Chapitre 9 : Une Bonne et une Mauvaise Nouvelle
Il redescendit les quelques marches qu'il avait gravies et ouvrit la porte. Il fit face à un homme moyen-oriental relativement bien habillé et à une femme blanche de petite taille aux cheveux roux coupés courts. Elle était habillée bien plus simplement d'un jeans et d'une veste en cuir moulante.
« Oui ? » fit le sorcier.
« Bonjour, » fit l'homme. « Je m'appelle Ibrahim Mazur et je suis à la recherche de cette jeune femme. L'auriez-vous vue ? »
L'homme avait sorti une photo représentant Rose. Harry retint un froncement de sourcil.
« C'est possible. Je rencontre beaucoup de gens. Elle a un physique pour le moins courant. Pourquoi la cherchez-vous ? Est-elle dangereuse ? »
« Non, » répondit la femme. « C'est notre fille. Elle a fait une fugue et mérite une sacrée correction ! »
Le sorcier serra discrètement la poignée de la porte. Une fugue, hein ? Connerie ! Rose était majeure en plus ! Il entendit la chasse des toilettes à l'étage et sa petite-amie sortir pour aller dans la chambre.
« Ecoutez. Je ne pense pas l'avoir vue dernièrement mais si vous me laissez votre carte et que je la vois, je vous recontacterais. Veuillez m'excuser mais ma compagne est malade et ... »
« Naturellement, » fit l'homme en sortant une carte de visite de son porte-feuille. « Nous n'allons pas vous déranger plus longtemps. »
Harry la prit et les salua avant de refermer la porte et de monter à l'étage. Il prit Rose par le bras et lui donna la potion mais ne dit pas un mot. La Dhampir fronça les sourcils en le voyant ainsi tendu et lui demanda silencieusement ce qu'il se passait. Il lui tendit la carte d'Ibrahim Mazur. Elle releva un sourcil avant de soupirer.
« Il y avait une femme avec lui. Rousse. Assez petite, » dit-il après avoir insonorisé la pièce par sécurité.
« Oui, je vois qui ils sont, » dit-elle après avoir vu le mouvement de baguette, rassurée. « Ce sont mes parents. »
« Ah. J'aurais dû les laisser entrer ? »
« Non, pas vraiment. Enfin, je vais devoir sûrement appeler. »
« D'abord, allons voir un médicomage parce que tu m'inquiètes à vomir comme ça. »
« C'est vrai que c'est bizarre. Je suis jamais malade en général... »
Il la prit dans ses bras et ferma les yeux pour transplaner. Là, ils attendirent une vingtaine de minutes avant d'être reçus. Dès la première seconde, le médicomage leur sembla antipathique et cette impression fut confirmée après que le sorcier eut fait son diagnostic.
« Vous avez un parasite. »
« Un parasite ? » répéta le couple.
« Comment on s'en débarrasse ? » demanda Harry directement.
« Eh bien, il vous reste un mois pour vous en débarrasser sinon après ça serait illégal... »
Harry et Rose échangèrent un regard, les sourcils froncés. Illégal de se débarrasser d'un parasite ? Est-ce que c'est une mauvaise blague ?
« Mais ne vous inquiétez pas, les femmes adorent ces parasites. Elles leur mettent des bonnets et elles les amènent au parc avec d'autres parasites. »
Le sorcier se passa une main sur son visage en soupirant. Ce n'était que cela ... Il était rassuré. Il allait exprimer tout son amour à sa compagne juste après mais il allait d'abord dire au médicomage sa façon de penser !
« Merci de nous dire clairement que vous détestez les enfants, Médicomage Harrisson, » dit-il froidement les poings serrés. « Mais nous aurions apprécié apprendre cette nouvelle d'une toute autre manière ! Je vous retiens et soyez assuré que nous ne sommes pas prêts d'avoir affaire à vous une fois encore. Viens, Rose. Allons profiter de cette merveilleuse nouvelle à la maison ! »
« Il mériterait que je lui fiche mon pied dans le derrière, » maugréa la Dhampir en sortant. « Non mais on casse pas une telle nouvelle comme ça ! »
Elle avait une main sur le ventre, contente malgré l'idiot qui venait de lui lâcher l'information comme s'il s'agissait d'une maladie ! Dès qu'il le put, Harry la prit dans ses bras pour faire le voyage du retour. Ils réapparurent dans le salon et Harry embrassa la femme qu'il aimait avec passion et bonheur. Il allait avoir ce qu'il avait toujours souhaité. Il allait avoir une famille.
« J'espère que tu t'amuses bien Rose ? » fit une voix de femme derrière eux, de toute évidence en colère. « Parce que la fête est terminée ! »
Le couple sursauta. Rose se prit une claque plein visage. Harry réagit immédiatement, sortant sa baguette et menaçant la femme qui venait de toucher à sa compagne.
« Touchez-la encore, Madame, et je vous jure que vous allez le regretter ! » siffla-t-il, glacial.
« Vous n'aviez qu'à pas cacher notre fille chez vous ! » rétorqua l'homme derrière la petite femme.
« Je n'ai peur ni des Moroi ni des Dhampirs ! Et je ne cache pas votre fille ! Elle vit avec moi. »
« Donc, elle fuit encore une fois ses responsabilités ! » siffla la Dhampir aux cheveux roux. « Est-ce que tu as fui ? Est-ce que tu as laissé ton Moroi pour survivre ? As-tu oublié comment nous vivons ? »
« Oh, je t'en prie maman, » soupira Rose qui se massait la joue. « Les Moroi avant tout, je n'ai pas oublié. Mais je vois que tu te tracasses plus des Moroi que de ta propre fille ! Et non, je n'ai pas fui ! Au contraire, sans Harry, je serais morte ou Strigoi aujourd'hui ! Alors merci, mais si c'est pour me dire ça, tu peux tout aussi bien partir ! »
La jeune femme se leva et se dirigea vers la cuisine.
« Je te sers quelque chose, Vieillard ? Café, thé ? »
« Café, Rose. »
Elle servit ainsi les boissons et ils se rassemblèrent tous autour de la table de la salle à manger, Janine Hathaway s'étant tue depuis l'intervention de sa fille.
« Comment vous m'avez retrouvée ? » demanda Rose.
« Aurais-tu oublié qui je suis ? » fit son père avec un rictus amusé.
« Finalement, je préfère ne pas savoir. »
« Moi oui, par contre, » répliqua Harry en fixant le Moroi. « Normalement, nous sommes protégés. »
« Je ne serais même pas étonnée que mon père ait entendu parler du monde sorcier, Harry. C'est Zmey, quand même ! »
« Le monde sorcier ? » fit le Moroi en relevant un sourcil.
« Ou peut-être pas ..., » dit-elle finalement.
« Rose, est-ce que tu es tombée sur la tête ? » demanda la mère.
« Non mais j'ai reçu un coup il y a moins de dix minutes, » fit la fille, faisant soupirer la rousse. « Mais cela ne m'empêche pas d'être très sérieuse ! »
« Vu que j'ignorais tout du monde Moroi, Rose, » commenta le sorcier. « Je doute que ton père sache quelque chose à notre sujet. Très peu de Moldus savent pour nous, et seulement quand leurs enfants ont reçu le don de magie. »
« Techniquement, les Moroi font aussi de la magie, » fit Rose en se tournant vers son compagnon.
« Elémentaire seulement, » rétorqua Harry. « Je fais bien plus et tu le sais. »
« Oui, et heureusement ! Sinon, je ne serais plus là ! Et personne n'aurait fait la même folie que moi, j'en suis sûre ! »
« Peu probable, effectivement. Si ce fichu Dhampir n'est même pas foutu de respecter sa promesse, » fit Harry en pensant au Dimitri dont il savait le parcours seulement dans les grandes lignes.
« Quelle promesse ? » demanda Janine Hathaway en regardant sa fille les sourcils froncés. « Et quel Dhampir ? »
« Le Gardien Belikov. On s'était fait la promesse de tout faire pour libérer l'autre dans le cas où il deviendrait un Strigoi, » répondit Rose avec une pointe de colère. « J'ai tenu ma promesse une fois. Même si j'ai échoué, j'ai tenté ma chance. Et j'allais réussir si Lissa ne l'avait retransformé en Dhampir. Lui, il n'a même pas cherché à respecter sa promesse. Il a juste renoncé quand j'ai disparu. D'où le fait que je n'ai pas donné signe de vie ! Les Dhampirs ne sont que des pions remplaçables pour les Moroi ! Quitte à casser du Strigoi autant que je le fasse à ma manière ! Au moins, maintenant, je ne protège pas que les Moroi, je protège tout le monde ! Et personne ne s'est demandé pourquoi Lissa n'est jamais devenue folle cette dernière année alors qu'elle continue à utiliser son pouvoir ?! Pourtant cela a des effets négatifs ! Et directement sur moi ! »
Rose se leva et monta les escaliers en maugréant.
« C'est décidément une très mauvaise journée. D'abord, le médicomage désagréable, maintenant ça ! Manquerait plus que le ministre anglais vienne frapper à ma porte et j'aurais touché le fond, » soupira Harry en allant se resservir un thé.
« Médicomage ? » demanda le Moroi.
« Un médecin sorcier, » expliqua le sorcier en se tournant vers le Moroi.
« Les Dhampirs ne sont jamais malades, » rétorqua Janine. « Ou très peu. »
« En effet, elle ne l'est pas. »
« Qu'est-ce qu'elle a alors ? » fit la mère les sourcils froncés.
« Pour reprendre les termes du médicomage, elle a un parasite, » fit Harry avec une grimace. « On a très mal pris le fait qu'il l'annonce de cette manière. »
« Un parasite ? » firent les deux invités.
« Elle est enceinte, » soupira Harry avec un sourire.
« Elle est ... »
Les deux parents échangèrent un regard, sans voix.
« Et je vous prierai de ne plus jamais toucher à ma compagne, Mme Hathaway. Je ne tolérerais aucune violence sur elle ou sur mon enfant. Même si vous êtes habitués à ce genre de choses, vous, Dhampirs. Personnellement, je suis un sorcier et je déteste avoir à me battre ou à voir les gens souffrir. Nous autres sorciers tenons à la sécurité de nos enfants. Enfin, en général. »
« Nous aussi. »
« Mais si vos enfants sont maltraités, ils ne vont pas devenir un danger pour la population, » rétorqua Harry. « Nous, oui. Nous sommes susceptibles de devenir un danger pour tout le monde, sorciers, moldus, même les Moroi. Les enfants maltraités ont cinq pourcents de chance de devenir des obscurus. Et croyez-moi quand je vous dis de ne jamais en croiser sur votre chemin. »
Ils gardèrent le silence, les deux non-initiés à la magie complètement perdus dans cette situation.
« Elle est enceinte depuis combien de temps ? » demanda Janine au bout de quelques minutes.
« Deux mois, je suppose, » répondit le sorcier. « Le Médicomage a parlé d'un mois avant de passer dans l'illégalité dans le cas où on voudrait s'en débarrasser. Comme si je pouvais demander cela ?! »
« Pourquoi ne pourriez-vous pas ? »
« Parce que je suis un orphelin. J'ai perdu mes parents quand j'étais bébé, je ne pourrais plus jamais me regarder dans une glace si j'osais demander à quelqu'un d'avorter, sauf si sa vie en dépend. Encore moins à Rose ! J'ai toujours voulu une vie de famille. »
« Mais Rose a ses obligations en tant que Dhampir ! »
« Si elle le veut ! » fit Harry menaçant, sa magie crépitant légèrement entre ses doigts. « Si elle souhaite rester à la maison pour élever sa famille, ou si elle souhaite travailler dans un autre domaine, ce sera son choix ! Je lui ai proposé de la déposer et de venir la chercher pour son travail de gardien. C'est encore à elle de décider ! »
« Pas avec le lien qu'elle a ! »
« Avec la Princesse Dragomir ? » Harry ricana. « Est-ce que cette Moroi a été une seule fois en danger lors de ces deux dernières années ? Non. Et Rose retourne régulièrement dans sa tête pour s'en assurer. Et quand bien même cette femme serait en danger, je peux très bien intervenir rapidement. Il me suffit de transplaner ! »
Un verre explosa, faisant tourner tous les regards sur l'objet et la Dhampir bondit de sa chaise, son pieu en main. Harry soupira en se passant une main sur le visage.
« Reparo, » murmura-t-il en passant une main au-dessus du verre brisé.
Ce dernier se répara en une demi-seconde sous les yeux surpris et écarquillés de ses invités. Harry les regarda deux secondes en secouant la tête d'un air las.
« Si vous êtes surpris par cela, je me demande quelle tête vous ferez quand vous verrez quelqu'un à califourchon sur un balai. »
Harry soupira.
« Ecoutez, vous venez de gâcher notre journée. Je vais vous demander de partir et de revenir un autre jour. Et je vous interdis d'en parler à Vasilissa Dragomir ou à Dimitri Belikov. Rose prendra contact avec eux quand elle sera prête à les affronter. »
« Vous ne pouvez pas nous forcer à quoi que ce soit. »
« Vous seriez étonnés de savoir tout ce que je peux faire avec la magie, » ricana le sorcier. « Je pense que vous savez où est la porte. Revenez un autre jour, s'il vous plait. »
Ainsi, les deux invités non désirés repartirent un peu de mauvaise humeur et Harry monta les escaliers pour rejoindre sa compagne dans la chambre.
