Coucou tout le monde !

Ça doit faire plus de six mois depuis la dernière fois que j'ai publié...

Aucune panne informatique ou perte de donnée derrière ce retard cette fois ! Plutôt une raison qui pourrait vous faire plaisir.

J'ai complètement réécrite "Ma Terre". Oui oui, réecriture complète de tous les chapitres.

Vous les reconnaitrez grâce à l'inscription **V2** en début de chapitre.

L'histoire est la même bien sûr ! Mais on va dire qu'elle a été enrichie et est bien plus maîtrisée qu'auparavant.

Cela fait près de quatre ans que je suis sur cette histoire. J'ai évolué en même temps que mon écriture et ma façon de construire des récits...

Les changements majeurs sont :

- Virer ces vilains participes passés qui ne me plaisent plus. L'utilisation du présent me convient mieux. Plus punchy, plus direct.

- Meilleur contrôle de la chronologie. J'ai été jusqu'à me faire une frise chronologique pour bien maîtriser le temps dans cette fanfiction.

- Plus de description. Sans aller au niveau de Zola, je me suis un peu plus amusé avec les ambiances, les couleurs, les odeurs et les goûts. Après, on aime ou on aime pas.

- Plus de développement des psychés de nos personnes principaux, mais aussi secondaires. J'ai été sensible aux commentaires de certain.e.s qui m'ont fait remarquer que par moment, l'histoire évoluait vraiment trop vite. Sans remédier à ce problème, on va dire que je l'ai rendu moins flagrant.

Et donc, vous, cher lectorat, avez gagné grâce à cette réécriture environ 50 000 mots, soit l'équivalent de 80 pages.

Ca en fait de l'histoire à écrire non ? ;)

D'où cette longue absence. J'espère que, si vous vous donnez la peine de vous replonger dans la fiction, vous en apprécierez l'évolution.

De mon côté, ces changements me plaisent.

Bonne lecture à vous ! :)


Une nuque qui craque. Le bruit d'un corp qui s'affale sur le sol. Des pleurs étouffés. D'autres sanglots bien plus audibles. Il est l'heure de la punition. Et Videl n'est pas certaine qu'elle en sortira vivante.

Tout a été à la fois si vite et si lentement. Comment blâmer ceux qui ont hésité ou ceux qui ont décidé de tenter leur chance ? Rien n'aurait pu les préparer à cela.

Personne ne pouvait savoir que les saiyans allaient réapparaître au bout de quelques heures.

Ils ont disparu un après-midi. Juste comme ça. Les saiyans du camp ont fait preuve d'une grande agitation, leurs communicateurs vissés aux oreilles. D'un même envol, ils ont disparus au loin. Quelques minutes plus tard, des bruits assourdissants ont retentis dans la direction qu'ils ont prises. Au loin, c'était le chaos. Comme des bombes à la puissance sans limite, mais qui ne produiraient pas d'explosion.

Les humains ignoraient dans quel enfer les saiyans s'étaient fourrés, mais une chose était certaine à ce moment : cet enfer durait et les singes de l'espace ne revenaient pas. Quelques petits malins à l'ouïe prétendument fine ont même affirmé pouvoir entendre de leur position les cris d'agonis de leurs oppresseurs. Des conneries absolues. Mais qui sont bel et bien entrées dans la tête des gens qui ne voulaient croire qu'à ce miracle et à la probabilité, même infime, que les saiyans se fassent tous massacrer. Avec un peu de chance par la Rébellion.

Satan n'y a pas cru. Il n'y a pas cru et il en a fait les frais.

En fait, il a fait les frais de ces dernières années passées au service des saiyans. Le "lèche-botte", le "collaborateur", le "vendu". Lui et ses courbettes devant les singes de l'espace, lui et ses paroles suaves à destination de leurs bourreaux.

Il s'est fait piéger devant la maison de son « maître » par une dizaine de personnes, hommes et femmes aux âges divers. Tous animés par la même pulsion : lui mettre une dérouillée.

L'ancien sportif sait encaisser. Il a encaissé durant sa jeunesse à l'occasion de tournois sportifs. Il a encaissé durant la guerre pour garder sa fille et lui-même en vie. Il a encaissé aux côtés des saiyans pour assurer à Videl un avenir. Dix âmes en colère n'étaient pas suffisantes pour arriver à bout de son cuir étonnamment épais.

Alors ils l'ont laissé là. Par terre, en sang, le corps tuméfié de partout, des côtes et des doigts brisés. Amoché, mais vivant.

Ils sont partis parce que finalement, ils avaient mieux à faire : fuir.

Ils sont partis comme d'autres, petit peuple en exode redécouvrant soudainement la liberté de mouvement et ne pouvant se résoudre à rester dans leur prison.

Les plus forts se sont octroyés un chariot pour transporter un enfant, des vivres, de quoi survivre hors du camp.

Les plus faibles en emporté dans leurs bras et sur leurs dos leurs biens, qu'ils leurs appartiennent ou viennent d'être volé.

Ils sont partis le long de la rivière pour la remonter et gagner les montages à l'Est. D'après la propagande de la Résistance, son relais le plus proche se trouve dans cette direction. Ses membres ne peuvent pas louper une exode aussi massif ou ignorer un tel peuple en quête de salut.

Videl est restée. Elle est restée parce qu'elle ne parvenait pas à trouver son père. Elle est restée parce qu'elle a trouvé dehors, recroquevillé par terre, un petit garçon indemne mais en pleurs et manifestement sous le choc.

Contre lui, le corps d'un homme, la tête aux yeux grands ouverts reposant dans une flaque de sang. Le crâne ouvert.

Videl a vu nombre de scènes horribles sous la domination des saiyans. Elle a déjà vécu le chaos, elle sait l'interpréter. Cet homme s'est battu contre quelqu'un pour quelque chose, et ce quelqu'un a gagné, emportant avec lui non seulement ce quelque chose, mais également la vie de son adversaire.

Laissant derrière lui un gamin de quatre ans désorienté et voué à la mort s'il était laissé là, seul et sans aide.

Videl l'a aidé.

Elle l'éloigne du cadavre de son père et le mena à sa tente. L'enfant n'émit aucune protestation et se laissa guider. Videl s'est dit qu'il était ainsi parce qu'il avait compris que son père n'était plus.

Quand elle avait son âge, les saiyans n'étaient pas encore arrivés, sa vie était paisible. Elle doutait qu'elle aurait immédiatement compris, comme lui, ce qu'était la mort et que cela avait touché son père.

Sa tente était sans dessus-dessous.

Nul doute qu'elle avait été pillée. Qu'importe, l'habitat recelait toujours ce qui comptait aux yeux de l'enfant aux yeux bleus.

Un toit en tôle, quelques draps malpropres, des vêtements de rechange et surtout, l'unique photo existante d'elle, son père, et sa mère partie avant la guerre. Bref, l'endroit était dévasté, mais il restait un point de rendez-vous pour attendre Satan. Qui tardait. Tardait.

Les allées étaient désormais vides. Tout juste quelques bruits émanant de tentes abandonnées et une nouvelle fois fouillées par ceux qui ont décidés de rester ou de partir plus tard. Il y eu bien des gens pour passer la tête dans l'habitacle, mais en voyant les deux gamins seuls, dont l'une armée d'une barre de fer rouillée, personne n'y posa un pied.

Au bout de plus d'une heure, le père tant attendu se présenta à la tente. Le corps amoché, mais le sourire toujours radieux en voyant sa fille vivante et en bonne santé. Satan se traîna va un matelas en répétant sa litanie béate.

"- Ma fille. Ma magnifique fille. Ma perle, ma précieuse. Tu vas bien et c'est tout ce qui compte."

Et elle l'engueule. Lui crie dessus encore et encore, parce qu'il est en retard, parce que le monde est en plein chaos, parce qu'il revient couvert de blessures. Parce qu'il lui a foutu la peur de sa vie à tarder ainsi.

Videl l'engueule et pleure en même temps, rapidement imité par un gamin que Satan ne connaît pas, une frimousse fragile aux boucles blondes et sales.

Satan compris tout de suite et ne posa pas de question. De toute façon, parler lui faisait extrêmement mal en ce moment, alors il préférait se limiter. Décidement bien débrouillarde pour une gamine de dix ans, Videl s'employa à déchirer des draps pour bander le corps de son paternel.

Le gamin qu'elle avait recueillis, et dont elle ne savait toujours pas le nom, la suivait comme un petit chien fidèle mais incapable d'accomplir la moindre tâche.

Les heures passèrent. Videl veilla sur les deux autres. Son père s'était endormi d'épuisement et le gamin avait succombé parce qu'il était un gosse dont le corps réclamait sa dose de sommeil.

Le repos des deux prit fin au son de sonores explosions.

Satan se réveilla en sursaut, étouffant des gémissements de douleurs.

S'appuyant sur l'épaule de sa fille, ils sortirent hors de la tente pour comprendre ce qu'il se passait. De familiers flashs de lumière éclairaient la nuit noire en direction des montagnes de l'Est. Des hurlements se mirent à accompagner les explosions.

Nul besoin d'être un géni pour comprendre ce qu'il se passait. Les saiyans étaient de retour. Vivants, suffisamment en forme pour se comporter comme au temps de leur invasion.

Et apparemment en rogne.

Satan sait ce qu'il ce passe et ce qui va arriver. Les saiyans veulent que les humains se rendent compte qu'ils n'ont pas retrouvé leur liberté et qu'il faut reprendre le chemin des camps de travail.

L'unique question porte dès lors sur le nombre de personnes tuées pour faire passer le message et le nombre de blessés qui vont débarquer dans le camps quasi désert.

Conscients qu'ils ont fait le bon choix en refusant l'exode, ceux qui sont restés organisent l'accueil. Cette attitude est humaine. Refuser d'accueillir les blessés s'apparenterait à de la cruauté. Evidemment qu'il est normal d'espérer la mort de leurs bourreaux et de profiter de la moindre défaillance pour s'envoler.

Comment blâmer ceux qui ont eu l'espoir ?

Pendant que Satan récupère au mieux de ses blessures, Videl et le petit garçon nommé Lilian font la navette entre le fleuve et la place centrale du bidonville transformée en camp d'urgence pour l'occasion.

Une centaine de personnes s'activent à préparer le nécessaire pour traiter les blessés. Bois à reconvertir en attelle, onguents de plantes pour soulager les inévitables brûlures, eau bouillante parce que le fleuve dans laquelle l'eau est puisée regorge de cadavres d'humains tués par les saiyans… Chaque drap abandonné, chaque toile de tente, chaque tissu abandonné est installé pour éviter de poser les blessés à même le sol et la boue.

Les heures passent. Le jour se lève. Les premiers réfugiés arrivent.

Ils sont plutôt en bon état.

Souvent indemnes, mais les yeux hagards et épuisés. Ils ont effectué le voyage de retour bien plus rapidement que les blessés. Tous rentrent dans le camps en baissant la tête, rassurés que des humains constituent le comité d'accueil, et non pas des saiyans.

Après être retournés dans leurs tentes pour poser des affaires, voir abriter des enfants qui en ont déjà trop vus, beaucoup rejoignent les volontaires qui sont là pour accueillir les blessés. Tous savent qu'ils constituent la première vague. Les suivantes seront d'un tout autre acabit.

Et en effet, le flot continu de réfugiés évolu. De saines et sauves, les personnes qui arrivent passent au statut de blessés. Certains en aident d'autres à marcher. Il y a de plus en plus de brûlés.

Videl est restée dans sa tente avec Lilian. Son père a insisté, il ne veut pas qu'elle voit les réfugiés arriver. Il veut au moins leur épargner cela.

Les heures passent. Satan combat chaque minute sa douleur pour aider les autres. Un bandage à faire, un blessé à soulager, une personne traumatisée que la mort d'un être cher rend complètement folle. L'être qui bénéficie de ses soins pourrait très bien être l'un de ceux qui l'a passé à tabac la veille, il s'en fiche. Ces gens ont besoin d'aide.

Personne ne mérite ce qu'ils ont subi. Personne ne mérite le sort que leur font subir depuis plusieurs années les saiyans.

Les deux enfants observent leurs voisins de tente regagner leur "maison".

Ils en manque certains. Il y a des pleurs, mais aussi des retrouvailles. L'une des voisines de Videl la prend dans ses bras en sanglotants, la félicitant d'être restée derrière. Dans ses mains, elle un plat argenté qu'elle a volé dans la maison d'un saiyan.

Après avoir enlacé l'enfant, elle prend la direction du fleuve pour se débarrasser de l'objet et de l'odeur qu'il porte, dans l'espoir qu'aucun saiyan ne découvrira jamais qu'elle l'a chipé.

Ces derniers ne sont toujours pas revenus. Nulle trace de leur présence dans le camps, mais c'est comme s'ils y étaient, à aboyer leurs ordres. Chacun se comporte avec la même révérence et la même lassitude.

Satan ne revient à la tente qu'à la moitié de la nuit, soulevant à moitié, et malgré ses blessures, une jeune femmes. Ses cheveux brûlés ont été particulièrement beau avant. Sa peau d'ébène était particulièrement soyeuse.

Plus maintenant.

Sa peau est brûlée au troisième degré sur la majorité de son corps. Ses yeux, auparavant d'un vert mordoré attirant, sont dissimulés par un bandage imbibé de pus. Une explosion l'a rendue aveugle et a détruit son corps.

Cette fille, Videl la connaît. Aurore est l'une des concubines du chef de camps.

Satan est épuisé. Il a mal. Mais il ne peut dormir. Déjà parce que la fille qu'il accueille chez lui ne peut pas s'empêcher de gémir de douleur tellement elle souffre. Mais surtout, les images des précédentes heures, ainsi que les sons, les cris et les odeurs ne quittent pas son esprit.

Tant de morts à l'extérieur et à l'intérieur du camps. Tant de souffrances. Tant de pertes et de blessés. Il est au moins heureux que Videl et le petit Lilian aient échappés à ça.

La nuit passe à la berceuse des hurlements et des sanglots. Au petit matin, sous le soleil rouge de l'aurore, une dizaine silhouettes flottant dans le ciel apparaissent. Les saiyans sont là.

Chacun d'eux se posent à un endroit différent du camps et se met à hurler des ordres.

"- TOUT LE MONDE A LA PLACE CENTRALE !"

Les humains s'exécutent. Du moins, ceux qui sont en état de se déplacer. Certains sont trop blessés pour bouger, d'autres craignent de montrer leurs blessures aux saiyans et d'afficher ainsi leur crime : faire partie de ceux qui ont quitté le camps.

Satan, Videl et Lilian laissent derrière eux Aurore, qui est incapable de bouger tant la fièvre l'accable.

Quand ils arrivent à la place centrale, ils se rendent compte qu'elle a été "nettoyé". Une forte odeur de brûlé règne et le sol est moins boueux que d'habitude. Les saiyans ont tués tous les blessés qu'il restait sur la place. Ils n'ont même pas pris la peine de les tuer avec leurs poings, leurs pieds ou leur queue. Ils se sont contenté de cramer l'endroit.

Une légère pluie tombe. Elle ne peut nettoyer les lieux ou faire disparaître les odeurs. Lilian sert fort la main de Videl. Satan est positionné devant eux pour les cacher de la vue des saiyans.

Au centre de la place et de la foule, le chef de camp est immobile, les jambes écartées et les mains derrière le dos. Il est amoché. Personne n'a jamais vu le chef de camps amoché. L'une de ses pommettes est éclatée. Son armure est neuve, mais l'état de sa peau à nue laisse penser que la précédente devait être dans un très sale état. Les autres saiyans ont l'air d'avoir vécu les mêmes évènements.

Le chef de camp, Endaibu, passe lentement le public humain en revue. Grâce à ses yeux et son odorat, il identifie très bien qui a fait parti du groupe que lui et les siens ont attaqué. Il y en a énormément.

Le saiyan claque des doigts. D'autres singes de l'espace apparaissent en lévitant chacun avec deux personnes, qu'ils posent au centre de la place. Devant la résistance de certains, ils les jettent au sol et leur foutent le visage dans la boue en les tenant par la nuque. Plus de dix humains sont ainsi maintenues au centre de la place. Et tout le monde sait ce qu'il va arriver.

Le chef de camps prend la parole. Ou plutôt hurle son discours.

"- Vous savez pourquoi vous êtes ici ! Vous savez ce que vous avez fait de mal ! Vous savez ce que vous nous avez poussé à faire !"

De son talon, il écrase la tête de l'un des prisonniers dans un craquement sonore. Lilian n'a rien vu, mais il a compris et commence à pleurer en silence. Il n'est pas le seul. Satan repousse de plus en plus les enfants vers l'arrière de la foule. Mais lui doit rester au premier rang. Le chef du camp l'a repéré. Son regard est accroché le sien.

"- Rien de tout cela ne serait arrivé si vous étiez resté dans le camps ! Vous avez vraiment espéré que nous étions partis pour toujours ?!"

Il tend un bras. L'un des saiyans lâche ses prisonniers et s'en éloigne. Un flash de lumière, des hurlements. Deux corps désintégrés.

"- Nous serons toujours là ! Nous ne partirons jamais ! Personne ne pourra jamais nous faire partir !"

Une queue qui s'enroule négligemment autour d'une nuque et soulève un corps. Un craquement. Le corps qui s'affale sur le sol. Lilian pleure. Videl est trop choquée pour pleurer. Plus aucun des prisonniers ne se débat.

Le saiyan continue son discours. On sent qu'il l'a ruminé, préparé. Il veut que son effet reste imprimé dans l'esprit des humains. Que plus jamais aucune idée de rébellion ne leur traverse la tête. Cet épisode lui a coûté plus d'un tiers de son bétail humain. Une lourde perte impossible à combler. Cela ne doit plus jamais se reproduire.

"- Toutes ces années, nous vous avons fourni ce dont vous aviez besoin pour vivre ! Nous vous avons laissé avoir des enfants et des vies ! Et c'est comme ça que vous nous remerciez ?!"

Tous les prisonniers sont morts maintenant. Certains humains tente de quitter les premiers rangs de l'assemblée pour se positionner derrière d'autres personnes. Instinct. Et cet instinct est payant.

Endaibu attrape par la gorge un adolescent au premier rang, dont les bras recouverts de brûlures ne laissent aucun doute quant à son activité de la veille.

"- Personne n'est à l'abri ! Personne ne peut se soustraire à notre surveillance. Nous savons ce que chacun d'entre vous a fait ! Vivre ou mourir, cela ne dépend que de nous !"

Il compresse la pomme d'Adam de l'adolescent et le tue. Son corps tombe à terre.

D'un coup, le saiyan disparaît, pour mieux apparaître aux côtés de Satan. Videl s'apprête à pousser un cris, mais la main de son père bouge rapidement devant sa bouche.

Une paire de bras enveloppe l'enfant. C'est l'une de leur voisine. Son regard croise celui du père de la jeune fille. Ils se comprennent. Le chef de clan commence à détacher Satan de la foule pour l'emmener au centre de la place. La voisine brune empêche Videl de le suivre.

"-Mon ami humain… Toi, tu n'es pas parti. Je le sens à ton odeur. En revanche, tu as aidé les blessés. Leur puanteur infâme couvre chaque pore de ta peau. Je vois qui tu as été blessé par les tiens. C'est dommage. Tu as trop aidé d'humains. Je ne suis pas en mesure d'identifier ceux qui t'ont blessés. Je les auraient tués pour toi."

Satan garde les yeux rivés au sol, pour sa propre survie. Tout ceci n'est qu'une mise en scène, un jeu sadique comme les saiyans savent très bien en créer. Il peut décider de le tuer à tout moment.

"- Dis moi, saurais-tu les identifier et me les désigner ?

- N… non. Je n'ai rien vu.

- Vraiment ? Tu me déçois Satan. N'est-ce pas toi qui disait que tu avais été un combattant dans le temps, une star ? Un être capable de combattre et d'encenser les foules ?"

Voilà… on y est. Le pourquoi Satan se trouve réellement au centre de la place, la poigne du saiyan lui détruisant à moitié une clavicule déjà bien entamée.

"- N'est-ce pas pour ça que je t'ai pris à mon service, en plus de tes innombrables flatteries ? Pour ta capacité à influencer la vermine humaine ? Tu ne vas pas me dire que tu as réussis à les empêcher de quitter le camps ?"

"- Non messire. J'ai échoué. Lamentablement échoué. Et je m'en excuse infiniment."

Satan ponctue ses excuses d'un fléchissement de genoux.

Il s'agenouille. C'est dégradant. Mais la majeur partie des personnes qui le regardent et le jugent en ce moment auraient agit exactement pareil dans sa situation.

Satan veut vivre. Il ne veut pas que sa fille le regarde mourir. Il ne veut pas laisser son enfant derrière. Il veut vivre. Pour Videl et pour lui-même.

"- Tu fais bien de t'excuser. Tu as lamentablement échoué. Et en même temps, je comprends. Dans ta situation, comment arrêter une horde de sauvages ? Tu ne pouvais pas faire plus."

Le regard de Satan est toujours fixé au sol. Ce qui vient après ne dépend pas de lui.

"- Je ne peux décemment pas te tuer, ce serait une lourde perte. Tes flagorneries m'amusent. En revanche, je ne peux pas faire autrement que te punir."

Le saiyan a tout juste disparu que Satan se retourne vers son enfant.

Endaibu vient d'apparaître à proximité de Videl. Les humains s'écartent pour laisser le saiyan se positionner devant la gamine. Elle le regarde dans les yeux et ne recule pas. Elle est terrifiée. Elle a raison de l'être.

"- Ton père a mal agit, gamine. Et il doit payer."

Elle tient par la main un morpion qu'il ne reconnaît pas. Qu'importe. Il se fiche du morpion.

Satan a oublié toute prudence. Il veut courir rejoindre sa fille. Distraire le chef de camp, le désintéresser de Videl. Un autre saiyan l'attrape par derrière, le bâillonne et le maintient immobile, tout en faisant en sorte qu'il ne quitte pas la scène des yeux.

"- Il doit payer."

Une main qui fuse. Une nuque qui craque. Un corps qui s'effondre.

Celui de la voisine protectrice.

Videl bâillonne Lilian pour l'empêcher d'émettre le moindre bruit.

"- Tu étais le choix suivant gamine. Cette femelle et ton père étaient amants. Tu as de la chance aujourd'hui gamine. Ton père aussi. Mais cela ne se reproduira pas."

Parce que la voir exploser en sanglots ou hurler l'amuserait, Endaibu pose sa main gantée et ensanglantée sur la tête de l'enfant. Il ressent sa tension extrême, ses micro-tremblements. Mais elle ne pleure pas. Ne s'effondre pas. Ne recule pas. Ne hurle pas.

Elle le regarde toujours dans les yeux, sans expression de défi ou même de haine. Juste une concentration extrême.

Elle ne décroche pas son regard du sien, comme si sa vie ne dépendait que de cet échange visuel.

"- Tu es amusante gamine."

Amusante et intéressante. Endaibu sait que son fils a un truc avec l'enfant de Satan. Zukkini fait tout pour être discret, mais son père sait très bien qu'il la surveille. Ses espions humains lui ont rapporté une dispute sans conséquence entre les deux.

Et maintenant qu'Endaibu a été initié sommairement à l'étude du ki, il sait que l'aura de son fils est chamboulée dès qu'il voit la petite brune.

Une situation loin d'être idéale, mais pourquoi pas. Lui-même prend du plaisir à goûter aux plaisirs que lui offre cette planète. Les femelles humaines en font parti.

Et à sa grande honte, Endaibu doit reconnaître qu'il s'est entiché de plusieurs d'entre elles et ce, bien plus qu'il ne le devrait. D'où la douleur qui étreint son coeur lorsqu'il pense à cette humaine en particulier qu'il apprécie et qui a elle aussi tenté de s'échapper.

Zukkini a bientôt neuf ans. Il peut commencer à s'intéresser à certains individus en particulier. Vu l'absence de saiyans de son âge, il est logique qu'il aille chercher de la compagnie parmis les humains.

La gamine ne le quitte toujours pas des yeux.

"- Veilles à demeurer divertissante pour continuer à vivre."

Divertissante, elle l'est incontestablement. Le courage qu'elle possède, son sang-froid et sa force intérieure sont tout à son honneur. Les saiyan respectent et sont attirés par la force, c'est dans leur sang. Pas étonnant que Zukkini ai repéré cette enfant en particulier.

Mais une telle force de caractère ne peut mener qu'à deux destins : soit la gamine sera une humaine particulièrement attractive, une prise que son fils devra défendre face à la concurrence ; soit elle sera une humaine à problèmes qu'il faudra éliminer.

Mais la décision ne se prendra pas aujourd'hui. Il y a le temps. A son âge, la gamine ne peut pas constituer une menace.

Pour récompenser cette force qui apprécie, Endaibu caresse minimalement le crâne de Videl. Loin de se détendre, elle continue de le fixer avec ses yeux bleus ciel, jusqu'à ce qu'il rompe de lui-même le contact visuel pour retourner au centre de la place.

Au passage, il lance une boule d'énergie qui fait trois nouvelles victimes. Lorsqu'il arrive au niveau de Satan, le chef de camp l'attrape par le col et l'amène devant son visage.

"- Comment un pleutre servile comme toi a pu pondre une chiard aussi courageuse ?"

Sans attendre de réponse, il lui donne un coup de poing. Assez puissant pour le faire souffrir, pas assez pour le blesser durablement.

Et il le jette en direction de son enfant, comme un vulgaire chiffon. Videl lâche la main de Lilian et se précipite vers son père pour l'aider à se relever. Les yeux de l'enfant s'humidifient. Son père intervient dans un murmure, malgré la douleur qui lui détruit les entrailles.

"- Ne pleure pas mon ange. Retiens toi. Juste encore un peu. Ça ira une fois à la tente."

Ses yeux croisent le regard vide de son ancienne amante morte. Il ne fait rien pour lui fermer les yeux et se relève pour se placer debout aux côtés de sa fille, le dos tourné à son ancienne conquête.

Plusieurs personnes lui adressent un mouvement de tête. Il a été courageux, intelligent et chanceux. Si certains le déteste, ce n'est pas universel. Survivre n'est pas un crime aux yeux de tous.

Le spectacle morbide des saiyans dure. Toujours plus de morts, de pertes, de traumatismes. Les envahisseurs laissent finalement la foule se disperser. Satan marche avec l'appui de sa fille. Lilian s'accroche au pantalon du père. Des volontaires ont pris en charge les tués.

Lorsqu'enfin ils regagnent leur tente, le petit Lilian pousse un hurlement trop longtemps contenu. Pareil pour les larmes de Videl.

Leur blessée aveugle est morte dans son lit de fortune. La poitrine ouverte, le cœur arraché et encore sanguinolant reposant dans l'une de ses propres mains.


Zukkini dépose l'assiette sur la table. La précédente a été à peine entamée. C'est mauvais. Bulma Brief doit se nourrir, pour le bien de l'enfant de sa Majesté. Son état est, pour ainsi dire, catatonique depuis qu'il lui a annoncé qu'elle est enceinte. Sa Majesté devait avoir ses raisons pour ne rien lui dire. Mais la situation a rendu cette révélation indispensable.

Bulma Brief faisait du mal à l'enfant déjà affaibli. Il fallait mettre un terme à cela. L'idée que sa Majesté puisse le tuer pour ses paroles a bien traversé l'esprit de l'enfant. Mais il n'en a rien été.

Lorsque Zukkini a tout raconté à Vegeta, la nuque offerte en sacrifice à la poigne vengeresse de son suzerain, le roi des saiyans n'a rien fait. Il lui a juste demandé de se retirer et de continuer à veiller sur l'humaine comme il le faisait jusqu'à présent.

Cela datait de cinq jours.

Le roi n'a toujours pas rendu visite à la terrienne, occupé qu'il est à rétablir l'ordre à travers la planète.

Zukkini demande à Bulma Brief pourquoi elle n'a rien mangé de sa précédente assiette. Comme à son habitude, elle ne lui répond pas.

Assise sur le lit moelleux qu'on lui a installé, elle passe ses journées dos au mur, le regard dans le vide, ses longs cheveux plein de noeuds lui arrivant en dessous des omoplates. Les quartiers de sa Majesté ayant été détruits, Bulma Brief a réinvesti sa première pièce de vie, celle qu'elle occupait du temps où elle était simplement une prisonnière. Le lieu n'a rien du faste des appartements de Sa Majesté, mais des aménagements ont été fait, preuve de son nouveau statut.

Elle dort maintenant sur un lit confortable et la lucarne de la salle de bain n'est plus condamnée, lui permettant de profiter de l'air frais si elle se donne la peine de l'ouvrir. L'ancien bureau où elle travaillait sur des expériences pour le compte des saiyans, notamment sur la question du métissage, a été enlevé.

On lui propose aussi de sortir se dégourdir les jambes au moins une fois par jour, ce qu'elle refuse systématiquement.

En fait, les seules fois où l'aura de Bulma Brief indique qu'elle sort de sa catatonie, c'est pour aller vomir, pleurer ou pour demander des nouvelles de ses amis vaincus par les saiyans. Sur ce dernier point, instruction a été donnée de ne pas lui répondre. La laisser dans le doute est sans doute mieux pour la sécurité de l'enfant du roi.

Elle n'a pas une seule fois demandé à voir le roi Vegeta.

Zukkini n'aime pas voir la terrienne dans cet état. Ce n'est pas elle. Bulma Brief n'est pas comme ça. Ce n'est pas une petite chose recroquevillée et muette. Alors, tous les jours, il essaye au mieux de la faire changer de comportement.

Il lui parle.

Au début d'une fille qui s'appelle Videl et qui est l'une des principales raisons de son choix d'apprendre à se faire bien voir des humains. Lorsqu'il n'y a plus à dire à ce sujet, il parle de sa petite enfance à l'intérieur du vaisseau spatial qui les a mené jusqu'à la Terre et est à présent détruit. Sa naissance qui a eu raison de sa mère, les années passées en solitaire jusqu'à ce qu'il se retrouve entouré d'humains.

Il confie à Bulma Brief ses interrogations, ses doutes sur ce qu'il considère être comme une humanité grandissante.

Il lui raconte ce qu'il n'a jamais dit à personne en espérant lui faire fendre l'armure.

Mais rien. Pas un bruit, pas une parole, aucune fluctuation de son aura. Si elle l'entend, elle n'est nullement atteinte.

Tant pis pour aujourd'hui.

Zukkini retentera sa chance demain.


Vegeta regarde Kakarotto. Observer les blessures du saiyan nu, enchaîné et à genou lui fait du bien. Dans les ruines mêmes du vaisseau où ils se sont livrés bataille, elles lui rappellent la victoire chèrement acquise contre le traître. Tout comme le niveau qu'ils ont à rattraper. Eux, les vrais saiyans.

Dix-sept.

Cette capture a coûté la vie à dix-sept de ses guerriers. Les morts se comptaient au nombre de treize à l'issu du combat, mais plusieurs saiyans ont succombés à leurs blessures dans les jours qui ont suivis la bataille. Les guerriers de l'espace n'étaient déjà pas bien nombreux avant ce combat. Maintenant, leur nombre se situe juste en dessous de la centaine.

Mener le combat titanesque au coeur du vaisseau a complètement détruit ce dernier. Irréparable.

Si les dégats engendrés par l'intrusion de Kakarotto étaient déjà considérables, les actions et ordres de Végéta ont rendu sa réparation inenvisageable. Le roi des saiyans a tout simplement fendu le vaisseau spatial en deux en voulant ralentir son adversaire.

Un choix aux lourdes conséquences.

Les guerriers de l'espaces sont à présents coincés sur Terre. La technologie terrienne, ainsi que ses ressources, ne permettent pas de reproduire une telle construction, surtout depuis qu'ils ont détruits de par leur invasion des millions de téraoctets de données et de savoir. Sans oublier les outils d'exploitation industriel indispensables à la conception de constructions plus avancées que des bâtisses.

Aujourd'hui, la plus avancée des technologies auxquels ont accès humains et saiyans sont les capsules rescapées de l'ancien empire des Brief, auxquelles le commun des mortels et leurs envahisseurs ne comprennent strictement rien. En imaginant que les scientifiques humains puissent appréhender la technologie saiyan, il faudrait des décennies pour concevoir un prototype viable. La plupart des scientifiques terriens compétents se trouvaient sur le vaisseau au moment de la bataille. Peu en sont ressortis vivants.

Et demander l'assistance de Bulma Brief sur cette question est au dessus des forces de Vegeta pour le moment.

Ce combat a condamné les saiyans à s'implanter irrémédiablement sur Terre. Il les a également handicapés dans l'immédiat. Déjà, toute communication avec l'espace est désormais impossible. Freezer est certes occupé avec sa guerre intergalactique, mais il finira bien par s'interroger sur ce silence-radio. La situation pourrait devenir extrêmement dangereuse si ce satané lézard décide de venir sur Terre.

En plus, des dizaines de pondeuses ont trouvés la mort. La priorité des saiyans avait clairement été d'abattre Kakarotto, dont l'aura grandissait de seconde en seconde. Ils n'ont pas un instant pensé à mettre à l'abri les humaines enceintes.

Le planning des naissances est totalement à refaire, les objectifs à revoir. Il va falloir réparer les installations et remplir à nouveau les lits.

Plus problématique encore, deux bébés métis nouvellement nés sont également décédés. Fort heureusement, les métis de plus d'un mois résident dans un hôpital bien éloigné du vaisseau, ce qui a permis de limiter les pertes.

Mais le pire aux yeux de Végéta et des siens, c'est qu'il ne reste qu'un seul caisson de régénérescence viable.

Tous les autres ont été irrémédiablement détruits et le vieux médecin en chef Jinja est mort. Si plusieurs guerriers sont morts de leurs blessures suite au combat avec Kakarotto, c'est définitivement à cause de ces pertes.

Ce type… Cette sous-merde leur a tellement coûté, à lui et son peuple. Tant de morts, tant de blessés, tant de honte. Un saiyan pur souche qui combat les siens. Un Troisième Classe minable qui leur tient tête et empêche son propre sang de prospérer. Irréel.

Certes, la force de Kakarotto en fait un challenge qui a sans doute permis aux saiyans de conserver un minimum d'esprit combatif sur ce monde terrien où tout est facile. Mais aujourd'hui, l'heure n'est plus aux challenges. Il n'est plus rien ressorti de positif de toutes ces conneries depuis bien trop longtemps.

Un gémissement attire l'attention du roi.

En plus d'être un chieur de première, ce traître de Kakarotto est d'une pugnacité déconcertante. Les os en bouillie, anémique au possible, il vient tout de même de reprendre connaissance. Ce n'est pas la première fois, mais il ne l'avait encore jamais fait en présence de Vegeta.

Respirant par la bouche avec parcimonie mais bruyamment, le guerrier de la Terre relève légèrement la tête vers l'homme qu'il déteste plus que tout.

"- Où… est ma femme ? Chichi ? Mon fils ?"

Un murmure douloureux. Sa cage thoracique lui fait souffrir le martyr. Vegeta lui répond par un coup de poing passionné sur sa pommette déjà éclatée. Envoyé sur le côté mais retenu par des chaînes, l'un des poignets de Goku craque, ainsi que sa nuque.

Habitué de longue date à l'exercice, le saiyan sans queue contracte certains de ses muscles et remet tout en place. Et parce que c'est un abruti borné, il s'acharne sur son idée première.

"- Où est mon fils ?"

Le coup dans l'estomac qu'assène Vegeta au père inquiet est plus douloureux que le précédent. Il doit traîner une hémorragie interne. L'enchaînement de coups qui suit lui fait comprendre que ce n'est pas lui qui pose les questions.

"- Tu es une vrai merde accrochée à ma botte Kakarotto. Je pourrais te tuer, là maintenant. Comme ça, je serais définitivement débarrassé d'un problème que je traine depuis trop longtemps."

Pour donner plus de force à ses paroles, ou juste parce que l'envie de le tuer le démange sérieusement, Vegeta l'attrape par la gorge et approche l'un de ses index de l'oeil droit de son prisonnier. Une lumière apparaît.

Si le roi décide de lancer son rayon d'énergie, Son Goku est mort.

"- Mais tu vois, le devoir d'un roi est aussi de penser à ses sujets. Et toi, rebut de Troisième Classe, toi… tu détiens la clef de la survie de mon peuple. Notre peuple.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Le légendaire Super-saiyan. Tu le serais sans doute devenu si je… si nous ne t'avions pas arrêté à temps. C'est tout bonnement effarant… Troisième Classe sans intérêt à ta naissance, envoyé sur une planète sans intérêt juste avant que notre monde explose, traître à ton espère… Et tu parviens tout de même à manquer de te transformer en notre icône la plus sacrée."

Vegeta abaisse enfin son doigt et met fin à la concentration d'énergie qui s'y constituait.

Son regard noir plonge dans celui tout aussi foncé de son congénère, y cherchant la moindre trace de turquoise. Rien. Quoi qu'il soit arrivé à Kakarotto plusieurs jours auparavant, sa puissance naissante de Super-saiyan est retournée s'enfouir quelque part.

Maintenant, il faut comprendre où elle est, la débusquer, comprendre comment la déterrer. Et enfin, trouver un moyen de la reproduire.

"- Tu vas tout me dire traître. Tout. Ta vie. Ton entraînement. Tes traumatismes. Tes joies. Tes sentiments. Tes batailles. Tout."

L'air de défi du traître en question ne lui plait pas.

"- Tu vas me dire comment toi, qui le mérite le moins de nous tous, tu es parvenu à frôler le statut de Super-saiyan."

Goku voit qu'une pensée que vient d'avoir Vegeta le met soudainement en rage. Le coup de poing qui vient avec ne tarde pas. Son Goku a toujours été un idiot naïf, mais il comprend.

Il comprend que ce pouvoir qu'il s'est découvert plusieurs jours auparavant le rend précieux aux yeux des saiyans. Et que Vegeta est en rage de ne pas en bénéficier lui même, lui, le roi des guerriers de l'espace.

"- Tu vas tout me dire, parce que j'ai ton ami chauve entre les mains et que par ta faute, il va souffrir. Et bientôt, j'aurai ton fils, qui subira mille fois pire. Il est loin d'être faible ton gamin. Je pourrai m'amuser bien plus avec lui qu'avec l'autre nain."

Si Goku avait pu bouger et sauter à la gorge du roi, il l'aurait fait. Seulement, il ne peut pas. Depuis sa capture, les saiyans s'évertuent à systématiquement briser ses os en voie de guérison.

Le seul moyen pour empêcher un guerrier comme lui de s'échapper, c'est de le rendre si faible physiquement qu'il ne puisse pas bouger. Alors Goku se contente de serrer les dents avec rage et de légèrement augmenter l'intensité de son aura.

Vegeta ricane et se redresse.

"- On débutera demain. Le chauve doit finir de partiellement guérir. Je ne m'attend pas à ce que tu sois particulièrement coopératif. Alors autant faire le possible pour que ton pote ne crève pas dès la première heure."

Le roi des saiyans a pour objectif claire de quitter la salle à présent, mais Goku a un ultime acte de bravoure suicidaire à accomplir.

"- Tu feras aussi venir Bulma pour l'occasion ? Histoire qu'elle te déteste encore plus ?"

Le roi se retourne lentement, ses yeux témoignant de son effarement. La rapidité de son déplacement est à la hauteur de sa stupeur.

Avant que le cerveau de Goku ne puisse interpréter quoi que ce soit, le roi des saiyans est sur lui et lui a empoigné la main droite. Dans un cri rageur, il brise les doigts de son prisonnier et les déboite.

Pour la première fois de leur retrouvailles, Goku pousse un hurlement de douleur incontrôlé qui résonne dans toute la pièce. Hurlement interrompu par un coup de poing asséné sur son visage. Pas le temps de reprendre son souffle ou son cri.

Vegeta l'attrape par la gorge et fait pleuvoir sur lui une pluie douloureuse et vengeresse.

La douleur et la colère font monter l'aura du malmené. Mais elle n'est rien face à celle qu'émet Vegeta.

"- Sale enflure !"

Il sait que la terrienne sort de son mutisme uniquement pour poser des questions sur ses amis de la Terre. Pas un mot sur Vegeta. Pas une seule demande pour le voir.

Il sait qu'elle s'affame, qu'elle se laisse aller. Il sait qu'elle maltraite, à sa façon, leur enfant.

"- Toi ! Tu as tout fait foirer !"

Le roi se remémore le moment où il a récupéré l'humaine dans le vaisseau spatial avant de la faire exfiltrer. Malgré le chaos, le sang et les cris, il l'a clairement sentie. L'odeur du traître présente partout sur elle. Protectrice, témoignant de l'amour et de l'amitié qu'ils se portent.

L'un des coups de Vegeta est tellement puissant que la gorge pleine de sang et de sueur de sa victime échappe à son emprise. Pour s'assurer une meilleure prise, il passe aux cheveux.

"- C'est de ta faute !"

Il connaît l'aura de son humaine par coeur. Chaque fluctuation, chaque sentiment.

Il se souvient avoir été alerté par sa panique bien avant que l'un de ses congénères ne l'informe par communicateur d'une attaque sur son château.

Il se souvient de tout ce qui est passé à travers l'aura de Bulma Brief pendant ses retrouvailles avec Kakarotto.

Sa peur devant le chaos. Puis son interrogation quant à l'identité de son visiteur, rapidement remplacée par la joie causée par ses retrouvailles avec le traître.

Et enfin, la pire des sensations pour Vegeta : le soulagement.

"- Tu as tout fait foirer !"

La salive et le sang abondent de la bouche de Goku. Il étouffe.

Malgré tout, il parvient à sortir dans un murmure ce qu'il garde sur le coeur depuis trop longtemps.

"- La mettre enceinte… et ne rien lui dire… A quoi tu... t'attendais…?"

Lui aussi connaît l'aura de Bulma par coeur. Chaque sentiment, chaque fluctuation. Mais contrairement à Vegeta, il la connaît par coeur parce qu'il est son ami. Depuis longtemps, si longtemps... Décortiquer son aura est un bonus. Il n'a pas besoin de cela pour lire en elle.

Elle ne savait pas qu'elle était enceinte. Rien ne l'indiquait.

D'une manière ou d'une autre, elle l'a appris suite à leurs retrouvailles. Le dégoût nouveau qu'elle ressent envers elle-même et son corps heurte la conscience de son ami d'enfance. Elle n'a pas à souffrir comme ça. Ce n'est pas sa faute.

Rien de tout cela n'est de sa faute.

Bulma n'aurait jamais dû vivre tout ça. Les saiyans n'avaient rien à foutre sur la Terre en premier lieu.

C'est de la faute de Vegeta. Tout est de la faute de Vegeta et des saiyans.

Le roi, hors de lui, pousse un hurlement de rage et assène une ultime fois son poing sur le visage de sa nemesis.

Les respirations du suzerain sont lourdes, autant à cause de l'énergie qu'il vient de dépenser pour battre son prisonnier qu'en raison des efforts qu'il fait pour se calmer.

Il ne peut pas tuer Kakarotto. Pas encore.

Pour s'empêcher de le faire, il tourne les talons et s'enfuit presque de la pièce. Non sans avoir au passage donné un ordre à Kiui et le futur père Kabocha, postés à l'extérieur de la sommaire pièce.

"- Faites vous plaisir avec lui."

Le regard sombre, les deux saiyans aux visages blessés craquent leurs doigts et ne se font pas davantage prier.


Voilà voilà !

J'avais prévenu le que temps des jours heureux était terminé...

J'espère que ce chapitre vous a plu !

Laissez un comm siou plait ! :)