Bonjour à toutes et à tous !
Après les évènements de la semaine dernière, j'ai eu du mal à écrire pour finir ce chapitre (mes études me forçant à BEAUCOUP me pencher dessus), mais c'est aujourd'hui chose faite. La pluie d'aujourd'hui a eu l'air de me placer dans le bon mode.
Voici un chapitre post première nuit / que faire ? / interrogations intérieures comme il en existe plein d'autres, mais j'espère qu'il vous plaira quant même ;)
J'ai essayé de faire avancer les autres story lines pour le rythmer un peu !
Bonne lecture !
Les humains dorment beaucoup.
Vegeta peut en attester en ce petit matin. D'accord, ses ébats avec la terrienne ont duré longtemps et cela aurait été mentir que de prétendre qu'il n'a pas ressenti de la fatigue à la fin de leurs empoignades. Le sommeil a été plus que bienvenue.
Par contre, concernant l'humaine, ce repos peut presque s'apparenter à une hibernation.
Dormir plus de treize heures… Vegeta n'a vécu cela qu'après avoir été blessé à mort.
Oui, les humains sont décidément de frêles créatures qui n'ont jamais eu aucune chance face aux saiyans.
Vegeta s'ennuie. Cela fait plusieurs heures qu'il est assis sur son lit en bordel à alterner les phases de méditation et celles d'entraînement de la perception du ki. Il est hors de question qu'il perde son temps dans cette chambre. Il n'a pas le coeur à troubler le sommeil de l'humaine.
La paix qui émane de son sommeil a quelque chose de reposant. Presque sacré. Le bruit de sa respiration régulière, calquée au rythme lent de son coeur, produit une mélodie qui détend inexplicablement les muscles de Vegeta. Ajoutez à cela les légères effluves de leurs ébats de la veille, et Vegeta se sent dans cette chambre comme dans un cocon coupé du monde.
Un lieu parfait pour entraîner son mental en toute quiétude.
Mais pas de quoi tromper son ennui de plus en plus montant.
De toute façon, même s'il le voulait, il ne peut pas quitter la chambre pour aller s'entraîner dehors. Hors de question de laisser la terrienne se réveiller et se mettre à vadrouiller sans limitation dans ses appartements. Trop de documents confidentiels. Trop de dossiers sur lesquels elle ne doit pas poser ses mains et ses yeux.
Elle reste Bulma Brief, leader de la pathétique Rébellion humaine.
Les troupes de Vegeta vont sûrement se demander pourquoi il n'est pas dehors à s'entraîner aux aurores comme il le fait depuis plusieurs semaines. Mais qu'importe. Il est le roi. Ce qu'il fait ses appartements ne les concerne pas et tant qu'il gouverne avec discernement et puissance, son peuple n'a aucun droit pour le juger ou le remettre en question.
De toute façon, le premier qui s'y aventure tatera du courroux royal.
La terrienne bouge légèrement dans son sommeil. Vegeta se force depuis plusieurs heures à ne pas la regarder afin d'éviter de se déconcentrer.
Certes, il émane de son sommeil une aura qui apporte la paix au saiyan, présence paisible enveloppée dans des draps, mais tout en elle lui donne envie de réitérer ce qu'ils ont fait la veille. Les sensations, les bruits, les goûts, les odeurs, la chaleur… Tout est marqué au fer rouge dans l'esprit de Vegeta. Plus la terrienne lui rappelle inconsciemment sa présence, et plus il est tenté.
Il commence sérieusement à s'ennuyer, lassé d'être enfermé dans sa chambre sans bouger.
Bulma bouge de nouveau avec un gémissement endormie en se plaçant sur le dos. Vegeta accepte le fait qu'il lui était désormais impossible de se concentrer sur son entraînement. La terrienne a suffisamment hiberné.
Il est temps de récompenser sa patience.
A quatre pattes, Vegeta rejoint l'humaine et la surplombe pour l'observer.
Ses cheveux bleutés partent vers l'arrière en une vague légère, qui finie mêlé au bras et doigts laiteux de l'humaine. Certaines zones de sa peau sont légèrement rouge, voir magenta. Elles sont la preuve des zones qu'il a particulièrement aimé explorer la veille. Ses traits sont détendus, tout comme son corps. La position de son bras, emmêlé à ses cheveux, réhausse sa poitrine cachée sous le drap et entraîne une courbure du corps des plus alléchante. Non contente d'avoir une odeur et une apparence pousse-au-crime, cette humaine dort dans de véritables positions lascives.
Un sourire carnassier s'installe sur le visage du saiyan.
La queue de ce dernier vient lentement attraper le drap rouge qui enveloppe Bulma, le descendant lentement le long de son corps blanc, qui se dévoile peu à peu. Sa gorge fragile, ses épaules menues, ses seins voluptueux.
Vegeta avise les monts rosés qui pointent vers le ciel, vers lui. Il a faim.
Il en prend un en bouche, redécouvrant avec délice leur douceur et goût de la veille.
Cela achève de réveiller Bulma, qui pousse un grognement endormi mêlant plaisir et incompréhension. Lorsqu'elle voit qui est sur elle et ce qu'il lui fait, elle marmonne quelque chose à propos de son insatiable appétit.
Sourd à ses mots, il laisse ses doigts errer vers les zones érogènes de la terrienne, qu'il a identifié la veille.
Vegeta est plus que satisfait de constater que malgré son éveil récent, l'humaine est très réceptive à cette stimulation matinale.
Il la prend contre lui et se lève, laissant les jambes de la terrienne lui enserrer le dos dans un pur réflexe. Il l'emmène dans sa salle de bain tout en lui mordillant le lobe de l'oreille, frottant son intimité contre le sienne.
Ils auront tout deux beaucoup à réfléchir dans les heures, si ce n'est les jours suivants.
Il peut bien leur accorder un léger délai.
A l'autre bout du palais, un hurlement retenti. Il est de ce genre de cri qui atteste d'une profonde souffrance et déchire les cœurs.
Une humaine aux longs cheveux roux agrippe le torse d'un homme mort.
Le terrien est grossièrement affalé contre un mur, les yeux vides et grands ouverts. Quatre plaies ensanglantées lui déchirent l'abdomen. Le sang qui l'entoure a à peine commencé à sécher.
Les humains forment un demi-cercle autour de leur semblable décédé et de sa compagne anéantie. Plusieurs d'entre eux sont également en larmes, tandis que d'autres chassent les plus jeunes de la scène morbide.
Plusieurs saiyans arrivent rapidement, alertés par le vacarme. Ils écartent les humains du passage et constatent la raison du désordre.
"- Putain, quel bordel. Il y a du sang partout", grogne Nappa, manifestement mécontent d'avoir dû se déplacer pour si peu.
"- Qu'est-ce qui l'a tué à ton avis ?", lui demande Radditz en enlevant l'un de ses gants pour tâter de la fraîcheur du sang au sol.
Le second du roi fait de même avec ses propres gants et chasse l'humaine qui s'accroche désespérément au cadavre pour pouvoir mieux observer le corps. La terrienne veut revenir vers son amour, mais plusieurs de ses compatriotes la retiennent, craignant pour sa vie.
Nappa arrache le haut ensanglanté de l'humain et plonge ses doigts dans les plaies béantes.
"- Ça a été fait par un couteau. Sans doute de cuisine. C'est entré profondément."
La plainte de l'humaine rousse s'intensifie.
Nappa lèche ses doigts pour les nettoyer et crache le contenu de sa bouche en se redressant.
"- Qui que ce soit, il aurait au moins pu faire un travail plus propre", râle le saiyan moustachu en se redressant. "Le marbre est totalement salopé."
Radditz et Jinsokuna approuvent en vérifiant que le sang à terre n'a pas salit leurs bottes blanches.
"- Débarrassez nous de ce corps !", aboie Nappa aux serviteurs humains. "Et gare à vous si vous faites de nouvelles tâches de sang sur le sol. Je veux que ce couloir soit nettoyé d'ici midi !"
Il part, suivit par les autres saiyans déjà lassés par la scène et les pleurs des humains. C'est loin d'être le premier meurtre ayant pris place au palais. Nul besoin d'enquête. C'est un humain qui est mort, qui plus est un humain qu'aucun saiyan n'a reconnu. Donc sans importance.
Tant que le palais tourne correctement, les saiyans se fichent bien de quel humain vit ou meurt.
Kiui jette un dernier regard en arrière. Miria est retournée contre le corps de son ancien amant et lui caresse les cheveux sans cesser de pleurer.
Le jeune saiyan doute que quelqu'un le pleure un jour avec cette intensité. Mais c'est bien pour remédier un minimum à cette réalité qu'il a coincé l'humain au détour d'un couloir désert et qu'il l'a poignardé à plusieurs reprises.
La mort de l'humain ne lui a fait ni chaud ni froid. Juste un corps qui s'effondre et rend son ultime souffle. Kiui a assisté à la scène des milliers de fois.
Le couteau rend ardu l'identification du tueur, bien qu'aucune enquête ne sera de toute façon menée.
Cela pourrait tout aussi bien être l'arme d'un humain ou d'un saiyan. Et Kiui a bien fait à sorte de toucher le moins possible l'humain afin de ne pas lui transmettre son odeur.
Il ne veut pas qu'on l'identifie. Que Kiui tue un terrien n'a aucune importance du point de vue des autres saiyans. Nappa en tue pour s'amuser quasiment chaque semaine. Aucun saiyan n'aura jamais à se justifier pour un geste de ce genre.
Mais Kiui ne veut absolument pas que Miria sache ce qu'il a fait. Elle ne comprendrait pas son geste. Tuer un rival pour posséder quelqu'un était une pratique courante du temps de Vegetasai. Parfois, l'être convoité ne supporte pas la mort du proche et se révolte contre son bourreau en le combattant, l'un des deux se tuant dans le processus. Mais la plupart du temps, le fort obtient la personne qu'il convoite, l'être en question se soumettant d'instinct à l'entité supérieure.
Le fort attire son prochain.
Mais cela ne fonctionne pas ainsi avec les terriens.
Le pouvoir semble avoir un effet aphrodisiaque et magnétique sur certains. Cependant, ils demeurent des créatures sensibles, bien plus que les saiyans. L'amour chez eux ressemble à une dépendance malsaine pour la plupart des guerriers de l'espace, une tare qui rend les humains faibles et prévisibles. Et Kiui a bien compris que Miria est dans ce cas de figure.
Elle était attachée à son compagnon de façon humaine. Savoir que Kiui a tué son amant terrien ne va pas flatter l'égo de la jeune femme, bien au contraire. Si elle l'apprend, il n'obtiendra jamais ce qu'il veut d'elle.
Il s'est débarrassé d'un rival comme le ferait un saiyan. Mais maintenant, il doit cacher honteusement son acte comme le ferait un humain.
Dans ce cas, autant laisser le moins de traces et de preuves possibles.
Pour l'heure, il doit laisser les choses se tasser et permettre à Miria d'entamer son deuil.
Mais bientôt, il concrétisera ce pourquoi il a tué cet humain.
Miria sera à lui et l'aimera.
"- Chut…"
Un silence de mort règne. Logique. S'ils font le moindre bruit, ils sont perdus. Un son se fait entendre au loin. Il donne l'impression de se rapprocher. Comme un avion qui fendrait l'air en malmenant le ciel. Mais tout le monde sait que ce n'est pas un avion.
C'est un saiyan.
Les oreilles en pointe de maître Karin bougent sans logique. Ce bruit dans le ciel le met dans un état de stress insoutenable.
Âgé de plus de 800 ans, mais craintif comme un oisillon face à un chat… Ironique et cruel. La cause de cette terreur - qu'il n'est pas le seul à ressentir - est évidente. Si le saiyan qui patrouille dans le secteur détecte son groupe, ils sont bons pour encaisser une attaque. Et inévitablement perdre.
Bien qu'il porte le titre de "maître", Karin n'est pas un combattant. C'est un enseignant hors pair, doublé d'un excellent jardinier.
Mais ce n'est pas quelqu'un capable de tuer. Surtout un être comme les saiyans, doté d'un cuir bien trop épais pour que le petit terrien au corps de chat puisse en venir à bout.
Le bruit disparaît progressivement, mais maître Karin enjoint les autres à ne rien faire par un mouvement de queue.
L'aura du saiyan n'est pas suffisamment éloignée. Plus d'un groupe de réfugiés nomades s'est fait avoir en recommençant à bouger parce que le bruit avait disparu, alors que le singe de l'espace s'était contenté de stationner en altitude, prêt à attendre que des proies imprudentes se pensent faussement en sécurité. Tout le monde obéit automatiquement à l'ordre intimé par maître Karin. Tout le monde lui fait confiance.
Il est la raison pour laquelle leur groupe restreint est toujours libre au terme de trois années d'occupation.
Ça et le sacrifice du dénommé Yajirobé.
Les minutes passent dans le silence, uniquement interrompu par les bruits naturels de la forêt. Même les oiseaux semblent avoir compris qu'il se trame quelques chose. Ils piaillent moins qu'à l'ordinaire.
Karin met finalement fin au supplice. Frappant le sol boueux avec son bâton au sommet en forme de semi-crochet, il marque la fin de l'alerte. Il y a des respirations profondes, des gémissements de soulagements, des gens qui se prennent mutuellement dans les bras, mais pas d'exclamations de joie. Le stress est toujours présent.
Maître Karin gratte une croûte de boue accrochée à son pelage plus aussi blanc qu'auparavant, ne dit rien et laisse son groupe reprendre ses esprits. Un humain s'approche de lui.
"- Devons nous vraiment poursuivre vers la côte maître Karin ? Le saiyan semblait s'y diriger."
Avec ses larges muscles secs, ses marques de combat rouge sur les joues et la fougue qui émane de son regard, le jeune Upa passe pour un fier et compétent guerrier. D'un point de vue humain, il est indéniablement compétent. Mais contre un saiyan, le malheureux jeune homme ne tiendrait pas deux secondes.
L'hiver est pour bientôt Upa. Nous devons continuer de cheminer vers le sud. Nous ne tiendrons pas l'hiver si nous le passons dans la forêt.
Lui, ça irait. Upa aussi sûrement.
Mais certains membres de leur groupe sont définitivement trop fragiles, en partie à cause de cette vie de nomade qui dure depuis trop longtemps. Il y a par exemple une adolescente humaine qui sort d'une longue période maladive et qui aurait eu raison d'elle sans le savoir faire de maître Karin. Mais aussi un terrien à tête d'ours qui a fait une mauvaise chute deux semaines plus tôt et ne peut plus marcher à cause de son genou fracturé. L'humidité des forêts du nord, non loin de l'ancienne tour Karin, est un calvaire pour ces deux là et ralenti encore plus leurs guérisons.
Sans la présence de Loope, jeune ptérodactyle vert et crème capable de les porter tous les deux, la situation serait sûrement bien plus compliquée. Si les deux premiers sont les cas les plus parlant de leur équipe, d'autres membres ne tiendraient sûrement pas l'hiver dans ces contrées. Trop d'humidité, trop froid, trop de risque d'attraper une maladie à cause des animaux de la forêt.
Non, la côte plus au sud est une meilleure solution. Le vent fort de l'Ouest sera un calvaire et ils seront plus exposés aux patrouilles des saiyans.
Mais au moins, il ne fera pas plus humide que dans la forêt, ils auront plus chaud parce que plus au sud, le vent du littoral les protégera plus de la neige et se nourrir sera plus aisé.
"- Je comprend maître. C'est vous qui savez."
Expérience oblige, le terrien-chat est devenu le chef de ce petit groupe de nomade comptant une quinzaine de personnes. Il y a là autant d'humains que de terriens aux physiques d'animaux. Les humains savent que si on les capturent, ils seront envoyés aux camps. Et les non-humains savent qu'ils seront mangé sans état d'âme. Personne n'envie le sort de l'autre. Alors tout le monde se serre les coudes.
La capacité de détecter et d'analyser les auras est la principale raison pour laquelle le groupe hétéroclyte de Karin existe toujours au bout de trois ans.
Au début, il est resté en compagnie de Son Goku, Krilin, Son Gohan et Bulma Brief au QG de la Résistance. Mais cette base souterraine étouffait l'être plus que centenaire. Sa longue vie, il l'a principalement passé au sommet d'une tour tellement haute qu'aucun engin mécanique n'est capable d'arriver à son sommet sans geler. Alors vivre enfermé sous terre, sans sentir le vent sur ses moustaches ou respirer de l'air frais… Non. Impossible.
Maître Karin s'est rapidement découvert une limite qu'il ne connaissait pas et a quitté le QG de la Résistance au bout de six mois.
La séparation s'est fait en bon terme avec ses alliés et amis. Tous ont compris ce besoin de départ, même s'ils l'ont regretté. Maître Karin est un formidable enseignant, qui s'est révélé très utile pour enseigner les bases du combat et de la discipline au petit Gohan.
L'être ancien s'attendait à cheminer seul à travers les terres en esquivant les saiyans jusqu'à ce qu'il se fasse un jour attraper. A la base, c'est un ermite. Vivre et se débrouiller seul, il connaît.
Mais non. Il a eu la surprise de constater que plus d'une personne partageait son mal-être. Une vingtaine de réfugiés ont émis le souhait de l'accompagner. Après plusieurs discussions et mises au point, ils ne furent finalement plus que cinq à prendre la route.
Certains n'avaient apparemment pas compris quel était l'enjeu réel de cette décision.
Prendre la route avec Karin, cela signifiait rester dehors en permanence, qu'importe la pluie, le vent ou la neige. Qu'importe la chaleur. Aucune capsule à disposition parce qu'elles sont trop voyantes et bruyantes. Cela voulait dire trouver sa même sa nourriture, tuer si nécessaire et bien la préparer. Pas de toilettes. Pas d'eau potable à portée de main. Pas de douche. Pas de confort moderne. Pas d'écrans. Pas de moyens de transport. Une médecine naturelle et loin des antibiotiques.
Cela signifiait aussi risquer en permanence de tomber sur des saiyans à l'ouïe fine et au regard perçant.
D'où le choix de maître Karin de cheminer vers les touffues forêts du Nord-Ouest, dans la zone qui accueillait auparavant sa tour rapidement détruite par les envahisseurs. Cheminer seul à découvert, ça va. Surtout lorsque l'on fait sa taille et qu'on peut se déplacer rapidement. Il y a peu de chance qu'un saiyan voit en lui un met capable de le contenter et qui mérite l'énergie d'une chasse. Cheminer avec d'autres personnes est différent.
On est moins discret et il y a plus de (mal)chance que l'on attire la convoitise d'autrui.
Mine de rien, la compagnie n'a pas déplue à maître Karin. La présence de Yajiraobé, il y était maintenant habitué. Ce garçon enrobé et trouillard semblait avoir décidé de le suivre partout. Après l'avoir accompagné dans les souterrains et loué l'aspect sécurisant des lieux, le voilà qui retourne sa veste et suit Karin en vantant l'aspect plus sécurisant d'une vie nomade.
Le désormais orphelin Upa s'est également révélé être de bonne compagnie. Vaillant coeur épris de justice qui n'est pas sans rappeler Son Goku. Avec l'intelligence en plus.
Au fil des mois, le groupe a grossit.
Une personne isolée et affamée par çi, un groupe en fuite par là… Commencent refuser d'aider des compatriotes en souffrance ? Parfois, la route commune ne durait que quelques jours ou quelques semaines. Et d'autres fois, la ou les personnes rejoignaient définitivement dans le groupe. D'où le fait qu'ils soient quinze à présent.
Maître Karin tape son bâton sur le sol pour signifier qu'il est temps de prendre une pause. Loope, le ptérodactyle, respire lourdement. Il est de bonne volonté, mais transporter à pied deux personnes pendant plusieurs heures est fatiguant pour lui. Le chef de groupe compatit avec lui. Il devrait être dans le ciel à chasser, comme sa nature l'exige. Pas cloué au sol parce que sa chair plaît aux saiyans.
Le problème avec lui, c'est qu'il va sûrement devoir bientôt quitter le groupe. Il grandit. Il est de moins en moins discret quand il chemine au sol. L'environnement touffu de la forêt lui convient de moins en moins, avec les branches qui craquent sur son passage et son odeur de prédateur qui fait brailler les animaux. Loope pourrait finir par trahir leur présence auprès d'un saiyan un jour. Karin le sait. Loope le sait et accepte l'idée qu'il devra se retrouver seul. Tout le monde dans le groupe le sait.
Mais l'heure de la séparation n'est pas encore arrivée. Elle est imminente, Karin le sait. Il espère juste que quand il acceptera que cette fameuse heure soit arrivée, il ne sera pas déjà trop tard.
Au loin, un bramement de cerf se fait entendre. Karin n'aime pas ce bruit. Du moins, il ne l'aime plus. C'est à cause d'un cri du genre que Yajirobé a été tué.
Il y a sept mois, un saiyan a survolé le groupe. Comme d'habitude, Karin l'a détecté bien à l'avance et a intimé le silence. Rodé, tout le monde s'est exécuté. Pas un souffle, pas un bruit. Parfait.
Et là, d'un coup, à moins de vingt mètres d'eux, un brame de cerf.
Et le saiyan ayant une fringale qui décide de se faire un casse-croûte.
Il a brusquement atterri dans la forêt avec un bruit assourdissant, en empoignant directement le cerf par la nuque. D'un simple mouvement de poignet, il a mis fin à la vie de son futur repas. En relevant la tête, il a vu quelque chose qui lui avait totalement échappé : le groupe, situé juste en face et totalement à la ramasse face aux événements.
Ni une ni deux, la saiyan a lâché son goûter. Des terriens. Il a trouvé un groupe de terriens. Avec des humains et des terriens-animaux. De la main d'oeuvre pour les camps et de quoi renforcer son garde-manger personnel. Une aubaine.
Maître Karin s'est placé en face de lui, prêt à se sacrifier pour permettre la fuite des gens qu'il a appris à apprécier. Mais Yajirobé a été plus rapide que lui. Le sabre au clair, le brun, qui a sû rester enrobé malgré plusieurs années de sous-nutrition, a chargé comme un fou en hurlant. D'abord un cri de guerre, puis un message à l'adresse des siens : " partez ! ".
L'expérience que possède Karin lui a immédiatement indiqué le résultat final de cette confrontation.
Le saiyan est trop puissant. L'écart entre les deux forces trop important. Yajirobé va le retenir six minutes tout au plus. Et à la fin, l'humain va mourir. Si Karin combat aux côtés du sabreur, le temps monte à neuf minutes. Et à la fin, l'issue demeure la même.
Karin est bien plus utile en vie. Il est le guide, celui grâce auquel le groupe fonctionne. Sans lui, ce serait la fin du groupe. Parce qu'il est le seul à pouvoir détecter les dangers avant qu'ils n'adviennent. Parce qu'il a plus de 800 ans, et que la Terre et ses contrées n'ont aucun secret pour lui. Parce ce que tout le monde est prêt à lui obéir au doigt et à l'oeil sans rechigner.
Il le sait. Yajirobé le sait aussi. C'est pour ça que l'expert de la couardise a fait le choix de se sacrifier. La disparition de son ki a fait plus de mal à Karin que celui-ci ne l'anticipait.
Sept mois après, cette perte oppresse toujours le coeur de maître Karin. Il n'aurait jamais pensé qu'un humain comme Yajirobé puisse lui manquer. Mais c'est ainsi. Son nom s'ajoute à la longue liste des personne que Karin a perdu au fil des siècles.
Tel est le fardeau de celui qui ne vieillit pas.
Oh, Karin n'est pas immortel, il le sait bien. Il peut aisément être blessé et mourir.
Mais la mort semble bien décidée à ne pas venir le cueillir dans l'immédiat. Elle choisit toujours les autres. De préférence celles et ceux qui auraient, pour le coup, été vraiment à même de faire face aux saiyans.
Karin ne sait pas s'il verra la fin de cette guerre.
Ce qu'il sait en revanche, c'est que la Terre, au sens planète, s'en sort toujours. Il l'a vécu tout au long de ces siècles.
La population change, une race en massacre une autre, une espèce devient dominante, la technologie évolue, un certain type de pensée prend le pas sur les autres… Bref, le monde bouge, énormément d'êtres sont perdus en chemin, mais la vie de la Terre continue.
Les saiyans sont des monstres sans coeur. C'est la raison pour laquelle Karin se dresse, modestement, contre eux.
Mais s'ils avaient été différent, même un chouille, le sage se serait sûrement contenté d'observer le déroulement de l'histoire sans rien faire.
L'Histoire est en marche. L'Univers évolue.
Et s'il a été décidé que les saiyans remportent cette guerre et asservissent la Terre, alors ni Karin, ni Goku, ni personne sur cette planète ne peut changer le cours des choses.
Bulma regarde fixement le plafond en bois de rose. Elle n'a pas grand-chose à faire d'autre.
Après la séance dans la douche, Vegeta est retourné rapidement dans sa chambre en la laissant derrière, a farfouillé des tiroires, puis l'a abandonnée toute seule dans la chambre. Sans doute a t-il emporté des documents saiyans avec lui, car quand Bulma s'est mise à farfouiller la chambre, elle n'a rien trouvé d'intéressant pour la membre de la Résistance qu'elle est.
De toute façon, Vegeta n'a pas l'air de travailler dans sa chambre. Ni même d'être souvent dans sa chambre. Aucun trophé, tout semble être installé dans les autres pièces de ses quartiers, là où il reçoit.
Vegeta passe sûrement plus de temps dans l'immense salle de bain où il l'a emmené que dans sa chambre.
Tout ce que Bulma a trouvé de vraiment intéressant, ce sont des combinaisons et armures de rechange, dont certaines abordent des formes et des couleurs qu'elle ne connaissait pas. L'une d'elle, particulièrement abimée, présente du rouge sur certaines parties au lieu de la couleur cuivre habituelle, complétée par une cape à revers, d'un côté rouge et de l'autre côté, bleu. Sûrement un souvenir, bien qu'allier les termes "Vegeta" et "sentimental" fasse drôle à Bulma.
Pour le reste, la chambre est spacieuse mais quasiment vide. Les tableaux ont été enlevés et il n'y a aucun écrit à lire.
La pièce n'est pas immense en soi, la salle de bain est même plus grande. Il y a le lit ovale, plusieurs commodes d'un bois aux reflets miel quasiment vides et un accès à un petit balcon qui donne sur un paysage quelconque. Le sol est recouvert d'une moquette onctueuse sous les pieds, mais qui manque manifestement d'entretien. Nombreuses sont les traces de boue et de sang séché.
Vegeta passe certainement directement par ici après ses entraînements et escapades, sans suffisamment laisser les serviteurs humains effectuer le ménage. Et vu que ce n'est certainement pas môssieur le suzerain qui va passer la serpillère... A la réflexion, les pièces dans lesquelles Vegeta a l'air de passer le plus clair de son temps ont plus de charme que cette chambre. Bulma apprécie tout de même qu'il n'y ai pas de trace de fourrures dans la pièce. L'idée d'avoir couché avec Vegeta en présence du cadavre d'un terrien au physique animal, un compatriote, la met très mal à l'aise.
La terrienne a remis ses habits de la veille, se lamentant au passage sur la mort de son soutien-gorge, et s'est laissé tranquillement flotter sur le lit de leurs folies.
Vegeta l'a enfermé dans la chambre.
Dans sa solitude, Bulma a également entendu des personnes s'activer dans le reste de l'appartement, de l'autre côté de la porte de la chambre. C'est difficile à croire, mais il semblerait que Vegeta soit en train de faire réaménager son intérieur, à forte probabilité pour elle. Etrange, mais il est vrai que loin de la tuer, il s'est de nouveau jeté sur elle au petit matin.
Il aurait pu la ramener à son cagibi, mais il n'en a rien fait.
Tout porte donc à croire que Vegeta est en train de s'organiser pour la garder près de lui.
Incroyable.
Bloquée dans cette immense chambre confortable, Bulma n'a pas grand-chose à faire si ce n'est observer le plafond. Il y a bien un balcon, mais le temps aujourd'hui est trop froid pour rester plusieurs minutes dehors. Surtout avec les quelques vêtements dont elle dispose.
Alors elle réfléchit.
Elle pense à ce qui c'est passé la veille. A ce que cela implique, à la fois pour elle, mais aussi pour tous les humains qui lui ont accordé leur confiance.
La chef de la Résistance Bulma Brief a couché avec le roi des saiyans Vegeta. Et elle n'est pas restée passive durant cette activité.
Un horrible sentiment de culpabilité la ronge. Certes, elle a profité de la situation pour arracher une promesse à Vegeta qui pourrait sauver de nombreuses vies, mais cela n'enlève rien à la culpabilité qu'elle ressent. Bulma Brief a ressenti du plaisir entre les bras du saiyan et elle lui a retourné sa passion. Loin de se contenter d'un seul round, Bulma et Vegeta en ont réalisé plusieurs durant la nuit et ont réitéré l'action au petit matin.
Tout ceci est loin d'avoir été un acte unique et sans suite.
La fierté de la terrienne en a pris un coup.
Vegeta lui a donné la possibilité de faire marche arrière à un moment. Elle aurait pu lui dire non. Bulma aurait pu lui dire d'aller au diable et de la lâcher. Mais ce n'est pas ainsi que cela c'est passé. Elle a cédé. Elle a cédé à ses envies qu'elle tentait de refouler depuis plusieurs semaines et a choisi de se donner à lui. Qu'importe la promesse qu'elle lui a arraché.
Bulma ne peut pas s'enlever de l'esprit qu'exiger quelque chose de la part de Vegeta en échange de son abandon dans ses bras ressemble à de la prostitution. Elle voudrait trouver un autre terme pour définir ce qui c'est passé la veille, mais elle n'y parvient pas.
Seul point de consolation : Bulma est sûre que la fierté du saiyan a elle aussi été durement blessée dans le processus. Le roi de la race des guerriers, obligé de faire une concession pour obtenir une femme, une humaine… Nul doute que son petit manuel du « parfait saiyan » ne contient aucun chapitre à ce sujet.
De toute façon, les suppliques et l'émotion dans ses yeux la veille ont été suffisamment explicites pour Bulma.
Vegeta s'est abaissé très bas devant elle. Et il est peu probable qu'il l'oubli ou s'en remette complètement un jour.
Bulma roule de nouveau sur l'immense lit ovale aux draps pourpre. La nuit dernière n'a été que plaisir et jouissance.
Sans être doux, Vegeta n'est pas non plus violent ou sadique.
Il est dans un style plus affamé et naturel, presque animal. Et surtout possessif. Le saiyan ne l'a certes pas enlacé à la fin de leurs ébats afin de passer la nuit tout contre elle, mais il n'a pas été avare d'empoignades durant les ébats en question, ni d'embrassades avides. Les zones colorées sur le corps de la terrienne peuvent en attester.
Ces marques ne lui font pas mal en soi, mais les observer rappelle à Bulma chaque sensation et images de la veille.
Alors elle tente de penser à autre chose.
La femme aux cheveux bleus aurait préféré que Vegeta soit violent. Qu'il soit un pitoyable amant, ou même un pauvre type uniquement concerné par son propre plaisir. Mais ce n'est pas le cas. Vegeta est doué. Il lui a fait ressentir et expérimenter des choses qui lui ont fait perdre pied. Et Bulma se retrouve à se flageller elle-même d'avoir autant crié et jouie quelques heures plus tôt entre les bras de son ennemi.
Elle ne sait pas à quoi tout cela va les mener. Cela dépendra sûrement de l'évolution des évènements du côté de Vegeta. Il se lassera un jour d'elle et tout s'arrêtera, dans le sang ou non. Bulma sait que la fin ne pourra pas venir d'elle. Parce qu'à présent qu'elle a commencé ça, elle a beaucoup à perdre à être celle qui l'arrêtera. Se refuser à Vegeta à partir de maintenant, alors qu'il semble avide de poursuivre leurs ébats, ce serait encourir le risque de voir de nombreux terriens payer pour ce refus.
Bulma a décidé du début en donnant son accord. Ce sera Vegeta qui décidera quand tout cela finira. Qu'elle ait eu accès à son lit n'enlève rien au fait que la terrienne est son petit oiseau en cage. Les bruits émanant de l'appartement sont explicites. Elle est en train de troquer une cage, son cagibi, contre une autre cage plus vaste et confortable, la chambre de Vegeta.
Cependant, Bulma ne peut s'empêcher de penser qu'une occasion inouïe se présente à elle.
L'humaine a eu un incroyable pouvoir sur Vegeta la nuit passée et elle en a profité. La promesse, si Vegeta la respecte, pourrait sauver de nombreuses vies. Bien que persuadée qu'une telle opportunité, une telle position de pouvoir, ne se représentera jamais, Bulma se dit qu'elle a une carte à jouer. Elle peut jouer le rôle de distraction. Elle peut acheter du temps à Goku, Gohan et Krilin, et donc acheter du temps à la Résistance.
Si Vegeta est avec elle, il n'entraine plus ses troupes. S'il pense à elle, il ne cherche pas à localiser la Résistance. Même si ce n'est qu'une heure par jour, c'est toujours cela de gagné. Les saiyans ont, Bulma l'a bien compris, beaucoup soufferts dans l'espace.
Sur Terre, leur comportement naturel s'oriente plus vers l'oisiveté que le travail ardu. Certes, ils s'entrainent pour gagner en puissance de combat, mais chez eux, cela s'apparente à du plaisir.
En revanche, traquer des gens, surtout sans scouter, ne leur apporte que rarement de la joie.
L'apprentissage de détection des auras s'avère être extrêmement dur d'après ce que Bulma a compris. Les puissants et les jeunes s'en sortent mieux, mais la majorité des saiyans présents sur Terre, à savoir des Troisièmes Classe que Vegeta aurait bien troqué contre d'autres saiyans, se montrent assez hermétiques à cette nouvelle forme d'apprentissage.
Vegeta passe un temps monstrueux à leur prodiguer ses enseignements. Si la roi des saiyans ne s'y colle pas, il y a peu de chance que les autres s'y collent d'eux même.
Kiui est trop jeune pour avoir une véritable légitimité auprès des troupes. Jinsokuna n'est pas assez puissant pour se revendiquer instructeur, il est même considéré comme un ambitieux qui n'a pas les moyens de l'être. Le vétéran de Première classe à la tête du principal camp d'entraînement au combat, Kikuimo, n'a rien compris à la nouvelle technique de détection et ne peut donc pas l'enseigner. Radditz souffre toujours de son ancien statut de Troisième Classe et manque lui aussi de légitimité.
Le seul à avoir une légitimité pour assurer le rôle d'enseignant à la place du roi, c'est Nappa. Et le moustachu oisif aime trop profiter de la vie terrestre pour aller de lui même chercher des troupes afin de les entraîner.
Non, si Vegeta ne prend pas intégralement l'entraînement et le pouvoir en main, il y a de fortes chances que les saiyans se contentent de vivoter et de faire tourner les choses sur Terre en pensant à leur poire en premier. Idéal pour permettre à la Résistance de s'organiser.
Des flashs de la nuit passée reviennent en mémoire à Bulma. Elle pousse un soupir las alors que la chaleur envahit ses joues et ses oreilles. La terrienne peut comploter autant qu'elle veut pour tenter de se redonner bonne conscience, cela n'enlève rien au fait qu'elle a expérimenté un nombre important d'orgasmes grâce à Vegeta et qu'une partie d'elle-même n'est pas contre le fait de recommencer.
Pathétique. Bulma aurait souhaité remonter quinze années en arrière, à l'époque où tout était facile et qu'aucun homme n'était encore entré dans sa vie. Avant Yamcha et Goku. Avant la quête des Dragon Ball.
A l'époque, tout était simple. Une famille et un empire économique à ses pieds, un lycée où elle s'emmerdait, bref, une vie facile, sans contrainte, où le plus grand de ses dilemmes quotidien se résumait à choisir sa tenue. Futil et superficiel, mais bien plus facile à vivre en comparaison avec son existence actuelle.
Exceptionnellement, le fait de se faire enfermer toute la journée ne la dérange pas. Bulma ne veut voir personne. Elle ne veut pas soutenir le regard moqueur de Kiui, qui a sans doute déjà tout deviné étant donné qu'il n'a pas pu lui amener à manger aujourd'hui. Elle ne veut pas que Nappa la renifle avec excitation pour détecter l'odeur de son roi sur elle. Elle ne veut pas qu'un humain, un compatriote, la voit en train de sortir de la chambre du suzerain des saiyans.
Et ce qu'elle ne veut surtout, surtout pas, c'est que la Résistance l'apprenne. Le Conseil. Peterson. Frederick. Gladys. Lunch. Krilin. Gohan. Goku. Et si sa mère s'était réveillée et qu'elle l'apprenait...?
Mais rien ne sert d'être naïve. Evidemment que cela se saura. Les saiyans en parleront entre eux, s'imaginant les ébats entre elle et Vegeta, la bave aux lèvres. Les serviteurs humains faisant le ménage dans les appartements du roi des saiyans le sauront et feront circuler l'information à force de murmures et de chuchotements. Et finalement, l'information remontera jusqu'à la Résistance et arrivera jusqu'aux oreilles de ses amis.
L'Histoire ne retient généralement pas les raisons qui ont poussé des personnes à commettre certains actes. Elle transmet simplement la mémoire des faits. Et le fait est que Bulma Brief a couché avec le saiyan Vegeta.
Glorieux héritage.
Si elle meurt dans les prochains mois, est-ce que ses amis, ses proches, ceux qui ont crû en elle se souviendront de Bulma Brief pour autre chose que sa luxure en compagnie de Vegeta ? Est-ce qu'au fond de leur coeur, ils sauront lui pardonner cette trahison et se souvenir qu'avant cela, elle a fait le maximum pour faire pérenniser l'existence des terriens face à l'invasion saiyan ? Chériront-ils toujours son nom ou cracheront-ils dessus en la reniant de toutes leurs forces ?
Bulma imagine l'air déçu et consterné de Goku et Krilin. Le désarroi du petit Gohan, son petit Gohan qui l'aime tellement qu'il ne voit pas ses défauts et la met sur un pied d'estale. Peterson qui sort son revolver de sa veste pour lui tirer dessus. Gladys qui la gifle de toutes ses forces. Frederick qui s'effondre sur lui-même. Lunch qui l'étrangle à mains nues.
Et son père… Son père au Paradis qui l'observe et doit être plus que déçu par son acte. Son père si fier de sa fille jusqu'au bout de sa vie, qui doit probablement la renier de toutes ses forces. Il ne doit pas être le seul là haut à être déçu.
Yamcha.
Oh Yamcha… Bulma n'a pas pensé à lui une seul seconde. Lui, celui qui se rapproche le plus de l'amour de sa vie, l'homme qui s'est sacrifié pour qu'elle puisse échapper aux saiyans. Lui qui est mort pour qu'elle vive et soit libre.
Lui, qui a offert à Bulma un baiser d'adieu pour lui signifier que malgré toutes les disputes, séparations et colères, elle reste la femme de sa vie, celle pour lequel son coeur de guerrier bat. Celle pour qui, à travers la vie et la mort, il se battra toujours. Yamcha. Yamcha que Bulma a complètement oublié. Yamcha qui est mort à cause des saiyans, à cause de Vegeta. Yamcha qu'elle a tellement trahi.
Oh oui, il est celui que Bulma a le plus trahi.
La terrienne doute qu'elle puisse un jour envisager de le revoir. Trop de honte. Elle n'a plus le droit de vouloir le revoir. Elle ne mérite même plus de se retrouver au même endroit que lui. Ce n'est pas seulement le fait d'avoir couché avec Vegeta qui amène Bulma à cette conclusion. C'est surtout le fait que Yamcha n'a eu aucune place dans son esprit alors qu'elle trahissait de la plus grande des façons son sacrifice et l'amour qu'il lui porte.
Ces pensées donnent des nausées à Bulma.
Elle angoisse.
Elle a honte.
Alors elle se répète que ses options étaient restreintes la veille. Elle aurait pu repousser Vegeta, mais il aurait pu la tuer pour ça et elle n'aurait alors pas arraché sa promesse à Vegeta. Elle aurait pu ne pas coucher avec lui, mais alors ne se trouverait pas dans la tanière du loup, prête à accaparer l'attention du prédateur pour donner un répit à la Résistance.
Bulma ne peut pas se permettre de trop se laisser aller à la culpabilité. Si elle le fait, elle finira par se jeter du haut du balcon à cause de la honte. Hors de question. Il y a toujours un avantage à tirer d'une situation, aussi casse-gueule et terrible soit elle.
Le roi des saiyans ne réapparaît que tard dans l'après-midi, alors que le soleil est déjà couché.
Il se présente en sueur, l'armure poussiéreuse et les gants maculés de sang, un air satisfait sur le visage. Il revient sans doute de l'entraînement.
Il a dans les mains un plateau avec de la nourriture et un verre au contenu marron sans être opaque.
Il pose le plateau et lui tend le verre.
- Bois. C'est du lait de lune, lui ordonne-t-il en regardant son ventre.
Bulma s'exécute, reconnaissante. L'idée qu'elle puisse tomber enceinte et qu'elle rejoigne la Chambre de Reproduction lui a bien effleuré l'esprit durant sa journée en solitaire.
Que Vegeta lui procure de lui-même un moyen de contraception facilite les choses et lui épargne la tâche de devoir formuler ce type de demande, si besoin renforcé par du chantage.
Elle se serait tué plutôt que de tomber enceinte et de se retrouver droguée et attachée aux côtés d'Indra et de Laëti.
La terrienne boit consciencieusement le contenu du verre en entier, sans gâcher une seule goutte. A présent, elle peut se considérer elle-même comme une concubine. Les saiyans qui ne veulent pas perdre les femmes avec lesquelles ils apprécient de coucher les empêchent de tomber enceinte. Leur roi agit exactement pareil en cet instant précis. Bulma espère juste qu'il ne la forcera jamais à rejoindre le harem du palais.
Elle ne supporterait pas de se retrouver au milieu de ses compatriotes dénudées et de subir leurs regards et leurs questions.
Vegeta prend une douche tandis qu'elle mange le repas qu'il lui a apporté. Elle n'a rien mangé de la journée et aurait dû être affamée, mais non. Bulma picore plus qu'elle ne mange. La conséquence de la honte et de l'angoisse.
Sa solitude ne dure guère.
Quelques minutes plus tard, Vegeta revient vers elle, nu et sommairement essuyé, les yeux plissés dans une moue concentrée mais un sourire retors aux lèvres. Bulma rit en le voyant ainsi, tellement transparent quant à ses intentions.
"- Je ne vais pas disparaître. Tu pourrais au moins te sécher convenablement."
Sans un mot, il comble la distance entre eux et la soulève sous les cuisses pour l'emmener vers le milieu du lit.
Elle pousse un cri de surprise en sentant la peau mouillée du saiyan coller à ses vêtements et sa peau.
"- Je suis le roi de la puissante race saiyan femme", lui dit-il en s'attaquant à son pull, satisfait de constater qu'elle ne porte pas de soutien-gorge. "Je fais ce que je veux.
- « Femme » ?", réagit Bulma avec une moue interrogative en faisant exprès de le gêner pour l'empêcher de lui enlever son pull. "C'est nouveau ça. Je ne suis plus juste « terrienne » ou « oiseau » ?
- Il me semble que tu m'as bien prouvé hier que tu étais une vraie femme", déclare avec malice Vegeta en délaissant son pull pour lui flatter la croupe.
"- Devrais-je te trouver un surnom également ?", réplique une Bulma désabusée. "« Homme » peut-être ? Ou tu préfères « saiyan » ? Tout mais pas « roi »."
Il la renverse soudainement sur le ventre et lui soulève le bassin, laissant l'une de ses mains frotter son entrejambe à travers son jean. Elle se tend sous cette caresse en agrippant le drap du lit.
Sans interrompre son action, Vegeta se penche vers la tête bleue de Bulma, dont la respiration s'est accélérée.
"- Pas besoin de parler femme. Commence donc d'abord par soupirer et crier", lui murmure-t-il tout contre son oreille.
Elle tourne la tête pour lui adresser un sourire de défi. Vegeta le lui rend.
La nuit promet d'être elle aussi intéressante.
Chapitre achevé avec une tisane bien chaude à mes cotés, fiou...
J'entend bien que certains ne seront pas d'accord avec la façon dont se déroulent les évènements, mais j'ai voulu éviter le plus possible la voie du mélodrame pour ce chapitre. A mon sens, Bulma a toujours été quelqu'un qui avance sans trop regarder en arrière et à trop analyser une action à un évènement T pour la regretter ou ne pas l'assumer plus tard.
Mais bon, après, les goûts et les couleurs... ;)
N'hésitez pas à me laisser une appréciation ^^
