Bonjour à toutes et à tous !

Je tiens à vous remercier pour vos appréciations. Je dois avouer que l'aspect "romance" des fictions n'a jamais été mon point fort, alors cela fait plaisir de voir que ma vision évolutive des couples de cette fiction vous convient :)

Je souhaite également vous prévenir que le rythme de publication de la fic risque de rester à un chapitre toutes les 2-3 semaines. Un master, c'est prenant, surtout lorsqu'il faut gagner des sousous à côté...

Au delà de cette news, j'espère que ce chapitre vous plaira !

Bonne lecture ^^

**V2**


"- J'ai besoin de nouveaux livres.

- Tu en as déjà eu la semaine dernière.

- Il m'en faut plus.

- Il n'y en a plus. Démerde toi.

- Ce palais devait abriter des milliers de manuscrits. Qu'est-ce que vous en avez fait ?

- Tes semblables les ont brûlé pour se réchauffer."


"- Votre combinaison, pourquoi elle est bleu ? Et votre armure, blanche ?

- Aucune raison particulière. C'est comme ça et ça l'a toujours été.

- C'est bizarre. Le bleu doit symboliser quelque chose. Le blanc aussi

- Non.

- Bah si, c'est logique.

- Terrienne, continue à m'emmerder et je te renvoie directement dans ta cage. Un oiseau qui me pompe l'air avec ses piaillements n'a rien à faire ici."

Bulma se renfrogne et replonge dans son livre, un écrit de sociologie du symbolisme de très grande qualité.


"- Avec tout ce que les terriens ont écrit, tu m'étonnes que vous soyez aussi faibles.

- Quoi ?

- Au lieu d'inventer des histoires et de rêver avec vos livres, vous auriez dû vous entraîner.

- Tu es tordu. Les livres n'ont rien à voir avec vous ou la guerre.

- Si. Vous avez préféré l'imaginaire au combat. Les saiyans ont préféré le combat à l'imaginaire. Les saiyans ont gagné.

- Encore une fois, tu es tordu."


Gladys n'est clairement pas heureuse de voir le docteur Gero.

Ce dernier n'a pas spécialement l'air enchanté non plus.

"- Vous êtes mademoiselle Constantine, c'est cela ?

- Oui docteur Gero."

Hors de question qu'elle rajoute « enchantée » et qu'elle lui serre la main. Elle veut bien mentir concernant certains sujets, mais il y a des limites. Derrière la brune se trouvent trois scientifiques que Czisco a réussi à convaincre pour travailler avec Gero.

Aucun n'a l'air spécialement emballé par cette perspective, mais ils sont ici pour assurer un futur à l'humanité. Chacun remplira sa part du contrat, en serrant les dents s'il faut.

"- Vous voulez bien ?", lui demande-t-il en désignant la carte magnétique qu'elle porte autour du cou.

Gladys ne dit rien et ouvre la porte du laboratoire qu'elle a longuement fréquenté en compagnie de Bulma.

Ca la tue de voir ce lieu de création et de souvenirs être intégralement vidé et reformaté pour accueillir les délires d'un connard répugnant.

Les tables pleines de caisses à outils ont laissées place à des tables de dissection. L'espace réservé à Bunny est maintenant occupé par plusieurs cuves vides. Les tournevis et fers à souder ont été remplacés par des scies et des seringues.

Dans un coin, un espace a été laissé vide pour accueillir des cadavres dans des caissons réfrigérés.

Gladys serre les poings.

Ce n'est pas le bon moment pour faire dans le sentimentalisme. Gero ne l'a toujours pas quitté des yeux. Le bleu glacé de ses iris met mal à l'aise Gladys Constantine. Ses orbes jugent, sondent, menacent et commandent tout à la fois. Sa moustache blanche et sa chevelure de vieux fou, ainsi que sa blouse de chirurgien, rajoutent au tableau malaisant.

Gero ne l'aime pas, c'est clair. Et elle compte bien le lui retourner.

Les autres scientifiques sont occupés à vérifier leurs instruments et relire certaines notes. Ils ne se sont pas précipités pour saluer leur futur collègue. L'échange de regard entre Gladys et Gero doit les arranger. Un peu de répis avant d'adresser la parole à l'ancien scientifique de l'Armée du Ruban rouge.

On sonne à l'interphone. Gladys quitte Gero des yeux et va ouvrir, sans demander qui c'est. Elle sait qui est censé arriver. Quatre personnes entrent dans le laboratoire en poussant des chariots qui contiennent des caissons réfrigérés.

"- Pas trop tôt", bougonne Gero en se dirigeant d'un pas décidé vers la livraison.

Gladys s'interpose en plaçant un bras devant lui, lui signifiant clairement de s'arrêter. Il la regarde avec mépris, sa moustache fournie agitée de tics, mais il n'insiste pas.

C'est peu mature de prendre ainsi à cœur son rôle de gardienne des moeurs et de débuter ainsi sa relation avec Gero, mais Gladys tient à bien lui signifier qu'elle l'a à l'œil et que tout en passe par elle dans ce laboratoire.

C'est elle qui contrôle les identités des personnes dont les cadavres sont offerts à Gero. Elle qui contrôle chaque flacon de sang congelé de saiyan que la morgue leur apporte. Elle qui contrôle chaque boîte de matériel, chaque dépense d'énergie, chaque avancée du projet, chaque coup de scalpel du docteur fou.

S'il s'éloigne de la ligne autorisée par Peterson et le Conseil, Glady veillera à chasser Gero du laboratoire et à l'envoyer au trou pour finir ses jours.

Pour cette fois, tout est en règle. Rien n'est en trop, rien ne manque.

Gladys donne son accord aux scientifiques pour qu'ils se mettent à la tâche. Gero lui tourne ostensiblement le dos et commence, sans aucune salutation, à expliquer à ses nouveaux assistants ce qu'il attend d'eux.

La protégée de Bulma s'avance vers eux et s'installe dans le dos de Gero en croisant les bras, aux aguets et prête à détecter la moindre parole compromettante.

Gero tourne un instant la tête vers elle et un rictus d'agacement lui échappe.

Gladys lui renvoi la grimace.

Les prochains mois seront longs.


Kiui pousse un râle en se tenant les côtes. Ses blessures le font souffrir.

Quelque chose perturbe définitivement son roi. Que sa Majesté Vegeta n'y aille pas de main morte pour l'entraîner au combat, l'adolescent en a l'habitude. Mais qu'il s'acharne ainsi et mette un telle rage aveugle dans ses coups, c'est nouveau.

A cela, il faut ajouter Nappa. Le second de Vegeta ne semble pas apprécier que ce dernier se soit trouvé un jeune protégé à former.

Cela influe sur sa position auprès du roi des saiyans. Alors, dès qu'il en a l'occasion, il défie Kiui au combat.

L'honneur saiyan lui interdisant de décliner un tel challenge, surtout s'il émane du second de sa Majesté, Kiui se fait donc régulièrement passer à tabac par le saiyan chauve.

Kiui n'est pas encore de taille face à Nappa. Ce dernier le sait pertinemment et il en profite sans vergogne.

Mais telle est la voie saiyan. Kiui n'est ni le premier, ni le dernier à vivre cette situation. Il a d'ailleurs ouïe dire que Nappa en a eu pour son grade du temps de la gloire de Vegetasai. Il ne venait d'aucune famille puissante et s'est forgé une place dans la hiérarchie saiyan à la seule force de ses poings, encaissant les maltraitances des héritiers guères heureux de le voir débarquer dans leur arène. Une pugnacité qui a payé.

Nappa a attiré l'attention du roi de Vegetasai, qui a vu en lui un bon garde du corp et précepteur pour son jeune fils de trois ans.

La suite, on la connaît. Vegetasai a été détruite par Freezer, ce dernier a laissé à l'enfant de quatre ans son gardien et Nappa a continué d'assister Vegeta, comme son père le lui avait ordonné avant de disparaître.

Les circonstances ont forgé le destin relativement glorieux de Nappa, mais c'est bien l'acharnement du désormais quinquagénaire qui l'a mené à sa position actuelle.

Si Nappa a pu le faire, alors Kiui et son noble sang aussi.

L'adolescent crache le sang qu'il a dans la bouche. Il n'est pas suffisamment amoché pour pouvoir bénéficier d'une séance dans un caisson de régénération. Le liquide indispensable à ce processus est lent à synthétiser avec les matières disponibles sur Terre. Le caisson est par conséquent réservé aux situations extrêmes.

N'empêche que, parmi toutes ses blessures, il sent l'une de ses molaires bouger. Il n'a pas spécialement envie d'avoir à attendre d'être au seuil de la mort pour réparer ce problème dentaire.

Il passe aux cuisines pour honorer l'une de ses tâches quotidiennes.

C'est en ce moment lui qui apporte sa nourriture à la terrienne Bulma Brief, le jeune Zukkini ayant pour l'instant la charge d'accompagner et sécuriser les convois de béton en provenance du camp géré par son père.

Une tâche de garde du corp somme toute barbante que Kiui a beaucoup effectué, mais elle ne devrait pas faire de mal à Zukkini. L'enfant a été bien trop gâté depuis le début de son existence et il est temps qu'il grandisse. Il a presque huit ans maintenant.

A son âge, les enfants saiyans sont censé avoir effectué plusieurs missions de conquêtes de planète.

A huit ans, Kiui avait déjà participé à quatre invasions malgré les restrictions imposées par Freezer.

Zukkini n'a pas pris part à la conquête de la Terre. Trop jeune, trop fragile.

Il manque d'expérience.

L'enfant saiyan entre eux deux, Sukasshu, n'a que dix ans, mais ressemble bien plus à Kiui qu'à Zukkini.

Zukkini a le coeur trop tendre, Kiui en a bien conscience.

Aucun des deux n'a protesté quand Sa Majesté Vegeta leur a ordonné de s'acquitter d'un rôle de serviteur pour apporter ses repas à Bulma Brief. Kiui s'y attendait et Zukkini est tout fier dès que son roi le regarde ou lui adresse la parole.

Le roi Vegeta pourrait lui demander de faire son lit et de nettoyer sa chambre qu'il serait content le Troisième Classe. Cette tâche a toutefois représenté un avantage pour Kiui. Il est désormais affecté au palais et non plus au vaisseau, ce qui représente un changement d'environnement des plus agréables. Meilleure nourriture, meilleurs appartements, meilleurs camarades d'entraînement, meilleurs divertissements.

En faisant de Kiui et Zukkini les pourvoyeurs de nourriture de Bulma Brief, le roi s'assure qu'aucun accident n'aura lieu dans les appartements de l'humaine.

Sa dernière rencontre avec ses troupes ne s'est pas bien déroulée et Vegeta sait que les mots qui sortent de la bouche de Bulma Brief peuvent pousser les gens, humains comme saiyans, à agir de manière inconsidérée.

Kiui et Zukkini ont moins de chance d'être touchés. Déjà, ils sont aveuglément fidèles à leur suzerain et craignent trop ses foudres pour perdre le contrôle de leurs nerfs.

Ensuite, leurs huit et seize ans ans respectifs semblent enjoindre la terrienne à moins leur chercher des noises qu'à d'autres guerriers.

Les terriens ont vraiment un truc avec les enfants et les jeunes, comme un verrou psychologique qui en font les entités les plus précieuses de l'univers. C'est d'autant plus troublant pour les saiyans que chez eux, les enfants qui font l'objet d'attention et de protection l'ont auparavant mérité, par la force et le combat.

Sur Terre, les enfants reçoivent, mais ne donnent rien en retour. Étrange.

Et sans doute l'une des raisons pour lesquelles la Terre est aussi facilement tombée entre les mains des saiyans.


Lorsque Kiui entre dans la chambre de Bulma Brief pour lui apporter son dîner, cette dernière est en train de dessiner dans la salle de bain.

Elle lève la tête de son bureau et se retourne pour le regarder. Elle grimace. Elle grimace toujours devant des blessures, qu'elles appartiennent à un ami ou un ennemi.

Et le saiyan Kiui semble en recevoir énormément ces derniers temps.

"- Qu'est-ce que c'est ?", lui demande Kiui en regardant le dessin, tout en posant le plateau de nourriture sur le bureau.

Il ne lui adresse pas souvent la parole. Mais plus il côtoie le palais et l'humaine aux cheveux bleus, et plus il devient curieux à propos de l'humanité. Jusqu'à présent affecté au camp d'entraînement ou à la garde du vaisseau des saiyans, il n'a pas appris grand-chose de la race dont ils ont annexés la planète. Kiui a fait la guerre, assassiné des dizaines de milliers d'humains, contribué à asservir les survivants à force de menaces et de tueries.

Il a ensuite vu les femmes inconscientes dans la Chambre de Reproduction et croisé quelques scientifiques humains dont il n'a aucune raison de leur adresser la parole.

Et c'est tout.

Il n'a jamais été affecté à un camp peuplé par des humains. Il n'a pour ainsi dire jamais vécu au contact des humains.

Jusqu'à présent.

Maintenant qu'il vit au palais, il peut observer les humains en action. Ils courent dans tous les sens pour satisfaire les demandes du roi et de ses guerriers, terrorisés à l'idée de faire un pas de travers et de perdre la vie. Fortement autonomes et désormais habitués au joug saiyan, ils s'organisent entre eux pour conserver un minimum de « vie » terrienne. Les saiyans les laissent faire, car ils agissent discrètement et cela ne les gêne nullement. Il est même mieux que les humains vivent toujours en partie selon leurs us et coutumes.

Comme cela, il est bien plus aisé de clairement catégoriser les deux races, si semblables physiquement.

Kiui a plusieurs fois entendu de la musique s'élever des cuisines ou de l'aile du palais réservée aux serviteurs. Des sons mêlant chants, clappement de mains et percussions sur objets. C'est divertissant à entendre. La musique terrienne est bien plus variée que ne l'est celle des saiyans. Elle était aussi majoritairement l'apanage des serviteurs à l'époque de Vegetasai, aussi cette part de la culture saiyan s'est-elle quasiment perdue au cours de leur errance dans l'espace.

Kiui a aussi observé des groupes d'humains s'installer sur une parcelle de terre qui se trouve au milieu de leur quartiers d'habitation afin de tout simplement profiter du soleil et laisser leurs enfants se dégourdir les jambes. Simple, banal, mais criant de vérité concernant leur espèce.

Les humains sont faibles, lâches, soumis, et tout cela les rendait méprisables.

Mais Kiui ne les déteste pas. Ils n'ont rien fait pour qu'on les déteste foncièrement.

"- Un vaisseau spatial", lui répond Bulma Brief. "Je ne vous fournirais jamais les plans de construction de cette petite merveille, mais cela ne m'empêche pas d'en dessiner l'extérieur."

Cette terrienne possède une haute opinion d'elle-même.

Kiui s'en est rendu compte au fur et à mesure de leurs brèves rencontres. Son égo peut être comparé à celui de la noble race saiyan. Et ce trait est étonnamment attrayant du point de vue de l'adolescent, mais aussi d'autres guerriers avec lesquels il a échangé.

Elle garde la tête haute devant eux, sauf lorsqu'elle veut quelque chose. Maligne humaine manipulatrice...

C'est incontestable, elle est forte. A sa façon.

Et les saiyans ne respectent rien de plus que la force.

"- Pourquoi un vaisseau spatial ?

- Parce ce que c'était mon rêve avant que vous ne débarquiez sur Terre", lui répond t-elle, ses yeux bleus évaluant les siens.

Peut-être espère t-elle le faire se sentir coupable avec cette déclaration. Si c'est le cas, elle a tort.

Il n'apprécie peut-être pas de la voir souffrir et ne trouve aucun plaisir à faire du mal aux humains sans raison valable, mais ce n'est pas pour autant qu'il est capable de regret. Il est très heureux d'être sur Terre et d'avoir asservit ses habitants.

Les rêves brisés des terriens ne font pas partis de ses préoccupations.

En parlant de préoccupation...

"- Tu vois beaucoup sa Majesté ces derniers temps et qu'il t'emmène régulièrement dans ses appartements. C'est étrange… Un bon nombre de personnes pensent que tu lui offres ton corps."

Elle rougit.

Kiui l'a déjà vu rougir. Surtout lorsque son roi s'approche tout près d'elle ou l'énerve.

Sa Majesté Vegeta semble trouver beaucoup d'amusement à la faire rougir. Si Kiui a été gêné en assistant à ces scènes au début, elles sont tellement récurrentes depuis plus de trois mois qu'il n'y fais plus attention. Il s'y est fait, la terrienne s'y est faite aussi.

Mais Kiui n'aurait pas pensé qu'une simple déclaration comme celle qu'il vient de prononcer provoquerait cet effet.

"- C'est des conneries !", s'énerve-t-elle en bondissant de sa chaise, ses cheveux partant dans une vague folle. "Comme si j'avais envie d'avoir quoi que ce soit à faire avec ce monstre !"

"- Ah bon ?", demande l'adolescent dubitatif que l'humeur de l'humaine n'impressionne guère. "Vous restez tous les deux seuls dans ses appartements durant des heures. Aucun serviteur n'est autorisé à entrer. Même Nappa est laissé dehors.

- Il me laisse lire sur le balcon et profiter du paysage pendant qu'il s'occupe de la paperasse ou fait Kami sait quoi ! Il n'y a rien de sexuel entre nous ! Il n'y a même… rien !"

Cela fait plus de trois semaines que son roi vient régulièrement chercher l'humaine dans sa cellule et l'emmène personnellement dans ses appartements. Kiui doit l'admettre, laisser la terrienne prendre l'air lui fait énormément de bien.

Tout en restant pâlotte, elle est bien moins livide, voir violâtre qu'auparavant. Ses assiettes sont bien plus vides au retour. Elle a aussi retrouvé une certaine énergie, elle qui commençait à devenir toute mollassonne et apathique.

Le feu qu'il a entrapercu en elle a eu tendance à s'éteindre avec le temps. Là, il est revenu. Tant mieux.

Kiui la préfère comme ça. Mains sur les hanches, voix stridente, yeux ardents, doigts vindicatifs, langue acérée.

Et il est certain que son roi la préfère également ainsi.

"- Moi je le sais. Je n'ai jamais senti l'odeur de sa Majesté sur toi. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé.

- Tu commences à peine à avoir des poils sous les bras ! Tu ne devrais pas parler comme cela à ton âge", s'indigne l'humaine en le regardant de haut en bas avec une grimace.

"- Ne me prend pas pour l'un des tiens terrienne, j'ai déjà été avec de nombreuses femmes.

- Oh oui, des esclaves terriennes terrorisées. Quel tombeur tu fais."

Il grogne, serre les dents et les poings, et s'en va sans dire un mot.

Bulma le regarde partir en secouant la tête, désabusée, avant d'entamer le bol de nouilles qu'il lui a apporté. L'adolescent semble extrêmement susceptible concernant ses performances sexuelles. Encore un point commun en humains et saiyans.


Saleté d'humaine.

Parler avec elle peut être divertissant, voir intéressant, mais il y a des fois où il ne souhaite rien de plus que lui tordre la nuque.

Vu ce qu'elle vient de lui dire, Kiui aurait dû la battre pour son impertinence et lui rappeler leur place respective.

Mais elle est protégée par sa Majesté Vegeta, qui se réserve tout droit sur elle. Lever la main sur la terrienne reviendrait à signer son arrêt de mort. Non merci, Kiui a des projets pour son futur et ce serait réellement stupide de mourir à cause d'une frêle terrienne.

Une humaine passe devant l'escalier en marbre gris qu'il est en train de descendre, manifestement en route pour les cuisines.

Il la reconnaît et interrompt immédiatement ses réflexions.

"- Toi !", l'appelle-t-il d'une voix autoritaire. Viens ici.

Elle s'arrête net, se voûte et se tourne lentement vers lui, ses yeux verts emplis de peur et d'appréhension sous ses sourcils épais.

Kiui sourit avec malice et remue le doigt pour lui signifier d'avancer vers lui. La fille s'exécute, la tête basse.

Elle a un an, peut-être deux de plus que lui. Ses cheveux ondulés et roux clairs brillent sous la lumière couchante du soleil, que dévoile la porte grande ouverte dans son dos.

Il aime ses cheveux. Surtout lorsqu'elle ne porte rien d'autre sur elle.

Alors qu'elle s'approche toujours, le regard tourné vers le sol, il passe devant elle et marche en direction d'où elle vient.

"- Tu sais soigner les blessures non ? On t'a appris à le faire."

L'humaine lui répond par l'affirmatif avec une petite voix éteinte et le suit.

Il l'a surprise en train de coucher avec un humain trois jours auparavant. C'était le petit matin et Kiui avait voulu s'échauffer avant que sa Majesté Vegeta ou Nappa ne viennent l'affronter.

Alors qu'il s'envolait dans le ciel, il a entendu des bruits en provenance du jardin entourant le palais. L'humaine était en train de copuler avec l'un de ses semblables dans les buissons.

Kiui n'avait pas prévu de rester là, à regarder en cachette deux terriens batifoler dans l'herbe, mais quelque chose avait retenu son attention. D'abord, les cheveux de l'humaine. Ils couraient le long de son dos légèrement bronzé et l'exposition de ces longs fils au lever du soleil en ont fait l'une des choses les plus belles choses que Kiui ait vu de sa vie.

Ensuite, les bruits que l'humaine produisait.

Ses gémissements, ses cris étouffés, ses soupirs, le nom susurré de son amant. C'était vrai. C'était naturel. Passionné.

Cela n'avait rien à voir avec ce qu'il avait vécu dans le harem de Nappa plusieurs semaines auparavant, où même les fois précédentes.

Les paroles de Bulma Brief lui étaient revenues à l'esprit alors qu'il se posait silencieusement sur l'un des toits environnants, à une trentaine de mètres d'eux.

« On peut avoir l'air de tenir à vous dans le lit ».

La concubine qu'il avait choisi ce jour-là lui avait demandé son nom d'un air gourmand. Elle l'avait ensuite hurlé un nombre incalculable de fois alors qu'il la prenait sans aucune douceur ou forme de respect.

Ce qu'il avait eu sous les yeux en ce petit matin n'avait rien à voir avec ses précédentes expériences.

L'humaine avait le contrôle sur l'homme. Elle le chevauchait, le visage tordu par un plaisir qui l'empêchait de parler en continu comme le faisaient souvent les concubines avec qui il avait été. Le bout de ses cheveux collaient au bas de son dos trempé de sueur.

Elle était magnifique.

Kiui n'avait pas pu en détacher son regard. L'humain, il s'en fichait. Mais l'humaine… C'était autre chose.

Le saiyan ne pouvait pas en détacher ses yeux et ses sens.

Au bout d'un moment, l'homme s'était redressé pour embrasser sa moitié et reprendre la main. Plaçant ses mains sur ses fesses et son dos, il l'avait maintenu tout contre lui, entrant et sortant d'elle toujours plus profondément, sans jamais cesser de l'embrasser.

Tout n'était que passion et plaisir mutuel.

Le ki de la femelle s'était encore affolé, alors que ses ongles griffaient le dos de son amant.

Et elle avait joui, dans un cri de délivrance atténué par la paume de sa propre main.

Par Vegetasai… Ce qui avait émané d'elle à ce moment-là avait failli rendre fou Kiui.

Il aurait pu descendre à terre, tuer l'humain d'un simple coup et posséder de suite la rousse.

Avant que cela n'arrive, il était parti en quatrième vitesse vers le lac le plus proche. L'adolescent s'était laissé tomber dans l'eau froide, repliant ses genoux en position fœtale.

Ce n'était pas la première fois qu'il sentait ce type d'odeur ou entendait ces cris, qu'ils émanent d'une humaine ou non. Mais celle-ci, à cet instant précis… Il avait failli perdre la tête et se comporter comme une saloperie d'animal.

Il était resté de longues minutes sous l'eau, en apnée, ne ressortant qu'une fois qu'il fut sûr qu'il était apte à se contrôler.

Il n'avait revu aucun des deux terriens depuis. La rencontre d'aujourd'hui est fortuite et complaît entièrement Kiui.

Et de toute façon, c'est l'humaine qui l'a captivé. Pas l'autre.

Kiui la guide à travers le palais pour rejoindre l'infirmerie du bâtiment.

Il pousse la porte de la pièce réservée au saiyan, lieu minimaliste composé de deux lits ainsi que des tabourets. Il n'y a aucun médicaments ici, mais une quantité importante de bandages, désinfectants, compresses, serviettes et attelles. Il n'y a personne. Tant mieux.

Chasser un congénère d'une pièce entraîne toujours des complications.

L'humaine sait directement où aller et est à présent à train d'imbiber une serviette avec du désinfectant. Elle a bien vu le sang séché présent sur sa tenue, ainsi que les traces de coups sur son visage.

Kiui ne peut peut-être pas bénéficier d'une séance dans le caisson, mais cela ne veut pas dire qu'il doit laisser ses blessures évoluer toutes seules. Nettoyer ses plaies sera bénéfique. Pour les os fêlés en revanche, il n'y a rien à faire.

Si ce n'est que le roi et Nappa l'oublient, ou qu'ils le blessent suffisamment pour l'envoyer à l'infirmerie du vaisseau.

Assis sur un tabouret, il observe l'humaine agir pendant qu'il enlève son armure blanche, ainsi que le haut de sa combinaison jusqu'à ses hanches. Les gestes de la terrienne ne sont pas assurés. Elle est clairement mal à l'aise en sa présence et fait tout son possible pour éviter de le regarder. Elle traîne. Cela fait quatre fois qu'elle imbibe la serviette.

Les plaies de Kiui, à l'air frais, le chatouillent.

"- Tu viens ? Je n'ai pas toute la journée."

L'humaine s'approche de lui à contre-coeur et place la serviette blanche sur l'une des blessures de son bras. La douleur du désinfectant contre ses plaies ne le fait même pas grimacer, il est trop obnubilé par la terrienne tendue au possible.

Elle est proche. Ce qu'il a au début cru être du bronzage sur sa peau est en fait une myriade de tâches de rousseur. Elles courent sur son visage, son cou, ses mains. Cela lui va bien. Il se demande si elle en a réellement partout. Quelques grains de beauté rehaussent le tout.

Les saiyans n'ont jamais eu de grain de beauté ou de tâches de rousseur. Encore une nouveauté de la Terre.

Peut-être que certains bébés métis en auront. Leur origine serait dès lors inscritent sur leur peau, qu'importe s'ils sont bruns aux yeux noirs.

L'odeur de l'humain de l'autre jour n'est pas très présente sur elle. Tant mieux.

L'odeur naturelle de la terrienne est envoûtante, elle lui évoque le soleil terrien. Chaud, accueillant, un peu sec, sans oublier une pointe de sucré.

"- Comment tu t'appelles ?"

Elle le regarde de travers, ses orbes vertes curieuses prenant un instant le pas sur sa terreur.

Pour immédiatement se rabaisser et se concentrer sur sa tâche. Elle doit changer de face la serviette, il y a trop de sang sur celle qu'elle utilise. Finalement, l'humaine s'éclaircit la gorge et répond à la question. Ce n'est pas la première fois qu'on la lui pose. Parfois, un saiyan la remarque et s'enquiert, ou non, de son identité. Pour assez rapidement l'oublier et passer à autre chose, à une autre humaine. C'est mieux comme ça.

Se faire remarquer est dangereux. Les brunes demeurent celles qui en souffrent le plus.

"- Miria."

Kiui laisse échapper un léger sourire qu'elle ne voit pas et il la laisse poursuivre sa tâche en lui tendant son autre bras.

Le doigté de l'humaine est doux avec la serviette. Elle craint sans doute qu'il la tue au moindre geste brusque. Logique et intelligent, mais cette attitude entièrement soumise ne le comble pas. Il n'y a pas une once de fierté ou de défi dans son attitude. Aucune force, quelle qu'elle soit, n'émane de cette Miria.

C'est à croire que Bulma Brief est la seule humaine de cette planète à avoir un minimum de caractère.

"- Que penses-tu des saiyans ?", lui demande-t-il en ramenant son bras vers lui.

Elle interrompt ses gestes et le regarde avec incompréhension dans les yeux. Pour rabaisser les siens immédiatement.

"- C'est un bonheur et un honneur de vous servir", murmure-t-elle sans conviction avec automatisme en se penchant sur le second bras qu'il lui tend.

"- C'est ça ouais", grogne-t-il avec une grimace désabusée.

A quelle réponse s'attendait-il ? Saleté de Bulma Brief avec ses quatre vérités.

Les minutes passent dans un silence mutuel et lourd.

Miria doit maintenant passer à son torse meurtrie. Cette perspective ne semble guère l'enchanter.

Elle change de serviette, l'imbibe exagérément de désinfectant, puis elle reste stupidement immobile devant lui, la serviette à mi-chemin du saiyan. Exaspéré par sa lenteur et la peur qu'il décèle en elle, Kiui lui empoigne la main, comblant le chemin à sa place. Elle pousse une exclamation de surprise, perd l'équilibre, mais parvient à le retrouver sans prendre appui sur lui. Le dos courbé et le visage à quelques centimètres du torse du saiyan, elle rougit en balbutiant des excuses, mais s'exécute.

Il ne la lâche pas immédiatement.

Les doigts emprisonnés dans les siens sont fins, mais sa vie de servante leur a enlevé toute douceur.

Il remarque des bouclettes folles à plusieurs endroits de sa chevelure rousse, comme si certaines de ses mèches refusaient la logique de leurs congénères. L'une d'elle frôle son menton. Cela donne envie d'entortiller ses doigts dedans.

Alors qu'elle s'occupe de son visage tuméfié en se mordillant les lèvres d'anxiété, il se demande si ce n'est pas le bon moment pour la confronter et lui proposer de coucher avec lui.

Ils sont seuls dans cette salle et la senteur entêtante de l'humaine est un pousse-au-crime, qu'importe la forte odeur de désinfectant omniprésente.

Presque aucun humain ne refuse une offre de ce genre. Et même si elle refuse en premier lieu, Kiui connait des moyens efficaces pour faire changer les terriens d'avis.

Seulement, il doute que procéder ainsi lui apporte ce qu'il désire réellement.

Il ne veut pas qu'elle soit comme les femmes des harems avec qui il eût eu affaire auparavant. Il veut qu'elle lui offre ce qu'elle a offert au terrien l'autre jour.

Kiui veut ressentir la félicitée dont a bénéficié l'humain.

Il veut la magnifique Miria, ainsi que sa passion et sa dévotion.

Alors, il ne peut pas agir comme les autres le font ou comme il en a l'habitude. Elle doit choisir de se donner à lui et pour cela il doit…

En fait, il n'a aucune idée de ce qu'il doit faire pour obtenir ce qu'il convoite. Pour le moment.

En revanche, il est sûr d'une chose.

Pour que Miria commence à le regarder lui, il doit évincer la concurrence.

Il va devoir faire disparaitre son amant humain du paysage.


"- Mon matelas et les draps ont été changé hier."

Il ne réagit pas et continue de mâchonner sa cuisse de poulet.

"- C'est bizarre. Je n'ai rien demandé.

- Il fallait les changer. Ca puait en bas."

Elle émet un bruit peu classieux en replongeant dans son livre.

"- Quitte à changer ma literie dans mon dos, vous auriez au moins pu me donner des draps plus chaud. Il commence à faire froid en bas.

- C'est une cage, tu es prisonnière ici. D'où te vient l'idée que tu peux vivre dans le luxe ?

- Quitte à me comparer à un oiseau en cage, tu pourrais au moins prendre soin de moi. On ne t'a jamais appris à prendre soin de ton animal de compagnie ?"

Parce qu'il n'a jamais eu d'animal de compagnie et qu'elle l'a bien fait chier avec sa demande et son ton, il fait exprès de lui interdire l'accès à des draps plus chaud. Il l'a déjà vu sous l'emprise d'un rhume. Son petit oiseau bleu survivra bien à un nouveau.


Le roi des saiyans vient chercher Bulma juste après avoir fini de s'entraîner. Il arbore quelques égratignures sur le visage et sa tenue de combat est loin d'être impeccable, mais il est surtout puant de sueur.

Bulma grimace et se dépêche de le suivre hors de ses quartiers afin d'éviter que l'insupportable odeur du saiyan n'imprègne trop son habitacle.

Ça et le fait que mine de rien, sa dernière visite, donc la dernière sortie de Bulma, remonte à une semaine. Il a dû partir s'entraîner dans l'un des camps éloignés du palais.

Et à en juger par la quantité de poussière incrustée dans sa combinaison, il doit se situer en plein milieux d'un désert bien aride, sec et à la chaleur insoutenable.

Bulma l'envie un peu.

Novembre vient de débuter et la météo des terres de l'Ouest a évolué. Elle commence à se les cailler dans sa cellule. Pas qu'il neige dehors, mais le soleil se fait de plus en plus rare et les matériaux qui composent le palais n'en font pas un lieu idéal pour le chauffage naturel.

Comme en plus, elle ne dispose toujours pas d'eau chaude et que rien ne permet de réchauffer la pièce, Bulma commence vraiment à avoir froid en continu. Bientôt, les pulls ne seront plus suffisant.

Et pendant ce temps là, môssieur Vegeta va prendre le soleil dans le désert. Quel égoïste !

L'odeur qu'il dégage est insoutenable.

Elle ignore depuis combien de temps il ne s'est pas lavé, mais son propre odorat doit être aussi agressé que le sien. Bulma a follement envie de lui passer devant dans les escaliers, histoire d'échapper à la puanteur qu'il essaime derrière lui.

A peine sont-ils entrés dans les quartiers royaux que Vegeta commence à se déshabiller. L'armure d'abord, puis sa combinaison en spandex.

L'entraînement qu'il a encadré a été costaud, comme il l'a voulu.

Six jours sans boire ni manger, à se battre en continu dans le désert. Des efforts physiques bienvenus, mais qui lui doivent maintenant de vouloir par dessus tout prendre une douche. S'il s'est donné la peine d'aller chercher l'humaine avant cela, c'est parce qu'il s'est dit qu'elle n'allait sûrement pas apprécier le fumet qui l'accompagne.

Mission réussie, le roi des saiyan a bien enregistré la mine dégoûtée de la femme aux cheveux bleus.

Mais maintenant, il est temps de réellement partir se laver.

Bulma Brief pousse un cri suraigu en voyant le corps musclé du saiyan se révéler à elle et se détourne immédiatement de lui en le traitant d'exhibitionniste.

Vegeta écarquille légèrement les yeux devant cette réaction, mais le puzzle s'assemble rapidement dans son esprit.

"- Race de prudes", s'amuse-t-il en secouant la tête tout en laissant tomber sa combinaison de guerrier au sol comme un vulgaire chiffon.

Elle ne répond pas, lui tourne le dos avec un mouvement de hanche un peu trop prononcé pour être naturel et se dirige vers le balcon, s'installant sur la chaise longue qu'il a fait amener pour elle.

Avec le temps de moins en moins clément, Bulma prend moins le soleil, mais l'air pur lui fait toujours autant de bien. Parfois elle lit, parfois elle se contente de regarder le paysage, parfois elle pique un somme. En plus, la partie où elle est installée est protégée par un plafond en verre.

Elle est donc protégée de la pluie, sauf si le vent en décide autrement.

Cependant, Vegeta ne semble pas décidé à la laisser en paix. Il ne s'attendait pas à cette réaction et a décidé à profiter un peu de cette amusante surprise.

Donc la faire réagir ainsi est tellement simple… S'il avait su, il se serait déshabillé devant elle des semaines plus tôt.

Avec un sourire joueur, il la rejoint à l'extérieur, nu comme un ver.

L'humaine s'est plongée dans son livre, exceptionnellement en position assise et non pas allongée comme à son habitude. Il peut sentir sa tension à travers son aura et en observant ses épaules.

Il ne l'a jamais vu autant rougir. La couleur de son visage jure avec son pull orange et sa doudoune marron.

Cette situation est géniale.

"- Depuis combien de temps tu n'as pas vu un homme nu ?"

Bulma ne lui répond pas et se refuse à le regarder, gardant les yeux opiniâtrement rivés sur son livre dont elle relit la même ligne pour la sixième fois.

Étant donné qu'elle reste plongée dans un mutisme complet, il s'accroupit devant elle.

Bulma réajusta la hauteur de son livre pour qu'il lui cache la vue du saiyan nu devant elle.

Surtout son sexe.

Vegeta sourit de manière machiavélique et utilise sa queue de singe pour baisser le livre de la terrienne.

Sa réaction est hilarante.

L'humaine aux cheveux bleus crie en agitant ses mains comme si on l'avait brûlé et enclenche un mécanisme pour baisser le dossier de la chaise longue, s'échappant ensuite en effectuant une roulade arrière tout en conservant son livre en main.

Elle se réceptionne mal et lutte pour se redresser avant d'exploser, plus rouge que jamais.

"- Par le Tout-Puissant ! Vegeta ! On ne se fout pas à poil devant un ennemi !"

Elle tend vers lui des mains accusatrices pour immédiatement les ramener devant ses yeux.

Il éclate de rire. Cette humaine est chiante au possible, mais elle reste la plus grande source de distraction qu'il ait jamais connu.

"- Tu m'as comprise Vegeta ?! Rhabille-toi ! Je n'ai aucune envie de te voir nu ! Espèce de singe indécent ! Je suis ton ennemie !"

Il ne se départit pas de son sourire supérieur et se redresse pour s'avancer vers elle. Vu qu'elle conserve tout de même un œil sur lui afin de le surveiller malgré sa gêne, Bulma remarque son approche et tente de s'enfuir à l'intérieur. Loin du saiyan et de sa nudité.

Oh non, tout ceci est trop hilarant. Il ne va pas la laisser s'éclipser comme ça.

Il lui attrape le poignet et reste immobile, la maintenant en dehors de ses appartements. Elle tente de se dégager mais ne parvint qu'à se faire mal toute seule. Ses coups de livre rebondissent sur lui comme si le saiyan était un mur.

Aucun rire n'échappe à Vegeta, mais son "moi interne" est plié en deux.

"- Mais lâche-moi macaque vicieux ! Mets au moins un slip ! Et si quelqu'un te voyait ?!

- La nudité chez les saiyans n'est pas taboue."

La terrienne ferait mieux de graver cette idée dans sa tête, parce que vu sa réaction, il va très certainement recommencer. Si se mettre à poil devant elle ne lui coûte rien, cela semble agir sur la terrienne. Tant mieux. S'approcher de son visage commençait à perdre de son influence au bout de quatre mois de pratique. Il est temps de trouver un "jeu" de remplacement.

"- Tu veux dire que tu as déjà vu nu la totalité de tes troupes ? Les jeunes, les vieux, même Zukkini ?", lui demande-t-elle soudainement en arrêtant de se débattre, piquée par la curiosité.

"- Oui."

Ca y est, elle arrive encore à le surprendre. L'instant d'avant, elle se débat, tente des ruades, rougie, bégaye.

Et l'instant d'après, Bulma Brief a retrouvé sa contenance. Cette terrienne n'est vraiment pas croyable.

"- Genre vous observez vos anatomies mutuelles sans complexe ?

- Oui", dit-il en fronçant les sourcils, conscient qu'elle prépare un mauvais coup.

"- Rien ne te gêne ?

- C'est vous qui êtes trop pudiques.

- Et si l'un d'eux a… un « Francis » plus grand que toi, le roi des saiyans, ça ne te ferait rien ?", demande-t-elle en baissant les yeux en dessous de son ventre, pour immédiatement les remonter en rougissant une fois de plus.

La pression sur son poignet s'accentue. Il ne l'a jamais regardé avec autant de mépris qu'à cet instant. Disparu le sourire moqueur et le regard machiavélique. Elle l'a eu.

"- Mais quelle terrienne vulgaire."

Vegeta en a exterminé pour beaucoup moins que cela. Même des gens de son propre peuple.

C'est pourtant la dernière chose qu'il a envie de faire avec la terrienne à cet instant précis.

"- Et toi tu es nu et tu pues !"

Elle par contre, elle sent divinement bon. La rougeur sur son visage est érotique et il est certain que cette rougeur continu plus bas, sur une zone cachée par son pull. Plusieurs mèches folles partent dans tous les sens au dessus de son crâne, comme si ces mèches avaient elles aussi tenté de s'enfuir.

Et son aura, son aura...

Vegeta sent le danger pointer le bout de son nez.

Il doit mettre fin à cet échange avant que tout dérape.

"- Au moins un point sur lequel nous sommes tous les deux d'accord."

Il la lâche et passe devant elle, dépassant l'encadrement de la fenêtre pour se diriger, les fesses à l'air, vers la partie privée de ses appartements. Elle retourne immédiatement sur sa chaise à l'extérieur et empoigne son livre.

"- Tu n'as pas intérêt à bouger de ce balcon. Si je détecte la moindre fluctuation dans ton ki, un humain le paiera cher."

Sans quitter des yeux son livre, Bulma lui donne sa parole.

Au bout de quelques secondes, elle jette rageusement l'ouvrage par terre. Elle ne parvient pas à se concentrer.

Son cœur bat la chamade, elle bouillonne intérieurement et les muscles du roi des saiyans ne quittent pas son esprit.

Ce salopard a un corps à tomber et il a bien fait en sorte qu'elle le voit.


Vegeta avait prévu de prendre une douche chaude en rentrant de l'entraînement. Finalement, il la prend froide. Son immense jacuzzi lui tend les bras, mais il n'a pas envie de laisser la terrienne seule trop longtemps sur le balcon.

Il sourit en repensant à la réaction de l'humaine face à sa nudité. Il a enlevé sa combinaison de combat sans arrière-pensée et elle a réagi de manière complètement hystérique. Bulma Brief peut bien jouer la mijaurée pudique, Vegeta sait ce qu'il a vu et ressenti.

Les yeux bleus de la terrienne ont parcouru son corps comme lui aime à observer le sien. Ses pupilles se sont dilatées et sa respiration s'est accélérée. Son ki s'est enflammé au même titre que sa peau.

C'est indéniable, le corps du roi des saiyans ne l'a pas laissé indifférente.

Cela flatte l'ego du saiyan. Mais titille aussi inconfortablement ses instincts loin d'être les bienvenus.

L'aura de la terrienne est toujours légèrement chaotique. Vegeta est satisfait de ne pas être le seul à avoir été troublé par la scène précédente.

Il ne sait pas où il va avec elle. Qu'il ait développé une fascination territoriale pour son « ennemie », très bien, il l'a accepté.

Et après ?

Bulma Brief ne semble pas prête de lui sauter dessus. Jamais rien ne viendra d'elle. Aucun pas, aucune démarche. Les humains maîtrisent mieux leurs hormones et leurs corps que ne le font les saiyans, bien plus soumis à leurs instincts et besoins primaires.

Vegeta n'est pas Nappa. Il ne lui forcera pas la main avec des menaces. Il est le roi des saiyans. Il ne compte pas tomber aussi bas.

Seulement, l'idée de quémander le consentement de la terrienne et prendre le risque de se faire rejeter comme un vulgaire perdant lui est encore plus insupportable.

Il ne supporterait pas qu'une humaine comme elle lui rit au nez en repoussant son attention comme s'il était un être faible et sans statut.

Et pourtant, il la désire tellement. C'est à en devenir fou.

Après l'avoir embrassé, trois mois plus tôt, il s'est plongé à corps perdu dans son entraînement physique et a enchaîné les visites dans le harem du palais pour reprendre ses esprits et réfréner ce désir inacceptable.

Il n'est pas comme Ringo et les autres faibles, à se laisser piéger par les sables mouvants que sont les sentiments, la luxure et l'affection. Il est le roi de la glorieuse race saiyan. Il ne quémande pas, ne s'attache pas et n'échoue pas. Il ne peut pas s'abaisser à ça.

Bulma Brief est sa prisonnière, mais elle demeure l'un des leaders de la Résistance. Elle est son ennemie. Souhaite sa mort. Et il est incontestable que Vegeta et les siens auraient eu une vie plus facile si elle n'avait jamais existée.

Leurs statuts respectifs demeurent, qu'importe la captivité et les mois qui passent. Ils se sont haïs si longtemps, et voilà que maintenant, il est prêt à quémander pour son attention, ses baisers et ses soupirs ?

Hors de question.

Le plus simple serait de la pulvériser. La faire disparaître de cette planète d'un simple geste, avec au passage sa grande gueule vulgaire, sa putain de beauté et sa saloperie d'odeur. Rien de compliqué. La Terre continuerait de tourner, ainsi que les projets des saiyans. Le dossier sur le métissage a connu quelques avancées depuis l'arrivée de Bulma Brief sur le projet, mais sa disparition n'en entrainerait pas la fin. Ce n'est pas comme si Vegeta a réellement besoin d'elle.

Mais le roi des saiyans ne peut pas se résoudre à la voir disparaître. Parce qu'il ne s'est pas lassée d'elle. Parce qu'elle demeure un trophé éclatant dont cinq mois de possession ne suffisent pas à compenser trois années de conflits et d'humiliation.

Et parce que mine de rien, Vegeta apprécie leurs conversations tout comme leurs disputes. Elles l'amusent.

Pas qu'il ne se soit jamais amusé par le passé. Mais ce que la terrienne lui apporte aujourd'hui va au-delà de la jouissance causée par la destruction d'autrui ou la relaxation en compagnie de ses guerriers. Elle lui fait découvrir de nouveaux horizons et lui se sent grandir grâce à sa présence.

Il aime la regarder aussi. Les reflets du soleil sur ses cheveux clairs. L'éclat dans ses yeux bleus quand elle s'énerve. La façon qu'elle a de plaquer ses poings sur ses hanches tout en écartant les jambes afin de se donner une - inutile - position conquérante. Cette manie qu'elle a de rentrer ses hauts à l'intérieur de ses pantalons pour affiner sa taille déjà pas bien épaisse. Ces petites canines fragiles qu'elle dévoile quand il l'énerve et qu'un rictus énervé s'empare de sa bouche. Ses lèvres fines et colorées encore plus mises en avant par sa pâleur forcée.

Vegeta est hanté. Hanté par la vision des cheveux mouillés de l'humaine, plaqués vers l'arrière en un après-midi pluvieux.

Et son rire ce jour-là…

Vegeta grogne en abaissant de nouveau la température du jet d'eau.

Il doit reprendre le contrôle de lui-même.

Il a réussi à mettre son petit oiseau bleu en cage. Il est hors de question qu'il s'y enferme lui-même.


Et voilà !

Un chapitre pas très long, j'en convient, mais je me suis beaucoup marré en l'écrivant.

J'espère qu'il vous a plu !

N'hésitez pas à laissez des comms ;)