Chapitre 15 : Accusation

« Pourquoi revenir maintenant alors ? » demanda le Gardien Hans.

Rose jeta un regard noir à la Princesse Dragomir avant de répondre.

« Harry et moi avons déménagé il y a un peu près un an au Canada. Nous avons commencé une relation et par je ne sais quel hasard, la Gardienne Hathaway et Ibrahim Mazur m'ont retrouvée. Puis, la nouvelle est arrivée jusqu'aux oreilles de la Princesse Dragomir qui est venue chez moi avec ses grands airs pour que je revienne à la Cour. Revenir ici pour reprendre mon travail, je suppose que je l'aurais fait. Mais suite à un désaccord avec la Princesse, et usage illégal de la suggestion sur un de mes amis qui ne cherchait qu'à me protéger, je suis venue demander audience pour que plus jamais je ne sois potentiellement assignée à temps plein à la Princesse Dragomir. »

'Ca va barder pour toi, Rose !' siffla la voix de Dragomir dans sa tête.

« Bien que la suggestion n'est tolérée que sous certaines conditions, » commença la Reine. « Ce n'est pas une raison suffisante pour que j'accède à une telle demande. »

« Alors peut-être que cette raison le sera, » siffla dangereusement Harry, déployant une aura oppressante sur l'assemblée alors qu'il fusillait Dragomir du regard. « Dans mon monde, faire du mal aux enfants est sévèrement puni par la loi. Ma compagne a été menacée d'être manipulée pour qu'on la force à avorter ! »

« Qu'entendez-vous par manipuler ? » demanda la Reine.

« La Princesse Dragomir a tenté d'utiliser la suggestion sur moi, Votre Majesté. A cela s'ajoute le fait que j'ai un accès libre à son esprit de par notre lien unique. Elle voulait me ramener à la Cour pour me faire faire avortée et me remettre à son service en oubliant mon compagnon. J'avoue l'avoir très mal pris. Heureusement qu'elle ne représente pas toute la société Moroi … »

« Est-ce une menace, Gardienne Hathaway ? » s'exclama durement le Gardien Hans.

« De Rose, certainement pas, » répondit Harry en colère. « Mais bien de ma part. Elle a dû me convaincre de ne pas prendre tous les Moroi pour des enfoirés. Je serais bien venu détruire la vie de Miss Princesse parfaite planquée dans les gradins. La rendre stérile ou une autre malédiction du genre en punition d'un tel acte ou simplement du fait qu'elle ait osé y penser. Mais Rose est trop bonne. Elle m'a convaincu de ne pas le faire. Mais j'ai exigé en échange de sa part que, si elle revient travailler ici – notez bien que je ne suis pas contre l'idée – il est hors de question qu'elle devienne la gardienne de Vasilissa Dragomir. Pour la sécurité de ma compagne et de ma famille, voilà ma condition pour qu'elle revienne travailler ici. Vu le nombre de Moroi que vous avez à protéger, ce n'est pas une demande difficile à satisfaire ! »

« Croyez-vous être en position pour menacer Sa Majesté ? » demanda un Gardien en sortant son arme.

« Eddie, je te conseille de ranger ton arme, » fit Rose en se levant.

« Non, Rose ! Il a menacé la Reine ! »

« Il ne cherche qu'à me protéger et il en a le droit ! »

« Les Moroi avant tout, Rose ! »

« Même avant la vie d'un enfant innocent ? » siffla-t-elle, une main sur son ventre alors qu'elle reculait derrière Harry et Drago.

Ces derniers avaient sorti leur baguette et attendaient la première attaque, ayant déjà placé un bouclier rudimentaire autour d'eux. Ils ne porteraient pas le premier coup. Harry tenait la main de Rose et était prêt à transplaner loin de cet endroit.

« Cela suffit ! » clama alors Dimitri. « Range ton arme, Eddie. Rose a raison. Elle a le droit de faire cette demande. De plus, le nombre de Dhampir est suffisamment bas comme cela pour qu'en plus, on demande à l'une des nôtres d'avorter ! Que cet homme réagisse aussi violemment pour la sécurité de son enfant est tout à fait légitime ! N'importe qui le ferait ! » Il se tourna ensuite vers la Reine. « Votre Majesté, la décision vous revient mais sachez que je suis tout à fait d'accord avec le point de vue de Rose cette fois, même si cela signifie me mettre à dos ma bienfaitrice. »

« Moi, je dis que ces hommes ont ensorcelé le gardien Belikov, » s'exclama alors la Princesse Dragomir en se levant.

« J'aurais compris cette accusation si elle était venue de quelqu'un d'autre, » ricana Rose. « Mais de votre part, Princesse, c'est culotté. Vous avez usé de la suggestion sur Dimitri car il n'a aucun souvenir d'être venu chez moi il y a quelques jours. Je serais même prête à parier que ni Christian Ozéra, ni Mia Rinaldi, ni même Adrian Ivashkov ne se souviennent d'être venus également ! »

Elle tourna le regard vers ces derniers qui avaient froncés les sourcils.

« Nous ne sommes pas venus, Rose. On était à la Cour, » répondit Christian, confirmant les soupçons de la Dhampir.

Celle-ci put entendre le cri victorieux mais silencieux de Dragomir dans sa tête.

« Harry ? »

« Montrer ton souvenir et celui de Drago serait suffisant comme preuve. Ils sont identiques si ce n'est le point de vue et la vision que vous aviez des choses. Tu connais le sortilège, Dray ? »

« Pour la pensine ? Oui. Mais il m'en faut une. »

« On en a une, » répondit le couple.

Harry poussa doucement Rose dans les bras de Drago avant de transplaner. Des expressions de surprise se firent entendre dans toute la salle d'audience.

« Les gens comme vous savent tous faire ça ? » demanda Dimitri au blond.

Ce dernier garda un moment le silence avant de répondre.

« Oui, du moins à partir d'un certain âge et seulement si on leur enseigne. Cela demande beaucoup d'entraînement et quelques douloureuses erreurs parfois. »

« Comme ? » fit Rose, curieuse.

« La désartibulation. »

« Argh … Rien que le mot me donne la nausée, » répliqua la future mère.

« Y a de quoi. Une partie de ton corps est au point de départ tandis que l'autre est à l'arrivée … »

« Une téléportation ratée en somme. »

« Je … pense, oui. Rose, je ne suis pas le mieux calé pour les mots moldus. C'est Harry. »

« Je lui demanderai. »

Le Sauveur réapparut avec sa pensine et se dirigea lentement vers la table de la Reine. Les gardiens proches de Sa Majesté avaient une main sur leur arme, prêt à dégainer. Harry ne leur prêta aucune attention. Drago approcha et appliqua sa baguette à sa tempe et en tira quelques filaments argentés qu'il jeta directement dans la vasque. Le Gryffondor se tourna alors vers sa fiancée.

« Pense au jour où ils sont venus, ce sera plus facile, » dit-il simplement alors qu'il approchait sa propre baguette de la tempe de la Dhampir.

« Ca, c'est sûr, je ne suis pas prête de l'oublier, » rétorqua-t-elle, attirant un sourire pincé de la part du sorcier ainsi qu'un hochement de tête.

Harry retira le souvenir et le jeta lui aussi dans la pensine.