Bonjour à toutes et à tous !

Déjà, je voudrais remercier timaelan et ryuka57 pour leurs commentaires et encouragements ! Avoir du soutien fait extrêmement plaisir !

Nouveau chapitre à vous proposer donc. Celui-là est sortie assez rapidement de terre, j'espère que les suivants seront aussi aisés à écrire !

J'ai essayé de respecter la tradition d'Akira Toriyama concernant les noms des saiyans : l'utilisation de noms de légumes et de fruits. Donc si vous voulez savoir comment on dit concombre en japonais... amusez-vous bien !

J'espère que ce chapitre vous plaira !

**V2**


Le roi Vegeta arrive à sa première destination sous des trombes d'eau. Le camp N8, coincé entre les décombres de la capitale de l'Est et l'extrémité Est de la chaîne des montagnes du Nord, est la première étape de sa tournée d'inspection. Ce camp est entièrement consacré à l'agriculture et à l'élevage. Les saiyans ont besoin d'énormément de nourriture pour vivre et combattre. Outre le besoin, ils l'exigent parce que manger est l'un des deux piliers de leur existence, avec le combat.

Les rebelles l'ont bien compris et ont procédé assez rapidement à ce qu'ils appellent « la politique de la terre brûlée ».

Deux mois après le début de l'invasion, ces lâches ont largué les premières bombes incendiaires sur toutes les terres cultivées et cultivables qu'ils pouvaient atteindre. Les envahisseurs ont mis un certain temps à comprendre la finalité de cette stratégie. Mais dès qu'il devint évident que les humains avaient de plus en plus de difficulté pour leur fournir la quantité de nourriture qu'ils exigeaient, les saiyans ont compris la stratégie des rebelles.

Ils ont donc tout mis en place pour la contrer. Ainsi, il n'est pas rare qu'un guerrier de l'espace rentre chez lui, la combinaison partiellement détruite et la peau parsemée de plusieurs brûlures bénignes.

Ces forces de l'univers préfèrent encaisser le choc d'une bombe incendiaire plutôt que de la laisser exploser et détruire la nourriture au passage.

Pour un saiyan, mieux vaut subir quelques brûlures vouées à disparaître plutôt que ressentir la faim sur le long terme.

Ce camp voué à la production de victuailles, qu'elles soient d'origine végétale ou animale, constitue l'une des cibles principales des rebelles. Ils l'attaquent régulièrement, quitte à ce que les travailleurs terriens souffrent de la faim au même titre que les saiyans. Le fait que certains humains subissent les effets des armes de destruction de la Rébellion, devenant ainsi de "malheureux et involontaires dommages collatéraux", n'a pas non plus l'air de les arrêter.

Pressé de poursuivre sa tournée, Vegeta hèle le responsable du camp, le soldat de deuxième classe Kyuri.

Le saiyan pourvu d'une crête et d'une moustache imposante s'incline avec déférence devant son roi. Vegeta n'a jamais eu à se plaindre de lui. Kyuri fait partie de ces vétérans incapables d'oublier la discipline de la planète Vegeta.

Toujours droit dans ses bottes, toujours en alerte, quasiment incapable de relâcher complètement la tension. Idéal pour tenir les rênes d'un camp stratégique et surexposé aux attaques.

"- Comment avancent les récoltes ?"

"- Le terrain et la météo sont optimaux. Grâce à la reconstruction de la technologie terrienne, les machines des agriculteurs couvrent une plus large surface. Avec les pousses artificielles mises au point par les scientifiques humains, nos champs de blés, patates et maïs poussent six fois plus vite. Nous devrions pouvoir constituer un premier stock de patates d'ici la fin du mois. Pour l'élevage d'animaux, cela prendra plus de temps. Les lapins et les poules se multiplient à grande vitesse, mais les autres espèces exigent du temps. Mettre en place les bâtiments pour lancer l'élevage en batterie a demandé plus de temps que prévu, les humains ont été incapables de réaliser ce chantier sans nous et il y a eu des tentatives de sabotage."

Le roi l'écoute, mais son attention se porte principalement vers le brouhaha que produit le camp abritant plusieurs milliers d'âmes.

Les enfants qui crient dans le quartier de fortune des humains ; le raclement d'une louche dans un plat ; une bâche qui plie sous le léger vent et la pluie ; les pas pressés sur les flaques du sol inondé ; le raclement des outils employés par les humains.

"- Majesté ?"

Les moteurs ronflants de plusieurs véhicules ; des éclats de rires en bande ; une berceuse fredonnée ; les toussotements d'humains malades ; les suppliques d'un humain faible et malmené ; les ordres aboyés par ses congénères ou même parfois par des humains dévoués aux saiyans ; un guerrier saiyan qui s'acoquine avec une femelle humaine dans son baraquement.

"- Y a-t-il eu des annonces de gestation depuis ma dernière visite ?

- Nous avons une dizaine d'humaines enceintes à déclarer. Mais aucune de ces grossesses ne concerne un sang-mêlé.

- Veillez à mettre en place les structures nécessaires pour accueillir les humaines et leurs enfants. Demandez aux médecins humains ce dont ils ont besoin et donnez le leur. Qu'importe ce qui est nécessaire, je ne veux plus de mortalité infantile dans ce camp."

Kyuri s'incline respectueusement, son visage naturellement tendu accentuant ses rides. Les ordres seront exécutés sans délai.

Le roi n'a plus rien à faire avec lui et s'envole.

Il reste plusieurs minutes à la même altitude pour observer le camp et les zones agricoles qui l'entourent. Des routes sinueuses en terre, devenue boue à cause de la pluie, encadrent le tout. Ce type de paysage aux contours géométriques maîtrisés était légion au moment du débarquement des saiyans.

Leur invasion, le conflit éclair, la période de purge et les actes de cette saloperie de rébellion terrienne avaient rapidement fait disparaître ce type de vue aérienne.

Mais les envahisseurs ont bien dû se rendre à l'évidence. La Terre ne peut pas les nourrir sans l'agriculture maîtrisée développée par les terriens. Alors il a fallu reconstruire et adopter une technique d'agriculture qui ne relève pas du savoir-faire saiyan.

Vegeta continue d'écouter le brouhaha que produit le camp.

Les bruits de moteur sont disparates. Peu d'engins motorisés, comme les camions et tracteurs, sont en état de fonctionner.

Quand les saiyans ont débarqué, ils ont semé la mort et la destruction sans discernement, comme d'habitude. Plusieurs millénaires de tradition conquérante instaurent des automatismes.

Bien qu'ils aient des plans sur le long terme pour la Terre et donc un besoin de traiter cette planète différemment des autres, les saiyans ont débuté sa colonisation par une familière phase de purge en bonne et due forme. Penser qu'il fallait peut-être préserver certaines ressources, à première vue sans importance, afin de faciliter la vie de tout le monde ne leur avait pas effleuré l'esprit.

Pas même celui de l'intelligent roi des saiyans, Vegeta.

La colonisation a définitivement pris du retard à cause de cette destruction aveugle et quasi enfantine.

Les saiyans ont dû fouiller dans les archives du vaisseau et leur mémoire pour imaginer un minimum comment s'installer durablement sur la planète. Quelles stratégies adopter ? Quels pièges éviter ? Comment aller le plus vite possible ? Un fourmillement d'idées intéressantes est finalement venu des humains eux-mêmes, et non de la mémoire des envahisseurs.

Contrôler les communications. Détruire tous les moyens de transport aériens pour clouer les humains aux sols, les rendant ainsi sensibles aux aléas des terrains. Mettre en place des camps en pleine cambrousse, car les égouts des villes en ruines peuvent constituer du pain béni pour cette Rébellion qui adore se terrer sous terre. Prendre conscience que les humains, frêles créatures, peuvent mourir à cause du froid, de la chaleur, du vent, de la neige, d'empoisonnement alimentaire et d'une exposition trop prolongée à la faim ou à la soif. Remettre en route certaines industries en construisant ou réparant des infrastructures humaines. Planifier des voies terrestres pour permettre aux humains et à leurs véhicules terrestres de se déplacer.

Ne serait-ce que comprendre un minimum la technologie humaine était plus que ce que les saiyans faisaient traditionnellement.

Le pétrole, l'huile, le charbon, l'électricité… Toutes ces notions liées à la consommation et l'énergie existent au sein des différentes civilisations présentes à travers l'univers, même sous d'autres formes.

Mais les saiyans n'ont jamais eu à s'y intéresser.

Leur rôle a toujours été le suivant : repérer une planète, la conquérir, laisser ses potentiels acquéreurs l'évaluer, pour finalement la vendre. Ils étaient des envahisseurs, des guerriers. Pas des têtes pensantes planificatrices.

Même sur Vegetasai, leur planète d'origine, les saiyans laissaient leurs serviteurs de races différentes s'occuper de la gestion. Les guerriers à queue de singe exigeaient, les serviteurs s'affairaient. Le chemin pour accomplir la tâche n'intéressait pas les guerriers. Ceux qui échouaient dans leur mission étaient destinés à mourir, c'est tout ce qui comptait.

Au fil des siècles, les saiyans ont oublié comment se gérer, comme faire tourner une société par eux-même. Aujourd'hui, les guerriers de l'espace le paye.

Pas que la situation soit catastrophique, mais l'amateurisme des saiyans face à certaines situations simplissimes met en rogne Vegeta et un bon nombre des siens.

Toujours en survol au dessus du camp, le roi des saiyans fait un rapide calcul dans sa tête. Il y a au bas mot dix mille humains qui vivent entassés en dessous de lui, encadrés par huit saiyans.

Vegeta ne craint pas que ses soldats se fassent déborder par la foule composée de faibles. Sa seule préoccupation pour ce lieu - qui est loin de constituer une angoisse - est qu'un vent de révolte pousse les humains à combattre ses forces. Ce qui mènerait irrémédiablement au massacre de cette population humaine.

Exterminer complètement les humains n'est en rien l'objectif de Vegeta et des siens.

Non, ces êtres sont utiles - il refuse d'employer l'expression "précieux" - aux saiyans.

Ils font partis intégrante du futur de la race de guerriers. Chaque bébé humain s'ajoute à la promesse d'une nouvelle génération au service de la grandeur des guerriers de l'espace. Une nouvelle génération asservie dès la naissance et qui n'aura de fait jamais connu la vie sans les saiyans, donc la liberté. Une nouvelle génération naturellement à leur service donc. Ce que l'on ne connaît peut moins nous manquer. C'est un fait quasi universel à travers la galaxie.

Ces naissances que Vegeta veut encourager constituent les futurs serviteurs parfaits des guerriers de l'espace, dignes du temps où la planète Vegetasai demeurait la planète-mère des guerriers de l'espace.

Ces derniers sont toutefois allés trop loin dans leur purge, en partie à cause de la résistance inattendue engendrée par cette saloperie de Rébellion. Ses actions ont obligé les saiyans à réaliser plus de massacres qu'escompté.

Trois ans après le débarquement des saiyans, il reste trop peu d'humains sur Terre.

Vegeta et ses troupes estiment leur nombre à moins de deux millions, "humains-animaux" et rebelles fuyards compris.

Mais ils sont loin d'en être sûr, tout ça à cause de la saloperie de brouilleur inventé par Bulma Brief. Sans ce brouilleur, les saiyans pourraient évaluer avec précision le nombre d'humains vivant sur Terre avec eux et leur répartition à travers le monde. Ils pourraient traquer les ultimes groupes disparates terrés dans des zones sauvages que les guerriers n'ont pas le temps d'aller fouiller. C'en serait fini de cette saleté de Rébellion.

Bref, sans ce brouilleur, les saiyans n'auraient aucune difficulté à contrôler intégralement la planète et ils pourraient l'exploiter à leur convenance.

Ainsi, la renaissance de la race saiyan pourrait réellement commencer.

Et vu la grandeur passée de la noble race saiyan, le peuple de Vegeta revient de loin.

Tout cela à cause d'un être, un seul.

Un immonde lézard nain dont la laideur était loin d'égaler la puissance : Freezer.

L'auto-proclamé "Empereur de la galaxie", partenaire commercial de longue date de l'empire saiyan, en a un jour eu marre de ceux qu'ils considéraient comme une première ligne de front avantageuse.

Le fourbe et vil monstre a attaqué par surprise la planète Vegetasai et tué le roi des saiyans, Vegeta. Le fils du roi, lui aussi appelé Vegeta comme le veut la tradition, a cependant été épargné. Freezer l'a fait capturer avant d'éliminer son père, obligeant l'enfant de six ans à regarder son paternel se faire progressivement démembrer par ses sbires.

L'Empereur ne s'est même pas donné la peine de tuer le fier roi des saiyans lui-même.

Il a laissé cette tâche à des sous-fifres.

Le suzerain actuel des guerriers de l'espace, alors un gamin plein de fougue habitué aux combats et au sang, avait hurlé et menacé de mille tourments l'ancien allié. Le lézard cornu aux lèvres peintes n'a pas une seule fois tourné la tête vers lui, préférant se délecter des cris de rage et de douleur du père ainsi que de ses expressions faciales.

L'Empereur de la galaxie était immédiatement passé à la suite de son plan. Les saiyans étaient une race fière et Freezer voulait tester les limites de leur volonté de survie.

Il a fait exploser Vegetasai.

Auparavant, il avait procédé à une campagne de raptes à travers la galaxie, capturant tout juste trois cent saiyans. Une fois leur planète-mère détruite, il les a fait s'entasser dans un vaisseau de transport de ressources issu de sa flotte personnelle. Un cargo de marchandise à l'aspect rond et grotesque, bien loin des goûts saiyans. Parmis les saiyans survivants, seules une dizaine étaient des femelles en capacité de concevoir des enfants.

Contrôle démographique.

Il en laissait quelques-unes en vie pour prolonger l'existence de la race, mais pas suffisamment pour permettre au nombre de guerriers de croître. Le tout en laissant le titre fantoche de roi au jeune et inexpérimenté Vegeta, à qui il communiquait directement ses ordres.

Ainsi commença l'errance honteuse pour le peuple saiyan.

Les autrefois fiers guerriers se mirent à errer de planète en planète dans leur vaisseau minuscule et bas de gamme.

Freezer leur demandait d'accomplir la même tâche qu'ils avaient toujours exécuté : repérer une planète, la conquérir, l'évaluer en compagnie de ses hommes et la lui donner. Sans avoir à la payer bien sûr. Les saiyans passaient rarement plus d'un mois sur un même monde, devaient remonter dans leur vaisseau et recommencer à errer en attendant les instructions du tyran.

Freezer étant un être sadique, il retardait volontairement l'envoi de ces fameuses instructions. Il arrivait donc que les saiyans passent plus de huit mois sans sortir du vaisseau spatial. Une torture pour ces êtres hyperactifs.

Avant la destruction de Vegetasai, les saiyans avaient pour habitude de se faire plonger dans un sommeil artificiel dès qu'un voyage interstellaire durait plus de trois jours. Pour mieux gérer leur estomac et parce que ces hyperactifs détestent rester immobiles à ne rien faire.

Le vaisseau qu'ils possédaient n'avait pas été conçu pour permettre le sommeil artificiel, c'est aussi pour cela que Freezer l'a choisi.

Pire, cette obligation de vivre entassés dans un cargo aux capacités limitées obligeait les saiyans à rationner la nourriture, qu'ils ne pouvaient obtenir autrement qu'en abordant une planète. Et donc en demandant l'autorisation à Freezer.

Ce rationnement répété sur plusieurs années avait fait énormément de mal aux guerriers.

Freezer ne s'était pas contenté de détruire le monde des saiyans. Il les a affaibli, s'est grandement amusé à les traiter comme du bétail et à bien le leur faire comprendre.

Chaque naissance au sein du peuple saiyan était contrôlée.

Si aucun homme de Freezer n'était laissé en poste dans le vaisseau, les visites surprises étaient fréquentes. Impossible de dissimuler une présence à l'intérieur du vaisseau à cause des scouters.

Les hommes de Freezer savaient très précisément combien de personnes étaient censés être présents sur le vaisseau et ils n'hésitaient pas à se montrer retord pour bien vérifier que les dires correspondaient à la réalité. Si les rapports ne correspondaient pas à la réalité au moment du contrôle, c'était le massacre assuré. Lorsque le nombre de bébés femelles devenait trop important aux yeux de l'empereur, les petites étaient jetées dans le vide sidéral sous le regard impuissant de leurs congénères.

Vegeta avait tué plusieurs des siens, y compris des pères et mères en rage, lors de ces évènements. Si un seul saiyan osait s'opposer au meurtre du bébé, le reste du peuple en paierait les conséquences. Mieux valait une seule perte que plusieurs.

A force, plusieurs femelles saiyans s'étaient mises à étouffer elles-même leur nouvelle-né dès la naissance pour éviter une telle scène.

Telle avait été leur vie durant plus de quinze ans. Le jeune Vegeta était à la tête d'un peuple amoindrit à la fierté détruite, mais les envoyés de Freezer dictaient leur loi.

Freezer adorait venir en personne rendre visite à Vegeta et à son peuple.

Voir ces guerriers autrefois si vaniteux courber l'échine devant sa personne lui procurait une immense joie.

Voir le petit Vegeta, si semblable à son défunt père, trembler de rage après une défaite cuisante contre l'un de ses gardes du corps ajoutait de l'amusement à ses séjours.

Mais toute chose a une fin.

Le nœud autour de la gorge du peuple saiyan avait fini par se relâcher, grâce à la conjonction de deux évènements.

Déjà, Freezer se rendit compte qu'il avait été trop dur envers la race saiyan.

En une quinzaine d'années, le nombre de singes de l'espace encore en vie avait diminué de moitié. De trois-cents, ils étaient passés à environ cent-cinquante.

Aucun mystère derrière ces morts.

Les saiyans, race gloutonne et guerrière, dépérissaient. La faim, l'enfermement, la honte, la perte de trop, le manque de combats et d'adrénaline... Si certains avaient tout bonnement perdus l'esprit et s'étaient par eux-même jetés dans le vide sidéral, trop de singes de l'espace étaient morts bêtement à cause du manque d'entraînement en conquérant une planète pour le compte de Freezer. Pour ce dernier, cette faiblesse montante tombait mal.

La race saiyan déclinait, autant en nombre qu'en force. Sauf que des saiyans faibles, c'était à l'opposé de ce dont Freezer avait réellement besoin. Surtout en ce moment.

L'empereur est, comme le reste de sa famille, un être avide. Il veut plus, toujours plus.

Plus de mondes sous sa coupe, plus de peuples à décimer ou à garder en esclavage, plus de richesses à récolter.

Sauf qu'un jour, il fit face à une congrégation de planètes qui lui résista.

La flotte de son ennemi surpassait sa propre technologie, ce qui rendait la guerre longue, ardue et meurtrière, mais renforçait l'appétit insatiable de Freeze et son envie de mettre la main sur les ressources de l'ennemi.

Freezer se souviendra jusqu'à la fin de ses jours le frisson d'excitation qu'il a ressentit.

Enfin… un challenge, un défi. C'était la première véritable difficulté auquel il faisait face après plusieurs décennies de facilité et d'ennui. Cette opposition bienvenue méritait qu'il s'y consacre corps et âme.

A partir de ce moment, il n'eut plus de temps à consacrer au tourment des saiyans.

Il devait se focaliser sur cette nouvelle guerre, qui reposait bien plus sur les prouesses technologiques que sur la puissance guerrière.

Les saiyans ne lui servaient à rien. Du moins pour le moment.

Ils demeuraient une bonne chair à canon une fois envoyés sur une planète, mais la baisse trop importante de leur nombre et la diminution de leur force en faisaient à présent une chair à canon de piètre qualité. Freezer avait besoin de saiyans pour la suite, il le savait. Un changement de stratégie devait s'opérer.

Il fallait lâcher la bride. Laisser les saiyans recouvrer une partie de leurs forces.

Leur heure viendra plus tard.

Le plan de Freezer n'était pas bien compliqué.

Il devait vaincre les forces spatiales ennemies et cela allait lui prendre du temps. Plusieurs années allaient sans doute être nécessaires, voire plus d'une décennie. L'être nain à cornes préférait sacrifier ses troupes et guerroyer plus longtemps plutôt qu'appeler sa famille et leurs forces militaires à la rescousse. Le temps de faire le ménage dans l'espace, les saiyans pourraient recouvrer leurs forces, pondre quelques héritiers et héritières pour finalement se tenir prêts à rejoindre les batailles terrestres.

Pas que la présence des saiyans soit obligatoire, mais Freezer devait admettre que les macaques sanguinaires possédaient un savoir-faire peu commun en matière de massacre. Quinze ans, c'était un bon début de punition pour ce peuple arrogant qui s'était cru sur un pied d'égalité avec l'Empereur de la galaxie.

Relâcher un peu la bride ne pouvait pas lui porter préjudice.

Après quinze ans de servitude donc, les saiyans se virent octroyer de nouvelles libertés.

Déjà, ils n'étaient plus obligés de se débarrasser des nouveaux nés de sexe féminin. On les autorisa aussi à quitter leur vaisseau pour aborder les planètes à leur convenance et redevenir les guerriers qu'ils étaient autrefois.

Débarrassés du contrôle constant des hommes de Freezer, Vegeta, maintenant adulte, pu reprendre en main son peuple, matant sans pitié ceux qui contestaient son autorité.

Auparavant cantonnés aux planètes autorisées par l'empereur, les saiyans purent entamer une véritable campagne d'exploration spatiale, mettant le cap vers les mondes reculés où avaient autrefois été envoyés certains de leurs semblables. Avec un peu de chance, l'un de ces mondes se révélerait être suffisamment vaste et fertile pour leur permettre de tout recommencer à zéro.

Deux années après le début de ce nouvel élan, l'une des sondes du vaisseau détecta la Terre. Gorgée d'eau, de richesses et peuplée en partie d'êtres bipèdes étrangement semblables aux saiyans.

D'après les archives historiques de Vegetasai implantées dans le vaisseau, un bébé de Troisième Classe avait été envoyé sur place peu avant la destruction de leur planète-mère.

Vegeta ordonna de mettre le cap sur cette planète à l'allure accueillante.

Leurs recherches avaient jusqu'à présent été assez infructueuses. Nombre de planètes qu'ils avaient abordé n'étaient pas si accueillantes que cela. Au lieu de rester un mois sur un même lieu, les saiyans se sont mis à camper pendant trois à quatre mois, non sans avoir intégralement exterminé les populations locales avec lesquelles ils ne voulaient pas partager leur nouvel espace vital. De quoi se remplir la panse, reprendre des forces et réellement s'entraîner.

Cependant, ils finissaient toujours par quitter la planète. Pas assez riche en faune et flore pour correctement nourrir leurs estomacs en manque. Pas assez vaste pour leur permettre de réellement s'amuser et s'entraîner. Pas assez confortable pour qu'ils aient envie de s'y établir plus longtemps que nécessaire. Pas assez d'eau pour assouvir leur soif.

Il fallait toujours trouver une nouvelle planète. Un nouvel endroit où vivre. Un nouvel endroit où aller errer.

Au moins étaient-ils libres d'agir à leur convenance.

Mais ce dont les saiyans avaient réellement besoin, c'était d'un monde fertile capable de les accueillir sur le long termes, eux, leur tempérament et leur appétit. A première vue, la Terre en était capable. Avec un peu de chance, le Troisième classe aurait fait ce pour quoi il avait été envoyé, à savoir un nettoyage ethnique de la planète suffisamment important pour asservir le reste de ses habitants.

Les saiyans positionnèrent leur vaisseau dans le système solaire, sans s'approcher de la planète.

Depuis la diminution progressive de leur forces, les guerriers de l'espace étaient devenus plus prudents et avaient tendance à effectuer un peu de repérage avant que le peuple de se lance dans l'action. La sonde espionne envoyée les saiyans a détecté facilement l'aura de leur compatriote et commença à le filmer en cachette, sans qu'il ne s'en rende compte.

Ce qu'ils virent laissèrent pantois Vegeta et les siens.

L'envoyé, nommé Kakarotto, n'avait pas asservi les humains. Il vivait tranquillement parmi eux, avec une compagne terrienne et un fils. C'était très certainement son enfant biologique. Le petit arborait la queue de singe des saiyans et possédait une aura supérieure au reste des habitants de la planète, même si elle changeait en fonction de son humeur.

Cette aura ne promettait certes pas des merveilles concernant la puissance du petit, mais par Vegetasai, Kakarotto avait produit un fils avec une "humaine" !

Deux espèces, issues de deux mondes différents, avaient pu engendrer un rejeton.

C'était tout bonnement incroyable.

Ce mélange entre les espèces était loin d'être une première étant donné l'immensité de l'espace, mais concernant les saiyans, c'était bien la première fois qu'une telle situation leur arrivait.

Pour le peuple au bord de l'extinction qu'ils étaient, ce monde fertile et accueillant était un cadeau envoyé par le fantôme de Vegetasai. La joie ressentie par les guerriers à bout n'eut d'équivalent que l'ébahissement provoqué par le comportement de Kakarotto.

L'image de la petite famille unie de Kakarotto ne fut pas ce qui choqua le plus son peuple d'origine. Après tout, la monogamie était socialement acceptée au sein du peuple saiyan, au même titre que la polygamie.

Ce fut plutôt l'air niais et idiot que Kakarotto abordait à longueur de temps qui choqua ses semblables.

Par Vegetasai, il semblait totalement soumis à sa femelle.

Pas que ce soit répréhensible en soi, il existait des femelles saiyans puissantes qui asservissaient complètement des mâles et femelles saiyans d'un niveau moindre.

Le problème dans ce cas précis était que la femme de Kakarotto ne dégageait quasiment aucune aura. Elle était outrageusement faible d'un point de vue saiyan.

Celui qui prit le plus mal cette image de faiblesse fut sans aucun doute Radditz. Les archives ayant prouvées que Kakarotto était le fils des défunts Troisième Classe Bradock et Gine, voilà qu'il se retrouvait avec un frère à l'aura exagérément faible et un métis au potentiel restreint en guise de neveu. Rien qui n'aide à renforcer son nouveau de rang de Deuxième Classe pour lequel il avait dû batailler.

Délaissant un temps l'espionnage de Kakarotto et de sa famille, les saiyans envoyèrent leurs sondes espionnes observer reste de la planète et de ses habitants.

Les images transmises par les sondes témoignaient d'un monde à la faune et flore abondantes, que l'espèce nommée "humains" avait domestiqué grâce à sa technologie. Cette technologie demeurait toutefois quasi primitive du point de vue des saiyans et elle n'aurait certainement pas arraché un seul sourire à Freezer. La preuve, au bout de trois jours d'espionnage, les terriens n'avaient toujours pas détecté la présence du vaisseau des saiyans dissimulé dans leur système solaire.

Ce monde était décidément accueillant et facile du point de vue des saiyans..

Après toutes ces années de souffrance, la possibilité d'un futur nouveau émergeait dans l'esprit des guerriers de l'espace.

Ils pouvaient reconstruire Vegetasai.

Le métissage était possible, bien que semblant produire des enfants faibles. Mais qu'importe. Ils avaient trouvé un peuple avec qui faire des bébés. Vegeta et les siens le savaient, ils étaient au bord de l'extinction. Leurs guerrières dépérissaient à se retrouver cantonnées à un rôle de mères pondeuses de l'espace. Plusieurs d'entre elles étaient mortes en couche ou avaient mis fin à leurs jours, minées par leurs grossesses à répétition et le non-assouvissement de leur instinct premier : combattre.

C'était décidé, acté. Les saiyans allaient s'emparer de la Terre et s'y établir.

Une fois les points stratégiques de la Terre identifiées, à savoir la localisation des auras suffisamment puissantes pour que les saiyans se penchent dessus et les emplacements stratégiques du gouvernement central, les saiyans avaient lancé le début de la conquête.

Bien qu'ils aient presque immédiatement atterris sur la planète, tous ses habitants semblaient soudainement être au courant de leur arrivée. Qu'importe. Leurs défenses restaient faibles.

La plus grosse surprise s'était révélée être la force réelle de Kakarotto et de son métis de rejeton. Le traître semblait pouvoir maîtriser le niveau de son aura, et son fils… avait tout compte fait un sacré potentiel. Une bombe à retardement le morveux, Radditz pouvait en témoigner.

Le métissage ne semblait pas donner des guerriers faibles, bien au contraire. Peut-être plus incontrôlable, mais rien qu'une bonne discipline ne puisse mater.

Freezer avait bien évidemment été mis au courant des projets des saiyans.

Du moins concernant la conquête de la planète. S'installer quelque part pour reprendre des forces et de la puissance est une chose. Disposer d'une quantité phénoménale de ventres capables de pondre des métis en est une autre.

Freezer voulait que le peuple saiyan se reconstruise, pas que leur nombre explose de manière incontrôlée. Il n'y avait pas à tergiverser. Il fallait tout cacher du métissage que permettait cette planète et ses habitants à Freezer.

La décision avait été prise par Vegeta, mais les siens avaient tous acquiescé avec conviction. Freezer n'avait aucune raison de leur rendre visite sur Terre. Il était trop occupé avec sa guerre. Venir sur Terre signifierait quitter le front durant plus de deux ans, ce qui était tout bonnement inenvisageable. Il n'avait de toute façon aucune raison de se défier des saiyans.

Ces derniers avaient montrés patte blanche en lui indiquant où ils allaient élire domicile le temps de se reconstruire.

Personne, pas même Freezer, ne pouvait se douter qu'après des millénaires d'exploration spatiale, les saiyans avaient finalement trouvé la race compatible avec leur code génétique et capable de produire des enfants avec eux.

Évidemment, cacher le sujet du métissage à Freeze relevait d'une audace suicidaire.

Si l'Empereur de la galaxie venait à être informé de ce que les saiyans tramaient sur Terre, il n'aurait de cesse de déclencher sa colère sur eux et de détruire la planète et ses habitants. Le fait que le nombre des guerriers saiyans puisse recommencer à croître grâce au métissage était un problème suffisamment sérieux pour que l'empereur nain délaisse son front spatial pour inspecter son arrière-garde.

Conquérir de nouveaux territoires ne sert à rien si l'on ne contrôle pas son empire en interne.


"- Gohan, tiens bien ta garde.

- Oui papa !"

Le jeune garçon bloque le genou de son père lui arrivant à pleine vitesse dans la figure.

De l'autre côté de la salle, Krilin les observe en s'hydratant. Bien qu'il demeure admiratif du talent du petit garçon, il ne peut s'empêcher de penser que cette vie n'est pas faite pour lui. Il aurait dû faire connaissance avec les autres enfants de la base, aller en classe, côtoyer son père pour autre chose que l'entraînement…

Mais voilà, Son Gohan représente un bien meilleur espoir pour l'avenir que Krilin.

La Terre et ses habitants ont besoin de la force du petit garçon âgé de sept ans.

Cette nouvelle vie ronge Krilin.

Se savoir vivant alors que tant d'autres sont morts représente un frein à son entraînement.

Tortue Génial est mort sans rien comprendre et Krilin a fuit leur ancienne maison comme un lâche alors que les saiyans dévoraient la tortue.

Et Chaozu… Chaozu s'était sacrifié pour lui. Le petit être à l'âge indéfinissable avait fait ce choix afin de rejoindre Tenshinhan, mort quelques heures auparavant. C'était injuste. Jamais il ne pourrait être ramené à la vie par les boules de cristal. Chaozu était déjà mort une fois au combat, tout comme Krilin.

Ce dernier sait que s'il meurt une nouvelle fois, il ne pourra pas être ramené à la vie par Shenron. Cela le terrifie. Et cette peur le rend honteux de lui-même.

Krilin ne mérite pas plus de vivre que Chaozu. Ou Tenshinhan. Ou Yamcha. Ou Plume. Ou Oolong. Ou la Tortue. Ou même Tortue Géniale.

Mais c'est bien lui qui, aujourd'hui, se tient aux côtés de Goku et Gohan pour défendre la Terre. Alors qu'importe qu'il soit le boulet chauve de service. Il possède suffisamment d'astuce en réserve pour compenser son manque de force brute face aux saiyans. Il continuera à montrer du mieux qu'il peut que malgré la douleur et la dépression, les humains ne sont pas sans défense face à ces monstres.

"- Gohan, va te reposer. Je prends la relève avec ton père."

Le petit garçon se déconcentre une seconde à cause de cet appel, mais esquive tout de même le coup porté par son père.

Son Goku se retourne pour observer son meilleur ami.

Les deux adultes, amis depuis l'enfance et ayant appris à combattre ensembles se sourient.

Oui, peu importe le niveau actuel de chacun. Ils s'élèveront au plus haut ensemble, comme ils l'ont toujours fait.


"- Saleté de Conseil de grmblbl…"

Gladys a l'habitude d'entendre sa supérieure grommeler. La voir le faire avec une cigarette entre les dents est en revanche une première.

Bulma Brief a toujours été d'un caractère vindicatif. Gladys savait bien que la mort de son père allait la rendre plus irritable qu'à l'accoutumé. Quoi de plus normal après tout ?

Mais est-ce que Bulma Brief a pour autant perdu de son génie et de sa verve ?

Que nenni. C'est pour cela que peut importe les circonstances, les drames et les difficultés, Gladys Constantine reste toujours aux côtés de la scientifique et femme politique.

"- Nous avons tous dit au revoir à mon père il y a moins de dix heures. Une réunion de nuit était vraiment nécessaire ?

- Peterson a exigé une réunion d'urgence.

- Evidemment… Peterson. Qui cela pourrait-il être d'autre…?"

Avec un manque de classe considérable, Bulma Brief jette ce qu'il reste de sa cigarette dans le couloir.

Ce dernier est creusé à même la roche, aucune chance qu'un incendie se déclenche. Son assistante, du même âge qu'elle, évite le mégot.

Gladys sent bien qu'elle devrait dire quelque chose. Elle doit montrer à Bulma Brief qu'elle n'est pas seule dans son combat. Glady Constantine est à ses côtés, tout comme une partie du reste de l'humanité.

"- Bulma ! Je…

- Quoi Gladys ?

- Je te présente mes condoléances ! La perte de ton père a dû et doit toujours être terrible pour toi. Nous savons toutes les deux que le commandant Peterson va vouloir en profiter. Mais tu n'es pas seule. Le Conseil ne fait pas bloc derrière le commandant. Tu dois rester forte ! Souviens toi que tu as des soutiens partout à travers la planète ! Si tu tiens bon à cette réunion… c'est Peterson qui perdra de l'influence !"

La diplômée en sciences sociales reprend son souffle en observant la réaction de sa patronne et amie. Cette dernière la regarde avec surprise devant tant d'énergie, mais le sourire qui s'affiche sur son visage ne prête guère à confusion.

Les paroles de son assistante l'ont vraiment touché et ont ramené sa motivation à un niveau optimal.

"- Si un public aussi fervent que tu me dis m'attend, autant ne pas le décevoir."

La trentenaire aux cheveux bleus attrape le bras de son assistante, son coudre encadrant le sien pour la placer à sa hauteur. Elles se mettent à marcher côte à côte, comme deux bonnes copines.

"- Très bien Gladys, allons casser du militaire."

L'assistante rie. C'est rare d'entendre quelqu'un rire en ces temps sombres.


"- Mesdames, messieurs ! J'ai appris que vous m'attendiez !"

Bulma Brief a toujours cultivé l'art des entrées fracassantes. Même une guerre interstellaire ne peut pas lui enlever cela.

En face d'elle, les treize autres membres du Conseil, ainsi que leurs treize assistants. Ils sont l'instance de décision de la Résistance humaine. Le Conseil est, depuis plus de deux ans, l'organisme qui prend les décisions pour maintenant à flot le navire. Autant dire ce qu'il reste des terriens.

Sauf que voilà, fin du monde ou pas, la politique reste la politique. Tout le monde n'a pas la même vision du futur des humains.

Ces derniers temps, deux grandes visions majoritaire s'affrontent : celle du commandant Peterson et celle de la scientifique Bulma Brief.

Cette dualité clichée au possible –la rivalité manichéenne entre le militaire et la scientifique- n'est pas sans fracas.

Les deux êtres ont toujours été de fortes têtes et leur rencontre ne pouvait qu'engendrer des étincelles dévastatrices. Et vue que tous les deux croient dur comme fer en des convictions diamétralement opposées, le vie quotidienne du Conseil se révèle être tout, sauf un long fleuve tranquille.

La conviction de Peterson est qu'il faut attaquer de toutes leurs forces les camps dirigés par les saiyans. Au rythme où la Résistance va, les terriens perdront la guerre contre les singes de l'espace d'ici moins de deux ans. Cette guerre est autant psychologique que militaire. Les saiyans doivent en venir à détester la planète. Il faut frapper vite, fort, paralyser l'approvisionnement en nourriture des envahisseurs gloutons, quitte à faire des victimes collatérales parmi les humains.

Bulma elle, prône à la patience. Il faut attendre et survivre. Qu'on lui laisse le temps de perfectionner ses exosquelettes, qu'on laisse le temps à Son Goku de s'entraîner. Et secrètement, qu'on laisse le temps à Piccolo de se réveiller. Ainsi, les armes développées à force de patience et de sacrifices pourront cibler bien plus aisément les saiyans, engendrant moins de pertes du côté des humains asservis.

Peterson n'est pas qu'un simple salopard à la gâchette facile. Il ne choisit pas la voie des dommages collatéraux par amour de la violence.

C'est juste qu'il voit la Résistance s'affaiblir de semaine en semaine, minée par la fatigue, la faim, le manque, l'enfermement, la peur... Il constate que les terriens sont en train de perdre la guerre.

Le plan de Bulma prend trop de temps.

Malgré tout, il reste actuellement celui appliqué par le Conseil.

"- Mademoiselle Brief, je n'irai pas par quatre chemins", entame Peterson avant que Bulma n'ai le temps de s'asseoir.

Ce type dans la cinquantaine aux muscles et à la mâchoire secs l'insupporte.

Véritable caricature de sa vocation, le commandant Peterson ne possède aucun prénom tant son grade est important pour lui. Ses cheveux poivre et sel sont coupés plus court sur le côté dans une tentative de conserver intacte l'image des militaires datant d'avant l'invasion des saiyans.

Mais ce n'est rien comparé à l'énergie qu'il consacre à l'entretien de sa moustache, bien plus foncée que le reste de sa pilosité. Ses lunettes de vue ont la même forme que celle que portaient les aviateurs dans les films.

Bulma est certaine que s'il le pouvait, Peterson porterait des lunettes de soleil à l'intérieur de la base, rien que pour se marrer en voyant la tête des gens circonspects le zieutant à son passage.

Qu'importe, ses yeux bleus glacés sont bien suffisant pour instaurer le malaise chez n'importe quel interlocuteur.

"- Grand bien vous en face commandant.

- La mort de votre père est une perte tragique pour l'ensemble de l'humanité…

- Il y a un « mais »", grommelle Bulma assez fort pour que ses voisins puissent l'entendre.

"- … mais elle ne doit pas nous détourner de notre but premier : nous donner les meilleurs chances de survie."

Décidée à être une chieuse complète, Bulma fait mine de se désintéresser du discours du militaire et commence à faire tourner son stylo entre ses doigts.

"- C'est dans cette optique que plusieurs membres du Conseil et moi-même avons décidé de porter une proposition à cette assemblée. Nous proposons de retirer son siège de membre du Conseil à mademoiselle Brief afin qu'elle puisse se consacrer uniquement à la recherche, pour compenser la perte de son regretté père. La multiplication des rôles ne peut être que contre-productif pour n'importe qui, fusse-t-elle aussi intelligente que mademoiselle Brief."

Prévisible. Mais efficace.

Bulma se doutait que Peterson attaquerait le problème sous cet angle. Objectivement, il a raison le militaire moustachu. Multiplier les casquettes ralentit le travail de Bulma. Mais abandonner son siège au Conseil, c'est également perdre de l'influence. Et laisser la doctrine meurtrière de Peterson prendre le contrôle de la Rébellion.

Bulma s'y refuse.

Les prochaines heures seront loin d'être agréables, mais qu'importe… Goku, Gohan et Krilin donnent leur sang pour la cause, elle peut bien s'assécher quelque peu la gorge et écoper d'un mal de crâne.


Nouveau camp à visiter pour le roi des saiyans. Celui ci est en charge de l'extraction de ce que les humains appellent "charbon".

Les terriens sont fragiles.

Ayant pour leur immense majorité tourné le dos à la nature et à ses dangers, ils ont tout perdu de leurs instincts sauvages et capacité d'adaptation. Ces faibles ont besoin d'une quantité phénoménale de matériaux et de gadgets pour survivre. Alors la colonisation des saiyans doit bien prendre en compte le fait qu'une partie non négligeable des denrées produites en leur nom doit être laissées aux humains.

Seulement, la technologie que les saiyans utilisent, à savoir celle de Freezer, est également friande de matières premières.

Tellement friande d'ailleurs que tuer la majorité des humains de cette planète n'a pas été réalisé uniquement dans un souci de contrôle rapide de la population. Le quasi génocide visait également à préserver les ressources terriennes pour éviter de trop rapidement se retrouver à sec. Cela au moins, les saiyans avaient été capables de le prévoir.

Pour faire de la Terre la nouvelle Vegetasai, il faut rendre ce monde viable pour les siècles à venir.

C'est dans cette optique de planification sur le long terme que Vegeta a détruit la lune terrestre.

Se transformer en énormes guerriers possède ses avantages durant une première vague d'invasion.

Le problème, c'est que ces transformations font perdre la raison à trop de ses soldats, en majorité composés de Troisième classe incapables de contrôler leur forme Oozaru. Et qu'est-ce que ces soldats font quand ils perdent tout sens communs, enfermés dans des corps géants ? Ils massacrent des humains.

Pour le futur de la nouvelle Vegetasai, Vegeta ne peut pas laisser cela se reproduire.

Quitte à choisir entre les queues des saiyans -ce qui les différencient physiquement des humains- et la Lune, Vegeta a choisit de détruire la Lune.

De toute façon, plusieurs guerriers, dont lui, sont toujours capables de recréer les ondes d'une pleine lune à travers une boule d'énergie et d'oxygène de leur crue. Si besoin, les géants pourront toujours réapparaître.

Détruire la Lune a toutefois eu quelques conséquences inattendues, telles que des raz-de-marée ou des tremblements de terre qui ont alourdi le bilan déjà trop important des pertes humaines. Sans oublier toutes les ressources détruites dans la foulée. Et plusieurs îles au Sud de la planète complètement rayées de la carte.

Mais au final, rien d'insurmontable.

Juste un indice de plus que le temps des massacres gratuits devait prendre fin et qu'il fallait sérieusement se mettre à la phase "colonisation".

Le roi des saiyans se pose devant le bâtiment principal du camp, à savoir le quartier général jouxtant le logement de son responsable.

"- Ringo."

Aucune réponse.

"- Ringo !"

Le saiyan de Troisième classe à la crinière lisse lui arrivant au dessus des omoplates sort finalement de son abri.

Vegeta sent l'odeur d'une humaine émaner de lui.

"- Majesté !", hurle presque le soldat avec révérence tout en s'inclinant avec honte, bien conscient de ce que l'odorat de son seigneur doit détecter.

"- Y a-t-il eu des attaques depuis ma dernière visite ?

- Comme mon rapport hebdomadaire l'indique, nous n'avons pas subi d'attaque depuis trois semaines."

La réponse satisfait Vegeta. Qui dit camp laissé en paix dit production plus rapide de charbon. Ce qu'il voit derrière le soldat le met en revanche en colère.

Sans laisser aucune chance au Troisième classe, il empoigne ce dernier par le nuque et lui enfonce le visage dans la boue.

"- Dis-moi Ringo, il me semble que j'avais donné des instructions claires à l'ensemble des camps il y a deux mois.

- Ma… Majesté ?"

La foule autour d'eux s'est arrêtée. Chacun, humain comme saiyan, observe la scène qui se déroule sous leurs yeux. Les humains se mettent cependant bien plus en recul que les saiyans du camps.

L'un d'eux va peut-être être promu aujourd'hui...

La queue de singe du roi des saiyans bat furieusement l'air. Vegeta, accroupi, se penche au-dessus de Ringo en resserrant encore plus sa prise pour punir le soldat de son l'ignorance.

"- Lorsque je t'ai confié la charge de construire ce camp, j'ai été généreux, n'est-ce pas ? Je t'ai confié tout ce dont les humains et les saiyans avaient besoin. Véhicules de transport et d'extraction, logis, réserve de nourriture…

- Oui majesté ! Votre bonté nous a été vitale !"

Vegeta sent la peur du soldat. Ce faible de Ringo transpire la peur par tous les orifices en plus d'avaler de la boue à chacune de ses paroles.

Et il a bien raison. Un roi furieux n'augure jamais rien de bon.

"- La plupart des équipements dont nous disposons sont des prises de guerre. Ils proviennent du pillage des entrepôts de la Capsule Corp."

Un tressaillement. Enfin. Le faiblard vient de comprendre.

"- Tu sais que Bulma Brief est l'une des leaders de la Rébellion ?

- Oui Majesté !

- Tu sais que la Capsule Corp appartenait à sa famille ?

- Oui Majesté !

- Tu sais que la famille Brief pourvoit aux besoins de la cette satané Rébellion ? Que chaque rebelle qui a été capturé porte le logo de la Capsule Corp sur ses vêtements, ses armes, voir même des fois en tatouage sur le corps ? Et donc que ce logo est devenu l'un des symboles de nos ennemis ?

- Oui Majesté ! J'implore votre pardon !"

Vegeta lâche le soldat terrifié, se redresse et dans le même temps lui shoote dans son estomac.

Ringo va s'écraser contre une maison voisine, la détruisant intégralement au passage. Aucun bruit ne provient de l'intérieur, le baraquement était surement vide.

Tant mieux. Sinon, il y aurait eu des morts. Ou pire, des blessés dont les gémissement de douleur auraient exaspéré le roi des saiyans déjà en colère.

Pas ou peu de massacres aveugles certes, mais les saiyans n'allaient pas non plus devenir coulants et faibles.

"- Alors comment expliques-tu que ce putain de logo soit toujours présent sur la façade de ton habitation ?!", hurle le roi, les veines de son front prêtes à exploser.

Crachant du sang, le soldat de Troisième classe rampe hors des débris de la maison en balbutiant des excuses.

Des excuses, toujours des excuses. Son peuple sait que son nombre réduit empêche Vegeta d'appliquer la discipline aussi fermement qu'il le voudrait. Les saiyans savent que la survie de sa race passe avant tout pour leur roi. Il ne peut donc pas se permettre de tuer gratuitement ses semblables, même pour l'exemple et éduquer les autres.

Non, il faut trouver autre chose pour que les bons à rien comprennent.

Rétrograder Ringo ne ferait qu'entrainer une compétition pour prendre sa place et Vegeta n'a pas besoin de cela en ce moment.

Il doit trouver autre chose.

Fulminant, Vegeta entre dans la maison de Ringo. Des cris féminins se font entendre. Le roi ressort rapidement, traînant avec sa queue une humaine brune à moitié dénudée.

"- Tu ne manqueras plus jamais à ton devoir", annonce Vegeta en soulevant l'humaine du sol, l'étouffant avec sa queue.

"- Oui… oui Majesté !" répond le soldat en se relevant, les yeux rivés vers l'humaine.

"- Je veux que ces logos disparaissent dans l'heure.

- Ce sera fait Majesté !

- Bien."

Il comprime la gorge de l'humaine et lui brise la nuque.

Des cris humains. Le corps de la brune qui s'étale au sol sans aucune dignité.

Mais ce que Vegeta surveille, c'est la réaction de Ringo.

Ce dernier observe le corps sans vie de l'humaine. Il lutte pour conserver une réaction digne d'un saiyan.

C'est-à-dire l'indifférence.

"- Je repasserai."

Le roi s'envole.

Stationnant en altitude élevée, Vegeta observe la suite.

Le camp se remet au travail. Des parents tentent de calmer des enfants traumatisés.

Ringo se dirige d'un pas lent vers le corps mort en se tenant le ventre. Il reste là, debout à observer son ancienne amante à moitié nue qui gît dans la boue. Il ne la touche pas. Ne la prend pas dans ses bras. Aucune plainte ne parvient aux oreilles de Vegeta.

Le soldat doit savoir que son roi l'observe, même s'il ne peut pas le voir ou le détecter. Il aboit finalement un ordre à des humains qui passent. Qu'on le débarrasse de ce corps. Qu'il aille nourrir la chaudière.

Que Ringo continu à jouer la comédie, Vegeta sait à quoi s'en tenir.

Cette Terre, ces humains… Ce monde est dangereux pour la tradition saiyan. Cela fait trois ans qu'ils sont installés sur Terre. Une terrible épidémie de mollesse et de faiblesse se propage sans relâche à travers l'espèce saiyan.

Ce n'était pas le but premier de cette invasion. Les guerriers de l'espace méritent de souffler un coup certes, mais Vegeta n'a pas oublié que la Terre a été conquise avant tout pour permettre aux saiyans de redevenir les puissants guerriers qu'ils étaient autrefois.

Seulement, la vie est simple ici. Les rebelles attaquent peut-être leurs camps, il n'empêche que leurs vies sont devenues extrêmement routinières. Ils sont un peuple guerrier, une race de conquérants. Et aujourd'hui, ils colonisent et s'enracinent. C'est contre leur nature, Vegeta le sait bien.

Mais c'est ce qu'il faut pour que son peuple survive.

Il avait espéré que l'ensemble des siens continue de considérer les humains comme lui les voyaient : ils étaient des choses. Des êtres doués de pensées, leur ressemblant physiquement et pouvant leur procurer du plaisir, très bien. Mais des choses quand même. Leur capacité de se reproduire avec les saiyans ne faisaient aucunement d'eux leurs égaux.

Cela ne s'est pas passé ainsi. Les saiyans sont une race vouée à la guerre, mais ils ont aussi leurs besoins.

Vegeta avait sous-estimé la souffrance de son peuple durant ces dernières décennies. Frustrés sexuellement et épuisés moralement, une partie des saiyans est tombé dans le piège de cette douce planète.

Ils aspirent à une vie facile entrecoupée de combats, mais où à la chair et à la luxure ne sont jamais loin.

Par Vegetasai, certains se mettent à tenir à leurs amants et amantes. Il n'est désormais plus rare de trouver dans le harem de chacun une favorite ou un favori, voire même plusieurs à la fois, qui bénéficient de gestes de la part de leur maître. Un vêtement, un bijou, une place exclusive dans une couche douillette. Ou pire : des fleurs.

Entre saiyans, il arrive bien sûre qu'il y ait un échange de présents pour démontrer une affection particulière. Mais c'est la première fois que des saiyans reproduisent ce geste avec un autre peuple et font ainsi des offrandes à des représentants d'une autre race.

Le roi lui-même a goûté aux délices que lui offre cette planète. Mais il ne serait jamais allé cueillir des plantes afin de remercier une femme terrienne pour les plaisirs qu'elle vient de lui administrer. Tout sur cette planète est à lui. Du moindre brin d'herbe à chaque entité vivante.

Il a conquis ce monde.

Tout ici lui appartient. Il n'a pas à remercier.

Les prises de guerre comme les humains sont un prêt qu'il a concédé à ses troupes méritantes. Ces derniers n'ont donc pas à courber l'échine devant cette race inférieure tout juste bonne à pondre des bébés et à faire ce qu'on lui demande.

La scène qui vient de se dérouler au camp est l'illustration parfaite du problème auquel est confronté Vegeta. Ringo est devenu indiscipliné et a manifestement été attaché à la femelle humaine désormais morte. Sa perte a touché le soldat d'une façon qui dégoûte son roi.

Mais que peut-il donc faire ?

Il ne reste actuellement qu'une demi-douzaine de femmes saiyans vivantes pour une centaine de mâles.

Il est hors de question qu'elles continuent de subir ce qu'elles ont vécu durant toutes ces années d'errances dans l'espace. Elles peuvent maintenant faire ce qu'elles veulent de leurs corps et c'est tant mieux. Les saiyans mâles n'ont qu'à l'accepter.

Vegeta peut être déçu, mais il ne peut pas en vouloir à ceux qui cherchent à compenser un manque auprès des humains.

Humains et saiyans sont tellement semblables… L'illusion doit paraître parfaite aux yeux de certains.

Après quelques minutes, Vegeta décide de passer au camp suivant, situé sur une large île continuellement secouée par les éléments, notamment des tsunamis. Un camp d'entraînement militaire à proximité du point le plus au nord de la planète. Coupé du reste du monde, riche en terrains vierges prêts à encaisser la destruction causée par l'entraînement des saiyans.

Il est juste dommage que ses troupes demandent de plus en plus régulièrement à leur roi de les laisser amener des esclaves humains sur l'île pour pouvoir à leur besoins.


Alors, verdit ? :)