Bonjour à toutes et à tous !

Nouveau chapitre, bien en retard cette fois :(

A ma décharge, comme l'a deviné quelqu'un dans les commentaire, j'ai traversé une période assez chargée et dense. Toute une série de concours qui ont finalement payés. ^^

Je peux donc entamer l'été sereinement, sans oublier de souhaiter bon courage à tout à chacun pour ses projets personnels.

Autre raison à ce retard : ce chapitre est long. Il explore plusieurs point de vues et pose les bases de plusieurs intrigues.

Tout un programme...

J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !

**V2**


Vegeta boit un énième verre d'eau en regardant l'aurore.

Lui et ses hommes ont bien profité de l'alcool terrien la veille. Plus que d'habitude même.

Jinsokuna a repris son histoire et fait oublier les paroles dérangeantes de la terrienne, ainsi que l'ambiance qui en a résulté. Le saiyan a tout recommencé depuis le début, narrant avec de nouveaux détails la mort du compagnon de la terrienne et la fuite exceptionnelle du nain suite au sacrifice de l'humain à trois yeux.

Ce dernier a d'ailleurs réussi à tuer deux saiyans en une seule attaque dans ses derniers instants de vie, ce qui reste impressionnant et fait de lui quelqu'un valant la peine d'être remémoré.

Oubliée la terrienne et ses paroles. Tout n'était plus que rigolade virile, fraternité guerrière, anecdotes croustillantes et glorieux souvenirs. Le tout arrosé par des litres et des litres d'alcool.

Nappa a même fini par ouvrir son impressionnant harem au groupe, laissant juste de côté le jeune Zukkini. Ce dernier a haussé les épaules avec dédain, est allé chiper dans les plats délicieux sur la table pour finalement s'envoler dans le ciel afin de profiter des montagnes de l'Ouest.

Celui du palais est un harem commun, mais Nappa est un tel glouton en la matière que c'est en quelque sorte devenu le sien.

Vegeta ne possède pas son propre harem.

Il n'en ressent pas le besoin. De toute manière, tout sur cette planète lui appartient, du moindre brin d'herbe au moindre caillou.

Il n'a qu'à aller se sélectionner quelqu'un lorsqu'il en a envie, personne n'aura l'idée de se mettre en travers de sa route.

Après avoir profité de l'humaine qu'il a choisi, Vegeta lui a tordu la nuque.

Le roi des saiyans ne le fait pas à chaque fois, mais cette terrienne-là a forniqué avec Nappa quatre jours plus tôt. Le lait de lune contraceptif peut avoir des loupés. Vegeta ne veut pas que l'humaine tombe enceinte et qu'il y ait ensuite un questionnement quant à la paternité.

Il n'est pas encore temps pour lui d'avoir un héritier.

Il doit d'abord finir de sécuriser son nouveau royaume.

Ensuite seulement, il pensera à cette facette de son rôle de roi.

Toutes ces distractions ont au moins réussi à fait sortir Bulma Brief de l'esprit de Vegeta le reste de l'après-midi et de la nuit.

Mais au petit matin, elle est réapparu.

Vegeta se souvient avec inconfort de ce qu'il a ressenti la veille.

Cet appétit tellement saiyan et bienvenue qui s'éveille au fond soi, attiré par la force de Bulma Brief. L'envie de boire ses larmes et de la pousser à faire preuve de toujours plus de force, pour voir où se situe sa limite.

L'envie de continuer à la regarder agir comme elle l'a fait, parce que d'un point de vue saiyan, elle a été foutrement belle à cet instant là.

Vegeta sait ce qu'il a ressenti et il sait qu'une partie de ses troupes l'a aussi ressenti.

Nappa qui la regarde comme une pâtisserie alléchante. L'aura de Jinsokuna rendue folle par l'excitation. Radditz qui sert les dents de rage à cause des paroles de l'humaine, mais ne peut pas en détacher ses yeux.

Pas qu'il leur en veuille.

Ce qu'ils ont ressenti est naturel et lui-même est tombé dedans.

Mais cela ne veut pas dire que Vegeta apprécie particulièrement la situation.

Son petit oiseau bleu attire trop facilement l'attention sur lui, même enfermé en cage.

Et par dessus tout, il voit au delà de sa propre sensation de la veille et se remémore l'état de Bulma Brief.

Il se remémore ses paroles amères et ce qui l'a poussé à les prononcer. Elle a souffert à cause des huit saiyans dans la même pièce qu'elle. Profondément.

A la base, ce n'est pas ce que Vegeta a voulu en l'emmenant dans ses appartement.

Il veut qu'elle le sache, parce qu'elle pourrait se faire de fausses idées sur lui et cela porterait atteinte à sa fierté de roi des saiyans.

Cependant, cette pensée le met cependant mal à l'aise. Se justifier et défendre son honneur auprès de quelqu'un, c'est accorder du crédit à la personne. Tel cheminement n'est pas du tout ce qu'il avait imaginé en mettant la main sur Bulma Brief.

Vegeta se dirige vers la chambre de la terrienne, suivi comme toujours par plusieurs serviteurs humains.

Après que l'un d'eux lui ait ouvert la nouvelle porte, il les renvoie d'un geste impatient. Ces serviteurs sont peut-être des choses, mais ils ont des oreilles et des langues. Et Vegeta n'a pas envie qu'ils entendent et répètent ce qu'il va dire à la terrienne. Il referme la porte derrière lui.

Seule la faible lumière qui traverse la lucarne opaque de la salle de bain éclaire la pièce. Cela n'empêche pas Vegeta de clairement distinguer l'humaine dans la semi-pénombre, allongée en position fœtale sur son matelas.

Sa respiration est régulière, mais le saiyan ne se laisse pas berner.

Elle est réveillée.

Il va s'asseoir contre le mur, à côté du matelas où repose la terrienne. L'environnement est inconfortable. Tant mieux. Il n'a pas fait installer la terrienne dans cette pièce pour lui offrir une vie de château.

Bulma Brief ne cille pas.

Mais il détecte une fluctuation dans son aura. D'après ce qu'il a compris, le traître et sa bande sont capables de déceler les émotions à travers les auras des êtres vivants. Pratique. Vegeta n'en est pas encore capable, mais il escompte bien pouvoir y arriver.

Lire en Bulma Brief serait assurément un avantage divertissant.

"- Je n'ai pas voulu ça."

Aucune réaction. Que ce soit à l'extérieur ou à travers son ki. Vegeta grimace.

On n'ignore pas le roi des saiyans.

Il lui attrape l'épaule pour la tourner vers lui.

Il n'est pas venu pour parler à son dos et au moins, il pourra être certain qu'elle l'écoute. Bulma Brief cesse sa comédie et ouvre les yeux pour le regarder.

"- Je n'ai pas voulu ça", répète-t-il à captant son regard bleu et rouge dans la semi-obscurité. "Je ne pensais pas que cela finirait ainsi."

Elle se redresse pour s'asseoir à son tour contre le mur perpendiculaire à lui, ramenant la couverture contre elle comme si c'était une puissante protection.

"- Tu voulais juste m'exhiber devant eux comme les trophées que j'ai vu dans tes appartements", dit Bulma d'une voix lasse, sans cesser de le surveiller.

"- C'est vrai."

Il a en effet voulu la montrer aux siens.

Prouver une nouvelle fois qu'après toutes ces années de traque, il la tient enfin. Bulma Brief est, au même titre que les autres bibelots dans ses appartements, une pièce rare qui mérite d'être exposée.

Le fait qu'elle soit une entité vivante ne change rien à la donne.

Vegeta avait prévu qu'entourée de saiyans en rut, elle n'y trouverait pas son compte.

Mais il n'avait pas pensé que cela dégénèrerait ainsi.

"- Qu'as-tu dis à Kiui et Zukkini ? Ils avaient de drôles de têtes en revenant.

- Comment vois-tu l'avenir ?", lui demande-t-elle en faisant fi de la question, peu encline à avoir une discussion avec Vegeta portant sur "l'amour".

L'impertinence lui provoque un tic sur la lèvre, mais il décide de laisser couler. La question de l'humaine le surprend tellement elle est hors propos. Et les surprises, Vegeta aime en profiter jusqu'au bout.

"- Quoi ?

- Lorsque tu imagines le futur, comment le vois-tu ?", reformule Bulma en accrochant son regard malgré la pénombre.

Vegeta n'hésite pas bien longtemps avant de lui répondre. Il n'a jamais dissimulé ses plans pour le futur, que ce soit aux siens ou aux humains. Il est même étonnant que Bulma Brief, esprit planificateur par excellence, ait besoin de lui poser la question.

Qu'importe, cela fait partie du sentiment de surprise qu'elle a toujours été capable d'instiller en lui.

"- Je mets fin à votre pathétique rébellion. Les camps peuvent se développer à travers le monde sans contrainte.

- Et après ?

- Les métis grandissent. On les entraîne. La gloire saiyan se restaure progressivement.

- Et après ?

- Terrienne, je ne prévois jamais aussi loin. C'est futile."

Planifier comme Vegeta l'a fait jusqu'à présent est déjà plus que ce que la plupart de ses prédécesseurs ont réalisé. Mettre en place la renaissance d'un peuple semble déjà à ses yeux une performance contre-nature pour le fier saiyan qu'il est.

"- Moi je vois plus loin. Je vous imagine morts. Je vois la race humaine libérée. Je nous vois reconstruire nos villes, nos foyers. Je vois Goku entraîner de nouveaux guerriers pour protéger la Terre. Je me vois vieillir en concevant sans cesse de nouvelles inventions pour permettre aux humains de retrouver leur vie d'avant, tout en l'améliorant. Je me vois mourir, les poumons encrassés par les milliers de cigarettes que j'aurais fumées, le sourire aux lèvres parce que j'aurais accompli de grandes choses dans ma vie."

Elle sourit en parlant, sans aucune trace de méchanceté ou de cruauté dans la voix.

Comme si la simple évocation de ce possible futur suffit à la rendre heureuse.

Aux yeux de Vegeta, ce futur paraît tout bonnement ridicule. Jamais les terriens ne parviendront à vaincre les saiyans.

Jamais les fiers guerriers de l'espace ne quitteront la Terre. Cette planète est leur foyer maintenant. Elle est la nouvelle Vegetasai, tout comme Vegetasai fut l'héritière de la planète Sadala, le véritable monde d'origine des saiyans.

Il s'apprêtait à partager le fond de sa pensée, mais Bulma Brief est déjà passée à autre chose.

Et elle lui prouve une nouvelle fois qu'elle peut être pleine de surprises avec ses questions sorties de nul part.

"- Tu ne t'es jamais demandé si tu avais fait une erreur ? Tu ne t'es jamais dit qu'il aurait mieux valu que tu passes ton chemin ou même éradique les humains ? Comme ça, tu aurais laissé ta race disparaître progressivement, mais intacte et dans votre « dignité » d'antan?"

Il y a dans les yeux brillants de la terrienne une réelle interrogation, que Vegeta s'est lui-même posé plusieurs années auparavant. L'humaine est maligne. Sa capacité à entrer dans la tête des saiyans est l'une de ces forces non-physique dont elle est capable de faire preuve.

Bulma s'étonne elle-même de poser la question.

Pas qu'elle sorte de nul part. L'héritière Brief se l'est déjà posée et a imaginé mille et un scénarios mettant en scène une planète Terre n'ayant jamais fait la connaissance des saiyans. C'est évident, avec le nombre de saiyans femmes qui leur restent, les saiyans se seraient sûrement éteints.

En plus, Vegeta et les siens n'arrêtent pas de parler de "l'honneur saiyan" et de leurs traditions ancestrales. Ils auraient pu passer leur chemin. Et alors, l'histoire aurait été différente.

Cet échange avec Vegeta commence à ressembler à un échange intime et existentiel autour d'un verre. L'alcool en moins.

Étrangement, l'ambiance sincère qui s'instaure est loin de la mettre mal à l'aise.

Le problème, c'est que l'image du cruel roi saiyan se floute pour laisser Vegeta devenir une personne avec qui discuter.

"- Au début oui", répond Vegeta avec une sincérité libératrice. "Surtout après les premières difficultés. Mais ce doute a rapidement disparu.

- Pourquoi ?

- Parce que nous les saiyans voulons vivre et laisser derrière nous un héritage glorieux qui sera porté par les générations suivantes.

- La perpétuelle quête de l'immortalité", soupire Bulma, très familière avec cette théorie.

"- Appelle cela comme tu veux terrienne, mais les faits sont là. Ton rêve ne se réalisera pas. Les saiyans seront toujours là."

Elle sourit faiblement, sans doute plus à elle-même qu'à lui.

Vegeta doit bien lui concéder une chose : elle ne perd jamais espoir et cela lui va bien. Les abrutis pleins d'illusions ont tendance à taper sur les nerfs de Vegeta.

Ce qui différencie Bulma Brief de certains autres, c'est qu'elle a déjà prouvé par le passé que s'accrocher à ses illusions peut causer un tort réel au roi des saiyans et à son peuple. Elle n'agite pas inutilement les bras en gueulant pour demander un monde qui lui convient mieux. Bulma Brief s'est accroché, a agit et a, dans une certaine mesure, réussie.

La veille, c'était pareil. Cernée, à terre et vulnérable, elle a fini par faire face et répliquer avec force.

D'où les instincts qu'elle a réveillé auprès de plusieurs saiyans.

Ils restent un moment silencieux, perdus dans leurs pensées.

"- Dans ton futur parfait, je suis mort ?", demande finalement Vegeta en scrutant ses yeux, à nouveau en prise avec les instincts de la veille.

"- Évidemment", lui répond moqueusement la terrienne pour lui signifier que s'il en doute, c'est qu'il est réellement stupide.

Simple, logique, direct, sans concession. Magnétique.

Vegeta comble la distance avec Bulma Brief, lui attrape le visage de ses deux mains et se jette comme un rapace sur ses lèvres pour l'embrasser.

Il le fait tellement brusquement qu'il lui cogne le crâne contre l'angle du mur.

Elle pousse une exclamation de douleur et il en profite pour introduire sa langue dans sa bouche, explorant ce terrain inconnu sans douceur ni tendresse, mais avec avidité. Le visage, les poings et les jambes de la terrienne s'agitent pour essayer de se débarrasser de lui, sans succès. Il la lâchera quand il le voudra.

C'est donc Vegeta qui met fin au baiser, la laissant sans le souffle, le visage rouge et les lèvres gonflées.

Toujours tout contre sa bouche, il ouvre finalement les yeux pour profiter du visage de la terrienne qui peine à digérer les précédente secondes.

"- Tu es mala…

- Une part de moi te hais tellement."

Bulma se tait en percevant le ton de sa voix.

La façon dont il la regarde aussi. C'est toxique, noir, profond. Dangereux.

"- Cette part veut te briser, te faire pleurer et supplier. Te faire souffrir. Elle veut te faire payer pour ces trois années d'humiliations et ta grande gueule irrespectueuse."

Il lâche son visage pour passer ses mains gantées dans les cheveux de la terrienne et se penche sur elle pour humer leur parfum.

Les fils bleus, stimulés par le frottement et l'électricité statique, collent à ses gants blancs pour former un tableau des plus étrange. Vegeta ne cesse de s'amuser de ces cheveux, si fins, si doux contre son nez et si faciles à manier. Ils sentent comme elle, mais aussi le shampoing à la camomille qu'on lui a donné, quelques senteurs des plats de la veille, la saleté et la crasse de la pièce dans laquelle elle vit et qui aurait besoin d'un bon coup de ménage.

Sans oublier les quelques relents de cette immondice qu'elle appelle "cigarette" et qui refusent de totalement disparaître malgré les mois qui passent.

Il descend ensuite ses mains dans son dos pour la coller encore plus à lui, avant de plonger son nez dans sa gorge, où l'odeur corporelle de la terrienne est la plus présente. Moins pervertie par des éléments extérieur.

"- Et il y a cette part de moi qui ne sait plus quel statut te donner", continue-t-il en inspirant profondément tout contre elle, les yeux fermés et les épaules plus relâchées qu'à l'ordinaire.

"- Lâche moi", a-t-elle le courage de lui dire, ses mains tremblantes sur ses bras.

Il ne bouge pas durant quelques secondes, occupé à respirer son odeur.

Quand sa peur et son malaise commencent à trop pervertir le fumet dont il s'abreuve, il se détache légèrement et remonte au visage de la terrienne pour étudier son expression. Elle est confuse.

C'est définitif, il adore ce regard.

Il adore aussi la rougeur sur ses joues, son front, son nez, ses oreilles, sa gorge et le haut de sa poitrine. S'il s'est laissé guidé par ses instincts, elle non plus n'est pas totalement au contrôle de son corps et de son aura.

Vegeta lui mordille le nez.

Puis il la lâche et se lève, préférant quitter la pièce pour plus de sécurité.

"- Quand j'imagine le future, je ne sais pas qu'elle place tu y occupes. Mais une chose est certaine. Mon joli petit oiseau bleu est toujours enfermé dans sa cage", achève t-il avec un sourire supérieur.


"- Vous êtes le docteur Gero, c'est cela ?"

Peterson feuillette rapidement les pages du dossier tout en jetant de rapides coups d'œil au vieux scientifique à moustache devant lui. Les cheveux longs de l'homme ne lui renvoient pas une image de professionnalisme.

Pas plus que son ridicule haut orange et bouffant qu'il a osé réhausser avec des manches jaunes et moulantes.

Mais il a bien accepté de faire d'une gamine en short la responsable scientifique de la Résistance, ainsi que l'un de ses leaders officiel. Il est capable de passer outre une coupe de cheveux.

Ce Gero est venu le voir avec un projet. Un projet qui n'a certes rien de nouveau, le scientifique l'a déjà soumis plusieurs fois à Bulma Brief et son père durant les années précédentes.

Mais les « ingrédients » que ce projet réclame ont toujours heurtés les Brief, qui se sont arrangés pour envoyer Gero loin de la base principale et de ses ressources.

Bulma Brief est portée disparue depuis près de deux mois et son père est mort. La Résistance se trouve dans une précarité scientifique sans nom à cause de ces pertes et Peterson est désespéré. Alors le commandant est prêt à réétudier toutes les options dont il dispose.

Pablo Czisco, le scientifique qui a tant bien que mal pris la relève de Bulma Brief, décortique chaque ligne du document devant lui. A voir sa tête, le contenu le dégoûte tout autant qu'il le fascine.

"- C'est bien cela monsieur Peterson.

- Commandant Peterson. Vous avez un passé commun avec l'Armée du ruban rouge."

Autre raison pour laquelle le militaire ne s'était pas ému devant l'exil du vieux scientifique ridé : son passé avec l'organisation terroriste.

"- A ma grande honte.

- Vous savez que l'un de mes faits d'armes en tant que colonel a été de traquer les gens comme vous pour les mettre en prison ?"

Les yeux bleus glace du scientifique frémissent, tout comme sa moustache blanche. Oui, il le sait. Oui, être en présence du commandant Peterson le rend tout sauf serein.

Mais il ne veut pas gâcher l'opportunité qui se présente aujourd'hui à lui. Alors le génie se repositionne dans son fauteuil, prêt à faire le show pour camoufler le fait qu'il est mal à l'aise.

"- Je l'ignorais. Mais je vous prierais d'écarter cette information de votre jugement. Le passé est le passé et ce que je fais à présent, c'est œuvrer pour le futur des terriens. Les jours sombres sont comptés. La lumière de la délivrance est proche."

Peterson sent une grimace déformer son visage. Il commence réellement à regretter Bulma Brief. C'est une chieuse narcissique, mais au moins, elle n'est pas adepte des grands discours illuminés et creux. L'âge joue également en faveur de la gamine.

Gero a l'air d'avoir quatre-vingt ans, au bas mot, et ne paraît pas en très bonne santé. Lui confier les maigres ressources de la Résistance ne ressemble pas à une stratégie gagnante sur le long terme. Ni même sur le moyen terme.

"- Bien… expliquez-moi docteur Gero. Pourquoi devrions-nous mettre de côté des mois de recherches et d'investissements consacrés aux exosquelettes de Bulma Brief pour nous concentrer sur vos androïdes ?

- Mes androïdes ont le pouvoir d'épargner la vie de vos soldats, possibilité que ne vous offrent pas les exosquelettes de mademoiselle Brief. Un exosquelette requiert une présence humaine. Pas mes créations.

- Pourrions-nous revenir sur la partie de votre projet qui nécessite des cadavres frais ? Et les "éléments à sacrifier" ?", l'interrompt Pablo avec cynisme en le regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune et ses mèches poivre et sel.

"- Tout projet scientifique a un coût", répond Gero en secouant la main comme s'il chassait une mouche. "Quelques cadavres humains et saiyans ne devraient pas être si difficiles à me procurer. Nous sommes en guerre.

- Je l'avais remarqué, merci", grimace Peterson en enlevant son béret pour passer d'un geste nerveux une main dans ses cheveux coupés à ras.

Quelques cadavres à fournir ne sont pas ce qui gêne fondamentalement Peterson. Comme le souligne Gero, ils sont en guerre.

Des cadavres, il en a fourni à Bulma Brief pour qu'elle développe le projet "Bunny". Des cadavres saiyans comme des cadavres humains. Sans oublier qu'il a fait bien pire au cours de ces trois dernières années.

Larguer aveuglément des bombes incendiaires sur Terre lors de l'application de la « politique de la terre brûlée » par exemple. Ou donner l'ordre d'éliminer des groupes entiers de réfugiés cherchant à rejoindre une base de la Résistance, tout ça parce que leur nombre trop important risquait de mener les saiyans à la base en question. Ou encore sacrifier un régiment entier de ces hommes pour permettre à un brillant esprit de rejoindre le combat. Donner des cadavres à Gero, ce n'est vraiment rien sur l'échelle de sa conscience.

"- Je dois parler avec notre scientifique en chef", répond finalement Peterson à Gero. "Retournez à vos quartiers en attendant une décision du Conseil."

Non, c'est autre chose qui le chiffonne, en plus de l'idée parasite que le vieux scientifique peut très bien leur caner entre les bras d'ici quelques mois, en plein milieu de son projet.

Gero s'incline avec respect, mais ne se lève pas immédiatement de sa chaise. En voyant ses cheveux blancs épais et broussailleux, Peterson se demande s'il utilise une drogue spéciale pour se préserver de la calvitie ou s'il porte une perruque.

Le scientifique se dote d'un regard sévère pour énoncer l'ultime chose qu'il a a dire avant de partir.

"- Relancer le projet des exosquelettes prendra plusieurs semaines. Vous avancerez lentement sans mademoiselle Brief et son père. Rattraper votre retard et équiper vos soldats pourraient prendre plus d'un an. Je peux vous fournir des androïdes en moins de temps que cela. Et si je puis me permettre… Si Bulma Brief n'est pas revenue parmi nous, c'est que son « Bunny » n'a pas fonctionné face aux saiyans. Mes androïdes seront à la hauteur. Ils pourraient même se révéler de force égale au saiyan nommé Son Goku qui s'entraîne en bas."

Peterson refoule un grognement. En plus d'être un traître terroriste antipathique, glacial et fourbe, ce Docteur Gero est bien trop informé. Une personne comme lui ne devrait pas posséder d'informations sur Son Goku et sa fameuse salle d'entrainement. Si cela ne tenait qu'au militaire, le scientifique irait rôtir en prison et ne toucherait plus jamais à un tournevis ou à un scalpel de sa vie. Mais voilà, tout ne dépend pas que de lui et les âges désespérés appellent à des mesures désespérées.

Une fois le docteur Gero sorti de la pièce, Peterson laisse le temps à Pablo Czisco de finir de lire le dossier que le scientifique leur a fourni. Cela prend un moment. Pour faire passer le temps, le quinquagénaire va effectuer quelques frappes sur son punching ball.

Le bruit des coups résonne dans ses appartements, mais son compatriote en plein décryptage n'a pas l'air d'y prêter attention.

Une fois cette tâche terminée, le quadragénaire soupire et enlève ses lunettes pour se frotter les yeux et le nez.

"- Alors ?

- Je ne comprends pas la moitié de ce que raconte ce dossier."

Voilà. C'est cela qui chiffonne Peterson.

Le projet de Gero est trop obscur pour être efficacement contrôlé par ses pairs. Le scientifique est un pur génie habité par la folie. Combinaison assez récurrente, mais avec Gero, on atteint des sommets renversants.

Bulma Brief est aussi une génie.

Ses inventions relèvent parfois de la science-fiction et sont souvent des décennies en avance par rapport aux créations de ses confrères.

Mais au moins, elle n'est pas folle au sens "dangereux". Ce qu'elle créée peut, après explications et démonstrations, être compris par ses collègues. Mieux, elle a toujours tout fait pour transmettre ce savoir à ses confrères de la Résistance.

Cela a plus ou moins fonctionné, mais Peterson ne peut que constater sa bonne volonté.

Gero est loin de faire preuve de cette bonne volonté. En plus de manifestement conserver pour lui même la pleine compréhension de son projet, il oeuvre dans un domaine tabou, à savoir l'expérimentation sur terriens, qu'ils soient morts ou vivants.

Le vieux scientifique ayant un passé en commun avec l'Armée du Ruban Rouge a depuis longtemps montré qu'il se fiche comme d'une guigne de la déontologie. Il a poussé des portes que tous ses contemporains se sont refusés de pousser.

Ces fameuses portes ont mises des vies en danger.

Si Peterson et le reste Conseil donnent le feu vert au docteur Gero pour son projet, ils n'auront qu'un contrôle relatif dessus.

Cette affaire d'androïdes a ses chances de sauver la Terre, mais la contrepartie est qu'il faut totalement se reposer sur un salopard sans éthique et incernable qui pourrait très bien avoir son propre agenda.

Laisser le destin de l'humanité reposer entre les mains d'un ancien fasciste pose foncièrement problème à Peterson. Et encore, même le terme « ancien » ne peut pas être certifié concernant le vieil homme.

"- Vous pensez être apte à trouver des personnes capables de déchiffrer ce charabia Czisco ?

- Possible… encore faudra-t-il qu'ils acceptent de se pencher dessus."

Peterson laisse échapper un ricanement las. Les gens acceptent plus facilement de se salir les mains en temps de guerre, mais ceux qui sont prêts à aller vraiment loin restent rares.

Les bienfaits - ou méfaits selon le point de vue - d'une paix de longue durée et d'un monde idyllique.

"- Quelle est votre opinion personnelle à propos de cette affaire ?", demande Peterson en caressant d'un geste distrait les prothèses qu'il a à la place des doigts.

"- Honnêtement ? Gero est et demeurera à jamais un salopard répugnant. Mais son projet a de bien meilleures chances de succès que notre plan de reconstituer Bunny sans Bulma Brief et son équipe. Cet homme est un génie qui réussit ce qu'il entreprend."

Peterson soupire.

Il le promet, si cette Lunch revient avec Bulma Brief, il tirera bien fort les oreilles de la gamine pour l'avoir obligé à se retrouver dans une telle position. En attendant, il est sans nouvelles de l'équipe de sauvetage depuis près de trois semaines.

La Résistance ne peut plus se permettre d'attendre un fantôme qui pourrait ne jamais revenir.

Il faut avancer, quitte à ramper toujours plus bas dans la boue et la crasse.


Zukkini atterrit au milieu du camp de son père, repoussant d'un geste exaspéré les deux lourdes mèches qui lui tombent devant les yeux.

Le roi Vegeta a décidé d'interrompre jusqu'à nouvel ordre l'entraînement de ses hommes afin de se concentrer sur le sien. Aussi l'enfant a t-il décidé de s'accorder un répit et de retourner chez lui.

Sa Majesté semble ailleurs depuis quelques jours, comme obnubilée par un problème qui refuse de le laisser en paix.

Le roi Vegeta est plus renfrogné que d'habitude, mais ses pics de colères sont également plus impressionnants. Peut-être est-ce dû au fait qu'il n'arrive pas à détecter l'énergie du frère de Radditz...

L'arrivée de l'enfant provoque un léger mouvement de recul de la part des humains qui l'entourent. Il faut dire qu'il a atterri sans prévenir, dans un mouvement exagérément bruyant et violent. Une manière pour lui de surprendre les humains et de les taquiner un peu. Certains poussent des cris suraigus qui l'ont toujours fait rire. Cela compense un peu le fait que la plupart d'entre eux sont sales et sentent mauvais.

Son père Endaibu, un Troisième Classe méritant, est à la tête d'un nouveau petit camp en charge de produire et de traiter les ingrédients nécessaires à la fabrication d'une matière appelée « béton ».

Ce n'est pas une position aussi importante qu'être à la tête d'un camp alimentaire, mais ce béton va permettre d'enclencher une nouvelle phase de la colonisation de cette planète. Malgré quelques bâtiments en dur encore intacts et investis par les saiyans, les villes en ruines ne peuvent pas fournir les matériaux adéquats pour loger les humains dans autre chose que des tentes en bâche et en tissu, à la limite renforcées par des bouts en tôle.

Les saiyans se sont réservés l'intégralité des maisons en capsules, alors les humains font avec ce qu'ils trouvent.

Mais cette solution est aussi source de problèmes. Les humains fragiles tombent facilement malades et meurent à cause de cet environnement.

La boue, le froid, l'humidité et l'entassement ont fait des camps humains des nids à maladie, à crasse et à problèmes. Ce béton devrait permettre de commencer à construire des bâtiments en dur, dont des maisons pour les humains. On va aussi pouvoir en recouvrir le sol afin d'éviter à tout le monde de continuellement marcher dans la boue et la poussière.

L'odeur du bidonville humain n'est pas un cadeau pour l'odorat développé de Zukkini.

Les saiyans ont beau avoir œuvré pour détourner le cours d'une rivière et ainsi fournir de l'eau potable au camp, la propreté des lieux est toute relative. Les latrines et autres systèmes d'évacuation fuient à chaque averse.

Les humains fragiles, encore plus malades à cause de ces inconvénients, émettent les gémissants et odeurs qui vont avec. Et ainsi de suite, la boucle est perpétuelle. Les quelques quatre-mille humains du camp sont une véritable réserve à germes et immondices.

Malgré ces désagréments, Zukkini se promène régulièrement en dehors de la partie du camp réservée aux logements des saiyans.

C'est l'été, il fait chaud, l'ambiance du camps est bien plus agréable et saine qu'en hiver.

Il observe le mode de vie humain. Les quelques étales qui bradent des bibelots récupérés dans des ruines ou volés dans une autre partie du camp. Un stand sur lequel grillent quelques poissons attrapés dans la rivière et que s'arrachent les humains, affamés et avides de varier leurs menus, prêts à troquer un vêtement contre une bouchée. D'autres stands proposent des mets plus difficiles à trouver, comme du pain, des pommes et des pastèques.

Comment cette nourriture est arrivée là, Zukkini n'en a aucune idée et il ne peut qu'admirer la capacité qu'ont les humains à dégotter des aliments comme ça. Il y a aussi ces personnes assisent en tailleurs et concentrées devant un carré en bois et qui mettent plusieurs minutes à bouger des pions noir ou blanc. Des enfants plus ou moins grands qui jouent ensembles en sautant en rythme au dessus d'une corde tournante. Cette jeune humaine qui trace des sigles dans la boue avec un bâton pour apprendre les nombres à ses cadets.

Le saiyan de huit ans apprécie aussi l'attitude soumise des humains à son égard.

Tout le monde s'incline en le voyant. Tout le monde lui adresse des compliments.

Il aime sentir sa supériorité par rapport aux milliers d'âmes qui l'entourent.

Mais aujourd'hui, il ne parvient pas à complètement y prendre du plaisir. Les paroles de Bulma Brief trottent toujours dans sa tête. Elle a dit que personne n'était sincère, que tout n'était que comédie et mensonges.

Malgré tous ses efforts, Zukkini n'arrive pas à pleinement profiter de sa balade.

Il quitte donc rapidement le quartier humain pour se rendre dans le quartier saiyan. Zukkini va signaler sa présence à son père, occupé à surveiller les humains qui font les comptes et l'inventaire du camp dans le quartier général.

Le géniteur du jeune saiyan lui demande comment se déroule l'entraînement avec le roi et, satisfait de la réponse, lui ordonne de le laisser.

Juste comme cela. Pas un seul geste d'affection comme Zukkini a maintes fois vu les humains en prodiguer à leurs enfants. Aucun mot gentil comme la concubine à peau foncée préférée de son père l'en abreuve. Cela ne manque pas fondamentalement au jeune guerrier. Il sait à quoi s'en tenir. Son père est en ce moment même très fier de lui.

Zukkini n'est peut-être qu'un Troisième Classe assez faible du point de vue des standards saiyans, il n'en suit pas moins un entraînement spécial concocté par le roi en personne, et ce aux côtés des plus grands guerriers de l'armée. Le sujet de l'entraînement est toujours un secret non dévoilé aux saiyans qui n'y participent pas, mais qu'importe aux yeux de Endaibu.

Son fils vit à un jeune âge un honneur dont lui-même n'a jamais bénéficié.

Ce qui arrive à sa descendance, et donc à lui, s'apparente à une montée en grade qui a de quoi faire pâlir de jalousie bon nombre des camarades d'Endaibu. Qu'importe les cachotteries, Endaibu est plus que satisfait.

Zukkini est occupé et se forme auprès des meilleurs, Endaibu n'a donc pas à s'occuper de lui et peut ainsi se concentrer sur le camps dont il a la charge, tout en bénéficiant de la réussite de son fils.

Tout le monde est gagnant.

L'enfant connaît la logique derrière la fierté de son père. Le trentenaire au menton fort, dont il a hérité une légère rai centrée, ne lui a jamais caché son raisonnement. Sauf qu'il accorde un peu trop de crédit à son fils aux joues rondes.

Les jeunes saiyans sont les plus réceptifs aux nouvelles formes d'apprentissage et Zukkini est le dernier né des saiyans de sang pur. Il est par conséquent logique qu'il se débrouille bien à l'entraînement de perception des ki concocté par roi. Qu'on soit venu le chercher pour bénéficier de l'entraînement n'a rien à voir avec ses talents. Sukasshu, le deuxième saiyan le plus jeune après lui, est censé rejoindre l'entraînement d'ici deux semaines.

Mais ça, son père n'a pas à immédiatement le savoir.

Pour une fois qu'il accorde un minimum d'attention et de crédit à son fils… Zukkini veut profiter de cette fierté au maximum et compte attendre le dernier moment avant de dévoiler à son paternel que l'unique raison de sa fortune est son jeune âge.

Une fois sorti du quartier général du camp, il se dirige vers sa propre maison, justement issue de la technologie inventée par la famille de l'humaine dont les paroles ne quittent pas son esprit.

Situé en bordure des quartiers humains, son habitat sur deux étages est ovale et se repère de loin grâce à sa couleur blanche. La saleté du camps a perverti sa couleur, mais l'habitacle fait tout de même figure de propreté comparé au reste.

Le logo de la Capsule Corp a été recouvert de goudron.

Zukkini doit le concéder, cette capsule est géniale. Il bénéficie de l'électricité grâce à des panneaux solaires et si le soleil vient à manquer, il y a des batteries de secours qui se rechargent automatiquement au moindre rayon. L'habitacle possède aussi l'eau courante, qui est renouvelée régulièrement par des humains dont il récompense les bons services avec une patate ou une cuisse de poulet.

Zukkini n'a aucun soucis à laisser sa porte ouverte aux humains. Personne n'ose entrer chez lui lorsqu'il est absent, si ce n'est pour faire le ménage et lui apporter à manger. Le moindre objet manquant pourrait mener à des représailles féroces et l'odorat des saiyans en font d'excellents détectives.

La nouvelle de son retour a rapidement circulé. Il sent une odeur de nourriture émaner de son habitat. La table à manger de sa maison doit être recouverte de victuailles. Une foule d'enfants humains en guenilles se tient à une distance respectable de son habitation.

Sa jeune cour personnelle.

Ce n'est pas quelque chose d'officiel.

Personne n'a imposé à des enfants humains du camp de venir s'incliner devant lui tandis qu'il se pavane dans ses quartiers en dur.

Le fort attire tout simplement le faible, comme le veut la tradition saiyan.

Zukkini aime être entouré de « sujets » flatteurs et désireux de le servir. C'est dans sa nature. Beaucoup de ses aînés procèdent de même.

Les voir s'agiter et piailler en le voyant fait oublier ses préoccupations au jeune saiyan. Il s'avance, prend la pose devant eux en plaçant ses poings sur ses hanches et les salue à sa façon.

"- Je vous ai manqué vermines ?"

Des piaillements aigus lui répondent par l'affirmatif. Le sourire de Zukkini s'agrandit et il désigne une dizaine d'humains pour qu'ils le suivent dans sa maison. A l'image des maisons produites par la Capsule Corp, l'intérieur de la sienne possède une teinte à dominante blanche, avec quelques tons de bleu et de rose en fonction des pièces.

Sa cour reste toujours cantonnée à l'étage inférieur, dans l'espace jumelant le salon et la cuisine. Ce qu'i l'étage demeure son royaume personnel.

A peine entré, il attrape une brioche encore chaude et mord dedans.

"- Comment c'est passé ces derniers jours maître Zukkini ?

- Je suis sûre que sa Majesté le roi Vegeta est très fière de vous maître Zukkini !

- Vous devez avoir beaucoup progressé durant votre absence maître Zukkini !

- N'avez-vous pas grandit maître Zukkini ?"

Il y avait là des filles et des garçons. Des plus jeunes que lui et des plus âgés. Aucun adolescent. Le saiyan n'aime pas qu'un humain bien plus grand que lui reste trop longtemps à ses côtés. Il aurait l'impression qu'on le toise.

Chacun des enfants présents dans sa maison est plus débarbouillé que les autres humains du camp et porte des vêtements en meilleurs état que les autres, même si cela reste des guenilles. Sa cour se doit de faire un effort. Sinon, l'enfant n'est jamais admis chez lui.

Il trouve tout de même que ces humains s'habillent étrangement pour la saison.

C'est l'été, mais tous portent des manteaux épais alors qu'ils ont manifestement chaud. Mais bon, les humains, notamment les enfants, sont tellement fragiles que c'en est presque indécent, alors il peut comprendre qu'ils soient couverts.

"- J'ai impressionné notre roi, qu'est-ce que vous croyez."

Il attrape une tranche de jambon et la jette à une petite fille blonde à couettes qui sautille sur place en applaudissant ses dires.

Elle lui sourit et l'engloutit d'une traite, le rose sur ses joues témoignant du plaisir qu'elle prend à manger ce qu'il vient de lui donner.

Le saiyan attrape un bol de nouilles et commence à le manger avec des baguettes.

"- Que voulez-vous faire maintenant maître Zukkini ?

- Voulez-vous un massage ?

- Regarder un combat entre plusieurs d'entre nous ?

- Une chanson ?"

Les piaillements des humains sont doux aux oreilles de l'enfant saiyan. Leur servilité est presque aussi jouissif qu'un combat. Il réfléchit à ce qu'il veut tout en mâchant : voir deux des garçons se battre pour son bon plaisir ou écouter une légende humaine ?

Il tique en sentant quelque chose derrière lui. Deux faibles ki. Devant lui se tiennent huit humains sautillants. Il en a fait entrer dix chez lui.

Zukkini pose son bol entamé et se retourne en attraper une pâtisserie à l'autre bout de la table.

Il voit les deux enfants manquant sortir leurs mains de dessous leurs manteaux épais et lui sourire en sautillant et piaillant à leur tour. La pyramide de pommes de la table n'est plus aussi parfaite qu'à son entrée.

Les humains viennent de chiper de la nourriture sous son nez. C'est déconcertant. Pourquoi prendre un tel risque ? Ils savent à quoi le vol peut mener sous la domination saiyan. Mais Zukkini ne veut pas les confronter tout de suite. Maintenant qu'il sait à quoi s'en tenir, il veut voir s'il a affaire à un pratique récurrente ou à un acte isolé.

Alors le saiyan fait comme si de rien n'était et regarde fixement les deux humains en leur demandant ce qu'ils lui proposent de faire pour le divertir. Le garçon lui répond instantanément un spectacle et la fille une chanson. Ils parlent, parlent, se chamaillent son attention.

Si les yeux de Zukkini sont tourné vers eux, ses oreilles écoutent ce qu'il se passe derrière lui. Les autres enfants humains piaillent encore et encore, mais le saiyan discerne également de légers cliquetis, signe que des petites mains s'agitent sur les plats dans son dos.

Il se tourne brusquement vers les autres. Tous parlent, mais aucun ne sourie. Une première rangée camoufle des enfants manifestement occupés avec les victuailles de la table.

Quand les humains constatent qu'il les regardent à nouveau, leurs sourires angéliques réapparaissent. Ca sonne faux. Le tableau n'est pas aussi idyllique que leurs sourires. Ils se forcent. Zukkini se rend compte pour la première fois à quel point les joues de chacun sont creuses.

Les paroles de la terrienne aux cheveux bleus lui reviennent subitement en mémoire.

« On peut même simuler le fait qu'on vous respecte et qu'on vous admire. ».

Une horrible théorie envahit l'esprit de l'enfant saiyan.

Pour la tester, il attrape par les côtes la petite blonde à qui il a accordé à manger quelques secondes plus tôt, la soulevant du sol. Il peut sentir une odeur de bacon émaner de son manteau, mais ce n'est pas ce qui retient son attention.

Elle est maigre. Les enfants humains sont évidemment moins épais et musclés que les enfants saiyans, mais là, cela relève d'un tout autre niveau. Sa doudoune peut tromper les yeux de Zukkini.

Mais ce que sent le saiyan sous son manteau était sans appel.

La petite blonde est plus fluette qu'il ne l'a imaginé. Ses côtes ressortent sous les doigts du guerrier.

La gamine de cinq ans crie de surprise, mais aussi de peur. Les autres enfants cessent immédiatement de parler. Un silence de mort s'installe, uniquement troublé par les balbutiements terrorisés de la gamine qu'il tient. Fini les compliments et les propositions de jeux.

Zukkini est entouré par des êtres aussi tremblotant que leurs auras. Ils ont peur. Peur de ce qu'il pourrait faire à l'enfant dans ces bras et à eux tous. Peur du pourquoi il vient d'agir comme il l'a fait. Peur de ce qu'il est.

La vérité complète éclate aux yeux de Zukkini lorsqu'il remarque les miettes de pain sur le coin de la bouche de l'un des garçons en face de lui.

Non, le fort n'attire pas le faible.

La nourriture du fort attire le faible.

C'est différent.

Zukkini se force à lancer un sourire narquois à la gamine à couettes qu'il tient toujours et met fin à la tension en trouvant un échappatoir.

"- Y a pas à dire, tu grandis bien."

Sur ces dires, il la repose par terre. Elle recule légèrement, la peur toujours présente dans ses yeux.

L'un des enfants recommence à sourire, d'un sourire que Zukkini comprend mécanique et forcé. Qu'importe la raison de l'acte étrange, cela semble être passé. Il faut reprendre comme avant.

Ne rien changer, entretenir l'illusion.

"- Vous avez bien raison maître Zukkini !

- Je me disais la même chose maître Zukkini !"

Les autres gamins s'y mettent. Même la petite humaine blonde qui tremble toujours et le remercie malgré tout. Elle lui dit que c'est un honneur pour elle qu'il la remarque ainsi et qu'elle fera tout pour continuer de mériter sa gentillesse. Ses yeux verts crispés de terreur hurle bien autre chose que sa bouche.

Zukkini sert les poings en se maudissant.

Comment a t-il pu être aussi aveugle tout ce temps… ?

Il étouffe. Il doit sortir d'ici. Loin de cette pièce, loin de toute cette nourriture, loin des petits humains qui piaillent et le couvrent de flagorneries.

Il leur fit signe de s'écarter d'un geste de la main.

Ils s'exécutent instantanément, bien dressés et réactifs. Un saiyan peut décider à n'importe quel moment quand une scène est terminée.

Dès lors, il ne faut pas s'attarder.

Les paroles qui accompagnent son départ sortent cependant de l'ordinaire.

"- Dites aux autres d'entrer et de manger. Je n'ai pas faim."

Il sort de la maison et s'envole directement dans le ciel. Le saiyan ne se donne même pas la peine de regarder ce qu'il se passe après son départ. Il sait que les humains vont hésiter un instant avant d'agir, mais que la faim va rapidement prendre le dessus et qu'ils vont engloutir tout ce qu'il y a sur la table. Zukkini comprend la faim. Il l'a expérimenté durant les premières années de sa vie sur le vaisseau spatial et on l'a lui a raconté.

Il peut comprendre ce qui anime les humains qui lui tournent autour. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il est en paix avec la situation

Les paroles de Bulma Brief tournent en boucle dans son esprit. Elles mettent à mal ses repères et chamboulent sa perception.

Zukkini sait depuis toujours que la majorité des humains ne les adorent pas.

Il sait que les saiyans leurs font peur. Mais il n'a jamais pensé que c'était à ce point-là.

Il a toujours été persuadé que les gamins qui accourent devant sa maison sont heureux de le voir, qu'ils l'admirent et recherchent réellement son attention. La nourriture qu'il leur donne au passage, c'est sa façon à lui de récompenser leur fidélité, comme on récompense un animal qui s'est bien comporté.

Que les humains agissent ainsi uniquement pour de la nourriture ne lui a jamais traversé l'esprit.

Zukkini vole jusqu'à la rivière au nord du camp. Des humains sont de sortie là-bas, malgré la légère pluie qui débute.

L'enfant aime venir ici. L'odeur pestilentielle du camp y est moins forte et foncer au-dessus de l'eau en l'ouvrant en deux l'a toujours amusé. Il aime bien taquiner les humains en les arrosant au passage.

Aujourd'hui, il n'ouvre pas l'eau en deux et ne taquine pas les humains. Il veut juste que quelqu'un réponde à l'interrogation qui a envahit son esprit et à laquelle il n'arrive pas à trouver une réponse.

Il doit trouver quelqu'un, n'importe qui.

Ce quelqu'un sera finalement une tête connue.

Il s'agit d'une humaine d'un an son aînée, une brunette qu'il a déjà vue plusieurs fois au quartier général de son père Endaibu.

L'humaine est la fille de l'un des serviteurs de son père, un type moustachu avec une coupe afro. Un grand et doué flatteur cet humain. Bavard au possible, mais suffisamment intelligent pour la fermer quand il faut.

Un bon intermédiaire avec les humains aussi, vu qu'il possède une certaine aura auprès des siens. Quelque chose en rapport avec un titre de champion sportif datant d'avant l'arrivée des saiyans.

Il adore également sa fille et l'a évoqué tellement de fois à son seigneur que le père de Zukkini a fini par exiger de la rencontrer, afin de vérifier si la gamine est à la hauteur de sa « légende ». L'humain n'a pas eu l'air particulièrement ravi ce jour là, mais s'est exécuté dès le lendemain. Zukkini a fait exprès de traîner dans le bâtiment ce matin là, quatre mois plus tôt, curieux lui aussi de rencontrer l'enfant en question.

Une chose est sûr, la fille est bien moins bavarde et plus taciturne que son père.

Zukkini a immédiatement remarqué à quel point elle parait en bonne santé et musclée pour son âge. Cela doit avoir un rapport avec le fait que son père a le droit de se nourrir directement au quartier général et d'amener à manger chez lui.

Bien qu'elle soit loin de mériter toutes les louanges de son père à son égard, l'humaine s'est toutefois révélée être tolérable aux yeux des saiyans.

Sa bonne santé, le fait qu'elle n'ouvre pas beaucoup la bouche, mais également un peu ses cheveux bruns épais possédant une vague ressemblance avec ceux des saiyans, ont fait d'elle une personne autorisée à revenir au quartier général.

Au début, elle s'est contentée d'amener des affaires à son père lorsque celui ci restait plusieurs jours au quartier général sans pouvoir retourner à ses côtés. Ce dernier, ou un autre humain, a pris pour habitude de la retenir pour lui fourrer dans la main un morceau de pain ou un fruit. Un jour, un saiyan un peu taquin lui a hurlé dessus dans une imitation de Oozaru afin de la faire pleurer et fuir à toutes jambes.

Si elle a eu un mouvement de recul à cause de la surprise, elle s'est toutefois contentée de jeter un regard circonspect au saiyan, apparemment nullement apeurée par sa comédie.

Son sang-froid a été apprécié par les saiyans présents dans la pièce et l'enfant s'est dès lors mise à effectuer quelques commissions pour le compte des guerriers de l'espace.

Bien que n'affichant pas l'air enchanté de son paternel, elle s'est toujours pliée sans broncher aux demandes qu'on lui a fait.

Zukkini n'a jamais adressé la parole à l'humaine. Déjà, il n'a jamais rien eu à lui demander contrairement à son père. Ensuite, elle n'a jamais fait parti des enfants qui trainent autour de son logement.

C'est bête, il l'aurait facilement accueilli chez lui vu qu'il la connaît. Son attitude distante envers lui a même poussé l'enfant à s'enquérir des raisons de ce mystère auprès de son père. L'humain a commencé une explication alambiquée portant sur la timidité, puis détourné la conversation à force de flagorneries.

Résultat, Zukkini n'a pas obtenu de réponse.

Le moustachu a par la suite toujours fait en sorte de détourner l'attention de Zukkini de sa fille en le congratulant pour tout et n'importe quoi, ce qui marche fantastiquement bien.

Le roi Vegeta l'a ensuite convié à suivre un entraînement spécial et l'enfant est passé à autre chose.

Maintenant qu'il la survole, Zukkini se rappelle qu'il a toujours trouvé l'humaine mignonne avec ses cheveux courts et son air renfrogné.

Mais ce qui le pousse à se diriger vers elle aujourd'hui, c'est le fait que le benjamin des saiyans de sang-pur n'a pas le souvenir de l'avoir un jour vu trépigner en le voyant. Elle ne lui a jamais adressé la parole, n'a jamais cherché sa compagnie. Il y a une raison à cela. Et cette raison est sûrement la réponse à la question qui torture Zukkini.

Il atterrit devant la fille habillée d'une grossière robe bleue mainte fois reprisée, la surprenant tellement qu'elle lâche le seau d'eau qu'elle vient de remplir.

Il lui attrape directement le poignet pour l'empêcher de partir et crie presque sa question.

"- Est-ce que tu m'apprécies ? Est-ce que tu me respectes ?"

L'attitude du saiyan laisse l'enfant perplexe, tout comme sa question.

Aucun saiyan ne l'a jamais empoigné comme ça, sans prévenir. Zukkini le voit, le sent, elle a peur. Il lui fait peur.

Elle bafouille avec énervement et essaye de se dégager de sa poigne gantée.

Plusieurs humains autour d'eux s'avancent en appelant le nom de la gamine, inquiets pour son sort.

Videl.

C'est comme cela qu'elle s'appelle.

Les autres humains sont trop près. Zukkini n'en a pas fini avec elle. Elle doit répondre à sa question.

Zukkini montre les dents et grogne en direction des humains, sa queue s'agitant furieusement derrière lui.

Ils reculent tous. Leur envie de secourir l'enfant est sincère, mais ils ont plus peur encore pour leur vie.

Videl continue de se débattre pour se dégager de lui.

"- Mais lâche-moi !", lui dit-elle, excédée, en oubliant d'employer les formules de respect qu'on lui a enseigné.

Il ne le fait pas et attrape son deuxième poignet en essayant ne pas lui faire mal.

L'humaine est bien plus expressive que d'habitude et Zukkini constate beaucoup de choses en l'observant.

Ses yeux bleus ne pétillent pas en le voyant. Aucun sourire ne transparaît sur ses lèvres.

Du rejet. Rien que du rejet et de la peur.

Zukkini a sa réponse. Et elle ne lui fait pas plaisir.

"- Pourquoi tu ne m'aimes pas ?!", crie-t-il presque avec une voix qui ne lui ressemble pas.

Elle ne lui répond et cesse enfin de se débattre pour le regarder sévèrement. Elle a apparemment compris qu'il ne la laissera pas partir tant qu'il n'aura pas obtenu une réponse.

Videl hésite.

La soudaine attention du fils du chef de camp à son égard l'a prise par surprise.

Le monstre en face d'elle ne lui a jamais adressé la parole et voilà qu'il se ramène devant elle, l'attrape avec force et lui pose des questions bizarres auxquelles aucun humain sain d'esprit ne répondrai avec sincérité. Elle veut juste qu'il lui fiche la paix et reparte loin d'elle.

Elle n'a jamais pu accepter que son père s'incline et fasse le clown devant les mêmes monstres qui sont responsables de la mort de sa femme.

Elle s'est promise de ne jamais devenir comme lui, une marionnette obéissant aveuglément aux monstre de l'espace pour survivre et améliorer son train de vie.

Ne pas attirer l'attention. Vivre en ayant le moins de contact possible avec les saiyans.

Videl s'incline pour l'instant devant les demandes du responsable du camp, mais cela ne durera pas indéfiniment. Dès qu'elle en aura l'occasion, elle cessera de le servir et quittera le camp pour retrouver la liberté.

Videl n'acceptera jamais la présence des saiyans.

Celui qui la tient, Zukkini, il n'est définitivement pas dans son état normal et cela la terrifie. Pourquoi ce monstre à queue de singe fait-il soudain une fixette sur elle ? Et il lui fait mal à la tenir ainsi !

"- Répond moi ! Pourquoi tu ne m'aimes pas ?!"

Zukkini repense aux enfants terrifiés dans sa maison. Il se rappelle avoir vu des enfants humains en train de s'amuser entre eux, de rire, et de se rouler ensembles dans la boue.

Il se rappelle avoir entraperçu Videl en train de jouer et de rire aussi.

Les rires des enfants qui squattent sa maison n'ont jamais eu la même sonorité.

"- Pourquoi aucun de vous ne m'aime ?!"

Sa colère et sa détresse montantes lui font perdre le contrôle de sa force. Les poignets de Videl lui font mal.

Zukkini lui fait mal, tout comme il la terrifie et lui tappe sur les nerfs avec ses questions ridicules dont les réponses vont de soi.

"- Réponds moi ! Pourquoi aucun de vous ne m'aime ?!

- Pourquoi on devrait t'aimer monstre assassin ?! Vous avez tué ma mère et des tas d'autres gens ! On n'a aucune raison de t'aimer !"

Videl blêmit de ses propres paroles. Elle n'aurait pas dû se laisser aller comme ça. Elle lui a donné la réponse qu'il exige d'elle, mais elle vient aussi de l'insulter. Il va la tuer pour son insolence.

Mais aucun coup ne vient. Le saiyan reste un moment immobile, tétanisé. Il la lâche finalement sans dire un mot et Videl masse immédiatement ses poignets endoloris.

Sans seconde pensée, elle profite de sa liberté retrouvée pour ramasser son seau désormais vide et part en courant sous la pluie, ses bottes dérapant sur la boue. Zukkini la regarde s'enfuir avec détresse. Il n'a pas la force de lui courir après.

Tout ce qu'il veut, c'est qu'elle se retourne et lui demande ce qui lui a pris, pourquoi il a agit comme ça. Il veut qu'elle reviennent vers lui et lui parle avec sincérité, comme elle vient de le faire. Qu'importe si ce qu'elle dit ne lui plait pas. Il veut juste que cette humaine s'intéresse à lui.

Il aurait voulu que n'importe quel foutu humain présent sur cette berge vienne lui demander s'il va bien. Il veut que cette inquiétude soit sincère, sans arrière-pensée. Mais personne ne le fait. Personne ne l'approche.

Zukkini reste immobile sous la pluie, seul sur une berge désormais désertée. Et là, il expérimente un sentiment nouveau.

La solitude.


Voilà voilà ^^

Un chapitre qui fait avancer l'intrigue et introduit de nouveaux personnages clefs ;)

J'espère que l'attente est en partie pardonnée XD

N'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé !