Chapitre 7 : Conseil d'Outre-Tombe

Ils restèrent un moment aux Etats-Unis. Et Harry se sentait de mieux en mieux dans ce pays, loin de l'Angleterre raciste. Il se sentait revivre. Malfoy avait raison. Et pas que sur ça d'ailleurs ... Depuis que le blond avait suggéré que la Dhampir puisse être sa petite amie, le Sauveur avait commencé à s'interroger sur ses sentiments. Il aimait passer du temps avec Rose. Et il devait admettre qu'il était ... tombé amoureux de cette jeune femme éblouissante et courageuse qui n'avait pas peur de dire ce qu'elle pensait. Une survivante, comme lui.

Peut-être lui demanderait-il un jour de sortir avec lui ? Pas tout de suite.

Drago et Narcissa repartirent en Angleterre avec promesse de revenir rapidement. Et définitivement. Ils s'étaient eux aussi senti revivre dans ce pays et comptaient bien s'y installer. Ils étaient parti alors pour régler tout cela. Peut-être Harry devrait-il faire la même chose ? L'idée était si belle... Il choisit de faire quelque chose pour prendre sa décision. Une chose qu'il n'avait plus refaite depuis la guerre. Demander conseil à sa famille.

Il prit sa bourse en peau de moke qu'il gardait précieusement dans son sac. Cadeau d'Hagrid. Il en sortit une vieille bague avec une pierre sombre comme ornement. Il referma les doigts autour de l'objet en fermant les yeux. Quand il les rouvrit, il fit un petit sourire triste.

Il voyait les Weasley, Hermione, ses parents, Sirius, Remus et, étrangement, Severus Snape. Il releva un sourcil à la vue de ce dernier et le serpentard en fit tout autant, l'oeil amusé. Harry se figea en voyant de l'amusement dans ce regard si sombre où il n'avait jamais vu que douleur et haine.

« Bonjour, mec, » fit Ron. « Cela fait longtemps. »

« Oui. Très longtemps, Ron. » Harry soupira alors que des larmes silencieuses coulaient sur ses joues.

Il n'eut toutefois pas le temps de parler que deux petits coups rapides furent donnés contre la porte avant que cette dernière ne s'ouvre sur Rose.

« Harry, Andromeda demande si tu ... Par les crocs de Saint Vlad ! Qu'est-ce qui se passe ici ?! »

« Elle peut nous voir ? » s'étonna Hermione. « Mais ... »

« Bien sûr que je peux vous voir ! » s'écria la Dhampir. « Harry c'est quoi ce bordel ? Pourquoi il y a ... Aaah ! »

Harry l'avait attirée d'un geste négligeant de la main, magie sans baguette, et avait verrouillé la chambre d'un autre. Et il prit soin d'insonoriser la pièce aussi.

« Pas la peine de rameuter Andromeda ! » maugréa Harry en se massant les tempes, tenant toujours la bague dans sa main. « Pour faire court pour toi, Rose. Est-ce que tu te souviens du conte de Beedle le Barde au sujet des trois frères ? »

« Oui. Quel est le rapport ? »

« Ce conte est en fait une histoire réelle très ancienne qui est en lien avec ma famille. Je suis le dernier descendant du troisième frère. Et pour simplifier les choses, lors de la guerre qui m'opposait à Voldemort, je suis devenu le Maître des trois reliques. Tu vois ces fantômes parce que je les ai invoqués avec la pierre. Voilà le gros de l'histoire. »

La jeune femme ferma la bouche quelques secondes en regardant les fantômes d'un oeil méfiant, mais comme ils ne se comportaient pas tellement comme ceux qu'elle avait déjà rencontrés, elle fit un test en baissant les barrières mentales qu'elle avait appris à toujours garder élevées. Un maux de tête l'envahit alors qu'elle voyait d'autres fantômes autour d'elle. Avant d'être assaillie par leurs assauts, elle releva ses murs en s'asseyant sur le couvre lit.

« C'est bon, je te crois, » soupira-t-elle en se massant à son tour les tempes.

Faire cela lui donnait toujours une migraine carabinée.

« Une Fille de l'Ombre, » murmura Snape. « Les légendes vampires sont vraies alors. »

« Vous en savez quelque chose ? » demanda Rose. « Nous n'en savons pas beaucoup sur l'Esprit et ses conséquences. »

« Quelques histoires seulement, » répondit le fantôme. « Tournant autour d'un certain Vladimir et une Anna. »

« Alors vous en savez autant que moi, » soupira la Dhampir en se laissant aller en arrière.

« Ca va, Rose ? » demanda Harry, soucieux.

« Migraine. Cela fait toujours cet effet-là quand j'appelle les fantômes. Un peu comme la nausée avec les Strigoi. C'est un effet secondaire du Baiser de l'Ombre. »

Harry farfouilla dans son sac à la recherche de sa boîte à potions d'urgence et il en sortit un flacon avec un liquide rouge vif.

« Tiens, bois ça. Tu iras mieux dans quelques minutes. »

« Je ne bois pas ce que je ne connais pas. »

« C'est une potion anti-douleur, » dit directement le fantôme du Maître des Potions qui reconnaissait la mixture avec son oeil d'expert.

« Et c'est plus rapide qu'un cachet d'aspirine, » ajouta Harry. « Avale. Tu me remercieras plus tard. »

La Dhampir s'exécuta à contre coeur mais dut admettre au bout d'une minute qu'elle n'avait plus l'impression d'avoir sa tête prise dans un étau. Elle soupira de soulagement.

« Pourquoi tu nous as appelé, Harry ? » demanda Sirius.

« Je voulais savoir si ... est-ce que vous m'en voudriez si j'abandonne l'Angleterre ? »

« Que voulez-vous dire, Potter ? » demanda Snape les sourcils froncés. « Vous avez tué le Seigneur des Ténèbres. Nous l'avons vu passer. Pourquoi abandonner le pays ? »

Harry expliqua alors brièvement la situation. Il était toujours resté sur place car c'était là qu'il y avait ses racines mais il y souffrait plus qu'autre chose. Et quelques jours aux Etats-Unis lui avaient fait un bien fou.

« Harry, tu sembles avoir oublié quelque chose d'important, » sourit Sirius en approchant pour s'agenouiller devant son filleul. « Ceux que nous aimons ne nous quittent jamais vraiment. Ils resteront toujours ici. »

L'homme lui montra son coeur, siège de ses sentiments. Harry regarda chacun des fantômes et il vit de l'approbation dans leurs yeux et, pour certains, leur sourire. Même Snape. Quand le Survivant voulut rompre la magie de la pierre, le serpentard s'avança pour se mettre à sa hauteur.

« Merci d'avoir essayé, » dit-il simplement.

« Que pouvais-je bien faire d'autre, professeur ? »

« Vu qui j'étais avec vous, Potter, vous auriez pu tout simplement ne rien faire ... C'est ce à quoi je m'attendais. Merci d'avoir pris ma défense ... et d'avoir permis à Drago de m'honorer. »

« J'allais certainement pas les laisser vous enterrer dans cette fosse commune alors que Drago pleurait sur votre corps ... Et puis, je vous devais tellement. »

« Non, Harry. C'est moi qui avait une dette envers la famille Potter. Et envers Lily, » confia le serpentard. « Et je suis content d'avoir réussi. »

Harry offrit pour la première fois un sourire à son détesté professeur de potions avant de les saluer et de ranger la bague dans sa bourse en moke.

« C'était ta famille. »

« Et mes amis, » acquiesça Harry. « Et mon professeur de potions aussi. »

« C'était ... bizarre. Généralement, je les entends à peine. Ils ne font que murmurer. Ou me fixer bizarrement. Je déteste ça. Mais là, ça va. A part le coté 'discussion d'outre-tombe', c'était ... sympa. Je crois. »

Harry sourit, une larme coulant le long de sa joue.

« Tu venais pour me dire quoi ? »

« Oh ... euh ... Andromeda demandait si tu voulais bien aller faire des courses en ville avec elle demain. »

« Naturellement. On ne va pas laisser une dame porter les paquets, quand même ! »

« Toi et ta galanterie ! » rit la Dhampir.

« Cela te dérange ? » demanda le sorcier avec une lueur dans les yeux. « Serais-tu jalouse ? »

« Jalouse ? Moi ? Même pas en rêve ! »

Mais une légère rougeur était apparue sur les joues de la jeune femme. Harry rit doucement et sortit de la chambre.