Bonjour tout le monde !
Oui, cela fait longtemps, oui, je n'ai pas donné de nouvelles, et oui, vous avez déjà lu mille fois ce texte...
Sorry...
Je sors de plusieurs mois de stage intensifs dont les horaires feraient bondir les syndicats, et réécrire les dizaines de pages perdues à cause d'une panne d'ordi et vraiment, VRAIMENT chiant.
Je vous remercie en tout cas mille fois pour votre fidélité et vos encouragements réguliers ! Ça fait chaud au cœur et encourage énormément à continuer !
En espérant que ce nouveau chapitre vous plaira !
**V2**
En pleine nuit de février, il le sent. Comme un intrus dans son espace personnel. Une présence supplémentaire qui serait soudainement apparue, sortie de nulle part.
Vegeta s'éveille complètement. Ce qu'il ressent est diffus, faible. Mais c'est réel. Et cela provient de la terrienne endormie à proximité de lui.
Vegeta se débarrasse des draps rouges qui l'entourent et se dirige vers Bulma Brief. La terrienne qu'il peut voir à travers l'obscurité lui tourne le dos, plongée dans ce sommeil profond qui caractérise les humains.
Quelque chose de nouveau émane définitivement d'elle. Le saiyan reste à quatre pattes à ses côtés, sans oser bouger durant plusieurs secondes. Les sens ouverts au maximum, il laisse son aura envelopper celle de la terrienne, qu'il connaît par cœur.
Chaque fluctuation, chaque sensation, chaque sentiment. Chaque modulation, chaque pic lié à la douleur ou au plaisir...
Il connaît à présent tout de son ki..
Il connaît tout sur le bout des doigts. Et pourtant, il y a quelque chose de nouveau cette nuit.
Vegeta laisse l'une de ses mains passer au-dessus des hanches de la terrienne pour doucement se poser sur son ventre nu. Son T-shirt de nuit semble continuellement en fuite et le laisse entrapercevoir chaque nuit le ventre de la terrienne, ce qui l'amuse au plus haut point. La chaleur de sa main de saiyan provoque un gémissement à la femme aux cheveux bleus.
Mais elle ne se réveille pas.
Sous la main de Vegeta pulse le ventre de l'humaine. Il peut sentir son sang qui circulait, ses abdominaux qui se contractent au fil de sa respiration, ses intestins qui digèrent toujours le repas de la veille.
Il y a autre chose.
Le roi des saiyans comprend.
Bulma Brief est enceinte.
Un microscopique deuxième cœur bat en elle. Fragile, tout juste formé. Mais Vegeta peut sentir une signature énergétique typiquement saiyan émaner du petit cœur tout juste formé.
Bulma Brief est enceinte.
Le lait de lune peut avoir des loupés, Vegeta le sait. C'est pour cette raison qu'il a tué des douzaines d'humaines.
Il ne veut pas d'enfant. Pas encore.
Il est trop tôt. La planète n'est pas entièrement sécurisée. Il y a encore trop à faire, à reconstruire, à organiser. Le roi des saiyans ne peut pas se permettre le luxe de débuter la phase de son règne où entre en jeu un héritier, avec toutes les rivalités et le temps consacré à son éducation que cela implique. Il est trop tôt.
Bulma Brief est enceinte.
Vegeta peut mettre fin à cela. Il peut tuer Bulma Brief et ce qui grandit en elle dès cet instant. Il peut le faire proprement, sans la faire souffrir. Juste lui briser la nuque dans son sommeil, en une fraction de seconde.
Il l'enterrera ensuite en cachette mais dignement, dans la tradition terrienne qui lui est si chère. Ainsi, elle disparaîtra innocemment, l'expression en paix comme si elle était plongée dans un simple sommeil éternel.
Elle ne souffrirait pas. Et lui emporterait une image d'elle intacte. Magnifique petit oiseau bleu brisé qui ne chanterait plus jamais.
Sans bouger sa main du ventre de la terrienne, Vegeta tourne cette dernière le plus doucement possible pour l'allonger sur le dos. Le visage de la terrienne est comme il l'avait imaginé. Détendu, en paix.
Sous les doigts de Vegeta pulse un petit cœur aussi fragile que l'humaine qu'il surplombe. Ce serait facile, tellement facile. Et totalement indolore pour elle.
Une vision happe le roi des saiyans. Son esprit d'ordinaire si peu imaginatif lui impose une scène qu'il n'a jusqu'à présent jamais envisagé.
Il se voit, lui, quitter un camp d'entraînement saiyan dans lequel évoluent des adultes et des jeunes enfants à queue de singe. Ils pratiquent une séance d'éveil. Vegeta se voit rentrer vers son palais et directement atterrir dans ses appartements via le balcon. Ses trophées l'accueillent comme d'habitude et son coeur se gonfle de satisfaction en les voyant. Mais ce n'est désormais plus ce qui provoque le plus de fierté en lui. Il se voit pousser la porte de sa chambre. Et là, il voit Bulma Brief de profil. Ses courts cheveux bleus dévoilent sa nuque hypnotisante. Il la voit offrir un grand sourire à ce qu'elle tient dans ses bras, ses grands yeux bleus remplis de gentillesse et d'affection. Dans ses bras se trouve un jeune enfant aux yeux noirs et aux cheveux bruns en bataille. Une queue de singe courre sur ses fesses et s'enroule autour des avant-bras de la terrienne dans un geste possessif. Bulma Brief murmure des mots d'amour à l'être qu'elle tient.
Puis elle se retourne et murmure le nom du père de l'enfant avec la même douceur et tendresse.
Vegeta revient à la réalité et secoue la tête. Ce qu'il vient d'imaginer est trop mielleux, trop humain. Trop faible. Un gosse ? Un métis ? Avec Bulma Brief ?
Il est le roi des saiyans bon sang ! Entretenir une relation sexuelle avec celle qui a été son ennemie jurée durant près de trois ans relève déjà de la folie. Mais lui faire un chiard ? C'est trop. Le saiyan en lui ne peut pas l'accepter.
Mais par Vegetasai, c'est ce qu'il veut.
En cette instant précis, sans y réfléchir et alors que l'humaine dort paisiblement sous lui, il veut de leur enfant. La vision mielleuse et écoeurante qu'il vient d'avoir, Vegeta veut qu'elle se réalise. Il revoit l'humaine souriante et l'enfant dans ses bras.
Le roi des saiyans veut vivre, en vrai cette fois, cet instant et le bonheur factice qui a accompagné sa vision.
Il ne veut pas que Bulma Brief le quitte.
Il ne veut pas avoir à creuser un trou dans la terre, avec ses propres mains nues, pour se débarrasser de son corps refroidissant. Il ne veut pas annoncer aux saiyans et aux humains que Bulma n'est plus. Il ne veut pas donner l'ordre de faire disparaître ses affaires et sentir les regards interrogateurs de son peuple. Il ne veut pas avoir à renifler désespérément ses draps de lit des heures durant, parce que ce serait la seule chose qui lui prouverait, juste un temps, que la terrienne ai un jour existé.
Non. Le roi des saiyans veut que Bulma Brief, son petit oiseau bleu, vive et mette au monde l'enfant qu'il lui a fait. Il veut qu'elle reste à ses côtés et qu'une troisième âme s'ajoute à l'équation.
Il en prend conscience maintenant, ce qu'il ressent envers la terrienne n'est plus seulement un désir purement sexuel. Il ignore ce que c'est pour les humains.
Mais chez les saiyans, ce qu'il ressent envers Bulma Brief est appelé de l'attachement, de l'affection, et dans une moindre mesure, de l'amour.
C'est mal. Honteux même au regard de son statut de roi des saiyans.
Ce qu'il ressent est suffisamment fort pour qu'il remette en question ses principes et fondamentaux. Il devrait la tuer pour se débarrasser de ce qui grandit en elle.
Il vient pourtant de décider de ne pas le faire.
Pour rajouter à la honte, Vegeta se refuse à l'envoyer dans la Chambre de Reproduction. Pourtant, c'est ce qu'il est censé faire. Ses propres mesures l'ordonnent. Le roi des saiyans a imposé cette règle à son peuple, sans exception possible. Chaque humaine enceinte d'un saiyan doit être envoyée à la Chambre séance tenante. C'est la règle. Aucune exception n'est autorisée.
Vegeta ne veut pas le faire. Il ne veut pas quitter Bulma Brief. Il veut leur enfant, mais refuse de l'envoyer dans le vaisseau. Il sait que ce type de grossesse est très souvent fatal, à la fois pour l'humaine et le métis. Il sait que le taux de réussite, bien qu'il se soit amélioré depuis l'arrivée de la terrienne sur le projet, reste extrêmement faible.
Mais il est quand même prêt à prendre ce risque.
Sachant qu'il y a de fortes chances pour que cette grossesse soit fatale à l'humaine, il ne veut pas se séparer d'elle. Quitte à ce que cette grossesse l'amène au trépas, il veut profiter au maximum du temps qu'il lui reste avec elle.
Il a imposé à son peuple de faire des sacrifices pour la gloire et le futur de leur race. Et voilà que leur propre roi ne peut pas se résoudre à s'appliquer les règles qu'il a lui-même instauré.
Torturé, Vegeta laisse échapper un gémissement frustré tout en posant son visage vers le ventre de la terrienne, au-dessus de sa propre main.
"- Cauchemar ?"
La voix est endormie. Bulma Brief a prononcé ces mots dans un demi-sommeil, bien plus par réflexe que par réelle conscience de la situation.
Vegeta se rend compte que sa main tremble sur le ventre de la terrienne. C'est ce qui a dû l'alerter. L'une des mains de cette dernière chemine jusqu'à sa tête et se perd sur son crâne, caressant à l'aveugle et à l'aveugle les cheveux de l'être tout contre elle.
Le saiyan se laisse faire, s'abandonnant à la caresse diffuse et au bruit apaisant du petit cœur minuscule qui bat dans le ventre de l'humaine. Les caresses cessent bien vite. Bulma Brief replonge dans un sommeil complet.
Vegeta ne bouge pas tout de suite. Il reste plusieurs minutes la tête posée sur le ventre de la femme sous lui, à écouter la vie qu'il a contribué à créer grandir de seconde en seconde.
Il finit par quitter sa position, soulève les draps et se place aux côtés de la terrienne.
Là, il fait quelque chose qu'il n'a jamais fait. Il se plaque contre elle et l'enveloppe avec douceur de ses bras.
Il l'enveloppe avec son corps nu, ses muscles et de son aura protecteurs, tout en s'enveloppant lui-même de la paix et de la fragilité de l'humaine. Il s'imprègne d'elle et de l'enfant, comme pour se fondre en eux. Il squatte, se trouve une place au coeur de leur duo désormais indissociable. Cette place lui plait. Elle lui apporte une sérénité, une paix et un réconfort dont il n'a jusqu'à présent jamais rêvé ou envisagé.
Quelques minutes plus tard, pour la première fois de sa vie, il s'endort dans les bras de quelqu'un.
Lorsque Bulma émerge de son sommeil, quelque chose de chaud l'enveloppe. En fait, elle se sent intégralement entourée par de la douceur et de la chaleur. L'humaine ouvre finalement les yeux et ne voit que de la peau. Une peau bronzée, ferme, mais couturée de nombreuses cicatrices, grandes ou infimes.
Devant son nez s'étend un torse qu'elle connaît par coeur. Celui de Vegeta. Autour d'elle courent les bras musclés du roi des saiyans. Contre son pyjama est collée la peau du guerrier de l'espace.
Quand il dort ou se repose au lit, il est toujours nu, contrairement à elle qui reste habillée. Aucune question de pudeur derrière cette différence. Depuis le temps, ils ont largement dépassé ce cap. C'est juste que les saiyans n'ont jamais investi dans le chauffage et qu'en hiver, comme tous les humains, Bulma a froid. Vegeta en revanche est un véritable radiateur sur pattes. les changements de températures terriennes glissent sur lui sans le toucher. Alors il dort toujours à poil.
Toutes ces informations remontent au cerveau de Bulma, mais elle n'agit pas en conséquence.
Elle est trop bien en cet instant précis.
Elle ne veut pas quitter le cocon de bien-être dans lequel elle est blottie.
Bulma inspire profondément. L'odeur de Vegeta l'enveloppe complètement. La respiration du saiyan est profonde et l'humaine se rend compte compte qu'il dort.
C'est la première fois qu'elle le voit ainsi. D'habitude, elle est la première à s'endormir et la dernière à se réveiller. Avec son sommeil aussi lourd que les pierres, elle n'a pour ainsi dire aucune idée de l'horaire à laquelle Vegeta quitte d'habitude leur lit pour aller s'entraîner.
La lumière entrant dans la pièce par la fenêtre de la chambre indique que la matinée est bien avancée. Vegeta devrait déjà être parti s'entraîner depuis longtemps.
Jamais il n'est resté dans le lit aussi tard. Surtout pas en la tenant ainsi dans ses bras.
Bulma observe le visage endormi de son amant. Son expression est neutre et sa mâchoire décontractée. En revanche, ses sourcils restent froncés. A croire que le roi des saiyans ne peut jamais complètement relâcher la pression.
Il est beau ce salopard. Par Kami qu'il est magnifique. Il l'a traqué comme un acharné durant plusieurs années, fait torturer des jours et des jours et a tenté de lui imposer le statut d'objet. C'est un monstre. Un monstre alien qui a tué, torturé, et envahi son monde. Et il continue à faire tout cela aujourd'hui.
Mais rien à faire, Bulma le trouve quand même beau à mourir.
Et en cette froide matinée d'hiver, elle ne demande rien d'autre que de rester dans les bras de son ennemi, à profiter de sa chaleur et de sa protection. Quelle déchéance.
La tendresse appelle la tendresse. Et Bulma Brief se laisse entraîner sur cette pente douce et glissante.
Elle replonge contre le torse chaleureux de Vegeta, inspirant toujours plus son odeur avec un soupir de bien-être. Le temps devient un notion tangible sans logique. Sans se rendormir, elle profite du moment et de l'être à ses côtés.
Le roi des saiyans finit par émerger à son tour, ses yeux noirs directement ouverts et bien réveillés. Il ne se montre pas une seconde surpris par la présence de la terrienne dans ses bras, se contentant de passer sa main sur son visage pour en dégager ses fins cheveux bleutés.
Alors qu'elle le regarde de ses grands yeux bleus, Vegeta se fait la réflexion qu'ils sont semblables à la couleur du ciel de la Terre. Et que capturer la lumière qu'il y voit en ce moment même, c'est un peu comme si il avait complètement conquis cette belle planète.
Il l'embrasse avec douceur, la serrant toujours plus contre lui. Et c'est tout.
Pas de mains qui se perdent contre certaines courbes, pas de suite.
Juste de la tendresse.
Gero jette un coup d'œil à la femme qui somnole sur une chaise.
Gladys Constantine est une épine dans son pied. Elle effectue tellement bien son travail de surveillance qu'il se montre extrêmement prudent dans ses agissements.
Jamais le Docteur Gero n'a surveillé ses arrières à ce point.
Constantine lui met tellement des bâtons dans les roues avec sa présence intrusive qu'il en est venu à légèrement l'apprécier. Brave petite à l'esprit formaté par des idéaux trop angéliques pour être viables en ce bas monde. Douce enfant qui se bat pour des préceptes dépassés par l'époque et l'urgence…
L'humanisme bien-pensant des Brief a toujours énervé Gero, qui voit cette famille comme un frein considérable à la Science. Trop célèbres, trop respectés, trop asservis par une déontologie ne laissant aucune place au réel risque scientifique. Les gadgets que le père et la fille bricolaient relevaient d'un certain niveau de maitrise et de génie.
Mais ce n'était rien comparé à ce qu'aurait pu apporter Gero à l'humanité si la bien-pensance maintream imposée par les Brief ne l'avait pas autant handicapé dans son travail. Même après le début de la guerre et la destruction du monde connu et de ses coutumes, cette maudite famille a réussi à le mettre sur la touche et à ralentir son travail.
Le père Brief est mort. Bulma Brief est aux mains des saiyans. Et pourtant, ils arrivent toujours à ralentir son œuvre à travers une tierce personne.
Tout bonnement incroyable.
Gero ne craint pas ses assistants scientifiques. Ces derniers se concentrent sur des morceaux de corps, des formules chimiques et des branches ADN. Ils ne voient pas ce qu'il se passait autour. Et Gero fait en sorte qu'ils ne puissent pas avoir une vue d'ensemble de ce qu'il ce passe dans ce laboratoire.
Gladys Constantine, elle, se focalise sur ce qui se passe hors-expériences.
Elle a donc une vue d'ensemble du tableau, même si elle ne comprend pas tout. La brune le fait d'ailleur avec dévotion et efficacité, ce qui handicape grandement le scientifique toujours aux aguets qui aimerait bien se concentrer davantage sur son travail. S'inquiéter, c'est avoir l'esprit parasité..
Cette gamine ayant l'âge d'être sa petite fille énerve et amuse Gero tout à la fois.
Elle l'énerve parce qu'elle représente des chaînes handicapantes qui refusent de disparaître. Et elle l'amuse parce que malgré tout, sa passion rappelle des souvenirs à Gero.
Des souvenirs concernant son fils, l'armée du Ruban Rouge, ainsi que leur passion commune pour changer le monde.
Gladys émerge doucement de son sommeil et se passe une main sur le visage, notamment son nez, puis regarde sa montre.
Sa pause ensommeillée n'a duré qu'une vingtaine de minutes et les scientifiques présents dans la salle ne semblent pas avoir bougés de leurs positions respectives. L'humaine se méfie des confrères du Docteur Gero. Pas qu'elle les considère comme des clones de Docteur Maboule, mais ils ont tout de même acceptés de travailler avec lui. Pas qu'elle soit persuadé que tout ce petit monde soit heureux de bosser avec Gero, mais Gladys, au moins, ne laisse aucune ambiguïté concernant son ressentiment envers le scientifique.
Elle le déteste et fait tout pour le prouver. Les autres ne sont pas aussi transparents que cela.
En plus, Gero traîne cette réputation de sirène du crime. Du temps où il appartenait à l'armée du Ruban Rouge, il avait réussi à attirer dans son giron plus d'un esprit scientifique ayant juré que le travail Gero le répugne et que jamais on ne l'y prendrait à travailler avec lui.
Les raisons derrière ces retournements de veste ne sont pas bien obscurs. Soif de gloire, goût du danger, envie de travailler sur un sujet tabou, aura de Gero, recherche de crédits jusqu'à présents impossible à trouver, réelle adhésion à la pensée de l'organisation terroriste, lavage de cerveau… Autant de raisons possible qui avaient provoqué, à l'époque, une véritable fuite des cerveaux chez l'armée du Ruban Rouge. Autant de raisons potentielle pour rendre Gladys particulièrement vigilante.
Le rythme imposé depuis cinq mois par Gero l'épuise. En plus de surveiller durant des heures les faits et gestes des personnes impliquées dans ce projet, notamment Docteur Maboule, Gladys passe énormément de temps dans son coin pour surveiller la provenance réelle de ce qui est censé arriver dans le laboratoire.
Tous ces efforts ne sont pas accomplis en vain. Elle est par exemple parvenue à remonter l'origine d'un coli à destination du laboratoire qui contenait des flacons remplis de sang saiyan.
Gero était resté vague sur l'identité du saiyan en question, mais tout sous-entendait que ce sang appartenait à un ennemi.
En réalité, ce sang s'était révélé être celui de leur allié Son Goku. L'existence de cette fiole n'avait rien de honteux. Elle était destinée aux recherches de Bulma concernant les capacités de guérison des saiyans, ce qui avait permis de d'améliorer Bunny.
La même logique peut s'appliquer aux recherches de Gero. Il construit des androïdes, il a donc besoin de bien cerner ce contre quoi il se bat. Le sang de saiyan bien conservé et mis sous scellé étant extrêmement rare, il n'est donc pas illogique que le sang de Son Goku soit utilisé. Le problème pour Gladys, c'est que Gero a sciemment omis de déclarer l'origine réelle de ce sang. Si l'origine du flacon ne pose aucun problème, pourquoi tenter de la dissimuler ainsi ? Gladys a confronté le scientifique sur la question.
Il lui a sorti une explication fumeuse concernant l'origine sensible du sang, dont l'existence ne devrait pas arriver jusqu'aux oreilles de terriens pouvant être capturés et interrogés par l'ennemi.
C'est ça, essaye toujours… Trop fumeux pour être honnête.
Gladys a donc rapporté l'événement au Conseil en demandant l'arrêt immédiat des expériences de Gero. Elle l'a même fait avec un certain plaisir, désireuse qu'elle est à priver Docteur Maboule de son laboratoire. Mais cette entorse de la part du scientifique n'a pas mobilisé les membres de l'organe décisionnel. Son Goku reste un saiyan et si son sang peut servir les expériences de Gero et sauver la Terre, soit.
Gladys a été d'une humeur massacrante durant plusieurs jours, mais elle a continué de remplir son rôle avec ferveur.
Un jour, elle trouvera la preuve compromettante. Un jour, elle aura la capacité de prouver à tout le monde que Gero ne mérite pas les moyens que l'on met à sa disposition.
Et si elle peut faire en sorte de l'envoyer croupir en prison jusqu'à la fin de sa vie, ce serait parfait.
"- Alors, au niveau des enfants ?"
Vegeta cesse de mastiquer son pâté en croûte capable de combler sept humains et se retourne vers la terrienne. La question est étrange. C'est classique avec Bulma Brief.
Mais voilà, Vegeta a récemment découvert que l'humaine avec qui il partage son lit est enceinte, et cela rend le roi des saiyans méfiant. Voir parano.
"- Quoi ?
- Les enfants ? Ceux de cette saloperie de Chambre de Reproduction."
Dire le nom entier de ce lieu maudit suffit à faire perdre son appétit à Bulma.
"- Combien il y a de bébés métis maintenant ? Est-ce que mes protocoles ont été efficaces ? Ca fait des semaines que je n'ai pas eu de nouvelles."
Bon, c'est vrai, depuis qu'ils couchent ensembles, Bulma s'est un peu… délestée du fameux projet qui a constitué l'une des bases de sa relation avec Vegeta.
Ce dossier a toujours été immensément compliqué pour l'humaine. Trouver la motivation pour s'y pencher était un calvaire, y mettre de la volonté était un calvaire, arriver à des hypothèses toujours plus glauques étaient un calvaire, manger en y pensant était un calvaire, se coucher en ayant la conscience au supplice était un calvaire… Certes, le dossier sur le métissage n'avait pas occupé Bulma Brief bien longtemps comparé à certains des projets qu'elle a développé au cours de sa vie.
Mais celui-çi a définitivement laissé son empreinte en elle.
Être avec Vegeta a permis à Bulma, une fois cette "relation" à peu près établie, de retrouver un semblant de… frivolité.
Chose qui lui a été interdite depuis l'arrivée des saiyans sur Terre.
Mais lâcher prise ne veut pas dire que l'on se perd et qu'on oubli.
"- Il y a aujourd'hui vingt-quatre bébés métis en vie. Dont quinze qui sont nés après ton arrivée sur le projet. Les humains disent que tes protocoles améliorent les chances de naissance des enfants. Plus ils sont administrés tôt et plus le taux de succès est important."
Un bon point pour Bulma. Vingt-quatre est un bon nombre. Vegeta n'a pas besoin de beaucoup plus de métis pour atteindre son quota.
"- En revanche, le taux de survie des humaines reste toujours aussi faible."
Le coeur de la terrienne se serre. Elle aurait préféré améliorer le taux de survie des mères porteuses plutôt que celui des métis.
Indra et Laëti doivent sûrement bientôt arriver à termes. Cela fait huit mois depuis qu'elle les a vu dans cette maudite chambre. Et découverte au passage l'existence du projet de métissage des saiyans.
En partant du principe qu'elles ont été artificiellement inséminées juste après leur capture, les naissances doivent être imminentes.
Une part de Bulma veut aller vérifier leur état en personne. Mais une plus grosse part d'elle se refuse toujours à refoutre les pieds dans la Chambre de Reproduction.
Vegeta observe la terrienne sans rien dire. Les informations qu'il vient de lui communiquer, il les a en main depuis bien longtemps.
S'il néglige son entraînement depuis le début de sa relation avec la terrienne, il se montre toujours aussi investit dans le projet de métissage.
Il n'a pas voulu donner par lui-même ces éléments à Bulma Brief parce qu'il sait qu'elle est toujours chamboulée et de mauvaise humeur lorsqu'ils abordent le sujet.
Et les résultats concernant le taux de survie des humaines sont loin de le contenter.
Stu place ses gants en plastique plein de sang dans le verre doseur rempli d'alcool. Avec la pénurie, impossible de les jeter après utilisation. Il faut trouver un moyen de retravailler avec.
Il se frotte les yeux et ramène sa tignasse verte bien trop longue vers l'arrière. Un bébé à queue de singe et à la peau mate braille comme pas possible dans les bras de Sylvie.
La naissance a été un succès. Pour le bébé en tout cas. La mère n'a pas survécue à l'accouchement.
Stu se souvient de cette humaine. Elle appartenait à l'équipe capturée de Bulma. Il ignore son nom, comme il ignore celui de la fille blonde qui est arrivée en même qu'elle. C'est Stu lui-même qui l'a inséminé juste après leur arrivée dans le laboratoire. Anya s'est chargée de l'autre fille blonde. Cette dernière est décédée trois jours plus tôt, ainsi que l'enfant qu'elle a porté.
Le trentenaire n'est pas insensible à ces morts, mais il pense dans un coin de leur esprit que dans leur cas, ce trépas est peut-être la meilleure solution. Ces deux femmes faisaient parties de la Résistance. Si elles avaient survécues à leur grossesse, elles auraient automatiquement été replacées au sein du programme pour porter un nouveau bébé métis.
Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elles meurent.
Au moins leurs souffrances ont-elles pris fin.
Le collègue quadragénaire de Stu, Yann, pose solennellement une main sur le front de la femme décédée. Là, il lui adresse une courte prière et lui souhaite une meilleure vie dans l'au-delà. L'homme aux cheveux bruns et au léger monosourcil le fait à chaque fois.
Cela allège légèrement le poid sur sa conscience et il estime que c'est le moins qu'il puisse faire pour ces femmes qu'ils torturent et dont ils se servent comme des objets. Même si c'est pour assurer un meilleur avenir à la race terrienne.
"- Vous avez entendu la rumeur ?"
Une question posée à voix basse. C'est Anya. Étrange. Elle n'est pas du genre à commencer la première une discussion.
"- Cette salope de Brief. Il parait qu'elle se tape le roi Vegeta."
La voix est venimeuse.
Stu soupire. Anya a, depuis la perte de son mari, toujours détesté Bulma. Ou plutôt la leader de la Résistance qu'elle incarne. Cette haine ne s'est pas tassée après qu'elle ai manqué de la tuer avec un coup de scalpel. La douleur qu'elle ressent dans son coeur, mais aussi dans le petit doigt gauche, brisé par les saiyans suite à cette rencontre, l'empêche de laisser couler.
"- J'ai aussi entendu la rumeur Anya. Il n'y a aucun moyen de savoir si c'est vrai."
Sylvie est revenue après avoir posé le bébé dans une couveuse d'une pièce voisine. La quinquagénaire a été hanté pendant plusieurs semaines par la scène de leur rencontre avec Bulma Brief. Gynécologue-obstétricienne de formation, elle a été habituée aux corps malmenés, au sang et à la mort, surtout depuis l'arrivée des saiyans.
Mais voir un humain s'en prendre ainsi à un autre, c'était pour ainsi dire une première. Alors Sylvie conserve une certaine rancoeur envers Anya et n'est pas prête de la laisser cracher son venin comme ça.
"- Une rumeur ne vient pas de nulle part. Et quelque chose comme ça ne s'invente pas.
- Et alors Anya ? Où tu veux en venir ? Que cette rumeur soit vraie ou non, qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Ce que je dis Stu, c'est que si elle couche vraiment avec le roi Vegeta, alors ce serait vraiment la plus grande ironie de l'Histoire. Nous faire la morale et se taper le roi des saiyans…"
Stu grogne entre ses dents. La rumeur, il la connaît aussi et elle est persistante depuis pas mal de semaines.
Elle émane à la fois de saiyans et d'humains stationnés au palais. Il n'aime pas entendre médire ainsi sur Bulma, mais il ne peut que reconnaître qu'Anya a raison sur le fond. Si, et seulement si, Bulma couche vraiment avec Vegeta, alors ce serait vraiment une trahison envers les terriens.
Son ancienne amie de lycée porte un certain héritage sur ses épaules. Descendante des Brief, leader de la Résistance, ennemie inconditionnelle des saiyans, défenseuse acharnée de la cause terrienne… C'est bien la dernière personne que Stu verrait s'acoquiner avec un saiyan.
Si elle entretient vraiment une relation avec Vegeta, le message intrinsèque est lourd de sens : les humains ont perdus et doivent définitivement vivre avec les saiyans.
Pas que Stu soit contre cette idée, il la défend même depuis un certain bout de temps.
Mais c'est de Bulma dont on parle.
Elle n'a rien à faire dans les bras d'un saiyan.
"- Tu sais Anya, elle nous a reproché de travailler sur le dossier du métissage quand on l'a rencontré. Pas de coucher avec des saiyans."
Yann est chiant sur beaucoup de points, mais son aspect carré et droit est régulièrement bienvenue aux yeux de Stu.
"- Elle s'est aussi investit dans le projet je te rappelle…
- … et a permis d'en améliorer les résultats. Tu l'as bien vu dans les notes qu'elle nous a envoyé, elle le fait pour sauver des vies humaines. Ce ne sont pas des mauvaises raisons pour moi", achève Yann en couvrant le corps de la femme morte.
"- Vous avez quoi tous à la défendre comme ça ? Bulma Brief a causé des milliers de morts ! Elle est venu et s'est permise de nous juger comme si elle était irréprochable ! Elle se tape le roi Vegeta !
- On ne sait pas si elle couche avec lui !", rappelle d'une voix aiguë Sylvie. "C'est une rumeur !
- Qu'est-ce qu'il te faut comme preuve ?!", demande Anya en perdant le contrôle du volume de sa voix. "Vegeta l'a sauvé, ce qu'il n'a jamais fait avec personne. Elle a commencé à bosser sur le dossier du métissage et toutes les informations passent par lui, alors c'est forcé qu'ils se côtoient. Et bon sang, ouvre les yeux… Elle est toujours en vie. Comment tu expliques que quelqu'un comme elle soit toujours en vie après neuf mois de captivité ?! Ce n'est pas comme si elle leur servait à quoi que ce soit hormis le métissage !"
Le chef de l'infirmerie, Jinja, est un sacré ronchon qui sait se montrer bavard quand il vient les voir. Seul dans son infirmerie, il s'ennui.
Sans cette solitude que le vieux saiyan tente de combler, ce serait bien plus dur de se renseigner sur ce qu'il se passe à l'extérieur du laboratoire et du vaisseau.
C'est vrai que les informations que les informations que les scientifiques glanent sur le monde extérieur ne prêtent pas à Bulma Brief un rôle spécialement important. Elle est loin d'être utilisée comme un objet de propagande. Au contraire, les saiyans ont l'air de la cacher. Et à leur connaissance, elle ne travaille sur aucun autre projet scientifique que le métissage.
Autant dire que son utilité pour Vegeta semble restreinte.
Sauf si, comme l'affirme Jinja, d'autres saiyans et plusieurs humains, Bulma couche vraiment avec Vegeta.
"- … comme ça ne prendrait rien de moins que le roi des saiyans évidemment. En dessous serait bien trop dégradant pour madame la…
- La ferme Anya !"
Stu va faire quelque chose qu'il n'aime pas commettre : faire preuve de violence. Il empoigne Anya par la veste pour lui intimer le silence.
Stu est tout fin, mais assez grand. Il espère suffisamment intimider la blonde pour ne pas devoir aller plus loin.
Pour l'instant, mission réussie.
Anya ne dit plus un mot, choquée par l'attitude de son collègue d'ordinaire doux comme un agneau.
"- On ne sait pas si la rumeur est vraie ! Et même si elle l'est, qu'est-ce qu'on en a à branler ?! Tu veux lui reprocher quoi au juste ? De coucher avec un saiyan ?! Regarde toi dans le miroir avec de parler !"
Anya a déjà rejoint la couche d'un singe de l'espace, à plusieurs occasions. Parce que Nappa le voulait.
Et que dire non au saiyan signifie mourir, même si l'on fait partie du projet sur le métissage.
"- Tu es dégueulasse ! Tu ne peux pas comparer son cas au mien ! Ou au tien !
- Et pourquoi pas ?! En quoi ils seraient différents ?! Je ne peux pas dire non à Asuparagasu et tu ne peux pas dire non à Nappa ! Tu crois que Bulma aurait vraiment le choix contrairement à nous ? En quoi elle pourrait avoir le choix hein ?!
- C'est Bulma Brief !
- Vos gueules !"
L'interruption vient de Yann. Il a vu quelqu'un actionner l'entrée de la chambre et s'approcher de la salle d'accouchement.
C'est un saiyan. L'échange vif qu'ils ont tous les quatre ne lui plairait sûrement pas. Surtout qu'il est directement concerné.
Les humains observent la progression du saiyan dans le silence. La trentaine bien tassée, il aborde une tignasse indisciplinée, mais courte, avec une immense cicatrice en biais qui court sur son front.
Stu prend les devants et achève de se débarrasser de son attirail de laboratoire.
Quand la porte s'ouvre en dévoilant l'imposant Asuparagasu, Stu est prêt à le suivre. Le saiyan a tout de même une question à poser avant.
"- Vivant ou mort ?
- Une fille vivante. La mère est morte."
Le saiyan émet un bruit signifiant qu'il a compris et fait signe à Stu de le suivre, sans avoir une seule fois regardé les autres humains présents dans la salle.
Asuparagasu est l'un des saiyans chargé de la surveillance du vaisseau et fait régulièrement la navette avec le palais pour rapporter l'évolution du projet sur le métissage à son suzerain.
En poste depuis quatre mois, il a immédiatement repéré Stu et a décidé d'en faire son amant.
Pour ce dernier, impossible de dire non. Un refus signifierait sa mort et il n'est pas encore prêt à mourir.
Quatre mois après l'arrivée du saiyan dans sa vie, l'histoire continue.
Asuparagasu s'amuse avec un certain nombre d'humains, mais ne semble pas se lasser de lui et vient régulièrement le chercher.
Stu doit admettre qu'il a pris goût à cette "relation" et que lui non plus ne se lasse pas du saiyan. C'est un bon amant, il est beau et il est loin d'être violent. Stu aurait pu tomber sur pire.
Cela fait-il de lui un salopard et un traître envers les terriens ?
Possible. Mais dans ce cas, il y a plusieurs centaines de traîtres à travers la surface du globe.
"- Majesté, nous n'aurions pas demandé audience si ce n'était pas nécessaire."
Devant Vegeta s'inclinent deux personnes.
Un mâle et une femelle saiyan. Kabocha et sa compagne Kurementain.
Le premier possède une tignasse fournie typiquement saiyan, dont trois grosses mèches partant de son front vers l'arrière, comme si un perpétuel vent les empêchait de reposer sur son front.
Le seconde laisse sa tignasse libre flotter sur son dos, avec une mèche droite au dessus de chacun de ses yeux aux longs cils.
Vegeta leur ordonne de se redresser pour formuler leur message. Ces deux-là sont compagnons depuis plus d'un an maintenant. Ils s'amusent bien avec des humains, mais restent tout de même dans ce cadre que saiyan et terriens appellent « compagnonnage ». Un couple un peu libertin en quelque sorte.
Kurementain a eu de la chance. Née durant l'errance saiyan et épargnée par les hommes de Freezer, elle allait entrer dans l'âge de la maturité sexuelle au moment où son peuple avait découvert la Terre.
Elle n'a donc pas eu à subir des grossesses à répétition comme ses aînées. En revanche, elle a vu nombre des siennes perdre la vie en enfantant, ce qui l'a traumatisé et tenue loin de tout désir de donner la vie à son tour. Du moins pendant un moment. Elle s'est pourtant particulièrement amusée de la compétition dont elle a fait l'objet au sein de son peuple. Les femelles saiyans sont rares et la concurrence rude.
Kabocha a fini par obtenir son attention et son affection, au prix de nombreux efforts. Il s'est énormément battu.
Au sens littéral et physique du terme. La saiyan n'est pas facile à impressionner et elle avait une foule de prétendants qui prêts à tout pour attirer son attention.
Comme beaucoup de représentants de son espèce, elle est attirée par la force. Son compagnon doit être puissant et digne de sa rareté. Alors, les mâles en sont venus aux mains. Le fait que sa Majesté Vegeta ait interdit les combats à mort empêcha sûrement que ce soit l'hécatombe. Mais Kabocha eu de nombreuses fois besoin de faire une séance dans l'un des caissons de régénération du vaisseau.
Son combat avec Nappa fut sans doute celui qui l'amena au plus près du trépas.
Finalement, Kurementain l'a choisi lui. Parce qu'il est un Deuxième Classe n'ayant pas à rougir de sa force. Parce qu'elle le trouve beau et d'un âge approprié pour sa personne. Parce qu'il a un caractère qui lui convient.
Radditz est plaisant à regarder et d'un caractère acceptable, mais il est trop faible et le fait qu'il soit le frère du traître Kakarotto l'handicape fortement. Jinsunoka est trop faible, trop moche et insupportable. Kiui est un chouïa jeune et ne s'est jamais montré intéressé. Asuparagasu s'est battu pour elle uniquement par envie d'avoir un enfant et rien d'autre, elle le sait. Ringo est trop faible, un point c'est tout.
Kurementain n'est pas une ambitieuse.
Elle aurait pu choisir un compagnon qui l'aurait rapproché du roi et du pouvoir, comme Nappa. Elle ne l'a pas fait. Elle préfère vivre avec un compagnon qui convient à son caractère et à ses attentes. Un compagnon aux côtés duquel elle se sent à la fois de pouvoir vieillir et mourir au combat.
Kabocha s'amuse avec des humains et des humaines de son côté. Elle en fait tout autant.
Mais au final, ils restent mutuellement les personnes qu'ils apprécient le plus dans cet univers. Ils se retrouvent toujours avec autant de passion et de ferveur. Ils s'aiment, au sens saiyan du terme.
Sur Vegetasai, ils auraient été considéré comme un couple uni, à la limite du mielleux.
Cela reste toujours le cas sur Terre, surtout avec le vivier de chair et de perversion que représentent les terriens.
Mais au fond, tout le monde sait que les moqueries adressées à ce couple ne sont qu'une expression de la jalousie que tous ressentent.
Kabocha a conquis l'une des dernières femelles saiyans de l'univers. Elle est la plus jeune restante, et la plus belle physiquement. Evidemment que nombre de ses anciens prétendants ont toujours leur déboutement en travers de la gorge.
"- Nous avons décidé qu'il est temps", commence Kurementain. "Je suis enceinte Majesté.
- Cela fait maintenant cinq mois que nous sommes uniquement consacrés l'un à l'autre", continue Kabocha. "Cet enfant ne peut qu'être le mien."
Vegeta tente de sentir la vie qui grandit dans le ventre de sa subordonnée, mais il n'y parvient pas.
L'aura de la saiyan étouffe tout ce qui peut émaner d'elle et Vegeta ne connaît pas suffisamment son ki pour pouvoir distinguer la présence d'un deuxième corps.
"- Es-tu sûre d'être enceinte ?", demande-t-il. "Le lait de lune peut être trompeur."
"- Je le suis Majesté ! Les symptômes décris par mes paires sont là et je suis allé le confirmer auprès de médecins humains. Je vais donner naissance au premier enfant saiyan de sang-pur de la Terre", rajoute-t-elle avec fierté.
Vegeta jette un coup d'œil à Zukkini. Il ne sera bientôt plus le dernier né des sang-purs. Et avec les naissances successives des métis…
La vision du futur de Vegeta se concrétise. La Terre est à lui et à son peuple. Ils l'ont conquise, s'y sont installés et y ont enfanté. La Rébellion disparaîtra bientôt. Freezer est occupé avec sa guerre.
Oui, les saiyans vont retrouver leur gloire d'antan.
Vegeta invite le couple à rester au palais jusqu'au lendemain pour bénéficier des cuisines royales. Une telle nouvelle mérite un repas d'exception. Cet enfant à venir est la preuve que la renaissance des saiyans est en marche et que les traumatismes du passé sont en train d'être surmontés.
Oui. C'est un événement qu'il faut fêter.
Les deux compagnons sourient et s'inclinent. Vegeta ordonne à Zukkini de s'occuper des dispositions pour loger le couple. L'enfant gonfle son torse avec fierté et guide les invités vers la sortie en appelant des serviteurs humains.
Une fois la porte refermée, Vegeta ordonne à Kiui d'aller chercher Bulma Brief dans sa chambre.
Pendant que l'adolescent s'exécute, le roi des saiyans observe Nappa. La nouvelle de la grossesse de Kurementain ne semble pas lui faire spécialement plaisir. Il fallait s'y attendre. Mais taquiner son second sur la question est trop tentant.
"- Jaloux ?
- Moi ? Jaloux ? J'ai déjà un chiard métis dans les pattes. Je laisse à Kabocha le plaisir de gérer la grossesse et le môme qui braille."
Vegeta ricane et, bon prince, va remplir un verre de whisky à Nappa. Leur relation n'a pas changé suite à la mise au point dont le roi a fait bénéficier son second. Ils demeurent toujours proches et se parlent de tout. Nappa évite juste d'aborder le sujet de l'humaine qui partage le lit de son souverain.
La concernée approche d'ailleurs de leur position, les mains salies par le dessin qui l'occupe depuis plusieurs heures.
"- Déjà au whisky ?", dit-elle d'une voix moqueuse. "Il est un peu tôt non ?"
"- Pas quand une bonne nouvelle s'annonce à nous", lui répond Vegeta en indiquant à Kiui de se servir.
Bulma s'immobilise à mi-chemin, soudain méfiante. Une bonne nouvelle pour Vegeta en est rarement une bonne nouvelle pour la terrienne qu'elle est. Le fait que Nappa et Kiui soient toujours là lui fait craindre le pire.
Vegeta prend conscience de son malaise et ricane. Cette femme pense trop et s'inquiète toujours de tout, qu'importe la situation.
"- Oui, c'est une très bonne nouvelle pour les saiyans", dit-il, d'humeur taquine. "Pour les humains, j'en suis moins sûr par contre.
- Abrège Vegeta !", lui ordonne Bulma avec humeur et tout de même une pointe d'anxiété.
Le roi des saiyans s'enfile une rasade et apparaît soudainement derrière la terrienne. Il l'enlace en plaçant l'une de ses mains sur le ventre de celle-ci.
"- Calme-toi femme. L'une des miennes est enceinte. Un nouveau saiyan de sang-pur va voir le jour. Le premier depuis que nous avons débarqué sur Terre."
L'humaine aux cheveux bleus pousse un soupir de soulagement en entendant la nouvelle. Pas qu'elle s'en réjouisse fondamentalement, mais elle s'est imaginée des scénarios bien pires.
"- Et donc vous fêtez cela avec du whisky ?", dit Bulma en essayant de faire fi de la main puissante et chaude posée sur son ventre. "Vous savez que ce n'est pas une boisson recommandée pour une femme enceinte ?
- Le whisky est pour Nappa. Il aurait bien voulu être le père de cet enfant, mais il s'est fait coiffer au poteau par un jeune."
Le chauve s'étouffe dans son alcool en entendant les paroles de son roi. Qu'est-ce qui lui prend de le ridiculiser ainsi devant la terrienne et Kiui ? Le sourire qui s'affiche sur le visage de l'humaine ne lui plait guère.
"- Oh… Alors Nappa a une peine de cœur ?", demande Bulma en essayant d'attraper le verre que Vegeta tient pour boire un coup à la face du moustachu.
"- Cela s'en rapproche", répond Vegeta en finissant son verre avant qu'elle ne puisse le prendre. "Il a même été jusqu'à lui offrir le crâne encore saignant de l'un de vos animaux à poils et dents longues pour l'impressionner."
Vu la tête que fait la terrienne, la perspective d'un tel cadeau semble plus la dégoûter que lui faire envie. Le saiyan sourit avec amusement et la retourne face à lui pour lui mordiller gentiment le nez.
Kiui sirote silencieusement son verre en observant la scène. Ce qu'il voit lui plait.
Cette façon qu'a son roi de taquiner Bulma Brief et la façon dont elle entre dans son jeu témoignent de leur complicité. Mieux, le fait que le roi Vegeta ose offrir ce genre de scène à plusieurs de ses subordonnés signifie qu'il vit de plus en plus librement sa relation avec la terrienne. Sa Majesté Vegeta peut bien arguer autant qu'il veut à propos de son « petit oiseau bleu en cage », la façon dont il traite la terrienne n'est pas la façon dont on traite un objet.
Cette humaine semble être lentement devenue, dans l'intimité de leur couple, l'égale du roi des saiyans. Elle impose ses opinions, lance des piques que personne d'autre n'oserait formuler, agit avec une certaine liberté…
Kiui veut vivre la même chose avec Miria. Il veut bénéficier de cette même complicité. Il existe déjà des couples saiyans et humains qui semblent bénéficier de ce type de relation, même si le phénomène demeure ultra-récent.
Kiui ignore si l'affection de certains terriens envers leur compagnon saiyan est réelle, mais du côté des guerriers de l'espace, il y en a certains qui sont sérieux quant à leurs intentions et sentiments. Sauf que ce type de couple est tabou. Ils se cachent.
Ressentir de l'affection et de l'amour pour un humain est considéré comme un acte de faiblesse dégradant par la majorité de la société saiyan.
Que le roi Vegeta ait évolué dans ce sens… Cela peut signifier le début d'un bouleversement dans la mentalité de son peuple. Les saiyans n'auraient plus à se cacher.
Kiui fait des progrès avec Miria. Il est loin de l'avoir conquis, ou même charmé. Mais au moins, il peut rester dans la même pièce qu'elle sans qu'elle ne prenne peur.
Sa Majesté embrasse à présent à pleine bouche Bulma Brief en la serrant contre lui, sans montrer aucune trace de gêne de s'exposer ainsi devant ses subordonnés.
Kiui veut la même chose avec Miria.
"- Dehors", ordonne le roi entre deux baisers.
L'adolescent finit son verre d'une traite et s'exécute, suivi par Nappa.
Ce dernier est bien moins enthousiaste devant la scène que son cadet. Se faire humilier devant la terrienne et Kiui n'est la cause que d'une partie de sa mauvaise humeur montante. Ce qui le gêne fondamentalement, c'est l'attitude de son roi.
Vegeta tient clairement à la terrienne aux cheveux bleus. Il a construit avec elle une relation qui est loin d'être celle que Nappa entretient avec les pièces de son harem. Être faible face à la luxure et se montrer possessif, soit. C'est saiyan.
Pas le reste.
La petite souris n'est pas dangereuse en soi, surtout captive comme elle l'est. Mais son influence sur le roi semble croître de jour en jour, et sans que ce dernier ne trouve rien à en redire. Vegeta a maintenant la même attitude que les saiyans à la mentalité de faible qu'ils critiquaient tout les deux plusieurs mois auparavant.
Pire, Vegeta a accepté la nouvelle de la grossesse de Kurementain sans tiquer.
Vegeta est le roi des saiyans.
Il doit se reproduire avec une femelle de son espèce pour perpétuer la sacralité de la lignée royale de son peuple. Il aurait depuis longtemps dû revendiquer Kurementain comme sienne. Nappa l'a bien convoité à une époque, mais il s'était toujours dit qu'il serait prêt à la céder à son roi à n'importe quel moment si celui-ci en faisait la demande.
Que Vegeta ne veuille pas d'un enfant tout de suite, soit. Mais cela ne l'empêche pas de conserver Kurementain de côté pour lui faire un enfant le moment venu. Elle est la plus jeune et jolie saiyan de l'univers, dans un âge des plus propices pour assurer la descendance de la famille royale. Son âge lui confère même la capacité d'enfanter pour encore de nombreuses années.
Ainsi, Vegeta pourrait renouer avec la tradition saiyan qui consiste à se débarrasser des enfants trop faibles pour uniquement conserver ceux assez puissants pour mériter le titre d'héritier.
Seulement, laisser Kurementain avoir un enfant avec autre saiyan relève du non-sens. Vegeta ne peut pas accepter qu'elle donne naissance à l'héritier d'un autre pour ensuite exiger qu'elle fasse de même avec lui. Cela créerait une situation gênante où l'héritier de quelqu'un partage son sang avec un héritier royal.
Non… Si Vegeta n'est pas intervenu, c'est qu'il n'envisage pas d'avoir un enfant avec Kurementain.
Son obsession pour la terrienne semble faire oublier à Vegeta plusieurs points fondamentaux de son rôle de roi.
Pondre un héritier dans le futur en est un. Et Nappa espère sincèrement qu'il n'envisage pas de s'abaisser lui aussi au métissage.
Le noble sang royal de sa lignée ne doit pas se retrouver souillé ainsi. Que Vegeta veuille que son peuple ait le meilleur avenir possible sur Terre et fasse quelques entorses à la tradition, oui.
Mais qu'il s'abaisse aussi bas, Nappa ne pourra jamais l'accepter.
"- Tu sais, il y a beaucoup de gars qui préfèrent dormirent sur la poitrine d'une femme plutôt que son ventre."
Vegeta ne répond rien. Il est bien là, allongé face contre lit à écouter son enfant grandir dans le ventre de la terrienne.
Pourquoi elle vient tout gâcher comme ça ?
Bulma observe ses ongles. Ils sont vraiment trop long et mal taillés.
Et Vegeta pèse lourd sur son ventre.
"- Allez môssieur le saiyan, bouge de là. Avec tes cheveux anormaux, ta tête pèse une tonne."
Comme il ne dit rien et ne bouge pas, Bulma roule d'elle-même sur le côté pour se libérer de lui.
Il ne bouge toujours pas, mais grogne pour signifier son mécontentement.
Pour la énième fois, Bulma le trouve mignon. Et cela lui donne des idées.
"- Tu veux prendre un bain ?"
La question sous-jacente est bien entendu "tu veux coucher ?".
Il ne répond rien et se contente d'attraper un oreiller du lit pour le placer sous sa tête. Apparemment non, il n'a pas envie de "prendre un bain".
Sauf que Bulma, elle, en a envie.
Elle rampe donc jusqu'à Vegeta et grimpe sur son dos pour s'asseoir au niveau de ses fesses, juste en dessous du départ de sa queue de singe.
Le saiyan a toujours la tête ostensiblement tournée sur le côté et ses yeux fermés. Mais Bulma ne s'inquiète pas outre-mesure. Elle sait comment le motiver.
La terrienne se penche pour attraper la combinaison bleue de Vegeta et embrasser sa nuque épaisse. Elle la suçote, la mordille, bref, la dévore.
Bulma peut sentir la respiration du saiyan sous elle s'approfondir. Mais ce n'est pas encore assez.
"- Tu connais ce petit manège autant que moi… Et tu sais comment ça fini. Tu crois vraiment que tu vas pouvoir résister ?"
Elle sait que non. Il le sait aussi. Mais il ne se rendra pas si facilement.
Voilà !
J'espère que le chapitre vous a plu en tout cas et que je posterais le prochain chapitre bien plus rapidement que celui ça !
Laissez des comms siou plait !
