Chapitre 16 : Preuve et Colère du Sauveur
Harry retira le souvenir et le jeta lui aussi dans la pensine.
« Vas-y, Drago. Instruis-moi par la même occasion. »
« T'as qu'à prendre un bouquin, le Balafré. Je ne suis pas un foutu prof ! »
Les amants sourirent alors qu'ils secouaient la tête. Qu'est-ce que le blond pouvait avoir des réactions exagérées parfois … Drago murmura quelques mots, sa baguette d'aubépine s'agitant au-dessus de la pensine. Un étrange nuage s'éleva de la vasque et se chargea en couleur. Progressivement le souvenir de Rose apparut et commença à défiler devant les yeux exorbités de toute l'assemblée. Il fut immédiatement suivi de celui de Drago, légèrement différent et pourtant si semblable sans pour autant se contredire.
« Comme vous avez pu le constater, » dit alors Harry en regardant l'assemblée Moroi. « Vassilisa Dragomir, Adrian Ivashkov, Mia Rinaldi, Christian Ozéra et Dimitri Belikov se sont présentés à notre domicile et ont parlé à Rose. Mon vieil ami, Drago Malfoy, est venu pour la soutenir et la protéger en cas de problème. Ce qui est étonnant par contre, c'est comment un homme déterminé à vouloir soutenir une femme qui est devenue son amie, un homme qui a nos capacités, notre puissance, notre ... » Il échangea un regard avec le blond. « ... expérience ... peut tout d'un coup abandonner ce pour quoi il était venu et part sans même dire un seul mot ? Je n'ai vu cela que par un seul moyen : l'Imperium, manipulation mentale. Ou comme vous l'appelez, chez vous, la suggestion. Et il me semble, aux dires de Rose, que la Princesse Dragomir est un Maître dans l'art de manipuler les gens pour leur faire faire ce qu'elle désire depuis bien longtemps. »
Il prit la main de sa fiancée alors qu'il jetait un regard noir à la Moroi. Cette dernière avait un masque de froideur sur le visage mais Harry ne se trompait pas sur son regard. De la colère à l'état pure.
« Je ne sais pas qu'elles sont les lois chez vous, ni ce que vous feriez dans le cas de la Princesse Dragomir qui se trouve être la dernière de sa lignée, » continua-t-il avec calme. « Mais pour moi, de ce que je sais par ces souvenirs, de ce que je sais de l'esprit de cette femme, de ce qu'en connait Rose par leur lien de l'esprit, je considère que Vasilissa Dragomir a voulu attenter à la vie de mon enfant. Elle l'aurait très certainement déjà fait si je n'avais pas fourni à ma compagne un moyen de s'échapper en cas de problème. Je ne suis pas du genre vengeur en temps normal, loin de là. Mais je ne supporte pas qu'on s'en prenne à des enfants, quand bien même ceux-ci ne sont pas encore nés ! Je ne souhaite pas m'immiscer dans vos affaires mais je veux m'assurer que ni Rose, ni notre enfant ne coure de danger dans votre monde. Par conséquent, cela va de soi que je refuse qu'à l'avenir elle travaille avec ou pour la Princesse Vasilissa Dragomir. »
Il vit cette dernière serrer les poings avant de les mettre lentement à plat sur ses cuisses. Il se tourna alors vers Rose.
« Dis-moi à quoi elle pense, » demanda-t-il doucement mais suffisamment fort pour que la Reine l'entende.
« Tu ne veux pas regarder toi-même ? »
« Je ne suis pas un très bon legilimens et je ne veux pas forcer un passage dans l'esprit de quelqu'un d'aussi puissant qu'elle. Je pourrais lui faire du mal, et elle le mériterait, mais elle pourrait tout aussi bien m'en faire. Je préfère garder mes distances. Toi, par contre, tu es plus d'une fois rentrée dans sa tête ces dernières années sans courir le moindre risque. Je veux savoir ce qu'elle a en tête. »
Rose inspira lentement avant de regarder Dragomir dans les yeux. Elle chercha en même temps le lien. Elle entra dans son esprit. Elle fronça les sourcils et son regard se durcit.
« Elle ne sait pas encore comment, ni combien de temps cela lui prendra mais elle ... s'occupera de ton cas. »
« Eh bien, je lui souhaite bien du plaisir, » ricana Drago avec un sourire amusé accroché sur son visage. « Si le Seigneur des Ténèbres lui-même n'a pas pu le terrasser ni quand il était bébé, ni durant toutes ses études, ce n'est pas une petite Moroi prétentieuse et faible comme elle qui pourra le faire ! »
Il se redressa et regarda tout le monde.
« Juste à titre d'informations, pour que cela soit clair pour tout le monde, surtout vous Princesse Dragomir, le Seigneur des Ténèbres était un puissant mage noir qui faisait régner la terreur en Angleterre durant la dernière moitié du siècle dernier ! Lui et son groupe, les Mangemorts, ont torturé et tuer des centaines de personnes. Parmi elles, les parents d'Harry alors qu'il n'était encore qu'un bébé. Il a réussi à survivre mais le Seigneur des Ténèbres est sans cesse revenu pour tenter d'achever son travail et reprendre le pouvoir et incarner la terreur dans les rues. Il n'a jamais réussi. »
« Que s'est-il passé ? » demanda Dimitri, tendu.
« Je l'ai tué, » répondit sombrement Harry. « Pas par vengeance mais par nécessité. Cet homme incarnait le mal à l'état pur. Il ne faisait que torturer et tuer. Pour moi, la vengeance se fait autrement. »
« Et comment vous vengeriez-vous ? » demanda alors la Reine Tatiana.
La voix de cette dernière avait fait un étrange écho dans la salle devenue silencieuse. L'atmosphère était lourde alors que tous regardaient Harry. Le Survivant, lui, n'avait d'yeux que pour Vasilissa Dragomir.
« Harry, tu as promis que tu ne ferais rien, » dit alors Rose.
« Pour cette fois, c'est clair, » confirma le sorcier en regardant sa fiancée puis la Reine. « Je ne ferais rien. Mais si je fais quelque chose, il faut savoir que je ne tue pas. J'ai certes commis des meurtres mais c'était la guerre. J'estime avoir les mains suffisamment sales comme cela. Non, ma vengeance aurait été plus retorse... »
« Tiens, tiens, un serpentard..., » commenta Drago, un sourcil relevé.
« Plutôt un Maraudeur, » rétorqua Rose qui avait entendu les histoires qu'Harry lui avait rapportées.
« Effectivement, un Maraudeur, » confirma Harry avec un rictus. « J'avais dans l'idée d'appliquer la loi du talion. Si Rose m'avait été enlevée et si on l'avait obligée à avorter, si on m'avait en somme privé de la vie de famille que je suis en train de construire avec elle, eh bien ... j'aurais fait exactement la même chose avec la personne responsable. Les souvenirs de l'incident dans la tête de Drago m'auraient suffi à déterminer mes victimes et j'aurais fait dès lors en sorte que toutes les personnes présentes à mon domicile ce jour-là ne puissent jamais fonder de famille. »
« Cela est impossible ! » s'écria alors Vasilissa depuis sa place.
Harry se tourna vers elle, le rictus toujours accroché à ses lèvres.
« Elle a peur, » lui murmura alors Rose à l'oreille.
Le rictus du Survivant s'élargit.
« Oh vraiment ? Laissez-moi vous dire une chose, Princesse. Impossible n'est pas sorcier. Et croyez-moi, une potion pour rendre une personne stérile, ça existe. Nous sommes très diversifiés en matière de potions, lotions, baumes, poisons et antidotes. De plus, un simple sortilège pour faire une ablation de l'utérus chez une femme ou une vasectomie chez un homme, c'est aussi simple que dire 'bonjour'. Cela prendrait en tout et pour tout quelques secondes, peut-être une ou deux minutes. Cela aurait été fait durant votre sommeil. Je me serais assuré que vous resteriez endormie. Vous n'auriez rien remarqué avant des mois. Voilà ce que j'aurais pu potentiellement faire si Rose ne s'était pas repliée comme elle l'a fait. Et vous ne devez votre salut et votre future vie de famille, si toutefois un homme veuille toujours de vous après mon petit laïus, que parce que Rose a refusé que je m'en prenne personnellement à vous ! »
La voix d'Harry s'était peu à peu teintée de colère et de haine à mesure de sa tirade. De la magie suintait de ses pores et la pression ambiante était angoissante. Drago vint poser une main sur son épaule et la presser en silence, lui intimant de se calmer. Ils n'étaient pas venus pour déclencher une guerre. Il était au contraire convenu que s'ils n'arrivaient pas à avoir ce qu'ils voulaient, ils disparaissaient sur le champ pour déménager dans un autre pays.
La Moroi responsable de toute cette histoire avait considérablement pâli. Il y avait toujours une lueur de colère dans son regard, et un coup d'oeil à Rose le confirma, mais il y avait aussi beaucoup de peur. Harry en était satisfait.
