Bonjour à toutes et à tous !
Yep, je suis de retour après un long moment d'absence. Mais au moins, le chapitre est long (ou pas) ! XD
Il faut dire que les pistes, les récits secondaires explorées jusqu'à présent commencent à être un peu nombreuses, donc il faut équilibrer le tout et accorder des lignes à chacune. Mais c'est très agréables à faire.
Voilà, j'ai pas dis que ce chapitre vous fera rire.
Mais j'espère quand même qu'il vous plaira ! :)
" - Gyumao, suis-moi. "
Videl et Gohan, qui a maintenant les cheveux courts mais toujours indisciplinés, relèvent conjointement la tête. Ils ont bien entendu ce que Satan vient de dire ?
" - Papa, tu es certain que c'est le bon moment ? Sa jambe gauche lui fait toujours mal.
- Mon étoile, je suis certain que Gyumao peut le faire. Et ton papa chéri sera avec lui, il ne peut rien lui arriver. Il est temps de commencer à le montrer au camp. "
Videl affiche une moue peu convaincue. Gohan, dit Gyumao, détourne son regard de la coupe afro de Satan qui le fait toujours buguer, pour se tourner avec un grand sourire vers Videl.
" - Ça va aller Videl, je suis certain que Monsieur Satan sait ce qu'il fait. "
Derrière Videl, le petit Lilian continue de mal regarder le dernier arrivé sous la tente. L'enfant n'aime définitivement pas Gohan, qui réquisitionne trop Videl et Satan à son goût.
Avant l'arrivée de l'intru, il avait ces deux grands pour lui tout seul, surtout Videl qu'il adore. Depuis son arrivée, Gyumao lui prend l'essentiel de son temps.
Lilian est jaloux. Jaloux comme peut l'être un jeune enfant qui n'aime pas partager. La perspective de voir Satan partir quelques temps avec Gyumao lui convient. Il aura Videl pour lui tout seul.
" - Nous serons rapidement de retour. Lilian, veille bien sur mon étoile ! ", termine Satan en s'adressant au jeune enfant blond avec un pouce levé en l'air.
Lilian répond par un grand sourire fier et un pouce lui aussi levé. Un rire échappe à Videl et elle attrape par surprise Lilian par la taille pour le mettre à terre, dans la poussière, et le chatouiller.
Le jeune enfant se débat en partant dans un grand éclat de rire.
" - Ça c'est du protecteur ! ", rie aux éclats Videl en profitant honteusement de sa taille et de son poids pour prendre l'avantage sur le jeune enfant.
Satan sourit d'un air attendri et fait signe à Gohan de le suivre. Claudiquant, le jeune brun sort de la tente à la suite du père de famille. Une fois en dehors de la tente, Gohan observe avec attention les alentours. La soirée est plutôt bien avancée et les humains ne sont plus très nombreux dans les allées du camp. Cette première sortie sera donc pauvre en rencontres.
Satan place un bras protecteur autour de son épaule et le guide à travers le camp.
Quelques personnes se retournent sur leur passage, en grande partie à cause de Satan lui-même. Il est connu et à ses côtés se tient un gamin qui ne dit rien à personne. Étrange. Mais ce n'est pas la première fois que ça arrive. Un plus jeune gamin encore, Lilian, a lui aussi rejoint l'entourage de Satan plusieurs semaines auparavant.
Gohan est nerveux. Il s'est jusqu'à présent bien débrouillé pour dissimuler son énergie et ne pas attirer l'attention des saiyans. Mais sortir de cette tente, qu'il a fini par considérer comme un lieu sécurisant, et se montrer ainsi dehors… Si l'un des saiyans qu'il a combattu est présent et reconnaît son visage, c'est foutu. Videl, Monsieur Satan et Lilian seront en grand danger.
L'enfant est toujours faible et incapable de se battre. Il fait des exercices en compagnie de Videl dans la tente, mais ce n'est pas assez. Ce dont il a besoin afin de pouvoir à nouveau se battre, c'est du temps.
Satan est étrangement silencieux. Gohan s'attendait à l'entendre piailler tout le long de leur marche, mais ce n'est finalement pas le cas. L'homme semble soucieux.
Ils cheminent à travers le camp, interrompus de temps en temps par des salutations d'autres humains qui reconnaissent Satan sans réellement voir Gohan et arrivent finalement à ce qui doit être leur point d'arrivée : une zone d'extraction d'argile.
Les machines qui procèdent à ce travail font un bruit d'enfer. Elles puent aussi.
" - Pourquoi m'avez vous amené ici Monsieur Satan ? ", demande un Gohan interloqué en se défaisant de la main de l'adulte qui enserre son épaule.
Il n'a pas peur en présence de Satan. Gohan est peut-être toujours incapable de venir à bout d'un saiyan, mais il peut facilement gérer n'importe quel terrien. L'humain jette un coup d'oeil aux alentours avec une mine sérieuse et reporte finalement son regard vers l'enfant qui lui fait face.
" - Je sais que tu peux m'entendre malgré le bruit ", murmure entre ses lèvres Satan.
Gohan ne peut dissimuler une expression de surprise. Evidemment qu'il peut l'entendre malgré le raffut des machines.
Il est à moitié-saiyan. Mais pourquoi Satan est t-il au c…
" - Je sais qui tu es. "
L'expression de surprise de Gohan change pour laisser place à l'horreur. S'ils sont venus dans ce coin bruyant, c'est que Monsieur Satan ne veut être entendu par personne d'autre que lui.
" - Je l'ai compris dès le début. Je ne sais pas si tu en as conscience, mais tu ressembles énormément à ton père, Son Goku. Entre ça et la marque dans le bas de ton dos... "
L'emplacement de la cicatrice de son ancienne queue. Monsieur Satan a dû la voir lorsqu'il le soignait en compagnie de Videl.
" - J'ai tout de suite compris, une fois les saiyans arrivés, ce qu'était réellement l'incroyable guerrier Son Goku. Il avait une queue pareille lors du premier tournoi d'art martiaux auquel il a participé, tu le savais ? Et il s'est transformé en singe géant, comme les saiyans à leur arrivée. Ca marque les esprits. Et j'ai trop de fois regardé les vidéos de ces fameux tournois pour oublier son visage. Ce visage qu'il t'a transmis. Comme son regard. "
Gohan a entendu parler de tout cela. Krilin et Bulma le lui ont raconté des dizaines de fois. Toujours avec le sourire et des éclats de rires.
Mais il faut croire que d'autres personnes n'ont pas vécu les choses de la même manière.
" - Brûler la zone du bas de ton dos pour dissimuler la cicatrice de ta queue arrachée était une bonne idée. Cela n'a pas dû être facile, ni pour toi, ni pour la personne qui l'a fait, mais on peut dire que cela t'a sauvé la mise le jour où l'on t'a trouvé. "
C'est son père qui s'en est chargé. Il l'a fait en pleurant et en murmurant mille excuses à son fils.
" - Ton vrai nom est Gohan, c'est ça ? "
Pas la peine de continuer à jouer la comédie, Satan a tout découvert. Cet homme est plus intelligemment qu'il ne le laisse à croire.
Gohan acquiesce positivement à sa question, toujours incertain de ce qu'il va se passer ensuite.
Satan pousse un long et profond soupir en regardant le ciel tirant sur le mauve avant de se concentrer sur l'enfant.
" - J'ai toujours rêvé d'échanger avec ton père, tu sais. Le voir combattre lors des tournois a renforcé mon amour des arts martiaux. Tant de ferveur, de volonté, de combativité… De bon esprit aussi. C'était le bon temps. "
Un autre monde aussi. Depuis, Satan est devenu père et les envahisseurs saiyans sont arrivés dans leur vies.
" - J'ai une fille que j'adore. Une fille qui passera toujours en priorité. Et il est hors de question que je la mette en danger pour toi. "
Monsieur Satan comble la distance qui le sépare de Gohan et pose un genou à terre pour se mettre à sa hauteur.
" - J'aurai voulu que les saiyans n'entrent jamais dans nos vie. J'aurai voulu que ce monde soit différent. "
Il pose une main fraîche tout contre la nuque brûlante de Gohan afin qu'ils se regardent bien dans les yeux.
" - J'ai beaucoup de respect pour la Résistance. Beaucoup de respect pour les combats que vous avez menés, toi, ton père et le dénommé Krilin. Mais ma fille passe en priorité. "
La pression contre la nuque de Gohan augmente. Sans lui faire mal, mais elle augmente tout de même.
" - Tu as une semaine. Par respect pour ton père et vos combats, je te laisse une semaine pour continuer de guérir, caché dans notre tente. Ne dis rien à Videl. Pour sa sécurité, elle ne doit rien savoir de toi. Après, je veux que tu disparaisses de nos vies. Personne ne doit comprendre qui tu es. Et tu ressembles trop à ton père pour que personne ne te reconnaisse au bout d'un moment. "
La tristesse et la défaite dans les yeux de celui qui, malgré son statut de métis saiyan, demeure un enfant, interpelle le bon coeur de Satan.
Mais c'est de la sécurité de sa fille chérie dont il est question. Satan se montrera aussi dur qu'il le faut.
" - Cesse de t'attacher à Videl. Ce sera plus facile. "
Videl aussi s'est attaché à lui, Satan le sait. Ce ne sera pas non plus facile pour elle.
" - Parce que si tu ne le fais pas, si tu ne disparais pas de nos vies dans une semaine à partir de maintenant, je te fais le serment que demi-saiyan ou non, je trouverai un moyen de te tuer. Tu quitteras nos vie d'une manière ou d'une autre. "
Satan est mine de rien assez fier de l'attitude de Videl envers ce Gohan.
L'énergie qu'elle investit pour l'aider de son mieux à guérir est tout à son honneur. Et en même temps, elle agit comme une véritable enfant en sa présence. Elle accepte de jouer, de rire, de bouder, de se montrer malicieuse voire, par instant, capricieuse.
Il ne l'a encore jamais vu agir ainsi. Certes, il y a Lilian, mais Videl et lui ne partagent pas cette complicité que sa fille et Gohan semblent avoir. Et dire qu'ils ne se connaissent que depuis trois semaines…
Je ferai ce que vous me demandez monsieur Satan, je vous le jure, promet Gohan tout contre l'oreille de l'humain afin qu'il puisse l'entendre malgré le bruit des machines.
Il a toujours sû qu'il ne resterait jamais bien longtemps auprès de Videl, son père et Lilian. Mais il pensait tout de même, un peu follement, que cette parenthèse de paix pendant laquelle il découvre la vie, la vraie, durerait un peu plus longtemps.
Qu'importe, il a juré. Il disparaîtra de la vie de ses hôtes d'ici à une semaine.
" - Comment elle se passe cette tournée des camps ? "
La voix de Miria est ensommeillée. Normal, c'est une humaine et Kiui est venu la tirer du lit en pleine nuit pour qu'ils passent du temps ensemble avant qu'il ne reparte poursuivre sa tournée d'inspection.
Assis à leur endroit habituel au bord du lac, ils observent les étoiles dans le ciel dégagé.
Miria, enveloppée dans une sommaire couverture pour pallier au froid, se colle contre le buste dépourvu d'armure de Kiui pour avoir plus chaud. Cette chaleur qui émane du saiyan, véritable radiateur sur patte, a quelque chose de détendant. Lui-même à les bras enveloppés autour d'elle et les genoux bien calés contre ses bras protégés par la couverture, afin de bien la maintenir contre lui.
" - Tout le monde me trouve trop jeune pour remplir ce rôle. "
La voix de Kiui est neutre et il omet volontairement certains détails.
Quand un saiyan affiche ostensiblement son irrespect envers l'envoyé du roi, l'adolescent se fait un devoir de lui faire comprendre qui commande. A l'aide de ses poings et de ses pieds bien sûr.
Mais cela, Miria n'a pas besoin de le savoir. Elle n'a pas non plus besoin de savoir quelles sont les conditions de vies actuelles dans les camps et à quel point les humains sont plus durement traités par les saiyans qu'auparavant.
" - Tu es jeune, c'est un fait. "
Elle-même a plusieurs années de plus que lui.
Miria sait que les saiyans grandissent bien plus vite que les humains, autant dans leurs coeurs que dans leur cruauté.
Mais de son point de vue, Kiui reste jeune et un peu étrange. Sa vulnérabilité face à elle, deux semaines plus tôt, a prouvé qu'il n'est pas comme les autres saiyans. Ce n'est pas pour lui déplaire.
" - Je suis assez vieux pour faire certaines choses tu sais. "
Il y a un silence.
C'est la première fois qu'il lui sort une phrase à consonance… salace. Kiui a l'habitude de sortir des phrases du genre lorsqu'il est entouré de saiyans. Et là, c'est sorti tout seul, comme un réflexe galopant. Mais en voyant le regard surpris et un peu choqué de Miria, il se dit qu'il a sans doute fait une erreur.
" - Heu… je veux dire… Je suis suffisamment âgé pour que l'on me confie des responsabilités ", tente de se rattraper Kiui en rougissant violemment d'embarras.
Merde merde merde merde merde merde merde ! Mais qu'est-ce qu'il lui a pris ? Pourquoi il a sorti cette phrase ?! Si ça se trouve, il vient de foutre en l'air tous les efforts qu'il a entrepris pendant plusieurs mois pour séduire Miria.
Il aurait tué son compagnon humain et se serait donné tout ce mal pour rien.
Mais loin de s'éloigner de lui avec de grands cris et en hurlant au secours, elle part dans un immense éclat de rire.
Devant l'air interloqué et le visage toujours plus rougissant du saiyan, son rire ne fait que se renforcer et des larmes incontrôlées perlent au coin de ses yeux.e
Ce Kiui est vraiment trop hilarant ! Un saiyan dans l'embarras, elle n'avait encore jamais vu.
Il est loin d'être le premier à lui sortir un truc salace, mais il est bien le premier à avoir une telle réaction et tenter de se dérober. Surtout un saiyan. Oh la vache, elle a mal au ventre !
Kiui boude un peu devant cette hilarité qui s'exprime à ses dépends, mais il ne lâche pas Miria. Elle continue de rire contre lui et si ce n'était pas dirigé contre lui, il trouverait que c'est un joli son.
Quand son rire meurt dans sa gorge, Miria se retourne avec un grand sourire vers saiyan contre son dos.
Elle est rouge à cause du manque d'air, ses larmes de rire ont été étalées sur son visage par ses mains et cela provoque le collement à sa peau de plusieurs de ses petits cheveux roux clair. Et surtout, son sourire radieux est une première pour Kiui. Ce sourire, il lui est adressé, à lui, et personne d'autre.
Kiui veut s'imprégner de ce sourire qui fait s'accélérer son coeur.
Il veut jalousement le conserver en lui, à tout jamais.
Alors il penche rapidement la tête en direction du visage de Miria toujours tourné vers lui et pose ses lèvres sur les siennes. Elles sont douces, comme il se l'est toujours imaginé, tout comme le sont sa peau, ses cheveux, son aura, son odeur, son rire.
Le contact ne dure qu'un court instant. Miria s'échappe immédiatement.
Elle jette son corps vers l'arrière et sans les bras solides de Kiui qui l'enserrent, elle aurait sans doute roulé dans l'herbe, loin de lui.
Non, elle ne peut pas. Cela ne fait même pas cinq mois qu'il est mort. C'est trop tôt, elle n'a pas oublié. Il lui arrive encore de se réveiller en pleurs la nuit.
En plus, Kiui est un saiyan. Un saiyan qui fait des efforts, mais un saiyan tout de même.
Kiui étudie son regard comme elle étudie le sien. Il l'enserre de ses bras puissants, mais Miria pourrait très bien partir si elle le voulait. Il la regarde avec une attente et une supplique qui le rendent bien plus humain que saiyan à ses yeux.
Miria sait ce qu'il attend d'elle, depuis longtemps. Et Kiui sait qu'elle le sait. Alors il lui pose une question qui, étant donné les dernières minutes, doit trouver une réponse.
" - Est-ce que j'aurai un jour une chance ? "
Il ne la tuera pas si elle lui dit non. Il a depuis longtemps dépassé ce stade, cette pratique purement saiyan.
Miria ne peut pas lui donner une réponse claire. Mais elle peut au moins être honnête avec lui.
" - Peut-être. "
Ce n'est ni une porte ouverte, ni une porte fermée. Juste un entrebâillement. Mais cela suffit à Kiui.
Il lui sourit gentiment et la serre contre lui, laissant son nez plonger dans ces cheveux qu'il aime tant, avant de lui dire ce qu'il ressent.
" - Ca me va. "
Miria ne dit rien et il ne détecte aucune peur dans son aura. De la gêne certes, mais lui aussi en ressent, alors il passe outre.
Plusieurs minutes de silence passent, uniquement interrompues par la faune locale et les bruits de l'eau.
C'est l'humaine qui met fin au silence.
" - Raconte moi une légende saiyan. "
La demande le surprend, mais il s'y plie. Mieux vaut cela que le silence gênant.
Alors qu'il lui conte la légende du Super-saiyan, elle s'endort dans ses bras, vaincue par la fatigue de la journée et l'heure tardive, définitivement à l'aise dans les bras de l'adolescent saiyan.
Il continue à parler doucement même après qu'elle se soit profondément endormie, la laissant délicatement reposer contre son torse, bien au chaud dans sa couverture. Les respirations régulières de la terrienne le détendent.
Il s'abreuve de sa paix pour alimenter la sienne.
Une fois son récit terminé, il s'endort également.
Assis dans l'herbe, les genoux repliés, une humaine endormie dans ses bras qu'il se promet de protéger à jamais.
Un coup. Un autre.
Krilin n'a même plus la force de gémir de douleur.
Encore un coup. Puis un autre.
Le terrien n'émet plus le moindre son et ses yeux commencent à perdre de leur focus. Si Vegeta continue à la frapper, il va finir par le tuer. Le roi des saiyan lâche donc la gorge de Krilin qui, nu comme un vers, tombe lourdement au sol.
Avec les dernières forces qu'il lui reste, le chauve se met en position foetale, la moins douloureuse pour lui. Un fin filet de sang un peu gélatineux s'écoule de sa bouche pour coller au sol. Ses yeux maintenant vitreux indiquent qu'il a perdu conscience.
Goku ferme les yeux en grimaçant. Voir son ami souffrir ainsi est un crève-coeur. Qu'importe qu'il ait déjà vu cette scène des dizaines de fois.
Si Vegeta passe énormément de temps dans les ruines du vaisseau, comme c'est le cas en ce moment, une sorte de roulement s'est mis en place au sein du peuple des guerriers de l'espace.
Les saiyans viennent à tour de rôle pour se venger du fameux jour qui a coûté la vie à tellement de leurs semblables. Tant de colère, d'amertume, d'esprit revanche... Ils frappent, la plupart du temps Goku, sans poser de questions ou tenter d'obtenir des informations. Ils frappent juste, parce qu'ils ont quelque chose sur le coeur et que Son Goku en est la cause.
Mais aujourd'hui, c'est Vegeta qui est là. Et si Vegeta extériorise certaine choses à les passant à tabac, lui et Krilin, il n'en oublie pas pour autant de poser ses questions.
Il a enlevé son armure pour plus de confort, réalisant son office de bourreau en simple combinaison spandex. Ses gants, il les a enlevé en débarquant dans les ruines du vaisseau, parce qu'il avait tendance à trop les abîmer avant, en frappant ses prisonniers avec. Et des gants blancs, cela ne se remplace pas facilement.
Le roi des saiyans aspire l'air un grand coup avec sa bouche, car l'odeur dans la salle fabriquée de toute pièce à partir de ruines du vaisseau est loin d'être délectable.
Ses jointures sont pleines de sang, à la fois celui de Krilin et le sien, et lorsqu'il essuie la sueur présente sur son visage, il s'étale du liquide rouge partout.
" - Maintenant que ton pote nous a quitté, il ne reste plus que toi et moi ", murmure Vegeta avec fatigue.
Le manège dure depuis près d'un mois. Et Vegeta n'a quasiment rien obtenu de ses deux prisonniers.
Si, au début, Kakarotto a hurlé comme un dément pendant que son ami humain se faisait torturer par des saiyans, c'est aujourd'hui terminé.
L'humain nommé Krilin endure désormais les coups sans rien dire, amorphe, et lorsque cela devient trop pour lui, il perd connaissance et les saiyans doivent cesser de le toucher afin d'éviter de le tuer.
Kakarotto, de son côté, regarde son ami se faire battre sans rien dire, si ce n'est dans ces rares moment où il lui lance un encouragement ou une phrase réconfortante qui fait inexplicablement rire l'humain.
Cet interrogatoire ne mène quasiment à rien.
" - J'ai demandé qui t'as entraîné après ton passage chez le dénommé Maître des tortues ", poursuit Vegeta en attrapant son ennemi enchaîné et nu par la gorge.
Comme d'habitude, Kakarotto ne répond rien et se contente de lancer un regard mauvais à Vegeta. Parfois, il se permet une folie en disant une vacherie sur les saiyans ou une remarque à propos de Bulma Brief. Dans ces moment là, Vegeta met fin à l'interrogatoire battant Kakarotto non plus pour l'interroger, mais pour bien le faire souffrir.
" - Qui t'a entraîné ? "
Toujours aucune réponse. Il faut vraiment que ses congénères mettent la main sur le fils du traître. Le torturer lui et son ami terrien ne mène à rien.
Vegeta en est persuadé, Kakarotto ne pourra pas se montrer aussi imperméable et impertinent avec lui si son gamin se retrouve à la place de Krilin.
Le coup de poing asséné contre sa pommette gauche résonne dans toute la pièce. Le suivant, infligé à son ventre, aussi. Tout comme le suivant.
" - Qui t'a entraîné ? "
Goku ne lâche pas son bourreau des yeux. Il voudrait étudier son aura pour entrer dans sa tête, mais les coups qu'il reçoit l'empêchent de se concentrer.
Un uppercut au niveau de son foie.
" - Qui t'a entraîné ? "
Vegeta est réellement une machine. Toujours à poser les mêmes questions. Toujours à frapper sans s'arrêter ou prendre un pause.
Là où ses congénères sont plusieurs à chaque roulement et se relayent pour les frapper, lui et Krilin, pendant une heure ou deux et finissent toujours par s'arrêter, vaincus par la lassitude, la fatigue et la douleur que procure l'activité, Vegeta frappe, frappe et frappe tout en l'interrogeant.
Il peut rester tout une journée à l'interroger sans relâche, sans jamais partir boire de l'eau, manger ou aller aux toilettes.
Il est évident que le roi des saiyans fatigue tout au long de ces heures.
Mais il tient toujours bon.
" - Qui t'a entraîné ? "
Comme si, en se jetant à corps perdu dans ces interrogatoires, il tentait d'occulter quelque chose.
" - Qui t'a... "
Vegeta interrompt sa phrase et ses mouvements. Sa tête pleine de sueur et de sang se tourne sur le côté et ses yeux s'écarquillent.
Malgré la douleur qui engourdit ses sens, Goku peut sentir le sang de son ennemi se glacer.
Un toussotement émane du sol et Krilin sort de sa torpeur en prononçant un seul et unique mot.
" - Bulma. "
Les sens de Goku s'éveillent avec une vitesse qui ne peut être causé que par de l'instinct et partent en quête de l'aura de son amie.
Vegeta ne dit rien et le lâche.
Il s'envole à toute vitesse en défonçant un mur, laissant l'air frais de la nuit sans lune s'engouffrer dans la pièce.
Dans le même temps, un frisson glacé envahi l'échine de Goku et son corps tente inutilement de se défaire des chaînes qui le retiennent. Ses sens ont trouvé l'aura de Bulma.
Ce que son amie, sa si chère amie, ressens en cet instant même, c'est de la terreur. Une pure, primaire et implacable terreur.
Goku hurle de frustration. Ses chaînes le retiennent, tout comme son corps brisé.
Bulma a besoin de lui.
Et lui ne peut pas lui venir en aide.
" - Il va me tuer ! "
Vegeta débarque dans un palais en plein chaos. Il peut entendre les cris de Bulma Brief depuis l'autre bout du bâtiment.
Les humains comme les saiyans, alertés par ces cris, convergent vers la pièce où elle vit, marée mouvante et sommairement réveillée.
" - Il va me tuer ! Il va me tuer ! "
Le roi des saiyans renverse tout le monde en volant en direction de la terrienne. Son ki emplit de terreur instaure la peur au coeur de celui du guerrier. Il peut aussi sentir l'aura de son enfant en plein chaos.
" - Je vais mourir ! Il va me tuer ! "
Il arrive enfin à la pièce où loge la terrienne. Une foule bavarde est amassée juste devant.
Certains abordent des lampes torches, provoquant des rayons lumineux éparses loin d'être agréables.
La porte en bois épais donnant sur les appartements de Bulma Brief a été arrachée de ses gongs. Toutes les lumières ont été allumées et éclairent la voie en direction de l'agitation.
Des voix plus fortes que les autres émanent de l'intérieur.
Vegeta dégage sans ménagement les gens qui l'empêchent d'accéder à la pièce.
Certains humains poussent des exclamations de peur en le voyant. Il est le roi des saiyans et personne ne veut vraiment se retrouver en sa présence. Il est aussi couvert de sang et avec l'expression qu'il affiche, Vegeta est tout simplement terrifiant.
Les humains à l'arrière s'écartent tout autant que les saiyans au premier rang, malgré eux légèrement apeurés par ce roi manifestement fulminant et décidé.
Nappa gémit de douleur lorsque son roi l'écarte de l'encadrement de la porte.
Le roi des saiyans entre finalement et découvre une scène des plus étrange.
Trois personnes sont en lutte avec une quatrième sur le lit.
Bulma Brief.
Cette dernière, en pyjama gris à motifs de plumes noires, se débat comme une démente en hurlant toujours les mêmes phrases sans queue ni tête.
Le jeune Zukkini, debout au pied du lit, a coincé ses mollets sous ses aisselles pour empêcher la terrienne de lui donner des coups de pieds, pendant que Kiui, debout à ses côtés, lui enserre les poignets.
Une humaine rousse dont Vegeta ignore l'identité est positionnée contre le mur, son buste contre le dos de Bulma Brief. Elle maintient sa compatriote terrienne contre elle en lui caressant les cheveux et en lui murmurant des paroles réconfortantes, des promesses de jours meilleurs.
L'humaine aux cheveux bleus hurle, hurle et hurle tout en ruant et en gigotant dans tous les sens. Ses yeux fous n'ont aucun focus. Sa tête est orientée vers Vegeta, mais elle ne semble pas le voir, pas plus que la foule curieuse dans son dos.
Quoi qu'il lui arrive, elle n'a aucune conscience de ce qui l'entoure.
" - Qu'est-ce qui ce passe ici ?! ", demande Vegeta avec autorité et énervement en s'avançant vers le lit.
En s'approchant, il se rend compte qu'une odeur de sang émane de la terrienne, odeur qu'il n'avait jusqu'à présent pas détecté à cause du liquide rouge qui se trouve en quantité sur son propre corps.
Du sang frais est présent sur et sous les ongles de la terrienne. Son pyjama est imprégné d'une couleur rouge sombre au niveau de son ventre. Des stries écarlates sont visibles sur ses joues.
Vegeta comprend que toutes ces blessures, Bulma Brief se les aient elle-même infligé.
Le saiyan serre les dents non plus d'incompréhension, mais de colère.
" - Il va me tuer ! Il va me tuer ! ", continue de hurler sans s'arrêter la terrienne à s'en déchirer la voix, ses doigts aux longs ongles souillés se tordant dans tous les sens.
" - Majesté ! C'est… Je ne sais pas ce qui ce passe ! ", répond Zukkini. " J'ai senti son aura s'affoler d'un coup et immédiatement après, elle a commencé à hurler. Quand je suis arrivé, elle se faisait mal toute seule ! Il fallait l'arrêter !
- C'est vrai mon roi ! ", enchaîne Kiui avec un air tout aussi perdu que son cadet. " Je suis arrivé juste après ! On a tenté de lui parler, mais elle ne réagit pas ! Miria dit que c'est une terreur nocturne, qu'il faut juste patienter et l'empêcher de se blesser. On voudrait arrêter ça, mais… Je… on ne sait pas quoi faire ! Son aura… Elle est terrifiée. On ne sait pas pourquoi ! Et votre enfant... "
Le sang de Vegeta se glace dans ses veines.
Kiui vient de mentionner son fils. Mais Kiui n'a jamais été mis au courant de l'existence de son héritier.
Evidemment… En découvrant l'état de Bulma Brief, il a été forcé de désobéir à son roi et d'analyser le ki de la terrienne afin de découvrir la cause de son état. Ce faisant, il a détecté l'aura de son fils, qui n'est de toute façon pas bien discrète à cause de l'état de sa mère.
Vegeta jette un coup d'oeil derrière lui. Seuls deux saiyans ont eu le loisir de passer leur corps à travers l'entrebâillement de la porte. Nappa et Radditz. Ils ont le regard un peu hagard, mais également dur. Vegeta devine que juste derrière eux, Kurementai, Kabocha et les autres dont il détecte les auras, ont le même regard. Cela ne laisse aucune place au doute.
Ils savent.
Eux aussi ont orienté leurs sens vers le ki de la terrienne pour décoauvrir ce qu'il ce passe. Eux aussi ont découvert cette vie que Vegeta a tenté de maintenir secrète pendant plusieurs mois.
L'existence du fils de Vegeta est désormais connue de tous.
Mais le roi des saiyans s'en inquiétera plus tard. Le plus urgent, c'est l'état de la terrienne.
Elle doit retrouver ses esprits et se calmer. A la fois pour elle et son enfant.
" - Je vais mourir ! Il va me tuer ! "
Vegeta sait ce qui terrifie la terrienne. Il sait ce qui lui fait perdre la tête ainsi.
Leur enfant.
La grossesse et le danger que cela représente.
La peur s'est infiltrée dans la terrienne comme un poison pour tout dévorer sur son passage.
Vegeta n'avait jusqu'à présent pas réalisé à quel point le mal est profond.
" - Il va me tuer ! "
Le roi des saiyans avance lentement une main vers le visage fuyant et couvert de sueur de la terrienne. Il ressent la familière couche de résistance créée par son enfant au supplice et passe à travers, comme à chaque fois.
Lorsqu'il pose le bout de ses doigts sur sa joue trempée et glacée, il laisse une légère trace de sang à moitié séché dessus.
Ce contact ne provoque rien chez la terrienne. Aucun impact sur son aura en plein chaos. Pas un seul éclat de lucidité dans son regard fou. Pas une seule variation dans ses hurlements de bête blessée et prise au piège.
A cet instant précis, il ne possède aucune emprise sur elle.
Il a déjà connu cette situation, il y a longtemps. Il voulait la faire parler et elle résistait. Vegeta avait tué plusieurs de ses compagnons terriens et elle pleurait leur sort sans faire attention à lui.
Ce jour là, excédé par l'absence d'emprise qu'il avait sur elle, le roi des saiyans avait tourné les talons et était parti, dans l'attente d'un jour meilleur.
Pas cette fois. Plus jamais.
Loin de laisser la crise passer sans rien faire, Vegeta attrape avec détermination le visage de Bulma Brief avec ses deux mains pour l'obliger à le regarder dans les yeux. Il lui étale du sang à moitié séché partout sur le visage, mais qu'importe.
" - Ça va aller. "
La terrienne aux cheveux bleus ne le voit toujours pas.
Il cherche le regard de l'humaine rousse nommée Miria, qui retient toujours Bulma Brief pour la coller contre elle. Elle a l'air d'en savoir plus que les autres.
Ses cheveux bouclés tombent en rideau sur Bulma Brief et le mélange de leurs deux chevelures aux couleurs radicalement différentes forment un étrange tableau.
La rouquine, constatant la soudaine attention du saiyan envers sa personne, cesse de réciter la litanie réconfortante qu'elle murmure à l'oreille de sa compatriote et déglutie.
Le roi des saiyans lui fout les jetons. Son visage couvert de sang est terrifiant.
" - Une terreur nocturne ? ", demande Vegeta en parlant fort pour qu'elle l'entende malgré les hurlements de Bulma Brief.
" - Ou… Oui ! C'est dans sa tête, on ne peut rien y faire ! Personne ne peut l'atteindre ! Elle est bloquée pour l'instant, mais ça va finir par passer ! Il faut juste l'empêcher de se faire mal ! "
Vegeta regarde un moment cette terrienne qui porte sur elle l'odeur légère mais bien imprégnée de Kiui, puis reporte son attention sur l'humaine aux cheveux bleus qui se tortille sous lui.
" - Bouge. "
Miria a à peine le temps de lâcher Bulma Brief que la poigne puissante du roi des saiyans l'a éjectée hors du lit. Elle pousse un cri de douleur en tombant durement au sol.
Kiui l'appelle par son nom, mais ne lâche toujours pas les poignets de Bulma Brief.
" - Il va me tuer ! "
Vegeta a pris la place de Mira, son buste et ses épaules imposantes encadrant bien mieux la terrienne entre ses bras que ne le pouvait sa prédécessrice.
L'un de ses bras musclés encadre le torse de l'humaine pour bien la maintenir contre lui, pendant que l'une de ses mains se dirige vers ses poignets, là où Kiui maintient son emprise.
" - Lâche. "
Ni une ni deux, l'adolescent exécute l'ordre et lâche Bulma Brief, avant de directement se diriger vers Miria, toujours assise par terre à tâter le dos de sa main gauche éraflée à cause de sa chute. Il l'aide à se relever et la maintient possessivement contre lui par les hanches, la tête tournée vers le lit qu'il vient de quitter.
Son roi est en train de prendre le contrôle de la situation.
Il a, sans difficulté, immobilisé les deux mains de Bulma Brief dans l'une des siennes. Avec force, mais dans une configuration qui lui blesse moins les poignets que lorsque Kiui tentait maladroitement de l'immobiliser.
La terrienne hurle et gigote dans tous les sens sans parvenir à se libérer.
Elle est rouge à force de pleurer et de crier.
Vegeta peut entendre l'extinction de voix en marche.
" - Lâche ", dit-il à Zukkini, qui tient toujours les mollets de l'humaine.
L'enfant fait ce qu'on lui ordonne, en esquivant au passage un pied soudainement libéré de son emprise, avant de finalement aller se placer aux côtés de Kiui et l'humaine.
Les jambes de Bulma Brief partent dans tous les sens pendant qu'elle rue sans but, alors Vegeta oriente leurs corps à l'opposé du mur pour éviter qu'elle se blesse.
L'humaine hurle et pleure toujours dans ses bras, sans se calmer.
" - Ça va aller ", lui murmure Vegeta à l'oreille en la berçant doucement contre lui. " Ça va aller. "
Cela n'a aucun effet sur elle.
Il continue.
Il lui parle doucement, encore et encore, son nez perdu dans ses fins cheveux bleus.
" - Il va me tuer ! Il va me tuer !
- Personne ne va te tuer. Personne ne va te faire de mal. Je suis là. Personne ne va te faire de mal. "
Vegeta pense un instant à l'image qu'il renvoie à son peuple, présent à quelques mètres seulement.
Lui, le roi des saiyans, se montre doux envers une terrienne hurlante et hystérique.
Il se donne en spectacle à force de paroles réconfortantes et affectueuses.
Quel tableau pour les siens… Il est en train de réconforter la mère de son enfant comme le ferait un humain.
" Déchéance " doit être le mot auquel pense fort Nappa.
" - Il va me tuer ! "
La terrienne est en souffrance dans ses bras. C'est suffisant pour que Vegeta oublie le regard des autres. Et il sait aussi que se montrer ainsi, c'est signifier à tous le monde que personne ne touchera à Bulma Brief.
C'est donc aussi un moyen de la protéger.
Au fil des minutes, les ruades faiblissent. La voix se fatigue progressivement. Les pleurs perdent de leur puissance.
" - Il va me tuer ", dit-elle toujours d'une voix brisée.
" - Je suis là. Ca va aller ", rétorque t-il.
Les mains dans la sienne se font moins fuyantes. Sa tête est moins mouvante contre son torse. Ses jambes ne bougent plus. Sa respiration se fait sifflante à cause du mal de gorge.
"- Il va me tuer.
- Personne ne va te tuer. "
Le ki de l'enfant en elle se calme.
Sa voix se transforme en murmure. Son corps, comme vidé de toute vitalité, devient amorphe.
Bulma Brief a maintenant le dos appuyé contre son buste, sans plus aucune volonté de lui échapper.
Il a lâché ses mains frêles, qui ne bougent plus.
Lorsqu'enfin, elle se tait, le roi des saiyans se tait avec elle.
Après quelques secondes d'un silence que personne ne profane, Bulma Brief, la respiration sifflante, tourne lentement la tête en direction du visage de Vegeta pour s'adresser à lui d'une voix éteinte.
" - Tu vas le laisser me tuer pas vrai ? "
Elle est rouge, trempée de sueur et le sang sur son visage ne lui va pas du tout. Elle tremble d'épuisement aussi.
Son aura est un gouffre de souffrance que Vegeta n'a jamais souhaité.
Mais c'est bel et bien la lucidité dans les yeux de la terrienne, accompagnée de ses paroles, qui brise le roi des saiyans.
" - Tu vas le choisir lui et me laisser mourir.
- Tais toi. Tais toi ", plaide Vegeta en fourrant son visage dans sa nuque laiteuse.
Vegeta ne pleure pas. Mais son visage déformé ne renvoie pas l'image d'un fier et cruel guerrier saiyan.
Il ne pleure pas. D'autres pleurent.
Parmis eux, Miria.
Elle étouffe un sanglot en plaquant sa main droite contre sa bouche.
Miria, comme d'autres dans la foule, comprend par quoi passe Bulma Brief.
Elle sait, comme tout le monde depuis plusieurs mois, c'est ce qu'il se passe avec les humaines enceintes d'un saiyan. Ils savent pour le programme, les expériences, les morts, les profanations.
Ils comprennent que Bulma Brief est enceinte du roi Vegeta et qu'elle vit chaque jour, chaque seconde, avec cette conviction profonde que l'enfant qu'elle porte va l'amener à la Chambre de Reproduction, au trépas.
Et qu'elle ne peut rien y faire.
Si tout le monde ne peut pas faire preuve d'empathie face à la situation de l'ancienne leader de la Résistance, tout le monde peut s'accorder pour dire que personne ne souhaite se retrouver dans sa situation.
D'où la multiplication des pleurs et l'absence de remarques acerbes.
Kiui serre Miria contre lui.
Elle semble avoir compris un truc avec Bulma Brief que lui-même ne discerne pas. Il n'aime pas la voir pleurer.
Et il n'aime pas non plus les regards que lui jettent Nappa, Radditz et les autres, situés juste derrière eux. Pleurer comme elle le fait attire trop l'attention.
Trop des siens la regardent et cela inquiète l'adolescent. Avec son attitude protectrice et concernée depuis plusieurs minutes, les autres viennent de prendre conscience de ce que Miria est pour lui, Kiui, le second en formation du roi Vegeta. Soit un saiyan très exposé et avec beaucoup d'ennemis.
Alors il lui tient fermement les hanches et l'oblige à avancer hors de la chambre, en bousculant au passage Nappa et Radditz qui les suivent un instant du regard. Elle se laisse faire, toujours en pleurs.
Une fois en lévitation au dessus de la foule avec son précieux fardeau dans les bras, Kiui se rend compte que Miria n'est pas la seule à pleurer.
Il y a des hommes, des femmes, des enfants.
Kurementai.
Deux larmes solitaires se promènent sur ses joues et lorsque son conjoint Kabocha s'en rend compte, elle les essuie rapidement, grimace avec honte et tourne les talons pour quitter la foule de curieux. Kabocha l'a suit sans rien dire, ombre discrète et rassurante qui lui parlera lorsqu'elle sera prête.
Dans le lit, Vegeta maintient toujours contre lui une Bulma Brief amorphe d'épuisement qui a replongé dans un demi-sommeil. Sans doute par crainte de replonger dans son cauchemar, elle lutte pour se maintenir éveillée.
Le roi des saiyans essuie distraitement le sang sur les joues de la terrienne, mais n'arrive qu'à l'étaler encore plus. Avec douceur, il descend l'une de ses mains vers son ventre et relève le haut de son pyjama gris ensanglanté pour évaluer les blessures qu'elle s'est infligée.
Rien de grave. Avec des compresses et du désinfectant, cela guérira vite et sans laisser de trace.
Sous sa main, Vegeta sent le coeur de son fils battre. Le petit être est épuisé.
Le saiyan a en tête l'image d'un guerrier au repos à la recherche d'un instant de paix.
Il constate aussi que le ventre de Bulma Brief n'est plus aussi plat que dans ses souvenirs. Les formes qui accompagnent son état apparaissent. Un léger rebond a pris place sous son ventre, à l'endroit où grandit leur enfant.
Elle est enceinte de plus de trois mois après tout.
Malgré la situation, il goutte à ces retrouvailles.
Mais, maintenant que Bulma Brief s'est calmée, il préfèrerait que la moitié du palais ne soit pas présent pour les regarder. Il ne fait aucun doute que le message est bien passé.
" - Va dans mes appartements et enclenche l'eau pour un bain ", ordonne Vegeta à Zukkini, qui les regarde avec embarra et tristesse.
L'enfant s'exécute sans rien dire et s'envole à pleine vitesse au dessus de la foule.
Vegeta se redresse du mur avec fatigue en maintenant bien la terrienne somnolente dans ses bras, plaçant un bras sous ses genoux et l'autre dans son dos. L'humaine ne réagit pas, si ce n'est qu'elle enfouit volontairement son nez contre son torse en inspirant profondément.
Lorsque Vegeta fait un pas vers la sortie de la pièce, son précieux fardeau contre lui, Nappa lévite vers eux, un discours bien préparé en tête.
" - Vegeta, il faut qu'on…
- Pas maintenant Nappa. Dégage de mon chemin. "
Le regard dur de son roi n'invite pas à l'échange.
Nappa s'efface du chemin avec une grimace, encouragé par la main puissante de Radditz sur son épaule. Mais il ne lâche pas des yeux Vegeta pour autant.
Dans ses bras, la petite souris aux cheveux trop longs respire doucement, mais bruyamment, les yeux semi-clos. Si cela ne tenait qu'à Nappa, il écrabouillerait son joli petit crâne d'une main et ferait instantanément disparaître tous les problèmes qu'elle incarne.
Mais Vegeta ne laissera jamais faire. Cela au moins, tout le monde l'a compris grâce à son petit manège déshonorant.
La foule s'écarte sur le passage du roi et de la terrienne dans ses bras. Sans rien dire. Humains comme saiyans.
Lorsqu'ils disparaissent tous les deux du champ de vision commun, Radditz se permet une folie en entourant les épaules de Nappa avec un bras.
" - Dis toi qu'au moins, vu son pedigree, notre petit prince sera immanquablement canon. Cheveux noirs ou pas. "
Nappa lui lance un regard mauvais et se débarrasse du bras envahissant.
" - Ne plaisante pas Radditz ", le prévient Nappa avec un fond de souffrance dans la voix. " Ce qu'il ce passe est terrible pour nous.
- Cela prouve juste que le temps des saiyans de Vegetasai est définitivement révolu ", répond Radditz en haussant les épaules. " Et que notre temps sur Terre sera différent. Longue vie à la Terre. "
Et il s'en va, comme ça, avec un air non concerné affiché sur le visage.
Celui qui est toujours officiellement second de Vegeta grogne contre son compatriote, énervé par son attitude.
La tradition et la pureté saiyan, valeurs sacrées et immuables, sont en train d'être jetées aux orties par leur roi, celui censé justement être le garant de ces mêmes valeurs.
Merde, Radditz avait quatorze ans lors de la destruction de Vegetasai par Freezer. Il est suffisamment âgé pour se souvenir de la gloire de leur monde perdu et vouloir se battre pour que la tradition saiyan pérennise.
Il devrait s'esclaffer, pester et rejeter la grossesse de Bulma Brief, ainsi que l'attitude de Vegeta envers elle.
Mais non.
Il accepte sans trop de difficulté la possibilité que leur futur prince ne soit pas un saiyan de sang-pur. Pour un type que Nappa a lui-même entraîné, c'est extrêmement décevant.
Mais c'est sans commune mesure face à la trahison de Vegeta.
Le roi des saiyans s'immerge avec son précieux fardeau dans l'eau tiède.
Assis sur le banc submergé, il conserve Bulma Brief contre lui, soutenant son dos d'une main pendant qu'il pose ses cuisses nues sur ses propres genoux. Ce sera plus facile pour lui nettoyer le visage.
La terrienne n'a aucune réaction apparente. Mais son aura, et par extension celle son fils, semble indiquer que l'eau leur fait du bien.
Avec des gestes lents et maîtrisés, Vegeta nettoie d'une main le visage ensanglanté de l'humaine et le sien. Le liquide rouge va se mélanger dans l'eau avec celui présent sur la combinaison du roi des saiyans, qu'il appartienne à lui-même ou aux amis torturés de l'humaine. Le tout créé des formes abstraites et rosées à la surface de l'eau.
Les cheveux longs de Bulma Brief flottent également à la surface et ondulent en fonction des remous de l'eau provoqués par les mouvements du saiyan.
Il se remémore tout ce que lui et la terrienne ont partagé dans cette pièce.
Les douches communes, les embrassades, les discussions, les taquineries, les orgasmes. Les moments de ténu complicité.
Vegeta a l'impression que c'était il y a longtemps. Une toute autre vie.
Et cela lui manque.
Il poursuit sa tâche en silence, perdu dans ses pensées.
Il veut retrouver la Bulma Brief d'avant. Il veut retrouver cette créature grande gueule, injurieuse, maligne, manipulatrice et pleine d'énergie qui adore le faire tourner en bourique.
Le roi des saiyans a conscience d'avoir perdu cette terrienne à laquelle il tient. Et il a tout aussi conscience qu'il est responsable de cette chute.
Dès l'instant où il a sentit l'existence de son fils et qu'il a décidé de ne rien dire à l'humaine, il s'est engagé dans un tunnel vicieux qui ne pouvait pas bien finir. Il s'en rend compte maintenant.
C'est donc à lui d'agir pour retourner la situation.
Même si cela lui coûte au delà de ce qui quiconque peut concevoir.
" - Je te promet... "
La voix du Vegeta tremble. Ses bras musclés et d'habitude si sûrs aussi.
Le combo fait sortir Bulma de sa torpeur. Elle ouvre complètement ses yeux épuisés et happe le regard de ce saiyan soudainement si fragile, qui affiche une expression de défaite.
" - Je te promet… Je te fais le serment que si jamais il met ta vie en danger, je te choisirai toi plutôt que lui. "
L'expression de la terrienne change. L'adrénaline causée par ses paroles éveille son corps et son esprit.
Elle est surprise. Elle a peur d'avoir mal compris.
La voix de Vegeta tremble toujours autant.
" - Si jamais il faut choisir entre toi et lui, je te choisirai toi. Et il mourra. "
L'éclat qu'il aperçoit dans les orbes bleues de Bulma Brief, c'est de l'espoir. Elle ne l'a jamais regardé avec cette expression.
En temps normal, peut-être que cette victoire aurait gonflé son coeur de fierté.
Pas aujourd'hui. Ce qu'il est en train de promettre lui coûte trop.
" - Tu as ma parole. Je vais te protéger. "
Parce que toute cette faiblesse le rend honteux de lui-même, il enfouit son visage au niveau de la clavicule de l'humaine, peu désireux qu'elle visualise son visage torturé. Il inspire profondément cette odeur dont il est inexplicablement accro, en se disant que cela va l'aider à se calmer.
De con côté, Bulma goûte au sentiment de soulagement qui se propage dans son coeur. Le poid qui l'oppresse depuis des semaines est loin d'avoir disparu, mais il s'allège légèrement.
Et cela fait un bien fou.
Un peu automatiquement, elle caresse doucement le crâne et les cheveux de Vegeta, comme elle l'a déjà fait des centaines de fois.
Elle sait ce que cette promesse coûte au saiyan.
La main de Bulma dérive doucement du crâne de Vegeta vers son visage.
Elle sait aussi que ça, ce qu'il vient de lui promettre, c'est sa façon à lui de lui dire qu'il l'aime. Même s'il n'en a pas forcément conscience.
Et parce que c'est la plus belle déclaration d'amour qu'on ai un jour dit à Bulma et qu'en plus, cette déclaration va avoir une réelle conséquence sur sa vie, elle caresse légèrement la joue de Vegeta pour qu'il se redresse et la regarde.
Il s'exécute et Bulma voit l'expression qu'il a voulu lui cacher. Un mélange complexe de défaite, de honte, de tristesse, mais aussi de détermination. Une détermination qui devient le sentiment majeur en lui alors que leurs deux regards se croisent à nouveau.
Il va respecter son serment.
" - Merci ", murmure Bulma en se redressant pour coller son nez au sien.
Là, elle pose ses lèvres sur celles du saiyan et l'embrasse chastement. Comme une caresse de papillon. Ou plutôt un remerciement.
Un remerciement pour ce qu'il vient de dire, de faire. Un remerciement pour avoir pris ses responsabilités, même s'il l'a fait avec du retard, et pour ne pas l'abandonner seule à son horrible grossesse qui, Bulma en est toujours convaincue, a toutes les chances de l'amener au trépas.
Elle le remercie aussi parce qu'elle sait, encore une fois, combien cette promesse lui coûte.
Le saiyan se pétrifie, surpris et complètement ignorant de la marche à suivre.
Alors il ne fait rien.
Le baiser ne dure pas. Bulma se détache du saiyan et recale confortablement sa tête contre le torse musclé du saiyan. Le poid sur ces épaules s'étant allégé, elle se sent prête à dormir maintenant.
Elle est fatiguée. Si fatiguée…
Vegeta veut bien la laisser dormir, si c'est ce dont elle a besoin. Mais il a une ultime chose à accomplir avant de laisser la terrienne le quitter.
" - Reviens vivre avec moi ", plaide t-il tout contre son oreille. " Reviens dans mes appartements. Je t'ai fait le serment de te protéger. Laisse moi te protéger. Je ne te toucherai pas. Mais aide moi à te protéger. "
Le bruit sur sa grossesse va se répandre. Saiyans, terriens… D'ici quelques jours tout au plus, tout le monde sur Terre saura que l'humaine Bulma Brief est enceinte du saiyan Vegeta.
Et certains, qu'importe l'espèce, ne vont pas bien le prendre.
La terrienne, malgré la protection constante de leur enfant, est vulnérable.
Et il est bien plu facile de l'atteindre dans ses appartements actuels au premier étage que dans les appartements du roi.
" - D'accord ", répond l'humaine d'une voix somnolente avant de définitivement plonger dans un profond sommeil.
Voilà voilà...
Bon, j'avoue, malgré mes recherches pour me renseigner, je ne suis pas un experte de la terreur nocturne. Donc j'espère ne pas avoir dit d'horreurs en écrivant ce chapitre.
J'ai aussi beaucoup aimé explorer cette angoisse de la grossesse et de l'accouchement, même si c'est pas facile à écrire. C'est quelque chose dont on ne parle quasiment jamais.
Malgré l'ambiance lourde, j'espère que ce chapitre vous a plu.
Laissez des comms siou plait ! ;)
