Bonjour à toutes et à tous !

Nouveau chapitre, plus rapide à écrire que je l'avais escompté. Tant mieux pour vous, le cliffhander que je vous avais imposé était vachard ;)

Après les chapitres un peu trash précédents, il était temps de retrouver un peu de légèreté, mais sans perdre l'essence de l'histoire bien sûr.

J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !

**V2**


Vegeta observe ses hommes dans la plaine jouxtant son palais. I

l travaille avec ce groupe restreint depuis presque cinq jours. Voir une bande de saiyans immobiles sous le soleil en train de le regarder fixement aurait pu être déroutant dans d'autres circonstances, mais l'entraînement à la détection d'aura rend cette attitude acceptable.

Les progrès des siens sont lents.

S'ouvrir à une nouvelle forme de perception n'est pas aisé pour les guerriers déjà formés qu'ils sont, qu'importe la bonne volonté dont ils font preuve.

Le roi lui-même est loin de maitriser la chose.

Même s'il demeure celui qui délivre les instructions et les conseils, il se sait toujours en phase d'apprentissage, au même titre que ses sujets.

Mais il reste convaincu qu'ils y arriveront. D'ici quelques semaines, il pourra ouvrir l'entraînement à de nouveaux guerriers.

Cela prendra le temps qu'il faudra mais un jour, tous les saiyans pourront se passer des scouters de Freezer pour détecter et évaluer un ki.

Vegeta aurait pu décider de partir immédiatement en quête des bases de la rébellion terrienne pour mettre fin à ce conflit stupide, mais le roi ne peut s'empêcher de penser qu'une victoire trop rapidement acquise pourrait détourner son attention et celle de ses troupes de l'opportunité qui s'offre à eux.

Sa capacité de perception de l'aura d'autrui est une première dans l'histoire saiyan.

Aucune archive de Vegetasai n'en fait mention.

Vegeta a l'occasion unique de faire évoluer sa race vers un tout autre niveau, une opportunité qui ne s'est pas présenté aux saiyans depuis de nombreux siècles. Même Freezer et ses troupes sont incapables de détecter par eux même les ki ou même de les évaluer.

Le roi des saiyans ne compte pas gaspiller cette chance.

Cette stupide rébellion terrienne attendra. Elle ne présente aucun danger imminent et maintenant que Bulma Brief est entre ses mains, Vegeta donne encore moins de crédit au pathétique organisme.

En parlant de Bulma Brief, Vegeta oriente une nouvelle fois ses sens vers la terrienne aux cheveux bleus.

Elle a été la première personne dont il a perçu le ki et demeure un modèle convenable concernant la détection des humains à l'aura faible.

Détecter les énergies puissantes est une chose, repérer un ki précis parmis des millions d'auras tout aussi faible en est une autre.

Vegeta ne veut pas perdre cette faculté.

Sauf que quelque chose a changé depuis la dernière fois. L'aura de la terrienne est toujours là, lueur lointaine qu'il capte difficilement à cause de la distance entre son palais et le vaisseau.

Mais il y a quelque chose d'anormal.

Vegeta est bien incapable d'exprimer cette sensation, mais il est certain que tout ne ce passe pas comme d'habitude du côté de l'humaine.

Vegeta se lève et ordonne à ses sujets de continuer sans lui sous la surveillance d'un Nappa intrigué par l'attitude de son roi.

Ce dernier s'envole à pleine vitesse vers le vaisseau au nord-est. Plus il se rapproche et plus il est certain la terrienne est toujours à l'intérieur. Mais quelque chose cloche définitivement.

Il profite des quelques minutes de vol pour aiguiser ses sens et les orienter vers la prisonnière.

Son ki est en plein chaos et Vegeta ne parvient pas à déceler ses sentiments comme il a pu le faire plusieurs jours auparavant.

Cela a été la seule et unique fois où il a été capable d'un tel acte avancé.

C'est rageant. Encore une fois, la terrienne se débrouille pour être liée avec l'un de ses échecs.

Vegeta arrive finalement au vaisseau, passant sans les saluer les saiyans de garde à l'entrée.

Toujours en vol, Vegeta se dirige vers la chambre qu'il a beaucoup côtoyé ces derniers jours, traversant à pleine vitesse les couloirs blancs. Ses sens lui hurlent qu'il se dirige dans la mauvaise direction mais qu'importe.

Le roi des saiyans doit constater avec ses yeux.

Il arrive finalement à destination et pousse un juron.

La porte est ouverte. Nulle trace de l'humaine à l'intérieur.

Il avise le boitier de contrôle démonté et comprend que la chambre a été ouverte de l'intérieur.

"- Sale…"

Quel idiot.

Il aurait dû laisser quelqu'un pour la surveiller.

Après s'être découvert son nouveau don, il a estimé qu'elle ne méritait plus une garde permanente, surtout en ces temps de pénurie de soldats.

Déterminé à retrouver la terrienne et à lui faire payer cette évasion, Vegeta s'envole à nouveau à travers les couloirs, les sens en alertes. Il n'y a plus aucun moyen de surveillance dans le vaisseau depuis que le brouilleur a tout grillé.

L'appareil relève de la technologie de Freezer. Les saiyans n'ont jamais été capables de pleinement en comprendre le fonctionnement, ce qui les a empêché d'effectuer un certain nombre de réparations tout au long de leur périple.

Où a-t'elle bien pu aller ?

Bulma Brief est dans le vaisseau, il la sent toujours.

Mais son aura faiblit de façon inexplicable et la colère que ressent le saiyan n'aide en rien sa concentration.

Alors Vegeta lutte pour recouvrer son sang-froid et ce faisant, parvient à détecter sa position exacte.

Elle est dans la salle d'accouchement de la Chambre de reproduction, qui a été installé dans l'ancien hangar à corvettes.

Arrivé à destination, Vegeta active l'ouverture de la porte, fend la succession de lits occupés du hangar, se pose devant la porte de l'ancien poste de contrôle, l'active et atterri en plein chaos.

Deux humains aux blouses vertes tachées de sang se crient dessus tandis que deux autres s'affère autour d'une personne par terre.

Bulma Brief.

Bulma Brief, dont la gorge a été perforé et dont le sang s'étale sur le sol malgré les efforts des terriens qui tentent de lui sauver la vie.

"- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!", hurle-t-il en couvrant toutes les autres voix.

Tout le monde se tait. L'atmosphère change.

L'hystérie a laissé place à la terreur.

La terrienne aux cheveux bleus porte son regard vers lui et tente de se redresser, mais Stu la maintiens avec autorité contre lui pour l'empêcher de se soustraire à la compresse qu'il applique contre sa gorge.

Finalement, Vegeta le voit.

Le scalpel taché de sang frais abandonné par terre.

"- Qui a fait ça ?!", explose le roi des saiyans en s'avançant vers le groupe.

Aucune réponse.

La terrienne est blême et commence à expérimenter de légères convulsions.

Son aura diminue toujours, petite flamme prête à s'éteindre au moindre souffle.

Une boule d'énergie apparaît dans la main du saiyan en rage.

"- Lequel d'entre vous a fait ça ?!

- Laisse… les…"

Bulma Brief le supplie faiblement avec toute la conscience qui lui reste, alors même que ses yeux bleus deviennent vitreux.

L'humain qui la tient lui intime de ne pas parler, tandis ce que la femme aux cheveux grisonnants à côté d'eux lui donne une nouvelle compresse.

La flamme de la terrienne vacille toujours.

Un nouveau hoquet ensanglanté.

Elle est mourante.

Si elle meurt, cela ne fera pas une grande différence pour Vegeta et les saiyans.

Maintenant que la technique de perception des auras a été dévoilées, les connaissances de l'insupportable Bulma Brief ne sont plus indispensables aux guerriers de l'espace.

La sauver ou non, c'est le choix de Vegeta.

Le roi des saiyans hésite une seconde. Une seule.

"- Merde."

Il est encore trop tôt pour elle.

Elle n'a pas payé pour ces trois années de résistance opiniâtre.

C'est à lui, le roi des saiyans, de mettre fin à sa vie. Pas aux humains.

La laisser partir comme ça est trop facile et ne satisfera jamais Vegeta.

Alors le suzerain fait disparaître sa boule d'énergie et place son communicateur sur son oreille pour contacter l'infirmerie du vaisseau.

"- Préparez un caisson de régénérescence pour une humaine. Tout de suite."

Il soulève Bulma du sol, dégageant Stu d'un coup de queue.

Le saiyan lévite en calant l'un de ses bras sous les genoux de la terrienne, utilisant son autre main pour maintenir la compresse contre sa plaie.

La terrienne a fermé les yeux. Sa tête roule sur son épaule.

Sans un regard aux autres humains de la pièce, il retraverse le hangar blanc et vole à pleine vitesse vers l'infirmerie du vaisseau, les fins cheveux de l'humaine lui chatouillant désagréablement le nez.

Arrivé sur place, il la confie directement au médecin de bord, un vieux saiyan chauve du nom de Jinja, incapable de combattre suite à sa capture par les hommes de Freezer, juste avant la destruction de Vegetasai.

Cantonné à l'infirmerie depuis plus de vingt ans, Jinja a sauvé la vie des siens un nombre impressionnant de fois pour un saiyan, et échoué à en sauver tout autant.

L'aura de la terrienne ne se résume plus qu'à de simples braises.

Sans un mot, le vieux médecin improvisé depuis vingt ans place, avec des gestes experts, un masque à oxygène sur le visage de la terrienne ainsi que des capteurs à des emplacements précis de son corps, pour finalement l'installer dans le caisson.

Ce dernier, une structure blanche et arrondie aussi large que haute, met à l'honneur une bulle de verre transparente permettant de surveiller la guérison d'un sujet.

Quelques boutons appuyés plus tard, la machine s'enclenche et se remplit d'un liquide bleu verdâtre, faisant flotter le corps léger de la terrienne à l'intérieur. Son sang se mélange avec le liquide de guérison, mais ses signes vitaux cessent de chuter, comme en attestent les capteurs et les sens de Vegeta.

"- Elle va guérir Majesté."

Son roi n'accorde pas regard à son compatriote, plongé qu'il est dans la contemplation du caisson de régénérescence. Il a rarement été utilisé pour sauver la vie d'un être humain. Mais il a fait ses preuves.

"- Préviens-moi quand elle se réveille."

Vegeta sort de l'infirmerie et observe avec dépit ses gants blancs tachés de sang, ainsi que son armure souillée. Le sang des humains est une calamité à laver.


Bulma se sent légère. Elle est bien. Aussi bien qu'un bébé dans le ventre de sa mère.

Elle voudrait que cette sensation dure toujours.

Mais comme avec chaque doux rêve, il faut finir par se réveiller.

En reprenant conscience, la terrienne ouvre les yeux pour les refermer aussitôt. Une boite de conserve. Elle est enfermée dans une boite de conserve remplie d'un liquide étrange qui lui pique les yeux.

Bulma Brief ne se connaissait pas des élans claustrophobes.

Pourtant, sa réaction est violente.

Elle se débat instinctivement dans son caisson en criant, endommageant au passage son masque à oxygène. Dès lors, l'air n'arrive plus jusqu'à ses poumons.

Elle étouffe.

Enfin, le caisson s'ouvre et elle tombe vers l'avant en même temps que le liquide dans lequel elle baignait.

Une fois stabilisée par terre, elle arrache le masque inutile qu'elle a sur le nez et aspire de grandes goulées d'air.

Après s'être essuyé les yeux pour en chasser toute trace du liquide agressif, elle les ouvre et constate qu'une paire de jambes exagérément musclées et moulées dans une combinaison bleue lui font face.

Un saiyan sans cheveux et imberbe qu'elle ne connaît pas la toise, l'air mécontent. Il tend la main vers elle en conservant cet air qui n'augure rien de bon.

Glapissant de peur, Bulma recule loin de lui, toujours sur les fesses. Elle cogne un meuble et fait tomber par terre des bandages et compresses.

Il se contente de récupérer le masque au sol qu'elle a mis hors d'usage en se débattant.

Le saiyan regarde le composant brisé sous toutes les coutures, jette un coup d'œil aux objets qu'elle vient de faire tomber et lui lance un autre regard mauvais qui lui font lever les bras en l'air dans une tentative de protection.

C'est seulement à ce moment-là que Bulma se rend compte que son bras gauche ne la fait pas souffrir.

En le regardant de plus près, elle constate que toute trace violacée a disparu, que son volume est de nouveau normal et qu'il est très probable que plus aucun os n'est brisé.

Délaissant son bras et le saiyan manifestement ronchon, Bulma jette un coup d'oeil au caisson dont elle vient de sortir.

Elle se remémore avec détail son altercation précédente.

Bulma Brief sait qu'elle aurait dû mourir à ce moment là. Trop de sang perdu, trop de difficulté pour respirer.

La machine qu'elle regarde lui a sans conteste sauvé la vie et elle ne voit pas comment elle est arrivée dans le caisson si ce n'est par l'intermédiaire de Vegeta. En observant un peu plus la pièce blanche tout aussi aseptisée que le reste du vaisseau, Bulma constate la présence de trois autres caissons identiques aux siens.

Les guérisons miraculeuses de plusieurs saiyans passés à tabacs par Goku, Gohan et Krilin prennent sens maintenant...

La porte de la salle s'ouvre.

Nappa, le second de Vegeta, fait son entrée en craquant sa nuque, manifestement mécontent par ce qu'il voit.

"- Quel bordel ici.

- Sa faute", se contente de répondre l'autre saiyan en lui montrant le masque à oxygène désormais inutile.

Le large moustachu d'une cinquantaine d'années reporte son attention sur elle et s'approche en souriant à pleines dents.

Elle glisse sur le sol trempé par sa propre faute en essayant de s'éloigner de lui.

Toujours avec le même sourire goguenard, Nappa attrape Bulma avec ses énormes paluches et la cale contre sa hanche, telle un vulgaire sac à patates. Avant qu'elle ne puisse protester, Nappa la met en garde.

"- Commence à me casser les oreilles et je donne l'ordre d'aller tuer dix humains au hasard dans le palais. D'après ce qu'on m'a dit, tu acceptes que des gens meurent pour protéger ta ridicule Rébellion. Mais est-ce que tu accepterais qu'ils meurent pour une connerie ?"

Apparemment non.

Aucun son ne sort finalement de la bouche de la terrienne qui se dandine tout de même contre lui, mal à l'aise avec sa position.

Ses pieds nus tentent de trouver le sol, mais Nappa a fait en sorte que la tâche soit impossible.

"- Dites à sa Majesté que si possible, j'aimerais ne jamais la revoir ici."

L'humaine aux cheveux bleus a réussi à se mettre à dos le médecin général des saiyans en quelques minutes à peine.

Ce dernier bougonne en sortant des serpillères pour nettoyer le liquide par terre.

Cette saleté d'humaine l'a obligé à ouvrir le caisson avant qu'il ait le temps d'en évacuer correctement le sérum de guérison. Et comme les machines et leurs propriétés sont l'un des secrets les mieux gardés de son peuple, Jinja n'a pas le droit de bénéficier de l'aide de serviteurs humains.

Il doit tout faire tout seul, des soins au ménage, et ce depuis plus de vingt ans. La place aurait pu être reprise par un autre que lui après leur arrivée sur Terre, mais non.

Il est toujours cantonné entre ces quatre même murs à attendre qu'un blessé débarque et à râler auprès de Nappa parce que les stocks de sérum de guérison ne se reforment pas assez vite et qu'il est malgré tout quasiment toujours là dans le vaisseau à profiter moins que les autres de la Terre, et qu'il est...

Nappa éclate de rire.

Jinja a recommencé à marmonner en ronchonnant tout seul.

Aussi distrayant que soit le vieux saiyan, Nappa a un coli à livrer.

Alors il sort d'un bon pas de l'infirmerie, Bulma Brief se tortillant toujours contre sa hanche, trempée et mal à l'aise.

Le malaise de la terrienne grandit encore plus lorsqu'ils quittent le vaisseau et décollent dans le ciel. La distance progressive avec le sol lui donne le vertige, elle qui a pourtant été habituée à être trimballée partout par Goku, Yamcha et Krilin.

Mais bon, là, c'est dans les bras de Nappa, le second de Vegeta qu'elle se trouve.

Pas de quoi se sentir rassurée.

Son attention est distraite les ruines de la capital centrale qu'elle aperçoit au loin, vers l'Est.

Lorsque les saiyans ont débarqués sur Terre, le 12 septembre 761, ils ont directement atterris à proximité du gouvernement central pour mettre la main sur le roi et l'ensemble des élites de la capitale terrienne.

Une stratégie réussie qui a pris de court tout le monde. Le roi moustachu à tête de chien bleu ayant refusé d'appeler les siens à se soumettre aux saiyans, ces derniers l'ont exécutés dès le premier jour en direct à la télévision.

D'après Plume, qui n'avait pas pu détacher ses yeux de l'écran, leur souverain calciné s'était fait mangé par plusieurs saiyans sur la table du plateau télévisé.

Bulma n'a pas assisté à cela, trop occupée qu'elle était à rejoindre Son Goku et sa famille.

Son ami d'enfance l'a appelé en sanglotant, la suppliant de venir l'aider.

Goku ? Supplier ?

La terrienne aux cheveux bleus n'a pas hésité. Enclenchant le contact de son véhicule le plus rapide, elle avait fendu le ciel en survolant les montagnes désertique du sud, passant au dessus de l'ancien palais de leur ennemis Pilaf. Incapable de tirer quoi que ce soit de cohérent de la part de Goku, elle n'avait pas tenté de le faire parler plus que de raison et avait détecté la localisation de son appareil pour le trouver à quelques dizaines de kilomètres de chez lui, dans les ruines de la maison de son grand-père où elle l'avait rencontré pour la première fois.

La détectant sûrement à son aura, il était sorti de sa cachette, son fils dans les bras. Les deux bruns étaient extrêment mal en point. En voyant l'état du petit garçon de quatre ans, Bulma s'était immédiatement fait la réflexion que Chichi allait péter une durite en le voyant ainsi. Sauf qu'il n'y avait aucune raison que Chichi ne soit pas avec son homme et son fils.

Alors, en sortant du véhicule, Bulma avait senti ses yeux s'humidifier et ses lèvres avait formulé la question qui lui retournait les tripes.

"Et Chichi ? Où est Chichi ?"

Goku n'avait pas répondu.

Son corps s'était courbé vers l'avant et il avait serré son fils blessé et évanouie contre sa poitrine mise à nue par ses vêtements déchirés. Bulma avait compris. Choquée, mais désormais habituée à garder la tête froide à cause de son statut au sein de la Capsule Corp, la terrienne de vingt-huit ans n'avait pas versé une larme en guidant son ami vers le véhicule.

Goku n'était sorti de son mutisme que pour lui indiquer de camoufler le véhicule sous les arbres et de ne pas se rendre à la Kamé House.

Les saiyans semblaient posséder un moyen de détecter et de quantifier l'énergie de chaque être vivant de la planète. Se faire véhiculer comme maintenant en abaissant au minimum son énergie expliquait que les saiyans ne les aient pas détectés en plein vol. La maison du maître des tortues était déjà perdu.

Le pervers barbu était mort, son apprenti l'avait senti. Krilin, lui, s'en était sorti.

Goku pouvait le sentir nager sous l'eau à un rythme soutenu. Juste assez puissant pour rejoindre rapidement la terre ferme, juste assez contenu pour éviter d'attirer l'attention des saiyans. Le guerrier chauve les avaient détectés.

Deux heures plus tard, il les rejoignait, sanglotant amèrement dans les bras de Goku, ravagé par la perte de celui qui les avaient initiés aux arts martiaux.

Ce n'est qu'une fois arrivée dans la capitale de l'Est, encore intouchée par les saiyans et lieu de rendez-vous qu'elle avait fixé avec ses parents, que Bulma s'était autorisée à pleurer à la fois Chichi et Tortue Géniale

Nappa ne doit pas apprécier qu'on oublie sa présence, car il se rappelle bien vite au bons sentiments de Bulma.

Avec une contraction de son bras, il la sort de ses pensées et la terrienne prend réellement conscience de l'altitude à laquelle ils se trouvent. Haut, bien haut dans le ciel. Une chaleur familière envahit la nuque de Bulma, qui déglutie en tentant de regarder autre chose que le sol à plusieur dizaines de mètres en dessous d'elle.

"- Je croyais que tu n'avais peur de rien petite souris ?"

Elle rage en l'entendant se moquer d'elle et lui fait un doigt d'honneur.

Ce geste n'existait pas sur Vegetasai, mais les saiyans en ont bien assimilé la signification depuis leur arrivée sur Terre. Tout comme l'insulte « macaque » et tous ses dérivés.

Quelle terrienne grossière.

"- Oups", dit Nappa en la lâchant.

Elle hurle de terreur pendant sa chute vers le sol.

Nappa la laisse tomber quelques secondes, puis la rattrapa sans douceur et la recale contre sa hanche.

Bulma cesse de hurler, mais le gratifie de l'un des regards le plus haineux qu'il ait jamais reçu.

Il lui répond par un sourire narquois et reprend sa route.

Cette humaine est divertissante. Bien plus grossière et bornée que sa force de larve ne devrait lui permettre, mais divertissante.

Elle est magnifique aussi.

Nappa aime les jolies choses. Surtout celles qui se trouvent dans son harem.

L'évolution des harems saiyan sur Terre est d'ailleurs intéressante à observer.

Tous les saiyans, hommes ou femmes, ont les cheveux et les yeux noirs. Il y a bien sûr quelques minuscules nuances.

Certaines chevelures sont de jais, comme Nappa du temps où il avait des cheveux. D'autres tirent légèrement sur le carbone avec leurs reflets marron, comme le roi Vegeta. D'autres encore peuvent arborer une teinte aile de corbeau, comme Kiui. Des nuances certes, mais en définitive, tout le monde a les cheveux noirs. Toute autre couleur désigne une autre race.

A leur arrivée sur Terre, les guerriers de l'espace se sont d'abord intéressés aux terriennes et terriens bruns aux yeux foncés.

Logique. Tous les peuples préfèrent interagir avec ceux qui leurs ressemblent le plus.

Mais rapidement, l'exotisme de la population humaine les a attiré. Il y a plus de couleurs de peaux et d'yeux, de textures et de couleurs de cheveux sur cette planète que dans plusieurs systèmes solaires réunis.

Cette magnifique diversité est l'une des forces de la Terre du point de vue de Nappa.

Elle est l'une des raisons non-avouée pour laquelle le peuple saiyan devient progressivement attaché à cette planète et se trouve prêt à prendre le risque de mentir à Freezer pour y rester.

Assurer le futur de la race saiyan est une chose. Le faire en expérimentant un maximum de plaisirs est préférable.

Il est agréable pour les saiyans d'interagir avec des êtres semblables à eux comme les humains.

Pas de tentacules baveuses, d'écailles coupantes ou d'épines empoisonnées.

Les humains ressemblent aux saiyans, la queue en moins, et beaucoup d'entre sont objectivement beaux et désirables aux yeux des guerriers de l'espace.

Bulma Brief a tout ce qu'il faut pour plaire à Nappa.

Des cheveux fins et volatiles d'un beau bleu, des yeux de la même couleur, mais dont l'éclat se renforce de manière divertissante quand elle s'énerve, une taille un peu trop fine compensée par d'autres attributs manifestement généreux, toutes ses dents et une odeur corporelle tout ce qu'il y a de plus attrayante.

Il aime bien ses mains aussi, délicats petits membres qui pourraient entrer plusieurs fois dans les siennes sans les remplir.

Une voix un peu trop aiguë et un cri bien trop perçant certe, mais rien que Nappa ne puisse surmonter.

Cependant, le saiyan a le sentiment que Bulma Brief ne rejoindra pas son harem. Elle n'acceptera jamais, quitte à mourir.

Chaque femme et homme qui passe ses nuits avec lui l'a fait par choix. Parfois pour échapper à la mort, parfois par simple ambition.

Les saiyans ne violent pas. Pas sans subir ensuite un sévère châtiment dû au déshonneur de son geste.

Un saiyan refoulé est un saiyan qui ne mérite pas la personne qu'il convoite.

C'est aussi simple que cela.

Les débuts sur Terre ont d'ailleurs été quelque peu compliqués à ce niveau-là. Les terriens leurs ressemblent tellement que les envahisseurs ont eu tendance à oublier qu'ils n'ont pas les mêmes traditions. Dans la culture saiyan, le fort attire le faible, qui lui quémande son attention. Avant la destruction de Vegetasai, la force de Nappa lui a toujours garantit des amantes et amants à foison.

C'était un honneur de recevoir de l'attention de sa part et de coucher avec lui.

Quelle a donc été sa surprise lorsque sa première « conquête » terrienne s'est refusée à lui malgré qu'il lui ait montré l'étendue de sa puissance.

Il a bien tenté de lui expliquer qui il était et pourquoi c'était un privilège qu'il s'intéresse ainsi à elle, mais rien à faire. Toujours aucun consentement de la part de la brune.

Il l'avait donc tué.

Logique. Si l'humaine se refusait à lui, elle n'avait donc rien qui l'intéressait.

Les terriens avaient fini par comprendre l'approche des saiyans vis-à-vis du sexe. Ils savent maintenant à quoi peut mener un refus.

D'après ce que Nappa a compris, la manière de faire saiyan s'apparente tout de même à un viol dans la logique terrienne.

Mais ce ne sont pas les terriens qui gouvernent la Terre non ? Alors c'est bien la pensée saiyan qui s'applique.

D'ailleurs, le nombre des refus est aujourd'hui quasiment nul.

Le reste du trajet se déroule dans un silence complet. Tant mieux pour les oreilles de Nappa.

En voyant une chaîne de montagnes s'élever au loin, Bulma comprend qu'ils arrivent bientôt. Plus loin encore, un peu plus au Sud, les restes de la Capitale de l'Ouest, son ancienne cité, ne tardent pas à compléter le tableau.

Le palais où s'est installé le roi des envahisseurs est idéalement situé entre la capitale Centrale et la ville où était installée la Capsule Corp. Un moyen pour son ancien propriétaire de profiter de la quiétude d'une campagne accueillante et verdoyante tout en profitant des plaisirs qu'offrent deux grandes villes.

Le palais en question est immense, forme rectangulaire sage faite de granit jaune et de marbre rosé.

Trois tours aux toits dorés en forme de pique commencent sur une même base de trois étages pour finalement se séparer et s'élever légèrement au dessus du reste de la bâtisse. Elles toutes situées sur un même angle, celui qui donne sur les montagne à l'ouest. L'une d'elle surplombe d'une dizaine de mètres les deux autres. Bulma sait de source sûre que Vegeta vit à mi-hauteur de cette fameuse tour.

Apparemment, il apprécie particulièrement la vue des montagnes solitaires de l'Ouest, surtout au moment du coucher du soleil. A cet instant là, le granit et le marbre absorbent la lumière descendante pour projeter sur le lac artificiel situé au pied du mur un reflet rose-doré des plus agréable.

Si Vegeta a conservé ce lac artificiel, le reste des alentours du palais n'a plus rien à voir avec que qu'il était.

Le batîment est toujours entouré par une large bande de marbre blanc, mais les vastes jardins travaillés aux innombrables arbustes taillés en forme d'animaux du zodiaque ont été rasé pour laisser la place à des entrepôts de fortunes et des baraquements sommaires pour loger les humains qui n'ont pas pu bénéficier d'une place dans le château.

Les saiyans n'ont pas voulu que les humains investissent les multiples cours situés entre les quatre murs d'extérieur du palais. Hors de question que le domaine de sa majesté empeste de la même manière que les multiples camps gouvernés par les saiyans.

Une quinzaine d'appartements sont réservés aux saiyans permanents ou de passage au palais. Avides d'espace, surtout lorsqu'ils logent de manière permanente sur les lieux, les guerriers ont réquisitionné plusieurs pièces chacun pour en faire un seul et même logement. Ainsi, la quinzaine de quartiers réservés au saiyans prennent facilement la moitié du palais.

En prenant en compte la cuisine qu'il a fallu quintupler de volume, il ne restait de la place que pour loger soixantaine d'humains, alors que les lieux pouvaient en accueillir au bas mot quatre cent avant, sans trop se serrer.

La majorité des logés sont les hommes et femmes composant le harem des lieux et les cuisiniers, toujours sur le pied de guerre. Les malheureux et malheureuses sont particulièrement surmenés depuis plusieurs jours. Le roi Vegeta a rapatrié plusieurs saiyans au palais afin de superviser un nouvel entraînement spécial.

Nappa survole le palais pour les faire atterrir dans l'une des cour.

Sans la lâcher, il la transporte tel un sac à patate vers l'angle ouest, au pied des fameuses tours.

Le saiyan passe une large porte ouverte. La première chose que remarque Bulma est qu'il y a de l'électricité dans la bâtisse. Toutes les lampes fonctionnent et empêchent le vaste château de tomber dans une obscurité morbide. Le palais doit posséder ses propres générateurs...

Nappa monte sans hésitation un escalier en marbre gris et s'engouffre dans un couloir où une partie des fenêtres ont été remplacées par des pierres sableuses d'une couleur clairement différente de celle des murs.

Bulma observe l'intérieur du palais durant tout le trajet. Elle essaye de mémoriser le chemin vers la sortie, mais sa concentration est rapidement happée par le faste des lieux, qui a en plus été souillé par les goûts peu esthétiques des saiyans.

Ce couloir a trop de fenêtres et ça l'éclaire trop ? Bim, on emmure avec des pierres jaunatres alors que ce mur est clairement composé de granit.

Tel saiyan ne dispose pas d'un balcon dans ces quartiers ? Un trou dans le mur, c'est vite fait, les humains n'ont qu'à se démerder pour poser une fenêtre et bricoler un plancher solide.

Ces fleurs dessinées sur le mur ne sont pas au goût de sa Majesté ? Cramer le papier peint est plus rapide que l'enlever.

Le palais, Bulma en avait déjà entendu parler avant l'arrivée des envahisseurs. Il a été construit pour le plus riche milliardaire du monde.

Ce dernier, un petit gros moustachu que Bulma a croisé lors de cocktails mondains, voulait en faire un lieu à la hauteur de son égo.

Il voulait le plus opulent, le plus kitch, le plus précieux, le plus pratique. Bref, il voulait le meilleur.

Logique donc que Vegeta ait choisi de s'y installer.

Nappa s'arrête enfin devant une porte.

Un humain pâle en tenue rapiécée de couleur chêne est à moitié incliné à côté et tend immédiatement une clef au saiyan.

Le chauve grogne et la prend pour déverrouiller la serrure.

Une fois la porte ouverte, il allume directement la lumière de la pièce. Bulma comprend enfin ce qu'elle fait ici.

Les saiyans comptent bien la garder sous le coude et pour cela, ils lui ont réservé une chambre. Et bien sûr, elle est installée en plein cœur du palais, non loin des appartements du roi afin de mieux prévenir toute tentative de sauvetage de la part du traître Kakarotto.

La chambre en question ne reflète en rien le faste du lieu. Pas de suite complète cinq étoiles de plus de cent mètres carrés.

Juste une pièce exiguë sans fenêtre avec un matelas par terre, calé contre un angle de la pièce, ainsi qu'une couette mais pas d'oreiller, et un coffre en bois. Ah oui, et un accès grossier qui mène à une salle de bain de luxe aux murs en marbre rose, avec baignoire en ivoire et toilettes plaqués or.

En fait, on l'installe dans une ancienne salle de stockage pour produits ménagers.

Et un saiyan a fait un trou dans le mur pour lui permettre l'accès à la salle de bain d'une chambre annexe, dont le point d'accès originel avait été scellé. On limite ainsi ses besoins de contacts avec l'extérieur.

Ce bricolage est tout bonnement ridicule.

"- Ne te réjouis pas trop vite. Une faible petite souris comme toi n'a pas besoin d'eau chaude", la rappelle à l'ordre le saiyan en la voyant zieuter sur la baignoire.

Nappa la jette sans délicatesse sur le matelas tellement fin qu'à ce stade, atterrir sur le sol n'aurait pas fait une grande différence.

Bulma n'aurait jamais pensé se dire ça un jour, mais sa banquette dans le vaisseau saiyan était bien plus confortable.

Nappa rit en la voyant se frotter douloureusement le dos. Cette terrienne est définitivement expressive et marrante.

Le quinquagénaire s'apprête à quitter la pièce lorsque l'humaine lui pose une question.

"- Comment vont les humains avec qui j'étais ?"

Nappa avise quelques secondes la terrienne aux cheveux bleus.

Il hésite à lui raconter des salades, juste pour s'amuser et observer ses réactions.

Mais il craint aussi que cela lui retombe dessus par la suite. Si il lui raconte un bobard et qu'ensuite l'humaine passe ses nerfs sur Vegeta en lui reprochant quelque chose d'inexistant, Nappa le paiera cher. Autant éviter.

"- Ils sont vivants. On est juste allé casser quelques doigts pour leur rafraîchir un peu la mémoire quant à leur place. Ne te fait pas une trop haute opinion de toi-même vermine. Tu n'es pas si importante que cela."

Et il quitte la pièce, refermant derrière lui l'ultime faiblesse du génie qu'est Bulma Brief.

Une porte mécanique de technologie saiyan ne peut pas l'enfermer ? Une porte terrienne en bois, fermée à clef, y parviendra.

Bulma soupire en songeant à sa malchance.

Elle a voulu prévenir la Résistance des nouvelles aptitudes des saiyans et n'a réussi qu'à se faire poignarder par une autre humaine.

La trentenaire s'est toujours douté qu'elle n'était pas appréciée par tout le monde.

Après trois années de conflit, beaucoup de terriens, surtout humanoïdes, se sont résignés à la suprématie saiyan et ne comprennent pas pourquoi quelques milliers d'âmes continuent une lutte meurtrière qu'ils jugent stérile.

Pour les terriens aux caractéristiques animales, qui représentaient dix-sept pourcent des habitants de la Terre avant l'arrivée des saiyans, c'est différent. Chassés par les saiyans comme des proies à manger, ils savent qu'ils ne possèdent aucun avenir aux côtés des macaques de l'espace, si ce n'est de se faire bouffer. Telle destinée encourage à poursuivre le combat avec acharnement.

Bulma n'a jamais réellement réfléchi au ressenti des humains qui sont intégrés au cœur du système saiyan.

Les humains des camps d'élevage, d'agriculture ou d'extraction de minerais vivent dans des conditions misérables et cette réalité permet à la Résistance de aisément faire passer ses messages et d'obtenir des soutiens. Les choses sont différentes au palais ou dans le vaisseau.

Les terriens ont un mode de vie confortable par rapport à leurs compatriotes des camps, mais vivent dans la peur constante de faire un geste de travers. Isolés de tout, évoluant au cœur même du pouvoir central des envahisseurs, ils ne peuvent pas se rendre compte à quel point le reste du monde évolue dans une situation différente.

Les humains perdent la guerre, mais ils résistent toujours. Et ils résisteront jusqu'à la fin.

Mais voilà, manquer de mourir remet les choses en perspectives pour Bulma. Même si elle parvient à s'échapper de sa nouvelle cellule, la leader de la Résistance ne trouvera pas forcément que des alliés dans le château.

Elle avise le coffre en bois de sa chambre et l'ouvre.

Il y a des vêtements à l'intérieur. Certains ont encore des étiquettes.

Sans doute le butin d'un pillage dans l'une des nombreuses villes en ruines de la planète.

La terrienne répugne d'enfiler des vêtements fournis par les saiyans, mais elle porte les mêmes sous-vêtements, short et débardeur tachés de sang depuis près d'un mois.

Elle en a marre d'avoir les jambes à l'air devant ses ennemis, qu'importe que ces derniers soient des adeptes des combinaisons moulantes.

Bulma fait donc couler de l'eau dans sa baignoire. Comme l'a prévenu Nappa, elle est froide.

Qu'importe, elle veut juste se débarrasser du liquide de régénération qu'elle a toujours sur elle et qui est devenu gluant en séchant.

Les saiyans doivent être déterminés à la garder en vie.

Elle a même le droit à une serviette, sans doute pour éviter qu'elle attrape la crève.

Tant mieux, les singes de l'espace ont investis dans l'électricité, mais apparemment pas le chauffage, et l'automne des plaines de l'Ouest peut être frisquet.

Frissonnant à cause de l'eau glacée, Bulma se trouve des sous-vêtements et revêt rapidement un jean bleu et un T-shirt gris tout ce qu'il y a de plus banal. La paire de basket qu'elle dégote est également la bienvenue, le sol de la salle de bain comme de l'ancien cagibi étant en carrelage.

La terrienne était en train de sécher sa chevelure courte arrivant au milieu de sa gorge mais malgré pleine de noeuds, lorsque la porte de sa cellule s'ouvre soudainement.

Vegeta.

Il ne dit rien et s'avance directement vers elle. Par Kami, mais le roi des saiyans est réellement petit.

Avec tout ce qui c'est passé au cours des dernières semaines, la capture, la torture et tout, elle n'a jamais pris conscience du fait qu'il faisait à peine une tête de plus qu'elle, cheveux improbables laissés de côté.

Petit ou pas, Vegeta lui attrape sans délicatesse le menton et dégagea ses cheveux mouillés de sa gorge pour évaluer la cicatrice qui y courre, ténue témoin fait qu'elle a bien failli mourir. Cette proximité physique déplait à Bulma, qui tente de lui donner un coup de serviette mouillée.

Mais la queue du saiyan l'en empêche.

"- Tu es vraiment la chose la plus chiante que j'ai rencontrée de ma vie", grogne-t-il en l'obligeant à le regarder, tandis que sa queue arrache la serviette pour la jeter au loin.

Bulma le fusille du regard.

Ce type l'insupporte et elle veut tout faire pour abréger cette rencontre.

Mais elle a tout de même une question à lui poser, une question qui lui brûle les lèvres.

Sauf qu'elle n'est pas facile à poser à son pire ennemi.

Vegeta le voit. Il lit la question dans le regard bleuté de la terrienne.

Elle est logique, mais il est hors de question qu'il lui facilite la tâche. Quelle utilise donc sa langue pour lui dire autre chose que des grossièretés.

Ils restent ainsi immobiles quelques secondes, avant que Bulma ne se décide finalement à poser la question qui la taraude.

"- Pou… Pourquoi tu m'as sauvé la vie ?", murmure-t-elle en détournant le regard, rougissant de cet instant de faiblesse.

Il sourit de façon moqueuse en voyant cette attitude et lui donne une petite tape sur la joue pour qu'elle le regarde de nouveau avant de répondre. Bulma s'exécute, mais son esprit est proprement scandalisé par ce geste.

"- Depuis quand une chose se casse-t-elle sans l'autorisation de son propriétaire ?"

Comme prévu, cette réponse la met en rogne.

Anticipant ses cris perçants et désagréables, Vegeta prend les devants.

Il n'est pas venu ici uniquement pour constater l'état de la terrienne.

"- De mon point de vue, tu as maintenant une dette envers moi", dit-il en la libérant. "Les terriens ne sont pas étrangers au concept il me semble.

- Et alors quoi ?", répond Bulma en s'appuyant contre le mur de marbre rosé de la salle de bain, les bras croisés. "Tu m'empêches de mourir et je suis maintenant censée te donner gentiment les coordonnées des bases de la Résistance ? Tu rêves.

- Je n'ai plus besoin de toi pour ça. J'ai une autre forme de remerciement en tête."

Il claque des doigts et un humain apparaît, un lourd dossier en main.

Tête baissée, il tend son fardeau à Vegeta, qui le jette aux pieds de Bulma, sur le carrelage blanc.

Les yeux de la terriennent descendent vers l'intitulé du dossier, écrit en lettre majuscule avec marqueur noir.

"- Tu te fous de ma gueule."

L'intitulé du dossier est « Métissage entre les saiyans et les humains ».

Ce titre évocateur impose des images à l'esprit de Bulma, des images douloureuses pleines de femmes nues et enceintes, de tuyaux et de sang, de ventres charcutés. Ces images sont accompagnées d'une odeur, celle de la mort.

"- Tu crois vraiment que je vais t'aider avec cette aberration ? Tu t'attends réellement à ce que je collabore avec toi ?"

Vegeta croise à son tour les bras, soutenant sans broncher les paroles et le regard enflammé de la terrienne.

"- Toutes ces femmes sont des êtres pensants. Pas des placentas dont on dispose sans vergogne et…

- Cesse ton cinéma moralisateur", la coupe-t-il avec impatience. "Vous les terriens avez disposé durant des siècles de corps d'animaux pour vos expériences."

Elle allait lui répondre quelque chose de bien cinglant à propos de sa mentalité tordue, mais il enchaîne.

"- Vois le problème sous un autre angle. Mon but n'est pas de me faire déborder par une jeune génération de guerriers métis. Je vise un quota de naissances. Mais il n'est pas aussi simple à atteindre que prévu."

Bulma jette un coup d'œil à l'autre humain, toujours derrière le saiyan.

Il continue de regarder fixement ses pieds en malmenant ses mains. Il sait. Il sait ce qu'il se passe dans le vaisseau des saiyans. Il sait pour toutes ces femmes enlevées et bafouées.

Combien sont donc au courant ? N'y a-il donc personne en ces lieux qui ait le courage de prévenir la Résistance ?

"- Tu es une scientifique, tu aimes les chiffres", poursuit Vegeta en sortant un papier de son gant pour le lire. "Cogites donc un peu sur ceux-là, l'un des humains du vaisseau m'a assuré qu'ils te convaincront. 87% des bébés meurent avant ou pendant l'accouchement. Chez les mères porteuses, la mortalité atteint 92%."

Il n'y a aucune empathie dans sa voix et son regard. Juste de l'agacement devant les imprévus qui touchent le projet.

"- Qu'importe les pertes, le programme va continuer. Les gamins qui ont survécus ont donnés des résultats concluants. La mort des autres ne fait qu'augmenter le nombre de terriennes utilisées pour le projet."

Bulma le haït. Elle honnie sa pensée saiyan et son cœur de pierre.

"- Tu peux continuer à t'indigner, mais avec ou sans toi, le projet va continuer. Ce que je t'offre aujourd'hui, c'est de préserver des vies terriennes. Aide nous à baisser le taux de mortalité et nous aurons besoin d'inclure moins d'humaines au programme."

La jeune femme se remémore ces femmes inconscientes dans l'immense salle et la morte au ventre déchiré. Elle voit les visages d'Indra et de Laëti. Elle imagine Gladys à leurs côtés. Elle s'imagine à leurs côtés.

Bulma glisse contre le mur, déchirée.

Vegeta exulte.

Il aurait pu menacer de tuer des humains si elle refusait de l'aider, mais cela aurait été trop classique, trop simple pour la conscience de la terrienne. L'obliger à faire un choix en avançant de tels arguments relève de la torture psychologique.

Parfait pour se venger d'elle et de ces trois années de résistance acharnée tout en ajoutant un cerveau de choix au projet de métissage.

"- Prend bien le temps de faire ton choix en ton âme et conscience."

Il quitte la pièce, suivi du serviteur humain qui referme la porte à clef.

Bulma hurle de rage et se lève pour shooter dans le dossier devant elle.

Il rebondit sur la porte close, sans éparpiller son contenu aux quatre coins de la salle.

Stu Griffsen a bien saucissonné le tout en prévision de son coup de sang.

Elle étouffe une plainte, assaillie par une sourde douleur.

Non pas à son pied, mais à son coeur.

Protéger les humains est la priorité de Bulma Brief. Au même titre que préserver le futur de sa race est la priorité de Vegeta.

Le roi des saiyans sait qu'il la tient.


Alors, verdict ? ;)

Bon, je reconnais que le fait que Bulma se fasse sauver était supra prévisible, sinon cette fic n'aurait été qu'un immonde troll.