Bonjour à toutes et à tous !
Nouveau chapitre, un peu plus d'un mois après le dernier. Cela fait un bail que je n'ai pas tenu ce type de délai XD
Par contre, ne vous attendez pas à avoir le suivant rapidement. Mon mois d'août va en partie consister à me tenir éloignée d'un ordinateur, alors l'histoire ne risque pas d'avancer.
Mais je tenais à ne pas vous laisser sans rien pendant mon absence ;)
Bref, après un chapitre lourd, voici un (long, la vache, j'ai été productive...) chapitre avec un peu d'exposition qui va, je suis certaine, apporter beaucoup de satisfaction à certain.e.s d'entre vous...
Sur ce, bonne lecture !
" - Comment tu t'appelles ? "
Videl tourne son regard vers le visage de celui qui squatte son matelas installé sur des cagettes. Il quitte sa position allongée pour s'asseoir en tailleur et la regarder tout en parlant.
C'est la première fois qu'elle l'entend prononcer un mot audible qui ne soit pas rendu incompréhensible par la douleur, la fièvre et la faiblesse.
Il a une voix aiguë. Vraiment aiguë. Peut-être même plus que la sienne. Maintenant qu'il a repris de la contenance, Videl trouve à ce garçon un air niais qui, de manière inexplicable, l'irrite profondément.
" - Videl. Et toi ?
- Gyumao. "
Les gens qui l'accueillent et le soignent semblent gentils, attentionnés, mais l'anonymat demeure le meilleur allié de Gohan. Il se sait au beau milieu d'un camp géré par les saiyans. Personne, absolument personne, ne doit apprendre sa véritable identité. Il est trop faible, encore souffrant. Cette famille possède des médicaments qui l'aident énormément, mais il demeure bien incapable de se battre. Si un saiyan découvre sa présence, il est mort. Et les gens qui s'occupent de lui avec.
La fille, Videl donc, souffrirait une horrible fin, et ce uniquement pour avoir eu la malchance de l'aider, lui. Et ça, Gohan le refuse.
La fille brune est assise par terre. Elle malaxe dans de l'eau un bout de drap qui a cessé d'être blanc depuis bien longtemps et qui a beaucoup servi ces trois derniers jours. Le garçon blessé a bien failli ne pas s'en sortir. Et Videl ne comprend d'ailleurs pas par quel miracle il s'est tiré d'affaire.
Il a quoi, le même âge qu'elle ? Blessé de partout, les poumons perforés par une côte, un passage dans l'eau froide de la rivière pendant au moins plusieurs jours, accablé par la fièvre… et il s'en est sorti. Videl connait des gens à l'infirmerie, des adultes, qui ont récoltés des blessures moins graves que cela et ont mis plus de temps à se remettre. Quand ils s'en sont remis.
Ce garçon, Gyumao donc, est assez étrange. Outre sa miraculeuse guérison, elle n'a jamais vu un enfant avec un corps aussi musclé. Les cales sur ces mains indiquent qu'il est un combattant, comme son père Satan, mais Videl peine à croire qu'un garçon qui a l'air sensiblement du même âge qu'elle puisse vraiment s'adonner aux combats.
Mais au fond, Videl sait que le passé du garçon n'a pas grande importance à ses yeux. Au moment de son éveil, sur la berge, il s'est accroché à elle comme un damné en quête de rédemption et ne l'a plus lâché pendant que la dizaine de personne autour d'eux tentaient de lui sauver la vie. Cet instant a tout scellé.
Videl est quelqu'un de droit, comme son père, et surtout sa mère, lui ont appris. Gyumao s'est accroché à elle. Il est sa responsabilité.
" - D'où tu viens Gyumao ? Tu te souviens de ce qui t'es arrivé avant qu'on te trouve dans la rivière ? " demande Videl en laissant de côté les bouts de tissus qu'elle nettoie.
Gohan pourrait raconter que plusieurs jours avant d'être trouvé dans la rivière, il a combattu les saiyans, s'est fait rejeté par son père, salement amoché par Vegeta, fait ordonné de partir à la fois par son paternelle et celle qu'il considère comme sa deuxième mère.
Il pourrait raconter qu'il a lâchement obéit à leurs injonctions et a fuit en laissant derrière lui un Krilin à l'agonie, une Bulma aux mains de Vegeta et son père en plein combat contre l'entière race saiyan. Gohan pourrait raconter comment, quelques minutes après avoir commencé à voler vers les montagnes du Nord, il a commencé à perdre la vue et le contrôle de son corps. Il pourrait raconter que les blessures infligées par Vegeta et les siens ont eu raison de lui, et qu'il s'est évanouie en plein vol pour finalement tomber dans un lac. Il pourrait raconter qu'il a survécu en coinçant l'un de ses bras dans un tronc à la dérive et en aspirant des gorgées d'eau à chaque fois qu'il se réveillait de son semi-coma.
Il pourrait confier à Videl qu'il a été choqué en comprenant que plus d'une semaine s'était écoulée depuis la bataille contre les saiyans, alors qu'il s'est réveillé en ayant la sensation que cela faisait à peine quelques heures.
Évidemment que Gohan pourrait raconter tout cela à Videl.
Mais il ne peut pas. Gyumao possède une toute autre histoire.
" - J'appartiens à un groupe de nomades qui évite les saiyans depuis le début de l'invasion. L'un d'eux nous a trouvé et a... joué avec nous avant de se débarrasser de nous les uns après les autres. J'ai pu ramper jusqu'à la rivière et me suis laissé entraîner par le courant. "
Bulma est une excellente menteuse quand elle veut et elle s'est évertuée à transmettre un minimum de son savoir-faire à l'enfant. Savoir mentir est une bénédiction en ces temps dangereux. Gohan lui en est en ce moment extrêmement reconnaissant.
Cette fable ressemble à ce que son père lui a raconté sur la vie actuelle que mène maître Karin et a le mérite d'expliquer, en partie, pourquoi le physique de Gohan est aussi athlétique et sec. La vie de nomade est rude et seuls les plus forts parviennent à y survivre. Cela justifie aussi que sa coupe de cheveux soit aussi bordélique, hirsute et longue.
Videl semble accepter son histoire. Rien n'indique, dans ses yeux bleus pleins d'assurance et de rudesse, qu'elle pense qu'il lui raconte des bobards.
" - Il y avait combien de personnes dans ton groupe ?
- Une dizaine.
- Tu penses que certains ont pu faire comme toi ? S'échapper par la rivière ?
- Je ne sais pas…
- Tu avais de la famille dans ce groupe ?
- Non. Ils sont morts depuis longtemps. "
Une grimace. Finalement une trace d'empathie sur le visage de Videl. Ce Gyumao n'a vraiment plus personne. Elle, au moins, a toujours son père.
A côté de Gohan, un petit enfant blond gémit et se retourne dans son sommeil. La bouche de Videl forme une moue amusée. Lilian est mignon et reposant quand il dort. Joug saiyan ou non, beaucoup de très jeunes enfants ont toujours ce besoin de faire la sieste durant la journée.
" - Il s'appelle Lilian. Lui aussi a tout perdu. Alors il reste avec mon père et moi. "
Elle croise les bras et regarde intensément le brun sur le matelas, qui rougit presque instantanément de gêne. L'air sérieux de Videl la rend mignonne, mais aussi terriblement déroutante.
Mon père a dit que tu peux rester ici le temps de ta guérison. Il est important que tu restes dans la tente sans sortir dehors pendant un certain moment. C'est une question de vie ou de mort.
Comme tout le monde l'avait prévu, les saiyans ont commencé à nettoyer l'infirmerie à proximité de la place centrale. Les uns après les autres, des blessés se sont mis à disparaître. Les plus graves d'abord, ceux incapables de travailler avant un long moment ensuite.
Il ne reste plus grand monde à l'infirmerie maintenant. Autant à cause des disparus que parce que beaucoup ont compris qu'ils seraient plus en sécurité en rentrant guérir dans leur logement, s'ils en ont un.
Ce type, Gyumao, c'est dangereux pour lui de sortir pour le moment. Mine de rien, la plupart des gens se connaissent dans le camps. Ils sont à présent moins de trois mille. Une tête inconnue comme Gyumao, cela attire l'attention.
Il est trop tôt. Ses blessures sont encore trop apparentes. Les saiyans pourraient se mettre en tête, s'ils le voyaient, de se débarrasser de cet inconnu qui a eu affaire à l'un des leurs.
De plus, il est manifestement incapable de travailler pour le moment et constitue donc une bouche de plus à nourrir.
Autant de raisons pour que ce Gyumao se fasse discret. S'il reste dans la tente sans attirer l'attention et que les personnes ayant assisté à son sauvetage n'en parlent pas trop autour d'eux, cela devrait aller.
Il va guérir progressivement et une fois cela accomplit, il se mettra au travail pour le compte des saiyans. Après quelques jours, son visage fera partie de la masse et plus personne ne soupçonnera son arrivé récente au sein du camp.
" - Je ne peux pas te promettre que tu pourras rester avec nous après. Avec Lilian, c'est déjà difficile de s'occuper de tout le monde, même si on est pas les plus à plaindre niveau nourriture. Mais je t'ai ramené ici, alors tu es ma responsabilité. Je ne te lâcherai pas jusqu'à ce que tu ailles mieux. "
Et là, Videl lui offre un beau sourire en relevant fièrement la tête. Le sourire est un peu en biais et dévoile un trou au niveau d'une molaire, laissé par la perte récente d'une dent de lait. Un peu comme le sourire d'une sale gosse fière d'elle.
Ce sourire représente bien Videl. Bornée, tête de mule, fière. Et appréciant mine de rien de se comporter comme une adulte, tout en étant régulièrement félicitée pour ce comportement.
Mais Gohan voit au delà du sourire. Au delà de l'attitude.
Videl est comme lui. Un être plein d'empathie à l'origine, et dont la vie et l'âme ont été malmenées et formatées par l'invasion saiyan.
Gohan est devenu un guerrier sans enfance ni innocence. Videl est devenue une adulte s'empêchant de montrer le moindre sentiment afin de se protéger.
Ils se ressemblent de par leurs pertes respectives. Même si au fond, ils n'ont quasiment rien en commun.
Cela plaît à Gohan. Lui qui n'a jamais eu l'occasion de fréquenter des enfants de son âge, il vient de tomber sur quelqu'un avec qui il se sent inexorablement proche.
Alors il offre à la brune aux beaux yeux son plus magnifique sourire, tout en acquiesçant à ses dires qui lui font plaisir.
La bouche de l'enfant s'entre-ouvre d'incompréhension tellement le sourire radieux de de Gyumao est éblouissant et lui pique les yeux.
Un léger rougissement chauffe ses joues et elle s'éclaire la gorge sans raison apparente, avant de replonger ses mains dans la bassine où reposent toujours les morceaux de linge qu'elle était en train de laver.
" - Au fait, il faudra vraiment que je te coupe les cheveux. Ta coupe est trop… voyante. Elle pourrait attirer l'attention. "
Pas de soucis pour Gohan. Du moment qu'il ne se retrouve pas avec une coupe au bol…
Nappa ouvre les yeux. D'un coup, comme ça. Parce qu'il est l'heure pour lui de se réveiller. Presque immédiatement, son corps est accablé par la douleur. Elle est puissante et localisée dans tellement d'endroits différents qu'il est impossible de définir précisément quels en sont les points d'origine.
Le saiyan s'appuie sur un bras afin de se redresser et se mettre en position assise sur son lit. Il y a deux semaines, une simple contraction de ses abdominaux aurait suffit. Mais ça, c'était avant.
Le second de Vegeta pousse un gémissement de douleur achevant de se mettre en position assise et utilise sa main gauche pour empoigner son bras droit, celui qu'il n'a pas bougé depuis qu'il a ouvert les yeux.
Son état est semblable à la veille. Outre des traces de coups, le membre présente une pigmentation violacée tirant sur le noir, de la moitié de l'avant-bras jusqu'au niveau de son épaule.
Rien que tenter de plier les doigts fait souffrir le martyr à Nappa. Ce dernier sait pertinemment ce qu'il a au bras. Au moins six points de fracture, dont plusieurs se ressoudent dans un alignement qui est loin d'être parfait.
Le quinquagénaire serre les dents de rage.
Il a été salement, très salement amoché durant le combat contre cette raclure de Kakarotto. Plusieurs muscles déchirés, trois côtes fracturées, de multiples fractures au le bras droit, le poignet gauche tordu, le tibia et le genou gauche en bouillie, un trou béant dans la cuisse gauche à la suite d'un rayon d'énergie qui ne lui était pas destiné…
Nappa n'a pas besoin de se regarder dans le miroir pour deviner l'image qu'il renvoi. Il est une loque. Une putain de loque incapable de se battre ou même de marcher. Le saiyan est obligé de léviter pour se déplacer à travers le palais et sa propre chambre.
Une déchéance, une honte.
Techniquement, le quinquagénaire a déjà été amoché de la sorte, si ce n'est plus. Sauf qu'avant, lui et les siens disposaient de caissons de guérison et des sérums allant avec. Il pouvait se permettre d'être gravement blessé. Les caissons et le sérum constituaient une garantie de guérir à coup sûr.
A cause de la bataille titanesque datant de deux semaines, il ne reste plus qu'un seul caisson.
Mais à présent, il ne reste plus du tout de sérum. Donc ce caisson est inutilisable.
Seules trois personnes ont pu bénéficier d'un séjour dans le caisson avant d'arriver à bout des stocks de sérum. Nappa était censé être le quatrième.
Il y a d'abord eu Kurementai, pendant une journée. Cette conne a plongé au coeur de la bataille pour combattre Kakarotto alors qu'elle est enceinte d'un futur héritier saiyan au sang-pur. Elle n'a pas été blessée gravement, mais Vegeta a ordonné qu'elle passe dans le caisson en priorité afin de s'assurer qu'il n'y ai pas de conséquence pour l'enfant qu'elle porte.
Vegeta est passé en second. Déjà parce qu'il est roi, mais aussi parce que cette enflure de Kakarotto l'a bien amoché. Ce taré lui a arraché un bout de joue, laissant les dents du roi apparaîtrent sur le côté. Contrairement à d'autres, Vegeta ne s'est pas retrouvé en danger de mort immédiate à cause de ses blessures, mais s'il y a bien une personne qui ne doit pas garder de séquelles suite à un combat, c'est le roi des saiyans. Il est donc resté deux jours dans le caisson, par sécurité.
Sukasshu, âgé de dix ans et deuxième plus jeune saiyan au sang-pur de la Terre, est passé en troisième. Jeune, représentant du futur renouvellement de génération que souhaite Vegeta, la force latente pour devenir un correct Deuxième Classe… Evidemment qu'il est passé en priorité. La mort a bien failli le cueillir à plusieurs reprises, à la fois durant son temps d'attente pour entrer dans le caisson, mais aussi une fois dedans. Nappa a songé plus d'une fois à se rendre auprès de lui et débrancher le caisson de guérison pour laisser l'enfant mourir. Trop de temps perdu, trop de sérum gaspillé. Mais cela n'aurait pas été bien vu par les siens, surtout par Vegeta, qui a été celui ayant pris la décision de faire passer Sukasshu avant Nappa. Le gamin s'en est finalement sorti au terme de quatre longs jours.
A la fin, il ne restait plus une goutte de sérum.
Bref, Nappa se l'est fait mettre dans l'os. Bien profond.
Le quinquagénaire a mal. Les drogues humaines sont trop faibles pour le soulager. Il n'a d'autre choix que de vivre avec sa douleur.
Mais il doit se rendre dans les appartements de Vegeta. Son roi l'a convoqué pour une obscure raison.
Il doit s'y rendre. Il doit se montrer. Prouver à Vegeta qu'il est toujours en vie et fidèle au poste.
Alors il lévite hors de son lit pour se diriger, nu comme un ver, en direction du mannequin sur lequel sont installés une combinaison propre et son armure.
Deux semaines plus tôt, il se serait habillé en moins de dix secondes. Aujourd'hui, il le fait en plus de vingt-cinq minutes. Chaque centimètre de peau habillée lui coûte un gémissement. Chaque frottement lui donne envie de régurgiter sa bile à cause de la douleur.
Mais finalement, il y parvient.
Après cinq bonnes minutes passées à reprendre ses esprits et son souffle, il lévite pour se lever de sa chaise et se dirige vers la porte d'entrée de ses appartements. Il pousse cette porte avec force, comme il le faisait toujours avant, tentative de prouver au monde et à lui-même que rien n'a changé malgré l'état de son corps.
Le couloir est désert. Les humains évitent comme la peste l'aile dans laquelle il loge. Ils savent dans quel état est le saiyan, notamment au niveau de l'esprit.
S'il ne parvient plus à porter des coups comme avant, il peut toujours lancer des boules d'énergies avec sa bouche et sa main gauche. Ou porter un coup avec cette même main. Suffisant pour venir à bout d'un humain. Insuffisant pour vaincre même le plus faible des saiyans de Troisième Classe.
Nappa lévite vers les appartements de Vegeta, fantôme violet et troué suant à pleines gouttes à cause de l'effort et de la douleur.
Il passe devant la porte qui mène au harem du palais. A son harem. Les odeurs qui en émanent titillent ses papilles et son esprit. Tant de friandises de l'autre côté…
Sauf qu'il n'y va plus. Il ne peut plus y aller. Il a trop mal pour cela.
Pour abréger la torture que lui infligent ces odeurs alléchantes, il accélère son rythme de vol.
Il croise Jinsokuna en chemin. Lui aussi a l'air de se rendre dans les appartements de Vegeta. Saleté… Il ne savait qu'il y aurait d'autres saiyans.
Un énorme bandage enveloppe sa main droite et dissimule la perte de deux de ses doigts. Ce fou de Kakarotto lui a arraché d'un coup de dent son petit doigt et son annulaire durant le combat. Le saiyan ne retrouvera jamais ses membres. Mais son sort demeure bien plus enviable que celui de Nappa.
" - Nappa. "
Une salutation laconique, bien loin de l'enthousiasme dont le saiyan fait généralement preuve. Jinsokuna zieute l'ensemble du corps de celui qui demeure le second du roi. Même pour un saiyan, ses blessures font froid dans le dos. Mais ce qui choque le plus reste l'expression de souffrance sur le visage de Nappa.
Le guerrier de l'espace affiche toujours, en toute circonstance, une expression alliant cruauté et supériorité. Rien à voir avec cette bête blessée et suante qui lévite à défaut de pouvoir marcher.
Nappa ne répond pas à la salutation. Il ne veut pas que son compatriote décèle la douleur qui accompagnerait sa voix.
Il a aussi bien noté le manque de déférence dont a fait preuve Jinsokuna en le voyant. Pauvre troufion de Deuxième Classe lèche-cul en quête de reconnaissance et de pouvoir…
Au moins ne lui fait-il pas l'affront de lui tourner le dos pour continuer sa route sans lui.
Les deux saiyans cheminent côte à côte, Jinsokuna ayant la délicatesse de ralentir le pas pour se caler sur le rythme du Première Classe.
Une fois les escaliers montés et survolés, Jinsokuna pousse la porte des appartements du roi.
Cinq autres saiyans sont présents en plus de leur suzerain.
Le saiyan de Première Classe et entraîneur des troupes Kikuimo, le frère du traître Radditz et ce morveux de Kiui sont déjà des habitués de ces appartements. En revanche, les présences du Deuxième Classe Kabu et de la Troisième Classe Ichijiku, celle avec qui il n'a pas pu avoir un enfant, est interpellante.
Vegeta, plein de prestance dans son armure, est assis en silence sur son fauteuil favori aux allures de trône. Il ne se balance pas d'avant en arrière comme à son habitude, preuve qu'il a l'esprit préoccupé. Tous les autres sont silencieusement assis autour de la table.
" - Bien. Puisque vous êtes finalement arrivés, nous allons pouvoir commencer, entame le roi d'une voix dure, preuve supplémentaire de son humeur loin d'être au beau fixe. "
Aujourd'hui n'est définitivement pas le jour pour se mettre à dos le roi.
Il n'y a aucun met gourmand sur la table. Cette réunion n'a rien d'une rencontre joviale.
Jinsokuna bombe le torse et va s'asseoir sur une chaise vide. Nappa est plus lent et contient, sans grand succès, un gémissement de douleur en s'asseyant. Tout le monde lui jette un coup d'oeil. Ce qui apparaît dans leurs pupilles, ce n'est pas de la pitié et de l'empathie. Plutôt de la dureté avec une pointe de dégoût.
Vegeta, visiblement pressé, aborde directement le sujet de la réunion.
" - Ce combat contre le traître nous a coûté cher. Vous le savez. Plusieurs missions prioritaires sont à reconsidérer, ainsi que des affectations. "
L'esprit de Nappa enregistre l'emploi du terme "affectations". Et il ne l'apprécie pas.
A plusieurs mètres de lui, le poul de Jinsokuna s'accélère sensiblement.
" - La chambre de Reproduction a été détruite et nous avons perdu plus de la moitié des humains qui travaillaient sur le dossier du métissage. Ceux qui restent, ainsi que la douzaine d'humaines enceintes qui ont survécues, ont été réinstallés dans l'hôpital qui accueille déjà les métis. Il va falloir les faire cohabiter sur le long terme. La nouvelle chambre de Reproduction ne devrait pas poser de problème de discipline. Les métis les plus âgés risquent par contre d'en poser. Kabu, trouve toi deux autres saiyans, mais pas plus, pour t'assister dans la surveillance du site et le début de l'éducation des métis les plus âgés. "
Le quadragénaire au crâne rasé et à la courte barbe taillée en pointe est le père du jeune Sukasshu, celui qui a pris le tour de Nappa dans le caisson de régénérescence. Contrairement à d'autres, il a pris en main, et avec succès, l'éducation de son fils.
Devant l'absence d'intérêt de ses congénères pour se transformer en instructeur auprès des jeunes métis, il était quasiment sûr qu'il serait celui désigné par Vegeta pour remplir ce rôle. Lui-même en avait conscience, à en croire son expression neutre et un peu contrite.
Il n'a jamais voulu de ce rôle. Se taper au fil des ans la surveillance et l'éducation de plusieurs dizaines d'enfants est une tâche ingrate. Ils sont une vingtaine aujourd'hui. Certains d'entre eux ne survivront pas à l'entraînement saiyan, mais il ne fait aucun doute que leur nombre va croître au fil des ans.
Vraiment une tâche ingrate. Mais cette mission reste un honneur et il fera ce que son roi lui ordonne, alors il incline son visage vers la table avec révérence.
" - Ichijiku. Radditz. "
La saiyan aux cheveux courts et à la frange droite se redresse sur sa chaise, attentive. La bataille contre Kakarotto lui a coûté son oeil gauche, qui a été crevé par un doigt fou du traître. Elle porte un grossier cache-oeil en tissu marron pour dissimuler le trou béant toujours au bord de l'infection, tout comme la cicatrice en biai causée par le passage du doigt chargé d'énergie.
Nappa trouve que cela lui va bien. Et vu l'expression de Radditz et Kikuimo, il ne doit pas être le seul à le penser.
" - Nous avons perdu plus de quatre-vingt-quatorze pondeuses dans la bataille. Nous avons besoin de les remplacer. Vous vous débrouillez correctement tous les deux avec la détection d'aura des terriens. Partez chacun de votre côté et trouvez nous des humaines qui nous échappent encore afin de les inclure au programme. Si vous croisez des groupes nomades de terriens, des échappés de camps ou des bases ennemies, agissez en conséquence et avec votre tête. Il y a eu suffisamment de pertes comme ça. "
Dix-neuf pertes pour être précis. Après Asuparagasu, le grand-frère de Kiui, c'est la femelle saiyan la plus âgée, Budo, qui a succombé à ses blessures. Il a fallu assommer Kurementain pour éviter qu'elle ne se rende dans les ruines du vaisseau pour tuer Kakarotto et venger sa mère.
" - Ce sera fait Majesté ", répondent les deux saiyan à l'unisson.
" - Si vous détectez une base terrienne conséquente, je veux que vous veniez directement me le rapporter. Les communicateurs ne sont plus sûrs depuis la destruction du vaisseau. Nous ne pouvons plus protéger nos canaux à cause de la disparition du matériel adéquat. Il ne faut plus les utiliser pour échanger sur des informations stratégiques. Chargez vous tous de passer le mot. Et si vous mettez enfin la main le gamin de Kakarotto, ramenez le moi vivant. J'ai promis au traître de le réunir avec son fils et je compte bien tenir cet engagement. "
L'incapacité des siens à mettre la main sur le fils de Kakarotto a causé plusieurs crises de nerf à Vegeta au cours des dernières semaines. Il se souvient précisément dans quel sale état était le gamin au moment où il a quitté le champs de bataille. Vegeta est bien placé pour le savoir, c'est lui qui l'a mis dans cet état. Le morveux n'a pas pu aller bien loin.
Et pourtant, il demeure introuvable.
Les saiyans présents dans la pièce le voient tous, le roi Vegeta est fatigué. Il s'entraîne de nouveau comme un acharné, tout seul dans son coin. Il passe aussi beaucoup de temps à battre Kakarotto et à l'interroger. L'ami humain de Kakarotto a finalement survécu à ses blessures et est, depuis plusieurs jours, capable d'endurer la torture sans directement passer l'arme à gauche. Ni lui, ni le traître n'ont parlé pour l'instant. Sur aucun sujet. D'où ce besoin pressant de mettre la main sur le morveux.
Cela frustre Vegeta tout autant que la race saiyan. Il y a tant à faire et à penser après le désastre…
Les saiyans, envoûtés par la douceur de vivre terrienne et la semi-paix de ces trois dernières années, ont été surpris par cette attaque soudaine et meurtrière de Kakarotto. Il leur a durement rappelé qu'il sont capables de perdre. De plus, laisser la vie sauve au traître et à son ami humain pour les interroger est une aberration qui leur prouve une fois encore que Vegetasai est mort et qu'il faut composer avec un nouveau monde, une nouvelle société.
" - Jinsokuna. "
Le sourire fier et trop prononcé de celui à qui il manque un bout d'oreille et deux doigts donne envie à Nappa de lui exploser la tête.
Une quinzaine des nôtres est toujours en état critique dans l'infirmerie improvisée du camp de Radditz. Certains sont tellement faibles que même des humains pourraient les achever. Trouve toi un acolyte et part veiller sur eux. Ils ont besoin de soins.
Un pouffement échappe à Kikuimo et Nappa sent un sourire se former sur son visage, le premier depuis qu'il s'est réveillé suite au combat contre le traître. Le visage choqué et marqué par le déception de Jinsokuna est jouissif.
Vegeta lui refile le job de Jinja. Le rôle de médecin des saiyans.
La honte suprême pour celui qui se voyait manifestement monter en grade au sein de l'entourage de Vegeta.
Les secondes passent et Jinsokuna reste sans rien faire, la bouche entrouverte. Pas de révérence ou d'acquiescement devant l'ordre de Vegeta.
C'est un manque de respect.
" - Jinsokuna ? Ce poste ne te convient pas ? "
Attention… Aujourd'hui n'est pas un jour à énerver Vegeta.
Parce qu'il ne souhaite pas mourir, le saiyan reprend ses esprits et se plie à la volonté de son souverain.
" - Ce sera fait Monseigneur. "
Le visage du bouffon lèche-cul est aussi blanc que ses jointures, ce qui fait encore plus sourire Nappa et lui permet d'oublier pendant quelques secondes la douleur qui torture son corps.
" - Kiui. "
Le cadet des saiyans présents croise les bras en voûtant légèrement les épaules afin de mieux voir son roi en bout de table. Il a mauvaise mine, sans doute à cause de la perte de son frère. La légère odeur d'origine humaine qui s'échappe de lui laisse à penser qu'il trouve du réconfort auprès d'une terrienne. Pas le comportement le plus louable qui soit. Mais c'est bien le dernier des soucis du roi et des saiyans en ce moment.
" - Entre les guerriers morts et les pertes humaines, la composition des camps a été complètement chamboulée. Il faut repartir de zéro avec un recensement. Nous devons revoir notre organisation, les affectations et les plannings. Je veux que tu ailles inspecter chaque camp, que tu reviennes me dire qu'elles sont les infrastructures encore en état de marche et combien d'humains sont à même de travailler. Soit méticuleux et oblige les responsables sur place à l'être aussi. Je veux des données concrètes et fiables. "
Kiui ne cache pas son expression de surprise et glisse un coup d'oeil peu discret en direction de Nappa. Il n'est pas le seul.
Cette tâche que vient de lui confier Vegeta, c'est celle qui revient à un roi. Ou à son second.
Ce travail devrait revenir à Nappa.
C'est au tour du quinquagénaire de blanchir.
Vegeta aurait pu le frapper avec ses poings, cela l'aurait moins impacté que sa dernière tirade.
Ca commence. C'est la première étape. Nappa se fait écarter et remplacer par Kiui. Le jeune, puissant, talentueux, servile et indemne Kiui.
Nappa est un être fier. Être le second du roi des saiyans pendant plus de vingt ans, cela influence la perception des choses.
Il a refusé de voir le coup venir. Et il se refuse encore maintenant de se faire doucement écarter de son poste par un gamin.
Il se tait cependant, à cause de Vegeta. Le roi le regarde droit dans les yeux, la pupille sombre et sévère, comme pour lui dire : "Ose dire que tu es capable d'effectuer cette tâche".
Malgré la vantardise maladive de Nappa, il est bien incapable d'affirmer qu'il est à même de réaliser une tournée des camps. Ce serait un mensonge. Et on ne ment pas à son roi, même s'il vient de commencer à vous destituer du titre pour lequel vous vous êtes chèrement investit.
" - Kikuimo, l'entraînement des troupes ne peut pas reprendre immédiatement. Il y a plusieurs dizaines de saiyans qui ont besoin d'une rééducation physique à cause de leurs blessures. Il va falloir reprendre avec les bases. "
Le saiyan vieillissant grogne et s'incline. Sa tâche est essentielle et logique. En plus d'échapper à l'extinction, les saiyans doivent retrouver leur niveau d'avant la destruction de Vegetasai. Hors de question de laisser derrière celles et ceux qui ont été handicapés par Kakarotto. Avec cette mission, son roi ne le déçois pas, une fois de plus.
" - Nappa, tu devrais y aller aussi. Tu en as besoin. "
Un nouveau coup d'estoc. Cette fois, le saiyan moustachu ne peut retenir un mouvement de colère. Son poing indemne tombe lourdement sur la table en bois, qui gémit sous l'impact. Personne ne sursaute, ce qui aurait été le cas deux semaines plus tôt.
" - Je n'ai pas besoin d'aller dans ce camp. "
Cette réponse est un refus clair de se soumettre à l'autorité royale. Plus d'un saiyan serait mort pour avoir prononcé ces mots. Mais non, le roi ne bouge pas de son siège et ne s'en va pas tordre la nuque de celui qui lui manque manifestement de respect.
Il faut croire que malgré tout, Nappa conserve quelques privilèges… Cela lui redonne un peu de force et de contenance.
" - Tant que j'y suis… N'allez pas embêter le roi avec vos rapports. Vous passez d'abord par moi. Vous tous. "
Il regarde frontalement Kiui en prononçant ces deux derniers mots. L'adolescent se contente de tourner ostensiblement la tête vers son roi pour observer sa réaction, et donc ses ordres.
Kabu claque la langue avec dédain.
Ichijiku roule son oeil unique en soupirant d'agacement.
Radditz cale son dos contre le dossier de sa chaise en regardant Nappa de haut en bas, comme pour le juger.
Kikuimo caresse la zone de ses sourcils inexistants en toisant d'un oeil sévère celui qu'il a jadis entraîné.
Jinsokuna affiche un rictus moqueur.
Tous ces gestes sont irrespectueux.
Ils font perdre ses forces et ses moyens à Nappa, l'attirant au fond, toujours plus vers le fond, pour l'amener à voir la dure réalité.
Il a plus de cinquante ans. Il sait pertinemment, comme tout le monde, qu'il ne pourra jamais guérir comme peut le faire un jeune saiyan. Sans caisson ni sérum, il est condamné à guérir de façon normale : lentement, dans la douleur, avec des immanquables et lourdes séquelles.
Jamais Nappa ne se remettra de ses blessures.
Cette dernière bataille a scellé son destin.
Il est désormais incapable de se battre. Créer une boule d'énergie avec son bras gauche ou sa bouche, pourquoi pas. Rebouger légèrement le bras droit d'ici plusieurs mois, c'est possible. Porter un coup avec, non. Tout comme s'appuyer à nouveau sur sa jambe gauche.
Les dents de Nappa sont tellement serrées qu'il en saigne.
Son statut de second de Vegeta… Ce statut si durement acquis… Il va le perdre.
Il est en train de le perdre.
Qu'importe le passé et les circonstances. Vegeta ne gardera jamais un saiyan incapable de se battre à ses côtés pour commander la race saiyan.
Il va lui trouver un remplaçant.
Ce sera Kiui.
Le roi en a décidé ainsi.
L'intention est loin d'être nouvelle, mais le processus a été accéléré par la dernière bataille.
Dans l'ordre naturel des choses et en respectant la tradition saiyan, Kiui aurait dû continuer de s'améliorer pendant plusieurs années. Il aurait relevé défi sur défi et serait venu à bout de celles et ceux qui auraient tenté de prendre sa place. Un jour, avec l'accord du roi, il aurait provoqué Nappa dans un duel à mort.
Après un combat glorieux, l'un des deux aurait perdu la vie et le titre de second serait revenu au vainqueur.
A cause de Kakarotto, la succession va se faire sans duel.
Nappa va s'effacer par la force des choses et vivre la perte de son titre, pendant que Kiui va se l'approprier sans combattre pour le mériter.
Une honte pour Nappa mais aussi, à son sens, le fier peuple saiyan.
" - Vous tous viendrez directement me faire vos rapports au palais. Trouvez Zukkini et il viendra me chercher. Je ne veux pas que mes allers et venus parviennent aux oreilles des terriens à cause des communicateurs. "
Ca y est, Vegeta vient définitivement d'achever Nappa. Un contre-ordre. Un refus de lui laisser la moindre autorité sur ses tiers. S'il ne peut même plus se charger de filtrer les visiteurs de son roi, alors Nappa n'est rien.
Vegeta vient de le tuer. Ou plutôt de tuer le second qu'il l'est. Et en plus devant témoins.
" - Contente toi de récupérer des forces Nappa. C'est tout ce que j'attend de toi. "
Ce que Vegeta vient de prononcer n'est pas de la gentillesse. Juste une façon de plus de l'achever.
" - Sortez. "
Tout le monde se lève à l'unisson et quitte les appartements du roi sans un mot, sauf Nappa, toujours sous le choc des précédentes minutes et de toute façon incapable de suivre le rythme des autres. Sa bouche a le goût du sang et sa main valide tremble imperceptiblement.
Sa gloire ne devrait pas s'achever ainsi. Pas de façon aussi misérable.
Il aurait dû mourir au combat en tant que second du roi. Pas survivre comme un éclopé, se faire dépouiller de son titre de façon indirecte, et se retrouver sans savoir quoi faire pour la suite.
" - Sors Nappa. Maintenant. "
Vegeta ne le regarde même pas. Il a un coude posé sur la table pour laisser l'une de ses mains soutenir son menton et a les yeux rivés vers un point du sol situé à une dizaine de mètres de lui.
Nappa, malgré le chaos qui a envahi son esprit, comprend que ce point invisible qu'il scrute, c'est la trajectoire vers l'emplacement de Bulma Brief.
La mine sombre et soucieuse de Vegeta indique qu'il est en ce moment même préoccupé par la terrienne.
Un profond dégoût envahi Nappa.
Vegeta vient de piétiner plus de vingt années de sa vie d'un coup de talon. Et tout ce à quoi il pense réellement, c'est à une putain de terrienne qui lui a tourné le dos à la première occasion.
Mais Nappa garde sa bouche fermée. Exprimer les mots qu'il a en tête serait dangereux pour sa vie.
La relation entre la terrienne et Vegeta n'est de doute façon pas sa priorité. Faire en sorte de retrouver sa position, ça, c'est son objectif. Le but qui lui permettra de rester en vie.
Alors il se lève sans un mot et lévite hors de la pièce, laissant Vegeta seul à ses pensées.
La chaleur est suffocante.
Peterson a toujours détesté la chaleur et préféré qu'on l'envoie en mission sur une terre glaciale. Alors autant dire que descendre toujours plus bas au sein de la croûte terrestre, avec pour seule protection une combinaison isolante, c'est loin d'être une partie de plaisir pour lui.
Et ça dure, ça dure… Encore et encore. Derrière lui, la dénommée Lunch grogne et prononce à voix basse une floppé de jurons tout aussi inventifs les uns que les autres. En temps normal, le commandant Peterson n'aime pas la grossièreté. Pour cette fois, il laisse volontairement couler. La bougonnerie de Lunch lui permet de se sentir moins seul durant cette descente aux enfers. Pour que le temps passe encore plus vite, il décide d'engager la conversation.
Au bout d'une bonne demi-heure, ils arrivent finalement à destination.
Les colonnes blanches incrustées dans la roche n'ont pas changé depuis la dernière visite de Lunch. Et comme la dernière fois, elle signifie son arrivée à l'aide de grands coups dans la porte.
Un être louche à turban et exagérément rond apparaît et Lunch ne peut retenir une grimace. Derrière elle, Peterson s'impatiente. Lunch lui a affirmé qu'il fait frais dans le fameux "palais de Kami". Il ne demande rien d'autre que de quitter la fournaise dans laquelle il se trouve.
" - Je suis Mister Popo ", annonce le gardien des lieux sans bouger du pas de la porte.
" - Hein ? "
Peterson n'est pas sûr d'avoir bien entendu. Ce type s'appelle comment ?
Sans répondre, Mister Popo s'efface pour les laisser entrer.
En voyant Lunch retirer sa combinaison, Peterson fait de même et aspire goulûment l'air des lieux. Il est encore plus agréable et frais qu'à l'intérieur de la base. Une incongruité qui l'informe sans détour de l'aspect magique du lieu. Pas de quoi mettre à l'aise son esprit terre à terre.
Une tâche verte au milieu de décor blanc épuré attire son attention. Lorsqu'il en identifie l'identité, il sort directement le flingue qu'il a dissimulé dans son dos.
" - Vous vous foutez de ma gueule ?! Qu'est-ce qu'il fait ici ?! "
Devant lui repose, allongé et manifestement inconscient, celui connu sous le nom de Piccolo. Le Piccolo qui est venu foutre le bordel lors du grand tournoi d'arts martiaux, il y a plus de huit ans. Et qui a manifestement un lien de parenté avec le démon Piccolo, cet être abominable qui a mis le monde sans-dessus-dessous plusieurs années auparavant.
Le démon vert est un être dangereux que tous les défenseurs de la Terre rêvent d'abattre. Alors qu'est-ce qu'il fout ici ?
Lunch le prend par surprise en lui tordant le poignet vers le haut afin de le désarmer. Avec un cri de surprise et de douleur, Peterson laisse partir son arme et recule d'un pas, éberlué par l'action de celle qu'il considère comme une efficace et terrienne alliée.
La blonde soupire bruyamment et avec beaucoup d'exaspération dans les yeux, tout en jonglant avec l'arme qu'elle vient de choper au commandant Peterson. C'est vrai qu'il n'était pas au courant de la présence de l'être vert à quelques mètres d'eux. Sa réaction est logique.
" - Mieux vaut que ce soit moi qui vous désarme que lui Peterson ", affirme Lunch en jetant un oeil mauvais en direction de l'être qu'elle considère comme louche.
Goku lui a raconté sa rencontre avec le fameux Mister Popo. Lui aussi a des capacités hors-normes et à en croire le saiyan et Krilin, il est prêt à tout pour protéger le Tout-Puissant, même s'il a fusionné avec un être au coeur sombre comme Piccolo.
" - Noeudnoeud, tu lui expliques la situation. C'est pas mon rôle de le mettre au parfum. "
Ce n'est censé être le rôle de personne en fait.
Ces petites têtes que sont Goku, Krilin et Gohan n'ont sûrement jamais envisagé la situation actuelle. Les deux premiers sont aux mains des saiyans et, à en croire les espions de la Résistance, sont torturés à longueur de temps. L'enfant, lui, est porté disparu et activement recherché par les saiyans. Bulma est de retour au palais.
Lunch et Mister Popo sont les ultimes personnes restantes à connaître certaines anciennes magies propres à la Terre et le rôle de Piccolo dans tout ça.
Mais Lunch n'a pas la patience de se transformer en encyclopédie pour le compte de Peterson, même si elle sait qu'il est désormais temps de le mettre au parfum concernant certaines choses. Pas toutes.
Comme Mister Popo ne prend pas la parole et ne change toujours pas d'expression faciale, Lunch lui lance un encouragement à sa propre sauce.
" - Active toi noeudnoeud, on a pas toute la journée. "
Après avoir brièvement tourné la tête vers elle, les yeux de Mister Popo se posent sur Peterson, qui se masse toujours le poignet endolori par la manoeuvre de Lunch.
C'est lui ou ce Mister Popo ne cligne jamais des yeux ?
" - Kami a, au tout début du conflit avec les saiyans, fusionné avec l'être de la même espèce que lui qui représente sa part d'ombre, Piccolo, afin d'en faire un plus puissant guerrier. Malgré cette union, il ont perdu la bataille et sont depuis lors plongés dans un profond sommeil réparateur. En tant que Namek originaire de la planète du même nom, Kami a pu mettre au point une arme puissante qui pourra venir à bout des saiyans dès que Piccolo se réveillera. Ce n'est qu'une question de temps. "
Lunch doit le reconnaître, Mister Popo a un don pour les résumés. Elle n'aurait pas fait aussi court. De plus, l'être louche a réalisé un exploit : provoquer un pet un cerveau à Peterson, au point de lui faire gober les mouches.
Au bout de bien longues secondes, Peterson ferme finalement la bouche pour juger de ses yeux glacials l'être vert dans le coma. Il s'approche prudemment pour mieux l'observer, tout en restant à une distance raisonnable.
" - "Kami" ? Dieu ? " demande t-il en désignant d'un doigt ganté celui à la peau verte.
Mister Popo ne réagit pas, alors c'est Lunch qui donne la réponse à l'aide d'un mouvement de tête désabusé allant de haut en bas. Elle-même a mis longtemps à accepter les fables que lui ont raconté Goku, Krilin, Yamcha et Tenshinhan.
" - Dieu est un alien ? "
La voix de Peterson monte dans les aiguës. C'est hilarant au possible.
" - Bienvenue dans mon monde commandant ", ricane d'un air désabusé Lunch en effectuant une moitié de courbette.
Peterson se masse douloureusement les yeux, en proie à un début de mal de crâne. Il pensait qu'après des dragons lumineux qui apparaissent dans le ciel, des démons verts et des humains qui crachent des rayons laser et l'arrivée sur Terre de guerriers de l'espace à queue de singe capables de se reproduire avec des humains, il ne pouvait plus s'étonner de rien. Qu'il avait tout vu.
Apparement non. L'univers semble se faire un devoir de le surprendre et lui faire perdre la boule.
Lunch comprend que le militaire ai besoin de temps pour assimiler des connaissances qu'elle a mis une plombe à accepter, mais elle n'a pas toute la journée. Moins de temps elle passe dans ce palais souterrain en compagnie de Piccolo et de celui dont elle refuse de prononcer le nom, et mieux elle se porte.
" - Noeunoeud, on va causer le temps que le commandant reprenne ses esprits. On a besoin de toi. "
Le gardien la regarde maintenant fixement. Elle déteste qu'il la regarde fixement.
" - Les trois glandus qui s'entraînaient ici ont échoué. Gohan est porté disparu et les deux autres se font interroger et torturer par les saiyans. Bulma est de nouveau au palais, comme avant. "
La tentative avortée de sauvetage de Bulma datant d'il y a plusieurs mois a complètement grillé les couverture des quelques espions et alliés que la Résistance avait au sein du palais. Impossible de sortir Bulma de là ou d'avoir de véritables informations fiables sur ce qu'il s'y trame.
Il est également impossible de s'approcher des ruines du vaisseau où sont retenus Goku et Krilin sans se faire repérer. Les terriens sans pouvoirs ne sont pas capables de porter secours aux deux guerriers. Ils se feraient attraper directement.
En revanche, à en croire les histoires que lui ont raconté Tenshinhan, Krilin et Goku, ce Mister Popo pourrait avoir ses chances.
" - On a besoin de toi pour retrouver Gohan et sortir les deux autres du pétrin ", commence Lunch d'une voix guerrière avant d'être interrompue.
" - Je ne quitterai pas Kami et le palais. "
Ca a le mérite d'être clair. Mais cela fout aussi en l'air les espoirs que Lunch et Peterson plaçaient dans ce Mister Popo.
" - La mocheté verte est inconsciente depuis trois ans. Je suis certaine qu'elle peut se passer de toi l'espace d'une journée.
- Libérer Son Goku et Krilin des saiyans pourrait s'avérer être une tâche dont je ne reviendrai pas. Je ne prendrai pas ce risque. "
Il n'y a aucun changement d'intonation dans la voix de Mister Popo, qu'importe le contenu de sa phrase.
C'est déstabilisant. Et ca ne fait rien pour calmer la colère de Lunch. Au contraire.
" - Tu te fous de ma gueule noeudnoeud ?! La Terre a besoin de toi et tout ce que tu fais, c'est te terrer sous terre comme un lâche en laissant des plus faibles que toi combattre à ta place ! On est plus que jamais au bord du gouffre ! Et toi, tu nous tourne le dos pour veiller sur un type qui ne se réveillera ja-mais ! "
La tirade a été hurlée sans aucune pause ou respiration, dans une tornade de cheveux blonds. Peterson sort de sa semi-transe pour observer Lunch avec ses yeux bleus calculateurs. Elle lui rappelle Bulma Brief.
A croire que les membres de cette bande qu'ils formaient auparavant se sont bien trouvé et ont déteint les uns sur les autres pour auto-entretenir leurs sales caractères.
Mister Popo ne dit rien ni ne bouge pendant plusieurs secondes, laissant ainsi le temps à Lunch de reprendre sa respiration. Juste avant qu'elle n'enchaîne avec une autre tirade assassine, il prend la parole.
" - Je ne peux pas sortir pour secourir nos guerriers, mais je peux vous indiquer où trouver quelqu'un qui pourra le faire. "
Lunch et Peterson sont tout ouïe.
" - Je vais sortir du palais juste assez longtemps pour vous dire où trouver Maître Karin, l'ancien gardien de la tour. "
Lunch avait complètement oublié ce chat nain et blanc. C'est vrai qu'il possède des capacités spéciales. Mais elle n'a pas eu de nouvelles de lui depuis plus de deux ans.
" - Lui pourra vous dire si Gohan est vivant ", continue Mister Popo. " Il pourra aussi vous aider à délivrer Son Goku et Krilin. Enfin, s'il accepte.
Cette mission est pour moi ! Je vous le dis, il acceptera. Personne ne me dit non ", sourit avec assurance Lunch, alors même qu'elle vient de se faire en partie débouter par l'être en face d'elle.
" - Et Kami se réveillera un jour. C'est certain ", complète Mister Popo en souriant.
C'est la première fois que Lunch voit l'être bizarre changer d'expression faciale. En fait, elle préfère quand il ne sourit pas.
" - Maintenant que ce point est réglé, il y a autre chose que je dois vous demander Mister… Popo. "
Peterson, en partie remis de sa crise existentielle concernant Kami, a repris un peu de contenance, mais ne peut pas s'empêcher de buter sur le nom du bougre qui garde les lieux. Pour combattre cette démonstration de faiblesse, il redresse le buste et les épaules en prenant une grande respiration empreinte d'autorité.
" - Les saiyans ont la capacité de repérer les auras des terriens depuis pas mal de temps maintenant. Mais jusqu'à présent, ils n'ont pas réellement mis cette capacité à profit. Cela a changé. Tout indique que les saiyans utilisent finalement cette capacité pour traquer les terriens encore libres et débusquer des bases de la Résistance. Nous avons perdu deux bases cette semaine et cela ne semble pas prêt de s'arrêter. "
Le sauvetage raté de Bulma Brief est sans aucun doute la raison de ce retournement de situation.
D'après ce que les espions ont rapporté à Peterson, Son Goku en a fait baver aux saiyans et de nombreux camps ont tenté de se révolter.
Le commandant a fait en sorte que la Résistance fasse profil bas au cours de ces derniers mois, afin de faire un peu oublier les résistants terriens aux saiyans et ainsi donner plus de temps au Docteur Gero et aux trois guerriers qui s'entraînaient sous terre.
Après la bataille titanesque d'il y a plusieurs semaines, les macaques de l'espace ont dû réévaluer leur vision des poches de résistance terrienne.
L'accalmie est terminée.
Des bases se font attaquer les unes après les autres et les saiyans agissent comme ils l'ont toujours fait : ils massacrent une partie des terriens, surtout ceux à physique d'animaux, obligent les survivants à rejoindre un camp saiyans et raflent quelques femmes qu'ils estiment à même de rejoindre leur saloperie de programme de métissage.
Aujourd'hui, Peterson regrette d'avoir autorisé l'organisation de cette mission de sauvetage. Et ce, même s'il sait pertinemment qu'il n'aurait jamais pu empêcher les trois autres erreurs de la nature de n'en faire qu'à leur tête.
" - Notre annihilation s'approche à grand pas. Il n'existe aucun moyen de dissimuler nos auras aux sens des saiyans. Et il ne reste qu'un seul et unique endroit sur Terre où nous puissions nous cacher, où nos auras demeurent indétectables. C'est ici même, dans ce palais. "
Comme l'expression faciale de Mister Popo ne change pas, Peterson décide de passer à la vitesse supérieure. La survie des terriens, de leur civilisation et de leur histoire en dépend. Mister Popo doit accepter d'accueillir les survivants au sein du palais.
Alors il ploie ses genoux plus si souples et s'agenouille devant le gardien des lieux en reformulant sa prière.
" - Je vous en prie. Lunch et Krilin m'ont dit qu'il y a une grande salle en bas. Une salle que peut accueillir plus de trois mille personnes et que vous avez le pouvoir d'aménager pour en faire un lieu vivable. Nous pouvons survivre sous Terre, dans ce palais. S'il vous plaît… Les survivants de la Terre ont besoin de vous. Ne laissez pas les saiyans nous balayer jusqu'au dernier. "
Peterson reste là, le front collé au sol froid, et Lunch regrette de ne pas avoir emporté d'appareil photo pour immortaliser ce moment. Déjà pour se marrer à jamais, mais aussi parce que cette photo vaudrait son pesant d'or et de rations.
Les yeux fixés sur le militaire au sol, Mister Popo finit par répondre au bout de longues secondes.
" - Bien sûr, il suffisait de demander. Pas besoin de vous agenouiller pour cela. "
Le commandant Peterson relève la tête, les yeux hagards, et jette un regard mauvais en direction de Lunch.
C'est elle qui lui a suggéré de s'agenouiller lorsqu'ils effectuaient leur descente à travers la croûte terrestre.
Une idée visiblement grotesque et farfelue. Elle lui renvoie un sourire moqueur et supérieur.
Connasse.
" - Vous êtes donc d'accord pour abriter le plus de monde possible ? " demande Peterson à Mister Popo en se redressant, ce qui fait bruyamment craquer ses genoux.
" - Laissez-moi dix jours pour reconfigurer la salle d'entraînement ", répond Mister Popo sans sursauter au sonore éternuement provenant de Lunch. " Si vous amenez votre matériel et de quoi créer de la nourriture, il n'y aura pas de problème. Ce sera comme vivre dans vos bases actuelles, mais dans un plus petit espace. J'emmènerai Kami à l'abri des regards. Soyez juste discret concernant son existence. "
Peterson ne sait pas quoi dire. Le soulagement devant cette réponse positive lui enlève un immense poid des épaules. Mais cela l'amène également à une réflexion qui le met en colère.
" - Vous avez ma gratitude. "
Il ne sert à rien de ressasser le passé. Seul le futur compte. Mais Peterson a quand même besoin d'exprimer ce qu'il a sur le coeur.
" - Mais vous avez conscience que votre réponse signifie que vous auriez pu agir de même et mettre à l'abri ces même gens trois années plus tôt ? Vous auriez pu sauver des milliers de vies en nous accueillant dès le départ et vous ne l'avez pas fait. "
Peterson repense à toutes ces personnes qu'il a ordonné de sacrifier. A tout ce que les rapports qu'on lui amène disent sur la vie des terriens sous le joug des saiyans.
Cette fameuse salle aurait pu servir à mettre un grand nombre de gens à l'abri bien plus tôt. Des enfants. Des familles. Des gens incapables de se battre et lutter.
Tout le monde n'aurait pas pu être sauvé. Mais de nombreuses vies auraient sans doute pu être sauvées.
" - Vous nous avez laissé crever là-haut. Vous saviez que vous pouviez nous accueillir et vous ne l'av…
- Commandant. "
La douceur de la voix qui l'appelle fait immédiatement se taire Peterson. La douceur dans ce monde en guerre, c'est extrêmement rare.
Lunch, brune depuis quelques secondes, s'avance doucement vers lui, les mains jointes contre son ventre et une expression respectueuse sur le visage.
Ah oui, c'est vrai… Peterson a trop souvent tendance à oublier que comme ses amis, Lunch n'est pas vraiment normale.
" - Je comprend votre colère commandant. Elle est justifié. Mais vous devez aussi comprendre la réflexion qui nous a mené, Goku, Krilin, Bulma et moi-même, à ne rien vous dire jusqu'à présent. "
Elle se place aux côtés de Mister Popo et le regarde avec bienveillance, avant de reporter son attention vers le commandant Peterson. Sa voix reste douce, mais l'intonation devient ferme.
" - Ouvrir immédiatement les portes de la salle d'entraînement aurait signifié les fermer définitivement à Son Goku, son fils et Krilin. Ils n'auraient pas pu s'entraîner et progresser comme ils l'ont fait. Certes, ils ont échoué, mais vous savez que cet entraînement a payé. "
La voix de la Lunch brune est douce et agréable à écouter. Pour le bien de son discours et l'attention que lui porte actuellement Peterson, il vaut sans doute mieux qu'elle le déclame en brune plutôt qu'en blonde.
" - Pardonnez moi Mister Popo, mais je vais devoir construire mon récit en mettant de côté le respectable Kami ", continue Lunch en s'inclinant vers le gardien. " Commandant, imaginez que cette salle nous ai été ouverte dès le début. Les terriens les plus chanceux se seraient mis à l'abri en ces lieux et auraient abandonné les autres derrière. Les habitants du palais, bien en sécurité, n'auraient sûrement pas remis le nez dehors, par crainte de tomber aux mains de nos ennemis. Les deux peuples auraient évolués chacun de leur côté. "
Peterson voit clairement où elle veut en venir, mais il ne l'interrompt pas.
Il apprécie les idées bien faites et parfaitement formulée. Ecouter cette Lunch est un plaisir.
" - Les années seraient passées. Des décennies. Des siècles peut-être. Et pendant que les terriens du palais auraient survécu dans les profondeurs d'un espace restreint, les saiyans auraient pérennisés sur la surface du globe, avec les humains laissés derrières. Les métis seraient nés et la "civilisation" saiyan serait devenue, au bout de plusieurs génération, la normalité de ce monde. Un jour, les survivants du palais auraient mis le nez dehors. C'est une fatalité. Et là, ils seraient tombés sur un monde qu'ils ne reconnaîtraient plus et auxquels ils ne seraient plus adapté. "
Peterson se demande qui, dans leur groupe composé d'erreurs de la nature, a poussé aussi loin ces réflexions philosophiques.
" - Se réfugier immédiatement dans le palais, cela aurait été reconnaître dès le début notre défaite. La sécurité qu'offre ce lieu aurait tué dans l'oeuf la Résistance. "
Voilà voilà !
J'adore me payer la tête des personnages, surtout de ceux que j'invente (rire de baryton sous un ciel plein d'éclairs).
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu ;)
Laissez des comms siou plait !
