Bonjour à toutes et à tous !

Voici un nouveau chapitre pas très long, mais bien dense ! ;)

Et je dois avouer qu'il sera bien trash comme comme le précédent (désolée Yuirii et tant mieux pour toi silriadys ;p)

Concernant ton interrogation sur le devenir entre nos deux perso timaelan, c'est vrai qu'imaginer un futur entre ces deux là semble assez ardu à ce niveau.

Mais c'est justement le challenge de cette fic que de partir de cette base très négative et de faire évoluer leur relation, en bien ou en mal.

J'espère en tout cas que ce chapitre vous plaira !

Bonne lecture !

**V2**


Lorsque Bulma se réveille, elle comprend immédiatement qu'elle ne se trouve pas dans une nouvelle illusion. La douleur de son bras gauche est un douloureux rappel de la réalité qu'est la sienne.

La trentenaire frotte ses yeux et les ouvre pour constater un fait étonnant.

Le roi des saiyans est assis sur le bord de sa couchette et lui tourne le dos, son corps au niveau des genoux de la terrienne.

Il n'y a qu'eux deux dans la pièce. Le saiyan Kiui n'est pas ici.

Aucun sursaut n'émane de Bulma, aucune peur supplémentaire.

Vegeta n'a eu de cesse de lui faire mal au cours de ces neuf derniers jours.

Que ce soit avec ses mains, ses pieds ou sa queue de singe, il l'a fait souffrir comme personne.

Le voir assis à côté d'elle n'a rien de choquant après cela. Rester allongé en sa présence reste cependant un cap qu'elle ne compte pas franchir, alors elle se redresse sur la banquette et laisse son dos reposer familièrement contre le mur, sans jamais quitter des yeux le dos de son ennemi.

Quand il commence à lui parler, il n'y a aucune trace de sarcasme ou de moquerie dans sa voix.

"- Je ne sais pas où tu trouves la force et la conviction pour résister ainsi."

Aucune haine, aucune joie.

Ses mains gantées sont docilement posées sur ses genoux, entraînant une légère courbure de son dos vers l'avant.

Il regarde le mur devant lui tout en lui parlant, comme s'il veut qu'elle ne puisse pas lire dans ses yeux ce qu'il ressent.

Elle l'a beaucoup fait au cours des derniers jours et il n'a pas apprécié

"- Je viens d'une race de guerriers, de prédateurs. J'aime jouer avec ma proie. J'aime faire souffrir ceux qui me défient. Mais toi… tu me fais employer des méthodes qui vont à l'encontre du code saiyan.

- Un code ? La blague.

- On ne fait jamais de prisonnier", continue Vegeta d'une voix neutre, sans porter attention à l'interruption. "Si on veut quelque chose, on menace, on frappe, on massacre. Ca va vite. Tout se résout ainsi. Si quelqu'un refuse de nous donner une information, on le tue, tout simplement. Aucune information n'est vitale au point de préserver quelqu'un. Toi, c'est différent. Si on te fait craquer et parler, tous nos problèmes prendront fin, nous pourront enfin posséder cette planète. Les saiyans ont besoin que tu craques. Alors on change nos méthodes et on s'inspire des vôtres. La drogue qu'on t'a administré, elle était aussi terrienne que toi. Mon peuple n'en a jamais eu besoin. On n'avait même jamais envisagé son existence avant d'arriver sur Terre. Te torturer de la sorte ne me procure plus aucun plaisir. Ce n'est pas digne des saiyans."

Qu'est-ce qu'il espère le monstre en lui racontant tout ça ?

Qu'elle le prenne en sympathie ?

"- Tu as dit que l'on t'a entraîné pour résister aux interrogatoires. Terriens, je présume. Je l'admet, je trouve que les méthodes humaines sont variées. Mais elles manquent grandement de dignité. Mais nous avons épuisé tous les recours saiyans. Il ne reste que les méthodes de ton propre peuple et à ce que l'on m'a dit, ce qui ce passe ensuite peut être foutrement efficace avec celles et ceux de ton espèce, entraînement ou pas."

Il tourne doucement le haut de son corps vers elle et accroche son regard, ses lèvres fendus dans une grimace de dégoût.

Interloqué par son expression, Bulma met du temps à se rendre compte qu'il a fait passer l'une de ses mains gantées sous son débardeur, s'arrêtant au niveau de son ventre.

Un éclair de panique traverse l'esprit de Bulma et elle tente de se dégager.

Il l'en empêche en appliquant une simple pression sur son épaule à l'aide de sa deuxième main.

Ses yeux de prédateurs la fixent intensément, mais il ne sourit pas.

"- La balle est dans ton camp terrienne. Ce qui se passe après sera ton choix. Obliger un humain à te faire ça, cela va à l'encontre de la façon de vivre saiyan et à ce en quoi nous croyons. Il n'en ressortira aucune gloire. Mais ce sera fait si tu t'obstines. On te fera craquer."

La main chaude de Vegeta quitte le ventre de la terrienne.

Il ne la libère toutefois pas immédiatement, occupé qu'il est à la sonder de son regard.

Bulma Brief a flanché.

Il l'a sent trembler sous sa poigne, créature combative à bout de force et plus pâle que d'habitude. Elle fait son possible pour paraître forte face à lui. Ses yeux bleus sont rivés vers les siens, mais Vegeta voit bien que son esprit est occupé à imaginer ce dont il vient de la menacer.

La sentir trembler de peur et d'appréhension est ce qu'il a toujours voulu.

Mais là, il est loin d'en retirer de la joie.

Il la lâche finalement et elle s'échappe loin de lui, se recroquevillant dans un coin du lit en enserrant de ses bras tremblants les jambes qu'elle a replié contre son corps.

Vegeta décroche son regard du sien et se lève sans hâte, quittant avec les poings serrés la cellule pour être immédiatement remplacé par un Kiui grimaçant.


Le roi des saiyans s'envole vers les ruines de la capitale mondiale des terriens, peu désireux d'avoir de la compagnie, qu'elle soit terrienne ou saiyan.

Il se pose sur les ruines d'un haut bâtiment rectangulaire à large vitres et au sommet arrondis d'une douce couleur verte.

Il n'a pas menti à la terrienne. Vegeta ne tirera aucune gloire et aucun plaisir à donner cet ordre. Bien au contraire.

Les premiers jours, la voir se tortiller et hurler de douleur sous la torture lui a procuré la joie escomptée. Mais celle-ci est rapidement retombée. Cet interrogatoire prolongé le fait se sentir sale.

Sale, parce qu'il l'oblige à pervertir la tradition saiyan pour s'abaisser aux viles méthodes terriennes.

Sale, parce que malgré lui, la souffrance de Bulma Brief commence à le heurter.

Il la déteste bien sûr pour cette obstination et la résistance dont elle fait preuve à son encontre.

Sans oublier les trois années qu'elle lui a en partie pourrie avec ses inventions. Evidemment qu'il veut lui faire payer cette résistance. Evidemment qu'elle mérite de souffrir pour tout ce qu'elle a fait subir aux saiyans.

Mais pour Vegeta, il y a maintenant plus.

Lui qui a tendance à mépriser la persévérance chez les faibles, il ressent à présent un fond d'admiration envers la détermination de l'humaine. Elle se bat, ne lâche pas le morceaux. Elle est forte. Les saiyans respectent la force. C'est dans leur culture, dans leur sang.

Le problème est que, aussi infime que cela puisse paraître, cela fait changer Bulma Brief de catégorie.

Elle quitte le statut de simple objet irritant et encombrant pour devenir… quelqu'un.

Vegeta serre les dents et écrase un morceau de toit sous ses doigts.

Cette reconnaissance, son sang lui hurle qu'elle est normale, tout à propos. Bulma Brief l'a mérité.

Mais Vegeta ne peut pas se le permettre.

Parce que c'est le premier pas pour devenir comme Ringo et les autres.


Vegeta lui laisse deux jours pour réfléchir. Deux jours à se torturer l'esprit autant qu'elle.

Quand il revient, Bulma s'assoit sur le lit en regardant ses pieds nus aux ongles trop longs, tout en essayant de maîtriser au mieux son corps et sa respiration.

Le roi des saiyan s'arrête à un mètre de distance d'elle et serre les poings en observant la chevelure courte et bleuté de la terrienne qui rebique légèrement vers son menton.

"- Comment contourne-t-on le brouilleur ?"

Elle lève la tête pour le regarder dans les yeux et fait un léger non de la tête en tremblant.

Au fond de la salle, la respiration de Kiui se bloque.

Il sait de quoi il en retourne et ce n'est pas ce qu'il veut.

Pour personne.

Vegeta comble la distance entre lui et la terrienne, la plaquant avec force contre le mur en entourant sa tête de ses deux mains.

Il doit la faire parler. Il va la faire parler.

Elle va le regarder et lâcher le morceau.

"- Vous avez perdu cette guerre ! Tu ne fais que retarder l'inéluctable !"

Bulma ferme les yeux. Elle ne veut pas voir la colère et le dégoût sur son visage. Elle ne veut pas le voir autrement que comme un monstre sans cœur.

"- Regarde-moi ! Ecoutes moi ! Vous avez perdu ! Ne m'oblige pas à donner l'ordre ! Ne m'oblige pas à faire ça !"

Il est furieux. Furieux contre elle et son acharnement obstiné. Furieux contre les terriens qui ont inventé de telles inepties dégradantes. Furieux contre lui même d'accepter de s'abaisser à un tel niveau pour tenter de la faire parler. Furieux contre ses propres mots qui ressemblent bien trop à des suppliques.

Elle a peur. Vegeta a voulu cette peur. Mais il aurait préféré qu'elle ressente ce sentiment avant. Dans d'autres circonstances. Ce qui émane d'elle ne lui procure aucun plaisir, aucun sentiment de satisfaction.

Il sent sa peur, sa détermination, sa détresse, sa haine envers lui, la douleur de son bras.

Il sent Bulma Brief dans son intégralité, sa beauté comme sa laideur.

Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent. Il sent.

Il ressent.

Il voit.

Cela fait tilt dans son esprit.

Comme une porte auparavant inaccessible qui se déverrouille tout à coup et dans laquelle il s'engouffre tête baissée.

Vegeta regarde à présent Bulma Brief sans vraiment la voir, le souffle profond.

Il voit au-delà de l'enveloppe physique. Au-delà de la chair, du sang et des os. Mais ce qu'il voit reste Bulma Brief.

Un rire dément le saisit, tandis qu'il pose un instant son large front sur la tête de la terrienne.

"- Ma… Majesté ?", s'inquiète Kiui au fond de la cellule.

"- Toi ! Viens lui serrer un peu le bras !", lui ordonne le saiyan en allant subitement s'asseoir sur l'éternel tabouret de la pièce.

Perplexe mais obéissant, l'adolescent fait ce que son roi lui demande.

Bulma Brief étouffe un cri de douleur en foudroyant les deux aliens du regard. Kiui, tout aussi perdu qu'elle, ne quitte pas des yeux Vegeta, qui souri à pleines dents en conservant son regard rendu fou par l'excitation.

"- Encore."

Il la voit.

"- Encore."

L'aura de la terrienne. Son ki. Sa force de combat.

Il voit fluctuer son énergie à chaque éclair de douleur en provenance de son bras.

Encore.

Il distingue sa faible aura et sent sa vie, flamme minuscule mais combative.

La flamme augmente en intensité à chaque fois que Kiui serre le bras fracturé de la terrienne.

"- Assez."

Il a compris la technique de détection qu'utilise Kakarotto et qui lui a tant pourrit l'existence

Vegeta inspire un grand coup et rit de nouveau, la tête orientée vers le plafond de la pièce.

"- Taré."

Voir le roi des saiyans péter une durite fait presque oublier la douleur à Bulma.

Il entend l'injure et cesse de rire pour la regarder de la même façon qu'au premier jour : avec arrogance, mépris et amusement.

"- Je n'ai plus besoin de te faire parler terrienne. J'ai compris le truc.

- Qu… quoi ?"

Pour la première fois, c'est elle qui lui pose une question.

Elle qui est perdue.

"- Ton brouilleur n'a plus d'importance."

Elle se lève en panique et comble la distance entre eux.

Ce qui est en jeu est trop grave, Bulma doit comprendre ce qu'il ce passe.

"- Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ?"

Il se lève aussi, croise les bras et la toise, la surplombant de toute sa superbe avec un sourire narquois.

"- J'ai compris comment détecter l'aura d'une forme de vie."

Le visage de Bulma perd le peu de couleur qui lui reste.

Un froid glacial envahit son corps tandis ce que son esprit calcule la portée des propos du monstre en face d'elle.

"- Je suis maintenant capable de repérer l'énergie de quelqu'un. Comme Kakarotto.

- C'est impossible... Tu mens ! C'est un piège ! Tu dis ça pour...

- Je suis le roi des saiyan. Je suis le plus fort. Je suis capable de tout. Mais je dois tout de même te remercier pour ta participation. Je n'y serais pas arrivé sans toi, Bulma Brief."

Vegeta ne remercie jamais personne.

Mais pour cette fois, il fait volontiers une exception. Voir la détresse sur le visage de la terrienne est trop réjouissant.

Il lui sourit méchamment et lui assène un léger coup dans le ventre avec la paume de sa main.

Déséquilibrée, Bulma tombe piteusement sur la banquette en tenant son bras malnené par le choc.

Vegeta se dirige vers la sortie en faisant signe à Kiui de le suivre.

"- Maintenant hurle, pleure, frappe toi la tête contre le mur, je n'en ai rien à faire. J'ai une rébellion à mater. Mais je veux bien te rapporter la tête de Kakarotto. En remerciement.

- Vegeta ! Ne…"

La porte se referme, coupant la voix de la terrienne derrière lui.

Vegeta rie à gorge déployée en marchant dans les couloirs.

La fin de cette guerre futile est proche.


"- Sors moi une boule d'énergie."

Le jeune Kiui s'exécute. Vegeta se concentre sur l'adolescent.

Ce n'est pas simple de repérer l'énergie d'autrui en faisant abstraction de sa présence physique évidente.

Dans le cas de la terrienne, ce sont ses sentiments puissants qui ont happé l'attention du roi des saiyans. C'est par eux que Vegeta en est arrivé à capter son ki.

Pour son peuple, il devra en passer par la perception de la puissance de leur énergie.

Créer une boule d'énergie semble être un exercice efficace.

La sensation est encore ténue, mais Vegeta distingue quelque chose venant de Kiui. C'est gros, difforme, cela se répand partout à travers ses appartements royaux.

C'est donc ainsi que Kakarotto les repère... Le traître est capable de maîtriser son niveau d'énergie, Vegeta et les siens l'ont rapidement constaté.

Cette capacité lui a permis d'attaquer en traître son peuple à plusieurs reprises, même du temps où les détecteurs saiyans fonctionnaient toujours. Le peuple de Vegeta, en revanche, ne dissimule rien.

Son énergie peut augmenter en fonction de l'intensité du combat, mais les saiyans sont incapables la dissimuler complètement comme ces lâches de la Terre.

Vegeta possède maintenant les bases de quelque chose de quelques chose de grand, de précieux.

Il pourrait garder ce savoir pour lui même et asseoir d'autant plus sa puissance individuelle, mais cela irait à l'encontre du bien de son peuple.

"- Quand tu es à côté de moi, qu'est-ce que tu ressens ?"

Le jeune saiyan le regarde avec crainte, cherchant le piège.

"- De la fierté ! Je suis très honoré de…

- Non, pas ça abruti. Je te demande ce que te dicte ton instinct en ma présence."

Il laisse quelques instants de réflexion à Kiui, conscient que ce n'est pas le genre de question auquel on prépare son peuple.

"- De ne pas m'opposer à vous. C'est comme si un poids immense m'obligeait à m'incliner devant votre grandeur.

- A cause de ma fonction ?

- En partie. Mais il y a autre chose. Vous dégagez quelque chose. Je ne saurais l'expliquer. Pardonnez-moi !"

Il rougit, s'inclinant encore plus bas en attendant la réaction de son roi.

Vegeta sent les commissures de ses lèvres former un sourire. Le gamin le vénère trop pour lui raconter des mensonges dans le but de le flatter comme en est capable Nappa.

Ce dernier observe le manège depuis tout à l'heure et n'apprécie visiblement pas d'être tenu à l'écart de ce petit jeu.

"- Nous arriverons à faire quelque chose de toi", dit Vegeta à l'adolescent en allant s'asseoir à table pour commencer à manger le pâté en croûte qu'un terrien vient de déposer.

"- Est-ce qu'on peut savoir à quoi tout cela rime ?", intervient finalement Nappa.

Son second devient jaloux de marmot on dirait.

En plus de bénéficier de séances d'entraînement particulières avec le roi, il est désormais dans une confidence à laquelle ne participe pas le moustachu. Le sourire du roi des saiyans s'agrandit encore et il jette une cuisse de tigre rôtie à Kiui pour entretenir le sentiment de jalousie qui ronge le chauve. Nappa a toujours été trop confiant concernant sa position de second et sa prétendue importance auprès du roi.

Vegeta se doit de lui rappeler qu'un statut, c'est comme la vie.

On le perd facilement.

"- Je sais comment contourner le brouilleur de la terrienne. Je vais apprendre à nos troupes comment détecter l'aura de nos ennemis. Comme le traître le fait."

La bouche du chauve s'ouvre sans émettre un seul son.

Il peine à y croire, mais son suzerain ne mentirait jamais sur un sujet pareil.

"- Va me chercher quatre guerriers de Deuxième Classe au camp d'entraînement principal pour débuter. Tiens ta langue et n'explique rien à personne. Nous commencerons l'entraînement demain à l'aube."


"- Aïe !"

Bulma suce son pouce endolori par le coup de jus. Saloperie de porte !

Cela fait presque cinq jours depuis sa dernière rencontre avec Vegeta.

S'il ne revient pas la voir pour l'interroger et la torturer, c'est qu'il ne lui a pas menti. Il a réellement trouvé un moyen d'imiter la technique de détection des combattants de la Terre.

Et d'après ce qu'il lui a affirmé, c'est grâce à elle.

Autant dire un coup d'estoc porté au moral de Bulma Brief.

Plus aucun saiyan ne surveille à présent l'humaine. Personne ne la réveille en sursaut pour l'empêcher de se reposer et de reprendre ses forces.

Kiui lui amène toujours son repas quotidien à heure fixe, l'emmène faire ses besoins et se faire nettoyer dans le caisson, mais la vie sociale de la terrienne s'arrête là.

Bulma est quasiment tout le temps seule, solitaire présence dans cette pièce qu'elle côtoie depuis près de vingt jours.

Et elle compte bien mettre à profit cette liberté retrouvée pour s'évader et faire en sorte de joindre la Résistance.

Si Vegeta a de nouvelles capacités et prévoit d'attaquer les siens, alors elle doit prévenir tout le monde.

Fort heureusement, les saiyans l'ont une fois de plus sous-estimée en la laissant sans surveillance.

Elle a depuis longtemps remarqué que la porte de sa cellule s'ouvre sans clefs. Il y a un code. Un code qu'elle n'a certes jamais entraperçu, mais ce n'est pas important. Ce qui compte, c'est que cette porte s'ouvre de façon mécanique. Autant dire son champ de compétence.

Tout ce qu'il faut à Bulma, c'est accéder au boitier de contrôle. Et comme la naïveté de Vegeta va jusqu'à la laisser utiliser des couverts en en métal pour manger, c'est comme si il lui avait directement fourni le code d'accès pour sortir d'ici.

Maintenant, il suffit à Bulma d'ouvrir le boîtier de contrôle et de savoir quels circuits connecter entre eux. Elle a déjà eu de la technologie saiyan entre les mains. Elle peut le faire. Même avec un seul bras.

Et elle y parvient.

La porte de sa cellule coulisse vers le haut.

Aucun saiyan n'apparaît dans son champ de vision en lui gueulant dessus. Bulma part sur la droite en essayant de faire le moins de bruit possible. Les singes de l'espace ont une bonne ouïe.

Elle suit le chemin désormais familier des sanitaires mais finit par errer dans les couloirs vides et terriblement identiques du vaisseau, à la recherche d'une fenêtre ou de n'importe quel indice qui lui permettrait de savoir dans quelle partie du foutu engin elle se trouve.

Bulma a fait le pari qu'elle ne croisera personne durant son évasion. Elle n'a jamais croisé aucune âme qui vive dans le vaisseau quand Kiui l'emmenait se décrasser.

Il ne peut y avoir que deux explications à ce phénomène. Soi les saiyans faisaient en sorte de vider les couloirs avant son passage, soi le vaisseau était clairement sous-exploité et il n'y avait réellement aucun passage dans les couloir.

Bulma avait choisi de croire à la deuxième solution. Sans cela, autant ne pas tenter de s'échapper du tout.

Les minutes passent et scientifique se met à se demander ce qui serait le plus effrayant : continuer d'errer à l'infini dans ce labyrinthe aseptisé digne d'un film d'horreur ou croiser quelqu'un.

Vu sa réaction lorsqu'elle entend finalement des voix approcher de sa position, cela devait être de croiser quelqu'un.

Par chance, la première porte qu'elle tente pour se cacher s'ouvre sans requérir de code. Juste un gros bouton à presser.

Les voix passent devant sa porte sans s'arrêter.

L'évadée recommence à respirer et tourne le dos à la porte pour voir s'il y a quelque chose à exploiter dans la pièce qu'elle vient d'investir.

Ce qu'elle voit dépasse l'entendement.

Plusieurs dizaines de femmes nues, toutes humaines, sont allongées dans des lits d'hôpitaux alignés dans ce qui semble être un hangar tout aussi blanc que le reste du vaisseau.

Les compatriotes de Bulma sont toutes allongées sur le côté gauche. Chacune a un tuyau enfoncé dans la gorge en plus du masque. Plusieurs câbles les relie à des machines terriennes qui n'émettent aucun bruit mais retranscrivent clairement leurs ondes vitales.

Mais plus important que tout, chaque femme est enceinte.

Certaines ont le ventre bien formé, d'autres un léger volume qui commence à apparaître, d'autre encore n'affichent rien du tout, mais l'état des autres ne laisse aucun doute quant à leur condition.

Bulma porte son regard sur une femme qui possède une énorme cicatrice sur le ventre.

La lumière blanche et froide du hangar impose à la trentenaire l'image de la chair rose boursouflée qu'on a manifestement rafistolé à la va vite dans un but bien plus pratique qu'esthétique.

Bulma se dirige vers la femme plus proche, dont stade de grossesse est avancé et lui prend doucement le bras. Aucune réaction.

Bulma regarde l'écran de la machine à côté d'elles. Ce qui semblent être les signes vitaux de la rousse devant elle sont faibles, mais rien n'indique un danger de mort. Quoi qu'on leur ait fait ou administré, on veut cette femme et ses comparses inconscientes.

Le bras que Bulma tient n'a quasiment pas de muscle.

En fait, le corps que Bulma a devant elle n'a quasiment aucun muscle.

Mais pour autant, personne n'est maigre dans le hangar. La scientifique avise le tuyau inséré dans la bouche de la rousse.

Elle connait son utilité.

Nourrir pour maintenir en vie.

Aucune des femmes enceintes de cette salle n'est consciente et on les maintient en vie de force.

C'est dément.

Les saiyans sont des monstres, Bulma le sait bien, mais ce qu'elle a sous les yeux ne leur ressemble en rien.

Quelle peut bien être l'utilité pour les saiyans de retenir ainsi des femmes enceintes ? Il y en a des milliers dehors qui le sont et Bulma n'a jamais entendu dire qu'elle subissent un traitement spécifique de la part de leurs oppresseurs.

Il y a quelque chose qui lui échappe.

Cela lui fait froid dans le dos. Ca et le fait qu'elle se visualise un peu trop facilement à la place de ces femmes nues et inconsciences.

Quelque chose attire l'attention de Bulma. Un visage connu.

Indra.

La militaire à la crinière brune ondulée est dans le même état que les autres.

Allongée sur le côté gauche, inconsciente, des tuyaux partout sur le corps dont l'un dans la gorge.

Bulma devient nauséeuse.

Sur le lit voisin se trouve Laëti, ses épais et courts cheveux blonds dissimulant ses yeux clos.

Bulma appelle doucement chacune d'elle, les secouant légèrement en espérant les réveiller. Aucun effet.

Les lignes de mesures des machines ne traduisent aucun changement. Un frisson glacé parcours la colonne vertébrale de la trentenaire.

La logique de se hangar voudrait qu'Indra et Laëti soient enceinte.

Concernant Laëti, Bulma est sûre que ce n'est pas le cas. Elle est proche de la jeune femme, cette dernière lui aurait parlé d'une telle chose.

Quant à Indra, Bulma voit mal la militaire combative décider de tomber enceinte en pleine période de guerre contre une invasion alien.

Tout ceci n'a aucun sens. Mais qu'est ce qui se passe dans ce vaisseau ?

Il y a une porte à l'autre bout de la pièce.

Bulma s'y dirige en passant les lits alignés les uns après les autres. Les réponses doivent être derrière cette porte. Il faut qu'elle les trouve.

Cette situation indéfinissable doit être clarifiée.

Bulma Brief active l'ouverture de la porte qui remonte vers le plafond tout en dévoilant progressivement une scène. D'abord à plaques blanche. Puis des taches rouges apparaissent, détruisant l'uniformité de ce même sol. Des pieds chaussés. Des blouses vertes. Le reflet d'une table en métal sur lequel est allongé un corps. Une lampe projetant une lumière blanche anormalement puissante.

Bulma fait un pas en avant et passe le pas de la porte.

Quatre personnes masquées, en combinaisons de chirurgien avec charlotte sur la tête, s'affairent autour d'une table d'opération.

Un drap blanc ensanglanté recouvre intégralement la silhouette féminine allongée sur cette table.

Dans les bras de l'une des personnes en blouses se trouve un bébé immobile et grisâtre, recouvert de ce qui semble être du sang frais.

Sur le bas de son dos court une queue de singe tombant lourdement en direction du sol.

"- Bulma Brief ?", demande l'un des chirurgiens masqués en la voyant.

Les quatre autres se tournent vers la nouvelle venue.

Bulma porte ses mains sur sa bouche, ses yeux passant du nourrisson mort-né à la femme manifestement morte sous le drap.

"- Qu'est-ce que vous faites ici ?", demande le même homme.

"- Qu'est-ce que vous faites ici ? C'est quoi ce bordel ?!", réplique Bulma d'une voix suraiguë témoignant de sa perte de calme.

Ces femmes…

Ces dizaines de femmes inconscientes…

Elles sont enceintes de…

"- Oh par Kami ! Dites-moi que ce n'est pas vrai !"

Bulma s'appuie contre la porte close derrière elle en luttant contre son début d'hyperventilation.

"- Vous ne devriez pas être là", lui dit sèchement une femme en retirant son masque chirurgical de ses doigts ensanglantés.

"- On nous a dit que tu avais été capturé. Comment t'es-tu échappée de ta cellule ?", lui demande plus gentiment l'un des hommes.

Elle le reconnaît. Stu Griffsen.

Une tête verte aux longs cils et au sourire timide. Ils ont été dans le même lycée huppé de West City.

Il a décidé de s'orienter vers l'ingénierie génétique.

Bulma ne l'a pas vu depuis la fin du lycée.

"- Stu, qu'est ce qui ce passe ici ?", demande une Bulma au bord des larmes.

Elle sait très bien ce qui se passe ici.

Elle l'a déjà comprise toute seule.

Mais c'est trop inconcevable pour qu'elle l'accepte.

"- Nous essayons de sauver notre peau", lui répond hostilement celui qui a le premier remarqué sa présence, Yann.

"- Bulma… Bulma, calme-toi s'il te plait. Viens t'asseoir, d'accord ?", lui quémande Stu en lui tendant pacifiquement la main. "Tout ceci est déroutant, je le sais. On va en discuter calmement."

Elle repousse la main tendue de Stu et s'écarte du mur pour approcher du cadavre sous le drap.

Elle soulève le tissu ensanglanté et avise le corps sous ses yeux.

La jeune femme brune ne devait pas avoir plus de vingt ans.

Son visage encore rond n'affiche aucune expression, comme si elle n'avait pas souffert au moment de sa propre mort.

C'est en regardant plus bas que Bulma manque de vomir.

Le ventre de la gamine a été ouvert sur toute sa largeur dans un simulacre de césarienne. Ces fous en blouse ne se sont même pas donnés la peine de pratiquer proprement l'opération en la cantonnant à la région de la paroi utérine.

Non… ils se sont contenté de charcuter la gamine pour en sortir le bébé mort-né.

Bulma a entendu dire que des femmes disparaissent parfois des camps saiyans sans aucune raison apparente, laissant derrière elle des familles et amis éplorés dans l'impossibilité d'enquêter à cause du joug saiyan.

On lui avait dit qu'on ne revoyait jamais ces femmes.

La théorie la plus récurrente voulait que les saiyans s'étaient lassés de ces amantes et les avaient tués pour plus de confort.

Mais ni Bulma, ni la Résistance, ni personne n'aurait pu imaginer que…

"- Vous êtes malades…

- Nous faisons notre possible pour survivre. Les saiyans veulent des bébés de sang-mêlé. Nous les leur en procurons.

- Ta gueule Anya ! Ne le tourne pas comme ça !

- Non ! Toi ferme la Stu ! Cette garce a très bien compris ce qu'il se passe ici. Il est hors de question que je la materne ! Je ne lui dois rien !", crie Anya en pointant un doigt vindicatif vers Bulma.

"- Et ces femmes, vous ne leurs devez rien non plus ?!", explose Bulma en s'avançant vers lui. "Plusieurs d'entre elles font parties de la Résistance ! Vous allez me faire croire qu'elles se sont portées volontaires pour jouer les matrices ?!

- Tout le monde ! On se calme !", tente Stu en s'interposant entre sa collègue Anya et Bulma.

"- Ne nous juge pas salope !", explose Anya. "Tu te crois irréprochable ?! Qu'est-ce que tu sais de nous ?! Qu'est-ce que tu sais de ce que nous avons vécu pendant que tu te cachais comme une lâche, à jouer à la guerre avec tes copains fanatiques alors que tout était perdu depuis le départ ?!

- Je sais que seuls des monstres font subir ça à des personnes !", réplique Bulma en pointant du doigt le cadavre dénudé à côté d'eux. "Je sais que beaucoup des femmes dans la pièce d'à côté auraient préféré mourir plutôt que d'être utilisées comme de vulgaires machines à pondre des saiyans !"

Le brouhaha devient infernal.

Tout n'est plus que cris, insultes, colère et gestes vindicatifs.

Anya hurle et ce bruit recouvre tout.

Bulma sent quelque chose de froid s'enfoncer dans sa gorge pour en ressortir aussi sec.

La douleur, aiguë et concentrée en un point fixe, ne tarde pas.

Du sang imprègne sa gorge et sa bouche. Le liquide chaud coule le long de ses clavicules pour investir son débardeur kaki.

Le scalpel ensanglanté d'Anya tombe par terre.

"- Mon mari est mort par ta faute !", hurle la trentenaire blonde en larmes en ramenant ses mains ensanglantées contre son visage. "Le roi Vegeta l'a tué parce que tu as refusé de te rendre ! Tu as tué mon mari ! Tu es le monstre !"

Un hoquet ensanglanté.

Les jambes de Bulma qui lâchent.

"- Non ! Nonnonnonnon ! Bulma !"

Stu se précipite auprès de son ancienne amie et la redresse contre son torse en plaçant l'une de ses mains contre sa jugulaire pour ralentir l'hémorragie.

"- Sylvie, apporte-moi une compresse !"

La quinquagénaire ne bouge pas.

Elle tremble de tout son corps, choquée par ce qui vient de se passer.

D'une façon ou d'une autre, il y aura des conséquences.

"- Sylvie, apporte-moi cette compresse ! Elle va mourir !"


Je reconnais que le cliffhander dramatique est un peu vache...

Pour ma défense, je suis loin d'être la seule à l'employer !

Alors, verdict ? ;)