Note de l'auteur :Je voulais tout d'abord vous remercier pour les retours qui étaient tous positifs pour ce premier chapitre ! Je ne vous cache pas que j'ai été assez nerveuse de poster ce chapitre, c'est après tout la première fiction sur le thème d'Harry Potter que j'écris et j'adore cette saga donc xD

Bonne lecture à vous.


Draco n'avait jamais été du matin et avait horreur qu'on le réveille. Ses anciens camarades de chambre l'avaient bien comprit -sauf Blaise mais ça c'était un autre problème- alors ils n'osaient jamais le réveiller même s'il était en retard, ce qui arrivait très rarement. Alors putain de merde qui lui caressait le dos d'une manière aussi sensuelle ? Furibond, il tourna la tête. Lorsqu'il ouvrit les yeux il tomba sur ce regard qui lui faisait perdre la raison à chaque fois : Ron Weasley.

Deux semaines. Cela faisait deux semaines qu'il couchait presque tous les soirs avec celui-ci. Non il ne sortait pas avec, et juste s'imaginer lui en couple avec quelqu'un lui donnait un haut-le-coeur. Il baisait avec juste pour relâcher la pression du quotidien. C'était cru comme façon de qualifier leur relation mais c'était la vérité. Draco ne le dirait jamais à haute voix, et cela même sous la torture, mais il aimait être passif. La société était vraiment patriarcale, il ne voulait pas être stigmatisé et que l'on pense qu'il jouait le rôle de la « femme » durant le sexe. Il se sentait totalement en confiance dans sa masculinité, et il aimait être en dessous. C'était tout.

Il voyait le sexe avec Weasley comme un acte libérateur. Toute cette pression, sa frustration, ces refoulements.. Ils les extériorisaient avec Weasley. Pour une fois qu'il perdait totalement le contrôle, qu'il ne pensait à rien et qu'il n'avait pas à réfléchir sur ce qu'il devait dire, sur la manière dont il devait agir.. Garder constamment ce masque était fatiguant. Parfois Weasley était tellement doux et tendre avec lui qu'il pourrait en pleurer, parce que dans ces moments là il se sentait désiré, et que c'était bon de se sentir désirer par quelqu'un. Et parfois il le prenait brutalement, de manière quasi-animal et sauvage. Ils avaient ce type de rapport seulement lorsque l'un des deux passaient une mauvaise journée. Lui avait trop de fierté pour demander, mais Weasley savait anticiper. Mais la plupart du temps ce n'était ni trop doux, ni trop brutal. En bref, qu'importe le type de rapport qu'ils avaient, c'était toujours intense.

Il arrivait à Weasley de dormir dans sa chambre après le sexe, comme ce matin là. Cela n'arrivait qu'occasionnellement parce qu'il devait rentrer dans le dortoir des Gryffondors pour ne pas attirer les soupçons mais aussi parce que Draco ne voulait tout simplement pas qu'il dorme ici. Parfois ils se voyaient juste, discutant de tout et de rien. Il se surprenait même à aimer leurs discussions.

En ce moment Weasley l'agaçait, il devenait trop familier avec lui. Lorsqu'ils n'étaient que tout les deux il l'appelait par son prénom. Oh non il ne lui avait pas autorisé à le faire mais selon Weasley, vu les activités très physiques qu'ils faisaient ensemble, ils pouvaient au moins s'appeler par leurs prénoms. Et puis il avait cette manie à toujours l'embrasser sur le front ou sur la tempe, et il l'enlaçait aussi très souvent comme si c'était une petite créature fragile à couver. Cela ne le dérangeait pas il pouvait le supporter, tant qu'ils n'étaient que tout les deux. En public il lui adressait souvent des clins d'œils lorsque leurs regards se croisaient dans les couloirs ou en classe.. Idiot de Gryffondor.

Sa journée de la veille avait été à la fois merdique mais aussi jouissif. Il s'était senti accablé par ses problèmes alors dans un moment de faiblesse il avait envoyé une lettre à Weasley qui avait immédiatement répondu présent.

Il lança un incendio au message qu'il avait reçu de son père tôt dans la matinée. Il n'en recevait très rarement de sa part, c'était risqué pour lui vu qu'il était un fugitif activement recherché. Draco faisait de son mieux, ce n'était pas la peine de le harceler et de lui faire rappeler ce qui l'attendait s'il l'échouait. Lorsque le message brûla entièrement, sa marque le brûla aussitôt. Il en hurla de douleur.

Draco avait développé certains mécanismes de défense pour se protéger de la réalité lorsque celle-ci devenait trop difficile à supporter. Draco avait apprit dès le plus jeune âge à s'échapper par la pensée. Il s'imagina que ce n'était pas vraiment lui qui gesticulait de douleur sur ce grand lit, que ce n'était pas lui qui hurlait à s'en casser la voix car il souffrait, que ce n'était pas lui qui pleurait en espérant que la douleur disparaîsse, que cette personne n'était pas lui. Que rien de tout cela était réel et que même si ça l'était cela n'avait aucune importance puisque ce n'était pas lui, tout simplement.

Sa marque avait arrêté de le brûler, et la douleur avait finit par s'estomper, mais malgré ça il avait continué à pleurer comme un enfant prit en faute. Il n'avait pas bougé de son lit durant des heures, et avait été incapable d'aller en classe, et pour tout dire il n'avait aucune envie d'y aller.

Au début de l'après-midi dans un moment de détresse, et parce qu'il ne voulait pas de nouveau se faire submerger par ses pensées obsessionnelles, il avait envoyé un hibou à Weasley en lui demandant de venir dès qu'il le pouvait.Une quart-d'heure plus tard quelqu'un toqua à sa porte. Lorsqu'il l'ouvrit il fut très étonné de faire face à Weasley, barbouillé, rougit par l'effort et essoufflé. Il avait accourut pour venir jusqu'ici et cela le toucha plus qu'il ne le voudrait.

« Excuse-moi j'ai fait au plus vite ! J'étais avec Harry et Hermione, on devait aller- »

Puis Draco l'embrassa pour le faire taire. Il l'avait envoyé ce mot à la va-vite, et sincèrement il ne pensait pas que Weasley allait se pointer dans l'immédiat, encore moins planter Potter et Granger pour lui.

« Entre. »

Il se recula puis le fit entrer. Il le tira vers lui et s'allongea sur le lit, Weasley à califourchon sur lui. Ce dernier lui caressa lentement les joues, inquiet. Draco se souvint qu'il n'avait pas eu le temps de nettoyer son visage, cela devait sans doute se voir qu'il avait pleuré un peu plus tôt. Il se traita mentalement d'idiot d'avoir été si négligent sur ce détail important.

« Tu n'es pas venu en classe aujourd'hui.. Est-ce que tu veux en parler ? »

Draco secoua la tête, non il ne voulait pas en parler. Weasley l'embrassa avec douceur pour lui apporter du réconfort. Il lui mordilla le creux du cou, lui faisant un suçon. Le roux avait prit goût à lui faire des suçons. Même s'il lui répétait d'arrêter il n'en faisait qu'à sa tête. Mais au fond il ne les détestait pas, lorsqu'il se regardait dans le miroir il n'était plus autant dégoûté par son reflet. Ses suçons lui faisaient rappeler que son corps avait été désiré par quelqu'un, que sa personne avait été désiré. Il déboutonna sa chemise de nuit. Weasley voulut l'enlever entièrement pour dévoiler sa nudité, ce qui était impossible car ça serait lui révéler sa marque. Draco lui attrapa ses mains pour qu'il s'arrête dans son mouvement. Weasley haussa un sourcil.

« On n'a toujours pas dépassé le stade de la pudeur toi et moi ?

- Je ne veux pas montrer mes bras..

- Pourquoi ? »

Le silence ne suffirait pas cette fois-ci. Un jour Weasley en aurait marre de son silence, marre qu'à chaque question qu'il lui posait, il ne lui répondait jamais.

« J'ai des marques..

- Tu te mutiles ? » Lui demanda-t-il, paniqué et réellement inquiet.

« Auparavant oui.. »

Il ne méritait pas ce regard. C'était la première fois qu'il se sentait coupable de mentir ouvertement à quelqu'un. Mais grâce à ce mensonge il n'insisterait plus pour le déshabiller entièrement.

« Ne pleurniche pas, je t'ai dit que j'avais arrêté.

- Tu ne peux pas me demander d'arrêter de m'inquiéter pour toi. »

Il ne savait pas quoi dire, c'était très rare que l'on s'inquiétait pour lui. Il y avait sa mère.. Mais là c'était différent. Il se redressa puis inversa leurs positions. Il lui enleva sa chemise de manière pressante. Draco lui adressa un sourire charmeur, puis ondula son bassin contre le sien, pressant son début d'érection contre la sienne. Le roux soupira de plaisir. Il ne se sentait plus aussi mal qu'en début de matinée, et cela grâce au roux.

« Weasley.. Laisse-moi te faire du bien. »

Le roux lui embrassa le front, puis la tempe. Toute cette douceur qu'il lui donnait lui faisait un peu oublier ce temps de guerre. Ron l'enserra dans ses bras. Et pour la première fois depuis le début de l'année scolaire Draco se sentait bien dans ce monde. Ils restèrent ainsi pendant plusieurs minutes avant que Weasley ne dise :

« On va devoir se voir moins souvent. Les autres commencent à se poser des questions, et avec les suçons que tu me fais et les griffures que j'ai sur le dos.. C'est assez difficile à expliquer.

- Surtout que tu ne sais pas mentir..

- Hn, habituellement je ne cache jamais rien à mes amis.

- Et tu ne pourras pas leur cacher ce que je vais te faire.. »

Draco se redressa en s'appuyant sur son torse, il lécha le creux de son cou puis le mordilla, le faisant haleter. Il se redressa, touchant du bout des doigts le suçon qu'il vint de lui faire, puis toucha celui qu'il lui avait fait à la clavicule la veille, un rictus satisfait aux lèvres. Lui aussi avait prit goût à lui faire des suçons, surtout sur son torse.

« J'arriverai à survivre sans te voir tu sais.

- T'en es vraiment sûr ? » Lui demanda-t-il d'une voix grave en caressant son flanc, descendant plus bas sans quitter des yeux Draco qui en frissonna d'anticipation, puis il caressa la bosse qui commençait à gonfler sous son boxer.

« Espèce d'obsédé.

- Mais cela ne te déplaît pas. » Puis Weasley se redressa pour l'embrasser.


Les seuls moments où Weasley et lui se voyaient s'étaient lorsqu'ils faisaient leurs rondes ensemble, parfois cela leur arrivaient de s'envoyer rapidement en l'air après leurs rondes dans un petit placard à balai. Le roux s'excusait constamment, lui répétant qu'il lui manquait. Cela exaspérait Draco, il n'était pas un Poufsouffle, il allait bien. Il se doutait que Weasley magouillait un plan pas net avec Potter. Leurs joutes d'insultes reprirent de nouveau, était-ce pathétique de dire que ces échanges étaient l'un des rares moments de bonheur de ses journées ? En y réfléchissant oui, c'était vraiment pathétique. La reconstruction de l'armoire avançait et cela plus rapidement depuis qu'il ne couchait plus avec Weasley de manière régulière, il avait beaucoup plus de temps et d'énergie à dépenser à la réparation de cette stupide armoire.

D'ailleurs il n'avait pas vu le roux de toute la journée, non pas que cela l'inquiétait outre mesure mais ce fut étrange car il ne quittait presque jamais Potter, à croire qu'ils ne pouvaient pas se séparer pendant au moins deux heures ces deux-là. Peut-être était-il malade, mais si cela avait été le cas Weasley lui aurait envoyé un hibou pour le prévenir, pensant bêtement que Draco était le genre de personne à s'inquiéter et à paniquer pour un rien.

C'était l'heure du dîner, mais toujours aucune trace de Weasley. Il ne manquait jamais un repas, surtout le dîner qui pour le roux était le repas le plus important de sa journée. Il lui avait révélé que dîner était une belle consolation pour conclure une journée, depuis il disait que c'était le fait de venir le voir lui qui était devenu sa belle consolation de sa journée.

Granger, Weasley fille et Potter avaient mangé à la va-vite, et avaient précipitamment quitté la Grande Salle. Lui piochait dans son assiette, se forçant à manger.

« Vous êtes au courant ? » Demanda Pansy en s'asseyant avec eux, puis elle enchaîna.

« Notre roi Weasley est à l'infirmerie ! »

Draco releva la tête un peu trop rapidement et il espérait que personne ne l'ait remarqué.

« Et donc ? Qu'est-ce que cela peut nous faire Pansy ? » Demanda Blaise.

« Ces stupides Gryffondors sont tout le temps à l'infirmerie. » Poursuivit Draco de manière détachée.

« Il a été empoisonné ! Il était chez Slughorn avec Potter hier parce qu'il aurait bu un philtre d'amour, d'ailleurs la personne qui lui a donné ce filtre devait être sacrément désespéré.. Il y a vraiment des gens qui sont attirés par Weasley ? » Pouffa-t-elle.

Oui, lui. Si cela ne tenait qu'à lui ils coucheraient ensemble tous les jours, toute la journée, et cela pendant plusieurs heures. Pansy n'y connaissait rien, de toute façon elle était incapable de discerner quoi que ce soit.

« Continue Pansy ! » La pressa Daphnée, avide de connaître tout les potins de cette école.

« Et doooooonc. » Dit-elle avant de continuer.

« Il aurait bu de l'hydromel dans lequel il y avait du poison, ils l'ont sauvé juste à temps. Je me demande qui en voudrait à Weasley au point de vouloir l'empoisonner.. Je veux dire, la seule chose que Weasley fait de mieux est de suivre Potter comme un chien. » Commenta Pansy, réfléchissant sincèrement à la question. Blaise répondit :

« Moi je pense que c'était Slughorn qui était visé, Weasley est juste un dommage collatéral.

- Peut-être.. » Intervint Millicent.

« Si Slughorn était visé, alors l'assassin n'est vraiment pas doué puisqu'il a loupé son coup.

- Mais attendez.. Cela veut dire que c'est une deuxième tentative d'assassinat.. » Surenchérit Daphnée. Pansy plaqua ses mains sur sa bouche, horrifié comme beaucoup attablés autour d'eux.

« Il y a un assassin à Poudlard.. »

Puis Draco arrêta de les écouter, se concentrant de nouveau sur son assiette.« L'assassin n'est vraiment pas doué puisqu'il a loupé son coup ». Merde, jamais il penserait un jour donner raison à Pansy. Il n'avait plus d'appétit et voulut s'en aller sur le champ.

[…]

Draco n'avait pas l'esprit tranquille, comment le pourrait-il ? Il avait failli tuer Weasley qui était devenu son.. Amant. Enfin bref, ce n'était pas le moment de déterminer quel rôle jouait Weasley dans sa vie. Mais ça serait de mauvaise foi de dire qu'il ne comptait pas un tant soit peu pour lui vu qu'à chaque fois qu'il le voyait la première chose qu'il voulait faire était de l'embrasser.

Il n'était pas du tout fatigué et il n'arrivait pas à trouver le sommeil, donc il s'était décidé à aller à l'infirmerie. Il n'y avait personne à cette heure-ci, il était deux heures du matin passé. S'il tombait sur quelqu'un il ferait semblant d'être somnambule. Une fois face à l'entrée il se faufila discrètement à l'intérieur. L'infirmerie était éclairée par la pleine lune, le silence régnait dans la pièce ce qui ne fit qu'accroître son anxiété. Plus il s'avançait dans la pièce plus son cœur s'affolait, les battements de son cœur l'assourdissaient. Puis il fit face au pied du lit de Weasley et ce qu'il vit l'horrifia : Le teint de Weasley était pâle, ses cheveux roux semblaient avoir perdu de son éclat. Il avait l'impression d'être face à un cadavre. Il fut incapable de s'approcher davantage de lui.

Tout ça.. Tout ça était de sa faute, il l'avait envoyé dans le couloir de la mort. Tout était de sa faute. C'était le symbole de son erreur et de son incompétence. Tout était de sa faute. Il s'enfuit de l'infirmerie. Il marcha très rapidement à travers les couloirs. Il voulait aller loin de Weasley, loin de l'infirmerie, loin de son erreur. Tout était de sa faute.

Il entra dans les toilettes puis vomit son dîner dans la première cuvette qu'il lui tomba dessus. Lorsqu'il n'eut plus rien à vomir, il tira la chasse puis alla se rincer la bouche au lavabo. Il scruta son reflet, mais il ne discerna pas grand chose car ses yeux s'embrumèrent de larmes. Il se tint au rebord du lavabo pour ne pas s'effondrer au sol. Les larmes qu'il tentait vainement de retenir tombaient goutte par goutte dans la vasque du lavabo.

« C'est de ma faute.. »

Son masque d'indifférence tombait en miette. Son cerveau tournait en boucle cette phrase. Aucun de ces mécanismes ne l'aidaient à digérer cette information, rien ne l'aidait et le consolait. Weasley avait failli mourir par sa faute, par sa lâcheté car il était faible. Et d'autres pensées plus sombres qu'il avait terré au plus profond de lui revinrent en pleine face. Il se retint de hurler de frustration, alors il pleura, tellement qu'il n'arrivait plus à respirer, que la morve coulait le long de son nez et que cela lui était complètement égal. Parce que tout ce qu'il pouvait faire maintenant était de pleurer.

« Tout est de ma faute..

- Qu'est-ce qui est de ta faute ? » Demanda une voix aiguë, l'interrompant dans ses pensées les plus sombres.

Draco sursauta et leva la tête, reniflant. À qui appartenait cette voix aiguë ? Qui était la grognasse qui l'avait surprit en train de pleurer ? Il retourna, serrant sa baguette dans la main. Un fantôme. Il ne manquait plus que cela, il attirait même la pitié d'un fantôme.

« Je m'appelle Mimi Geignarde, qu'est-ce-qui est de ta faute ?

- Cela ne te regarde pas. » Lui répondit froidement le blond.

« Allez raconte-moi, je m'ennuie dans ces toilettes.. Tu connais Harry Potter ? Il m'avait promit de venir me voir mais il n'est jamais venu..

- Même les morts me saoulent avec lui.. » Grogna dans sa barbe Draco, mais le fantôme face à lui ne sembla pas entendre sa remarque.

« Tu ne veux vraiment pas me dire ce qui ne va pas ?

- Fous-moi la paix et va hanter Potter.

- Je veux seulement t'aider-

- Et je n'ai pas besoin de ton aide, je n'ai pas besoin de ta pitié ! Ma simple présence te divertis. Cela fait combien de temps que tu es morte hein ? À errer et pleurer seule dans ces toilettes crades ? C'est tellement pathétique. C'est moi qui ait pitié de toi.

- Tu es aussi horrible que cet affreux rouquin qui traîne avec Harry ! Moi qui voulait être simplement gentille avec toooooooooi ! » S'écria-t-elle en éclatant en sanglot.

Elle avait mentionné Weasley, ce qui ne l'aidait pas à aller mieux et il ne voulait même pas en savoir plus sur cette histoire. Au bout d'un moment elle se calma, voyant que lui ne réagissait pas mais la dévisageait avec lassitude. En vrai il était plus agacé qu'autre chose.

« T'as fini de pleurer ?

- Je vais oublier que tu as été méchant avec moi car tu as l'air vraiment triste..

- Mêle-toi de tes affaires ! Qu'est-ce-que t'en sais de ce que je ressens ?

- Je sais reconnaître le désespoir.. Si tu as besoin de parler tu peux revenir ici, et c'est un endroit tranquille pour pleurer.. »

Puis elle disparut en ravalant ses larmes, ne lui laissant pas le temps de répondre. Il resta seul un moment, méditant sur ce qui venait de se passer. Quelqu'un était prêt à l'écouter sans rien attendre en retour, oui certes c'était un fantôme, qui paraissait sans gêne et très bruyant mais ses aptitudes sociales n'étaient vraiment pas excellentes, il ne pouvait pas avoir mieux. C'était rassurant, mais était-il assez désespéré pour se confier à elle ? Sûrement.. Oui. Il renifla de nouveau, se rinça le visage pour enlever la preuve de sa culpabilité puis quitta les toilettes pour regagner sa chambre.


Draco n'avait plus osé remettre les pieds à l'infirmerie. L'image de Weasley mourant sur le lit de l'infirmerie le hantait chaque nuit, donc il ne dormait encore moins bien qu'avant. Son moral était au plus bas, lui qui au début de l'année pensait qu'il ne pouvait pas tomber encore plus bas... Et il avait aussi comprit quelque chose d'important : le sort de Weasley ne le laissait pas si indifférent que cela. Il ne savait pas s'il ressentait ça à cause de la culpabilité ou à cause d'une autre chose, et il espérait sincèrement que c'était dû à la culpabilité.

Draco pensait sans cesse à Weasley, ayant constamment cette boule à l'estomac qu'il voulait vomir à tout prix. Il avait entendu la veille qu'il s'était réveillé mais qu'il était encore trop faible pour pouvoir revenir en classe. Il ne savait rien de plus et personne n'allait rien lui dire au sujet de son état de santé puisqu'ils étaient censés se haïr. Même si Weasley allait bien cela ne l'empêchait pas de se sentir coupable. Il ne voulait pas devenir le genre de personne qui buvait à l'excès pour oublier ses problèmes mais sincèrement, il avait besoin de boire de l'alcool. Il ne pouvait même plus piquer de l'alcool à Slughorn car ce dernier avait jeté toutes ses réserves d'alcool suite à l'incident. Peut-être devrait-il en demander à Severus ? D'ailleurs ce dernier était face à lui, le regardant d'un air réprobateur, les bras croisés contre sa poitrine.

« Draco, est-ce que vous m'écoutez ? » L'appela son professeur qui avait l'air d'attendre une réponse de sa part.

« Qu'est-ce-qu'il y a ? » Demanda-t-il, lasse.

« Vous avez failli tuer deux élèves, cela fait déjà beaucoup.

- Je le sais, ce n'est pas la peine de me le répéter tous les jours. » Il subissait déjà assez avec sa conscience donc oui c'était impossible pour lui d'oublier.

« Acceptez mon aide à présent, vous n'y arriverez pas tout seul.

- Pour que vous récoltez toute la réussite et que de ce fait cela condamnera ma famille ? Hors de question !

- Pour qui me prenez-vous ? Vous êtes aussi borné que Potter lorsque vous vous y mettez. » Puis Severus se lança dans un monologue qu'il n'écouta à peine. Il parlait trop vite et son cerveau était trop à la traîne pour suivre quoi que ce soit. Ces derniers mois il avait quelques soucis d'attention et de concentration. Lorsqu'il remarqua qu'il avait cessé de parler il répondit :

« Si vous voulez réellement m'aider ne vous mêlez pas de cette histoire, c'est ma mission ! Puis-je m'en aller à présent ? » Demanda-t-il, s'impatientant.

« Sachez que je n'en resterai pas là. »

Et d'un mouvement de baguette il ouvrit la porte. Draco prit son sac qu'il jeta négligemment sur son épaule puis quitta la salle. Il fulminait et marcha à la hâte à travers les couloirs. Snape l'avait convoqué pour la sixième fois dans la semaine pour lui faire un discours moralisateur. Cela devenait du harcèlement. Severus était devenu l'un de ses bourreaux, au même titre que son père.

Draco releva la tête, il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait marché jusqu'au couloir qui menait à l'infirmerie. Il perçut Potter, Weasley fille et Granger en sortir. Il se cacha rapidement derrière un mur, et put entendre un bout de leur conversation.

« Tu vois Hermione ? Je te l'avais bien dit. » Commença Potter.

« C'est une question de temps avant que vous ne vous mettiez ensemble. » Renchérit Weasley fille.

Granger rougit légèrement à sa remarque puis sourit, ce même sourire qu'elle avait lorsqu'elle donnait une bonne réponse en classe. Il se retint de pouffer de rire, la trouvant stupide et niaise. Il ne put en entendre davantage qu'ils s'éloignèrent dans la direction opposé. Une élève de serdaigle le devança, courant précipitamment jusqu'à l'infirmerie puis s'écria à l'entrée en ouvrant brusquement la porte :

« Madame ! Celiana fait une nouvelle crise !

- Encore ?! J'arrive tout de suite ! » S'alarma l'infirmière en suivant à la hâte l'élève.

Eh bien, c'était sa chance. Il pourrait entrer à l'infirmerie sans problème. Il ouvrit doucement la porte puis la referma derrière lui. Il marcha d'un pas lent jusqu'au pied du lit de Weasley. Ce dernier avait reprit des couleurs, il semblait même dormir puisqu'il l'entendit marmonner. Il se rapprocha de lui puis lui caressa les cheveux avant de tirer légèrement dessus.

« Weasley. » Chuchota Draco.

Ledit Weasley se réveilla en ouvrant doucement les yeux, puis lui adressa un petit sourire.

« Hey Draco..

- Imbécile, je me retiens vraiment de te frapper.

- Désolé de t'avoir inquiété..

- Ne t'excuse pas. »

Ça serait plutôt à moi de m'excuser pensa-t-il.

Sa main ne voulait pas quitter ses cheveux si doux au toucher, continuant ses caresses. Il était réellement soulagé de le voir en vie, et réveiller. Il se sentit beaucoup mieux maintenant.

« Quand est-ce que tu vas finir par m'appeler par mon prénom ?

- Les habitudes ont la peau dure. »

On n'avait jamais donné de la tendresse à Draco, donc il ne savait pas comment en donner à Weasley. Alors il lui embrassa le front, la tempe et la joue comme Weasley avait l'habitude de le faire pour lui. Il méritait un peu de tendresse de sa part après ce qu'il avait traversé par sa faute.

« J'ai vraiment envie de te rouler une pelle et de te prendre sur ce lit.

- Tu manques vraiment de délicatesse dans ta manière de dire les choses. »

Lui aussi avait envie de lui rouler une pelle et de lui faire d'autres gâteries sauf qu'il n'avait pas la même honnêteté que Weasley pour le dire à voix haute, ce mec n'avait vraiment aucun tact. Il soupira, s'assit au bord du lit puis posa ses lèvres sur les siennes. L'embrasser lui avait manqué. Ils s'embrassèrent à en perdre haleine, Weasley passa une main derrière sa nuque pour approfondir le baiser tandis que Draco posa ses mains sur ses joues. Ils cessèrent pour reprendre leurs respirations, posant son front contre le sien.

« Je savais que je t'avais manqué. » Ne put dire Weasley, reprenant sa respiration.

« Ferme-là Weas.. Ron. » Se reprit-il.

Le sourire de Ron s'agrandit, c'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom à voix haute. Draco retira le drap, puis sa main se fit baladeuse, glissant jusqu'à son entrejambe. Il commença à la caresser à travers sa robe de chambre. La respiration de Ron devint irrégulière.

« Draco.. On ne devrait pas-

- Tais-toi et laisse-toi faire. »

Il releva sa robe de chambre puis abaissa son boxer. Draco referma sa main autour de la virilité de Ron qui commençait à durcir et gonfler. Il commença à le masturber à un rythme soutenu, entamant un va-et-vient avec sa main tandis qu'avec l'autre caressait ses testicules. La respiration de Ron s'accéléra car il le stimulait de plus en plus vite. Après cette petite torture et surtout qu'il ne pouvait pas se permettre de faire durer le plaisir aussi longtemps qu'il le souhaitait vu que Pomfresh pouvait revenir à tout moment, il donna quelques petits coups de langues sur son gland avant de le prendre en bouche, attrapant la base de son érection de sa main droite. Il continua également de malaxer ses testicules. La main de Ron était logé dans sa chevelure blonde, la caressant, lui donnant le rythme et tirant parfois dessus. Ses cheveux seraient en désordre après cela, heureusement qu'il avait arrêté de mettre du gel depuis sa quatrième année sinon il aurait sans doute éclater de rage. Lorsqu'il sentit le liquide séminal contre sa langue, il prit presque entièrement sa verge en bouche car c'était impossible pour lui de tout prendre en bouche, c'était trop grand, trop gros.. Il pouvait sentir le gland buter contre son palet. Ron gémit fortement sous le coup du plaisir et de la surprise, le blond lui pinça la cuisse pour l'inciter à faire moins de bruit. Il allait de plus en plus vite, son gland frappant à chaque fois son palet et sa langue ne resta pas inactive non plus, suçotant et s'enroulant autour de son érection.

« Merde Draco.. Je vais.. »

Il ne fallut que deux-trois va-et-vient puis il se libéra dans sa bouche. Il s'efforça d'avaler entièrement, ne laissant aucune goûte, même si à un moment il faillit s'étouffer. Il se redressa pour lui faire face, Weasley affichait un stupide sourire de bien-heureux.

« C'est la meilleure pipe que j'ai eu de ma vie, si j'avais su qu'il me suffisait de frôler la mort pour ça.

- Reviens de nouveau blessé à l'infirmerie et je te la coupe. »

Il lui pinça la cuisse puis lui remit son boxer et sa robe de chambre correctement comme si rien ne s'était passé entre ces murs. Draco remit un peu d'ordre dans ses cheveux, même si ce fut compliqué à faire sans miroir.

« Approche. »

Draco obéit. Weasley tendit le bras pour essuyer avec son pouce une éclaboussure de son sperme qui était collé en dessous de ses lèvres.

« Approche-toi encore.. »

Il approcha son visage du sien puis l'embrassa chastement les lèvres. La main de Weasley se faufila sous sa robe de sorcier, touchant son érection. Il gémit doucement. Il commença à masser le renflement grossissant à travers son pantalon lorsque des bruits de pas se rapprochèrent d'eux. Il reconnut la voix de Potter résonner au loin. Il continua quand même de la masser, pressant doucement dessus, ce qui fit gémir Draco. Il posa sa tête contre le creux du Ron. Ses mains s'appuyaient sur ses épaules, soupirant et gémissant doucement.

« On est toujours interrompu dans les meilleurs moments.. Je me rattraperai pour ça.

- Tu pourras te rattraper en venant dans ma chambre lorsque tu te sentiras mieux et que ah- »

Sa phrase s'interrompit par un gémissement, Ron allait de plus en plus vite dans ses mouvements. Ce n'était pas juste qu'ils soient interrompus maintenant. Merde.

« Et que tu n'auras ni Potter ni Granger dans les pattes.. Le mot de passe pour hmmm.. le tableau est Geminorum, tâche de ne pas l'oublier. »

Il enleva la main de Weasley de son entrejambe vu qu'il ne s'était pas décidé à le faire de lui-même, décidé à le taquiner jusqu'au bout. Il remit correctement sa robe afin que son érection ne se voit pas. Sa respiration était erratique, alors il prit une grande inspiration pour se calmer. Weasley fit une mine boudeuse puis répondit avec un sourire :

« Je n'oublierai pas. »

Draco lui adressa un dernier sourire en coin puis se recula de lui. La porte de l'infirmerie s'ouvrit à ce moment là. Il tourna la tête et croisa le regard furieux de Potter qui brandissait déjà sa baguette. Il s'approcha de lui de manière menaçante, Weasley fille tenta de le retenir et Granger accourut vers Weasley, lui tenant la main pour s'assurer s'il allait bien. Elle lui caressa les cheveux comme Draco l'avait fait pour lui un peu plus tôt. Weasley lui fit arrêter son geste en attrapant sa main, sentant sûrement le regard menaçant du blond sur sa personne. Sa colère commença à se refléter sur son visage, son érection était bien vite redescendue.

« Qu'est-ce-que tu fous ici Malfoy ?

- En quoi cela te regarde, Potter ? » Cracha-t-il.

Il était en colère, et ce n'était pas le moment de le provoquer car il serait capable de lancer un sortilège impardonnable. Il se décida à l'ignorer. Il passa devant lui en le bousculant, se dirigeant vers la sortie.

« Reviens ici tout de suite la fouine, on n'en a pas terminé !

- Arrête il ne m'a rien fait. » Intervint Weasley.

Cette phrase calma Potter, qui se tourna aussitôt face à son ami, confus, lui demandant du regard de s'expliquer. Ce dernier semblait paniqué, il était vraiment un piètre menteur. Draco se retint de sourire face au visage si expressif du roux.

« Il cherchait juste Pomfresh et il allait repartir lorsque vous êtes arrivés. »

Draco avait cette soudaine envie d'embrasser Weasley juste pour leur faire fermer leurs clapets et leur faire le choc de leur vie. Il avait toujours adoré ébranler le monde par ses actions ou ses paroles, tant qu'il ne laissait pas indifférent la personne face à lui il était gagnant. Il s'imagina Potter s'évanouir, Granger pleurer en reniflant péniblement la morve qui menaçait de couler de son nez et Weasley fille.. Bah il s'en fichait un peu de sa réaction à elle. Et juste ce petit moment d'imagination le fit légèrement sourire, ce qui agaça Potter qu'il le remarqua. Il lança un dernier regard moqueur à Potter et Granger avant de s'adresser à Ron.

« Bon rétablissement Weasley, on se reverra prochainement. Tâche de ne pas m'oublier. » Dit-il dans une dernière provocation avec un sourire énigmatique puis il quitta l'infirmerie.

Cependant son sourire disparut bien vite, et sa colère revint au galop. En bas des escaliers il croisa Blaise, assit sur une marche. Ce dernier abordait un petit sourire malicieux aux lèvres. Blaise se releva lorsqu'il l'aperçut à son tour, et son sourire s'accentua. Draco haïssait ce sourire, et ce sourire avait même un nom : le sourire de l'enfoiré moqueur. Blaise souriait ainsi lorsqu'il avait découvert quelque chose d'embarrassant sur une personne et qu'il était prêt à jouer avec les nerfs de sa victime. Blaise était une personne sadique, sans doute pire que lui.

Draco le contourna et se rendit aux toilettes des hommes, suivit par Blaise qui resta silencieux, mais affichait toujours son sourire d'enfoiré moqueur. Le fait de savoir que Granger était avec Ron, qu'elle devait sans doute le toucher en ce moment même le fit de nouveau entrer dans une colère noire. Il vérifia rapidement qu'il n'y ait personne dans les toilettes puis fit exploser sa colère en donnant un coup de poing dans l'un des miroirs, le brisant.

Blaise n'eut aucune réaction, ce n'était pas la première fois qu'il le voyait s'emporter de la sorte.

Draco arrivait parfaitement à gérer ses émotions sauf une seule : la colère. Mais pas n'importe quel type de colère : cette colère qui faisait perdre totalement le contrôle de la lucidité, où la seule chose qui se dessinait dans l'esprit était le désir d'attaquer, de détruire et de faire mal. Et vu qu'il avait des problèmes à gérer ce type de colère il s'emportait soit en cassant des premiers objets à porter de main soit en donnant des coups de poings à des miroirs ou à des murs. Sauf que les objets ne rendaient pas les coups, il se faisait plus de mal qu'autre chose dans ces moments là. Heureusement que cela n'arrivait que très rarement.

Il prit une grande inspiration, il pouvait sentir le sang couler le long de ses phalanges. Il tendit sa main vers son ami car il n'aimait pas la vue du sang, en particulier celle de son propre sang.

« Tu m'aides ? »

- Sérieusement Draco, pour la énième fois je ne suis pas infirmière. »

Malheureusement pour Blaise c'était souvent à lui de le soigner lorsqu'il s'emportait de la sorte. Il jeta un premier sort pour enlever les morceaux de verres incrustés dans son poing puis un autre pour arrêter les saignements.

« C'est tout ce que je puisse faire.

- Et c'est déjà pas mal, même si j'ai un peu mal en serrant le poing.

- Du coup ce n'est pas le moment pour te demander comment va Weasley ?

- Qu'est-ce-que j'en saurais ?

- Draco, pas à moi. Lorsqu'il était à l'infirmerie tu étais encore plus à cran que d'habitude, dès que tu entendais son nom tu relevais aussitôt la tête. J'ai aussi remarqué comment tu le regardais parfois lorsque tu penses que personne ne fait attention, au moins tu es discret mais lui... C'est à la limite s'il ne te bouffe pas du regard ! Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

- Je suis préoccupé par beaucoup de choses.. La dernière chose dont j'ai besoin soit que tout le monde sache que je suis gay et que je couche avec Ron.

- Oh.. Ron hein ? » Dit son ami, très amusé. Puis il reprit son sérieux.

« Je ne t'aurais jamais jugé sur ça.. Moi je m'en fous moi avec qui tu t'envoies en l'air, si tu prends ton pied c'est cool pour toi. »

La phrase pourrait paraître cru, mais pour Draco se fut la plus belle déclaration d'amitié qu'il n'ait jamais eu.

« Si j'étais un poufsouffle je t'aurais enlacé.

- Garde tes gestes de tendresse pour ton rouquin.

- La ferme Blaise. »


Weasley était sorti de l'infirmerie onze jours plus tard. Et depuis lors avait prit la décision de ne plus jamais l'appeler Ron.

Pour commencer, le lendemain de sa visite à l'infirmerie il avait été convoqué par cette vieille mégère de McGonagall. Une source anonyme, pas si anonyme que ça il n'était pas idiot, lui avait rapporté qu'il aurait menacé Weasley durant sa convalescence. Si elle savait ce qu'il lui avait réellement fait sur ce lit elle en perdrait tout ses cheveux gris. À cause de cette histoire les binômes pour les rondes avaient dû être de nouveau changé. Weasley faisait ses rondes avec Granger et lui devait se coltiner ce sentimental fleur bleue de Ernie Macmillan. Ces derniers temps ses opinions, ses jugements et sa vision sur ce monde merdique changeaient, mais son opinion sur les Poufsouffles ne changera jamais.

Les rumeurs au sujet du potentiel couple Granger/Weasley fusèrent de partout, à croire que les gens ne pouvaient pas parler d'autre chose dans cette foutue école. Tout le monde avait remarqué que le roux était constamment avec cette sang-de-bourbe, et elle le collait de partout. Lui avait bien remarqué les regards, les tentatives de séduction de Granger pour toucher et se rapprocher de Weasley, mais lui était trop bêta pour s'en rendre compte.

Et tout le monde -ou presque- se réjouissait de leur rapprochement. Il en avait entendu des rumeurs, comme celle où Weasley aurait murmuré à plusieurs reprises le prénom de Granger lorsqu'il était inconscient. Et Brown avait prit bien soin de dire à qui le voulait entendre que Weasley l'avait trompé avec elle, qu'elle les avait vu s'embrasser et qu'en plus de cela il le narguait en ne cachant à peine ses suçons.. Bon les suçons s'étaient son œuvre donc il ne croyait pas trop à ces rumeurs là mais Weasley ne faisait rien pour les démentir. Ce dernier lui avait envoyé un hibou pour lui dire qu'ils ne pourraient ni se voir ni se contacter durant une période indéterminée, et que ça serait lui qui le contacterait en premier. Il n'avait plus eu de nouvelles depuis neuf jours.

Plus les jours passaient plus sa colère et sa frustration s'accentuaient. Frapper et jeter des objets à tout va dans la Salle sur Demande n'avaient plus suffit à calmer ses nerfs. Vu qu'il ne pouvait plus évacuer la pression du quotidien en couchant avec Weasley par la faute de Granger et qu'il lui fallait un nouveau exutoire, il s'acharnait sur elle. Oh il provoquait également un peu les autres Gryffondors, mais il était beaucoup plus cinglant avec elle comme il ne l'avait jamais été. Dès qu'il la voyait il lui balançait les pires atrocités, la rabaissant et disant les pires crasses sur sa personne, et les Serpentards avaient commencé à l'imiter.

Draco avait toujours eu le don d'appuyer là où ça faisait mal, de trouver et d'exploiter les faiblesses d'une personne. Pour autrui cela faisait de lui un salaud, et beaucoup le détestaient pour ça. Mais lui voyait ça comme une qualité héréditaire, et il restait toujours politiquement correct dans ces propos.. Enfin la majeur partie du temps. Il savait qu'il ne changerait jamais et puis de toute façon il n'en avait jamais eu l'intention.

Mais cet acharnement n'amusait pas Blaise, à son plus grand étonnement. Blaise était un sadique, en surplus un enfoiré et c'était sans doute pour ça qu'il l'appréciait. Il lui répétait constamment d'arrêter, que ce n'était pas en agissant de la sorte que Weasley reviendrait vers lui bien au contraire. Est-ce qu'il voulait que Weasley revienne vers lui ? Non. Il pouvait aller se faire foutre.

Quatre jours auparavant, en allant voir Blaise et Théodore dans la salle commune des Serpentard, il avait surprit Granger pleurer dans un couloir isolé non loin des cachots après une énième altercation. Draco lui avait simplement dit qu'elle avait beau avoir les meilleures notes de la classe elle ne resterait qu'une sang-de-bourbe de bas étage, que ce n'était pas ses notes qui allaient y changer quoi que ce soit et qu'elle ne serait jamais considérée comme une véritable sorcière dans leur société actuelle, provoquant l'hilarité chez les Serpentards. Le plus drôle dans cette histoire fut que Snape, qui avait été témoin de la scène, retira cinquante points à Gryffondors pour bruitage dans les couloirs. Ce n'était pas la peine de se mettre dans un état pareil pour si peu, il lui avait dit pire dans la semaine et elle s'en était plutôt bien remit. Normalement il aurait jubilé de la voir pleurer, mais c'était Weasley qui l'avait consolé en la berçant dans ses bras, l'embrassant sur le sommet du crâne et sur la tempe. Cela le rendit encore plus furieux.

Aujourd'hui en début de matinée Pansy s'était battue avec elle. Il n'avait pas assisté au début de leur dispute, il n'en avait pas eu besoin il savait que c'était Pansy qui avait ouvert les hostilités, c'était toujours elle qui commençait. Mais il avait été aux premières loges lorsque Granger avait donné le premier coup, puis Pansy s'était tout naturellement défendue. Il ne s'était pas empêché de sourire face à ce spectacle. Une bagarre à la moldu c'était rare dans cette école de sorciers. C'était tellement jouissif de voir ça, et cela aurait dû être le moment le plus drôle de sa semaine si dans un premier temps Weasley et Blaise ne s'étaient pas interposés et si deuxièmement, Weasley ne lui avait pas lancé ce regard rempli de haine et de déception. Le regard que lui avait lancé Weasley l'avait hanté toute la journée. C'était à lui de lui lancer ce regard, lui qui avait été ignoré et négligé. Et il se promit de se venger de cet affront, sinon il ne s'appellerait pas Draco Malfoy.

Ce fut de très mauvaise humeur qu'il fit le chemin jusqu'à sa chambre après le dîner. Il formula le mot de passe afin d'entrer dans sa chambre. Dès qu'il entra il jeta négligemment son sac à l'entrée. Il s'engouffra dans sa chambre et qu'elle ne fut pas sa surprise en voyant Weasley, planter là face à lui, croisant les bras. Oups,il avait l'air vraiment en colère. Son visage était aussi rouge que ses cheveux, d'ailleurs ses cheveux semblaient s'hérisser. Dans d'autres circonstances il se serait moqué de lui mais là il avait tout sauf l'envie de rire. Il lui adressa un sourire cynique.

« Tiens tiens tiens.. Qu'est-ce-que tu fais dans ma chambre ? Je te pensais trop « occupé » pour que l'on se voit.

- Ne commence pas.

- Je n'ai encore rien commencé, je t'ai simplement posé une question mais puisque tu ne la comprends pas je vais la réitérer : Qu'est-ce-que tu fous là Weasley ? » Demanda-t-il froidement, sa patience avait des limites très très basses ces derniers temps.

« Je veux que tu arrêtes cet acharnement envers Hermione. »

Ah. Donc ce n'était pas pour lui qu'il était là mais pour elle. Il tiqua, il lui fallut beaucoup d'effort pour masquer sa colère qui commençait doucement à pointer le bout de son nez.

« Mon comportement envers elle n'a pas changé. Si ta copine.. » Commença-t-il en crachant sur le mot copine avant de reprendre.

« .. ne sait ni gérer la pression ni les remarques, elle n'a qu'à aller voir un psychomage ou même quitter cette école. J'organiserai personnellement la fête de départ.

- Tu t'acharnes encore plus sur elle que d'habitude et les autres serpentards suivent le mouvement ! Cette après-midi Parkinson et Bulstrode lui ont tendu un guet-apens dans les toilettes des filles et l'ont frappé ! Elle a des bleus sur les avant-bras et sur les poignets ! Si Ginny et Demelza ne les avaient pas surprit elles seraient allées beaucoup plus loin ! »

Il n'était pas au courant de cette histoire. Pansy avait toujours détesté Granger, c'était son némésis. Du coup lorsqu'elle l'avait vu la manière donc il s'acharnait sur elle, Pansy ne s'était pas gênée pour faire la même chose, voir en faire beaucoup plus que lui. Il avait réveillé un monstre, et sa proie était Granger. Mais il ne voulait pas que cet acharnement devienne physique. Cela pourrait en étonner plus d'un mais il détestait la violence. Pour lui les gens violents étaient des personnes dénuées de bon sens qui ne savaient pas dialoguer.. Bon là il faisait un peu la description de Pansy.

« Alors pourquoi viens-tu me voir moiau lieu de la consolerelle?

- Car tout ça c'est de ta faute ! Si tu t'arrêtes tes serpents le feront également !

- Tu n'abuses pas un peu là ? Ce n'est pas comme si elle avait été blessé au point d'être envoyé à l'infirmerie. Et puis je ne leur ai rien demandé de faire moi, ils sont libres de faire ce qu'il veulent.

- Je suis en train de te dire qu'elle a des bleus par ta faute et tu en as l'air de t'en foutre royalement !

- Parce que je m'en fous royalement. Les petits désagréments de la vie quotidienne de Granger sont le cadet de mes soucis.

- Tu manques vraiment de compassion.. Tu es aussi cruel et malveillant que ton père ! »

Wow. Draco ne l'avait pas vu venir celle-là. La dernière chose dont il voulait entendre parler était de son père, alors le comparer à lui... Pourquoi était-il autant blessé ? Qui plus était blessé par une phrase de Weasley ? Alors ça c'était la meilleure. Il se refusait de lui montrer qu'il était blessé, il préférait recevoir un Avada Kedavradu Seigneur des Ténèbres que ça. Il ravala sa salive, reprenant un peu de constance. Il voulait que cette conversation se termine très vite, qu'il s'en aille tout de suite. Alors il céda, puisque c'était uniquement pour cela que Weasley était venu le voir.

« Je vais arrêter de m'acharner sur Granger et ne t'inquiète surtout pas, tes louanges sur ma personne ont bien été comprit et entendu. Est-ce-que tu as fini ou tu as d'autres requêtes à me formuler ? Ou d'autres choses à me reprocher ? »

Un silence tendu plana. Weasley resta immobile comme s'il se rendit compte de la connerie qu'il venait de dire un peu plus tôt. Cela l'énerva encore plus.

« Tu n'as plus rien d'autre à dire ? Alors sors de cette chambre !

- Je suis dé-

- DÉGAGE ! » Hurla-t-il.

Cela avait semblé éveillé le roux qui s'en alla en claquant la porte le laissant seul, lui et sa colère.


Au début de l'année Draco pensait sincèrement qu'il n'avait plus aucune once d'influence dans cette école, il s'était même surnommé avec beaucoup de mélancolie le Prince déchu de Serpentard. Et il s'était lourdement trompé. Le lendemain de sa dispute avec Weasley il avait tout simplement ignoré cette sang-de-bourbe, et les autres en avaient fait de même petit à petit. Il avait dû calmer Pansy, et maintenant elle lui en voulait, elle refusait même de lui adresser la parole. Sa constante présence à ses côtés lui manquait presque. Elle lui avait révélé que oui elle avait tendu un guet-apens à Granger, mais en aucun cas elles avaient levé la main sur elle en précisant bien que c'était parce qu'elles avaient été interrompu, sinon elles l'auraient fait. Cette histoire n'avait aucun sens et il ne chercha pas à en savoir plus, à vrai dire il s'en foutait.

Le sentiment d'amertume remplaça rapidement la colère. Sa mission n'avançait pas. Il voulait foutre le feu à cette armoire dysfonctionnelle qui avait de nouveau tué un oiseau aujourd'hui. Tout cela le rendit taciturne. Et particulièrement aujourd'hui car sa marque l'avait brûlé tôt ce matin.

Un Malfoy ne demande jamais de l'aide.

Il ne demandait pas de l'aide, mais il avait besoin de parler à quelqu'un. Il se confia à sa nouvelle amie des toilettes : le fantôme Mimi Geignarde. Il était revenu la voir quatre jours après avoir vomi dans les toilettes. Au bout de sa sixième visite la glace entre eux s'était brisée. Il y venait parfois pour parler de ses problèmes qu'il ne pouvait confier à personne ou même pour se plaindre de sa vie en générale. Mimi était très pleurnicharde, mais gentille. Elle l'écoutait toujours d'une oreille attentive, elle lui donnait des conseils et l'incitait à aller demander de l'aide, ce qu'il ne fera jamais bien évidemment.

Ce fut un soir comme un autre, neuf jours après sa dispute avec Weasley. Il avait terminé sa ronde et s'était directement réfugié dans les toilettes. Il était tombé vraiment bas : L'année dernière à cette même période de l'année il avait été un jeune homme puissant, avec des rêves, des convictions, rempli de fierté et craint. Il avait aussi confiance en lui et en sa prise de décision. Mais plus maintenant.

Mais la vérité était qu'il n'avait jamais prit de réelle décision par lui-même, il ne subissait jamais les répercussions de ses actions puisqu'il se cachait derrière son père à chaque fois. Là, il ne pouvait se cacher derrière personne. Il était seul, lassé et fatigué de sa vie. Quoi qu'il se décide à faire cela le menait à une seule et même fin : la mort. Pourquoi faisait-il tout cela après tout ? Son père en avait rien à faire de lui, c'était à peine s'il le regardait. Sa mère.. S'il lui arrivait quelque chose elle ne s'en remettrait jamais, et il ne voulait pas que sa mère souffre par sa faute.

« Je n'avance pas dans cette mission.. »

Draco souffla doucement, sa tête menaçait d'exploser. Il passa sa tête sous le jet d'eau de l'évier, l'eau froide lui rafraîchissait un peu la tête et l'esprit. Il resta ainsi durant une dizaine de minutes, se calmant les nerfs. Il ne prit même pas la peine de se sécher. Ses cheveux mouillés trempaient légèrement sa chemise. Mimi pleurait en hurlant, elle pleurait pour deux. Lui n'arrivait même pas à pleurer.

« Arrête de pleurer, je ne m'entends même plus penser.

- Tom m'a tué et il est en train de te tuer aussi petit à petit ! » Sanglota-t-elle, essayant de se calmer.

« Tu n'es pas seul ! Reviens me voir s'il te plaît.. »

Il hocha simplement la tête puis il quitta les toilettes. Il se décida à ne penser à rien, à s'échapper par la pensée.. Il voulait aller se coucher. Lorsqu'il arriva au petit couloir qui menait à sa chambre, il vit une forme assise face au tableau de sa chambre, appuyé contre le mur. La forme se releva dès qu'il le vit s'approcher. Il soupira, lasse. Ne connaîtra-t-il jamais la paix ?

« Si tu es encore venu pour m'engueuler fais-le rapidement, mais sache que je n'ai pas l'énergie nécéssaire pour te répondre.

- Draco.. Où est-ce que tu étais ? On dirait que tu as pleuré. » S'alarma Weasley, il prit son visage entre ses mains. Le contraste entre sa peau glacée et les paumes chaudes de Weasley posées sur ses joues le fit sursauter. Il se recula, coupant ce contact.

« Ne me touche pas. Et puis un Malfoy ça ne pleure pas.

- Raconte-moi !

- Cela ne te regarde pas. Contrairement à Granger moi je n'ai pas besoin d'être consolé, encore moins d'être consolé par toi. »

Draco prononça le mot de passe et entra dans sa chambre. Sauf que Weasley était vraiment quelqu'un de têtu et le suivit, entrant également sans gêne dans sa chambre. Draco enleva sa cravate puis se tourna face à Weasley. Il n'était vraiment pas d'humeur à supporter d'autres remarques, pas aujourd'hui..

« Où est-ce-que tu étais ? Je t'attends devant ce tableau depuis des heures et-

- Tiens tu ne m'attends plus dans ma chambre pour me tendre une embuscade ? » Demanda-t-il en le coupant, ironique.

« Je sais que j'ai eu tort d'avoir envahi ton intimité en entrant dans ta chambre sans y avoir été invité.

- Et c'est grâce à Granger que tu as comprit ça ?

- Je peux réfléchir par moi-même et sans l'aide de Hermione.

- Super pour toi.

- Je reconnais mes torts, mais j'étais hyper en colère ! Je déteste que l'on s'attaque à mes amis. »

Draco se contenta de le regarder avec dédain et lassitude. Il en avait rien à foutre de ses valeurs gryffondoriens à deux gallions. Il se passa une main sur ses cheveux mouillés, les ramenant en arrière.

« Mais cela n'explique pas où tu étais passé ? Et pourquoi t'es dans cet état ?

- Et pourquoi cela t'intéresse tant ? Pourquoi viens-tu me voir après tout ce temps ? Cela fait plus de deux semaines que l'on ne s'est pas vu et il s'en passe des choses en deux semaines.

- Et comme quoi par exemple ?

- J'ai trouvé quelqu'un d'autre pour me consoler voilà tout, et j'étais avec cette personne durant tout ce temps. »

Il ne mentait pas vraiment après tout, il était avec Mimi et il trouvait un certain réconfort à aller lui parler. Il se rendit compte que sa phrase pouvait porter à confusion. Et au regard que lui lançait Weasley, il comprit tout de travers comme à son habitude. Il n'avait pas le droit de lui lancer ce regard blessé, il ne pouvait pas l'ignorer pendant plus de deux semaines et revenir comme une fleur. Il le scrutait comme s'il lui avait avoué l'avoir trompé avec un amant caché, sauf qu'ils n'étaient même pas ensemble. En vérité il ne savait même pas lui-même quel nom mettre à sa relation avec Weasley.

Son regard changea, il était désormais en colère.

« Avec qui ? » Demanda-t-il en contenant sa voix, Draco pouvait sentir qu'il se retint de lui hurler dessus.

« Quoi avec qui ?

- Avec qui tu m'as trompé ?! »

- Trompé ? De quoi est-ce que tu parles ?

- Je te parle du fait que je viens d'apprendre que mon petit-ami m'ait trompé alors je veux savoir avec qui ?! » Hurla-t-il la dernière phrase.

« Quoi ? » Répondit très intelligemment Draco.

Qu'est-ce-qu'il venait de dire ? Qui sortait avec qui ? La conversation prenait une tournure.. Inattendue. Il avait été déprimé il y a moins d'une heure car il se pensait seul au monde et là il vint d'apprendre qu'il avait un.. Petit-ami. Ce qu'il pouvait détester ce mot franchement. Sa réaction décontenança un peu Weasley.

« Pourquoi est-ce que t'as l'air si étonné ?

- Et Granger ?

- Quoi Hermione ?

- Elle est amoureuse de toi.

- Et alors ?

- Et toi normalement d'elle.

- Non puisque c'est toi mon petit-ami en ce moment.

- T'es vraiment idiot hein ? Depuis quand sort-on ensemble ? On passe du temps ensemble juste pour se réconforter mutuellement de nos vies pitoyables.. Et puis on n'a jamais défini notre relation.

- C'est vrai qu'on n'en a jamais vraiment parlé, après tout elle a commencé de manière zarbi.. » Commença-t-il en se grattant l'arrière de la tête, détournant le regard, semblant être perdu dans ses pensées et gêné. Au bout de quelques secondes, il continua en le regardant droit dans les yeux.

« Mais je pensais qu'il était évidement pour toi comme pour moi que l'on était dans une relation exclusive mais je vois que je me suis trompé.. Je ne suis pas un jouet sexuel que tu peux utiliser quand tu le souhaites et je ne vais pas te supplier. Je préfère m'en aller maintenant avant de te hurler des choses que je ne pense pas. »

Weasley prit une grande inspiration, ne cachant ni sa colère ni sa déception puis se retourna pour partir. Draco sut que s'il franchissait cette porte cela mettrait définitivement un terme à leur relation. La question qu'il se posa était est-ce-qu'il voulait y mettre fin ? C'était le moment idéal pour que tout cela prenne fin car une guerre se préparait dehors et qu'ils étaient dans deux camps opposés. Ils étaient censés être ennemis, se détester, combattre l'un contre l'autre. Mais la peur irrationnelle de le perdre et d'être seul prit le dessus sur sa raison et sa logique.

« Tu es vraiment le pire petit-ami que quelqu'un puisse avoir ! » S'écria Drago alors que le roux ouvrit la porte pour s'apprêter à partir. Weasley se tourna.

« Je ne t'ai pas.. Trompé. J'ai menti, mais tu m'as ignoré pendant plus de deux semaines. »

Il n'y avait pas moyen qu'il lui parle de sa nouvelle amitié, s'il pouvait appeler cela comme ça, avec Mimi. Ou qu'il lui dise que son absence l'avait blessé, il lui restait quand même un peu de fierté. Ou qu'il n'allait pas bien ce soir et qu'il avait besoin d'être enlacé.. Non, Weasley n'avait pas besoin de savoir tout ça. Le roux ferma la porte derrière lui et se rapprocha de lui.

« Je n'ai pas assuré alors que je pensais faire au mieux pour tout le monde.. »

Weasley passa une main fébrile dans ses cheveux puis il reprit.

« Si je ne pouvais pas te voir ces jours-ci c'est parce que mes amis te surveillent et que j'essaie de les tenir loin de toi, déjà qu'ils sont partis voir McGonagall pour leur dire que tu t'en étais prit à moi à l'infirmerie alors que tu m'as fait tout sauf du mal sur ce lit. D'ailleurs c'est la meilleure chose qui me soit arrivé cette année.. »

Draco se retint de soupirer et de l'insulter face à cette phrase lourdes de sous-entendus, attendant la suite.

« Je ne sais pas ce qui se passe dans ta vie, et j'espère qu'un jour tu auras assez confiance en moi pour m'en parler. En m'éloignant je voulais simplement t'éviter des problèmes supplémentaires. Et pour Hermione.. Elle s'inquiète simplement pour moi, surtout qu'avant que je boive ce poison on ne s'adressait plus la parole. Elle a encore des remords par rapport à ça. »

Weasley était comme ça, il agissait toujours de manière maladroite mais pas à mal. Il n'était pas quelqu'un de méchant ou même de fourbe, juste qu'il lui arrivait d'agir de manière stupide. Cela lui arrivait un peu trop souvent d'ailleurs. Le roux s'approcha davantage de lui puis l'enlaça, le serrant très fort contre lui. Il posa son front contre le creux de son cou, lui chatouillant légèrement le nez avec ses cheveux. Il ne parvint pas retenir son sourire, il se le permit vu que Weasley ne pouvait pas le voir. Cela lui avait manqué, il se sentait tout simplement bien lorsqu'il était dans ses bras. Et il comprit à ce moment là que Weasley n'était pas juste un simple lot de consolation, mais était bien plus que cela. Il se recula de lui et fit son regard de chien perdu que Draco détestait tant.

« Je te demande pardon, pardon pour mon comportement et pour tout ce que je t'ai dit.. Je ne le pensais pas. »

Parce que Draco ne savait pas comment réagir et qu'il n'aimait pas dévoiler ses émotions, il enroula simplement ses bras autour de la taille de Weasley, l'enlaçant.


Les semaines s'écoulèrent, se ressemblant toutes aux yeux de Draco. Le temps était son pire ennemi. Le temps passait, filait trop rapidement, et lui était à la traîne. L'année scolaire prendrait bientôt fin, il pouvait entendre résonner dans sa tête tic-tac-tic-tacde manière encore plus persistante que d'habitude. Parce qu'il ne pouvait plus encore prétendre et se comporter comme un garçon de son âge, même s'il s'était plu dans ce rôle. Un guerre se préparait dehors, et c'était lui qui lancerait les hostilités. Sa mission avançait trop lentement, on pouvait même dire qu'elle se rapprochait plus d'un échec qu'autre chose et il avait failli tuer deux Gryffondors, une qu'il ne connaissait à peine et Ron. Son père et Snape lui mettaient la pression, et il avait cette impression que la prochaine fois qu'il ferait face au Seigneur des Ténèbres il le tuerait sans sourciller.

Les seuls moments où le temps semblait se figer et qu'il appréciait réellement, c'était les moments qu'il passait avec Ron. Ce dernier et lui ne se voyaient que deux fois par semaine, mais c'était mieux que rien. Ils ne pouvaient pas se permettre de se voir plus souvent. Il se rappela d'un moment où ils s'étaient confiés :

Draco était allongé sur son lit, lasse. Il avait passé plus de deux heures dans la Salle sur Demande, et c'était agaçant de voir à quel point il n'avançait pas rapidement. Il devait approfondir ses recherches à la bibliothèque. Il enleva sa cravate puis s'allongea sur son lit lorsqu'il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Ron enleva ses chaussures et s'allongea tout naturellement sur Draco, reposant sa tête sur son torse.

« On n'était pas censé se voir aujourd'hui.

- Je sais, mais j'ai passé une mauvaise journée et tu me manquais donc.. »

Il détestait les imprévues, mais il n'avait ni l'énergie ni l'envie de le mettre à la porte. Et puis lui aussi avait eu une mauvaise journée. Il se contenta simplement de caresser ces cheveux roux. Ils étaient restés ainsi pendant plus d'une heure, Draco pensait même que le roux s'était endormi.

« Qu'est-ce-que tu veux faire après Poudlard ? » Lui demanda Ron en brisant le silence.

Il n'y avait jamais pensé. Depuis qu'il avait cette marque au bras il avait signé son arrêt de mort, il pouvait mourir à tout moment donc il ne se projetait pas dans l'avenir. Pourquoi le ferait-il ? Cela serait douloureux pour lui de s'imaginer un futur qui n'existerait jamais. Il n'aimait pas se donner de faux espoirs.

« Je ne sais pas, j'ai du mal à me projeter dans l'avenir.. Et toi ?

- Je ne sais pas non plus. Au début je voulais être un joueur de Quidditch professionnel mais ce rêve s'est vite fané.. J'aimerais être auror, tout le monde s'attend à ce que je le sois vu que je suis le grand ami d'Harry Potter, l'élu. Mais je ne pense pas être assez courageux pour faire face à toutes les horreurs de cette guerre.

- Tu es courageux Ron, n'en doute jamais. Être auror c'est combattre et risquer sa vie tous les jours, c'est légitime d'avoir peur.

- Parfois j'aimerais m'enfuir loin de cette guerre.. M'enfuir avec toi dans un endroit lointain où personne ne nous retrouverait.

- Moi aussi.. » Dévoila Draco en le serrant un peu plus contre lui.

Mais Draco savait que s'il lui demandait de s'enfuir avec lui loin d'ici il refuserait. Ron était une personne courageuse, il ne laisserait jamais les gens qu'il aime derrière lui et n'abandonnerait jamais le combat. Lui n'était qu'un lâche. Il n'était qu'un lâche qui n'avait aucun avenir, il n'était même pas sûr d'être encore en vie demain.

Et le voilà, il avait fini par craquer. Il ne voulait pas accourir dans les bras de Ron telle une demoiselle en détresse alors il s'était réfugié dans les toilettes de Mimi pour y pleurer de tout son soûl, face au miroir crade et s'appuyant sur les lavabos pour ne pas s'effondrer en larmes au sol. Il hoquetait, il n'arrivait même pas à respirer correctement. Les traits de son visage qui d'habitude ne laissait paraître aucune émotion étaient déformés par la peur, la tristesse, le désespoir et la fatigue. Mimi tenta de le consoler mais ce fut un dialogue de sourds, il était perdu dans ses pensées les plus obscures et il n'arrivait pas à dire des phrases cohérentes.

« Dis-moi ce qui ne va pas..

- Personne ne peut m'aider.. Je n'y arriverai jamais.. »

Ce fut la première fois qu'il disait ces phrases de vive voix, cela rendit la chose encore plus réelle. Il se rendit réellement compte qu'il n'y arriverait jamais et qu'il était seul. Toute sa vie il s'était caché derrière son père, derrière son nom de famille. Là il ne pouvait se cacher derrière personne. Il était seul. Et allait mourir seul.

Puis il entendit du mouvement derrière lui, il releva la tête et vu se refléter sur le miroir le reflet de la dernière personne qu'il voulait voir en ce moment et surtout dans cet état : Harry Potter.

Draco attaqua en premier par réflexe, mais Potter répliqua et fut plus rapide que lui. La dernière chose qu'il entendit avant de sombrer dans les ténèbres fut Sectumsempra.


Note de l'auteur : Draco ne sait ni comment gérer ses émotions, ni même sa jalousie. C'est quelqu'un de dramatique, c'est le genre de personne à voir les choses soit tout en noir soit tout en blanc.

Qu'avez-vous pensez de ce nouveau chapitre ?