Bonjour tout le monde !

Ça fait longtemps que je n'ai pas publié, c'est vrai, mais pour celles et ceux qui me follow, tout deviendra limpide dans les prochaines semaine ;)

Le chapitre à suivre est assez long, mais il y avait pleeeeein de choses à dire dedans, avec de longues scènes.

Il sera moins morbide que le précédent, promis ;)

J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !


" - J'ai besoin de parler à quelqu'un. Un terrien."

Vegeta, assis sur le bord du lit, détourne les yeux du paysage que lui offre la fenêtre pour regarder Bulma Brief. Quelques heures plus tôt, il l'a installé dans le lit alors que ses cheveux étaient trempés, donc sa tête est un véritable bordel.

Elle se redresse pour s'asseoir sur le lit et grimace à cause de la douleur émanant de son ventre, malmené la veille. Sa tête ne renvoie pas l'image d'une personne en bonne santé, mais Vegeta trouve tout de même que son temps de sommeil lui ont fait du bien.

" - Il y a des choses que je dois exprimer à haute voix. Et ce n'est certainement pas avec toi ou un autre saiyan que je vais m'exprimer ", continue Bulma Brief en soutenant le regard du saiyan qui a veillé sur elle ces dernières heures.

S'il y a bien une chose que Bulma a compris à cause de ces dernières semaines, c'est qu'elle ne peut plus se permettre d'intérioriser ses démons et terreurs. Elle doit parler. Échanger avec quelqu'un à-même de l'écouter et de comprendre, un minimum, ce qu'elle ressent et la hante.

Les saiyans en sont incapables. Même Vegeta.

Et malgré ce qui s'est passé la veille, il demeure tout de même celui à l'origine de la mort de Chichi, Yamcha, Indra, Laëti et des autres. Sans oublier ce qu'il fait subir à Goku et Krilin.

Non, Vegeta n'est pas la personne avec qui elle veut échanger.

" - De quoi veux-tu parler ? ", demande le saiyan qui déteste perdre le contrôle.

" - De trucs que tu ne peux pas comprendre. Et dont je ne veux pas parler avec toi. "

Vegeta grimace en se disant que les mots de la terrienne sont un brin cruel. Il vient de la ramener à ses côtés, au prix d'un immense sacrifice. Et la première chose qu'elle lui demande, c'est de lâcher la bride et lui permettre de côtoyer régulièrement qu'un d'autre. Un terrien.

Cruel. Mais après tout ce qu'elle a vécu ces dernières semaines à cause de lui, Vegeta veut bien courber l'échine et donner à Bulma Brief ce qu'elle demande.

" - Je vais te trouver quelqu'un. "

Bulma Brief ne le remercie pas et se contente d'émettre un bruit d'approbation.

Rien ne redeviendra jamais comme avant. Pas avec tout ce qu'il s'est passé.

Vegeta souhaite retrouver cette vie d'antan. Il est en revanche clair que Bulma Brief ne tend pas vers cette volonté.

" - Et si au passage, cette personne se révèle apte à me débarrasser de cette saleté de tignasse, je suis preneuse ", lance la terrienne en empoignant ses cheveux bleus emmêlés avec un sourire mi-embêté, mi-amusé.

Vegeta lui renvoi un rictus d'approbation, plus que d'accord avec son souhait. Il l'a toujours préféré avec les cheveux courts de toute façon.


Il lui reste moins de douze heures.

Après, il devra disparaître. Comme il l'a promis.

Le regard de Satan se fait de plus en plus inquisiteur sur Gohan depuis quelques heures. Comme pour lui rappeler que son temps arrive très prochainement à échéance. Aucune chance que l'enfant oublie. Ce sablier imaginaire n'a pas quitté son esprit durant la précédente semaine.

En face de lui, Videl est concentrée sur ses cartes plastifiées. Doit-elle jouer une paire ou directement partir sur un triple ?

Elle pose finalement les trois cartes d'une valeur de "cinq". Comme on pouvait s'y attendre d'une fonceuse. Gohan lui sourit avec malice et réplique par un triple "neuf". Videl pousse un long cri d'exaspération. Elle pensait prendre l'avantage grâce à son audace et il gagne quand même ce tour.

Un petit rire échappe au brun tandis que Lilian lui jette un regard mauvais. Personne ne bat Videl.

Cette dernière, loin d'être une mauvaise perdante, invite son adversaire à jouer le tour suivant. Gohan s'y plie de bonne grâce.

Il veut profiter le plus possible des prochaines heures en compagnie de cette famille attachante avec laquelle il se serait bien vu rester encore un moment. En tout cas au moins assez pour suffisamment guérir avant d'aller secourir son père et Krilin, ou au moins mourir en essayant.


Cette gamine est jolie. Définitivement jolie. Ses boucles rousses, souples et magnifiques malgré le manque de soin, donnent envie à Bulma.

Pas étonnant qu'elle ai tapé dans l'oeil de Kiui.

Juste après leur précédent échange, Vegeta a disparu une vingtaine de minutes avant de réapparaître, accompagné de l'adolescent et d'une humaine rousse que Bulma ne connait pas.

La jeune humaine, sans doute dans son début de vingtaine, affichait un air intimidé qui a tout de suite disparu quand elle est entrée dans les appartements du roi et que la débauche de bibelots, à laquelle Bulma a finit par s'habituer, s'est imposée à elle. Elle n'a pas lorgné le buffet garni.

Bulma en a immédiatement déduit que que sa compatriote ne souffre pas de la faim par rapport à d'autres et possède donc un protecteur au sein du palais.

Il n'a fallu qu'une seconde supplémentaire à Bulma pour comprendre que le protecteur en question est Kiui.

Il faut dire que le bougre n'est pas ce que l'on peut appeler un modèle de discrétion. Sa façon de couver la rousse du regard est plus que parlante, tout comme le réflexe de la jeune humaine de se coller bien plus à lui qu'à l'intimidant roi des saiyans.

" - Voilà une terrienne comme tu le voulais ", annonce Vegeta. " Et de quoi te faire couper les cheveux. "

Là, il fourre une paire de ciseaux de bureau dans les mains de la jeune femme rousse et lui fait signe de rejoindre Bulma Brief, assise sur une chaise à s'occuper des blessures qu'elle s'est elle-même infligée au ventre.

Bulma se lève pour accueillir la première compatriote avec qui elle va échanger en près de neuf mois, depuis cet épisode à la Chambre de Reproduction qui a failli lui coûter la vie.

Sauf que contrairement à ce à quoi elle s'attendait en imaginant la scène, Vegeta est toujours là, à quelques mètres d'elles, et il regarde durement le dos de la pauvre rousse qui n'a manifestement rien demandé à personne. Surtout pas à être là.

La gamine doit sentir le regard du roi des saiyans sur elle, car elle a toujours une expression inquiète avec des épaules voutées, tandis que ses jointures blanches serrent la paire de ciseaux plus que de raison.

Ca énerve Bulma. Kiui est lui aussi mal à l'aise face à l'attitude du roi envers l'humaine à laquelle il tient, cela ce voit. Mais il ne fait rien. Malgré les sentiments qui l'animent manifestement, ce n'est pas demain la veille qu'il se dressera face à son roi.

Très bien. Si môssieur courbettes est incapable de défendre sa copine, Bulma va s'en charger.

" - Arrête de la regarder comme ça Vegeta ! Tu lui fais peur ! Va t'en maintenant ! ", lance avec énervement Bulma au roi des saiyans. " On a pas besoin de toi ici ! "

La bouche de la rouquine s'entrouve sous le choc. Personne ne parle comme ça à un saiyan. Encore moins au roi.

Ce dernier, loin de briser la nuque de l'impertinente, se contente d'aller s'asseoir sur un fauteuil aux allures de trône pour bien garder les deux terriennes dans son champs de vision.

" - Tu crois vraiment que je vais te laisser seule avec une humaine équipée de ciseaux ? ", répond Vegeta avec morne. " Elle te coupe les cheveux et ensuite on vous laisse. "

Bulma se retient de lui dire que son raisonnement est débile. Entre les dagues, les couverts et les trophées, la pièce déborde d'objets contondants aussi dangereux que des ciseaux.

Ne voulant pas encourager Vegeta à rester pour veiller sur elles, Bulma se contente de soupirer et fait signe à l'autre humaine de la rejoindre. Cette dernière s'exécute en essayant de son mieux d'éviter de regarder le roi Vegeta.

" - Comment tu t'appelles ? ", demande Bulma.

" - Miria ", répond timidement la jeune femme, consciente que vu l'état dans lequel était Bulma Brief il y a quelques heures, il est évident qu'elle ne se souvient pas d'elle.

" - Merci d'être là Miria. "

Une fois ce début de présentation effectué, les deux humaines se taisent, peu à l'aise avec l'idée de papoter en présence des deux saiyans qui les scrutent comme des rapaces.

Si le regard de Vegeta est sévère, celui de Kiui reflète son malaise et son anxiété. Il a peur pour Miria, qui pourrait disparaître sur simple caprice de son suzerain. Il ne sait pas non plus ce qu'il fait encore là, dans cet appartement royal, à observer son humaine en train de couper les cheveux de Bulma Brief.

Les cheveux bleus de cette dernière tombent au sol par mèches entières. Miria n'est pas bien adroite, mais c'est loin d'être la première fois qu'elle se prête à l'exercice. Depuis l'invasion, les humains se débrouillent comme ils peuvent avec leurs cheveux. Avoir des ciseaux de bureau comme maintenant, et non un simple couteau de cuisine, est un luxe.

Il n'empêche que l'humaine rousse n'est pas une faiseuse de miracles. La coupe de Bulma ressemble à celle qu'arborrent les adolescents qui ont voulu tenter de se couper mutuellement les cheveux. Le carré arrivant à mi-chemin de la gorge est légèrement plus long d'un côté que de l'autre, avec des coups de ciseaux trop visibles. Quant à la frange qui a été tentée d'un commun accord, elle est définitivement trop courte pour aller au large front de Bulma.

Mais cette dernière ne retient pas un sourire de satisfaction, imprégné de joie, lorsqu'elle se regarde dans l'un des miroirs de la salle de bain. Le reflet qu'elle a zieuté durant ces dernières semaines de perdition a disparu.

Un pas de plus vers une renaissance.

Bulma passe ses deux mains dans ses cheveux nouvellement court et goûte à cette sensation. Pas de noeud, pas de vague infinie, une nuque en partie à découvert. C'est agréable.

Elle se retourne vers Miria, qui regarde pensivement une mèche folle bleue manifestement encore trop longue qu'elle a loupé.

" - Merci ", murmure avec un brin d'émotion Bulma.

Miria répond par un sourire. Avec son empathie naturelle, elle est facilement touchée par les émotions des autres. Comme la tristesse de Bulma Brief la veille, sa joie actuelle est transmissible.

Sans cesser de passer sa main dans ses cheveux, Bulma se retourne vers Vegeta, à quelques mètres de distance d'elles. Adossé à un mur et les bras croisés, il observe la nouvelle tête de son petit oiseau bleu. Elle lui plaît. Il a toujours préféré les cheveux court chez elle. Il trouve aussi qu'elle ressemble à celle qu'elle arborait lors de leur première rencontre. En un peu plus long et avec une frange plus prononcée, mais il y a une ressemblance.

" - La séance coiffeur est terminée maintenant ", envoie Bulma à Vegeta. " Sortez d'ici ! "

La terrienne arrache la paire de ciseaux des mains de Miria et l'envoie avec force au roi des saiyans. Ce dernier attrape sans difficulté l'objet en vol et se redresse du mur pour partir.

" - On ne sera pas loin ", averti Vegeta à destination de Miria, tout en prenant Kiui par les épaules pour le guider dehors.

Bulma lève les yeux au ciel avec exaspération. Nul besoin de menace voilée. La gamine ne lui fera jamais de mal.

" - Shuuu shuuu ", répond Bulma en secouant le poignet de bas en haut pour lui faire signe de partir, ce que Vegeta fait sans broncher.

Kiui et Miria l'ignorent, mais ils ont partagé la même expression choquée.

Le roi des saiyans vient bien de se faire chasser de ses propres appartements là ?

" - Ah… enfin seules ", soupire Bulma après avoir entendu la porte d'entrée claquer.

Miria ne répond rien, toujours intimidée malgré le départ du roi Vegeta et de Kiui.

Ce n'est pas parce qu'ils sont partis qu'ils sont pour autant absents…

Bulma sourit face à son silence, lève son pouce vers elle en signe d'approbation avant de tapoter la zone de son oreille pour signifier à la rousse que oui, il est certain que les saiyans sont toujours en train de les écouter.

Vegeta n'a pas caché sa frustration face à sa demande de pouvoir échanger avec un autre humain. Bulma ne l'imagine pas une seule seconde respecter cette intimité. Le roi des saiyans est certainement aux côtés de Kiui, juste à l'extérieur des appartements, en train d'écouter ce que disent les deux terriennes.

La méfiance de ces deux dernières est justifiée.

Les deux saiyans sont bel et bien en train de les écouter.

Si l'adolescent est toujours dans les parages, c'est que son roi estime qu'il sera capable de se taire auprès de siens. Et de toute façon, si cela devient trop intime, Vegeta n'aura qu'à assommer Kiui. Le gamin le vénère trop pour lui en tenir rigueur.

" - J'ai besoin de me laver les cheveux. Tu veux aussi en profiter ? ", propose Bulma à sa compatriote en lui faisant en même-temps signe de garder le silence.

Miria acquiesce et Bulma enclenche le robinet du lavabo assez grand pour nettoyer plusieurs crânes en même temps. Mais au lieu de choisir une température équilibrée, elle laisse couler une eau brûlante.

" - Tu as vraiment de beaux cheveux. Bien épais et résistants ", monologue Bulma Brief pour meubler le silence.

Eau brûlante qui, au fil des minutes, provoque de la vapeur et recouvre en partie le miroir placé au dessus d'un voile opaque. Une zone opaque juste assez grande pour que, en silence, Bulma trace avec ses doigts une seule et unique question.

Kiui te traite bien ?

Le tout accompagné d'une désignation du mot "Kiui" et d'un doigt passant le long d'une gorge nouvellement dégagée. Une menace de mort en direction du saiyan en somme.

Miria rougit face à cette question et sourit gentiment à Bulma Brief, qui monologue toujours dans le vide pour ne pas alerter les saiyans. Elle lève le pouce en l'air pour la rassurer.

Bulma insiste sur la question et refait le geste sous la gorge.

La réponse de Miria demeure inchangée.

Alors Bulma lui sourit à son tour gentiment, diminue la température de l'eau et l'invite d'un geste à se laver les cheveux au shampoing.

La rousse accepte avec joie.

Et voilà qu'elle se retrouve à se laver les cheveux dans la salle de bain du roi Vegeta et de Bulma Brief. Pas vraiment ce qu'elle avait imaginé faire de sa journée en se réveillant ce matin.

Une fois les cheveux des deux humaines propres, elles s'en retournent dans le salon, des serviettes rêches bien nouées autour du crâne.

Bulma a une pensée amusée pour Vegeta et Kiui, qui viennent sans doute de passer le dernier quart d'heure à écouter son monologue portant sur les cheveux humains, leurs épaisseurs, leurs couleurs, ainsi que les pellicules et les poux.

" - Tu veux manger quelque chose ? ", propose Bulma à sa cadette.

Miria ne souffre pas vraiment de la faim, en grande partie grâce à Kiui qui vient régulièrement partager de la nourriture avec elle.

Mais elle doit reconnaître que la tarte aux pommes sur le buffet lui donne envie.

" - Avec plaisir. "

Les deux terriennes se servent et Bulma les guide vers le balcon. Le transat qu'elle avait l'habitude d'utiliser n'a pas bougé depuis l'attaque de Goku. De même pour la quasi totalité de ses affaires. Comme si, dans la tête du saiyan, leurs vies séparées n'avait toujours été qu'un passage temporaire voué à ne pas s'éterniser.

S'il croit vraiment que tout est aussi facile que ça, c'est qu'il est vraiment naïf le saiyan.

Les deux terriennes s'installent en tailleur sur le transat, leurs serviettes mouillées tanguant légèrement à cause de leurs mouvements. Miria ne dit rien, toujours un peu perdue face à la situation actuelle, et ce malgré les efforts manifestes de Bulma Brief pour la mettre à l'aise.

Comme beaucoup de terriens, l'héritière Brief possède, de par son histoire, une aura particulière aux yeux de Miria. Génie reconnue, manager compétent, créatrice incroyable, femme forte et combattante... Un véritable modèle en somme, que ce soit avant ou après le début du conflit.

La réalité est évidemment en deçà de la légende. Mais, avec sa vulnérabilité dont elle a elle-même conscience et sa façon de ramper pour s'en sortir, malgré la misère qui lui tombe dessus ainsi que sa volonté de protéger son prochain, Bulma Brief possède tout de même du charme.

Peut-être pas autant que la légende guerrière qu'on lui a vendu, mais elle a du charme tout de même.

" - Est-ce que tu me détestes ? ", lui demande soudain Bulma Brief en la regardant dans les yeux.

Quelque peu déstabilisée par la question, Miria conserve le silence pendant quelques secondes. Mentir n'est pas son fort, sauf quand il s'agit de flatter l'égo des saiyans, qualité indispensable pour survivre sur Terre. Cela ne fonctionnera pas avec Bulma Brief.

Mieux vaut jouer la carte de l'honnêteté.

" - Je suis déçue. Mais aussi prête à comprendre. "

Bulma baisse un moment le regard en poussant un soupir, avec un sourire triste et las. Miria y décerne également une pointe de soulagement, même si elle reste minime.

Elle doit penser à quelque chose de particulier, parce qu'un léger rire lui échappe juste après. Quand Bulma remonte ses yeux vers ceux de Miria, toujours inquisiteurs quant aux expressions de l'humaine, son expression a changé.

Le soulagement est bien plus présent et une certaine forme de reconnaissance a fait son apparition.

Bulma Brief pose à terre sa part de tarte à peine entamée et prend l'une des mains de Miria dans les siennes.

" - Merci ", souffle t-elle avec une réelle émotion.

Merci d'être là. Merci d'écouter. Merci de parler. Merci de ne pas fuir. Merci d'être honnête. Merci d'être juste. Merci d'être prête à comprendre.

Merci d'exister.

Fidèle à ce qu'elle est, Miria agit en prenant doucement Bulma dans ses bras afin de lui fournir une étreinte réconfortante. Le serviette qui englobe les cheveux de l'aînée tombe par terre. Miria inspire profondément. Des cheveux courts et propres, cela sent toujours bon.

Bulma aussi inspire profondément tout contre l'épaule de sa cadette.

Sa présence est réconfortante. Elle lui évoque plein de bonnes choses, comme le soleil. Mais surtout, elle est différente de celle de Vegeta.

C'est bon. Apaisant.

La présence de Vegeta, elle, ne lui apporte plus rien de tel. Culpabilité et colère l'accompagnent comme deux toutous fidèles.

Bulma a besoin d'autre chose. Miria est cet autre chose.

" - Merci ", répète Bulma en répondant à l'étreinte de la rousse.

Cette dernière ne dit rien. Elles ne diront plus rien durant le reste de leur entrevue.

C'est suffisant pour aujourd'hui. Le reste viendra les prochaines fois.

A l'extérieur des appartements, Vegeta attrape Kiui par les épaules et le guide vers une ouverture afin qu'ils prennent leur envol.


Zukkini passe en premier lieu au QG pour saluer son père. Ce dernier l'accueille comme d'habitude, à savoir par un léger mouvement de la tête dans sa direction. Ses yeux, eux, sont déjà tournés vers la tâche suivante. Les autres saiyans calculent à peine le plus jeune d'entre eux.

Hormis sa proximité avec le roi, ou plutôt sa femelle Bulma Brief, l'enfant n'a rien d'intéressant. Sa capacité de détection d'aura n'a plus rien d'exceptionnelle et sa puissance guerrière ne force en rien le respect.

Les autres adoptent donc un comportement logique : ils l'ignorent.

Le gamin peut s'estimer heureux que ce snobisme ce soit installé et non un harcèlement cruel, comme cela a souvent été le cas du temps de Vegetasai. Trouver un bouc émissaire à maltraiter renforce la cohésion de groupe, c'est bien connu. Cette maltraitance à répétition peut même "sauver de la faiblesse" certains boucs émissaires.

Radditz est passé par là.

Mais Zukkini n'est pas Radditz. Il n'aura pas le même destin. L'enfant le voit maintenant.

Là où Radditz n'a eu qu'un seul objectif, une seule voie à suivre, Zukkini s'est perdu dans une tentative de jouer sur plusieurs tableaux en même temps. Être à la fois un fier saiyan, mais aussi satisfaire son penchant humain.

Kiui le réussit assez bien avec son humaine. Zukkini n'a pas les capacités de son aîné alors il échoue, c'est aussi simple que cela.

Lui, un puissant guerrier ? Une blague. Il n'y a rien de puissant en lui. Ni sa force, ni son mental.

Du haut de ses presque neuf ans, Zukkini a conscience d'être une parodie de saiyan.

Il apprécie bien plus la compagnie des humains que des siens, préfère l'affection tendre à l'amitié virile, s'entraîne par obligation et non par plaisir, craint l'opinion qu'une faible humaine de son âge peut avoir de lui, s'attarde dans les bras de Bulma Brief pour sentir un bébé grandir.

Vraiment pas une réussite.

Zukkini n'est pas heureux. Il a réellement essayé de faire passer son côté saiyan en premier. D'être un fier guerrier de l'espace un chouille attiré par les humains. Il n'y est pas parvenu.

Peut-être est-il temps d'inverser les proportions. De tout simplement être un faible guerrier de l'espace perdu au milieu des humains. S'attirer les faveurs de Videl et son père seraient un bon début.

En parlant du loup, l'aura de l'enfant humaine se dirige vers lui. Ou plus vraisemblablement vers le QG du camp.

Un choix s'offre à Zukkini. Se cacher ou s'affirmer face à Videl ? Il a toujours choisi la première option jusqu'à présent. Par timidité et honte.

Aujourd'hui, la timidité est toujours présente. La honte, moins. Et c'est grâce au roi Vegeta.

Son suzerain a, quelques heures plus tôt, imposé au monde, et spécialement aux saiyans, le fait qu'il tient profondément à une humaine. Que pour Bulma Brief, il est prêt à ravaler sa fierté, son orgueil. A abandonner tout ce qui est royal et supérieur chez lui afin de ne devenir qu'un être à genou prêt à tout pour protéger et réconforter la personne à laquelle il tient.

Quelques rares saiyans n'ont évidemment pas attendu Vegeta pour être ainsi. Ils sont moqués et décriés pour ces attitudes. Mais là, c'est leur roi, l'être suprême et référence de leur univers, qui agit ainsi.

Evidemment que cette évolution va faire changer les moeurs.

Par conséquent, l'exemple donné par le roi Vegeta étouffe la honte que Zukkini ressent lorsqu'on en vient à Videl.

Alors c'est décidé. Aujourd'hui, il va faire preuve de courage et parler à l'humaine. Il va entrer dans sa vie par la grande porte et fera en sorte qu'elle tout autant ces futurs moment que lui.

Videl apparaît en trottinant au détour d'une ruelle et Zukkini l'attend de pied ferme, les jambes légèrements écartées et les bras croisés sur sa poitrine. Elle s'arrête net en le reconnaissant, surtout que le saiyan la regarde elle avec intensité.

Après quelques secondes d'un face-à-face bizarre, Videl prend la décision de poursuivre sa route sans faire attention au jeune saiyan définitivement étrange.

Elle doit s'arranger pour récupérer de la nourriture au QG afin de nourrir à la fois Lillian et Gyumao. Ce dernier a l'air d'avoir tout le temps faim, c'est incroyable. Son ventre gargouille en continu et fait autant de bruit qu'une machine rouillée. Il ne se plaint jamais, c'est tout à son honneur, mais tout même… Il a sûrement des problèmes intestinaux pour avoir tout le temps faim comme ça.

Le jeune brun n'a d'ailleurs pas eu l'air très heureux lorsqu'elle est sortie en lui disant, ainsi qu'à Lillian, qu'elle partait chercher à manger. Il a fortement essayé de l'en dissuader.

En fait, Gyumao est bizarre depuis quelques jours. Comme si quelque chose le tracassait. Aujourd'hui a été pire qu'avant. Il faudra qu'elle mette ça au clair.

Tout ça pour dire qu'elle doit trouver de la nourriture au QG, qu'elle est prête à travailler pour le chef de camp qui lui fait monstrueusement peur afin d'obtenir ce qu'elle veut et qu'elle n'a pas de temps à perdre avec Zukkini.

Sauf que ce dernier a l'air décidé à ne pas la lâcher, puisqu'il fait un pas sur le côté afin de bien se positionner devant elle, nez contre nez. Videl pousse une exclamation de surprise et fait un pas en arrière pour remettre de la distance entre eux.

Ce saiyan est vraiment bizarre et énervant.

" - Qu'est-ce que tu veux ?", lui demande t-elle avec énervement.

Les saiyans font peur à Videl. Surtout depuis le massacre datant de trois semaines.

Mais il n'y a rien à faire, elle n'arrive pas à s'adresser à Zukkini avec le respect qui lui est dû. Et comme la précédente fois, il n'a pas l'air de lui en tenir rigueur. Avec ses quelques centimètres en moins, il la regarde juste de haut en bas avec une expression concentrée qui indique que son cerveau de singe tourne à plein régime.

" - Comment vont tes mains ?

- Hein ? "

Qu'est-ce qu'il lui raconte le singe ?

" - Tes mains. Elles ont bien guéries ? Tu n'as pas de cicatrices à cause du seau ? "

Videl demeure silencieuse et perplexe. Comment ce monstre sait-il qu…

" - J'espère que tu n'as pas de séquelles. "

Et il lui prend les poignets, sans pudeur ou demande d'autorisation, afin de constater par lui-même l'état des mains de l'humaine. Elles ont bien cicatrisées en quatre mois, même si quelques traces rosées demeurent visibles, mais c'est sans gravité.

Videl tente de dégager ses mains, sans succès.

" - C'est bien, les médocs que j'ai volé ont servis à quelque chose ", balance avec satisfaction Zukkini.

" - Les médicaments ? ", demande Videl, au comble de la confusion. " C'était toi ?

- Oui ! Je n'allais pas te laisser souffrir sans rien faire ", dit-il en lui faisant un grand sourire un peu forcé, mais un grand sourire tout de même.

" - Ah heu… eh bien… merci, je suppose ", répond l'humaine toujours plus perdue.

" - De rien, ce n'était pas bien difficile. "

Un véritable héro et un gentleman désintéressé aurait conservé son action louable secrète. Il n'aurait pas alpagué la personne visée dans la rue en lui balançant à la figure sa bonne action et en insistant dessus.

Mais voilà, Zukkini n'est pas un gentleman désintéressé. C'est un saiyan. Au coeur tendre certes, mais un saiyan tout de même. Il a un objectif et doit bien trouver une raison pour aborder Videl et engager le dialogue.

" - Maintenant que tu es rassuré, tu peux me lâcher les mains ? S'il te plait ? ", lui demande poliment la brune, mais avec une certaine crispation.

Tout le monde les regarde. C'est gênant.

Son père est sûrement dans le QG, à moins de cinquante mètres d'elle. Il ne peut pas sortir et distraire Zukkini, histoire de la sortir de là ?

Malgré sa demande, le saiyan aux larges épaulettes ne la lâche pas et ne s'écarte du chemin.

" - Pourquoi tu vas au QG ?

- Heu…

- Tu as un truc à y faire ? Je peux t'aider ? "

Mais c'est qu'il est collant.

" - Je vais voir mon père.

- Je viens de le voir. Il va bien et n'a pas besoin de toi. Pourquoi tu vas au QG ? "

Videl ne peut pas lui mentir. Il tient ses poignets et sentira si elle lui ment.

" - Il me faut de la nourriture. J'en aurai si je propose mes services au chef de camp. "

L'idée n'emballe pas l'humaine, cela se voit. Et Zukkini comprend pourquoi. On lui a raconté la mise en scène orchestrée par son père à la place centrale. La tuerie, les menaces de mort, son petit jeu avec Videl et son père.

La voir prête à braver sa peur pour retourner au QG et obtenir de la nourriture est une nouvelle preuve de sa force.

" - Pas besoin d'aller proposer tes services. Je vais aller chercher de la nourriture pour toi ", déclame Zukkini avec un air fier.

Il la lâche enfin et lui tourne le dos pour se diriger vers le QG juste derrière.

Il se retourne à mi-chemin.

" - Ne bouge pas d'ici ", l'enjoint-il d'une voix forte en la pointant du doigt avant de reprendre sa route.

Malpoli.

Videl est embêtée. Elle n'a aucune envie de se reposer sur le saiyan. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle se sent prête à lui désobéir.

Il est étonnamment coulant pour un singe de l'espace, mais l'enfant n'est pas prête à parier qu'une désobéissance de sa part demeurerait sans conséquence sur elle et sa famille. Surtout avec la quantité de témoins ayant assisté à la scène et qui la regardent bizarrement.

Bougonne, Videl s'engage dans une ruelle perpendiculaire pour se cacher des regards et attendre le retour de Zukkini. Elle ne va pas loin, il ne peut pas dire qu'elle lui désobéit.

A peine dix secondes après qu'elle se soit assise derrière un baril vide, une silhouette encapuchonnée dans un manteau marron et sale trébuche devant elle et tombe par terre. Videl se lève et rejoint la personne qui ne se relève pas.

" - Ça va ? ", demande l'enfant.

Un gémissement lui répond. Videl aide la silhouette à s'asseoir contre un baraquement. Personne ne les a vu. Ou alors les gens se contentent, comme souvent, d'observer de loin afin de rester éloigné des ennuis.

Fidèle à sa curiosité, Videl regarde qui se cache sous la capuche.

C'est la petite soeur d'Aurore, leur blessée assassinée dans leur lit par le chef de camp. Si Videl se souvient bien, son prénom est Sacha.

Cette dernière a été emmené par le chef de camp dans son harem personnel peu après la mort de sa soeur. Sa ressemblance frappante avec son aînée y est sûrement pour beaucoup. Mais Aurore, du temps où elle partageait la couche d'Endaibu, n'a jamais arboré les traces de coups que Sacha porte.

Elle pleure. Elle essuie le sang qui n'arrête pas de couler sur son nez. Sa peau ébène est salie par plusieurs croûtes de sang. Son oeil gauche est à moitié dissimulé par le gonflement de sa paupière. Son genou droit a un angle bizarre.

" - Aide-moi ", supplie à voix basse celle qui doit avoir moins de vingt ans.

Sacha ne voit pas que Videl n'est qu'une jeune enfant. Elle visionne juste une présence humaine et un minimum amicale.

Et elle a désespérément besoin d'aide.

" - Je dois partir d'ici. Je dois quitter le camp. Aide moi, par pitié. "

Avant que Videl ne puisse prendre la parole, un bruit sourd retentit dans son dos. Elle se retourne et constate des bottes blanches et sales, des jambières cuivre recouvrant une combinaison en spandex bleu, une armure à épaulettes. Et enfin un visage dur et peu amical.

Celui d'Endaibu, le chef de camp.

Le sang de Videl se glace dans ses veines.

" - Toujours dans les bons plans gamine ? "

Il fait un pas vers elles, ses yeux colériques rivés sur Sacha. Cette dernière murmure hystériquement des propos incompréhensibles tout en rampant sur les fesses pour s'éloigner du saiyan.

L'attitude est claire. La jeune femme est terrifiée par le chef de camp. Aurore aussi a dû l'être durant ses derniers instants.

" - Il est temps de rentrer Sacha.

- Non ! Non, pitié, non ! "

Le saiyan comble la distance entre eux et attrape l'humaine par la nuque. La capuche de cette dernière glisse, révélant au grand jour ses cheveux frisés en hauteur et ensanglantés à cause de plusieurs blessures au niveau de sa tête.

Endaibu redresse sa prise à bout de bras, enfonçant cruellement ses doigts aussi durs que la roche juste à la base de son crâne.

Sacha hurle de douleur et de rejet.

Videl hurle avec elle.

" - Arrêtez ! Vous lui faites mal ! Vous lui faites mal ! ", crie Videl en se plaçant sur la route du chef de camp, quelque chose qu'il ne faut jamais faire.

" - Dégage gamine. Et ta gueule toi ! ", crie avec colère Endaibu à Sacha en la secouant avec énervement, tandis qu'elle se débat avec désespoir.

" - Arrêtez ! ", poursuit Videl avec panique. " Mais arrêtez ! Vous allez la tuer ! Comme Aurore ! "

C'est apparemment le nom à ne pas prononcer, car la colère disparaît des yeux du chef de camp pour laisser place à la rage.

Il lève un pied pour donner un coup à l'enfant et se débarrasser de cette sale chiarde qui se trouve sur son chemin. Sauf qu'un saiyan enragé est un saiyan qui ne mesure pas sa force.

Ce coup va tuer Videl.

Avant qu'il ne l'atteigne, une silhouette s'est interposée entre le chef de camp et l'enfant. Le choc entre le nouveau venu et le pied d'Endaibu produit un bruit sourd.

Videl, toujours debout, cligne plusieurs fois des yeux avant de reconnaître Zukkini.

Ce dernier tient le pied de son père entre ses mains, la droite en protection contre son torse et la gauche par dessus le pied agresseur.

L'enfant saiyan laisse échapper un léger soupir de soulagement. Il est arrivé juste à temps.

" - Zukkini. Lâche moi. "

La voix du chef de camp ne laisse rien augurer de bon.

Les yeux de l'enfant défient ceux du père.

Comme son fils, son si faible fils, ne lui obéit pas, Endaibu dégage par lui même son pied et le propulse sur le visage de son héritier.

Zukkini n'esquive pas. S'il le fait, c'est Videl, juste derrière lui, qui sera touchée. Il pousse un grognement en sentant l'une de ses dents percer la chair dans sa bouche, mais ne bouge pas. Ses yeux soutiennent toujours ceux de son paternel.

Sa pugnacité énerve Endaibu. Son fils n'a pas à le regarder comme ça. Pas aujourd'hui, pas pour cette humaine.

Il est bien trop tôt pour que Zukkini ose se dresser face à lui de la sorte et pour cette raison.

Cet énervement courre tout le long de son corps, dont ses doigts.

Sacha n'a plus seulement mal. Elle manque d'air.

" - Vous allez la perdre si vous continuez ainsi père ", lui dit Zukkini en montrant du doigt l'humaine qui suffoque.

Endaibu cligne des yeux, regarde Sacha et la lâche pour la laisser tomber au sol. Elle pousse de grands râles salvateurs en se tenant la gorge.

Videl veut la rejoindre, mais Zukkini l'en empêche en la maintenant derrière lui.

Il n'apprécie pas l'état dans lequel est cette Sacha. Sans doute une conséquence de l'éducation fournie par les humaines quand il était tout petit.

Mais la priorité en cet instant pour Zukkini, c'est Videl. Pas Sacha.

Endaibu regarde toujours son fils avec colère. Ce morveux mérite une leçon pour le défier ainsi. Mais il doit d'abord donner une leçon à Sacha, qui rampe au sol pour s'éloigner de lui. Il doit lui faire passer toute envie de fuir.

Endaibu ramasse donc l'humaine par la taille afin de la transporter comme un sac et s'envole dans le ciel sans nuages, accompagnée par la longue plainte de celle qu'il transporte.

Zukkini et Videl regardent le duo disparaître dans le ciel.

Autour d'eux, plusieurs humains font de même. La scène a attiré quelques personnes.

" - Il va la tuer ", murmure Videl en serrant fortement son pantacourt autrefois noir dans ses petites mains.

" - Non ", répond Zukkini. " Mais il va lui faire mal. "

Ses liens avec son père sont distendus, mais l'enfant sait tout de même comment il fonctionne.

Après tout, c'est un père tout ce qu'il y a de plus normal dans la culture saiyan.

Videl tique, mais reste immobile. Zukkini peut discerner les tremblements qui agitent son corps.

" - Merci de m'avoir sauvé ", dit-elle d'une voix basse, aussi bien parce que prononcer ces mots à l'intention d'un saiyan lui coûte qu'à cause du choc provoqué par la précédente scène.

" - A ton service ", lui répond t-il, pas peu fier de son action et avec un sourire de garnement pour tenter de la détendre.

Loin de se détendre, elle frotte son bras nu dans un geste compulsif et gêné. Les suppliques de Sacha reviennent en boucle dans sa tête, tout comme les images du cadavre d'Aurore. Les deux soeurs aux yeux verts mordorés sont tellement semblables…

Avec maladresse, Zukkini prend une main de Videl dans l'une des siennes, comme il a plusieurs fois vu des humains le faire.

La brune, sans cesser de trembler, lui jette un regard exaspéré. Ce type a la sale manie de lui tenir la main sans lui demander l'autorisation. Et de ne pas la lâcher lorsqu'elle lui en fait la demande.

" - Ça va aller. Il ne t'arrivera rien, je te le promet. "

Ce n'est pas pour elle-même que Videl s'inquiète. Mais pour Sacha.

Cependant, l'intention du fils du chef de camp reste louable.

" - Mais il vaut mieux que tu restes loin du QG pendant un moment. "

Logique. Elle y aurait pensé toute seule, mais merci.

Ils restent là pendant quelques secondes, la main de Videl toujours dans celle du saiyan.

Et les gens autour d'eux les regarde. Encore.

" - Je vais te raccompagner chez toi. Ce sera plus sûr. "

Zukkini la lâche et se dirige vers un baluchon au sol, à quelques mètre d'eux. Il le rapporte à l'humaine, comme une offrande.

" - Je ne sais pas ce que tu aimes. Alors j'ai pris un peu de tout. "

Il lui montre le contenu du baluchon. Il y a là des petits pains, des fruits, de la viande sèche et des légumes.

Il y en a surtout pour tout un régiment. Videl va avoir de quoi nourrir tout le monde dans la tente pendant plusieurs jours.

" - Mon ange ! Mon étoile ! "

Les propos, reconnaissables entre tous, proviennent du bout de la ruelle sale. Satan fait finalement son entrée, attiré par le bruit mais non informé de la précédente confrontation.

Il les rejoint en courant, ses foulées apparaissant comme anormalement longues pour un homme de sa taille. Son amour pour sa fille provoque incontestablement des phénomènes étranges.

" - Ma précieuse ! Tu vas bien ?! ", demande Satan en empoignant sa fille par les épaules, sans un regard pour Zukkini.

" - Evidemment qu'elle va bien. Elle est avec moi ", marmonne avec humeur le saiyan, qui n'avait pas du tout envie que Satan s'incruste dans le tableau.

Satan semble finalement se rendre compte de sa présence et s'incline rapidement devant lui.

" - C'est bien aimable à vous de veiller ainsi sur ma fille jeune seigneur. J'espère qu'elle ne vous a pas causé d'ennuis ! Elle peut être dure par moment, mais c'est une brave petite qui demeure totalement dévouée aux saiyans. Comme son père ! "

Videl lève les yeux aux ciel, peu en phase avec les paroles de son père.

Le rictus d'exaspération de Zukkini dévoile progressivement ses canines.

Satan est définitivement de trop.

" - J'ai pris cette nourriture pour votre famille. Je vais maintenant ramener Videl chez vous ", annonce Zukkini en refermant le baluchon pour partir.

Un éclair de panique passe dans les yeux de Satan et il raffermit sa prise sur Videl avant de se lancer dans un monologue sans respiration.

" - Non non non ! Je suis certain qu'un fier guerrier comme vous a bien mieux à faire que de raccompagner ma fille dans notre humble demeure ! Je vais m'en charger moi-même et ainsi vous libérer du fardeau que nous pouvons repr... "

Définitivement à bout de patience, Zukkini chasse les bras de Satan des épaules de sa fille, attrape le baluchon avec sa queue de singe et empoigne Videl par la taille avec ses deux mains pour bien sécuriser sa prise contre son torse.

Avant que Videl ne puisse pousser un cri de protestation, Zukkini s'envole dans le ciel, sourd à la complainte de Satan.

" - Non ! Vous ne pouvez pas aller là bas ! "

Un peu plus haut dans le ciel, Videl n'entend pas la complainte de son père. Loin de ressentir de la peur, elle est au contraire fascinée par la distance grandissante entre elle et le sol. Qu'ils sont petits tout en bas... Elle n'entend plus le brouhaha du camp et l'odeur dans le ciel est bien meilleure qu'au sol.

Videl aspire à fond en laissant échapper un léger rire. Les montagnes du Nord, majestueuses et verdoyantes s'offrent à elle, titans millénaires que l'invasion des saiyans n'est pas parvenue à mettre à terre. Au Sud, les restes de la capitale centrale offrent à sa vue un tableau étrange, non dépourvu d'un certain charme. Malgré les années et la saleté qui s'installe, la cité brille de mille feux en reflétant le soleil.

Jamais Videl n'a bénéficié de tels paysages. C'est beau. Elle aime ça. Tout comme la sensation du vent sur son corps et le vide sous ses pieds.

" - Tu aimes voler ? "

Pour un peu, elle en oublierait que celui qui vient de la kidnapper est le saiyan Zukkini.

" - C'est la première fois que je monte aussi haut ! ", dit-elle avec entrain, mais pas trop, consciente de qui la tient.

" - On va monter encore un peu plus. "

Sitôt dit, sitôt fait. Zukkini gagne un peu en altitude et se laisse doucement planer pour que Videl enregistre bien la vue.

Son aura indique qu'elle prend un immense plaisir à voler. Alors il en retire du plaisir lui aussi.

Le saiyan tient fermement Videl et apprécie bien plus la fraîcheur de son corps contre lui que les paysages qui s'offrent à eux. Il est habitué maintenant.

Partager ces moments avec une humaine est en revanche nouveau.

" - Ahahah ! C'est génial ! J'adorerai savoir faire ça ! "

Zukkini ne sait pas si une humaine comme elle, sans force de combat, peut apprendre à voler. Mais si c'est possible et qu'elle le veut, il lui apprendra de bon coeur.

Tout pour lui faire plaisir et entrer dans sa vie.

Le vol ne dure pas. L'air en haut est frais et Videl pas très couverte. Il peut sentir la chair de poule gagner les bras nus de l'humaine. Hors de question qu'elle tombe malade par sa faute.

Il redescend doucement vers le sol pour éviter à Videl des problèmes d'équilibre et de tympan.

Zukkini les fait atterrir directement devant le baraquement de la famille, sous les regards circonspects des passants. Videl sautille légèrement sur place pour bien réactiver la circulation dans ses jambes.

Soudain, elle fronce les sourcils et se tourne vers Zukkini avec un regard inquisiteur.

" - Comment tu sais où j'habite ?

- C'est le camp de mon père, mais aussi le mien. Je sais tout. "

Un demi-mensonge. Il connaît le camp comme sa poche, c'est vrai. Mais s'il sait où elle habite précisément, c'est parce qu'il a beaucoup espionné Videl grâce à son aura.

Et ce n'est sans doute pas la chose la plus intelligente à dire lorsqu'il a, enfin, réussi à engager le dialogue avec elle.

Elle semble dubitative, mais ne dit rien qui laisserait entendre qu'elle ne croit pas à son explication.

" - Je vais sûrement rester dans le camp un moment. Si tu as besoin de quelque chose, n'hésites pas à venir chez moi. Je te donnerai la nourriture que tu veux. Et on ira voler à nouveau si tu le souhaite. "

Il lui balance un éclatant sourire, auquel elle répond par un plus petit, mais sincère sourire.

L'attitude de Zukkini, sa façon de se comporter, peut facilement faire oublier qu'il n'est pas humain. Mais il n'en demeure pas moins un saiyan et le fils du chef de camp.

Après, c'est vrai qu'aller le voir lui plutôt qu'Endaibu pour obtenir de la nourriture semble une option sécurisante… Même si elle en ignore la raison, ce saiyan demeure assez abordable et il lui a sauvé la vie face à son propre père.

Videl n'est évidemment pas prête à laisser tomber sa méfiance envers le saiyan. Mais tant que le côtoyer ne la met pas en danger et se révèle fortement avantageux, elle peut faire avec.

" - Eh bien… heu… je vais y aller ", lui dit-elle en prenant le baluchon qu'il lui tend. " Encore merci pour tout. "

Il lui dit au revoir d'un signe de tête, un sourire toujours collé au visage. Le courage paye.

Pour une première conversation, cela ne s'est pas si mal passé, hormis la confrontation avec son paternel. Zukkini le sait, il ne va pas échapper à la rouste.

Tant pis, ca en vaut largement la peine.

Videl écarte la bâche de son baraquement et le sourire de Zukkini disparaît de son visage.

Ca sent l'humain et le saiyan là-dedans.

Ni une, ni deux, il devance l'humaine et entre en trombe dans la pièce de bric et de brocs. Il tombe nez à nez avec un jeune enfant à bouclettes blondes et un autre, plus âgé et brun.

" - Toi ", grogne Zukkini, bien conscient de qui il a en face de lui.

Les yeux de Gohan s'agrandissent d'horreur et il se met en garde pour réceptionner l'inévitable attaque.

Elle arrive dans la foulée. Zukkini s'élance sur le fils du traître, les propulsant tous les deux plusieurs mètres plus loin. La bâche qui recouvre le baraquement part avec eux, ainsi que de la taule. Plusieurs baraquements dans la continuité sont également détruits.

Lilian hurle, tout comme Videl qui lâche son baluchon, mais aussi les gens du quartier pris malgré eux dans la tourmente.

Au sol, Zukkini surplombe Gohan, qui sent ses cotes en voie de guérison gémir sous le poid de son attaquant.

Il l'a senti à proximité, avec Videl. Il est resté silencieux et discret en se disant que le saiyan allait partir. Avec son aura dissimulée, impossible que son ennemi sente sa présence. Il a juste complètement oublié que les saiyans ont un odorat encore plus développé que le sien et qu'ils sont capables de sentir la différence entre les espèces et les sexes.

Une erreur fatale et idiote.

" - Qu'est-ce que tu fiches ici ? Avec elle ? ", demande un Zukkini définitivement redevenu un vrai saiyan.

Sous lui, Gohan tente d'attraper le poignet de son ennemi. Bien plus en forme que le métis, Zukkini chasse son bras d'une main et riposte avec un coup bien senti dans l'estomac de Gohan, qui crie de douleur.

Les gens affluent des baraquements voisins pour comprendre ce qu'il se passe, tout en restant à distance raisonnable du combat.

" - Gyumao ! ", crie Videl en courant pour les rejoindre. " Arrête Zukkini ! Il est blessé ! Arrête ! Gyumao n'a rien fait de mal ! "

Zukkini la regarde approcher. Elle affiche une expression sincèrement terrorisée, destinée au métis et uniquement à lui.

De quoi attiser la colère de Zukkini, un saiyan au sang-pur instinctivement possessif. Il reporte son attention sur Gohan, toujours sous lui, qui crache le sang qu'il a dans la bouche et observe la venue de Videl avec la plus grande inquiétude. Elle ne doit pas s'approcher d'eux.

C'est dangereux d'être à proximité de leur confrontation. Dangereux de rester avec lui alors que la vérité vient d'éclater.

" - Videl ! Va t'en d'i... "

Son avertissement est interrompu par un coup porté sur sa pommette par Zukkini.

Non, elle ne doit pas partir. Il faut que Videl reste pour assister à la suite.

Il ne laissera pas ce salopard s'en tirer avec le beau rôle.

" - Gyumao !

- Elle ne sait pas. Elle ne sait pas qui tu es ", murmure Zukkini avec colère, mais aussi une pointe de soulagement. " Espèce d'enflure ! Tout ce temps, on t'a cherché et tu étais caché chez elle ?! "

Parce que l'inquiétude mutuelle de Videl et Gohan l'énerve au plus haut point, Zukkini se prépare à rebalancer un énorme crochet du gauche dans la pommette de son adversaire.

Ce dernier esquive en bougeant sa tête, tout en faisant passer Zukkini par dessus lui grâce à ses jambes. Le saiyan attrape le t-shirt de Gohan pour l'entraîner avec lui.

Le métis se laisse entraîner, non sans au passage griffer le bras de Zukkini. Ce dernier se redresse à quatre pattes, comme une bête, et s'élance sur un Gohan qui a fait un bond en arrière pour se préparer à le recevoir.

Anticipant l'arrivée de son adversaire, Gohan lui porte un coup au menton avec son pied et le frappe au visage avec son coude droit.

Zukkini est projeté un peu plus loin, presque aux pieds d'une Videl dont le visage a changé d'expression.

Elle regarde maintenant Gyumao avec incompréhension et une crainte certaine.

Aucune humain ne peut malmener ainsi un saiyan. Surtout pas un enfant.

" - Il t'a menti Videl. "

Zukkini, l'arcade sourcilière ouverte, se relève pour faire face à Videl, un sourire fou et une expression meurtrière scotchés au visage. Rien à voir avec le Zukkini des précédentes minutes.

Le challenge que représente le fils du traître, sa manifeste relation privilégiée avec Videl et l'expression blessée de cette dernière ont retransformé le saiyan en ce qu'il est censé être.

Un guerrier avide de sang.

L'enfant goûte à cette sensation. Elle est bonne. Il l'a trop rarement ressenti.

" - Il ne s'appelle pas Gyumao, mais Gohan. C'est le fils de Kakarotto. Un traître recherché par tous les saiyans de la planète. Et en restant comme ça a tes côtés, il t'a sciemment menti et mise en danger. Pas vrai Gohan ? "

Voir le choc dans les yeux bleus de Videl et observer le fils du traître se décomposer en direct vaut tous les coups du monde.

Zukini est plus que satisfait du déroulé de la situation.

" - Videl ", entame un Gohan en souffrance, autant physiquement que moralement. " Je… je devais partir ce soir. Ce n'était pas censé se terminer comme ça.

- Videl ! "

Ca y est, Satan arrive et fend la foule qui s'est formée autour de la scène. Il lui a fallu moins de dix minutes pour sprinter du QG à son baraquement.

Toujours trop lent pour empêcher la catastrophe.

Le père rejoint sa fille et l'enlace pour la protéger de tout mal extérieur, tout en l'éloignant d'un Zukkini qui lui apparaît comme particulièrement perturbé.

En voyant la scène qui se déroule sous ses yeux, Satan ne peut que ressentir du regret. Il aurait dû chasser Gohan dès le début.

Cette faiblesse qu'il a eu de lui accorder une semaine de répit va provoquer sa mort. Et celle de sa fille.

Gohan, maintenant que les choses sont claires pour tout le monde, je vais me faire un plaisir de te mettre la dérouillée de ta vie et t'amener au roi Vegeta, exulte Zukkini en craquant ses doigts.

Quelle prise se sera. Malgré sa faiblesse inchangée, Zukkini va enfin pouvoir réellement monter dans l'estime de son roi et de son père. Et cette victoire ne sera pas du fait du prince ou des avantages que lui confère son jeune âge. Personne ne pourra reproduire ce qu'il va accomplir.

Gohan sera sa victoire. A lui. Et il va le faire morfler pour s'être payé la tête de Videl.

" - Pour une surprise... "

Zukkini tourne la tête pour regarder derrière lui. Avec l'excitation provoquée par le combat, il n'a pas fait attention aux auras en approche.

Son père et trois autres saiyans du camp se trouvent à ses côtés, les yeux rivés sur Gohan.

Merde.

" - Père.

- Zukkini. Explications.

- J'ai trouvé le fils du traître. Il est mal en point, je peux facilement l'avoir.

- Tout seul ? ", demande Endaibu en ébouriffant le crâne de son fils, ce même fils qu'il prévoyait de battre avec sévérité quelques minutes auparavant. " Tu n'es pas très partageur mon garçon.

- Je l'ai trouvé. C'est ma prise.

- J'entend. Mais tu ne me dis pas tout Zukkini. Raconte moi encore comment tu as mis la main sur lui.

- Je l'ai trouvé, c'est tout ce qu'i savoir ! ", réplique Zukkini, conscient que la vérité entraînerait la mort de Videl et de son père. " Je peux y aller ou vous voulez bavarder suffisamment longtemps pour lui donner une chance de s'enfuir ? "

Pendant l'échange, les trois autres saiyans du camp se sont positionnés autour de Gohan.

Ce dernier peine à respirer correctement et ne visualise pour l'instant aucune porte de sortie. Il y a trop d'humains innocents à proximité pour qu'il se donne à fond, contrairement aux saiyans qui n'ont pas ce genre d'état d'âme.

De plus, sa cote la plus meurtrie est de nouveau brisée, mais n'a heureusement pas retrouvé le chemin de ses poumons. Malgré tout, un seul coup bien placé suffirait pour qu'il se retrouve dans le même état que trois semaines plus tôt.

La situation le met en rage. S'il ne portait pas les séquelles de sa bataille dans le vaisseau, il pourrait, sans trop de difficultés, éloigner ses agresseurs du public humain, venir à bout d'eux et, dans la foulée, emmener Videl et les siens à l'abri.

Dans son état actuel, il doute même de pouvoir vaincre Zukkini, qui ne possède guère une aura impressionnante.

" - Non Zukkini. Tu n'as pas juste "trouvé" le fameux Son Gohan comme ça, par hasard ", n'en démord pas Endaibu, qui observe et renifle avec attention tout ce qui l'entoure. " Il n'est pas soudainement apparu dans le camp et devant toi sans raison. "

Endaibu a été choisi par le roi Vegeta pour diriger ce camp parce qu'il est un Troisième Classe intelligent, apte à prendre au sérieux un rôle de gestionnaire.

Il connaît son camp par coeur. Endaibu sait précisément dans quel quartier il se trouve et qui y habite.

" - Il porte des vêtements civils propres. Et le bandage à son poignet ne sort pas de nulle part. Son Gohan est ici depuis un bout de temps. "

Endaibu sait avec qui son fils a passé les dernières minutes. Il sait parfaitement ce qui a pu le pousser à se trouver dans un quartier humain comme celui-çi, ce qui l'a manifestement amené à trouver le fils du traître.

Et il sait aussi tout le reste, parce que c'est son rôle de savoir.

" - Satan. Tu as bien recueillis un enfant blessé il y a plusieurs semaines, non ? Sur le moment, je n'y ai pas vraiment prêté attention. Recueillir les nécessiteux est un peu une habitude chez toi. Tu as dû le mettre à poil pour le soigner je suppose. Un jeune garçon blessé au possible, ça a dû te mettre la puce à l'oreille non ?

- Père ", averti Zukkini, désormais peu en accord avec le déroulement de la scène.

" - Non ? ", continue Endaibu en s'avançant légèrement en direction du duo humain, qui se détache du reste de la foule craintive, mais curieuse. " Ou au moins la brûlure en bas de son dos, juste à l'emplacement de sa queue de singe. "

Videl regarde son père avec surprise. Les paroles de chef de camps font écho. Mais la surprise se transforme en stupéfaction en voyant le regard si transparant de Satan.

Il savait. Et elle ne peut que constater la défaite dans ses yeux.

Palabrer ne servirait à rien. Satan a joué avec le feu et vient de les brûler.

Zukkini aussi jette un regard surpris au père de famille.

Il n'aurait jamais pensé que l'être, qu'il a toujours considéré comme un pleutre, puisse avoir suffisamment de cran pour accomplir un acte qui porterait préjudice aux saiyans.

Il est coupable, soit.

Mais Videl… Videl ne savait rien. Cela se voit.

Elle est innocente et n'a pas à payer pour son père.

Car oui, il va forcément payer.

" - Ne t'en fait pas mon vieil ami humain, ce n'est pas toi qui t'es trahis. C'est juste de la logique. Ca et le fait que ta chiarde et le traître se regardent avec un peu trop d'inquiétude pour que ce soit innocent. "

C'est vrai. Malgré les précédentes révélations, l'inquiétude de Videl envers Gohan - ou Gyumao, qu'importe - n'a en rien changé.

Il reste celui à qui elle en est venu à énormément tenir au cours de ces dernières semaines.

Le fait qu'il soit LE Son Gohan, le héro de la Résistance, ne peut que renforcer son admiration pour lui.

" - Quel gâchis. Il est l'heure de mettre fin à votre famille d'emmerdeurs ", lance Endaibu en balançant tout à coup une boule d'énergie sur le duo.

Gâchis parce que les flagorneries de Satan sont inimitables et qu'il est loin d'être incompétent.

Gâchis parce qu'il ne connaîtra jamais la version adulte si prometteuse de la gamine.

Gohan se met sur la trajectoire pour dévier la boule d'énergie mais, à cause de son état, ne parvient qu'à l'encaisser au niveau de sa clavicule.

Il tombe à terre, à quelques mètres du duo et de Videl qui a hurlé son nom. Son vrai nom.

Endaibu savait que son ennemi agirait ainsi. Ca l'arrange même. L'idiot vient de se mettre tout seul dans un sale état.

La deuxième boule d'énergie a été formée avant même que Gohan ne soit touché. Mais, avant que Endaibu ne puisse la lancer, son fils lui assène un coup sur la main qui lui fait perdre le contrôle de son attaque et l'envoi à ses pieds.

L'explosion au sol les projette à quelques mètres l'un de l'autre.

Les cris produits par les humains sont désagréables pour tout le monde. Mais tout ce que Endaibu voit et entend, c'est son fils, son propre fils qui se dresse face à lui.

" - Père non ! Videl ne savait pas ! Vous ne pouvez pas la tuer !

- Ecartes toi Zukkini. Ils ont trahis. Ils doivent mourir.

- Non ! Ils n'ont pas à mourir ! Je vous en prie père ! Notre but est Gohan ! Pas Videl et Satan ! "

L'enfant affiche un air suppliant, mais aussi déterminé. Le plus déterminé que Endaibu ai un jour vu sur son visage de faible.

Sa posture de combat est, pour une fois, parfaite. Le saiyan pourrait féliciter son fils si celui ci agissait pour les bonnes raisons.

Endaibu envoie une autre boule d'énergie sur les humains, mais Zukkini la dévie également.

" - Ca suffit Zukkini ! Ecarte toi ! ", hurle avec colère Endaibu, qui en a plus qu'assez de l'entrave que représente son fils.

" - Non ! "

Videl est sa voie vers une meilleure vie, si ce n'est le bonheur. Il le sait, il le sent. Tout son instinct saiyan le lui hurle depuis des semaines et des semaines. Impossible pour lui de lutter contre.

Il ne peut pas la laisser mourir.

Gohan rampe jusqu'à Videl et Satan, prêt à les protéger jusqu'à son dernier souffle. Il a provoqué leur perte, c'est le moins qu'il puisse faire.

Pour l'instant, les trois saiyans qui les encerclent sont concentrés sur la confrontation opposant le chef de camp et son fils. Mais ils peuvent décider d'outrepasser les injonctions de leur supérieur et d'agir à n'importe quel moment.

" - Réveille toi Zukkini ! Tu es un saiyan ! Ce sont des humains ! Ils sont là pour nous servir et ils ont trahis ! Une trahison se paye par la mort ! C'est comme ça et ça l'a toujours été ! Qu'importe ce que toi tu veux ! "

Son fils n'a jamais compris ce que signifiait être un vrai saiyan.

" - Tu trouveras quelqu'un d'autre pour la remplacer ! On trouve toujours quelqu'un d'autre ! "

Zukkini la discerne. Cette douleur passagère dans le regard de son père.

" - La voie des saiyans est aussi simple que ça ! ", continue Endaibu en formant une boule d'énergie.

Zukkini est prêt à la dévier. A protéger, une fois de plus, Videl et Satan.

Mais au lieu d'envoyer l'attaque devant lui, Endaibu la lance sur sa droite, dans un grand geste négligé. Droit sur un petit humain aux boucles blondes, Lilian, qui n'a même pas le temps de voir l'attaque ni de crier, ou même de souffrir.

Les cris viennent après, de la part d'autres humains. Dont Videl et Satan.

Le corps fumant de l'enfant tombe au sol, vestiges calcinés d'un garçon qui a eu pour seul tort de tomber sur la mauvaise famille et le mauvais métis.

De nombreux humains commencent finalement à quitter les lieux, conscients que rester les met en danger de mort.

" - C'est aussi simple que ça ", répète le chef de camp un sourire cruel en se tournant vers une Videl hurlante qui, d'après ses tentatives pour échapper à son père, a en tête de le rejoindre pour lui casser la figure.

Brave petite.

Par moments, elle ressemble bien plus à un saiyan que son propre fils.

En parlant de lui, il le regarde avec colère et concentration, sa garde toujours aussi parfaite.

Il ne bougera pas. Alors Endaibu va devoir le faire bouger.

Le saiyan s'élance vers l'avant, prêt à passer sur le corps de Zukkini pour aller écrabouiller de ses propres mains les crânes fragiles des traîtres.

Son fils se met évidemment sur son chemin, alors il prépare son poing afin de lui mettre une mandale sur la tempe qui l'assommera d'un seul coup.

Sauf que Zukkini passe rapidement sous lui, empoigne son poignet et son avant-bras, pousse le tout et parvient à lui faire une clef de bras digne de ce nom. La douleur envahit le coude et le poignet d'Endaibu, qui se retrouve par terre comme un vulgaire faible.

Son fils le maintient au sol avec rage.

" - Tu… ne… la… touchera… pas ! ", grogne Zukkini de façon haché à cause de l'effort qu'il fournit pour maintenir de force son père au sol.

" - Tuez-les ! ", ordonne en réponse Endaibu aux trois autres saiyans, qui ne demandent qu'à entrer en scène.

Il va donner une leçon à son fils, à cet enfant gâté qui le défit pour les mauvaises raisons. Une grande leçon. Qu'on n'a pas toujours ce que l'on veut. Spécialement quand on est le saiyan le plus faible et le moins méritant de l'espèce.

Son caprice va prendre fin et Endaibu fera ensuite en sorte de chèrement lui faire payer la disgrâce dans laquelle il les a fourré.

Ni une, ni deux, les trois autres saiyans s'élancent sur le trio.

Satan enveloppe le corps de sa fille au mieux, prêt à prendre les coups pour elle.

Gohan pousse un hurlement guerrier, autant par rage que pour libérer, jusqu'à la dernière dernière once, l'ensemble de sa puissance.

Il envoie un rayon d'énergie en direction de l'un de ses adversaire, qui fait mouche.

Le temps de l'action, les deux autres saiyans sont déjà sur eux. L'un d'eux tend le bras en direction de Satan. Gohan attrape le membre avec force, mais cette force blessée d'avance décroît rapidement face à celle intacte de l'assaillant. L'enfant sent son propre poignet à l'agonie.

Son adversaire réplique en l'empoignant à son tour et en lui administrant un formidable coup de genou.

Gohan a juste le temps de se tourner légèrement pour encaisser avec la hanche plutôt que les côtes, la zone qu'il doit absolument protéger. L'impact lui coupe le souffle et lui fait voir des étoiles. Etoiles à travers lesquels il voit le troisième adversaire joindre ses deux mains au dessus de son crâne rasé pour pulvériser les humains sous lui.

Gohan hurle dans le vide. Il ne pourra pas l'arrêter.

Quelqu'un d'autre le fait. Zukkini, après avoir envoyé une boule d'énergie dans le tête de son père, se propulse à pleine vitesse sur le torse du saiyan pour interrompre son action.

Son crâne heurte durement le torse de l'adulte, dont le coeur de l'armure craque, au même titre que ton plexus.

Il doit la protéger.

Après avoir durement heurté le sol, Zukkini se met en travers de la route du saiyan que Gohan avait propulsé au loin, encaissant de plein fouet sur le visage un coup de poing qui ne lui était pas destiné.

Alors que le bras de l'assaillant continue sa route pour atteindre la tête de Videl, Zukkini le stoppe avec ses dents. Il les enfoncent profondément dans la chair de l'autre et lorsque celui-ci fait mine de former une boule d'énergie afin de finalement atteindre sa cible, Zukkini serre encore la mâchoire, brise des os et arrache une partie de l'avant-bras de son compatriote.

Le saiyan hurle en tombant à terre, surpris, choqué et en souffrance.

Le sang dans la bouche de Zukkini n'a plus aucun goût. Plus rien n'a d'odeur.

Il doit la protéger.

Son père hurle son nom en fonçant sur lui et Zukkini le retarde en lui envoyant dessus le saiyan qu'il vient de grièvement blesser. Puis il apparaît devant le saiyan toujours aux prises avec Gohan et lui assène un immense coup de boule afin de lui faire lâcher prise.

L'adulte recule et va se positionner aux cotés des siens, qui se préparent à engager une attaque groupée.

Zukkini, avec ses yeux rendu fous par son but et l'adrénaline, attrappe par le col l'enfant qui est censé être son ennemi en lui postillonnant du sang dessus.

" - Tu les prend avec toi et tu les mets à l'abri. "

C'est l'unique solution.

D'autres saiyans ne vont pas tarder.

L'un d'eux doit emmener Videl et son père à l'abri pendant que le deuxième empêche les autres de les suivre.

Seul Zukkini est en état de se battre.

Il doit la protéger.

Comme les quatre saiyans s'élancent vers eux dans un front commun, les deux enfants unissent leurs forces pour une ultime attaque.

Le ki de Gohan et le ki de Zukkini se mélangent pour former une puissante vague d'énergie, qui percute de plein fouet les attaquants.

Les deux enfants respirent profondément après l'attaque, qui les a vidé.

Gohan se tourne vers Zukkini.

" - M…

- Remercie moi et je te met mon poing dans ta gueule. "

C'est Zukkini qui va rester derrière. Zukkini qui va sûrement mourir, alors que Gohan va s'en sortir et rester aux côtés de Videl.

Qu'importe. Il doit la protéger.

Gohan incruste dans sa rétine le visage barbouillé de sang de son ennemi. Il leur accorde une porte de sortie. Pour Videl.

Le fils de Goku n'oubliera jamais ce visage.

Le métis se détourne et attrape fermement Satan et Videl, les sécurisant bien contre lui.

L'humaine regarde avec incompréhension Zukkini, ses grands yeux bleus reflétant sa terreur face à la situation, mais aussi la douleur de la perte provoquée par Lilian. Satan lui, pointe du doigt ce qui se trouve derrière le saiyan.

Son père et les trois autres sont en train de se relever.

Pas le temps pour des adieux corrects.

Alors Zukkini se contente d'envoyer un grand sourire de garnement à Videl, sourire tout compte fait glauque à cause de ses yeux fous, mais aussi du sang qui recouvre son visage et ses dents.

Elle le regarde toujours avec des yeux ronds, sans comprendre ce qu'il a en tête.

Les quatre assaillants s'élancent.

Gohan s'envole avec son précieux fardeau.

Zukkini se détourne d'eux pour attaquer ses compatriotes.

Après avoir paré quelques coups, l'un des sbires de son père attrape Zukkini par la gorge tandis qu'un autre immobilise l'un de ses bras. Endaibu inflige plusieurs coups sur le visage de son fils. Zukkini balance un rayon d'énergie avec sa bouche dans le visage de celui qui lui tient la gorge et mord le bras de son père.

Il doit la protéger.

Endaibu crie de douleur et de colère.

Zukkini se bat férocement, mais salement.

Il n'y a aucune trace d'honneur saiyan dans sa façon de se combattre.

Le saiyan amputé d'une partie de l'un de ses bras a profité de la situation pour s'élancer à la suite de Gohan. Avec son bras valide, il prépare un puissante rayon d'énergie à destination des fuyards.

Zukkini arrive dans son dos, son père fermement accroché à son épaule, et lui balance un coup de genou juste au dessus du bassin. L'adulte rate son tir et se retourne avec colère vers l'enfant.

En se débattant comme une teigne, Zukkini parvient à se libérer de la poigne de son père.

Il fait face, dans le ciel, à ses quatre ennemis. Sa respiration est rauque, ses membres martyrisés par les coups et les attaques d'énergies. Plusieurs de ses os sont fragilisés. Son aura, tellement élevée qu'on pourrait penser qu'elle appartient à quelqu'un d'autre, est un tumulte chaotique sans aucune trace de contrôle.

" - Je n'ai pas de fils ", balance avec amertume et dégoût Endaibu, dont le visage ensanglanté reflète sa colère et sa douleur face à la situation.

Aucune réaction de la part de Zukkini, qui ne les quitte pas du regard avec ses yeux fous.

L'enfant ne comprend pas. N'entend pas.

Il doit la protéger.

Une boule d'énergie l'atteint à la jambe alors qu'il s'élance pour engager le combat au corps à corps.

Quand un saiyan fait mine de le dépasser pour partir à la poursuite des fuyards, il trouve perpétuellement Zukkini sur son chemin.

Il doit la protéger.

Et elle n'est pas encore suffisamment loin.

L'enfant brise les os au même titre qu'il se les fait briser.

Si son poing ne peut plus se serrer, il envoie une gifle. Si son bras ne peut plus bouger, il le balance en mouvant son torse. S'il ne peut plus envoyer de rayon d'énergie avec ses mains, il le fait avec sa bouche. Si aucun de ses membres n'est disponible pour blesser, il mord.

Le combat s'éternise. Son Gohan et les humains sont hors d'atteinte maintenant. Mais l'enfant ne s'arrête pas.

Ce combat est devenu son univers, sa vie.

Il s'arrêtera une fois mort.

Zukkini a l'air partout. Toujours à encaisser sans jamais faiblir.

Un cinquième saiyan ennemi s'ajoute au combat. Un sixième.

Ils ne passeront pas.

Un septième adversaire, bien plus fort et rapide que les autres, fait finalement son entrée.

Il lui assène un coup de massue tellement puissant sur le crâne avec ses deux mains jointes que Zukkini va s'écraser au sol, l'impact provoquant un cratère circulaire de plusieurs mètres de diamètre.

L'enfant se redresse à quatre pattes avec un râle de douleur, un son aigu à l'intérieur du crâne et des flashs de lumières dans les yeux.

Un bras puissant arrive par derrière pour durement lui enserrer la gorge. L'air ne passe plus. Zukkini étouffe.

Il veut mordre ce bras qui ne le lâche pas, mais ne parvient pas à l'atteindre. Il griffe, rue, envoie des rayons d'énergies, mais le saiyan qui le tient ne lâche rien.

L'enfant étouffe. Ses hurlements accélèrent son asphyxie.

Il étouffe. Il étouffe.

Et il sombre.


Voilà voilà !

J'espère que le retournement avec Zukkini, Videl et Gohan a au moins un minimum été une surprise. J'ai beaucoup aimé écrire cette partie de chapitre, avec les scènes de combats et la folie montante du gamin.

Parfois, on a des moments d'écriture comme ça qu'on ne s'explique pas...

J'espère que ce chapitre vous a plu !

Laissez des coms siou plait ! ;)