Dhampirs, ils sont mi-humains, mi-Moroi. Ils sont plus forts et résistants et ils protègent les Moroi contre les Strigoi, » expliqua-t-elle simplement, ne sachant trop quoi dire d'autre.
Harry resta pensif un moment à cette révélation avant de reprendre la parole.
« Je vois. Pour ma part, je suis un sorcier. »
« Quel genre de sorcier ? » fit Rose, méfiante.
« Le genre Merlin l'enchanteur, » rit-il doucement. « Balai volant, baguette magique, chaudron... ce genre de clichés. »
Rose écarquilla les yeux.
« Oui, j'ai fait cette tête-là quand on me l'a annoncé aussi ! » fit Harry qui ne pouvait se départir de son petit rire.
Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ri mais la jeune fille était trop drôle. Même si elle ne faisait rien pour l'être. Cela faisait du bien au jeune homme qui s'était légèrement assombri ces trois dernières années.
« Le mieux serait que je vous montre certaines choses, » ajouta-t-il ensuite. « Pour que vous puissiez comprendre. »
Rose hocha la tête avant que son estomac ne se rappelle à leur bon souvenir. L'homme se leva avec un sourire amusé.
« Que voulez-vous pour le petit déjeuner ? Des oeufs ? Des toats ? Des céréales ? »
« Des oeufs, merci. »
« Avez-vous besoin de sang aussi ? »
« Non ! Je suis une Dhampir ! » fit la jeune femme avec horreur rien qu'à l'idée qu'elle puisse ne serait-ce que boire une goutte de sang.
« Navré de vous avoir vexé, ainsi, » dit Harry. « Ce n'était pas mon intention. Donc, vous êtes Dhampir. Un Soldat alors. Une sorte de garde du corps pour ... comment vous les appelez, déjà ? »
« Les Moroi. »
« C'est ça. J'ignorai l'existence d'une telle hiérarchie pour votre espèce. »
« Tout comme j'ignorais l'existence de sorcier. Et de Gobelins. »
« Il y a bien plus que cela. Beaucoup plus, » confia-t-il. « Tellement que moi-même je suis incapable de toutes les citer. »
« Vous me feriez découvrir ? »
« Je vous montrerai volontiers certaines choses. Mais il va falloir que vous quittiez vite le pays. Ce n'est pas un endroit sûr pour quelqu'un comme vous. »
« Je sais me défendre ! » s'indigna la Dhampir.
« Pas contre des gens comme moi, » rétorqua doucement Harry. « Il me suffit de deux mots pour vous tuer si je le souhaite. Je vous rassure, je suis le passeur pour les créatures sombres. J'ai choisi de le devenir en mémoire à un vieil ami. Mais tous les sorciers ne seront pas aussi tolérants que moi, pas avec le régime britannique actuel. »
« Où suis-je en sécurité ? »
« Ici, Square Grimmaurd. Probablement mes autres demeures aussi probablement. Elles obéissent toutes au Lord régnant, tant chez les Potter que chez les Black. Sinon, hors de l'Angleterre. »
« Est-ce que vous avez le téléphone ? »
« Je suis désolé mais là où il y a de la magie, la technologie fait des siennes. Les appareils moldus ne fonctionnent pas en général. »
« Moldu ? »
« Les moldus sont des êtres sans pouvoir magiques. Nous désignons dès lors toutes leurs inventions par le qualificatif de moldu. Bien qu'il nous arrive de faire des choses équivalentes ou d'en adapter une pour qu'elle fonctionne dans le monde sorcier. La radio en est un bon exemple. »
Rose souffla en se passant une main sur le visage.
« Cela fait beaucoup de choses à digérer. »
« Je m'en doute, » fit Harry. « J'avais onze ans quand j'ai découvert tout cela. Et encore maintenant, il m'arrive d'être émerveillé devant la magie et ses possibilités. »
Il se leva.
« Je vais vous laisser à votre repas. Vous pouvez circuler comme vous le souhaitez dans la maison. Faites juste attention au portrait de Mme Black. Et évitez de sortir dans la rue. Cela fait quelques mois que ma maison est surveillée par les aurors. »
« Aurors ? »
« Des policiers sorciers, » expliqua-t-il. « Cela fait un moment qu'ils se doutent que j'aide les créatures magiques mais ils n'ont aucune preuve encore contre moi. Et ces lieux sont invisibles à leurs yeux. Il y a juste quelqu'un qui n'a pas pu faire autrement qu'ouvrir sa gueule et dire où se trouve le Manoir, » ajouta-t-il amèrement en pensant à Mondingus Fletcher.
Cet homme pourrait vendre sa propre mère si cela pouvait lui rapporter une bonne somme d'argent !
