Bonjour tout le monde !
Je suis quasiment dans les temps, youhou... !
Nouveau chapitre pondu, je vous promet que ce sera le dernier chapitre "d'exposition".
Les choses sérieuses commenceront au prochain ;)
Malgré tout, j'espère qu'il vous plaira et vous aidera à comprendre la mythologie que je suis en train de créer !
**V2**
Bulma est assoiffée et souffre d'un immonde mal de crâne. Mais elle a remporté cette bataille.
Elle conserve son siège au Conseil et peut continuer de se battre pour que sa doctrine soit celle qu'applique l'organe de décision.
Peterson a perdu.
Sa doctrine meurtrière ne sera pas celle appliquée. Quel soulagement Bulma a éprouvé en constatant que les mains de plus de la moitié des représentants du Conseil se sont levées pour qu'on la maintienne en place.
Le militaire a vu rouge, mais s'est incliné devant cette décision.
Il sait que la nouvelle de cette défaite politique va rapidement se propager au sein de la Résistance et que cela va affecter son poids dans la base. Mais il sait aussi que le temps joue contre la gamine.
Elle a remporté cette bataille, mais elle perdra bientôt la guerre. Sa capacité à mobiliser les troupes atteindra un jour sa limite. Les terriens souffrent et un espoir illusoir ne pourra pas les maintenir à flot éternellement. Il va falloir faire des sacrifices, c'est indéniable. Pas que le militaire s'en réjouisse, mais c'est ainsi.
Bulma Brief perdra la bataille des coeurs. Peterson espère juste qu'il ne sera alors pas trop tard pour l'humanité.
Gladys observe sa supérieure serrer des mains à la sortie de la réunion.
Elles ont beau avoir le même âge, l'esprit de Bulma Brief semble bien plus âgé que le sien. On répète souvent que l'héritière de la Capsule Corp est un petit génie, mais tous les génies n'ont pas son talent de leadership de Bulma et tous ne font pas preuve d'une telle force d'esprit. D'après ce qu'a compris Gladys, toutes ces qualités ne sont pas venues naturellement à sa compatriote. C'est la guerre qui les a fait surgir.
"- Bulma Brief ! Un petit coup de ciseau pour fêter cette victoire ?"
La personne qui vient de parler est Frederick, l'un des membres du Conseil.
Coiffeur avant la guerre, lui aussi a mûri à cause d'elle. Il est aujourd'hui l'un des représentants choisis par les civils de plusieurs bases pour siéger au Conseil.
Sa nomination tranche avec celle de Bulma. Plusieurs membres de l'organe possèdent comme qui dirait une « siège de droit » aux vues de leurs compétences. C'est le cas de Bulma, la scientifique-fournisseuse de matériel de son peuple. Ou aussi de Peterson, le commandant du gros des forces armées de la Résistance.
D'autres sont en revanche choisis par une frange des réfugiés terriens pour les représenter.
Dans le cas de Frederick, il s'agit des chargés de ravitaillement alimentaire. Étrange qu'un coiffeur soit choisi pour représenter des agriculteurs et des éleveurs, mais bon… Une armée de singes de l'espace a bien envahi la Terre, alors les repères moraux des terriens ont quelque peu été chamboulés il y a trois ans.
L'être à tête de hyène et à la fourrure marron est l'un des plus fervents soutiens de Bulma et de sa doctrine.
Il ne cesse d'appeler ses affiliés à la patience malgré le fait que leurs conditions de travail sous terre soient extrêmement difficiles. Faire pousser du blé en remplaçant le soleil par des lampes U.V est loin d'être simple. Tout comme élever des poules en batterie avec une climatisation défectueuse à trois kilomètres sous terre.
"- Vous aussi Gladys, une coupe vous ferait le plus grand bien."
La brune ne prend pas mal la remarque, bien au contraire. Elle avait déjà du mal à discipliner ses cheveux crépus avant l'invasion, alors maintenant…
Frederick accepte avec joie la cigarette qui lui propose Bulma. C'est que ces petits moteurs à cancer sont devenus extrêmement rares avec le temps.
Il a amené les deux femmes et son propre assistant dans son quartier personnel. Posséder une pièce individuelle assez grande pour contenir un lit, un bureau, mais surtout des sanitaires privés est un luxe en ces temps de guerre. Être membre du Conseil comporte quelques avantages.
Le gouvernement central possédait déjà, bien avant l'arrivée des saiyans, un certain nombre de points de replis en cas de conflit. L'arrivée soudaine d'ennemis hauts en couleurs comme l'Armée du Ruban Rouge ou le démon Piccolo n'avait fait que renforcer une conviction déjà bien ancrée dans la politique gouvernementale : il faut posséder des bases de replis en cas de coup dur. Les divers terroristes terriens étant extrêmement doués pour concevoir de parfaits "repères de méchants" fonctionnels, discrets et surtout conçu pour résister au temps, il était logique que le gouvernement central les investisse. Grand bien en a pris aux dirigeants.
L'arrivée des saiyans déclencha la mise en pratique de la théorie. Sans toute cette série de bases dissimulées à travers le globe et déjà quasiment à même à accueillir des centaines de citoyens, les terriens auraient déjà perdu cette guerre.
Il fut rapidement acquis que devant l'arrivée d'un ennemi aussi puissant, il fallait absolument s'unir.
Le roi du monde étant mort dès le premier jour de l'invasion, tout le monde se tourna naturellement vers l'armée, assistée par d'autres acteurs comme les Brief, pour prendre la tête des opération. Les anciennes bases de l'Armée du Ruban Rouge devinrent donc étrangement les meilleures alliées des terriens.
Plus de quatre milliards de morts en une semaine, cela remet les choses en perspective.
Fort heureusement, le brouilleur rapidement conçu par Bulma empêcha les saiyans d'identifier les points de rassemblements où se rendaient progressivement les habitants de la Terre.
Une fois leurs radars inefficaces, les saiyans se sont retrouvés comme des cons à être incapables de détecter les position des bases qui accueillaient chaque jour plus réfugiés.
Le temps que les mots "données", "ordinateurs", "data" et "archives" arrivent aux oreilles des saiyans, il était trop tard.
La Résistance s'était chargée de tout effacer et de tout détruire, quitte à faire perdre à la Terre une partie de son héritage et de son histoire.
Il faut dire que les saiyans sont également responsables de cette débâcle.
Si les trois premiers jours de l'invasion resteront à jamais dans les annales comme le plus grand massacre que la Terre ait connu, les saiyans ont rapidement ralentis le rythme pour célébrer, peut-être un peu trop tôt, leur victoire. Ils se sont mis à prendre le temps de festoyer et à découvrir plus intimement la physiologie humaine.
Ils devenaient enthousiastes devant un lever de soleil, une aurore boréale ou une tempête de neige. Ils pouvaient passer des heures entières à prendre un bain au milieu d'un lac. Ou tout simplement s'allonger au soleil et profiter d'une brise agréable.
Bref, ils ont pris le temps d'explorer les possibilités multiples que leur offrait la Terre.
Cet esprit de découverte a été salutaire à l'humanité.
Profitant de cette accalmie, l'armée et ses alliés ont organisé la suite avec une grande intelligence, en partie grâce au commandant Peterson. Le chef militaire a fait cloisonner les informations concernant les localisations des bases de retraite. Des véhicules partaient au compte goûte pour évacuer les civils qui fuyaient de leur mieux les saiyans distraits. Le terrien nommé Krilin s'était révélé être crucial au bon déroulement de cette opération, ses sens de détection permettant d'identifier les lieux où les terriens se cachaient et de détecter la présence des saiyans si elle se rapprochait.
Beaucoup de terriens s'étaient fait capturer bien sûr.
La Résistance n'a pu venir en aide qu'à un nombre limité de personnes et beaucoup de personnes sont restées derrières, à tomber sous la coupe des saiyans pour former plus tard les fameux camps des colonisateurs.
Mais cette solidarité avait tout de même permis aux terriens de créer l'embryon de la riposte.
Les fondations des tunnels des bases existaient déjà, il suffisait de creuser de nouveaux réseaux pour agrandir le tout.
Bulma et son père n'ont eu qu'à révéler l'intégralité des positions des points de stockages des capsules créées par la Capsule Corp.
Fini le secret des affaires ou la confidentialité des données.
Tous les projets, tous les secrets, toutes les capsules… Tout, absolument tout ce qui constituait la Capsule Corp a été offert à la Résistance et aux terriens.
Quand le monde s'effondre, nul besoin de camper sur des positions obsolètes.
La Résistance a ainsi pu s'emparer d'un stock considérable de véhicules, d'habitations portables et autres matériels comme des vêtements ou des stocks de graine. De quoi s'installer, s'enraciner, survivre, tenir le coup, mais aussi agir.
Oui, la Résistance doit énormément aux Brief.
"- Je vois des cheveux partout dans cette chambre. Tu coupes les cheveux de beaucoup de monde ?", demande Bulma.
Les quatre terriens se sont rapprochés avec le temps.
Sitôt une intimité retrouvée, ils abandonnent le vouvoiement pour laisser place au tutoiement. L'ancien coiffeur ricane en tournoyant sur le tabouret roulant qui lui fait office de réhausseur. Sans lui, jamais l'être d'un mètre dix ne pourrait atteindre la bonne hauteur pour coiffer les cheveux de Bulma.
"- Je coiffe ceux qui le veulent chaque mardi et vendredi après-midi. Tout le monde peut jongler avec plusieurs boulots comme toi.
- Je comprends maintenant d'où vient ton succès électoral", le taquine Bulma avec un sourire goguenard.
"- C'est moi qui ai les ciseaux entre les mains jeune fille. Surveille tes propos !"
Bulma rie et porte son regard vers le miroir en face d'elle.
Oui, ses cheveux avaient vraiment besoin d'une bonne coupe.
Frederick est en train de lui en faire une courte, à la garçonne. C'est son idée. D'après lui, cela donnera à son physique plus d'autorité et cesser de replacer ses mèches folles derrière les oreilles sera plus pratique pour travailler sur ses machines.
Bulma lui fait confiance. Il a été coiffeur-visagiste dans une autre vie, il sait ce qu'il fait. La trentenaire aux cheveux bleus n'a pas à se plaindre de son travail. Dans le temps, elle faisait extrêmement attention à son apparence et chouchoutait ses cheveux. Depuis, elle a revu l'ordre de ses priorités et se néglige complètement.
Mais cela ne l'empêche pas de porter un oeil critique sur ceux qui touchent à ses chers cheveux.
"- Ca va Gladys ?"
La hélée observe penaude ses anciens cheveux crépus à ses pieds. Il faut dire que Frederick l'a rasé de près. La malheureuse est maintenant quasiment chauve.
"- Soit honnête Bulma, est-ce que je ressemble à un garçon ?
- On sera deux dans ce cas."
La réponse ne satisfait pas la brune qui reporte son attention sur ses cheveux perdu. Claude, l'assistant humanoïde de Frederick, lui tapota l'épaule dans une tentative de soutien.
"- Au moins, tu as toujours des cheveux Gladys. Les miens sont en train de tomber par poignées à cause du manque de soleil."
La remarque interpelle Bulma, qui essaye de se remémorer si elle trouve souvent des cheveux coincés dans son oreiller.
"- Le manque de vitamine D. Il y aura bientôt des femmes chauves dans la base, je vous préviens.
- J'm'en fiche... tu viens de me rendre chauve", riposte Gladys.
Les quatre partent dans un éclat de rire. Oui, cette vie était un enfer. Mais l'amitié peut rendre l'enfer vivable.
"- Bulma ! Bulma !"
Elle a à peine le temps de se retourner que des petits bras lui enlacent la jambe droite. Elle baisse les yeux et sourit à San Gohan.
"- Bonjour Gohan. Alors, comment va mon grand gaillard ?", demande t-elle en le prenant dans ses bras.
"- Il est tellement plein d'énergie que je me demande s'il a vraiment donné le meilleur de lui-même à l'entraînement."
Son Goku se place en souriant devant Bulma, ignorant la langue tirée de son fils.
"- Il est bien propre et vient de manger.
- Très bien, que vas-tu faire en attendant ?
- Krilin et moi allons effectuer une mission de repérage au sud-est. Apparemment, Vegeta veut installer un nouveau camp à 300 kilomètres à l'Est de la base Burton. Tu sais, vers l'endroit où nous avons rencontré Oolong."
Leurs regard s'assombrissent, mais l'esprit logique de Bulma reprend rapidement le dessus.
"- C'est une région riche en sable."
Goku la regarde sans comprendre.
"- Peut-être que Vegeta veut commencer à construire des bâtiments en dur et qu'il a besoin de sable pour lancer la production de béton, de verre ou que sais-je... Peut-être qu'il arrive à court de capsules d'habitation et qu'il veut commencer à permettre aux humains de se loger dans autre chose que des tentes ou des baraquements en matières recyclées", continue Bulma, excédée par l'éternelle lenteur d'esprit de son ami.
"- Donc ?
- Donc c'est une information intéressante en ce qui concerne les plans futurs des saiyans.
- Aaaaaaaaah… Évidemment, tu es plus intelligente que moi. C'est aussi pour ça que je te confie mon fils aussi souvent."
Le jeune père la gratifie d'un sourire innocent et pose une main sur la tête de son enfant afin de lui dire au revoir avant de partir en courant.
"- Il n'a même pas remarqué le changement avec mes cheveux", soupire la dame qui s'est à peine reconnue dans le miroir.
Elle veut poser Gohan par terre, mais le petit s'accroche à son T-shirt. Elle l'entend renifler.
"- Bulma, tu sens comme papy Brief", déclare innocemment le petit.
La génie tressaille.
Gohan n'a pas été convié à la cérémonie d'adieu de son père, qui a eu lieu cinq jours plus tôt.
L'enfant de sept ans est à son sens trop jeune pour ce genre d'événement. De plus, Goku et elle se sont mis d'accord sur le fait qu'il vaut mieux que les habitants de la base identifient le moins possible le visage du jeune métis. Ils savent qu'il existe, mais peu seraient capable de le reconnaître au détour d'un couloir s'il ne portait pas sa tenue d'entraînement.
C'est mieux ainsi. Les temps désespérés appellent à des actions inconsidérées.
"- Papy me manque un peu, alors j'ai chopé l'une de ses mauvaises habitudes. Que tu ne dois d'ailleurs jamais imiter !"
Le petit garçon doit sentir qu'il a dit quelque chose qui a heurté l'amie de son père, car il descend de lui-même de ses bras.
Bulma ouvre la porte de ses appartements et se dirige directement vers son bureau.
Si la pièce blanche dans laquelle elle vit est dans un bordel sans nom, chaos de vêtements éparses et d'idées couchées sur du papier, le bureau est parfaitement rangé et prêt à accueillir le petit garçon. Gohan saute sur l'une des deux chaises et attend sagement que Bulma place devant lui ses cahiers, crayons et livres.
L'éducation de son fils a toujours été la priorité de Chichi. Par respect et amour pour sa défunte amie, Bulma a décidé de prendre en main l'éducation scolaire de Gohan. Qu'importe que le futur de la race humaine repose sur leurs épaules, elle trouve toujours du temps pour enseigner l'algèbre, l'orthographe et l'histoire à l'enfant.
Le petit est vif et intelligent. Sans cette guerre, il aurait probablement pu faire de longues études et devenir qui il voulait.
L'enfant s'était dès le début montré très enthousiaste face à cette initiative. Bulma est rapidement devenue une seconde mère pour lui, Chichi ayant disparue alors qu'il n'avait que quatre ans. Cela chagrine Bulma. Les images de sa mère disparaissaient progressivement de l'esprit de Gohan, qu'importe sa fantastique mémoire.
C'est injuste.
Le petit est déjà mis à l'écart des autres enfants de son âge mais en plus, il perd progressivement le souvenir de la chaleur et de l'odeur de sa mère. Le petit oublie sa maman.
Bulma sait qu'elle ne pourra jamais compenser cette perte. Elle ne souhaite d'ailleurs aucunement remplacer Chichi dans le cœur de Gohan.
Mais si elle peut faire en sorte que Gohan se sente redevenir un enfant l'espace de quelques heures, alors Bulma est comblée.
Krilin et Goku réapparaissent quelques heures plus tard, vierges de toute blessure.
Gohan a beau adorer ses cours avec Bulma, il se précipite dans les bras de son père.
"- Mon garçon a été sage ?
- Plus sage que tu ne l'aurais été à sa place.
- Ahah, c'est bien vrai", admet celui qui aurait été un cancre s'il avait connu l'école.
Krilin délaisse le cahier à dessins de Gohan qu'il feuillette et observe intensément Bulma en silence.
Il y a quelque chose de changé avec elle depuis la crémation…
"- Allez zou ! Hors de ma chambre tous les trois. Je dois retourner au labo. Krilin, n'oublie pas d'y passer dimanche prochain !"
San Goku juche son fils sur ses épaules. Avant que les hommes n'aient franchis le pas de la porte, le petit garçon se retourne vers son héroïne.
"- Au revoir Bulma ! Tu es très jolie avec tes nouveaux cheveux !"
Goku répète sans comprendre le mot « cheveux » et Krilin se frappe les mains en marmonnant « c'était donc ça ». Bulma salue une dernière fois l'enfant et prépare ses affaires pour une nuit blanche au laboratoire. Il est temps d'avancer avec son exosquelette.
Vegeta vole à pleine vitesse vers son palais. Sa tournée a finalement pris plus de temps que prévu, le roi ayant décidé de rester au camp d'entraînement plusieurs jours.
Il n'a rien à reprocher au responsable du camp, un vétéran de Première Classe ayant vécu de nombreux conflits. Ce dernier a participé à l'entraînement au combat du jeune roi et formé des dizaines d'autres guerriers. Il sait y faire.
Mais après l'incident avec Ringo, Vegeta peut de moins en moins fermer les yeux et a décidé de davantage s'impliquer dans l'entraînement, même temporairement.
Il faut entretenir l'esprit de combat des saiyans, remettre la quête de l'excellence et de la puissance personnelle au coeur des objectifs de chacun.
Cette planète rend peut-être certains esprits faibles, mais il est hors de question que la puissance militaire saiyan y passe aussi. Le roi compte bien refaire des siens une race puissante et conquérante. Cela passe par un entraînement intensif et régulier, sans distraction.
Bien sûr, aucun autre saiyan ne parvient à le mettre à mal au cours des entraînements.
Il n'y a pas que la génétique qui joue. Vegeta a aussi été celui qui a le plus bénéficié des enseignements de guerriers vétérans au cours de ces vingt dernières années. Il a également été prioritaire à chaque occasion de combattre, de s'entraîner et de se défouler, si bien que son corps est bien moins rouillé que bon nombre de ses compatriotes.
En conséquence, un certain nombre de saiyans apparaissent comme faibles aux yeux de Vegeta. Mais c'est tout ce dont il dispose. Freezer n'a pas laissé beaucoup de guerriers de classes supérieures survivre à la destruction de Vegetasai. Rattraper le niveau d'antan n'est pas une mince affaire, mais Vegeta et son peuple aiment les défis. Nul n'ignore les intentions du roi et ces projets de grandeur restent un moyen efficace de canaliser l'énergie brute des saiyans.
Arrivé à son palais de granit et de marbre, Vegeta se pose sur le balcon de couleur sable donnant sur ses appartements.
Les fenêtres et rideaux de couleur émeraude ont été laissé ouvert durant son absence. Personne n'oserait s'introduire dans les appartements du roi en son absence, si ce n'est pour y faire le ménage et fermer les fenêtres en cas d'averse.
Tout doit toujours être parfait, rangé à sa place et propre. Il doit toujours y avoir de la nourriture sur une table, au cas où le roi des saiyans ai une fringale. Bien sûr, il se fait préparer un repas si tel est le cas, mais les encas délicats sur la table permettent de le faire patienter le temps que les cuisines travaillent.
Vegeta appelle Nappa.
Encore une fois, la réalité de ce putain de brouilleur s'impose à lui. Il est obligé d'annoncer qu'il est rentré. Si les radars fonctionnaient, ses sujets et serviteurs auraient su qu'il était sur le chemin du retour et aurait agis en conséquence.
Les communications des scouters fonctionnent toujours bien évidemment, mais Vegeta n'est jamais sûr que son second porte son communicateur sur les oreilles. Lui-même ne le porte que rarement, l'outil est loin d'être agréable à trimballer.
Son second pousse la porte d'entrée quelques secondes plus tard. Il porte sur lui les odeurs de plusieurs terriens et terriennes, mais contrairement au cas de Ringo, Vegeta n'y voit pas de mal.
Pour le quinquagénaire, les humains restent des objets.
Le fossé entre les deux espèces demeure clair aux yeux du chauve, ce qui justifie que son goût pour les parties fines soit toléré par Vegeta.
"- Faim ?
- Oui.
- VERMINES ! APPORTEZ À MANGER POUR SA MAJESTÉ !"
Nappa est un excellent second, mais sa manie d'hurler exaspère Vegeta.
Les humains du palais craignent en permanence pour leur vie. Nul doute que plusieurs d'entre eux l'ont vu voler vers son balcon et ont avertis les autres de son retour. Les cuisines, dans lesquelles s'activent pas moins d'une soixantaine d'humains, doivent déjà tourner à plein régime.
"- Des naissances ?", demande le roi à son second en se dirigeant vers sa table à manger en bois précieux pour prendre un gateau sec au caramel.
"- Une. Mort avec la mère.
- Merde…"
Vegeta s'assoit en machonnant son gâteau pour ruminer en silence la nouvelle. Le métissage est loin d'être une aussi mince affaire qu'il l'avait escompté.
Réfléchir ainsi n'est pas dans la nature de Vegeta.
Alors il compense et s'empiffre durant plusieurs heures, engloutissant les mets raffinés qu'on lui apporte. Une dizaine d'humains auraient pu vivre une semaine avec la quantité de viande, féculents et desserts qu'il consomme.
D'ordinaire, Nappa aurait tenté de grappiller une assiette dans le festin de son roi. Les cuisiniers ne donnaient le meilleur d'eux même que pour le suzerain des saiyans, c'est la règle. Mais ce soir n'est pas un moment pour tenter de partager la nourriture. Le roi des saiyans est de mauvais poil.
Alors Nappa se contente d'observer les murs de la salle à manger de son roi, mélange entre bois de cerisier et granit noir. Le moustachu d'une cinquantaine d'années se dit qu'il aimerait bien avoir une décoration comme celle la dans son deuxième salon.
Le lendemain matin, le roi des saiyans se consacre à son entraînement personnel. Il s'élève haut dans le ciel et enchaîne les coups dans le vide à un rythme bien plus rapide qu'il ne l'a fait au camp d'entraînement qu'il a quitté la veille.
La raison ?
Tout simplement qu'aucune des personnes présentes au camp n'aurait pu suivre sa vitesse.
Au bout d'une demi-journée, il sort son détecteur de sa poche et le fixe à son oreille. Même si le radar ne fonctionne plus, le brouilleur n'empêche pas les saiyans de communiquer à travers eux. Il appelle un jeune saiyan prometteur nommé Kiui, né durant les années d'errance du peuple.
Il a du potentiel et a fait ses preuves au cours des précédentes années.
A présent affecté à la surveillance du vaisseau spatial et laboratoire de recherche des saiyans, il s'entraîne régulièrement avec son roi.
Les talents prometteurs sont aujourd'hui trop rares pour que Vegeta les ignorent.
Kiui est fidèle et a le potentiel d'un digne Première Classe.
Son roi compte bien le former pour en faire l'un des futurs piliers de la nouvelle Vegetasai qu'il va construire.
Ils sont finalement interrompus par Nappa et Radditz.
Ce dernier est en charge du plus gros camp d'approvisionnement en nourriture des saiyans, situé à quelques dizaines de kilomètres du palais, au nord de la montagne. Par conséquent, il loge lui aussi au palais, peu désireux de passer la totalité de son temps au camp.
De toute façon, il peut être là bas en un rien de temps et ses adjoints peuvent le prévenir s'il y a le moindre problème.
Vegeta renvoie Kiui et vole jusqu'à ses appartements.
Arrivé sur le balcon, il prend la serviette que Radditz lui tend et essuie la sueur sur son visage.
Il remarque alors qu'aucun serviteur humain ne se trouve dans ses appartements pour l'approvisionner en eau comme il est coutume. Pas de doute, ses congénères ont de mauvaises nouvelles et ils ont été assez miséricordieux pour informer les serviteurs qu'ils feraient mieux de déguerpir.
"- Nous avons intercepté ceci", annonce Radditz en lui tendant ce que les terriens appellent un smartphone. Des humains de mon camp se le faisaient passer en douce.
Ce n'est pas la première fois que Vegeta se retrouve avec l'un de ces appareils dans les mains.
Il l'active et tombe sur la valeur réelle de cet objet : la vidéo de propagande qu'il contient.
Elle est sous-titrée et se présente de la même façon que les précédentes. L'humaine pâlotte aux cheveux bleus, entourée de quatre autres figures de cette saloperie de Rébellion, appelle les humains asservis à résister contre l'envahisseur saiyan.
Le regard de Bulma Brief est déterminé, son discours toujours aussi bien maîtrisé. Elle a coupé ses cheveux.
Le concept de propagande était inconnu aux saiyans avant leur arrivée sur Terre. Nul besoin de cela dans leur culture. Par conséquent, ils sont assez désarmés face aux appels à la résistance de leurs adversaires humains. Et cela met le roi Vegeta hors de lui.
Le message n'est pas achevé qu'il écrase l'engin en serrant le poing.
"- Qu'as-tu fais ?", demande-t-il à Radditz.
"- J'ai rassemblé tous les humains du camp sur la place centrale pour qu'ils assistent à l'exécution d'une trentaine des leurs. Quiconque sera surpris à prêter oreille à ce genre de discours sera écrasé sans pitié", répond le frère de Kakarotto en regardant le cadavre de l'objet.
Vegeta lui tourne le dos et observe le ciel nuageux au dessus de la montagne.
Cela fait presque trois ans qu'ils appliquent cette politique de la « tolérance zéro », sans succès.
Le message porté par la rébellion humaine trouve chaque semaine plus d'oreilles attentives. Apparement, le fait que ces vidéos montrent à l'écran une femme frêle, mais déterminée, a un impact concret sur la réception du message.
Bulma Brief est l'héritière d'une famille puissante donc elle a de l'influence, très bien. Elle est diablement intelligente, oui, le roi des saiyans l'a compris, sa saloperie de brouilleur le lui rappelle chaque jour.
Ce que Vegeta ne comprend pas bien, c'est pourquoi le sexe de la terrienne possède une si grande influence sur la portée de son message.
Mais qu'importe, les effets sont là.
Des rapports venus du monde entier font état chaque mois de micro-actes de rébellion : un camion de vivres introuvable, une dizaine d'humains qui disparaissent sans laisser de trace, un acte de sabotage sur un chantier, le logo de la Capsule Corporation dessiné sur plusieurs bâtiments… Aucune réelle révolte n'a eu lieu depuis un moment dans l'un de leurs camps établis, mais une partie des humains asservis ne semble toujours pas avoir abandonné l'espoir de retrouver un jour sa liberté.
L'espoir… La belle affaire. Les rebelles ne pourront pas se cacher éternellement.
Vegeta mettra un jour fin à cette farce stupide et fera subir mille souffrances à ceux qui ont osé interférer avec sa conquête.
"- Radditz. Entrainement."
Et il s'envole.
Radditz craque sa nuque et affiche une moue trahissant sa conviction profonde : il va morfler.
Qu'importe. Il s'envole dans le ciel pour suivre son roi. Nappa, resté seul sur le balcon, balaye les restes du smartphone de ses pieds, les précipitant dans le vide. Tant pis si un humain passe en dessous à ce moment précis.
Quelques secondes plus tard, le ciel tremble.
Le roi Vegeta est furieux et frappe fort. Il est toujours ainsi après avoir vu l'un des messages de Bulma Brief.
Si Vegeta hait singulièrement Kakarotto pour sa niaiserie et son statut de traître, il honni encore plus la terrienne aux cheveux bleus.
Elle lui résiste et lui échappe depuis trois ans, alors que tout sur cette foutu planète est censé lui appartenir et qu'il a mis en oeuvre de gros moyens pour lui mettre la main dessus.
Elle n'est qu'une faible humaine sans aura. Et malgré tout, elle parvient à le maintenir en échec.
Si Kakarotto est un échec singulier et sans explication, Bulma Brief est sa honte.
Dimanche arrive.
Krilin se rend comme promis au laboratoire de Bulma, escorté par Gladys, l'assistante de son amie. Comme à chaque fois qu'il côtoie la grande femme à la peau ébène, le petit chauve rougie. Krilin le sait, son coeur d'artichaut est irrécupérable.
L'accès à la zone de recherche est réglementée. Impossible pour lui de passer seul. Du moins en théorie. Ce ne sont pas les fusils des soldats de la base qui pourraient l'arrêter, pas plus que des portes de la Capsule Cop.
En entrant dans le laboratoire, la première chose que visualise Krilin est un monstre de métal gris de plus de deux mètres de haut. De stature bipède, la créature possède des bras et des jambes exagérément gros par rapport à la largeur de son tronc.
Autre anomalie, il ne possède pas de tête à proprement parler, juste une bosse qui dépasse légèrement de son buste carré.
"- Ah Krilin, pile à l'heure !", le salue le monstre d'une voix étouffée.
Devant l'air perplexe du guerrier chauve, l'une des plaques de la créature en face de lui bouge, laissant apparaître un visage humain.
"- Bulma ?!", s'étrangle Krilin.
"- C'est bien moi ! Et le petit génie que je suis a conçu la merveille que tu vois !"
La créature de métal s'ouvre en deux, laissant apparaître une Bulma sommairement installée à l'intérieur, habillée en débardeur et minishort kaki. Gladys et plusieurs membres du laboratoire pouffent en voyant Krilin rougir encore plus.
"- Pardonne la tenue, mais il fait chaud comme l'enfer à l'intérieur de Bunny.
- Parce que tu as donné un prénom à ce robot ?!
- Taratata ! Ce n'est pas un robot, ne tombe pas dans le piège ! Bunny est un exosquelette conçu pour augmenter la puissance d'attaque et de défense de celui ou celle qui le revêt. Bunny peut certes manier ses centaines de kilos grâce à des mécanismes robotiques, ce n'est pas pour autant un robot. Je ne le contrôle pas à distance", continue d'expliquer la mécano de génie avant de boire goulûment de l'eau.
Quelle idée d'appeler cette chose « Bunny »… Krilin peut comprendre que Bulma veuille rendre hommage à sa mère en donnant l'un de ses surnoms à une création dont elle est fière.
Mais bon, Madame Brief demeure dans l'esprit de Krilin un personnage doux, délicat, candide, une vraie cervelle d'oiseau. Rien à voir avec ce tas de ferraille gris, sans classe et singulièrement moche.
"- Bunny en est au début de la phase expérimentale. Le design n'a rien de définitif. Si je t'ai fait venir aujourd'hui, c'est pour tester la résistance de l'alliage que nous utilisons. Prépare-toi !
- Me préparer pour quoi ?", demande Krilin en observant Bulma remonter à l'intérieur de sa machine infernale.
L'inventrice prend le temps de s'installer, calant bien ses bottes dans les étriers prévus à cet effet pour finalement empoigner dans chaque main une manette à boutons.
"- A frapper Bunny bien évidemment ! Comment veux-tu tester sa résistance sinon ?
- C'est dément Bulma !", se scandalise Krilin. "Je ne vais pas te frapper !
- Si tu ne me frappe pas, moi je vais le faire !"
Autour d'eux, une dizaine de personnes s'activent préparer l'exosquelette pour le test, Gladys compris.
Quelques câbles débranchés plus tard, Bunny est fin prêt pour l'action.
"- Bulma, je n'ai pas envie de te blesser !
- Il faut prendre des risques pour expérimenter ! Allez Krilin ! J'ai besoin de savoir jusqu'à quel point cet exosquelette peut encaisser les chocs !
- Et pourquoi c'est toi qui est à l'intérieur de ce truc ?! Tu es nulle au combat et on a besoin de toi pour autre chose que… le combat !"
Gladys sait que Bulma et ce Krilin sont amis depuis pas mal d'années. C'est amusant de les voir s'engueuler. Cela donne un visage plus humain à la scientifique et leader politique Bulma Brief.
Krilin repense à toutes les fois où il a vu une Bulma en danger avoir pour seul réflexe de hurler à la mort qu'elle était "trop belle et jeune pour mourir". Il la regrettre.
"- J'ai conçu les systèmes de Bunny ! Les mesures ont été câblées sur ma morphologie ! C'est encore un prototype Krilin ! Frappe !
- Pourquoi tu me demandes ça à moi ?! Il est hors de question que je frappe une fille ! Demande plutôt à Goku !
- Goku est trop puissant, il pourrait détruire en un coup des mois d'investissement ! Tu maîtrises mieux ta force que Gohan ! Krilin, si tu ne me frappe pas, moi je vais le faire !"
Pour soutenir ses paroles, elle fait un pas vers son ami. Il est lent, lourd et résonne pathétiquement à travers le laboratoire.
Mais au moins, Bunny ne tombe pas par terre comme c'est déjà arrivé au cours de la semaine. Bulma porte encore les bleus pour en attester.
Grimaçant devant tant d'obstination, Krilin comble la distance entre lui et ce qu'il considère comme un "robot-ayant-mangé-Bulma".
Il se met en position de combat face à la main de métal tendue vers lui comme un signe de stop. Le guerrier observe quelques secondes les cinq doigts en face de lui et donne un coup de poing au centre de la paume.
Les capteurs font du bruit, tandis ce que les ordinateurs travaillent pour analyser les données.
"- Tu appelles ça « frapper » Krilin ?!", le réprimande la voix de Bulma à travers la carapace de son engin. "Mets y un peu du tien, on n'a pas toute la semaine !
- C'est toi qui voulais que je me contrôle !", lui répond son ami scandalisé.
"- Si j'avais voulu d'un coup aussi faible, j'aurais demandé à Peterson de venir se casser le poignet sur Bunny ! Cet exosquelette est censé combattre les saiyans dans le futur ! Cesse de faire ta mijaurée chauve et frappe !
- Ne viens pas te plaindre que je casse ton jouet", réplique Krilin, gonflé à bloc par la dernière provocation.
Goguenarde, Bulma lui fait signe d'approcher comme elle l'a déjà vu faire au cours des tournois d'art martiaux.
Tout va bien, Bunny tient le choc. Cela demandera du temps, mais ils pourront un jour renverser le cours de cette guerre.
Verdict ? ;)
