Bonjour à toutes et à tous !
Je sais, ça fait super longtemps, et j'en suis désolée...
Mon excuse a été vue et revue : mon ordi a planté.
Le beau plantage bien chiant qui force à réinitialiser complètement l'ami de notre créativité et donc, à perdre nos données.
J'ai, entre autre, perdue plusieurs dizaines de pages de "Ma Terre".
Je vais donc m'activer pour réécrire ce que j'ai perdue.
Encore désolée pour l'attente, j'espère que ce chapitre vous plaira !
Bonne lecture !
**V2**
Nappa attend son roi depuis plus d'une demi-heure lorsque ce dernier daigne enfin l'honorer de sa présence, avec pour seule tenue sa combinaison en élasthanne.
Il sent la sueur froide et le sexe. Mais surtout, Nappa peut sentir l'odeur de la terrienne aux cheveux bleus émaner de lui, comme si c'était son odeur corporelle propre. Quelques images fantaisistes parviennent au cerveau du moustachu et il étouffe un ricanement rêveur.
Vegeta fronce les sourcils et lui fait signe de se diriger vers le balcon. Le roi n'aime pas voir Nappa renifler l'air en direction de sa chambre.
"- Qu'est-ce que c'est ?
- Des nouvelles du camp N-02. L'une des concubines humaines de Kikudjisha est enceinte. Il nous l'envoi dès demain. Juste le temps d'en profiter une dernière fois", achève-t-il avec un sourire gourmand.
"- Bien. Ce n'est pas la première fois qu'il nous en envoi une.
- C'est la septième. Aucun de ses rejetons n'a encore survécu. Le pauvre gars s'affole de ne pas encore avoir de chiard. Il a peur de prendre du retard."
Vegeta n'ajoute rien et observe le lever de soleil au loin. En cet instant précis de la journée, les rayons rouges de l'astre lui rappellent le ciel de Vegetasai.
Il se remémore alors tout ce que lui et son peuple ont perdu.
Mais alors que ce même ciel devient bleu, il constate ce qu'il a accompli pour son peuple en perdition et ce qu'ils ont gagné. Une planète, un foyer, une race à leur service et l'occasion de faire renaître les saiyans de leurs cendres.
Nappa aussi aime regarder le paysage à l'horizon. Parce qu'il est objectivement beau.
Mais il y a autre chose dont il a encore plus envie.
"- Alors Vegeta, la terrienne ? Elle est comment au lit ?", demande-t-il d'un ton graveleux. "Elle doit être sacrément douée pour te retenir éloigné comme ça de l'entraînement. Il faut que tu me dises comment tu as réussi ce tour de force."
Nappa a toujours été proche de Vegeta. C'est lui qui a obéit à la dernière directive de l'ancien suzerain et protégé au mieux l'enfant-roi des maltraitances pour lui permettre d'endosser le rôle auquel il est destiné.
Chaque jour, il l'a entraîné et lui a procuré une nourriture digne son rang, quitte à priver de sa portion quelqu'un d'autre.
Nappa a transmis à son actuel roi tout ce qu'il sait de la culture saiyan et des rites de passages de leur espèce. Plusieurs saiyans l'ont soutenu dans cette tâche, mais c'est bien lui qui a joué le rôle père, ou à la limite de frère de substitution, et formé Vegeta à son futur rôle. Ce dernier l'a récompensé en le nommant second. Parce que Nappa est le plus fort après lui et qu'il le mérite, bien que Vegeta entretienne la flamme vindicative de son second de manière cruel, à savoir lui faire croire que sa place pourrait être à tout moment ravie par un jeunot.
En privé, Nappa peut tutoyer son roi. Ensembles, ils discutent de choses que Vegeta ne veut partager avec personne d'autre.
Quelques saiyans bénéficient eux aussi d'un certain lien avec leur roi, mais rien de comparable avec ce qu'il entretient avec Nappa. Les rares fois où Vegeta a un doute ou une interrogation, c'est vers Nappa qu'il se tourne pour avoir un avis.
S'il a une question concernant une tradition saiyan, c'est aussi chez Nappa qu'il se renseigne pour avoir le mot de la fin.
Et le moustachu compte bien tout faire pour que cela reste ainsi.
Il faut dire que le quinquagénaire fait tout pour conserver sa position actuelle.
Sans empêcher les autres saiyans de rencontrer leur roi, il est vrai que Nappa a en quelque sorte verrouillé l'accès au suzerain. Quelques privilégiés comme Kiui, Radditz et le chef du camp d'entraînement Kikuimo peuvent directement voir Vegeta sans en passer par Nappa. Mais pour les autres, il faut courber l'échine devant le second. Sinon, c'est la rouste assurée. Et personne ne veut prendre une rouste de la part de Nappa.
Ce dernier reste donc celui par lequel Vegeta passe pour savoir au jour le jour comment évoluent les camps et gouvernent les saiyans. Il est donc logique que dans l'intimité de leurs réunions, ils discutent d'autre chose que de la guerre, la colonisation et la tradition saiyan.
Poser des questions à Vegeta quant aux performances sexuelles de Bulma Brief est logique. Ils ont tous deux parlé de nombreuses fois de leurs petites sauteries avec des terriens et des terriennes. Vegeta n'est pas quelqu'un d'aussi expansif que Nappa à ce sujet, mais il finit toujours par se prendre au jeu et lâcher quelque chose.
Pas cette fois.
Et Nappa n'a rien vu venir.
Vegeta lui administre un formidable coup de poing dans l'estomac, tout en lui tenant une épaule pour éviter qu'il soit projeté au loin.
Le poing nu s'enfonce profondément dans l'estomac du moustachu, qui se plie en deux tellement la douleur est immense. Impossible de crier ou de respirer. Nappa tente de se redresser pour regarder Vegeta de ses yeux exorbités, mais son roi lui attrape le visage et les fait tomber du balcon.
Leur impact au sol est sonore et provoque quelques fêlures sur la pierre claire qui entoure les murs du château.
Nappa est celui qui encaisse intégralement le choc avec sa poitrine et son ventre. Vegeta lui a atterrit sur son dos, lui meurtrissant les omoplates.
L'une des mains du roi serre la nuque de son second, tandis que l'un de ses pieds appuie douloureusement sur son dos, entre ses omoplates. De la bile sort de la bouche de Nappa, encore sous l'effet du coup précédent. Malgré tout, il tente de balbutier quelque chose.
"- Vegeta…
- Tais-toi."
Le pied du saiyan s'enfonce encore plus dans le dos de son compatriote, lui arrachant un cri de douleur.
Vegeta le redresse, le tourne et le plaque contre le mur d'une seule main, s'assurant que son visage surplombe bien celui de son second.
"- Ne cris pas. Elle dort toujours. Si elle se réveille par ta faute, tu meurs."
Nappa n'ose même plus regarder son supérieur. Quelque chose en lui l'en empêche, comme un instinct de survie.
L'aura de son roi n'a rien d'explosif.
Elle est au contraire froidement maîtrisée, tout comme le ton de sa voix.
Nappa a peur. Bien sûr, il a toujours craint son jeune roi, c'est normal. Vegeta est le digne héritier de la famille royale de Vegetasai et sa puissance est d'un tout autre niveau comparée à celles de ses compatriotes, Nappa compris. Mais là, c'est différent.
Ce qui se passe en cet instant précis va plus loin qu'un simple écart de puissance.
Vegeta est en colère. Vegeta a été offensé par ce que Nappa a dit. Vegeta réagit d'une façon illogique.
Il menace son second à cause d'une humaine.
Cela le rend imprévisible et d'autant plus dangereux.
"- Je ne le dirais qu'à toi Nappa. Et ce sera la première et la dernière fois. Charge-toi de faire passer le message aux autres. Personne ne me posera des questions sur ce qui ce passe entre la terrienne et moi. Personne n'ira l'embêter. Personne ne fantasmera sur ce qui m'appartient. Si j'entends quiconque en parler, vois quelqu'un l'observer ou détecte une personne en train d'espionner nos auras, je le tue. Et toi dans la foulée."
Nappa ne dit rien, mais acquiesce avec la tête pour lui donner sa parole, de la sueur dégoulinant par tous les orifices de son corps.
Satisfait par sa parole et sa terreur, Vegeta le lâche sans sourire, laissant son second s'affaler contre le mur en toussant.
Le roi s'élève sans un mot dans les airs pour regagner ses appartements. Il doit prendre une douche avant d'aller s'entraîner.
Nappa reste quelques minutes à terre en reprenant son souffle. Il enlève son armure déformée pour laisser plus d'espace à son ventre malmené. La douleur ne se calme pas.
Le coup de Vegeta n'a rien cassé, mais les muscles des abdominaux du moustachu ont été tellement malmenés que la douleur va sans doute rester présente plusieurs heures.
Nappa est en colère. Il a honte.
Il vient de se faire victimiser par Vegeta à cause d'une humaine, d'une petite souris.
Il ne pourra jamais en parler à personne tellement la précédente scène a été déshonorante pour lui.
Le saiyan a besoin de passer ses nerfs sur quelque chose, une cible facile.
Le premier humain qui passe devant lui est mort.
La terrienne le regarde avec concentration. Ce n'est pas la première fois, mais l'intensité dans ses orbes bleues déconcerte un chouille Vegeta.
Surtout quand il sort de la douche, nu, détendu au possible, et qu'il ne s'attend pas à ce que quelqu'un l'attende devant la porte.
"- Quoi ?"
Elle ne répond rien.
Elle le regarde juste, sans sourire ou grimacer.
"- Quoi ?"
Toujours pas de réponse. Mais elle bouge enfin. Elle s'avance avec légèreté, comme portée par sa propre volonté personnelle. Curieux, Vegeta ne fait rien et laisse faire.
Il fait bien.
Bulma Brief se place en face de lui et avance sans trembler ses frêles mains vers son visage. Elle les fait glisser le long du visage tanné de Vegeta, les glisse jusque dans ses cheveux.
Le roi des saiyans laisse faire, hypnotisé par la lenteur et la régularité des mouvements de l'humaine. La terrienne n'a jamais agit de la sorte.
Et comme elle ne peut pas lui faire grand mal avec sa force minuscule, il laisse faire.
Les mains cheminent toujours dans sa chevelure en forme de flamme. La lenteur languissante se transforme en passion. Et c'est avec la même passion qu'elle pose ses lèvres sur les siennes et l'embrasse à pleine bouche.
Il y a répond rapidement et avec la même énergie, grisé par la ferveur avec laquelle l'humaine fait bouger sa langue contre la sienne.
Le corps de Bulma et ses courbes se plaquent contre le torse nu et humide du saiyan. Il aime sentir la sensation des seins de l'humaine contre ses pectoraux. Elle laisse l'une de ses mains quitter sa tête pour descendre vers ses fesses, plus particulièrement la queue de singe de Vegeta, zone fortement érotique de son amant.
Un frisson remonte le long du dos du saiyan, de sa queue à sa nuque.
Ses mains musclées s'activent aussi et il plaque encore plus la terrienne contre lui, prêt à la déshabiller pour qu'elle se retrouve dans la même tenue que lui : nue.
Vegeta ne s'en rend pas compte, mais il se passe aujourd'hui quelque chose d'important.
Une semaine après leur première nuit de passion, Bulma a, pour la première fois, pris l'initiative de coucher avec le saiyan.
Parce qu'elle en a envie, parce que son corps en a envie. C'est elle qui vient de décider de le faire. Pas lui.
Pour lui, cela ne fait aucune différence. Mais pour elle, c'est ultra-symbolique.
"- Vegeta, j'ai besoin que l'on rapatrie mes livres ici.
- Tes livres ?
- Je m'ennuis.
- Pardon ?"
Avec sa nudité et son air scandalisé, Bulma Brief trouverait presque Vegeta, le roi des sanguinaires saiyans, mignon. Parce qu'elle sent qu'il va se mettre en rogne si elle ne s'explique pas mieux, Bulma rampe sur le lit et se positionne en face de lui, mais dans le sens inverse. Leurs visages sont l'un en face de l'autre, mais pas leur corps. Vive le lit démesuré...
Bulma commence à dessiner des arabesques sans formes sur le torse musclé du saiyan avant de poursuivre. Dehors, le soleil se couche. Il faudra qu'elle pense à manger avant de s'endormir. Si Vegeta lui en laisse la possibilité bien sûr.
"- Tu n'es pas tout le temps là. Je passe de longues heures à errer toute seule sans rien faire dans cet appartement. Le balcon est super, mais j'ai besoin de m'occuper."
Un baiser sur le pectoral. Puis un autre. Vegeta laisse faire, mais n'est toujours pas satisfait de l'explication.
"- Si je m'ennui, je vais dépérir, tu le sais… Ce n'est pas ce que tu veux, pas vrai ?"
Elle roule sur le dos et s'étire comme un chaton, en lui faisant les yeux qui vont avec. Un sifflement agacé échappe à Vegeta. La terrienne a assez rapidement compris comment obtenir ce qu'elle veut, et ce assez tôt au début de sa captivité. Supplier quand c'est nécessaire, courber l'échine, le flatter pour arriver à ses fins… Tout cela, elle sait faire depuis quatre mois.
Mais depuis dix jours qu'ils couchent ensembles, Bulma Brief a fait passer le jeu à un tout autre niveau. Maintenant, elle minaude, fait les yeux doux, caresse, embrasse.
Le tout sans jamais oublier de lui sortir des arguments logiques, ou de mauvaise foi, pour le convaincre qu'elle a raison de lui faire cette demande.
"- Je trouve que tu es loin de dépérir."
Mais Vegeta aussi sait jouer. Il l'a toujours su et il a l'impression qu'avec Bulma Brief, il s'améliore de jour en jour.
"- Je trouve même que le sommeil te va bien. Tu as l'air plus reposée."
Il attaque sa gorge, puis sa clavicule. L'une de ses mains va se perdre sous les draps à la recherche d'un sein.
Elle lui répond en suçotant la peau offerte du cou de boeuf du saiyan.
"- Je pense que ce dont tu as besoin, c'est d'encore plus dormir. Et sans doute que je peux t'aider pour ça."
Vegeta respire profondément l'odeur de l'humaine, qui change en rythme avec les émotions et sensations qui l'envahissent. L'une des mains frêles de la terrienne vient se perdre dans ses cheveux de jais.
Mais loin d'abandonner l'argumentaire, elle lui glisse entre les doigts pour caler son visage face au sien. Ses grands yeux bleus happent le regard noir de Vegeta, qui arrête ce qu'il fait pour mieux s'y noyer. Fini les minauderies.
La demande est sérieuse et Bulma Brief est prête à employer un autre ton.
"- Tu sais que j'ai raison Vegeta. Aller me chercher mes livres ne te coûtera rien. J'en ai besoin."
Personne n'ose lui parler ainsi. Surtout pas un humain. Il est le roi des saiyans.
"- Et qui sait, peut-être que tu pourras te mettre à lire aussi. Cela ne pourra pas te faire de mal."
Et en plus, elle le taquine.
Rien à faire, Vegeta adore ça. Quand c'est elle. Pour éviter de lui dire qu'elle a raison et la faire taire, le saiyan l'embrasse à pleine bouche, son nez se nichant tout contre le menton de la terrienne, une main comblant le chemin vers un sein.
Cela ne l'empêchera pas, quelques heures plus tard, d'ordonner que l'on aille chercher les livres restés dans le cagibi de Bulma Brief.
Kiui pousse la porte des appartements de son roi en tenant d'un geste désormais expert le plateau qu'il a en main. Son rôle vis-à-vis de Bulma Brief est toujours le même. Il le remplit simplement dans un lieu différent.
Il y a un buffet dans les appartements du roi, certes, mais il continu de lui apporter deux plats chaud chaque jour. Cela permet de varier de ce qu'il y a sur le buffet. Mais surtout, cela permet à Bulma Brief de sociabiliser un peu en dehors de Vegeta. Sinon, elle n'échangerait qu'avec le roi, vu qu'elle fuit la présence des autres terriens qui viennent nettoyer l'appartement.
L'humaine est assise devant l'immense table à manger, seule. Sa mine soucieuse et le fait qu'elle se grignote les ongles laisse Kiui penser que ce qu'elle fait depuis quelques jours avec son roi la ronge.
La terrienne n'a pas la conscience tranquille. Surtout quand Vegeta n'est plus dans les parages et qu'elle est seule avec ses propres pensées. Elle tente de s'occuper l'esprit en lisant et dessinant, mais l'effet a ses limites.
Kiui aurait voulu l'asticoter. Lui rappeler qu'il a senti l'histoire venir et qu'elle a eu tort en lui disant que ce qu'il pensait était inconcevable.
Kiui aurait aussi voulu lui poser quelques questions.
Miria est en deuil depuis près de deux semaines maintenant. Et l'adolescent n'a aucune idée de comment s'y prendre avec elle. L'humaine continue bien sûr d'effectuer son travail au sein du palais, sous peine de se faire tuer. Mais elle semble avoir perdu tout éclat, tout joie de vivre.
Elle erre, les yeux éteints et rougis, passant d'une tâche à une autre sans réelle conscience de ce qu'elle fait. Kiui n'ose pas s'approcher d'elle. Il ne voit pas comment l'aborder de façon naturelle sans l'inquiéter et la faire fuir, ou même éveiller ses soupçons.
Miria semble intouchable subitement. Trop fragile. Comme une statue de sel qui se briserait irrémédiablement si l'on fait le moindre geste de travers.
Kiui la veut toujours. Il veut ce qu'elle a donné à cet humain qu'il a tué.
Et pour cela, il a besoin de demander à Bulma Brief comment sa Majesté Vegeta s'y est prise pour la conquérir. Mais la mise en garde de Nappa l'en empêche. Le second du roi leur a passé le message, en diminuant sûrement sa douleur et son impuissance au sens de Kiui. Les marques autour du cou du saiyan ont été un avertissement bien plus convainquant que ses dires.
L'enjeu est clair.
Si Kiui pose une seule question à la terrienne à propos de ce qu'il se passe avec son roi, il encourt la peine de mort.
Bulma Brief sort de sa réflexion intérieur en entendant le jeune saiyan s'approcher. Elle grimace, comme à chaque fois qu'elle voit les traces de coups sur le corps de l'adolescent. Qu'importe les remarques qu'elle lui fait, rien ne change. Il revient toujours la voir avec de nouvelles blessures.
Peu encline à répéter son éternel sermon aujourd'hui, Bulma entame son repas avec entrain. Ce qu'elle fait chaque jour avec Vegeta est un sport à part entière. Malgré la culpabilité qu'elle ressent, elle est affamée.
Kiui aurait pu partir. Sa tâche est accomplie, la terrienne a eu son repas du midi. Il peut la laisser manger seule maintenant et repasser dans une heure pour récupérer le plateau. Mais il ne le fait pas. Il reste immobile à fixer la terrienne, aux prises avec un réel dilemme.
Bulma finit d'avaler une bouchée de purée et le regarde à son tour, étonnée de voir qu'il n'a pas bougé.
Il n'a rien de mieux à faire ? Un entraînement à réaliser ? Des coups à aller prendre ? L'adolescent ne la renifle pas, ni ne la fixe avec un regard lubrique ou un sourire supérieur. Il reste juste là à la regarder manger sur la grande table, les bras stupidement ballants le long de son corps démesurément musclé.
Elle peut distinguer une moue gênée sur son visage, ainsi qu'une question dans son regard. La terrienne avale une bouchée de purée de patate douce. Cet instant est gênant.
Ce macaque boutonneux l'empêche de profiter de son repas à l'observer ainsi.
"- Bon, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que tu veux me demander ?"
C'est dit sur un ton méchant et impatient, mais Bulma ne le pense pas réellement. Elle habite peut-être dans les appartements de Vegeta à présent, mais elle restait tout aussi isolée du monde extérieur que du temps de son cagibi. L'humaine veut bien reconnaître qu'elle a tendance à se cacher de ses compatriotes lorsque ceux-ci viennent faire le ménage dans les quartiers du roi des saiyans. Elle a apprécié de lire de la gratitude sur leurs visages l'autre jour. Elle ne veut pas y lire le mépris ou l'incompréhension à présent.
Par conséquent, Kiui et Vegeta sont pour ainsi dire ses seuls éléments de sociabilisation.
Le jour n'est pas encore arrivé où elle se laissera aller à discuter de bon coeur avec Nappa ou Jinsokuna.
Kiui ne lui répond pas tout de suite, réfléchissant à un moyen d'obtenir les informations qu'il cherche sans pour autant avoir l'air d'un faible.
La formulation qu'il finit par trouver ne le rend pas fier.
"- Qu'est-ce que les humaines apprécient ?"
Bulma arrête de mâcher son steak haché, observant le jeune saiyan, perplexe quant au sens de sa question. Kiui avale sa salive et essaye de reformuler ses propos. Il s'est lancé, autant aller jusqu'au bout.
"- Qu'est-ce que les humaines aiment recevoir d'un homme ?"
Les yeux de la jeune femme s'agrandissent d'horreur et elle avale rapidement le reste de sa bouché avant de parler.
"- Ne me dis pas que Vegeta compte m'offrir un cadeau ?!
- Quoi ? Mais non !", s'offusque Kiui. "C'est absurde ! Sa Majesté ne s'abaisserait jamais à cela !"
La terrienne a l'air infiniment soulagée. C'est bien la première fois que l'adolescent voit quelqu'un être aussi soulagé à l'idée de ne pas recevoir un présent.
"- Si ce n'est pas pour moi, de qui parlons-nous alors ?", lui demande Bulma en repoussant son plateau, tout appétit envolé.
Le saiyan rougit. Le visage de Bulma s'éclaire de surprise et d'amusement. Tout cela s'annonce extrêmement divertissant.
"- Non… Ne me dis pas que tu poses cette question pour toi ?"
Il ne lui répond rien, mais son expression parle d'elle-même.
"- Le jeune et fier saiyan a quelqu'un en vue, une humaine, et me demande des conseils !", s'exclame une Bulma hilare. "C'est la meilleure celle-là !
- Je ne laisserais personne se moquer de moi", grogne Kiui en se dirigeant vers la sortie, humilié au possible.
Si elle n'était pas l'amante du roi Vegeta et l'humaine la plus protégée de la Terre, Kiui la pulvériserait d'un mouvement pour lui faire ressentir une telle humiliation.
Bulma lui courre après. Cette discussion est distrayante et elle veut absolument savoir ce qu'il se passe dans la tête du primate.
A quel moment est-il donc devenu soucieux de plaire à une humaine ?
"- Je ne me moquais pas de toi, je te le jure ! Tu m'as juste prise de court. S'il te plait, reste. Je vais répondre à tes questions."
L'air de Kiui est plus « saiyan » que jamais lorsqu'il la regarde, mais il consent à faire demi-tour et à s'asseoir sur la chaise qu'elle lui montre.
"- On dit que tu poses une question et j'en pose une en retour", essaie de décréter Bulma, avide d'en savoir le maximum.
L'adolescent a un rictus de colère et se retient de copieusement l'insulter. Comprenant que ce n'est pas la bonne méthode à employer, la terrienne lève légèrement les bras en signe de paix.
Si elle pousse trop l'adolescent, il se fermera comme une huître et ne dira rien. Ce n'est pas ce qu'elle veut.
"- D'accord, d'accord. Pas de question de mon côté. Mais si tu veux que je remplisse correctement mon rôle de conseillère, je vais avoir besoin d'une vue d'ensemble de ton problème."
Le regard de l'adolescent lui indique clairement qu'il ne comprend rien à son charabia. Bulma capitule.
"- Très bien, pose tes questions", lui dit-elle en soupirant. "Je vais me débrouiller.
"- Si je veux qu'une humaine que je convoite n'ait pas peur de moi, comment je fais ?
- Alors déjà, tu enlèves le verbe « convoiter » de ton vocabulaire. Nous les femmes ne pas des pièces de viandes que vous vous disputez sur un buffet, qu'importe ce qu'en disent tes semblables."
Il lui lance un regard mauvais. Cette humaine pointe un doigt vindicateur vers lui et son égo saiyan ne l'apprécie pas. En plus, elle s'attarde encore une fois sur des détails insignifiants et contourne sa question.
"- Deuxièmement, est-ce que tu as réellement l'outrecuidance de penser que tu trouveras sur Terre quelqu'un qui soit totalement libéré de la peur en te voyant, même après lui avoir montré tes… euh… meilleures facettes?
- Depuis quand tu as peur de moi et du roi ?
- Je… ne suis pas quelqu'un à prendre en exemple. Mon cas est unique."
Quelle terrienne narcissique.
"- Bon, dans ce cas, qu'est-ce que je dois donner à une terrienne pour qu'elle cesse de me craindre ?
- Tu nous prends pour des animaux qu'on apprivoise avec des friandises ou…"
Kiui se lève brusquement de sa chaise et se dirige en un éclair vers le balcon. Il y eu un léger bruit de collision, ainsi qu'un couinement de douleur. Le saiyan réapparait en trainant derrière lui le jeune Zukkini.
"- Qu'est-ce que tu fais ici toi ?", le sermonne Kiui en lui tordant à moitié le poignet. "Depuis quand on entre comme ça sans prévenir dans les appartements de son roi ?
- Sa Majesté m'a expressément demandé de revenir au palais", lui répond son cadet en essayant de se dégager. "J'ai cru que tu étais lui.
- Tu confonds mon aura avec celle de ton roi espèce d'avorton ?", s'étrangle l'adolescent en le jetant loin de lui avec une certaine violence. "Je doute que ta place soit à mes côtés durant l'entraînement dont nous fait bénéficier sa Majesté.
- Je n'ai détecté son ki nulle part et puisqu'un saiyan puissant était dans ses appartement je…"
L'enfant qui s'est redressé et fait face à son adversaire du moment s'interrompt, reniflant soudainement l'air. Son regard se pose sur Bulma.
"- Pourquoi l'odeur de sa Majesté est-elle partout sur…"
Kiui le bâillonne avant qu'il ne finisse sa phrase, ouvrant ses sens au maximum pour détecter si quelqu'un est dans le coin et a pu les entendre.
"- La ferme crétin ! Tu veux mourir ou quoi ?"
Bulma se marre en buvant de l'eau.
Vegeta ne lui a rien dit de concret. Mais son attitude, sa possessivité naturelle et les quelques phrases éparses qu'il a lâché sont suffisamment d'indices pour Bulma. Il a dû œuvrer pour que les saiyans ne viennent pas lui poser des questions à propos de ce qu'ils font ensembles.
Pas de soucis pour Bulma. Moins elle a de rapport avec les guerriers de Vegeta et le mieux elle se porte.
Le jeune Zukkini, rare exception auprès de l'humaine, n'a pas l'air d'avoir été mis au courant des consignes du roi.
Le gamin se débat avec force de la poigne de Kiui et Bulma senti que la situation risque de dégénérer. Autant calmer le jeu. Quand cela dégénère entre deux saiyans, cela signifie beaucoup de nuisances et de dégâts.
La terrienne a une autre idée en tête pour occuper son début d'après-midi.
"- Kiui fait ça pour te sauver la vie Zukkini. Vegeta et moi entretenons… quelque chose et il a formellement interdit à quiconque d'en parler, si j'ai bien compris."
Elle refuse toujours d'employer le mot « relation » à haute voix, qu'importe que tout cela soit uniquement sexuel. Bulma n'est pas prête à reconnaître quoi que ce soit concernant son cas et celui de Vegeta.
Zukkini cesse de se débattre et Kiui le lâche. L'enfant regarde avec un mépris vindicatif son aîné et se permet une dernière folie.
"- Je ne m'y attendais pas. C'est bizarre."
Kiui se retient de frapper le gamin. Ce dernier le regarde comme si c'était un jeu, comme si lui, le cadet, avait des burnes contrairement à son aîné incapable de dire quelque chose de dangereux.
Depuis sa table en bois massif, Bulma observe les deux jeunes en train de se fusiller du regard, la tête appuyée sur une main. L'un d'eux l'a torturé pendant des jours et l'autre n'est en rien un être qu'elle pourrait qualifier de recommandable.
Mais en les voyants ainsi, elle ne peut s'empêcher de repenser aux disputes débiles qu'elle et son ancien groupe avaient durant leur jeunesse. Les quiproquos, la compétition, les frayeurs, les disputes, la complicité et les éclats de rires.
Les saiyans qu'elle a en face d'elle sont jeunes. Leurs questions et interrogations, celles d'aujourd'hui comme celles datant de plusieurs semaines, reflètent les différences qui les séparent de leurs aînés. Soit leur vie sur Terre les a empêchés de devenir comme leurs anciens, soit ils ne sont pas encore formatés comme eux.
Mais ce qui compte, c'est que Bulma n'a pas devant elle des Nappa ou Jinsokuna junior.
Kiui veut à présent plaire à une humaine et Zukkini… ne lui encore jamais rien fait et reste un enfant, saiyan ou non.
"- Cessez de vous disputer les garçons. Je suis dans un bon jour et je vais répondre aux questions que vous me poserez. Cela pourrait ne jamais se reproduire."
Zukkini ne comprend rien à la situation, mais va s'installer à côté de Bulma pour prendre le donuts au sucre qu'elle lui tend. Kiui n'est en revanche pas satisfait de ce retournement de situation.
"- Ce dont je parlais avec toi n'avait pas pour vocation d'être partagé, surtout pas avec ce morveux. Dis-lui de partir."
Le morveux en question lui lance un regard mauvais, mais son attention est détournée par le deuxième donuts que Bulma Brief lui tend. C'est le dernier. Il faut que la dispute cesse.
"- J'ai autant de choses à lui dire qu'à toi. Je crois avoir cerné ta situation et si tu veux des réponses, tu vas devoir accepter qu'il reste."
Les deux jeunes se jettent un coup d'oeil mauvais, mais finissent par se diriger vers la terrienne. Chacun d'eux empoigne une chaise et s'assoit, à distance raisonnable à la fois de l'autre saiyan, mais aussi de la terrienne. Il faut dire que la présence de l'odeur du roi qui flotte sur elle a quelque chose d'intimidant.
Bulma, bien loin de ces considérations, sent qu'elle pouvait faire quelque chose avec ces deux-là. Elle n'en fera jamais des alliés de la Terre oeuvrant comme Goku contre les envahisseurs de l'espace.
Mais si elle peut leur ouvrir les yeux concernant certains faits, certains aspects cette vérité que les saiyans ne peuvent voir par eux même, il y a une chance qu'ils évoluent dans le bon sens. Dans son sens.
Il faut l'avouer, Bulma Brief n'a jamais été sûre de remporter cette guerre face aux saiyans. Peterson non plus. En fait, jamais personne n'a été certain de remporter le conflit. Mais il faut parfois se comporter comme un lunatique pour qu'un peuple conserve un minimum de cohérence et d'esprit de combat.
Maintenant que Bulma est prisonnière des saiyans et qu'ils peuvent lire l'aura des êtres vivants, elle est de moins en moins confiante quant aux chances terriennes. Elle ne perd pas totalement espoir bien sûr, mais Bulma est ce genre de femme possédant toujours des plans B, C, D, E et toutes les autres lettres de l'alphabet, si ce n'est plus.
Kiui et Zukkini représentent la future génération saiyan. Selon toute probabilité, ils se trouveront des « compagnes » ou « compagnons » humains, voir même métis dans le cas de Zukkini. Si le monde doit évoluer dans la direction qu'ont prévu Stu, Anya et les autres, à savoir la fusion complète des deux races, autant essayer d'améliorer le plus tôt possible la condition humaine.
Il existe déjà des saiyans attachés à des humains. Peut-être ces deux jeunes pourront-ils aller plus loin.
Et pour cela, il faut qu'ils comprennent certaines choses. Avec un peu de chance, ils pourront même aller prêcher sa bonne parole auprès d'autres babouins pas trop fermés d'esprit.
"- Kiui, tu m'as demandé quoi faire pour qu'une humaine n'ai plus peur de toi. Si j'ai bien compris, tu veux qu'une terrienne te regarde pour ce que tu es et oublie la terreur que lui inspire le saiyan en toi ?"
L'adolescent ne lui répond pas, mais son regard indique clairement qu'elle a capté son attention.
"- C'est possible ?", intervient Zukkini, intéressé par le sujet. On peut faire en sorte que les humains nous apprécient sincèrement ?
Les deux autres tournent la tête vers lui avec étonnement. La phrase qu'il vient de prononcer est précise et sent le vécu. L'enfant rougit en affichant du mieux qu'il peut un air bougon et saiyan.
Zukkini a tout fait pour oublier l'épisode de la berge et le souvenir de la peur des enfants humains dans son logement. Il a essayé de chasser de son esprit les mots de Videl et le sentiment douloureux qui l'a assailli après sa fuite.
Sans succès.
Il ne parvient plus à ressentir du plaisir en entendant les compliments que lui adressent les petits humains et leurs parents. Il s'est bien dit qu'il pouvait surmonter cette vérité et se contenter de la servitude craintive des humains qui l'entourent. Mais non.
Il se sent seul, haï par tous, uniquement côtoyé car fournisseur de nourriture. Sa fierté d'être un saiyan est tout ce qui lui restait à présent. Mais ce n'est pas suffisant.
Il a grandi en se sentant aimé. Et maintenant que l'illusion s'est brisée en milliers de morceaux, il ne supporte pas sa nouvelle solitude.
"- La psychanalyse est apparemment un domaine dont vous ne connaissez rien les garçons. On va faire un exercice.
- Pourquoi tu ne réponds tout simplement pas à nos questions ?", râle Kiui en craquant sa nuque massive. On tourne en rond.
"- Ce n'est pas aussi simple que cela. Chaque humain est unique, tout comme l'est chaque saiyan. Tout ce que je peux faire, c'est vous donner des clefs de compréhension. Les réponses, vous les déduirez par vous-même. Et croyez-moi, cela fera de vous les plus fins saiyans de l'univers."
Kiui croise les bras en soupirant. Il est déjà trop impliqué dans la conversation pour renoncer, malgré le fait que la terrienne l'énerve toujours plus avec son nouveau jeu des devinettes.
Zukkini est tout ouï.
"- Bien. Alors comment pensez-vous que les terriens vous voient ?
- De puissants guerriers", répond Kiui avec impertinence et beaucoup de mauvaise volonté.
"- Ne fais pas semblant d'être con", lui dit Bulma en roulant des yeux.
"- Des envahisseurs", murmure Zukkini en se remémorant les mots de Videl. Des monstres assassins.
Bulma jette un coup d'œil à l'enfant recroquevillé sur sa chaise. Saiyan ou pas, sa détresse atteint l'humaine. Il y a en Zukkini un mal-être que personne ne devrait connaître à son âge.
"- Correct. Et lorsque l'on vous parle d'envahisseur et de monstre, à quoi vous, saiyans, pensez immédiatement ?"
Les muscles de Kiui se contractent tandis qu'il répond. Son aura augmente aussi légèrement, mais cela, la terrienne ne peut pas le sentir.
Il a entendu les histoires trop de fois. Surtout durant toutes ces années qu'il a passé sur le vaisseau de l'exile. Douze ans pour être exact.
"- Freezer."
"- C'est ce que je pensais aussi", soupire Bulma, rassurée qu'il ai trouvé par lui-même. "Le schéma semble approximativement le même pour nos deux situations, non ? Invasion, asservissement, extermination d'une partie de la population. Vous, les saiyans, êtes notre Freezer terrien."
C'est la première fois que Bulma voit des macaques de l'espace perdre leurs couleurs. Zukkini semble sur le point de vomir.
"- Maintenant soyez honnêtes. Pensez-vous pouvoir un jour pouvoir vous tenir devant Freezer ou l'un de ses hommes sans ressentir de haine ? Sans ressentir de peur ? Sans ressentir l'envie de les tuer ?"
Ils ne répondent rien. Nul besoin de réponse.
"- Pensez-vous un jour pouvoir pardonner à Freezer ce qu'il a fait et ce qu'il est ?"
Kiui laisse son visage tomber entre ses mains gantées en poussant un long soupir. Zukkini regarde stoïquement le mur boisé devant lui en essayant de maitriser au mieux l'expression détruite de son visage.
"- Posez-vous la question. Qu'est-ce que Freezer devrait accomplir envers vous pour que vous cessiez de le craindre et lui offriez votre attachement sincère ?"
Kiui ne dit rien. Il reste dans la même position durant de longues minutes, le visage caché par ces mains. Zukkini fait de même. Mais il finit par exprimer leur réponse à haute voix.
"- C'est impossible."
En cet instant, Bulma aurait tout donné pour une clope.
- Ne vous attendez pas à ce que mon aide aille plus loin. Je vous déteste toujours. Chacun d'entre vous. Et de mon point de vue, il n'y a aucun moyen que je vous pardonne un jour. Alors cogitez bien et faites en sorte de réaliser l'impossible.
Voilà voilà...
J'espère que cette suite (retardataire) vous a plu.
Plus j'écris cette fic, et plus j'aime mettre en avant la psychologie de la jeune génération saiyan. Je trouve que ça change de celle déjà bien connue et acquise des guerriers aguerries.
Pour ceux qui s'en foutent, désolée pour les tours et détours quant à la trame principale XD
Laissez un comm siou plait !
