Bonjour à toutes et à tous !
Je suis heureuse de revenir parmi vous et d'apporter au passage la suite de ma fiction.
Je m'excuse platement pour mon hiatus de cet été, mais j'ai vraiment joué de malchance.
Pile après mes concours (a la limite, encore heureux...), mon ordi a planté, me rendant incapable d'écrire durant plusieurs semaines. J'ai ensuite vécu un long et épuisant déménagement qui m'a refait les muscles des bras (appelez moi Popeya). Et puis je suis tout de même partie en vacances (merde, je le méritait bien ! J'ai douillé cette année !).
Tout ce petit mélodrame pour vous dire que je regrette de vous avoir laissé dans le flou tout ce temps et que le fiction va recommencer à paraitre à son rythme (irrégulier mais) classique ^^
En espérant que le chapitre à suivre vous plaira !
Bonne lecture ^^
**V2**
Il fait une chaleur d'enfer.
Lunch maudit mille fois Son Goku, son fils et Krilin de s'entraîner dans un endroit pareil. La trentenaire se meuve avec difficultés dans la combinaison isolante qui lui permet de respirer. Elle a l'impression de marcher depuis des heures -alors que cela ne fait que quinze minutes - et sait qu'elle n'est pas encore arrivée.
Saloperie de salle d'entraînement divine.
Lunch a réussi.
Elle a rejoint la base avec son équipe. Cela a pris près de deux semaines.
Deux semaines à marcher du palais vers la base des montagnes du Sud en évitant les saiyans comme la peste. Les militaires avec elles ont bien proposé au bout d'un moment qu'ils utilisent des véhicules motorisés pour aller plus vite, mais tout le monde a finalement renoncé à ce confort en apprenant les informations dont Lunch était désormais en possession.
C'était gros. Vital pour la Résistance. Mieux valait jouer la sûreté et rentrer plus lentement à la base que risquer d'être attrapé bêtement à cause d'un bruit de moteur.
La blonde à ruban rouge a directement transmis à Peterson le message de Bulma en arrivant, sans lui laisser le temps de lui demander pourquoi elle est revenu sans "la gamine".
Les documents qu'elle a remis à Peterson, Lunch les connaît à présent par cœur. Il a bien fallu s'occuper durant les heures d'attente où elle et son équipe ont dû se terrer sous des buissons pour se cacher des gorilles de l'espace.
Comme elle l'avait dit à Bulma, elle se serait tuée plutôt que de laisser les saiyans lui infliger ce qu'il y a de décrit dans les documents qu'elle possède. Ses compagnons de routes ont d'ailleurs partagé ce sentiment..
Déjà mécontent de la voir revenir seule, Peterson a lui aussi eu sa petite réaction en lisant le contenu des documents et ce qu'a écrit Bulma sur certaines feuilles. Un mélange incohérent d'insultes envers la « gamine », lui-même et ces foutus macaques.
Lunch l'a laissé pousser sa micro-beuglante avant de prendre la route du sous-sol pour rejoindre la salle d'entraînement divine et ses occupants. .
On lui procuré une combinaison pour lui permettre de survivre au voyage. C'est la première fois qu'elle s'enfonce dans les entrailles de la Terre pour rejoindre le palais relocalisé de Kami.
Lunch espère juste que le caoutchouc de ses chaussures ne va pas fondre à cause de la chaleur, malgré la protection isolante.
Elle serait dans une belle merde et en mourrait sûrement. Goku, Gohan et Krilin sont de puissantes guerriers. Ils n'ont pas besoin de se protéger comme elle. Le manque d'oxygène et la chaleur peut les faire transpirer, mais c'est tout. Pratique pour décourager les petits curieux de venir rendre visite au palais.
Au bout de plus d'une demi-heure, la lumière de sa lampe torche lui révèle enfin qu'elle est arrivée à destination. Des colonnes blanches incrustées dans la roche laissent entrevoir une une porte géante incrustée dans un mur tout aussi blanc de plus de cinquante mètre de large.
La blonde frappe de grands coups à la porte.
Elle s'ouvre légèrement au bout de quelques secondes, laissant apparaître un petit être noir à turban blanc et aux yeux exagérément ronds, tout comme le reste de son corps et de ses membres, sans oublier ses boucles d'oreilles en or.
Elle le regarde.
Il la regarde.
Les yeux de ce type insupportent Lunch.
"- J'ai un message pour les trois glandus qui s'entraînent ici.
- Entrez."
Même sa bouche est exagérément ovale.
L'intérieur du palais est comme Lunch l'imaginait en le visualisant à l'extérieur : blanc du sol au plafond, quasiment dépourvu de tout mobilier, des fenêtres inexistantes. La provenance de l'éclairage de la salle est un mystère qui rend les lieux encore plus flippant du point de vue de Lunch. Mais au moins, il semble faire bon.
La terrienne sent que sa combinaison est moins agressée par la chaleur qu'à l'extérieur.
Avide de se rafraîchir et de quitter son quasi prison puant la sueur, Lunch demande à son hôte flippant si elle peut retirer sa combinaison. Il lui assure qu'elle ne coure aucun danger.
La trentenaire aspire une grande goulée d'air en s'en débarrassant. Elle essuie la sueur sur son visage en avisant l'être allongé sur un autel à quelques mètres d'elle.
Piccolo-Dieu. Piccolo-Kami. Ou juste Piccolo. Arf, ce type a trop de noms et ces histoires de fusion sont trop compliquées.
Lunch sait que Kami, le dieu terrien vert, était un être bon à défaut d'être beau.
Elle sait aussi que Piccolo a combattu à leurs côtés lors du début de l'invasion saiyan, fusionnant même avec ce Kami qu'il déteste tant pour gagner en puissance. Mais la dernière fois qu'elle l'a vu personnellement, il était en train d'essayer de tuer Son Goku.
Elle n'aime pas l'être vert.
Moins elle passe de temps en sa compagnie et mieux c'est. Ses grandes oreilles pointues et ses antennes sont flippantes.
Malgré l'aversion qu'elle a pour le guerrier dans le coma, Lunch souhaite qu'il se réveille le plus rapidement possible. Une fois réveillé, les boules du dragons vont se réactiver.
Avec l'aide de Shenron, les terriens vont pouvoir botter le cul des saiyans et leurs faire regretter leur venue sur Terre.
Par contre, Lunch espère que le caractère de Kami aura déteint entretemps sur celui du démon Piccolo. Sinon, la Terre aura de nouveaux ennuis très rapidement. Les saiyans ont suffi pour plusieurs siècles, merci bien.
"- Je suis Mister Popoz", dit l'être qui garde les lieux en lui donnant un verre d'eau.
Elle le boit sans le remercier, reculant d'un pas pour conserver une distance de sécurité confortable entre eux..
Même son nom est exagérément ridicule et louche.
"- Les macaques peuvent maintenant détecter les ki. Cette fichue salle nous isolera assez ?
- Oui.
- Alors laissez-moi voir les trois couillons avant que je vous foute du plomb dans le cul."
Elle conserve toujours un révolver dissimulé dans son dos. Elle ne s'attendait pas à en avoir besoin en descendant à la salle d'entraînement, mais ce Mister Popo lui donne furieusement envie de le dégainer. L'être rond à l'expression indéchiffrable est flippant. Si Krilin et Son Goku ne lui avaient pas parlé de lui, elle lui aurait directement tiré dessus.
Complètement inconscient -ou totalement désintéressé - des pensées de l'humaine, Mister Popo la mène à une porte à taille humaine et l'ouvre.
"- Ne sortez pas du périmètre de repos. Cela vous tuerait."
Elle ne lui accorde pas un regard et descend les escaliers blancs devant elle. Ces escaliers descendent beaucoup. Comme si elle ne s'était pas déjà suffisamment engouffrée dans les entrailles de la Terre…
Lunch arrive finalement dans la fameuse salle de repos. Un lit géant et marron totalement défait trône dans un coin. Un peu plus loin se trouvent des cartons remplis de barres énergie et de conserves. Le frigidaire à côté doit être tout aussi rempli. En face des escaliers, il y a des rideaux pourpres et tirés. Des bruits de coups et des cris émanent de l'autre côté.
Lunch sait que Peterson fournit régulièrement de la nourriture aux trois guerriers, au détriment du personnel de la base. Elle ne peut s'empêcher de plaindre les pauvres diables qui se tapent le trajet jusqu'au palais en portant des caissons de congélations remplis de victuailles. Venir jusqu'ici sans rien porter est déjà éprouvant, alors faire le voyage chargé comme une mule…
La blonde pique sans aucun remord une barre chocolatée et croque dedans en se dirigeant vers les bruits qu'elle entend.
Elle sort de sous son T-shirt la copie du dossier que lui a fourni Bulma et pose les feuilles sur le lit défait. Juste un petit bonus pour l'aider à motiver ses troupes, bien qu'elle prévoit de faire un petit discours qu'ils ne sont pas prêt d'oublier.
Lunch écarte le rideau pourpre qui lui bouche la vue et avise enfin le fameux terrain d'entraînement. Elle pensait avoir atteint le summum de l'aseptisé avec la salle où sont toujours le démon vert et l'étrange Mister Popo. Elle se trompait lourdement.
Devant elle s'étend un infini de blanc. Elle ne distingue ni les murs, ni le plafond de cet endroit. Rien. Aucune limite. C'est déconcertant.
Heureusement, des silhouettes sont visibles au loin. Trop loin pour l'entendre si elle crie, surtout avec les bruits produits par leur entraînement. Elle ne peut pas non plus aller les chercher. On l'a prévenu, la gravité au delà du rideau est bien plus importante que celle sur Terre. Encore un pas en avant et Lunch meurt.
Alors elle sort son revolver et tire deux coups de feu en l'air.
"- Eh les connards !", hurle-t-elle en agitant les bras.
Les bruits de lutte cessent, ainsi que les cris. Les trois silhouettes cheminent immédiatement dans sa direction. Leurs vêtements sont dans un sale état et Lunch peut sentir, même à plusieurs mètres, qu'ils ne se sont pas douché depuis un bout de temps. Respirer par la bouche va être la clef des prochaines minutes.
Krilin sourit béatement en saluant la femme appuyée contre une colonne.
"- Lunch !"
Elle lui sourit d'un air narquois et lui frappe durement le crâne une fois qu'il a atterri à ses côtés.
"- En guerre, en manque de tout, et tu arrives quand même à t'entretenir pour rester chauve ?"
Le guerrier ne perd en rien son sourire et rit bêtement en massant son crâne. Lui et Lunch ont habités ensembles durant un bon moment chez Tortue Génial, avec les immanquables engueulades, fous rires et fusillades à la mitrailleuse.
C'est bon de se revoir après plusieurs mois de séparation. Toujours les même shorts, débardeurs et rubans dans les cheveux. Si lui reste chauve et habillé de la même tenue orange avec dessous bleus, elle non plus n'a pas vraiment changé en trois ans. Contrairement à Goku, Bulma et Gohan par exemple.
"- Salut Lunch."
Le sourire de Goku est moins prononcé que celui de Krilin, mais il est réellement content de la voir. L'être perché sur ses épaules paraît en revanche fortement intimidé.
"- Eh bien morpion, ton père ne t'a pas appris à saluer les gens proprement ?"
L'enfant en tenue orange rougit jusqu'aux oreilles et descend de son père pour s'incliner devant elle, les yeux résolument orientés vers le sol.
Lunch éclate de rire.
"- Ahah ! Goku, ton morveux est encore plus crédule que tu ne l'étais !"
Un rire franc échappe au père et Lunch donne un coup sur la tête hirsute de Gohan.
"- Redresse la tête morpion ! Pas besoin de ça avec moi. Je ne te rappelle rien ?"
Il lui lance un regard que n'aurait pas renié le défunt Plume et lui fait non de la tête. Elle lui sourit en ébouriffant ses cheveux déjà bien emmêlés. Ce n'est pas étonnant au final.
Ils se sont vu une seule fois, trois ans plus tôt. Goku était dans un sale état. Le gamin avait lui aussi reçu des coups. Ils avaient douillé face aux envahisseurs.
C'était Krilin qui les avait sauvés.
Quelques heures après l'attaque des saiyans sur la capitale du Nord, où se trouvait Bulma et ses parents, les senzus avaient enfin été prêt. Il était déjà trop tard pour Tenshinhan et Yamcha. Les deux blessés avaient ressentis la disparition des auras de leurs amis malgré les milliers de kilomètres de distances qui les séparaient. Krilin et Goku avaient hurlé. Hurlé contre leur impuissance et leurs blessures, hurlé pour la mort de leurs amis. Gohan aussi avait hurlé, parce que son père le faisait, qu'il ne comprenait pas ce qu'ils se passait et qu'il avait aussi peur que mal. Lorsqu'enfin maître Karin leur apporta les fameux haricots magiques, Krilin et Goku purent guérir pour replonger dans la bataille. Il apporta quelques temps plus tard un haricot à Gohan, mais ce fut une erreur.
Maître Karin et Yajirobe avaient malheureusement été incapable de retenir le petit Gohan qui ne pouvait pas se résoudre à laisser de mauvaises personnes faire du mal à son père. L'enfant s'est mit à voler à pleine vitesse par instinct. Il n'avait jamais volé de sa vie. Aussi se retrouva t-il de nouveau mêlé à une bataille.
Krilin était en train de se faire massacrer par trois saiyans dans le désert central. Goku avait été engagé par quatre autres guerriers de l'espace et Krilin ne pouvait pas consacrer un yota de concentration à évaluer la situation de son ami. L'humain chauve allait perdre. Il aurait dû mourir ce jour là face à ces trois saiyans contre lesquels il ne pouvait pas grand chose.
Chaozu l'a sauvé. Il est sorti de nul part et s'est accroché au plus puissant de ses adversaires. Chaozu a ainsi offert à Krilin une distraction salutaire en se faisant exploser, emmenant un saiyan avec lui dans la mort.
Krilin avait immédiatement compris la démarche du petit être à joues peintes. Il l'avait déjà vu faire. Tenshinhan mort, Krilin se doutait que Chaozu choisirait ce type de fin. Cela n'en demeurait pas moins injuste et dégueulasse.
Déterminé à ne pas gâcher la chance que Chaozu lui avait offert au prix de sa vie, Krilin avait dissimulé son énergie et échappé aux saiyans qui approchaient de sa position. Courir à pleine vitesse ne requiert pas d'énergie, aussi pu-t-il rejoindre la position des deux Son sans encombre. Sentir l'aura de Gohan aux côtés de son père fit accélérer le guerrier chauve. Surtout après avoir compris avec qui ils étaient.
Le roi des envahisseurs, Vegeta, les combattait. C'était un massacre.
En arrivant sur la position de sa père, le petit avait eu une poussée de colère en le voyant se faire frapper à terre par leur ennemi. Il avait hurlé et porté un sérieux coup à Vegeta, les propulsant tous deux au loin. Gohan s'en était pris un encore plus puissant en retour. Son père l'avait rattrapé au vol et s'était laissé retomber à terre en le serrant contre lui.
Krilin était arrivé à ce moment là.
Les hoquets de souffrance de l'enfant resteraient à jamais gravés dans la mémoire de Krilin.
Il avait agi. Il s'était placé devant Vegeta et avait utilisé la technique d'aveuglement de Tenshinhan. Le roi des saiyans et les quatre autres à ses côtés avaient hurlé de surprise et de douleur en se frottant les yeux.
Sans attendre un instant, Krilin avait attrapé Goku et Gohan puis avait foncé, volant plus vite qu'il n'avait jamais volé, qu'importe l'énergie libérée. Au bout de quelques secondes, il s'était stoppé net en se laissant tomber dans un profond cratère du désert.
Murmurant une excuse aux deux êtres qu'il tenait dans ses bras, il les avait assommé. Goku était tellement amoché qu'un seul coup suffit. Ainsi, il n'émanerait plus aucune énergie d'eux.
Krilin était resté plusieurs heures au fond de cette crevasse, dans le noir complet, à prier pour qu'on ne les trouve pas.
Au-dessus de lui se faisaient entendre des explosions, des cris. Il sentait l'énergie de Vegeta et de ses sujets au-dessus de sa tête. Ils les cherchaient. Ils enragaient de ne pas les trouver.
Une fois sûr que plus aucun saiyan ne se trouvait aux alentours, Krilin était sorti de sa cachette et avait emmené son précieux fardeau, en prenant soin de dissimuler son énergie. Se cacher des saiyans lui fit perdre énormément de temps, mais c'était obligatoire.
Les précédentes heures avaient prouvées que ni lui, ni même Goku - le plus fort d'entre eux – n'étaient capables de gagner contre ces monstres. En tuer un, voire deux en se sacrifiant dans la bataille était possible, mais c'était une véritable armée de plus de cent monstres qui leur faisait face.
Il fallait survivre.
Il fallait rejoindre Bulma.
Krilin sentait son énergie au coeur des montagnes du Nord. Elle était en compagnie de plusieurs centaines de personnes, sans doute des survivants de l'attaque de la cité du Nord. Bulma savait forcément quoi faire. Il y avait forcément un plan de prévu.
De toute façon, Krilin ne pouvait décemment pas retourner à la tour de Maître Karin. Trop loin. Le lieu était aussi trop voyant. L'être à tête et queue de chat les avaient prévenu qu'après leur départ, il quitterait la tour avec Yajirobe pour aller se cacher.
Il était censé s'occuper de Gohan dans la foulé, mais l'enfant en avait décidé autrement.
Des larmes de désespoir avaient envahis les yeux de Krilin. Plus de tour Karin. Plus de senzu. Plus de Kami ou de Piccolo. Plus de Dragon Ball. Plus de Shenron. Plus de Tortue Génial. Plus de Chichi. Plus de Yamcha. Plus de Tenshinhan. Plus de Chaozu.
Presque plus rien. Mais il subsiste toujours quelque chose. Alors il faut se battre pour le préserver.
Avant de rejoindre les terriens en mouvement dans les montagnes du Nord, Krilin a pris soin d'arracher sa queue de singe à Son Gohan. Il ne voulait pas que les humains prennent peur et découvrent immédiatement les origines de l'enfant. Ils pourraient tenter de le tuer.
Krilin était finalement arrivé devant une longue file en mouvement. C'était le chaos, l'exode. Des centaines de terriens avancaient entre les monts et vallées pendant que d'autres se reposaient dans des camps de fortune temporaires. Ca pleurait, ça criait de douleur, ça mourrait de ses blessures.
C'était pire en ville. Les saiyans étaient occupé à débusquer tous ceux restés derrière. Les quelques quatre-cents personnes en mouvement de les intéressaient pas. Pas encore. Krilin avait repéré Bulma. Son amie hurlait sur un militaire au volant d'un camion. En le voyant apparaître avec Goku et son fils, elle avait mis fin à ses cris pour les serrer tous les trois contre elle.
"- Yamcha est mort pas vrai ?"
Krilin avait dégluti et acquiescé tout contre elle, encore incapable de formuler les mots. Bulma avait respiré un grand coup, sans pleurer ni hurler. Pas le temps. Pas la tête à ça. Les vivants sont plus importants que les morts et on avait grandement besoin de la force de Krilin ailleurs. Un chemin à dégager, un périmètre à surveiller, une charge à soulever… Le guerrier humain devait aider tous ces gens.
Bulma le déchargea de Goku et Gohan en lui intimant d'aller aider les autres.
Avant qu'il ne le fasse, une main blanche l'avait agrippé.
La Lunch bleutée, pleine de poussière et de sang, lui avait demandé des nouvelles de Tenshinhan.
Il avait grimacé et lui avait répondu que l'énergie de leur ami n'était plus.
Elle avait éclaté en sanglot et l'avait lâché, tombant à genou sur le sol.
Krilin aurait voulu réconforter son amie, mais il n'avait pas le temps. Il devait aider. Il devait servir à quelque chose. Alors il était parti.
Lunch avait rejoint Bulma, qui gérait dix situations à la fois. Elle hurlait sur des médecins pour qu'ils s'occupent de Goku et de son fils, tout en gueulant sur un autre médecin pour qu'il prenne mieux en charge sa mère dont le crâne ensanglanté était ouvert, tout en apostrophant un commandant militaire pour qu'il vérifie si la base de repli était sécurisée, tout en bricolant un camion qui refusait de démarrer.
Lunch avait éternué et s'était transformée.
Devenue blonde, elle avait séché ses larmes et était allée piquer une trousse de secours dans une jeep avant de rejoindre le camion où étaient allongés Goku et son garçon. Le malheureux infirmier stagiaire qui s'occupait d'eux avait poussé un cri d'horreur en la voyant commencer à emmailloter sans douceur les personnes quasi mourantes dont il avait la charge.
Lunch avait utilisé ses pieds pour maintenant le corps de Goku immobile tandis qu'elle tirait à fond sur le rouleau de bandage pour être sûre que le tout serrait bien le corps brisé de son ami.
L'infirmer avait hurlé au secours en la traitant de folle. Bulma lui avait souri en élevant son pouce dans sa direction, ponctuant le tout d'un clin d'œil avant de replonger ses mains pleines de cambouis dans le moteur du camion.
Lunch avait commencé à s'occuper de Gohan lorsque ce dernier avait repris conscience. Il s'était débattu faiblement pour échapper à son emprise et rejoindre son père allongé devant lui. Elle lui avait accordé un répit de quelques minutes. La blonde l'avait ensuite reprise dans ses bras pour s'occuper de ses blessures.
Le morveux avait braillé et pleuré tout du long, mais demi-saiyan ou pas, elle ne s'était pas laissé démonter. Lunch avait très bien compris ce qu'étaient Goku et son fils. Elle avait vu les queues des envahisseurs, identiques à celle que possédait Goku lorsqu'il était enfant. Et elle avait très bien compris ce qu'était cette plaie toute fraîche juste au-dessus des fesses de l'enfant.
Après avoir terminé sa tâche, Lunch avait élevé un Gohan braillard au-dessus de sa tête en le regardant intensément et lui avait adressé une unique phrase.
"- Morpion, tu as intérêt à bien grandir et à venger mon homme."
Elle l'avait ensuite reposé sur le torse de père et était sortie du camion pour aider Bulma à réparer les véhicules récalcitrants.
Lunch n'avait pas revu Gohan depuis. Elle avait bien croisé Goku, Krilin et Bulma entre ses missions d'infiltration et de sabotage, mais jamais elle n'avait revu l'enfant.
Il a bien grandit. Mais elle trouve ses yeux trop naïf.
"- Pas grave", dit Lunch à Gohan en voyant l'air contrit qu'il affiche. "Sache juste que j'ai déjà eu l'occasion de voir tes petites fesses rondes."
Krilin, au courant de l'histoire, part dans un éclat de rire tandis que Gohan rougit encore plus sans rien comprendre.
"- Pourquoi es-tu ici Lunch ?", finit par demander Goku sans se dépatir de son sourire.
Lunch reporte son regard sur le saiyan et croise les bras. Fini les retrouvailles. Il est temps de passer aux choses sérieuses. Elle a des troupes à motiver.
"- J'ai un message pour vous de la part de Bulma."
Les yeux des trois guerriers s'agrandissent. Anticipant le flot de questions qui va suivre, elle enchaîne.
"- Elle était vivante. Du moins elle l'était il y a seize jours. Peterson m'a prévenu de sa capture et m'a envoyé pour la délivrer.
- Pourquoi elle n'est pas avec vous ?!", demande Gohan en faisant un pas vers elle, mais sans oser la toucher.
"- On ne t'a pas appris la patience morpion ? Tais-toi."
Le garçon se recroqueville sur lui-même, mais la flamme dans son regard ne vacille pas. Lunch retient un sourire. Intéressant. La troupe pourrait être plus facilement manipulable que prévu.
"- Les saiyans peuvent maintenant détecter le ki. Comme vous. Et d'après Bulma, Vegeta semble avoir bien identifié le sien. Elle est restée là-bas."
Ses paroles tétanisent les trois guerriers. C'est une terrible nouvelle. Le brouilleur de Bulma leur a donné un sacré avantage dans ce conflit. Mais si les saiyans ont rendu le brouilleur obsolète...
Leur ultime atout demeure vraiment cette salle d'entraînement divine. Voir l'éventualité du réveil de Piccolo.
La salle où ils s'entraînent a été conçue par Kami pour s'isoler du reste du monde. Ils ne peuvent pas sentir les ki à l'extérieur, mais ceux de l'extérieur ne peuvent pas les détecter non plus.
Cette salle est fantastique.
La gravité dense qui y règne rend les entraînements encore plus efficaces qu'à l'air libre. Et encore, elle n'est pas à son potentiel maximum. Mister Popo leur a dit que si Kami avait eu plus de temps avant le début de l'invasion, il aurait pu faire en sorte que le temps se déroule différemment dans la salle d'entraînement. Un truc du genre : une année dans la salle d'entraînement aurait été égale à une journée sur Terre.
Cette guerre aurait pu prendre fin en quelques journées à peine…
"- Les macaques semblent pour l'instant décidés à s'entraîner pour maîtriser cette nouvelle capacité avant de nous attaquer. Et à continuer de concevoir des métis en utilisant des femmes inconscientes.
- Quoi ?!", s'exclame Krilin, totalement scandalisé par sa dernière phrase.
"- Oui, ces salopards ont commencés un projet de métissage loin d'être basé sur le volontariat. Et il cause beaucoup de morts. Bulma m'a donné des documents et photos bien dégueulasses, que je vous ai apportées pour vous aider à trouver le sommeil la nuit. Le Conseil délibère pour décider quoi faire."
Cette nouvelle les met en rogne. Les saiyans sont des monstres mais ça… cela dépasse tout. Parfait. Cette colère et cette rage, c'est ce que Lunch veut. Et elle compte bien asséner le coup de grâce avec une dernière information.
"- Au fait, Bulma a une nouvelle cicatrice. Juste ici", dit-elle en mettant un doigt sur sa propre jugulaire.
La trentenaire est sûre que si elle avait été capable de lire les auras, elle aurait vu celles des trois personnes devant elle énormément augmenter.
"- Ils l'ont torturé, elle me l'a elle-même confirmé. Ils l'ont torturé pour obtenir des informations qu'elle ne leur a pas données. Et malgré tout, elle m'a demandé de vous dire de ne pas bouger tant que vous n'êtes pas sûr d'être prêt. Bon, c'est vrai qu'elle me l'a dit en chialant."
Ca y est, elle le voit, le ressent. Ce pourquoi elle s'est donnée la peine de descendre dans ce maudit endroit blanchâtre protégé par une fournaise. Les trois guerriers de la Terre ressentent ce qu'elle est venu provoquer. La rage, la motivation, un instinct meurtrier. Les hommes ont parfois besoins d'être boostés. Lunch ne doute pas d'avoir bien agi pour atteindre le dénouement souhaité dans cette guerre. Rendez ces trois surhommes furieux et vous accomplirez des miracles.
- Vous avez compris le message ? Alors retournez donc entraîner vos troufions bien gras. Entraînez-vous jusqu'à en crever et faites en sorte de crever nos ennemis lorsque vous sortirez. Je ne veux pas revoir vos tronches avant que ce temps ne soit venu.
Malgré les spasmes de colère qui agitent son corps, Goku acquiesce. Le petit Gohan attrape la main de son père pour qu'ils retournent vers le terrain d'entraînement.
Ils disparaissent dans un saut trop rapide pour que Lunch le visualise. Quelques secondes plus tard, hurlements et coups se font entendre à plusieurs centaines de mètres d'elle.
Krilin reste quelques secondes à ses côtés tandis qu'elle prend une nouvelle barre chocolatée.
"- Tu es devenu finaude avec les années", lui dit-il avec un regard entendu.
Lunch adresse un sourire carnassier à son ami chauve et part en direction des escaliers tout en machonnant sa prise.
"- On se reverra quand on se reverra", lui répond t-elle juste en lui adressant de dos un signe de main.
Krilin la regarde partir avec une once de tristesse. La revoir est toujour agréable, mais il n'arrive quasiment jamais à en profiter. Coeur trop lourd, pensées préoccupées, culpabilité d'être vivant à la place d'un autre.
Il sait qu'elle se sent pareil de son côté. Une fois cette guerre terminée, ils devront faire en sorte de se retrouver juste tous les deux, pour enfin se redécouvrir et réapprendre à profiter de leur amitié mutuelle.
Krilin part rejoindre Goku et Gohan. Il espère simplement que Lunch n'éternuera pas durant sa remontée vers la base. La Lunch aux cheveux bleus paniquerait totalement et serait capable de se tuer dans la foulée.
Lunch continue de mâchonner sa barre chocolatée durant toute sa remontée vers la salle du dessus. La perspective de réenfiler sa combinaison puante et de retourner dans la fournaise ne l'enchante guère.
Elle considère une seconde la possibilité de rester dans cette salle intermédiaire blanche à la température agréable et aux victuailles abondantes. Puis son regard se pose sur le démon vert dans le coma qui traîne au milieu de la pièce et sur son gardien exagérément louche.
"- Ma combinaison noeudnoeud. Tout de suite", lui ordonne-t-elle en jetant l'emballage de son goûter par terre.
Alors que Mister Popo referme l'immense porte derrière elle en la fixant de ses yeux louches, Lunch se dit qu'elle a pris la bonne décision et qu'elle ne la regrettera jamais.
"- Cela fait trois ans.
- Quoi ?
- On est le 12 octobre. Cela fait trois ans pile que vous avez débarqué sur Terre."
Vegeta s'apprêtait à sortir de la salle de bain. Il s'arrête et se retourne pour regarder la terrienne avec un air dubitatif. Qu'est-ce qu'elle a à faire cette remarque ? Elle ne le regarde même pas en lui parlant, ça l'énerve.
Comme d'habitude, elle n'a pas attendu qu'il quitte la pièce pour se tourner vers la lucarne qui la sépare de l'extérieur
"- Et ?
- Rien. C'est juste un triste anniversaire."
Et Bulma Brief ne rajoute plus rien. Cette constatation, elle avait juste besoin de la sortir, de l'énoncer à haute voix. Vegeta se trouve être celui qui était présent au moment de ce besoin.
Ce dernier hésite un instant et finit par se donner la peine de disparaître en un éclair et se placer juste face à elle.
Il lui cache la vue sur sa chère fenêtre et se penche pour positionner son visage face au sien. Elle grogne de mécontentement, a un mouvement de recul, mais le saiyan remarque bien qu'il y a moins de véhémence dans son geste qu'au début de sa captivité.
"- Cela dépend pour qui."
Leur débarquement sur Terre, un triste anniversaire ? Oui, cela dépend pour qui. Pas pour les saiyans en tout cas.
Cette date terrienne d'octobre 761 a marqué le renouveau de sa race, la fin d'un calvaire et d'une errance qui a duré vingt ans.
Si anniversaire il y a, les saiyans doivent le célébrer, pas le pleurer.
Bulma Brief a une grimace des plus sincère et fait tourner son fauteuil pour se repencher sur son bureau. Là, elle fait mine de continuer de plancher sur un dessin qui a vu passer bien trop de coups de crayons. Vegeta n'apprécie pas tellement qu'on l'ignore ainsi. Elle n'avait qu'à pas sortir de remarque stupide.
Mais tant pis, il laisse couler.
La terrienne n'a pas l'air bien depuis plusieurs jours. La façon qu'elle a de courber le dos et les épaules ne lui ressemble pas. Bulma Brief a des airs d'animal blessé, ce qui intrigue fortement Vegeta. Elle est pourtant nourrie et traitée comme d'habitude.
Peu désireux de contribuer à faire perdre de son éclat à son petit oiseau bleu en la fatiguant encore plus, le roi des saiyans se redresse et s'en va sans un mot. Elle ira probablement mieux dans quelques jours.
Peut-être que cette histoire "d'anniversaire" dont elle a parlé, et qui semble la travailler, l'a mise dans une mauvaise période.
Quelques minutes après que sa porte en bois ai claqué, Bulma se lève de son siège et se dirige vers le miroir que d'habitude elle évite. Son reflet n'a pas de quoi la rendre fière. Mais aujourd'hui, elle a besoin de la voir. Sa peau si pâle, ses cernes si violettes, ses yeux si éteints.
"- Trois ans."
Ses muscles si ridicules. Ses cheveux qui ont perdu leur éclat et leur beauté. Ses ongles si laids.
"- Trois putains d'années."
Sa mère dans le coma. Son père décédé. Yamcha qui est mort. Tienshinhan, Chaozu, Tortue Génial, Plume et Oolong qui sont morts. Chichi qui est morte. Gohan qui grandit sans sa mère et Goku qui vieillit sans sa femme. La Capsule Corp qui a disparue.
La Terre et ses survivants en souffrance.
"- Trois ans."
Toutes ces personnes mortes pour et à cause d'elle. Toutes ces personnes qui souffrent sous le joug des saiyans. Toutes ces femmes alitées et inconscientes qui servent de placenta de service destinées à pondre les enfants de leurs propres bourreaux et à mourir dans cette tâche.
Et cette horloge dans sa tête qui ne s'arrête jamais.
"- Trois ans et huit minutes."
Et cette saloperie de fenêtre opaque qui ne s'ouvre jamais et l'empêche de voir au dehors ou de sentir l'air frais sur son visage…
La terrienne est de nouveau assise sur sa chaise en tailleur, à regarder fixement la fenêtre opaque de la salle de bain.
Le dos au repos, elle regarde avec des yeux fatigués le paysage derrière le verre teinté. Elle porte les même jean bleu et T-shirt vert pomme à manches semi-longue que la veille et l'avant-veille.
Derrière elle, le bureau que les saiyans lui ont fourni n'est qu'un fouilli de feuilles éparses, croquis et quelques origamis. Il y a aussi des livres par terre, des livres sur tout. La biologie, la philosophie, la sociologie, des recueils photo, des magazines, des bandes dessinées... Tout. La terrienne ne fait plus aucune distinction depuis longtemps.
Elle engloutit simplement avec avidité tout ce qui lui passe sous la main, désespérée de tromper son ennui l'espace de quelques heures.
Accroché à un mur, une feuille. Il y a des traits dessinés au stylo dessus. Ces traits forment des carrés traversés par une ligne. En tout, il y a cent-deux traits. La terrienne en rajoute un chaque jour. Hier, c'était cent-un. Demain, ce sera cent-trois.
Bulma Brief compte les jours. Elle ne le faisait pas par écrit au début, mais elle a fini par s'y mettre.
Trois mois de captivité, c'est long.
Elle est pâle, bien plus pâle qu'au moment de sa capture. Ses cheveux lui arrivent maintenant juste au dessus des épaules. Elle les entretient, mais les noeuds gagnent du terrain. Des cernes apparentes ont envahis son visage, alors même qu'elle fait des nuits complètes et ne se fatigue pas outre mesure. Comment le pourrait-elle ? Elle passe la quasi totalité de sa journée assise en tailleur sur sa chaise de bureau à fixer une fenêtre fermée.
Vegeta sait maintenant ce qui lui arrive. Lui et son peuple ont expérimenté la même chose durant plus de vingt ans.
L'enfermement.
Qu'importe la personne touchée ou même sa race, l'enfermement reste un calvaire, une calamité.
Le dossier sur le métissage a tenu l'humaine occupée durant un bout de temps. Analyser, comprendre, proposer des théories et solutions. Mais cela n'a fonctionné que quelques semaines.
Bulma Brief lui a fait des propositions pour diminuer la forte mortalité qui atteint les femmes et les enfants du projet. Il les a fait appliquer par les humains du vaisseau. Maintenant, il faut attendre pour voir les résultats, en tirer des conclusions et passer à autre chose. La conséquence, c'est que l'humaine est dans l'attente.
Cette attente est dévastatrice pour un esprit en perpétuelle action tel que celui de la terrienne.
Ce dossier est le seul sujet sur lequel ils peuvent communément y trouver leur compte. Vegeta obtient ses métis et Bulma sauve des vies. Aucun autre projet ne peut se substituer à cela.
La terrienne ne lui inventera jamais des gadgets qui pourraient nuire à la Rébellion. Et le chantage serait contre-productif. Le supplier pour qu'il épargne des vies, oui, mais qu'importe qui il menace, elle ne fera jamais rien qui pourrait porter atteinte à son camp ou avantager celui du saiyan.
Alors elle tourne en rond. Il lui a fait porter des livres humains pour qu'elle se distraie. Cela ne suffit pas.
Elle fait quelques pompes et abdominaux. Pas assez. Elle dessine des animaux, des vaisseaux spatiaux, des villes. Une bagatelle d'occupation.
Alors Bulma Brief passe des heures assise en tailleur sur cette chaise, à fixer une fenêtre fermée et opaque.
Son appétit diminue. Les assiettes que Kiui et Zukkini récupèrent sont de moins en moins vides. Ses yeux bleus perdent de leurs éclat, tout comme sa répartie face à lui.
Vegeta soupire en s'approchant de l'humaine, qui ne prend même pas la peine de réagir à son arrivée.
Humains et saiyans peuvent être très semblables sur certains points.
"- A quoi penses-tu terrienne ?", lui demande-t-il en se plaçant derrière elle, les mains sur le dossier de la chaise.
"- C'est l'automne maintenant. J'essaye de deviner si les nuages dehors sont des nimbostratus ou des cumulonimbus", lui répond t-elle d'une voix neutre et un peu enrouée, comme si même ses cordes vocales dépérissaient.
Vegeta tourne la chaise pour lui faire face et se penche pour approcher son visage du sien.
Elle a ce léger mouvement de recul qui la prend toujours, mais même cela perd en intensité.
La vérité est criante aux yeux du roi des saiyans.
Son petit oiseau bleu se meurt.
Ce n'est pas ce que veut Vegeta. Son but, c'est que le trophée Bulma Brief reste entre ses mains jusqu'à ce qu'il s'en lasse. Mais surtout, il veut que ce trophée demeure aussi flamboyant et attractif qu'au premier jour. La terrienne est foncièrement un être fort, gueulard sur les bords et très fier. C'est ainsi qu'il la voit, la conçoit.
Laisser Bulma Brief dépérir ainsi, c'est comme laisser dépérir sa propre victoire. Il n'a que faire d'un trophée brisé.
Le saiyan a observé sa captive s'affaiblir durant plusieurs semaines, malgré les quelques gestes qu'il lui a concédé. Vegeta sait ce dont elle a besoin. Il a été à sa place.
Le remède est simple.
"- Viens le constater de tes propres yeux."
Elle lui jette un regard interloqué, pas certaine d'avoir bien entendu.
Vegeta lui adresse son habituel sourire supérieur et se redresse pour se diriger vers la porte. La terrienne reste assise à le regarder partir, cherchant le piège.
Lui proposer de prendre l'air s'apparente à de la gentillesse. "Saiyan" et "gentillesse" ne vont pas ensembles. Il y avait un piège la dernière fois qu'elle a mis le nez dehors, un mois plus tôt, pour manger en la compagnie de huit saiyans. La prudence est donc le réflexe de Bulma Brief
"- L'offre expire dès l'instant où je franchis la porte."
Bulma se lève et court vers lui. La proposition est trop belle, le besoin de la terrienne trop impérieux. Aucune porte ne se ferme sur son nez, mais elle peut très clairement distinguer le ricanement qui émane du saiyan devant elle.
Ce type est une énigme.
Après « l'incident » ayant eu lieu trente-trois jours plus tôt, il n'est pas venu lui rendre visite durant un bout de temps.
Bulma ne sait toujours pas quoi penser de l'action du saiyan. Elle peut aisément imaginer que ce baiser constituait le point départ d'un jeu malsain, mais il y a toujours eu chez Vegeta une sorte de simplicité et d'honnêteté brute qui contredit cette théorie. "L'honneur saiyan", le roi ne déconne pas avec.
Certes, Vegeta aime jouer avec ses nerfs en approchant son visage trop près du sien et en lui rappelant régulièrement son « statut d'objet ». C'est en soi un jeu, assez gamin sur les bords et témoignant d'un caractère possessif.
Mais ce n'est pas le genre de petit jeu malsain basé sur la manipulation des sentiments. Cette catégorie de manipulation ne fait clairement pas partie de la mentalité saiyan. Mentir temporairement et faire croire que l'on va épargner une vie alors qu'on a clairement décidé d'y mettre fin, c'est le seul mensonge que Bulma connaisse aux singes de l'espace.
Qu'importe la vérité, il n'y a jamais eu de second round.
Vegeta est réapparu au onzième matin en lui demandant des nouvelles de ses recherches, comme si rien n'était jamais arrivé.
En le voyant arriver, Bulma s'était mise en demi-position de défense, prête à essayer de le contrer s'il tentait quoi que ce soit.
Il n'en fut rien. Le roi des saiyans s'est conduit avec elle comme à son habitude, avec ses paroles, rires, sourires et sa putain de proximité. Et Bulma a accueilli sa présence avec un soupçon de reconnaissance, elle qui s'était vraiment retrouvée seule durant près de deux semaines.
Bien sûr, Bulma est restée sur ses gardes les premiers jours. Mais devant la quasi-routine qui a recommencé à s'installer, elle a cessé de se méfier de manière permanente et imaginé une multitude de théories.
Il avait dû manger un truc bizarre et cela l'a rendu fou. Ou il a agi sous l'influence d'un instinct périodique bizarre lié au mouvement de rotation de la Terre. Ou il a vraiment voulu commencer à jouer de façon malsaine et son « honneur » l'a rattrapé. Ou il a tout simplement fait un pari avec ses troupes.
Bref, qu'importe la raison, c'est le passé et cela ne semble pas prêt de se reproduire. Tant mieux. La leader rebelle a déjà bien assez de sujets préoccupants en tête en ce moment.
Comme le fait qu'elle ait pleinement conscience que sa relation avec Vegeta a tout de même sacrément évoluée depuis trois mois. Pour tout regard extérieur, cette évolution a de quoi paraitre louche.
Vegeta lui rend visite, Bulma travaille pour lui, ils discutent - ou s'engueulent selon les moments -, il lui permet une liberté d'expression inédite, elle est intérieurement reconnaissante qu'il lui rende visite ainsi et ne la laisse pas devenir folle de solitude...
Le temps des interrogatoires et de la torture semble bel et bien révolu.
Mais de là à parler d'un lien qui se construit… Ils arrivent certes à se parler quelques minutes sans s'insulter, mais il ne faut déconner non plus. La solitude de Bulma la pousse à dialoguer avec le despote, seulement, ils sont toujours dans des camps adverses et la scientifique ne compte pas rester un pigeon en cage jusqu'à la fin de sa vie.
Elle veut bien admettre que Vegeta n'est plus uniquement un monstre sans cœur à ses yeux, mais il n'en reste pas moins un animal meurtrier dont elle prie pour la disparition.
Les saiyans peuvent faire preuve d'affection voir même d'amour envers autrui, très bien, elle l'a acceptée.
Mais elle ne va pas pour autant retourner sa veste en clamant soudainement que les babouins de l'espace ont leur place sur Terre.
Rien ne fera disparaître les trois années de guerre et les pertes. Rien ne fera disparaître le semi-génocide contrôlé. Rien ne fera disparaître les journées de tortures. Rien ne fera disparaître les larmes de Laurence et d'Anya.
Rien ne fera disparaître la tête à l'envers de Fisher. Rien ne fera disparaître les femmes droguées de la Chambre de Reproduction.
Monter les marches menant aux quartiers de Vegeta fatigue autant Bulma que la première fois. Entretenir ses muscles en faisant des pompes et des abdominaux est une chose, mais là, elle a vraiment besoin de faire quelque chose à propos de son souffle.
Sa montée est lente. Pas seulement à cause de son souffle.
Elle regarde aussi les prémices de paysages à travers les vitres semi-opaques qui bordent l'escalier en colimaçon qu'elle monte. Les gouttes sont visibles de l'autre côté, floutant complètement le paysage. Comme un teaser de sa future expérience. Bulma adorait, quand elle était plus jeune, observer les gouttes tomber sur les vitres pour essayer de prévoir quel chemin le sillon liquide allait emprunter.
Etrangement, Vegeta ne la réprimande pas de sa lenteur.
Quand elle fait une pause, il fait une pause. Les serviteurs humains aussi.
Bulma ne leur porte pas la moindre attention. Le paysage devant elle est bien plus important.
Une fois arrivé, Vegeta pousse lui-même la porte de ses appartements.
L'odeur de la pluie envahie les narines de Bulma. Ses légers clapotis jouent une mélodie.
Combien de temps cela fait-il ? Six mois ? Un an ? Trois ans ? Mille ans ?
Elle a l'impression de totalement redécouvrir cette odeur et ce son.
Tout ce temps à travailler et à faire la guerre… Elle ne s'était pas rendu compte à quel point quelque chose d'aussi naturel et sauvage a pu lui manquer.
Les fenêtres sont ouvertes et les rideaux tirés. L'intérieur de l'appartement est humide. Vegeta a dû lui aussi observer la pluie avant de descendre la voir.
Bulma fait un pas en direction de ce balcon plein de reflets si proche d'elle.
Se remémorant avec qui elle est, elle s'arrête pour se tourner vers Vegeta, certaine qu'il va la stopper et lui lancer une vacherie.
Tout cela est trop beau et le saiyan est typiquement le genre à donner de faux espoirs sur ce terrain.
Mais non.
Il se contente de croiser les bras en lui offrant son éternel sourire royal.
Bulma se dirige donc vers le balcon, tendant un bras vers l'extérieur. La sensation des gouttes froides sur son avant-bras nu lui arrache un rire. Devant elle, les montagnes de l'Ouest affichent un charmant mélange de vert, de rouge, d'orange et de blanc. Les nuages ne vont pas jusqu'à elle. La pluie se dirige vers l'Est.
Aux pieds du balcon, le lac tremble et virevolte à cause des gouttes qui troublent sa quiétude. L'air, humide, a une odeur de paradis pour la terrienne oppressée par la même odeur de pièce close depuis plusieurs mois.
Bulma s'élance en virevoltant sur le balcon en pierres jaune, mais qui reflète en cet instant les épais nuages gris du ciel.
Nous sommes 22 octobre 764.
Bulma Brief est redevenu une petite fille.
Elle adorait danser sous la pluie étant gamine. Sa mère lui courait après avec un parapluie pour protéger son brushing en lui rappelant que ce n'était pas le comportement qui seyait à une jeune dame, tandis que son père chantonnait la formule de la composition chimique de l'eau qui leur tombait dessus.
L'air revient à la trentenaire qui se met à le fredonner tout levant la tête vers le ciel, laissant les gouttes tomber sur son visage.
L'eau la lave. Elle lave tout. Sa dépression, sa solitude, sa crasse, sa tristesse, ses péchés, ses regrets.
Elle tire la langue pour en avaler quelques-unes, gloussant devant sa collecte assez pauvre.
Quand elle rouvre les yeux pour observer le magnifique paysage en parti montagneux qui s'étend devant elle, un rire incontrôlé lui échappe.
Un arc-en-ciel. Un magnifique arc-en-ciel. C'est typiquement un truc de gamine de s'extasier ainsi devant ce phénomène optique aux teintes monochromatiques, mais merde. C'est beau. Elle s'appuie sur l'épaisse rambarde en pierre du balcon et observe le spectacle devant elle, qu'importe la pluie qui tombe de plus en plus drue.
Bulma n'a aucune idée de combien de temps elle est restée là, dehors sous l'eau.
Elle sent juste au bout d'un certain moment qu'elle est trempée, gelée et qu'il vaut mieux rentrer à l'intérieur pour éviter d'attraper la mort.
Quand elle se retourne, Bulma a la surprise de constater que Vegeta est appuyé contre l'encadrement de l'une des fenêtres et l'observe, les bras croisés contre son torse. Il la scrute intensément, sans aucune trace de sourire moqueur.
Gênée à l'idée qu'il ait assistée à tout, Bulma passe une main dans ses cheveux trempés pour les plaquer vers l'arrière. Le roi des saiyans quitte sa position tandis qu'elle s'avance à sa suite à l'intérieur.
Il disparaît de son champ de vision quelques secondes et revient vers elle pour lui jeter à la face l'une de ses nombreuses capes en fourrure.
Elle s'emmitoufle dedans, son corps frigorifié la rendant peu regardante de la provenance de cette couverture improvisée.
Une délicieuse odeur parvient à ses narines.
Il y a deux tasses de chocolat chaud sur la table. Bulma déglutit. Elle n'a rien goûté de chocolaté depuis près de quatre mois. Quant au chocolat chaud de bonne qualité, cela doit bien remonter au début de l'invasion.
Vegeta s'installe sur son immense fauteuil et entame sa tasse.
Les lumières chaleureuses de la pièce accentuent son bronzage naturel et donnent à ses cheveux des reflets plus chauds qu'à l'accoutumé.
Il la scrute tout en buvant, comme pour la défier de dire quelque chose qui le mettrait en rogne.
Bulma prend la deuxième tasse et va s'asseoir à l'une des extrémités de la table, le plus proche possible du balcon mais également à une distance raisonnable de son bourreau. La trentenaire ramène ses jambes contre elle en s'enveloppant intégralement dans la fourrure.
Elle goûte le chocolat liquide. Il y a un peu de piment d'espelette dedans.
C'est délicieux et parfait pour combattre le froid qui s'est emparé d'elle.
"- Ce sont des nimbostratus."
Vegeta grogne avant de prendre une nouvelle gorgée.
Ce n'est pas à proprement parler des remerciements, mais cela sonne tout comme.
"- Vous vous foutez de ma gueule !"
Qu'importe la vingtaine de paires d'yeux qui la fixait. Gladys ne se laissera pas intimider.
"- Mademoiselle Constantine, vous devez comprendre que…
- Non, je n'ai rien à comprendre du tout ! Je vois clair dans votre petit jeu. Vous êtes en train de me faire payer mon soutien à Bulma Brief, il n'y a pas d'autre explication possible.
- Gladys, je vous en prie…
- Oh la ferme Frederick ! Tu es tout aussi vendu que les autres !", le coupe Gladys en oubliant d'employer le vouvoiement habituel à cause de sa colère. "Est-ce que tu as lu le dossier du projet de ce malade ? Est-ce que l'un d'entre vous a vu ce qu'il demande pour ses androïdes ?!
- Je l'ai bien lu en long, en large et en travers, mademoiselle Constantine, comme toutes les personnes réunies dans cette salle", lui répond Peterson en frottant ses yeux fatigués. "Et bien que ce projet ne m'inspire que du dégoût, il est actuellement la meilleure chance que nous ayons face aux saiyans.
- Je ne dis pas le contraire bordel !", rétorque Gladys en frappant la table. "Je ne pige juste pas pourquoi vous me demandez à moi d'être son assistante personnelle ! Je refuse d'avoir quoi que ce soit à faire avec ce type, futur sauveur de l'humanité ou pas ! Trouvez quelqu'un d'autre !"
Frederick sort des rangs et se place devant elle, petit être lui arrivant au niveau de la taille. Il lève ses mains jointes vers sa comparse comme une prière.
"- Ce projet ne plait à aucun d'entre nous Gladys, je te le jure. Si on pouvait faire autrement, crois-moi, on le ferait. Mais le plan pour sauver Bulma a échoué et Gero est notre seule option. Et toi… toi tu es et demeure l'assistante de Bulma Brief et son amie, dans chaque esprit de la Résistance. Tu es un personnage public Gladys, tu as un poids politique.
- Proposez-moi une place au Conseil alors ! Mais ne cherchez pas à m'envoyer chez docteur maboule !
- Ce n'est pas de ce genre de poids politique dont nous parlons, mademoiselle Constantine", intervient Peterson en se détachant du rang à son tour. "Ce que nous voulons dire, c'est que vos actions ont une influence sur le moral des membres de la Résistance. Vous êtes un atout politique.
- Écoute-moi Gladys", dit Frederick en lui prenant les mains. "La perte de Bulma et de Bunny a été un coup terrible pour la Résistance. Beaucoup de personnes ont perdu la foi ou élaborent des plans meurtriers pour répliquer, des plans qui vont faire des morts dans nos rangs. Tu peux les aider à reprendre espoir. Tu peux ressouder la Résistance en un même bloc combatif qui ne tombera pas dans le travers des dommages collatéraux massifs.
- En devenant l'assistante de Gero ?", demande Gladys en le regardant de travers avec ses yeux noirs. "Vraiment ?"
"- T'associer avec lui, c'est montrer à tout le monde qu'à la fois le Conseil et le fantôme de Bulma Brief soutiennent et croient en ce nouveau projet. C'est un symbole fort.
- Je ne suis pas sûre que Bulma…
- Ce qu'aurait pensé Brief n'a pas d'importance", l'interrompt Peterson avec dureté. "Les gens y croiront parce qu'ils voudront y croire. Ils se focaliseront de nouveau sur un projet, comme Bunny l'a permis auparavant. Et d'un autre côté, Gero ne sera pas dupe. Il sait qui vous êtes. Il connaît votre passé, tout comme vos positions morales, au même titre qu'il connaissait celles des Brief. Lorsqu'il vous verra venir à lui, envoyée par le Conseil, il comprendra que nous l'avons à l'œil. Il comprendra que si vous êtes là, c'est qu'aucun écart ne lui sera permis.
- Mais, les gens dans la salle d'entraînement…
- Nous ne pouvons pas nous permettre de entièrement nous reposer sur eux Gladys", soupire Frederick en faisant vibrer son museau. "Il y a trop d'inconnues les concernant, qu'importe la confiance que Bulma a placé en eux. Tu l'as compris non ? Nous perdons cette guerre.
- Nous vous donnerons du pouvoir pour contrebalancer celui de Gero. C'est vous qui aurez les clefs du labo. Vous qui lui donnerez l'autorisation de travailler, ainsi qu'à son équipe. Vous qui vérifierez chaque livraison de matériel et de corps. Votre rôle sera de fouiner et de vérifier qu'il ne fait rien de… disons répréhensible. Gero essayera de rendre tout cela flou et incompréhensible pour tout le monde, mais il ne pourra rien vous cacher. Nous le préviendrons. Il aura l'obligation de se soumettre à la moindre de vos exigences. S'il tente de soustraire à votre regard la moindre ligne de paperasse ou le moindre contenu d'un flacon paumé, nous arrêtons tout.
- Gladys, je t'en prie. Je sais que c'est un sacrifice pour toi. Mais c'est pour le bien de tous que nous te demandons cela."
Frederick ne la lâche pas et la regarde, toujours aussi désolé.
Sa queue de hyène se tortille dans tous les sens, signe de son malaise. La position de son amie, il ne la désire en aucune façon. Cela lui fait mal au coeur, mais elle doit accepter la tâche que l'on cherche à lui confier. Pour leurs bien à tous.
De par son opiniâtreté, sa loyauté à Bulma et son aversion pour Gero, Gladys est définitivement la meilleure personne à qui confier l'ingrate tâche.
Frederick sait qu'elle va accepter la mission. Comme chacun dans cette pièce, elle est prête à n'importe quoi pour le bien de la cause. Mais cette tâche pourrait également détruire la terrienne.
Ce à quoi elle va assister avec Gero ne relèvera pas du montage, dévissage ou conception de carte-mère et autres pièces mécaniques comme avec Bulma Brief. Non, elle va être enfermée durant des semaines, si ce n'est des mois, avec des personnes qui vont disséquer d'autres personnes, manipuler des organes et faire des expériences sur de la chair et du métal pour créer… une forme de vie.
Une vie uniquement créée pour combattre et tuer, manipulée sans vergogne par des humains plus faibles qu'elle.
Une vie sacrifiée pour gagner la guerre contre les saiyans sans rien en retour.
Une vie au service des terriens.
Sans cette guerre, un tel projet aurait soulevé des centaines d'heures de débats sur des sujets variés tels que l'âme, le statut de personne pensante, le droit à disposer de soi, l'éthique scientifique… Aujourd'hui, il faut passer outre.
C'est la guerre.
Et l'Histoire retiendra la participation au projet de Gladys Constantine.
"- Vous avez de l'aspirine ici ?
- Du quoi ?"
Bulma éternue.
Et Vegeta bouge son bras royal pour éviter les postillons avec une mine dégoûtée.
"- J'ai attrapé un rhume à cause de la pluie. J'ai besoin d'aspirine et de mouchoirs.
- Mais quelle race fragile."
Elle obtient finalement son aspirine le lendemain, parce qu'elle a fait la demande à Kiui et qu'il s'est trouvé un humain pour effectuer la tâche.
Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu ^^
Après la tension des dernières publications, celui ci développe dans la durée les relations entre les personnes (et Lunch fait son retour putaing !)
