Bonjour ! Deuxième chapitre en ligne. J'espère que l'histoire vous plaît ! Je n'ai pas de retour, alors n'hésitez pas à laisser une petite review, ça fait toujours plaisir ;)
Angeois.
Chapitre 2
Parler ou agir
Le lendemain, lorsque Mei se réveilla, il n'y avait plus personne à côté d'elle. Elle tâta le matelas, la place était encore chaude. Elle se leva, enfila un kimono et descendit dans la cuisine.
Elle y trouva Feitan tenant Yunose d'un bras et cuisinant des œufs brouillés de l'autre.
- Matinal ?
- Yunose pleurait. Si je n'étais pas allé la voir, elle aurait réveillé tout l'orphelinat.
Mei se rapprocha d'eux et se mit contre le dos de Feitan et joua avec Yunose qui riait d'un sourire radieux. Elle s'arrêta un moment et déposa un baiser dans le cou du brun. Il ne dit rien et continua de faire la cuisine. Elle vint se placer dos au plan de travail, juste à côté de lui. Place d'autant plus stratégique qu'elle pouvait voir qui descendait les escaliers et arrivait dans la cuisine.
- Hier, j'étais sérieuse en parlant des jeunes. Il va falloir aller les chercher.
- Oui, je m'occuperai de ça dans la semaine.
- Il ne faut pas attendre. On doit faire ça aujourd'hui ou demain sinon, ils les dispatcheront sur le globe. Et tu sais bien ce qu'ils font des recrues qui ne leur conviennent pas.
Pendant un instant, l'air concentré de Feitan se fit douloureux.
- … Oui. Oui, je sais, dit-il tout bas.
- Papa est fâché ? demanda soudain Yunose qui était absorbé par le brun.
- Non, je ne suis pas fâché, dit-il doucement en lui souriant un peu. Je réfléchis.
- « Papa » est préoccupé.
- C'est quoi « récopuré » ?
- Quelque chose que tu n'as pas besoin de connaître maintenant, sourit-elle.
Elle se rapprocha de Feitan et lui dit à l'oreille : « Et quelque chose qui n'a qu'un seul remède ». Elle se décala et posa ses lèvres sur les siennes.
Il se sentit aussitôt mieux. Il chérissait tous ces moments passés avec Mei d'autant plus qu'ils étaient plutôt rares puisqu'ils n'étaient jamais seuls. Yunose pouffa de rire en les regardant faire. Des pas résonnèrent dans les escaliers.
- Mais à quelle heure vous levez le matin ? c'est dingue, maugréa Phinks.
- Mal dormi ? demanda Mei qui s'était éloigné de Feitan le temps que le blond arrive.
- Non, mais les jours sans mission, c'est grasse-mat' ! Dormez un peu, vous aussi !
Il s'assit à la table.
- J'irai te réveiller la prochaine fois que Yunose pleure, l'informa Feitan.
- Haaa, non merci…
- Vinks ! Vinks !
- Tu vois, elle a envie que ce soit toi.
- Entre les gosses et récupérer mon sommeil, le choix est vite fait.
Il était à moitié avachi sur la chaise, les cheveux en pétard, des mèches ondulées retombant sur les côtés.
- Café ? proposa le brun.
- Avec plaisir.
- Ah ! Enfin réveillés ! fit mama en rentrant dans la cuisine, les bras chargés de cageots remplis d'aliments, Sharnalk derrière elle.
- C'est Phinks qui s'est levé le dernier, ajouta Mei.
- T'es pas obligée de préciser, s'insurgea l'autre.
- Je m'en doutais ! s'écria Sharnalk de bon cœur. Toujours le dernier, et ça, ça n'est pas près de changer !
- D'ailleurs, où sont Shizuku et Kalluto ? continua Phinks.
- Partis faire un tour, c'est la première fois que Kalluto vient ici, il voulait voir à quoi ressemblait la ville.
- Il va être déçu, le pauvre…
Feitan posa Yunose qui partit quémander l'attention de Phinks. À contrecœur, il la prit sur ses genoux. Enfin, pas tant à contrecœur que ça, puisqu'au fond, il l'adorait comme tout le monde ici, cette petite.
- J'ai croisé Zuno sur la route, dit Mama. Il m'a à peine regardé, mais j'ai vu de la peur dans son regard.
- Zuno est un des jeunes qui s'est fait recruter par les dragons rouges, informa Mei.
- Dragon ! Bwaaaa ! imita Yunose avec des gestes dramatiques.
- Affaire bientôt réglée puisque je m'en occupe cet après-midi, déclara Feitan.
- Tout seul ? demanda Sharnalk.
- Je vois pas où est le problème.
- Et s'ils sont préparés à te recevoir ?
- Je viens de tuer une reine fourmi, je peux bien tuer quatre ou cinq humains. Ça me semble plutôt équivalents.
- Des humains qui peuvent être dangereux, s'énerva Mei.
- Dangereux pour les jeunes. S'ils l'étaient vraiment pour nous, on le saurait.
- Feitan.
- Je ne vois pas où est le problème, Mei ! Tu ne doutes quand même pas de moi ?!
- Non, mais je pense que tu les sous-estimes !
- Ce sont juste des faibles qui recrutent des plus faibles qu'eux !
- Et qui les transforment en chair à canon ! Ces hommes sont une réelle menace ! Si leur réseau n'a pas encore été démantelé, c'est qu'ils doivent avoir des bons soldats !
- Si leur réseau n'a pas encore démantelé, c'est simplement parce ce qu'ils sont discrets !
- LEDROB ! Feitan ! Tu ne rappelles pas ce qu'ils t'ont fait !?
Le silence tomba aussitôt dans la salle. Rien à voir avec la dispute de la veille. Mei venait de tirer sur une corde sensible. Phinks avait bouché les oreilles de Yunose qui trouvait ça beaucoup plus amusant que la scène qui se déroulait devant ses yeux.
Personne ne dit rien pendant un moment. Le regard de Feitan était sombre. Il dit au bout d'un temps, tout bas.
- Dangereux ou non, il faut aller aider ces jeunes.
Il sortit de la pièce.
Mei se mit une main sur le visage.
- Tu y es peut-être allée un peu fort, dit doucement Mama.
- Oui, je sais, soupira-t-elle. Mais il n'y a que comme ça qu'on peut lui faire entendre raison.
- Feitan est têtu, je crois que tu ne pourras rien y changer, sourit Sharnalk.
- Vinks, il est où, papa ? demanda naïvement Yunose en se tournant vers Phinks.
- On va le chercher ? proposa Phinks.
- Ouiiii !
La petite se leva, prit Phinks par main et le tira vers l'escalier.
- Je vais discuter avec pour le convaincre de ne pas y aller seul, leur dit Phinks, déjà parti.
- STOP ! cria Yunose avec de commencer à monter l'escalier. Tu entends ? Il y a plein de monstres qui veulent nous manger !
- Mais oui ! dit Phinks dramatiquement en entrant dans son jeu. Ils sont des centaines ! Une seule solution, utiliser nos super-pouvoirs.
Il prit la petite fille sous les aisselles et la fit voler tout en montant rapidement les escaliers. Elle riait tellement fort que les enfants de l'étages tendirent le cou par l'encadrement de la porte pour savoir ce qu'il pouvait bien se passer.
- C'est bien ce que je dis, un grand enfant, commenta Mama tout sourire.
Arrivé sur le palier du premier étage, Phinks, toujours dans le jeu, dit :
- Oh ! On dirait que nous sommes entrés… dans une zone sans gravité !
Il fit faire de grands bonds à Yunose comme si elle était sur la lune. En même temps, elle regardait dans chaque pièce pour voir si Feitan était là. Aucune trace de lui. Ils continuèrent leur excursion jusqu'au dernier étage où ils le trouvèrent enfin.
Il était assis sur la chaise sur laquelle Mama s'était assise la veille pour leur montrer où Mei et lui se cachaient.
- C'est là que tu te caches ?
- Je ne me cache pas.
- Papa est nul au cache-cache ! On l'a trouvé rapidement !
- Mei et toi n'êtes pas possibles, soupira Phinks. Tu comptes vraiment y aller seul ?
La petite fille s'approcha de Feitan et quémanda d'aller sur ses genoux. Il la porta et l'assit face à la fenêtre.
- J'ai pas encore décidé.
- Tu sais, elle s'inquiète, c'est juste ça. Il n'y avait pas de mauvaise pensée derrière ses mots.
Feitan s'adoucit.
- Je sais bien. Je sais ce qu'elle pense de tout ça et d'un autre côté, je n'ai pas envie qu'elle s'aventure là-dedans.
Un silence confortable s'installa entre eux. Yunose était en train de tripoter une des mains de Feitan quand Phinks déclara, presque comme une pensée dite à voix haute :
- Tu l'aimes comme un fou, n'est-ce pas ?
- Yunose ? Bien sûr.
- Moi aussi j'aime papa comme un vou !
- Non, je ne parlais pas de Yunose.
Feitan mis quelques secondes avant de répondre.
- Oh, fit-il simplement.
- J'ai raison ?
Feitan ne le regardait pas, il fixait un point en-dessous de la fenêtre, pensif.
- C'est moi qui ai refusé qu'elle intègre la Brigade. La mort nous guette à tout moment et… et je n'ai pas envie de la perdre, dit-il plus bas.
Phinks se détendit un peu. C'était rare que Feitan se confie aussi facilement.
- Il faut que tu lui fasses confiance. Elle est forte aussi.
- C'est vrai. Mais je m'en voudrais s'il lui arrivait quelque chose.
Nouveau silence.
- Tu sais, ça fait un moment que je vous ai remarqué, dit-il en souriant.
Feitan tourna une mine à demi surprise vers lui.
- Ah ?
- Et ça ne date pas d'hier. Au moins deux ans, je dirais. J'ai bien vu toutes ces petites attentions que vous vous donnez quand personne ne vous regarde.
Il avait fait semblant d'être surpris quand Mama leur avait révélé l'information la veille, même si, il l'avouait, il ne se doutait pas que cela faisait aussi longtemps. Son sourire s'agrandit. Feitan fut forcé de sourire aussi.
- T'es plus perspicace que t'en as l'air. Comment tu l'as découvert ?
- J'avais des doutes. Et puis, je vous ai surpris par hasard dans l'arrière cuisine.
Tout en ne montrant aucune réaction, Feitan réfléchit à toute vitesse. L'arrière-cuisine… l'arrière-cuisine… est-ce qu'ils l'avaient fait dans l'arrière-cuisine ?… Oui. Oui, c'était déjà arrivé. Il ne quitta pas son masque quand il lui demanda :
- « Surpris » ?
- On débarrassait la table et j'ai dû aller ranger un objet là-bas. Quand je suis arrivé, vous étiez en train de vous embrasser. Vous auriez tellement pu me voir en plus, je suis resté bête pendant quelques secondes et je suis reparti, l'air de rien.
Ouf, pensa l'asiatique. Quelques minutes plus tard et ils auraient pu être découverts dans des circonstances beaucoup moins glorieuses.
- Haha ! Tu es vraiment étonnant, Phinks ! rit-il.
- Vraiment étonnant, Vinks ! imita la petite fille.
- Mais plus sérieusement, Feitan, tu ne penses pas aller voir chez les dragons rouges seul ?
- Tu peux m'accompagner, si ça te fait plaisir. Ça ne me gênera pas. On fera ça plus rapidement comme ça.
Une nouvelle voix fit irruption dans la pièce, juste derrière eux.
- Et je viendrai aussi, que tu le veuilles ou non.
- Mei…
- Mei ! cria Yunose gaiement.
Elle agita les bras pour changer de porteur. Mei s'approcha d'eux et pris délicatement Mei dans ses bras. La petite lui fit aussitôt un câlin.
- Tu ne peux pas m'empêcher d'y aller Feitan. Tu sais que je déteste rester là à ne rien faire. Et de toute façon, tu sais autant que moi que même si tu me disais de rester, je viendrai quand même.
- Elle marque un point, Feitan, renchérit Phinks.
- Elle marque un point, Veitan, imita Yunose en exagérant, ce qui fit doucement rire la petite assemblée.
- Et tu oublies que je peux nous garantir l'invisibilité.
La capacité de Mei était d'effacer la présence de quelqu'un (elle y compris) ou d'un objet. Un peu dans le même genre que Feitan, elle perd cette faculté lorsqu'elle est soumise à une émotion forte.
- Très bien, très bien. Tu viens avec nous. Mais ne pleure pas si tu perds un bras ou une jambe.
Elle sourit, ravie de l'avoir convaincu.
- C'est plutôt à moi de te dire ça. Je te rappelle que la dernière fois que tu as été blessé, tu as mis le feu à un château.
- Touché, fit Phinks.
- Touché, répéta Yunose.
- On fait ça quand ? demanda-t-elle.
- Cet après-midi. Ça sera rapide.
À ce moment précis, il ne savait pas encore combien il avait tort.
O_O
Fin du deuxième chapitre.
N'oubliez pas de donner votre avis ! Ça m'intéresse beaucoup !
Merci d'avoir lu ce chapitre et à la semaine prochaine pour le chapitre 3 !
