Bonjour à toutes et à tous !

Le nouveau chapitre est arrivé... et il est l'une des raisons pour lesquelles j'ai placé ce récit dans la catégorie M.

Il existe des écrits bien plus hard, c'est sûr. Mais bon, les sujets abordés ne sont pas très relaxants.

Honnêtement, sans être une purge à écrire, ce chapitre n'a pas non plus été très agréable à concevoir.

Mais j'espère que le rendu final sera à la hauteur et qu'il vous plaira !

Bonne lecture ;)

**V2**


En apprenant la nouvelle par le biais des guerriers bizarres avec qui Bulma Brief partage une amitié contre-nature, le premier réflexe de Peterson fut de changer les canaux de transmission de la base.

Si les saiyans ont fait des prisonniers, ce sera l'une des premières choses qu'ils leur feront avouer. Ca et leur position…

Après avoir terminé de donner de multiples ordres pour sécuriser d'urgence la base, le commandant militaire se retire dans son quartier. Il a depuis longtemps fait effacer le logo de la Capsule Corp qui trônait avec panache à côté de la porte d'entrée. Malgré tout, Peterson ressent sa douloureuse présence.

Il se place directement devant son sac de frappe personnel, qu'il a rafistolé de partout au fur et à mesure des années. Après avoir enfilé des bandages autour de ses mains, il frappe.

Saloperie… de… merde !

Il n'a jamais aimé Bulma Brief. Ils sont tous deux incompatibles de par leurs visions de la vie et la différence de leurs valeurs. Deux antipodes forcées de collaborer avec fracas pour le bien des terriens.

Mais merde, elle et son miraculeux exosquelette sont maintenant aux mains de l'ennemi !

Elle avait pourtant réussi la gamine. Du haut de ses trente-et-un ans, elle a tenu parole et créée une arme capable de rivaliser avec des saiyans. Les habitants de la Terre disposaient finalement, après trois années de victimisation, d'un moyen de se défendre et de riposter.

Ce matin même, Peterson s'était imaginé à la tête d'une armée d'exosquelettes aux couleurs diverses, à mener des raids contre les truchements de l'Enfer qu'étaient les saiyans. Cette idyllique vision a été finalement arrachée.

Le projet Bunny est foutu.

Bulma Brief n'est pas la seule à avoir disparue. Les plus grands connaisseurs du dossier étaient avec elle durant l'excursion. Eux aussi sont portés disparus. Il ne reste à présent à la base que quelques mécanos ayant bossé sur des pièces spécifiques de la machine et quelques ingénieurs incapables d'appréhender le projet dans son ensemble.

Après tous les sacrifices, toutes les pertes, tout ce temps gagné pour permettre à Bulma Brief de concrétiser son projet… La Résistance se retrouve pratiquement au point de départ, à dépendre entièrement de trois guerriers aux capacités de combats lunaires capables de lancer des rayons d'énergie avec leurs mains.

Certes, avec du temps, peut-être que l'équipe scientifique restante pourra comprendre les plans de "Bunny" et s'en inspirer pour fonder les bases d'un nouveau projet.

Mais là, on parle d'un temps dont la Résistance ne dispose tout simplement pas. A combien s'élèverait-il se temps ? Quatre mois ? Six mois ? Dix mois ? La Résistance perd cette guerre.

Peterson et les siens ne peuvent pas se permettre de consacrer des ressources et du temps à un projet sur le long terme qui ne sera jamais à la hauteur de son modèle.

Le commandant sent que ses jointures, malmenées par les coups qu'il envoie sur son sac de frappe, sont en souffrance. Mais il n'en a cure.

Bulma Brief est aux mains des saiyans. De toutes les personnalités stratégiques de la Résistance, il fallait que ce soit elle qui soit capturée par les saiyans. Elle connaît toutes les localisations des bases de la Résistance. Tous les plans. Tous les systèmes de défense. Normal, elle et son père en ont conçu les trois-quarts.

Peterson s'effondre à genoux devant son punching ball et s'accroche à lui.

Cette journée aurait dû marquer le début de reconquête glorieuse de la Terre par ses habitants d'origine.

Elle vient au contraire de signer leur arrêt mort.


Bulma reprend connaissance dans une petite pièce blanche sans fenêtre, aux larges plaques symétriques. Ce type de design lui est inconnu, alors la terrienne en arrive à la seule conclusion logique : elle est à bord du vaisseau des saiyans.

Elle se redresse de ce qui semble être une banquette en poussant un râle de douleur.

Bulma avise les plaies relativement fraîches présentes sur son corps, habillé des mêmes débardeur et short qu'au moment de sa perte de conscience. Il y a un épicentre de sa douleur : son bras gauche.

Il est violet, son angle est anormal et il semble avoir doublé de volume.

Elle le tâte avec douceur. Bilan, trois fractures. Pas étonnant qu'elle se soit évanouie. La nausée causée par la douleur sans répit qu'elle ressent l'informe d'ailleurs que son corps ne bénéficie d'aucun anti-douleur.

L'humaine se traite mentalement d'idiote.

La première bataille contre le saiyan qu'elle a failli tuer a dû fragiliser son bras.

Boostée par l'adrénaline, elle n'a rien ressenti sur le moment. Et puis, Vegeta est arrivé et a malmené son corps en détruisant Bunny. Emportée par sa rage, elle a tenté de frapper le roi des macaques. Autant essayer de blesser un mur en béton. Son bras déjà souffrant n'a sans doute pas tenu le choc. Et encore, Bulma se rend bien compte que son absence de côtes cassées relève du miracle.

"- Oui, elle est réveillée."

Obnubilée par la douleur, Bulma n'a pas remarqué qu'elle a de la compagnie.

Un saiyan aux allures d'adolescent, mais au cou de boeuf, est assis sur un tabouret à l'autre bout de la pièce, à côté de ce qui ressemble à une porte. Il a les sourcils bas, épais et froncés de son peuple. Sa tignasse part dans tous les sens, telle une pousse de lavandin asymétrique. Ses cheveux de jais indisciplinés partent en éclairs et certaines mèches, plus longues que d'autres, ressemblent réellement au tonnerre de par leur courbure carré.

Malgré quelques restes des rondeurs de l'adolescence, les traits du saiyan sont durs, comme si muscler son corps dès le plus jeune âge avait annihilé quasiment tout souvenir de l'enfance.

Les trois mètres qui séparent Bulma du saiyan n'empêchent pas la terrienne de lire le mépris sur son visage. Il la regarde sévèrement avec ses yeux fins de bête sauvage tout en communiquant à travers son oreillette-radar. Sans doute avec son roi.

Elle lui rend son regard et ne lui adresse pas un mot. Inutile qu'elle lui demander ce qu'elle fait ici. Elle sait déjà à quoi s'en tenir. Aucune réponse ne lui serait agréable. Alors autant ne pas demander.

Une question lui brûle cependant les lèvres.

Bulma veut savoir ce qui est arrivé au reste de son équipe. Elle se retient.

Poser cette question, c'est signifier aux saiyans qu'ils ont une emprise sur elle et qu'elle est en position de faiblesse face à eux. La leader de la Résistance ne veut laisser aucune prise visible à ses ennemis.

Les minutes suivantes se résument donc à un échange de regards haineux entre un adolescent saiyan en tenue de combat et Bulma, qui tente de s'habituer à la douleur que lui inflige son bras.

La joute prend fin avec l'arrivée du roi Vegeta, qui entre dans la pièce en passant la porte mécanique coulissant par le haut.

Le jeune saiyan se lève immédiatement de son tabouret et s'incline devant son suzerain.

Vegeta, les traits durs et les sourcils exagérément froncés, ne lui accorde pas un regard et s'empare du tabouret qu'il vient de quitter.

Le roi des saiyans le porte jusque devant la banquette sur laquelle est assise Bulma. Cependant, il ne s'assoit pas et la toise de toute sa hauteur avec son regard sombre et méprisant.

Cela donne l'occasion à Bulma de l'observer sommairement de près et en personne, chose qu'elle n'a pas eu l'occasion de faire.

Contrairement à son ami Goku, Vegeta possède des cheveux noirs tirant sur le brun.

Sa coupe aux allures de flammes défie toute logique, plus encore que l'adolescent saiyan à tête d'éclairs qui se trouve derrière lui. Ses tempes visibles sont creusées et sous tension, à l'image du reste de son corps tendu à l'extrême. Sa combinaison en spandex bleu moule son corps musclé de manière outrancière et son armure blanche ne diffère en rien de celle de ses compatriotes.

Aucun signe distinctif pour signifier qu'il est roi. Ses épaulettes cuivrées sont largement plus larges que celle de l'adolescent avec eux, mais Bulma sait que cela relève d'un choix personnel à défaut de la signification d'un rang.

Dans une autre vie, elle aurait pu le trouver beau. Physiquement, il a tout pour. Mais quand la terrienne le regarde, elle ne voit qu'un monstre assoiffé de sang et de pouvoir qui a détruit sa vie et celle de ses compatriotes.

Elle prend conscience qu'elle doit vraiment avoir une sale tête, car il se met assez rapidement à lui sourire d'un air supérieur pour mieux démarrer les hostilités.

"- On souffre terrienne ?

- Encore plus depuis que je vois ta sale tronche."

Le vouvoiement, c'est une marque de respect.

Il est hors de question qu'elle accorde ne serait-ce qu'un iota de respect à ce monstre.

L'irrespect lui convient mieux.

Cette attitude ne doit pas convenir au despote, car il fronce les encore plus les sourcils et administre une pichenette sur le bras blessé de Bulma. Autant dire l'équivalent d'un coup violent pour l'humaine.

La douleur foudroie Bulma, qui crie plusieurs secondes en frappant son crâne contre le mur derrière elle.

Le regard perçant de son tortionnaire ne la quitte pas. Lorsque la terrienne cesse d'exprimer sa douleur et rouvre finalement les yeux, elle lui communique toute la haine et la colère qu'elle ressent pour lui.

Le roi des saiyans n'est pas satisfait.

Il ne détecte pas une once de peur dans le regard de la terrienne et cela l'énerve. Il faut que cela change. Elle doit en avoir conscience, Vegeta peut faire tout ce qu'il veut avec elle.

Bulma Brief est censée avoir peur.

Il est temps de passer aux choses sérieuses.

Vegeta en a soupé de cette rébellion à la noix et de l'humaine en face de lui.

"- Comment contourne-t-on le brouilleur ?

- T'es pas du genre à prolonger les préliminaires toi," lui répond Bulma en respirant bruyamment avec un micro sourire de défi.

Grande gueule, casse-cou et sûre d'elle.

Bulma Brief est exactement comme Vegeta se l'imaginait à l'issu du visionnage de dizaines de vidéos la mettant en scène. Oui, il s'est forcé à regarder de longues vidéos de propagandes, mais aussi des archives datant de l'époque où son père se reposait sur elle pour diriger en partie la Capsule Corp.

Par Vegetasai, cet être à l'aura ridicule l'a forcé à s'investir pour comprendre son ennemi, tâche qui n'est pas dans sa nature de saiyan.

Cela ne fait que renforcer sa colère envers la terrienne.

Cette dernière l'évalue manifestement.

Il sent ses yeux bleus courir sur son visage pour s'attarder sur ses sourcils et son cou.

Elle le jauge. Lui, le roi des saiyans.

Cette vulgaire bonne femme possède vraiment le don de le mettre en rogne.

Elle est là, prisonnière dans une petite salle inconnue en compagnie de deux saiyan et elle continue malgré tout à le défier du regard. Elle continue de lui résister, encore.

Vegeta est décidé à le lui faire payer.

Qu'elle continue de le mettre en rogne. Il s'assurera de la faire hurler en retour.

Déterminé à passer à la phase suivante de l'entretien, il l'attrape par la nuque et l'assoie de force sur le tabouret, avant de prendre sa place sur la banquette. Bulma sent deux mains gantées se poser sur ses épaules.

"- Kiui ici présent est encore en phase d'apprentissage", commence Vegeta en posant lourdement ses pieds bottés sur ceux nus de Bulma. "Mais il a un grand potentiel. La leçon d'aujourd'hui porte sur la bonne façon de mener un interrogatoire."

La queue du jeune saiyan debout derrière elle s'enroule fermement autour de sa taille pour la coller à lui. L'une de ses mains contourne sa nuque pour venir faire douloureusement pression sur sa mâchoire et lui ouvrir la bouche afin d'éloigner sa langue de ses dents.

"- Toute la maestria consiste à savoir infliger une immense douleur au sujet, sans pour autant le laisser s'évanouir."

Kiui attrape le bras fracturé de Bulma et le serre de sa poigne gantée.

Le son des cris de l'humaine est doux aux oreilles de Vegeta. Il en veut plus. Il se dit que des cris et gémissement d'agonie seraient encore plus plaisants.

Mais non. Aussi irrespectueuse soit elle, il ne la tuera pas.

La terrienne doit répondre à ses questions d'abord. Qu'importe l'immensité de la douleur qu'elle est capable d'encaisser, il y a toujours une limite. Vegeta verra Bulma Brief craquer.

"- Comment contourne-t-on le brouilleur ?"

Un crachat dans sa direction. Il l'esquive en bougeant la tête. Kiui n'aime pas que l'on manque de respect à son roi et sert le bras gauche de l'humaine. Elle hurle. Son bras droit libre s'agite comme un appendice fou en frappant inutilement le corps de son tortionnaire. Ses pieds immobilisés par ceux du roi des saiyans se tordent dans tous les sens, mais ne s'échappent pas.

Vegeta la regarde gueuler avec mépris.

Cette saloperie de terrienne va apprendre sa leçon. Cela demandera le temps qu'il faudra, mais Vegeta finira bien par obtenir ses réponses et la briser comme elle le mérite.

Peu importe ses suppliques, il ne la laissera pas mourir avant d'avoir achevé de se venger pour les trois années d'humiliations qu'elle lui a fait subir.

La résistance de l'humaine aux cheveux bleus ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir.

Il brisera sa volonté au même titre qu'il avait brisé celle des humains de la Terre.


"- Il lui fait du mal. Il lui fait du mal. Il lui fait du mal."

Son Gohan, allongé dans son lit, répète en boucle sa litanie, luttant de toutes ses forces contre son instinct.

Celui-ci lui dicte de voler le plus vite possible au secours de Bulma.

Elle souffre. L'aura de Vegeta entoure son faible ki en plein chaos, tel un brouillard malfaisant.

Il doit aller l'aider. Il doit la sauver de cette brute sanguinaire.

Gohan le sait, Vegeta a bien conscience qu'ils sont capables de détecter l'aura de Bulma.

La torturer comme il le fait ne vise pas qu'à satisfaire sa vendetta personnelle. Il veut que les défenseurs de la Terre sortent de leur trou et viennent l'affronter pour sauver leur humaine adorée. Leur mettre la main dessus et les détruire signifierait mettre définitivement fin à la Résistance.

Le garçon de sept ans le sait.

Il sait aussi que scruter l'aura de Bulma comme il le fait est masochiste au possible. Krilin le somme une nouvelle fois d'accepter de descendre dans la salle d'entraînement du palais de Dieu.

Se rendre là bas signifierait couper le contact avec l'extérieur, ne plus pouvoir sentir l'aura de Bulma et pouvoir reprendre l'entraînement sans subir d'interférences Agir ainsi, c'est mieux se préparer pour enfin tuer Vegeta et les siens.

Gohan n'est pas prêt. Son père non plus. Aucun des deux Son ne peut se résoudre à se replier ainsi en prenant le risque de ne plus sentir l'aura de leur amie. S'ils venaient à découvrir, une fois sortis de la salle d'entraînement, que l'aura de Bulma Brief a disparue pendant leur absence, jamais ils ne se le pardonnerait.

Alors Gohan, Goku et Krilin attendent en se torturant eux même, l'ensemble de leurs sens tournés à plusieurs milliers de kilomètres à l'Ouest.


Vegeta mâche furieusement un bâton de boeuf séché dans son lit ovale aux draps rouge.

Cette maudite bonne femme… Elle s'est à nouveau évanouie.

Trois jours ! Cela fait trois jours qu'il l'a fait torturer sans relâche par Kiui, délaissant ses devoirs de roi pour venir à bout de la résistance d'une putain de terrienne.

Tout ce temps enfermé dans une ancienne chambre de lieutenant minuscule pour rien.

Toute cette volonté et énergie perdues à vouloir briser un être faible qui ne devrait pas mériter une telle attention.

Elle est là, prisonnière, à sa merci, et elle continue tout de même de lui résister.

Elle hurle, elle pleure de douleur, elle se débat.

Bulma Brief le fusille à longueur de temps avec ses yeux bleus et ne parle que pour lui lancer des insultes à la face. Mais c'est tout.

Pas une seule confidence, pas une seule information viable. Elle souffre au possible, mais parvient tout de même à le tourner en ridicule avec sa résistance bornée. Elle lui fait perdre son temps.

Vegeta n'est pas quelqu'un de patient. Il avait escompté lui arracher des aveux en quelques heures. Pas y passer plusieurs jours.

Comble, nulle trace du traître Kakarotto ou son fils.

La situation ne bouge pas. Rien n'évolue et lui perd son temps.

Vegeta se redresse de son lit, enfile sa combinaison et son armure, et quitte ses appartements pour s'envoler dans le ciel. Eclairé uniquement par les étoiles, il lance des coups de poing et de pied dans le vide.

La terrienne parasite sans relâche ses pensées tels des parasites et il n'arrive pas à s'en débarrasser.

Seul l'entraînement arrive à lui changer les idées.


Bulma est épuisée. Physiquement et mentalement.

Elle sait que cela fait moins de sept jours qu'elle est prisonnière des saiyans, mais elle a la sensation d'avoir passé plusieurs semaines dans cette maudite pièce blanche sans fenêtre.

Vegeta a bien essayé de lui enlever toute notion du temps avec ses tortures et en l'empêchant de dormir, mais la terrienne a une horloge dans la tête.

Cette micro victoire personnelle n'enlève rien à la dure réalité que subit Bulma Brief.

Le dernier coup de Vegeta a été particulièrement rude.

Au quatrième matin, il a amené dans la pièce deux prisonniers : Fisher et Laurence. En mauvais états, mais vivants.

Eux aussi ont subi des tortures de la main des saiyans. Les guerriers de l'espace ont tout fait pour obtenir des informations de leur part sur le brouilleur et les localisations des bases.

Laurence a souffert pour rien. Il ne connaît pas les réponses. Le brouilleur n'a jamais relevé de son domaine de compétence et il ne connaît pas les coordonnées des bases de la Résistance.

Cela fait partie du protocole de sécurité mis en place par le commandant Peterson. Tout ce que Laurence a pu donner aux saiyans, ce sont des descriptions approximatives de paysages.

Rien qui ne satisfasse les saiyans ou leur donne un indice concret sur la destination des trois véhicules.

Une base dissimulée sous une montagne de la région ?

Inutile, à moins de faire le choix de pulvériser intégralement plusieurs millions d'hectares à travers le globe.

Fisher, lui, connait les coordonnées de la base.

Il n'a pas craché le morceau.

Comme Bulma, il a encaissé et fait perdre son temps aux saiyans.

Les deux humains sont désormais inutiles aux guerriers de l'espaces.

Mais peut-être peuvent-ils encore servir à une ultime tâche, à savoir contribuer à faire craquer celle que Vegeta veut réellement voir se briser : Bulma Brief.

Vegeta les a donc fait venir dans la pièce et s'agenouiller en face de la terrienne immobilisée sur son tabouret par Kiui. Nul besoin de les maintenir immobiles par terre, ils n'avaient de toute façon pas assez de force pour se lever.

Après quelques secondes de silence, Vegeta a menacé d'exécuter les deux hommes devant l'humaine si elle ne lui disait pas comment contourner le brouilleur. La résolution de Bulma avait un moment flanché.

Qu'on lui fasse du mal pour ce qu'elle sait est une chose. Tuer les autres en son nom est d'un tout autre ressort.

Ce qui sauva la Résistance à cet instant précis a été Fisher.

Le militaire était déjà un soldat au moment de l'arrivée des saiyans.

Des tatouages, il en avait déjà pas mal avant le début du conflit. Le signe de l'infini, la phrase fétiche de son bataillon et un immense dragon courant de son pied droit à son omoplate gauche. Après le débarquement des envahisseurs, un nouveau symbole s'était joint à son trio de tatouages : le symbole de la Capsule Corp.

Une façon pour le militaire de perpétuellement se souvenir à qui la Résistance doit son existence.

Mais aussi d'affirmer qu'à l'image des capsules produites par l'entreprise, la plus petite des choses peut un jour disparaître dans un nuage de fumé pour mieux réapparaître et dévoiler tout son potentiel caché.

L'humanité doit, à l'image des capsules, faire preuve de suffisamment de force et de volonté pour tenir le choc avant de s'affirmer dans toute sa splendeur.

Bulma n'avait pas été loin de craquer et de tout dévoiler à Vegeta.

La vue du tatouage de la Capsule Corp courant sur la poitrine à nue de Fisher lui a permis de revenir à la réalité qu'est la sienne : depuis trois ans, des gens meurent chaque semaine en son nom.

Vegeta a organisé des exécutions de masse pour la faire sortir de sa tanière. Il a terrorisé et torturé des milliers de terriens de tous âges pour lui mettre la main dessus. Bulma ne peut pas compter toutes ces vies, mais elle peut rendre honneur à leur sacrifice, qu'il ait été volontaire ou non.

Elle peut préserver la Résistance.

Pour cela, elle doit tenir bon et ne rien dire à Vegeta.

Fisher est mort avec le sourire, ayant capté la détermination dans le regard de sa compatriote.

En voyant sa tête tourner dans le mauvais sens sous la pression de la queue du roi des saiyans, Bulma a hurlé son nom comme un dernier hommage avant de pleurer.

Pour Laurence, ce fut un autre défi.

Le jeune père voulait vivre.

Il voulait revoir sa femme et sa fille restées à la base. Il a supplié Bulma de parler.

Il l'a supplié au nom de leur amitié, au nom de la petite Marlène qu'elle a déjà tenue dans ses bras et qui a gazouillé en fourrant ses petits doigts potelées dans sa fine chevelure. Il l'a supplié au nom de son humanité.

Elle s'est excusé. A pleuré.

Elle a lui dit qu'elle regrettait, qu'elle était désolée de ne pas pouvoir parler.

Le manège a duré une bonne dizaine de minutes.

Vegeta a de nouveau perdu son temps. Bulma Brief ne parlera pas avec cette méthode.

Excédé, il a mis fin à cette comédie lui-même en pulvérisant le scientifique avec une boule d'énergie.

Les pleurs de la terrienne s'étaient interrompus.

Elle a alors regardé le corps calciné à ses pieds. L'odeur de brûlé avait envahit ses narines et son cerveau s'est remémoré la senteur agréable et innocente de la petite Marlène, qui a hérité des cheveux violets de son père.

Jamais l'enfant et sa mère ne reverront Laurence.

Alors Bulma a recommencé à pleurer. Elle a hurlé sa peine, appuyant sans réserve sa tête contre l'armure du jeune saiyan derrière elle.

C'est l'une des premières choses qu'on lui a enseigné à propos des interrogatoires : ne pas retenir sa douleur. Il faut tout laisser s'exprimer, ne rien intérioriser.

Faire le contraire, c'est craquer plus rapidement.

Kiui, excédé qu'elle lui casse les oreilles, lui a administré une claque. Cela ne l'a pas empêché de continuer à pleurer et renifler bruyamment.

Mais le son qui émanait d'elle n'avait rien été en comparaison du cri de rage et de frustration que Vegeta avait poussé en serrant les poings.

A bout de patience, il lui a attrapé la tête avec ses deux mains gantées pour l'obliger à le regarder, approchant son visage à bout de nez de la terrienne. Les billes noirs de ses yeux enragés ont plongés au plus profond de l'azur endeuillé, en quête d'une réponse à une énigme.

"- Combien de temps ça va encore durer ?! Pourquoi tu t'infliges ça ?!"

Elle ne lui a pas répondu.

Il ne méritait aucune réponse de sa part de sa part.

"- Tu peux mettre fin à cette folie ! Tu peux mettre fin à cette guerre avec de simples mots ! Tu sais aussi bien que moi que les terriens ont perdu cette guerre ! Pourquoi tu t'acharnes ?!"

Ses yeux rivés étaient vers lui, mais elle ne le voyait pas.

A cet instant précis, il ne possédait aucune emprise sur elle. Seule la mort de ses compagnons lui importait.

Vegeta n'avait aucune place dans son univers de deuil, qu'importe sa proximité physique et ses cris.

Elle pleurait pour les autres, sans pour autant lui faire le plaisir de se briser. Les larmes qu'elle laissait s'exprimer lui permettaient d'encaisser.

Et le roi des saiyans ne pouvait rien faire contre cela.

Vegeta le savait. Et son manque d'emprise sur elle avait eu le goût amer de l'échec.

Il avait perdu face à elle. Encore une fois.

Alors il l'a lâché et est sorti de la pièce en rageant.

Une fois rentré au palais, il a détruit furieusement le mobilier de ses appartements.

Il n'est pas revenu voir Bulma avant deux jours.

Entretemps, le saiyan nommé Kiui lui a apporté à manger.

Les regards que lui jette l'adolescent ont changé. Ils témoignent maintenant d'une certaine curiosité de sa part, comme si son opinion sur elle avait progressivement évolué depuis leur première rencontre.

Il doit sans doute se poser les mêmes question que son roi, à savoir comment elle fait pour tenir ainsi.

L'attrapant fermement par la taille, il l'a relevé et passé son bras indemne au dessus de ses épaules.

Les épaulettes du saiyan se sont naturellement pliées sous la pression du contact avec Bulma, mais l'humaine a tout de même grimacé en les sentant contre ses côtes.

Kiui a ouvert la porte coulissante de la pièce pour l'emmener déambuler dans des couloirs aussi aseptisés que l'endroit qu'ils venaient de quitter. Après plusieurs virages débouchant sur des couloirs sans fenêtres aussi semblables les uns que les autres, ils ont finalement atteint leur destination : une pièce remplie de caissons de décontamination.

L'adolescent a installé sa prisonnière toute habillée dans l'un d'eux et enclenché le caisson sans jamais la quitter des yeux.

Une vapeur sans odeur a entouré l'humaine, qui a levé son bras valide pour tenter de l'emprisonner dans sa main et l'analyser. Sans succès.

Alors Bulma a pris une mèche de ses cheveux entre ses doigts pour observer l'effet du caisson sur ces derniers.

L'odorat des saiyans est très développé et cela s'est étrangement révélé être un avantage pour Bulma.

L'odeur de crasse et de pisse qui imprégnait l'humaine et ses vêtements à cause de sa captivité insupporte manifestement le nez de Vegeta et des siens. Le roi préférait donc lui rendre un peu de sa dignité plutôt que de continuer à baigner dans cette odeur lorsqu'il venait l'interroger.

A la fin de la décontamination, Bulma ne sentait plus rien.

Littéralement plus rien, pas même sa propre odeur corporelle.

Kiui l'a aidé à marcher sans un mot et ramené à la cellule nettoyée de fond en comble, vierge désormais de toute trace de corps calcinés.

Bulma est comme ses ennemis saiyans : elle ignore combien de temps elle pourra encore tenir.

Elle connaît sa propre force et sa volonté certes, mais tout a une fin. La terrienne sait qu'elle ne tiendra pas éternellement face à Vegeta.

Quant à mettre fin à sa vie… C'est pour l'instant inenvisageable vu que Vegeta la fait surveiller en permanence par Kiui.

L'adolescent saiyan est à l'image du reste de son peuple.

Il n'a quasiment pas besoin de repos et peut, tel un chien de garde, se réveiller instantanément dès que le rythme de respiration de l'humaine change pour annoncer qu'elle se réveille.

Bulma n'est jamais seule dans sa cellule.

De toute façon, elle veut vivre.

Un jour, ils vaincront les saiyans. Cette période dévastatrice prendra un jour fin. Bulma sera de celles et ceux qui se battront pour reconstruire la Terre et en refaire un havre de paix.

Cette promesse, Bulma compte bien la tenir.

Du moins, elle s'y accroche autant qu'il lui est possible.


Quelle n'est pas la surprise de Goku, Krilin et Gohan en voyant débarquer Peterson dans le réfectoire vide à une heure où il n'y vient jamais. L'étonnement est encore plus grand lorsque le militaire au visage sec se dirige vers eux, s'assoit à leur table et leur met sous le nez une bouteille de gnole, ainsi que trois verres.

"- Toi gamin, tu n'y touche pas", dit-il d'un ton sec à Son Gohan.

Il remplit les verres et les distribue entre les trois adultes.

"- Qu'on soit bien clair, je ne vous aime pas. A mes yeux, vous trois êtes des aberrations qui n'avez rien à faire dans mon monde logique.

- Heu…

- Oui Krilin, même vous."

Le commandant boit une gorgée de la boisson, intimant les deux autres à faire de même.

Sa moustache ne capte aucune goutte du liquide, ce qui fait se dire à Krilin que le commandant boit d'une façon très spéciale.

"- Mais ce soir, j'ai besoin de parler à quelqu'un. Quelqu'un qui n'est pas lié à la politique et qui connaît bien cette chieuse de Bulma Brief."

Sa phrase arrache des grimaces aux trois autres, mais ils le laissent continuer. Le commandant ne pourra jamais se défaire de l'aspect papier de verre de sa personnalité, mais il fait manifestement des efforts pour leur parler à peu près poliment. Cela titille leur curiosité.

"- Elle a la capacité de tout détruire, vous le savez ? Elle a toutes les informations sur la Résistance gravées dans sa tête.

- Nous le savons.

- Mais vous n'avez pas les capacités pour la délivrer. Ce n'est pas la première fois que j'entend cela à votre propos. D'après ce que j'ai compris, le premier jour de l'invasion, vous avez été nuls, de vrais boulets. Vous et vos compagnons morts, les soit-disants "défenseurs de la Terre", vous ne nous avez quasiment été d'aucune utilité durant l'invasion, à tel point que la gamine a dû s'occuper de vous avant de prêter assistance à son propre peuple. Donc, nous aurions très bien pu mettre en place la Résistance sans vous. Avec plus de difficulté et moins d'efficacité certes, mais on y serait arrivé."

Peterson sait toucher les points sensibles. Le militaire a toujours su lire dans le cerveau des gens. C'est comme cela qu'il est devenu si influent. Et ce bien avant l'invasion des saiyans.

Avec le temps, vous vous êtes améliorés, mais vous n'avez pas encore la force de venir à bout de l'armée saiyan et de leur roi.

Goku serre ses poings sur la table.

Il sait déjà tout cela. Cela le hante suffisamment sans que Peterson ne vienne le leur balancer à la figure.

"- Qu'est-ce que vous foutez dans cette salle à manger ?

- Quoi ?", demande Krilin sans comprendre.

"- Vous m'avez bien entendu. Qu'est-ce que vous faites là au lieu de vous entraîner dans votre sous-sol mystique ?

- La salle d'entraînement nous isole du monde extérieur. Si quelque chose arrive, une attaque par exemple, nous ne pourrons pas la prévoir. C'est pour cela que nous avons rarement été tous les trois ensembles dans cette salle. Pour vous prévenir en cas d'attaque.

- Nous avons déjà de véritables radars pour nous alerter en cas d'attaque, merci bien. Nous faisons correctement notre boulot, contrairement à vous."

Ce commandant moustachu a le don de les prendre à rebrousse-poil.

Mais Krilin sent bien qu'il y a un but caché derrière cette remontrance en règle. Peterson n'est pas du genre à agir gratuitement, surtout lorsque cela les concerne tous les trois.

"- Ma confiance en la gamine est toute relative. Elle m'a suffisamment pourri la vie ces trois dernières années pour que je ne la vénère pas aveuglément comme tout le monde. Néanmoins, cela fait près de sept jours qu'elle est aux mains des saiyans. Aucun singe de l'espace n'est encore venu frapper à notre porte. La logique voulant que le roi babouin n'a pas dû la ménager, je suis enclin à penser qu'elle résiste de manière admirable."

Il claque sa langue sur son palais et enlève l'un de ses gants, dévoilant trois doigts manquants à sa main droite, qui ont été remplacés par des prothèses en plastique.

"- Mais personne ne résiste éternellement. Qu'importe la détermination d'une personne, il y a toujours un point de rupture."

Gohan a les yeux rivés sur la main mutilée du commandant. Il imagine celle mutilée de Bulma à la place.

"- Bulma Brief est en train de se battre là-bas. Et vous, vous restez dans cette salle à vous morfondre et à vous empiffrer. Je suis sûre que ce n'est pas ce qu'elle souhaite de votre part. Elle veut sans doute que vous souffriez le moins possible. Ca, c'est son attachement envers vous. Je suis différent. Moi, j'ai honte de vous."

Le ton a changé.

Il est passé du vindicatif à l'autoritaire, comme un parent déçu par les actions de sa progéniture.

Les yeux glacés de Peterson brûlent d'une volonté à leur encontre que les trois guerriers ne lui connaissait pas.

"- Prenez une décision maintenant. Sortez immédiatement la secourir si c'est votre souhait. Mais vous n'êtes pas assez fort. Ce sauvetage n'est pas ce que je souhaite et je pense qu'elle ne le voudrait pas non plus."

Une rasade supplémentaire. Le gant de Peterson recouvre à nouveau sa main mutilée. Gohan le regarde avec des yeux ronds, sa bouche entrouverte tout aussi arrondie. Le commandant Peterson l'a toujours intimidé avec sa moustache et son air sévère. Pas ce soir. Intimidant, il l'est toujours, mais l'enfant le trouve maintenant très inspirant.

Je veux que vous retourniez vous améliorer. Je veux que vous vous entrainiez comme jamais vous ne vous êtes entraînés. Oubliez le sort de votre amie. Ne conservez en tête que l'essentiel. Elle se bat. Faites-en de même.

Krilin n'a pas senti son épiderme se dresser ainsi depuis longtemps.

S'il avait eu des cheveux, ils se seraient sûrement dressés sur son crâne.

"- J'assurerais vos arrières. Je suis en train de trouver de nouveaux points de chute afin d'évacuer tout le personnel non essentiel des bases compromises. Je vais aussi travailler pour faire développer un projet qui remplacera Bunny. Vous, vous vous entraînez. Sans penser à rien d'autre. Les plans des terriens ne vous concernent pas, ils ne vous prennent même pas en compte. Vous aurez toute la nourriture qu'il vous faudra. Ca durera le temps que ça durera, mais le jour où tout pètera, où les saiyans viendront frapper à notre porte, quelqu'un viendra vous chercher. Et ce jour-là, vous combattrez à nos côtés et vous vous me buterez ces salopards."


Bulma a dû s'endormir et rattraper l'ensemble du retard de sommeil qu'elle a accumulé.

Elle a la tête cotonneuse et elle se sent étrangement… bien.

La douleur à son bras n'a pas disparue. Mais elle se sent comme si on lui avait finalement donné la dose d'anti-douleurs dont elle a tant besoin depuis plus de huit jours.

Elle se redresse légèrement du lit duveteux dans lequel elle est, étourdie par un confort et un bien-être trop longtemps disparu. La porte d'un doux bleu à droite d'elle s'ouvre et Yamcha apparaît.

La première chose à laquelle Bulma pense est qu'il est beau.

Elle l'a toujours trouvé beau et là, il est tel qu'elle s'en souvient. Ses longs cheveux de jais indisciplinés qui courent le long de son dos musclé. Ses cicatrices sur son visage, dont il est persuadé qu'elles lui donnent un air féroce. Sa tenue orange tape à l'oeil sans manches dont il adore le large décolleté laissant visibles ses pectoraux saillants. Son sourire à la fois charmeur et idiot qui rehausse ses pommettes.

Il la regarde avec ce même air de gamin qui se donne des faux airs de mauvais garçon qu'il a toujours.

Mais lui et Bulma le savent, il ne dissimule en rien le fait qu'il est fier d'être en couple avec une fille comme elle.

Buma a toujours trouvé du charme à ce regard. Il prouve qu'elle peut mener Yamcha par le bout du nez à sa guise.

Le guerrier s'installe sur une chaise à côté de son lit.

Allongée, elle tend une main vers lui et il la prend dans les siennes, avant d'effleurer sa paume d'un baiser.

"- Content de te voir réveillée Bulma."

Cette voix grave... Toujours la même.

Celle d'un mec qui se veut sûr de lui, mais à qui on a trop souvent démontré qu'il avait tort.

Elle ne répond rien, alors c'est lui qui parle.

"- On a gagné Bulma. Piccolo s'est réveillé et Goku a utilisé les boules du dragon pour vaincre Vegeta et ses troupes. Il nous a tous ramené. La Terre est de nouveau en paix. On est libre."

Ce qu'il dit est parfait. C'est ce dont elle rêve depuis trois ans.

Ce qu'il dit, c'est la seule façon dont son esprit logique peut concevoir la victoire des terriens sur les monstres que sont les saiyans.

Bulma sourit tendrement à Yamcha et lui fait signe de la prendre dans ses bras.

Il s'exécute sans la prendre contre lui, se laissant plutôt aller tout contre son corps allongé en laissant l'un de ses bras encadrer sa tête pour laisser une main se perdre dans les cheveux bleus de sa dulciné, au même titre que sa joue. Perdue contre son torse musclé sans poid et le creux de son épaule, Bulma s'abandonne un instant à la perfection de ce moment.

La chaleur, l'odeur, la texture de ses cheveux et de sa peau. Tout y est.

Tu m'as manqué Bulma, tellement manqué. Tu as été si courageuse, si forte pendant tout ce temps.

C'est juste dommage que ce ne soit pas réel.

Bulma se désintéresse de l'illusion de Yamcha et tourne sa tête vers la porte par laquelle il est entré pour s'adresser à elle d'une voix moqueuse.

"- Tu as vraiment cru que l'on ne m'a pas préparé à cela ?"

L'illusion de Yamcha continue de lui parler, mais elle n'écoute plus le miel de ses mots.

"- Toutes les drogues que tu pourras utiliser… J'en ai déjà expérimenté les effets. Je suis l'un des leaders de la Résistance. On a entrainé mon corps et mon esprit à résister aux interrogatoires. Il n'y a aucune chance que je me fasse avoir par un truc aussi grossier."

Toutes les paroles de Yamcha sont dans son esprit.

Elles viennent de ses propres espérances et souvenirs. Vegeta ne sait rien des boules du dragon.

Le paysage autour de Bulma tremble.

Elle entend comme un rugissement lointain. Le roi des singes est de nouveau en colère.

La terrienne quitte des yeux la porte rugissante pour de nouveau porter son attention sur le fantôme de son ancien compagnon.

Il lui sourit toujours d'un air tendre. La chaleur de son corps l'enveloppe toujours d'une agréable manière.

L'illusion est parfaite.

"- Mais merci pour ces merveilleuses retrouvailles."

Et l'illusion va continuer tant que la drogue sera toujours présente dans son système.

Bulma suppute que si elle s'était fait avoir par le piège, elle aurait causé toute seule et son esprit aurait mené la conversation imaginaire vers les détails du conflit, révélant au passage ses secrets aux saiyans à l'écoute dans la pièce.

Bulma se connait. Elle se sait fière, toujours en train de décrire ses exploits supérieurs à ses interlocuteurs.

Décrire ses aventures à Yamcha à l'occasion de leurs retrouvailles aurait été logique.

Qu'importe, elle sait tout et ne va pas tomber dans le piège.

Alors elle reste silencieuse, appréciant sans détour l'illusion du corps de Yamcha et la mélodie de sa voix tout contre ses oreilles.


Gohan, Goku et Krilin regardent la porte du château divin se refermer derrière eux.

Peterson a placé sa confiance en eux. Bulma a toujours crue eux.

Ils lui donneront raison.

Ils vont s'entraîner comme jamais et devenir assez fort pour vaincre les saiyans.

Et si avant cela, ils perdent leur amie, ils feront en sorte de faire payer au centuple Vegeta et les siens pour cette souffrance supplémentaire.


Alors ? Verdict ?

La post-rencontre entre les deux protagonistes principaux vous convient ? ;)