Note de l'auteur : Bonjour, tout le monde ! Très honnêtement, cette suite m'a donné du fil à retordre... Laurence est un personnage compliqué qui n'exprime que rarement ce qu'il ressent au plus profond de lui. Il est très sensible, mais aussi excessivement fier et orgueilleux, c'est donc pas évident de l'emmener là où je veux sans dénoter avec son caractère de base... J'ai eu peur de frôler le OOC mais je pense m'en être pas trop mal sorti... Enfin, je crois XD J'espère que ça vous plaira !
Green Eyed Monster 2
Le commissaire écrasa rageusement son mégot et vida son verre d'un trait. Ces gestes familiers auraient dû le détendre, pourtant, il ne parvenait pas à se sortir les dernières heures de la tête. Comment avait-il pu laisser les choses aller aussi loin ? Il se traita de sombre imbécile et commanda un autre verre.
Qu'importe l'opinion de Marlène. Il n'avait jamais eu besoin de l'avis des autres et encore moins d'une bonne femme...
Il cru sentir une once de culpabilité dans le creux de son estomac et la noya aussi sec dans son bourbon.
Le commissaire Laurence avait une réputation à tenir.
Il n'avait pas besoin d'elle. Peut-être même qu'il ne lui offrirait pas de fleurs, puisqu'elle semblait avoir déjà décidé de la fin de leur liaison. Et puis, elle savait que leur petite idylle toucherait à sa fin à un moment donné, n'est-ce pas ? Il n'était pas fait pour la vie à deux et ne s'en était jamais caché. Peu importe qu'ils fonctionnent si bien, tous les deux.
Non, toute cette histoire était la faute de Marlène, point final.
« Bonsoir. »
Surpris, Swan pivota pour se retrouver nez à nez avec une femme brune. Silhouette élancée, regard vif et intéressé, elle respirait la féminité et la sensualité.
Tout ce qu'il désirait chez une femme. Et tout ce dont il ne voulait absolument pas à l'instant présent.
« Je peux ? » Lui demanda-t-elle en désignant un tabouret juste à côté.
Elle n'attendit pas son invitation et s'installa avec un sourire, suffisamment près pour que son parfum de qualité vienne lui chatouiller les narines.
Elle commanda un cocktail et fit mine de ne pas lui prêter plus d'attention. Il n'était pas dupe, l'art de la séduction n'ayant plus beaucoup de secrets pour lui, mais dut admettre qu'elle était douée.
Il suivit des yeux les doigts fins qui dansaient sur le verre et croisa son regard pétillant. Elle avait des yeux sombres, maquillés jute ce qu'il fallait pour les mettre en valeur.
Elle lui sourit doucement et posa son menton sur une de ses mains.
« Vous avez l'air contrarié... Histoire de cœur ? »
Il se détourna brusquement, mâchoire crispée. Le faible intérêt qu'elle avait éveillé disparu en une fraction de seconde, remplacé par un sentiment de malaise qu'il ne maîtrisait pas et qui l'agaça encore plus.
Il sentit qu'elle se rapprochait d'avantage quand la porte s'ouvrit sur une tornade rousse qui fit éclater le calme relatif du bar.
« Ben, c'est pas trop tôt, ça fait une heure que je vous cherche ! » S'exclama Alice, de méchante humeur. « J'ai pas que ça à foutre, figurez-vous ! »
Décidément, la soirée allait de mal en pis...
« Une amie à vous ? » Lui demanda la brune à sa droite, visiblement amusée.
La reporter ne lui laissa pas le temps de répondre.
« C'est qui, ça ?
-Qu'est-ce que ça peut bien vous faire, Avril ? » Répondit Laurence. Il essaya de se montrer mauvais, mais ne parvint qu'à exprimer une profonde lassitude.
Le ton de sa voix sembla pourtant amadouer un peu Alice, qui soupira. Elle posa son sac directement sur le comptoir et s'installa à gauche du commissaire. Il essaya de ne pas la regarder et de se concentrer sur le verre en face de lui mais il savait que ce serait peine perdue. Lorsqu'Alice Avril se donnait une mission, rien ni personne ne pouvait l'en détourner. Et la coffrer ce soir ne l'intéressait même pas...
« Vous me faîtes presque pitié, Laurence... Du coup, je vous laisse une chance de vous expliquer avant de vous traiter de salaud. »
Il eut un rire sans joie, fit tourner la liqueur dans le fond de son verre.
« Marie-Chantal n'est jamais très loin, hein...
-Je suis pas venue pour que vous m'insultiez, Laurence.
-Non ? Pourquoi, alors ? Vous allez me faire la morale ? C'est Marlène qui vous envoie, incapable de me dire ce qu'elle pense en face...
-C'est pas plutôt parce que, pour une fois, elle vous a dit ce qu'elle pensait que vous êtes là ?
-Vous devez jubiler, pas vrai... Laurence, obligé de battre en retraite devant une femme. Mieux ! 'La romance d'un commissaire et sa secrétaire fait capoter une enquête' ! Voilà un article qui ressortira de votre feuille de chou...
-Vous êtes pas juste ! Vous êtes là à vous morfondre comme un malheureux, pendant que Marlène se morfond dans son coin, aussi malheureuse que vous... » Elle soupira de nouveau. « Vous me facilitez pas la vie, tous les deux.
-Ça tombe très bien, on ne vous a rien demandé, Avril. Rentrez donc dans votre taudis et laissez-nous tranquille.
-Pour que vous gâchiez tout en vous jetant dans les bras de la première pin-up qui passe ? »
Elle jeta un regard mauvais à la femme brune qui n'avait toujours pas bougé et qui sirotait son cocktail en les écoutant, mais elle ne sembla pas s'en offusquer.
Le commissaire ne lui répondit pas, ce qui incita la reporter à tenter une autre approche.
« Marlène est mon amie. Et vous aussi. » Elle ignora le ricanement de Laurence. « J'arrive pas à croire que je vous dis ça, mais vous êtes chouette, tous les deux !
-Le dites, pas, alors.
-Mais vous êtes vraiment un mufle, Laurence ! Vous la méritez pas !
-Je sais... »
Sa réponse coupa la jeune femme dans son élan. Elle ne s'attendait pas à ça. Laurence qui admettait avoir tord, c'était déjà remarquable, mais Laurence qui lui donnait raison... Il devait vraiment être dépité.
« Vous êtes un idiot.
-C'est très gentillet, comme conclusion, Avril. Faîtes un effort, vous avez plus de répartie que ça. » Marmonna le commissaire sans même la regarder.
« J'y peux rien, je frappe pas un homme à terre... Tenez. »
Elle sortit un châle de son sac et le posa devant Swan. Il reconnut l'étoffe de Marlène et jeta enfin un regard à la jeune reporter, qui lui répondit par un hochement d'épaule.
« Je l'ai ramené à votre appart, vu que toutes ses affaires sont là-bas. Je lui ai dis que je repasserai sûrement, donc elle devrait vous ouvrir sans soucis. Essayez juste de pas foirer votre coup, cette fois. »
Elle se leva avant qu'il n'ait envie de reprendre les hostilités entre eux, récupéra sac et casque et se tourna vers la brune qui avait suivi tout l'échange en silence.
« Et vous, débarrassez le plancher. Monsieur a d'autres chats à fouetter, alors foutez-lui la paix. »
La porte claqua. Swan vida son verre, hésita.
C'était le moment. L'instant où il décidait de tout laisser tomber, de choisir la facilité et d'inviter la belle inconnue à poursuivre la soirée, ou alors, il pouvait choisir de rentrer chez lui et de confronter Marlène.
Son regard accrocha une seconde celui de la brune, qui leva son verre comme pour porter un toast.
« Eh bien, je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce genre de soirée. Mais après tout... » Elle se pencha vers lui, déposa un bref baiser sur sa joue. « A une autre fois, peut-être. » Et elle quitta à son tour le bar,
Le commissaire réalisa avec morosité qu'il venait de se faire jeter pour la deuxième fois de la soirée.
Fantastique.
Il saisit le châle qu'il avait presque oublié sur le comptoir. Il était doux sous ses doigts... Comme la peau de Marlène. Il imagina un instant ne plus jamais la caresser, ne plus jamais pouvoir faire courir ses mains le long de son corps... Puis, il imagina d'autres mains que les siennes et sa décision fut prise.
Swan Laurence n'était pas un homme parfait, mais il n'était pas un lâche.
A suivre...
