Chapitre 17
Elle avait pu se lever, et insista pour venir passer l'interrogatoire du docteur à son bureau. Le vieil homme aurait préféré qu'elle reste couchée, mais voyant sa volonté, il l'avait laissé faire.
Il l'invita à lui raconter ce qui s'était passé : ils avaient tous été surpris d'apprendre qui Yuki avait rencontré sur Gamilas. De plus, la jeune femme n'avait pas pris le temps de lui raconter en détails les péripéties l'ayant amenée chez leurs ennemis, et ils avaient tous dû attendre qu'elle reprenne conscience pour en savoir plus.
Assise au bureau du Docteur Sado, elle raconta ce qui était arrivé : elle fit le récit de l'attaque du HJV5, puis de sa captivité sur Gamilas.
- Quelle était la mission de ce vaisseau ?
- On était une base scientifique, au départ. On faisait des relevés topographiques sur Saturne, et au début de la guerre, comme les gamiliens arrivaient de Pluton, on était devenu une position d'avant-poste stratégique. On avait déjà été attaqués plusieurs fois, mais on était très mal équipés, et quand il y a eu une vraie crise, on a été vaincus. Le HJV5 n'était pas prévu pour riposter, de toute façon. J'ai perdu connaissance le 21 septembre 2191, et je me suis réveillée presque trois mois plus tard, sur Gamilas.
Elle ne détailla pas tout, donnant à écouter seulement ce qui lui semblait nécessaire.
- Comment se fait-il que vous ayez été mise en cellule, alors que votre supérieur a été utilisé à des fins médicales ?
- De ce que j'ai compris, ils nous ont réveillé à un moment pour jauger nos réactions. Je ne m'en souviens pas, mais apparemment, Karl a eu un réflexe de survie, celui d'attaquer les gamiliens. Moi je n'ai pas bougé. Dans mon malheur j'ai eu de la chance : ils ont gardé leur spécimen docile pour les études sociologiques. Ils l'ont emmené pour faire des expériences … Croyez-moi, ce n'était pas beau à voir.
Elle réprima un frisson en repensant à Karl, ou du moins ce qui restait de Karl quand Dessler lui avait permis de le voir. Une créature aliénée, privée de raisonnement, presque un fantôme décharné et absent à lui-même.
- Le capitaine Okita est favorable à votre intégration dans l'équipage, si vous vous en sentez la force, reprit Sado. Je vais vous faire passer des examens médicaux, mais avant cela, vous pensez être dans quelle condition physique actuellement ?
- J'ai essayé de me garder en forme autant que j'ai pu. J'espérais tellement qu'aujourd'hui arrive … Je ne sais pas si vous imaginez combien je suis heureuse et soulagée d'être ici … Je dois être un peu rouillée, mais je sais toujours me servir d'une arme. Si je peux vous être utile, je servirai sur ce vaisseau avec grand plaisir.
La militaire sourit, heureuse de revoir enfin quelque chose qu'elle connaissait.
- J'ai passé sept ans à attendre qu'aujourd'hui arrive, soupira-t-elle. Je ne pourrais pas aider sur un plan purement stratégique, mais j'ai des connaissances sur Gamilas qui pourraient être utiles, et je les mettrai volontiers au service du Yamato.
- Nous verrons ça avec le Capitaine, sourit Sado, avant de redevenir plutôt grave. En revanche, j'ai une nouvelle un peu moins bonne à vous donner. La Terre a enduré de très forts coups pendant la guerre … Gamilas a bombardé notre planète avec des missiles planétaire, pour y répandre des conditions peut-être plus favorables à leur forme de vie. La surface de notre planète est devenue inhospitalière, et nous nous sommes retranchés dans des installations sous-terraines. Il y a eu beaucoup de morts, et plus rien ne sera pareil …
- A ce point ?
Elle savait ce qui s'était passé sur Terre, ayant eu quelques informations à travers les provocations du tyran et les paroles de Yuki. Mais ce n'était jamais très clair, et elle n'aurait pas cru que ce soit si grave.
- Vous avez de la famille sur Terre ? demanda Sado.
- Mon père. J'espère qu'il va bien …
Le médecin n'ajouta rien, ne pouvant pas la rassurer sur ce point. Il l'invita ensuite à l'accompagner voir Okita, pour statuer sur son rôle sur le Yamato quand elle aurait repris des forces (et quelques formations).
Découvrant les boyaux métalliques du cuirassé, elle suivit le Docteur Sado, s'arrêtant parfois pour admirer la construction impressionnante du dernier espoir de l'humanité ; le médecin la rappelait à l'ordre, et elle recommençait à le suivre, toujours sous le coup de l'émerveillement.
Ils grimpèrent dans les étages des ponts du Yamato, longeant plusieurs couloirs, grimpant plusieurs escaliers. Arrivés sur le plus haut niveau du vaisseau, au-dessus du poste de commandement, le docteur toqua à la porte et s'annonça. Okita lui permit d'entrer.
L'homme était impressionnant : il avait beau être malade, le capitaine du Yamato dégageait une prestance frappante. Gravé dans son attitude de soldat, l'automatisme du salut militaire revint à Lorelei, qui porta sa main à son front pour saluer son supérieur. Son comportement tira un sourire amusé au vieil homme, qui fut touché par le respect qu'elle lui témoignait.
- Sergent Lorelei Wyndham, division scientifique embarquée des forces spatiales d'actions armées de l'UNCF, se présenta-t-elle.
- Repos, lui permit-il.
Lui désignant une chaise, il l'invita à s'assoir, et demanda au médecin de les laisser. L'homme s'enquit de son état de santé, puis lui demanda de répéter le récit qu'elle avait déjà pu faire au docteur Sado, sur ses états de service, et à propos des faits sur Gamilas. Cependant, elle savait bien que le Yamato relevait de l'armée, et qu'elle n'avait plus aucune preuve de son service militaire à l'UNCF, d'autant plus que la Terre ne pouvait pas être contactée depuis le Grand Nuage de Magellan.
- Je suis vraiment désolée de n'avoir aucun justificatif à vous présenter, je n'ai que ma bonne foi …
- Nous devrons nous en passer, éluda Okita. Racontez-moi comment vous vous êtes retrouvée sur Gamilas.
Elle s'exécuta, et répéta ce qu'elle avait déjà relaté au médecin. Quand elle eut fini, le vieux militaire, qui s'était adossé contre son oreiller, fatiguant déjà, reprit la parole.
- Pendant l'expédition du HJV5, quel rôle occupiez-vous ?
- J'étais sur la station comme spécialiste en astrophysique. Mais j'ai une formation assez large dans les domaines scientifiques en plus de ma formation de soldat. J'ai eu accès à une bibliothèque pendant que j'étais sur Gamilas. Je suis désolée de n'avoir aucun document pour appuyer mes dires, mais dans l'espoir de pouvoir être utile, j'ai beaucoup lu, pour en apprendre le plus possible. J'ai brièvement côtoyé les hautes sphères du régime gamilien, donc j'ai aussi une idée de l'étiquette et des mœurs socio-politiques. Je peux servir d'interprète, et de conseiller lors de possibles négociations avec les gamiliens.
- Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de vous renseigner sur les gamiliens ? la questionna Okita.
- J'ai passé sept ans là-bas … Je ne savais pas si on viendrait me sauver, mais si jamais ce jour arrivait, je ne voulais pas être un poids mort avec sept ans de retard sur les innovations techniques et scientifiques de la Terre. J'aime apprendre, et je pense que j'ai toujours voulu me servir de ces connaissances pour aider ma planète. Je ne pense pas vous être très utile, mais si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas.
- Regardez dehors, lui demanda soudainement l'homme.
Obéissant, la jeune femme pivota vers la vitre à laquelle elle tournait jusqu'alors le dos, et se trouva face à une vision sublime : une planète bleue, immense, de laquelle le Yamato s'approchait à vitesse de croisière.
- Iscandar … souffla-t-elle, émerveillée par la vue qui s'offrait à eux, depuis la verrière du pont supérieur. L'officier Mori m'a dit pourquoi la Terre avait envoyé le Yamato jusqu'ici.
- Nous avions un an pour ramener le Cosmo Reverse sur Terre, expliqua Okita. Il nous reste encore le voyage retour à accomplir, une fois que nous aurons récupéré ce décontamineur. Voudriez-vous servir sur le Yamato ?
- Ce serait un immense honneur …
Un sourire effleura le visage du vieux militaire.
- Prenez le temps qu'il vous faut pour vous reposer, et reprendre des forces. Nous allons nous poser sur Iscandar dans quelques heures ; nous reviendrons vers vous si nous avons des questions. Vous prendrez vos fonctions auprès de l'Officier Exécutif Sanada, mon commandant en second. C'est lui qui s'occupe du corps scientifique embarqué du Yamato.
- D'accord, merci beaucoup.
Elle se leva, et lui sourit.
- Wyndham ?
L'homme l'avait appelée, et lui tendit la main. Elle la prit.
- Bienvenue à bord du Yamato, sourit-il, déterminé.
On poserait le vaisseau sur Iscandar quelques heures plus tard. On avait remis un uniforme à la jeune femme pour remplacer la blouse médicale qu'elle portait jusqu'alors, et la seule robe gamilienne qu'elle avait sur elle en arrivant sur le Yamato. Bien qu'on lui ait accordé un peu de temps pour se remettre, elle avait tenu à donner à l'officier Sanada les informations qu'elle avait sur Iscandar. La militaire se présenta sur le pont supérieur, et se trouva soudain observée par tous les membres du corps directif de l'équipage. Se fendant d'un salut militaire très droit, elle donna ensuite son nom et remercia les membres d'équipage de l'avoir secourue. Yurisha était présente sur le pont, et lui adressa un petit clin d'œil amusé.
- J'ai reçu l'aval du capitaine Okita pour rejoindre l'équipage, dans la division scientifique embarquée.
Sanada se leva, et lui serra la main.
- Bienvenue sur le Yamato, la salua-t-il. Nous aurons besoin de votre expérience dès maintenant.
Tous les écoutaient.
- Avez-vous une idée des codes sociaux sur Iscandar, et savez-vous à quoi nous devons nous attendre ? Je suppose que comme il s'agit de deux planètes jumelles, elles doivent avoir des relations politiques … Nous avons une Iscandarienne à bord, ajouta-t-il en désignant Yurisha, mais vous aurez certainement un point de vue différent du sien.
- En effet. Les gamiliens ont une grande révérence pour Iscandar. Je suppose que nous devrions aussi les considérer avec le respect qui leur est dû.
Cependant, si cette révérence semble ne pas remonter plus loin que seulement une quinzaine d'années, elle ne le mentionna pas. Sanada resta pensif. Les membres d'équipages s'étaient reconcentrés sur leurs tâches respectives, et Yurisha papillonnait un peu. Cette dernière s'approcha de Lorelei, et lui parla en gamilien.
- Vous étiez sur Gamilas … Ma sœur a parlé avec Abelt Dessler ?
La question surprit Lorelei, qui acquiesça néanmoins.
- Et elle n'a rien fait … N'importe quoi …
Elle fit une moue assez enfantine, qui fit sourire la militaire. La curiosité de la jeune femme et son le côté très sincère qu'elle dégageait l'amusait beaucoup.
Le vaisseau se posa sur Iscandar quelques heures plus tard. Les terriens, quand ils descendirent du Yamato, furent ébahis de voir à quoi ressemblaient les constructions et les paysages qui défilaient sous leurs yeux.
Lorelei se vit demander par Sanada de les accompagner rencontrer Starsha, pour leur donner des conseils diplomatiques. Néanmoins, elle se tint la plus effacée possible, n'intervenant pas dans le débat entre l'Iscandarienne et l'équipage du Yamato. Après tout, elle ne servait à bord que depuis quelques heures, et n'intervenait que quand on le lui demandait. Elle avait perdu l'habitude de parler, depuis qu'elle était sur Gamilas, n'ayant pas eu beaucoup d'autres interlocuteurs que le tyran au sourire détaché qui lui servait de geôlier.
Elle soupira, se perdant un instant dans ses pensées. Il était mort dans l'explosion du Dessler II. D'une part, ça la rassurait, mais de l'autre, elle ne pouvait s'empêcher d'être triste. En réalité, ça lui faisait de la peine de l'avoir vu s'autodétruire pour … quelque chose d'aussi vain, finalement. Ce qui la dépitait le plus, c'était de savoir qu'il avait pourtant agi pour le bien des siens, mais en faisant les pires choix possibles, et en se méprenant complètement.
- Sergent Wyndham ? l'appela doucement Niimi. Nous devons partir
- Excusez-moi.
La jeune femme salua poliment la reine Iscandarienne, laissant aussi Yurisha derrière elle. Elle n'avait pas du tout suivi la dernière partie de l'échange, et jeta un regard interrogateur à Niimi.
- Que s'est-il passé ?
- Starsha ne semble pas vouloir nous donner le Cosmo Reverse.
- Pardon ?
Elle ouvrit de grands yeux étonnés, étant passée à côté de l'information. S'excusant auprès de Niimi, elle tourna les talons, et revint en direction des deux extraterrestres. Starsha l'avait vue se diriger vers sa sœur et elle.
- Que se passe-t-il ?
- Votre Altesse, veuillez m'excuser. Je tenais simplement à vous informer du décès … d'Abelt Dessler.
Elle s'adressa à Starsha en gamilien, craignant sans trop savoir pourquoi d'être comprise par les autres terriens qui l'accompagnaient, et qui s'étaient tous stoppés en la voyant retourner près des deux femmes.
L'Iscandarienne la fixa un instant, sans réagir. Du moins, elle s'interdit toute trahison de sa surprise.
- Pardonnez-moi, mais comment … commença-t-elle avec étonnement.
- Je vous prie d'excuser la soudaineté de cette annonce. Son Altesse l'Empereur tenait beaucoup à vous, j'ai pensé qu'il était préférable de vous faire part de son décès plutôt que de vous garder dans l'ignorance.
Yurisha sourit tristement à Lorelei, puis reprit la parole.
- Le Yamato a récupéré Miss Wyndham après son combat contre le vaisseau de notre voisin. Elle se trouvait sur Gamilas avant que le Yamato ne la retrouve.
Sa sœur dévisagea un instant la jeune femme terrienne qui se tenait devant elle. Peut-être un nuage de tristesse passa dans son regard, l'espace d'une seconde, mais elle se reprit rapidement.
- Merci de m'en avoir informé.
- Pardon de vous avoir dérangé. Rud Iscandar.
Elle salua les deux femmes de la façon dont elle avait vu les gamiliens faire auparavant, puis fit demi-tour et retourna près des terriens. Sanada lui adressa un regard inquisiteur, mais elle n'ajouta rien, se contentant de baisser les yeux.
La décision mit beaucoup de temps à arriver, et l'équipage du Yamato se trouvait dans un grand état d'anxiété. Ils craignaient d'avoir fait le voyage pour finalement se voir refuser le don du Cosmo Reverse, tout cela car ils avaient fait de l'énergie à impulsion une arme dans la seule optique de se défendre. Ils savaient néanmoins que la cupidité humaine les pousserait peut-être un jour à utiliser cette arme pour servir de mauvaises intentions, mais cependant, ils n'avaient fait cela que dans le but de se protéger, et de sauver la planète qui les avait vu naître.
Lorelei était dans sa cabine, qu'elle partageait avec un autre membre d'équipage à qui elle n'avait que peu parlé. On toqua à la porte, et elle permit qu'on entre. Melda Dietz se tenait dans le cadre de la porte.
- Excusez-moi, Miss Yurisha voudrait vous parler.
- Je vous suis.
Elle se leva, et suivit Dietz dans les couloirs du Yamato. Cela l'étonnait un peu de ne pas avoir vu Yurisha se déplacer elle-même, mais elle ne commenta pas. Elle n'avait pas la tête à cela, de toute manière. Elles sortirent du Yamato, et grimpèrent sur un des ponts extérieurs. La jeune femme aux cheveux blonds était assise sur le sol, les jambes dans le vide, et observait la mer. Entendant les deux femmes arriver, elle se tourna vers elles.
- Tu es là … sourit l'Iscandarienne. Viens.
La terrienne s'assit à côté de Yurisha, qui fit également signe à Melda de les rejoindre.
- C'est un peu par curiosité, mais surtout pour aider ma sœur que je t'ai fait venir … commença-t-elle. Je voudrais que tu me racontes ce que tu as vécu sur Gamilas.
- Euh, bien, mais j'y suis restée longtemps, et il m'est arrivé pas mal de choses … que voulez-vous savoir ?
- Comment s'est comporté l'Empereur avec les tiens ?
La question inquiéta Lorelei, qui fit tout de même l'effort de répondre. Elle raconta le traitement réservé à Karl, et les quelques brutalités que lui avait fait subir Dessler. Se gardant tout de même de parler de certains sujets évoqués et de ses propres dérapages qui lui faisaient trop honte, ses propos semblèrent éclairer Yurisha.
- Merci, lui dit-elle. Je voulais juste connaître ta vision de la vie sur Gamilas. J'espère que cela pourra convaincre ma sœur de vous remettre le Cosmo Reverse.
- Comment cela pourrait-il la décider ?
L'extraterrestre se fendit d'un sourire enfantin.
- Ça, c'est un secret ! rit-elle doucement.
Lorelei sourit, un peu gênée.
- D'accord. Merci d'intercéder pour nous auprès de Starsha. Je vais vous laisser.
- Non, reste … Ne te retranche pas seule dans ta cabine, vient profiter du soleil avec nous.
L'astre se couchait, et le ciel se teintait progressivement d'or et de pourpre. C'était très beau, et ça lui avait manqué.
Une larme s'échappa de son œil. Elle mourrait d'envie de revoir la Terre.
Yurisha prit sa main, et l'invita à s'asseoir avec Melda et elle. Akira Yamamoto les rejoignit quelques minutes plus tard, les cheveux détrempés après avoir fièrement noyé Shinohara une fois de plus.
Elles passèrent quelques temps ensemble, même si Lorelei resta en retrait, peu à l'aise de se lier à nouveau avec d'autres personnes. Il lui semblait que cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas baissé sa garde face au moindre mot qu'il lui fut assez difficile de rester sereine et de profiter du moment, mais les trois jeunes femmes parvinrent tout de même à lui provoquer un ou deux sourires.
Starsha leur remit finalement le Cosmo Reverse, et donna à Kodai un enregistrement de son frère, que le Capitaine fit diffuser dans tout le vaisseau par la division radio du Yamato. Les mots de cet inconnu firent à Lorelei l'effet d'une bombe : il y avait eu bien d'autres échantillons humains enlevés par le régime gamilien. Elle culpabilisait beaucoup d'avoir été la seule à s'en sortir, quand beaucoup d'autres de ses camarades n'y avaient pas survécu.
Le Docteur Sado la surveillait de près, un peu inquiet des conséquences psychologiques que son enfermement pouvait avoir sur elle. Il ne fut donc pas surpris quand elle vint le trouver, peu après le décollage, pour lui en parler.
Voyant que la jeune femme était très inquiète, il se fit une oreille attentive, et la conseilla au mieux. Il lui imposa néanmoins une prise de sang, pour s'assurer que tout allait bien. Les derniers résultats qu'il avait de ses analyses précédentes ne l'avaient pas rassuré, et il préférait réitérer un contrôle.
- Dites, Docteur … lui demanda-t-elle pendant qu'il enfonçait l'aiguille sous sa peau. Y aurait-il sur le vaisseau une salle avec un piano ?
