Coucou tout le monde !
L'attente a été... longue, c'est vrai. Tout ce que je peux dire est : désolée.
Je crois que la fiction "Vous n'aurez pas ma mort" a bien siphonné mon énergie en début d'année. On peut dire que j'ai fait une pause avec la fanfic de manière générale pendant plusieurs mois.
Donc navrée pour l'attente. Je reçois et lit bien vos encouragements qui me font chaud au coeur. Merci, merci beaucoup !
Vous devez l'avoir compris depuis le temps : j'ai besoin d'être dans un bon mood pour écrire. Et déteste forcer ce mood. Alors oui, un chapitre peut mettre du temps à arriver. Et je préfère largement mettre un an à publier un chapitre plutôt que de rendre un travail de tâcheron.
En tout cas, je peux vous garantir que ce qui suit a été fignolé avec amour et est sûrement l'un de mes chapitres préférés jusqu'à présent.
C'est ce genre de chapitre où plein de petits détails des précédents viennent enrichir un ensemble.
Et c'est super agréable, quand on est l'auteur.e, que les cubes s'emboitent bien entre eux ! :)
Sur ce, bonne lecture !
Gohan atterri devant Maître Karin, amoché au possible, deux humains que le terrien au physique d'animal ne connaît nullement dans les bras. Un père et son enfant selon toute probabilité. L'adulte brun enlace avec force la fille une fois débarrassé de l'emprise de Gohan.
" - Ohhhh, Videl, mon trésor… Qu'allons-nous devenir ? " chouine le moustachu à la coupe afro.
Oui, définitivement le père.
Karin se tourne vers Son Gohan, qu'il n'a pas vu depuis au moins trois ans. Le petit a grandit et ses cheveux sont bien plus courts que dans ses souvenirs. Voir son corps martyrisé lui provoque un pincement au coeur. Le maître-chat sait que les terriens ont désespérément besoin de la force du petit. Mais Gohan reste un enfant et il ne devrait pas souffrir ainsi.
" - Mon garçon. Cela fait longtemps. "
" - Maître Karin ", le salut Gohan en inclinant la tête. " Je suis content de vous voir. "
" - Moi aussi. Mais je vois que tu as amené des amis. Vous vous êtes échappés d'un camp saiyan si j'en juge par l'odeur infecte. "
L'enfant ricane douloureusement à cause de ses côtes et Videl, qui ne loupe rien de l'échange malgré les gesticulations de son père, pousse une exclamation indignée. Personne, pas même un frêle terrien-chat, ne lui dit qu'elle pue. Même si ce dernier arbore une fourrure blanche miraculeusement immaculée malgré l'environnement sauvage autour d'eux.
" - Vous tous ! Ne soyez pas timide et venez saluer nos invités ! " lance Karin aux arbres touffus derrière lui.
Upa apparaît, grand gaillard sec, musclé et sale à l'éternelle tresse descendant le long de son dos. A sa suite, une dizaine d'autres personnes, toutes aussi crasseuses et faméliques les unes que les autres. Karin leur a demandé de se cacher, le temps d'être sûr qu'il n'y avait aucun danger.
La dénommée Videl ouvre des yeux ronds comme des ballons en voyant apparaître devant elle Loope, le ptérodactyle vert et crème aux dents affûtées. C'est sans doute la première fois qu'elle en voit un.
" - Qui sont ces gens maître Karin ? " demande Upa d'une voix respectueuse, mais quelque peu inquisitrice.
" - Le jeune garçon est Son Gohan, l'enfant du guerrier Son Goku. "
Un murmure approbateur accompagne cette déclaration. Le guerrier Goku est un héro, au même titre que son fils. Maintenant qu'il est au courant, Upa trouve que le fils ressemble énormément à son père. En plus intelligent et visiblement marqué par la guerre, mais la ressemblance est là. Ce face à face ramène douloureusement Upa en arrière, à l'époque où il a rencontré Son Goku et où son père était vivant. Il y a eu des pleurs en ce temps là, mais aussi des rires, des cris de joie et la construction d'une belle amitié.
Seulement, c'est loin maintenant. Si loin...
" - Pour les deux humains en revanche, aucune idée. Gohan ? "
" - Oh oui, excusez-moi ", répond le métis en se tournant vers ceux qu'il a ramené. " Voici Videl et son père Satan. Ils m'ont recueillit et aidé quand je me suis retrouvé dans un camp saiyan, incapable de me battre. Nous avons été découverts et avons dû fuir. "
C'est un résumé assez grossier de la situation, mais Gohan ne se voit pas avouer à maître Karin que s'il a pu s'enfuir, c'est grâce au sacrifice d'un ennemi saiyan. Et qu'en plus, il a menti à ses sauveurs pour pouvoir rester avec eux.
Avec ses 800 années d'expérience, Karin sent bien que le petit est mal à l'aise et qu'il ne lui dit pas tout. Tant pis. Il finira bien par en savoir plus, notamment en interrogeant les deux humains. Car le maître-chat se doute bien de la raison pour laquelle l'enfant est venu ici le voir lui.
" - Attendez. Satan… Je connais ! " s'exclame Lars, le terrien à physique d'ours de la bande. C'est le champion d'art martial !
" - Lui-même ! " s'enthousiasme Satan en effectuant une pose de la victoire, soudainement débarrassé de son attitude pleurnicharde. " Mes amis, c'est un honneur de vous rencontrer. Vous m'avez tous l'air d'honnêtes citoyens comme on en trouve rarement aujourd'hui ! "
Il part dans un rire profond et manifestement travaillé, comme un rôle lui collant à la peau qui referait surface après des années de mise à l'écart. Surréaliste vu la situation actuelle, mais suffisamment proche de son ancien lui pour parler à ceux qui le connaissaient, même de loin, avant le conflit avec les saiyan. Des murmures enthousiastes s'élèvent, mais aussi des chuchotements gênés. Certains sont loin d'être sensibles à son attitude.
Videl grogne en se massant le visage, gênée par l'attitude irrécupérable de son paternel. Il lui met vraiment la honte, surtout dans un moment pareil…
Gohan pourrait rire de la situation. Satan se prend tellement au sérieux qu'il en est hilarant. Mais pas cette fois. L'enfant est bien incapable de rire.
" - Je dois partir ", reprend Gohan avec un air désolé accroché au visage, interrompant de fait les pitreries de l'humain. " C'est ma faute s'ils sont en danger. Et je ne veux pas vous mettre en danger à votre tour. "
" - Partir ? Pourquoi tu veux partir ? " demande Videl, outrée et nageant en pleine incompréhension. " Et pour aller où ? "
L'enfant regarde tristement l'humaine à laquelle il tient foncièrement. Sa promesse de les quitter au bout d'une semaine ne tient plus, mais il se retrouve à partir quand même.
Ils ont un peu échangé durant le trajet en vol. Il s'est excusé mille fois de lui avoir menti, de l'avoir mis en danger, de ne pas avoir pu la protéger, même de l'avoir rencontré. Il lui a aussi raconté une partie de sa vie à la base, le sauvetage manqué de Bulma, la bataille au vaisseau. La perte définitive de sa mère qui, dans sa tête, était déjà morte depuis trois ans.
Satan s'est beaucoup esclaffé durant le voyage, alternant entre les phases d'auto-apitoiement, les lamentations sur le triste destin de l'enfant-guerrier et les moments de colère envers lui pour avoir mis sa fille à danger. Videl est restée silencieuse, mais visiblement attentive à en croire ses expressions faciales.
Gohan a regretté de ne pas pouvoir lire son aura, qui l'aurait sans doute renseigné sur les réels sentiments que l'humaine parvenait si ben à lui cacher. Le temps passé avec elle est loin d'être suffisant pour parvenir à décrypter son aura à un niveau aussi élevé.
Tout ce qu'il sait, c'est qu'elle l'a écouté, est restée muette et n'a pas l'air heureuse qu'il parte. Ce n'est pas si mal.
Parce qu'elle va cruellement lui manquer, il se plante devant elle, lui attrape les mains et les serre dans les siennes. Il veut à jamais se souvenir de cette sensation, de ces yeux bleus qui le regardent avec tristesse et une pointe de colère, et du fait qu'elle lui serre les mains en retour.
Videl se fait fait la réflexions qu'une fois de plus, un mec avec du sang saiyan prend ses mains sans autorisation préalable. A croire que c'est génétique. Elle passe outre, parce qu'elle va être séparée de Gohan et que cela l'attriste.
" - Gohan, réfléchis ", intervient maître Karin. " Tu es blessé au possible. Où veux tu aller ? "
" - Loin de vous, c'est tout ce que je sais ", répond Gohan sans quitter Videl des yeux. " Je ne peux pas retourner auprès de Mister Popo. Être coupé du monde extérieur est la dernière chose à faire avec tout ce qu'il ce passe. "
" - Tu ne peux pas partir ! " rétorque Videl en serrant encore plus fort les mains du métis. " Je ne veux pas que tu partes Gohan ! Si tu as pu te cacher avec nous pendant des semaines, pourquoi pas maintenant ?! "
" - Elle a raison mon garçon, insiste maître Karin. " Si les saiyans étaient capables de repérer ton aura, l'ensemble de l'armée serait déjà au dessus de nos têtes. Ta présence à nos côtés ne peut en aucun cas nous mettre plus en danger que nous le sommes déjà. Tu peines à tenir debout. Restes. Au moins le temps que tu guérisses. Après, tu pourras aller où bon te semble pour t'entraîner. "
L'enfant pousse un soupir, signifiant ainsi à tout le monde que sa décision est prise et qu'il va, contrairement à leurs demandes, les quitter. Il a trop honte de son comportement des dernières semaines pour avoir le courage de rester avec Videl, son père et maître Karin.
Parce qu'il ignore s'il sera un jour amené à revoir Videl, il se permet une folie et l'enlace rapidement en lui souhaitant une bonne vie. Elle a un mouvement de recul à cause de la surprise mais ne se débat pas.
Satan est en revanche loin d'être d'accord et délaisse son nouveau fan-club en formation pour courir vers sa fille tout en apostrophant le métis. Il a déjà donné avec Zukkini.
" - Ne dépasse pas les bornes jeune homme ! "
Gohan se détache de Videl et lui lance un sourire empli de gentillesse. Pour immédiatement après pousser un hoquet de douleur, perdre conscience et s'effondrer par terre. Dans son dos, maître Karin, manifestement énervé, pousse un soupir exaspéré et frappe avec répétition le sol du même bâton avec lequel il vient d'assommer l'enfant. Le fait qu'il ait pu le faire avec autant de facilité prouve définitivement que le petit a besoin d'être soigné.
" - Pourquoi vous avez fait ça ? " demande, éberluée, Videl.
" - J'ai une certaine expérience avec les Son petite. Ils sont bornés au possible. Parfois, rien ne vaut un bon coup sur le crâne pour faire entrer une leçon dans leur minuscule cerveau. "
Et là, il lui tourne le dos et s'avance en direction de l'Ouest avec une démarche de pingouin. Il s'arrête un instant devant Satan.
" - Toi, tu m'as l'air d'être un grand gaillard plein d'énergie. Ramasse Gohan. "
" - D'accord ", balbutie l'ancien champion du monde, peu habitué à recevoir des ordres de la part d'un chat. " Mais pouvons-nous savoir où nous allons ? "
" - Il y a des grottes à moins de trois heures de marche. Nous allons nous installer là-bas le temps de soigner Gohan. Je l'assommerai autant de fois qu'il le faudra s'il persiste à se montrer idiot. "
Le brouhaha est insupportable. Malgré les injonctions de Nappa pour réclamer le silence, les saiyans ne parviennent pas à fermer leurs bouches. Il y a des cris, des injures, des insultes, des menaces, des appels à la mise à mort. Il faut dire que les circonstances sont exceptionnelles.
Pour la première fois depuis leur arrivée sur Terre, l'un des leurs a sciemment trahis les saiyans.
Le coupable, Zukkini, est agenouillé devant le roi. Vu son sale état, c'est un miracle qu'il soit à genou et non pas face contre terre.
Assis sur un rocher pour légèrement surplomber son peuple réuni dans la plaine servant habituellement à l'entraînement, Vegeta ne prête pas attention au vacarme, les bras posés sur ses jambes en perpétuel mouvement et les mains jointes. Il est uniquement concentré sur Zukkini.
Qu'est-ce qui lui a pris ? Mais par Vegetasai, qu'est-ce qui lui a pris ?!
Tout est allé très vite. Il a d'abord senti l'aura de Zukkini, qu'il connaît bien, s'emballer. Puis il a senti une aura inconnue s'élever également, puissante.
Cela ne l'a pas empêché de la reconnaître. Le fils de Kakarotto est bien le dernier être sur Terre à pouvoir faire monter sa puissance aussi haut sans que Vegeta n'identifie immédiatement l'un des membres de son propre peuple.
Devant cette révélation, il a enjoint tous ceux portant un communicateur à se rendre au Nord pour mettre la main sur le fils du traître. Lui-même s'est envolé pour prendre la direction du combat, bien qu'il soit convaincu que vu la distance à parcourir, une bonne partie de son peuple sera sur place avant lui.
Quatre autres saiyans, sans doute ceux déjà présents sur place, ont également libéré leur énergie de combat pour se lancer dans la bataille. Aucun ne devait porter de communicateur, sans quoi au moins l'un d'eux aurait contacté le roi pour lui faire un rapport de la situation. Vegeta s'est donc fié à ses sens pour suivre le cours de la bataille qui allait, sans aucun doute, s'achever par un triomphe pour son peuple et mettre fin à la traque de Son Gohan.
La jubilation de Vegeta a cependant rapidement fait place à la perplexité. Déjà, il a senti l'aura de Zukkini grandir. Et grandir. Et grandir. Elle en est devenue méconnaissable. Jamais le gamin n'avait atteint ce niveau auparavant.
Ce que Vegeta a ressenti à plusieurs milliers de kilomètres de lui, ce n'est pas l'aura d'un saiyan qui se surpasse à l'entraînement et franchit un nouveau pallier. C'est un remodelage complet de son être et de son aura, comme si Zukkini s'était transformé en une nouvelle personne.
Sa perplexité s'est transformée en incompréhension lorsque l'aura du fils du traître s'est évanouie, mais que celles des saiyans s'est maintenue, preuve que le combat n'avait pas pris fin.
Il a fallu attendre qu'un nouveau saiyan doté d'un communicateur rejoigne le combat pour que la vérité s'impose à tous.
Zukkini combattait les siens et a permis au fils du traître de s'échapper.
En apprenant la nouvelle, Vegeta a ordonné qu'on le neutralise et a senti Radditz accélérer son vol. Ce dernier a rapidement atteint l'objectif et mis fin au combat en faisant perdre connaissance à Zukkini.
Personne n'a été dupe. En agissant ainsi, Radditz a sauvé, au moins temporairement, la vie de Zukkini. Si un autre Seconde Classe que lui était arrivé en premier, il ne se serait peut être pas donné la peine de laisser la vie sauve à l'enfant.
Mais cette vie sauve n'est peut être que partie remise.
Les saiyans ont fouillé la zone à la recherche de Son Gohan, sans succès. Disparu, volatilisé. Impossible de lui mettre la main dessus.
Tout ça à cause de Zukkini.
C'est grave. Extrêmement grave. Un acte de trahison comme rarement les saiyans en ont vécu.
Vegeta ne peut pas se permettre de décider du sort de Zukkini seul. La trahison du cadet des guerriers de l'espace concerne l'ensemble de son peuple.
Le roi va devoir écouter et soupeser les arguments de chacun avant de rendre son jugement. D'où leurs présences dans la plaine d'entraînement.
" - Le morveux mérite de crever ! " crache avec colère Daizu, un saiyan de Troisième Classe à qui Zukkini a arraché une partie du bras.
" - Il a aidé le fils du traître à s'enfuir ! " poursuit Kurementai. " Ce crime ne doit pas être laissé impuni ! "
" - La mort est la seule mesure à la hauteur de cette trahison ! " soutient un autre.
" - Réfléchissez cinq minutes ! " intervient Kabu, la saiyan en charge de l'encadrement des jeunes métis. " Nous ne sommes pas assez nombreux ! Moins d'une centaine ! On ne peut pas se permettre d'exécuter Zukkini ! "
" - Il a agi avec gravité ! On est tous d'accord la-dessus ! " énonce avec force l'entraîneur Kikuimo. " Mais rien qu'une bonne discipline ne puisse rattraper ! "
" - Si on laisse passer un truc comme ça, on laissera tout passer ! " beugle Jinsokuna.
A quelques mètre de Vegeta, Zukkini, le corps brisé et ensanglanté, ne réagit pas aux cris de ses compatriotes, qui s'écharpent sur les bienfaits ou non de son exécution. Ses deux bras pendent mollement contre lui, chacun d'eux étant fracturé à aux moins trois endroits. Son armure de saiyan a été en partie arrachée durant la bataille, si bien que ses épaulettes et la partie protégeant ses pectoraux ont disparus, ne laissant recouverte que la partie protégeant ses abdominaux. Un rayon d'énergie a également transpercé sa cuisse gauche, la chaleur de l'attaque ayant instantanément cautérisée la blessure et empêché que le sang n'inonde les vestiges de sa combinaison en spandex bleue recouverte de boue et de poussière.
Les pupilles dans le vague, Zukkini semble perdu dans son monde, comme plongé dans un rêve éveillé. En lui ne subsiste aucune trace de la puissance qui a interloqué le roi et son peuple.
Il est Zukkini, tout simplement. Le ridiculement faible et servile Zukkini.
Debout à droite de Vegeta, Nappa renifle avec dédain et compte les secondes. Toutes ces turpitudes sont une perte de temps meurtrissant son corps brisé.
Le gamin a trahis et doit mourir. Point.
Vegeta tient à faire les choses proprement et veut qu'un débat s'organise autour du sort du morveux. Un acte honorable, son père aurait sans doute agis de même du temps de Vegetasai. Mais il n'aurait jamais laissé la scène s'éterniser ainsi et surtout, il aurait déjà pris une décision en amont quant au sort réservé au traître. Et il aurait fait en sorte que le déroulé du "débat" mène son peuple à demander une sanction correspondant à son propre voeu.
L'exécution de Zukkini, à n'en pas douter.
Jusqu'à présent silencieux, Vegeta prend finalement la parole. Le silence s'impose à la seconde même où sa voix s'élève.
La discipline a beau s'être relâchée, son peuple reste bien dressé.
" - Endaibu. Tu es le père de Zukkini. Je veux entendre ton opinion. "
Avec son oeil en moins, son visage ensanglanté et son bras gauche qui pend le long de son corps, Endaibu a visiblement été bien amoché. Il s'est jusqu'à présent tût, se contentant de regarder son enfant avec férocité et haine, sans répondre aux injonctions de ses pairs en demande d'explications.
Après la question de son roi, il se redresse pour retrouver une stature guerrière et fait cinq pas en avant pour se détacher de la foule. Le tout sans jamais détacher ses yeux de Zukkini.
" - Mon seigneur, je n'ai plus de fils ", dit-il en s'inclinant. " Je regrette même qu'il ai vu le jour pour vous causer un aussi grand tort. Pour ma part, Zukkini vous a trahis. Il ne mérite rien de moins que la mort. "
Le père a été fier de partager les réussites de son fils. Il ne partagera pas sa déchéance.
Un murmure approbateur monte derrière lui. Tuer Zukkini reste la solution la plus populaire au sein des troupes.
L'aura de l'enfant ne trahit aucune réaction. A croire que les paroles de son paternel glissent sur lui comme de l'eau.
" - Je suis même prêt à exécuter la sentence, là, maintenant ", poursuit Endaibu en faisant un nouveau pas en avant, vers Zukkini.
Radditz, qui s'est installé à quelques pas de l'enfant pour empêcher que l'un de leurs congénères ne l'attaque dans le dos sur un coup de tête, se place sur le chemin d'Endaibu et pose un doigt menaçant sur son torse nu et meurtri.
" - Le roi n'a encore rien décidé. Reste dans le rang ", préviens le Deuxième Classe à l'encontre du Troisième Classe.
Endaibu soutient le regard de celui qui fait une tête de moins que lui, manifestement trop en colère et peiné pour s'incliner comme il se doit devant un saiyan plus puissant que lui.
" - Tu as toujours eu un faible pour ce déchet Radditz ", ose persifler Endaibu. Je sais que tu te vois en lui, mais…
" - Endaibu, ça suffit. J'ai entendu ce que tu avais à dire. Retourne dans le rang ", ordonne Vegeta, peu enclin à laisser la situation s'envenimer encore plus.
Hors de question de laisser les siens en venir aux mains. La situation est déjà assez merdique comme cela. Qui plus est, plus il passe de temps à résoudre cette situation plus qu'épineuse et plus il laisse Bulma Brief seule dans ses appartements avec leur enfant à naître. Il peut bien sûr retourner à ses côtés en un claquement de doigt s'il sent le moindre problème. Mais la dernière attaque de Kakarotto, ainsi que le coup de folie de Bulma Brief, l'ont rendu quelque peu sceptique concernant sa capacité à retourner à temps aux côtés de la terrienne.
Endaibu se plie à la volonté du roi et retourne d'où il est venu. Plusieurs de ses compatriotes l'accueillent avec des accolades viriles pour lui signifier leur soutien. Endaibu est et a toujours été un vrai saiyan.
" - Majesté ! Même le père de Zukkini demande sa mise à mort ! Que vous faut-il de plus ?! " demande Jinsokuna avec sa voix de baryton rouillée.
" - Ce con prétentieux n'a pas tord Vegeta ", marmonne Nappa. " Tu ne peux pas laisser passer un truc pareil. Et la quasi-totalité de ton peuple réclame le prix du sang. Il est temps de mettre fin à tout ça. "
Ce que dit Nappa est vrai. La logique veut que Zukkini meurt. La trahison est trop grave et l'argument sur le nombre en baisse des saiyans n'est pas suffisamment important pour la contrebalancer.
Ce dont les saiyans ont réellement besoin pour perpétuer la race, ce sont des femelles de sang-pur, comme la vie qui grandit actuellement dans le ventre de Kurementai. Pas des mâles comme Zukkini. L'enfant est, il faut le reconnaître, loin d'être indispensable au futur des guerriers de l'espace.
Ca, c'est la logique.
Ce qui retient Vegeta de prononcer immédiatement la sentence, ce sont ses sentiments personnels. Sentiments personnels qui se sont développés, il le sait, en grande partie à cause de Bulma Brief. C'est en lui mettant le gamin dans les pattes dans le rôle de nounou qu'il en est venu à bien plus le côtoyer et donc, mieux le connaître.
Qu'il le veuille ou non, il s'est attaché à ce morveux faible et maladroit, au coeur bien trop tendre pour devenir un véritable guerrier de l'espace, mais bénéficiant d'une extrêmement bonne volonté. De plus, la raison apparente de la trahison de l'enfant, une humaine, fait bien trop écho à la propre histoire de Vegeta pour qu'il se sente à l'aise avec la situation actuelle.
Mais, il n'empêche que le gamin l'a trahit.
" - Majesté ! De quoi aurons-nous l'air aux yeux des humains si on ne punit pas un acte pareil ?! "
" - Il a amputé Daizu de son bras droit ! Et crevé un oeil à son propre père ! " hurle Kabocha. " Deux braves saiyans vont être amoindris jusqu'à la fin de leur vie par sa faute ! "
" - C'est un enfant ! " tente de temporiser le Troisième Classe, Ringo.
" - Avant d'être un enfant, c'est un saiyan ! " rétorque Kurementai.
Les voix en faveur de la mort de Zukkini sont de plus en plus virulentes. Heureusement que Bulma Brief est restée dans les appartements. Elle se serait sans doute battue en faveur de Zukkini et la scène aurait été encore moins plaisante.
Le soupir vaincu que Vegeta pousse fait sourire Nappa. Cette comédie va enfin prendre fin. Qu'on exécute le gamin et qu'on le laisse retourner s'allonger.
L'aura de Radditz trahit un éclair de panique.
" - Majesté ", souffle t-il en se tournant vers celui qu'il peut, à minima, se permettre d'appeler "ami". " Vegeta ! "
Le frère du traître claque des doigts pour faire signe à Ichijiku et Kikuimo de venir prendre sa place aux côtés de Zukkini. Ces deux-là empêcheront les autres d'agir de façon impulsive avant la décision du roi. Il s'avance ensuite vers la position du roi des saiyans, qui le regarde avec fatigue et dureté.
" - Majesté, je vous en pris, on ne peut pas laisser faire ça. "
Pour la première fois depuis le début de la scène, les yeux de Zukkini retrouvent de leur lucidité et il relève la tête, dévoilant encore plus à son roi les traces de coups et griffures sur son visage. Radditz continue de s'approcher, comme s'il voulait partager quelque chose avec Vegeta et lui seul.
" - Si c'est la paternité que tu veux Radditz, je te la laisse volontier ! " lance dans son dos Endaibu.
" - Vege… Majesté ! " continue le Deuxième Classe sans faire attention à l'interruption. " Il y a plus à considérer que… "
" - C'est nous tous que tu dois convaincre Radditz. Pas que moi ", le rappelle à l'ordre Vegeta, les jambes toujours agitées de tics, en lui montrant d'un signe de tête la foule dans son dos.
Radditz regarde dans son dos avec dédain en poussant le reniflement qui va avec. L'étroitesse d'esprit de son peuple pourrait ruiner une occasion en or. Et cela, il ne l'oubliera pas.
Vegeta est apte à comprendre. C'est donc à lui qu'il va s'adresser. Si certains veulent écouter, ils n'ont qu'à se taire. Les autres peuvent continuer à persifler bêtement dans leur coin.
Il s'arrête donc à une distance raisonnable de son suzerain et s'adresse à lui à voix basse, comme une confidence.
" - Zukkini a trahis, je ne le remet pas en question. Il mérite une lourde punition. Mais on ne doit pas le tuer. "
Radditz jette un coup d'oeil à l'enfant, qui ne le lâche pas du regard. L'incompréhension dans ses yeux hérisse l'échine de l'adulte écoeuré par le comportement de celui qu'il a passé beaucoup de temps à entraîner.
" - Vegeta, tu l'as sentis comme moi et tous ceux qui maîtrisent correctement l'analyse du ki. Zukkini… il s'est passé un truc avec lui. Personne ne sait quoi. J'ai moi-même entraîné Zukkini. Je sais à quel point il est faible. Tellement faible que s'en est ridicule pour un saiyan. "
Une grimace déforme le visage de Nappa. Il sait où veut en venir ce fourbe de Radditz. Et il pourrait bien marquer des points.
" - Il n'aurait pas dû pouvoir tenir tête à son père. Encore moins à plusieurs saiyans en même temps. Pourtant, moi, un Deuxième Classe, j'ai dû intervenir pour le neutraliser. "
Dans la foule, l'aura d'Endaibu monte au même titre que sa colère. Avec son discours, Radditz est en train de le ridiculiser en rappelant à quel point il s'est fait malmener par son fils. Et le fait que le frère du traître se donne autant de mal pour sauver la vie de son fils le dépasse.
" - L'espace d'un combat, Zukkini s'est surpassé. Sa puissance s'est décuplée de façon incroyable. Au point qu'on ne reconnaisse pas son aura. On ne connaît qu'une seule autre personne à avoir réussi ce tour de force. "
Vegeta réfléchis sincèrement, en cet instant, à faire de Radditz son second.
" - Kakarotto. "
Mais le fait qu'il soit du même sang que le traître est définitivement un problème. Du moins pour ses troupes.
" - Vegeta, ça fait vingt jours que l'on interroge sans relâche le traître et son ami terrien pour comprendre comment il a réussit à démultiplier son ki en un instant et à s'approcher du statut de Super Saiyan. On n'arrive pas à le faire parler. Il refuse de nous aider. Zukkini peut nous aider. Son changement n'est pas à la hauteur de celui de Kakarotto. Il est resté à des années lumières du statut de Super Saiyan. Mais le principe est le même. "
Zukkini regarde de façon alternée Radditz et le roi. Il peine à croire ce qui est en train de se passer, qu'on essaye de lui sauver la vie. Il a même du mal à concevoir ce qu'il a accompli quelques heures auparavant.
Tout ce dont il se souvient avec clarté, c'est qu'il devait protéger Videl et que ses beaux yeux bleus l'ont regardé lui, rien que lui, l'espace d'un moment. Le reste, tout le combat contre son père et les saiyans, il peine à s'en souvenir. Une sensation par çi, une image par là. Sa mémoire est un vase brisé dont il ne parvient pas à recoller les morceaux.
" - Les saiyans stagnent. Tu le sais. On commence à retrouver notre niveau d'avant le début de l'errance, mais on stagne tout de même. On ne parvient pas à devenir plus fort. Pas avec les ennemis à notre disposition. Pas avec les anciennes méthodes. Pas avec l'héritage de Vegetasai. "
Les paroles de Radditz sont rudes. Mais Kikuimo, l'entraîneur en chef, ne peut que lui donner raison. Malgré tous ses efforts, les saiyans font du surplace.
Il le sait comme le roi Vegeta le sait. Ce dernier va faire face à un dilemme que le vieux Première Classe ne lui envie pas.
" - Si Zukkini, le faible Zukkini, a pu se dépasser comme il l'a fait, alors on le peut aussi. Il faut le pousser à renouveler l'exploit. On pourra l'étudier, comprendre, apprendre. On peut aussi l'encadrer pour l'empêcher de renouveler ses erreurs et en faire un vrai saiyan. Tout en l'utilisant pour qu'on s'améliorent. Tous. "
Vegeta ne soupire pas, mais la façon qu'il a de masser son front avec ses mains gantées ne trompe personne. Les arguments de Radditz font mouche. Et ce n'est pas pour lui plaire.
" - Radditz, c'est toi qui est venu me trouver pour me demander d'éduquer toi-même ta fille ", énonce Vegeta d'une voix basse mais dure. " Tu as dis que tu voulais tester une autre méthode d'éducation que celle proposée aux autres, que tu voulais éloigner ton enfant de la vermine humaine. Tu as dis que laisser des humains graviter autour des métis ne pouvait qu'amener faiblesse et décadence. Et tu as utilisé Zukkini comme exemple. "
Un rire incontrôlé échappe à Zukkini. Il a toujours sû que les siens le voyaient ainsi. Se faire entendre dire que celui qu'il considère comme son mentor, celui qui est sensé l'aider à progresser, est le premier à le penser, c'est quand même vraiment couillon.
Mais il s'arrête rapidement de rire, parce que ses côtes brisées le font vraiment souffrir.
L'attitude de son fils fait bouillir le sang d'Endaibu. Le traître n'a pas à rire comme ça.
Le roi vient de dire à tout le monde que Radditz estime que la façon dont il a élevé Zukkini a été décadente. La suite logique, pour tous, est de penser que cette même éducation a mené à la débâcle d'aujourd'hui.
" - J'ai dit tout ça, c'est vrai. Et je le pense encore. Je ne laisserai pas ma fille terminer comme lui. Mais je pense aussi, après ce qu'il s'est passé, qu'il est plus bénéfique pour notre futur de laisser Zukkini vivre que de l'exécuter. "
Radditz a terminé son discours. Personne n'a rien à ajouter après l'exposition de cette réflexion à laquelle personne n'avait pensé jusqu'à présent.
C'est au roi de décider maintenant.
Nappa retient son souffle. Radditz retient son souffle. Endaibu retient son souffle. Kabocha retient son souffle. Kurementai retient son souffle. Kabu retient son souffle. Kikuimo retient son souffle. Kiui retient son souffle. Ichijiku retient son souffle. Jinsokuna retient son souffle. Ringo retient son souffle. Daizu retient son souffle.
Tout le monde retient son souffle.
Le roi Vegeta reste silencieux un long moment. Son aura devient de plus en plus chaotique, preuve du tumulte qui agite son esprit.
Ceux qui réclament la mort de Zukkini ont raison.
Radditz a raison.
Tant de complexité attise sa colère. Il le sait, il n'y aura pas de bonne décision. Il va seulement devoir trouver la moins mauvaise.
Vegeta n'est pas encore prêt à rendre son jugement. Il n'a pas encore écouté le principal concerné.
Soudainement, le roi se lève avec rage d'un coup de talon, détruisant au passage le rocher sur lequel il était jusqu'à présent perché. D'un pas rapide et tout aussi nerveux, il franchit rapidement la distance qui le sépare de l'enfant à genou, ses poings serrés au même titre que sa mâchoire.
Radditz s'écarte. Personne ne se met en travers du passage du roi.
Quand Vegeta fait finalement face à Zukkini, l'enfant baisse la tête, incapable de soutenir son regard. Ce n'est pas du goût du roi, qui s'accroupit pour faire face à l'enfant et lui encadre durement la mâchoire avec l'une de ses mains pour l'obliger à le regarder.
Ce qu'il voit dans les yeux plein de cocards de Zukkini, ce n'est pas de la supplication, du défi ou même une envie de mourir.
C'est de la honte et de la vénération.
Le gamin vénère son roi comme il l'a toujours fait et sa trahison envers Vegeta lui fait honte.
" - Pourquoi ? " demande Vegeta en obligeant toujours le gamin à le regarder dans les yeux.
Zukkini tente de détourner le regard, mais Vegeta le secoue pour ramener son attention vers lui. Il obtiendra sa réponse.
" - Pourquoi tu as fais ça ? Pourquoi tu m'as trahis ? "
La dureté dans le regard de Vegeta, mais surtout sa dernière question, font monter les larmes dans les yeux de Zukkini. Pas de quoi améliorer son cas aux yeux du roi.
Mais de toute façon, l'enfant a toujours été la parodie d'un saiyan.
" - Je suis désolé Majesté. Tellement désolé... "
Le gamin a la voix rauque de quelqu'un qui a trop hurlé. Une larme coule. Une deuxième. Elles creusent des cratères sur la croûte de sang sec présente sur le visage de l'enfant.
Endaibu comprend que son fils pleure et pousse un soupir dégoûté.
Il ne lui épargnera donc rien.
" - J'aurai tout fait pour vous Majesté. Tout. Mais pas ça. Juste… pas ça. "
Vegeta n'a que faire des larmes. Ce qu'il veut, c'est une explication.
" - Je ne voulais pas vous trahir. Mais ils allaient la tuer. Videl. Parce qu'elle abritait sans le savoir le métis. Je ne pouvais pas les laisser la tuer. Laisser Son Gohan partir avec elle était le seul moyen de la sauver. Elle va bien et c'est tout ce qui compte. "
" - Tu m'as trahis parce que tu ne voulais pas qu'une humaine meurt ? " s'étrangle Vegeta.
" - Je l'aime. "
C'est dit soudainement et avec tellement de conviction que Vegeta manque de lâcher Zukkini. Un saiyan n'emploie pas le verbe "aimer" comme ça, en public, surtout en parlant d'une terrienne.
Nappa plaque une main contre sa bouche pour retenir un fou rire. Le gamin est encore plus frappé qu'il le pensait. Vraiment une cause perdue.
Un murmure monte dans les rangs des saiyans, définitivement choqués par l'attitude de Zukkini qui aggrave son cas à chaque seconde qui passe.
L'enfant n'y fait pas attention. Sa confession est adressée au roi Vegeta et à lui seul.
" - Je l'aime. C'est comme ça. J'y peux rien. Si elle avait été en sécurité, je vous aurais ramené avec fierté le fils du traître. "
Endaibu marmonne une insulte. Bientôt, le gamin va sortir de but en blanc que tout est sa faute.
" - Ils ont essayé de la tuer. Devant moi. Ça m'a fait disjoncter. "
Vegeta en a assez entendu. Il repousse Zukkini en arrière, qui atterrit durement sur les fesses. Le roi se redresse, soudainement hagard, l'esprit assaillis par de désagréables images. A cause des paroles de Zukkini, il se voit en train de massacrer les siens parce qu'ils ont osé attaquer Bulma Brief et leur fils en elle.
" - Je suis désolé Majesté. "
Vegeta sait que l'enfant, qui est en train d'essuyer mollement les larmes sur ses joues avec ses mains brisées, est sincère. Qu'il est désolé de l'avoir trahis. Qu'il est désolé de ne pas être un "vrai saiyan".
Si ça se trouve, il est également désolé de ressembler beaucoup trop à son roi. Parce qu'en cet instant, Vegeta se dit qu'il aurait très bien pu, lui aussi, combattre les siens pour protéger Bulma Brief.
Par Vegetasai, il a déjà commis des actes honteux pour protéger Bulma Brief.
La frustration attaque chacune de ses pensées, chacun de ses muscles. Il commence à tourner en rond en malmenant son crâne et la base de ses cheveux.
Tuer Zukkini. Ne pas le tuer.
Appliquer la décision logique. Ne pas passer à côté d'une occasion en or.
Donner l'image d'un monarque fort et légitime. Passer pour un monarque faible que la vie sur Terre a rendu tendre.
Prouver à tous, et surtout à lui-même, que son histoire avec Bulma Brief n'a rien changé à son être et sa grandeur. Prouver à tous, dont à lui-même, que Bulma Brief a contribué à tout changer.
Prouver qu'il est le digne héritier de son père. Trahir l'âme même des saiyans.
Tout le monde se tait. Personne n'a jamais vu le roi Vegeta dans un état aussi chaotique.
Leur roi a toujours su quoi faire, toujours su trancher.
Il n'a pas hésité quand il a été question de suivre les ordres de Freezer, de venir sur Terre, d'épargner une partie des humains, ou même de créer des métis. Il n'a pas hésité non plus à montrer à tous son attachement envers Bulma Brief, bien que celui-ci le mette dans une situation difficile.
Là, il ne parvient pas à trancher.
" - Kiui. "
L'adolescent, blanc comme un linge, se redresse en entendant le roi prononcer son nom. Placé à la gauche de l'ancienne position assise de son roi, il est resté silencieux durant l'ensemble de la scène, sans bouger un muscle. A croire qu'il a tenté de se faire oublier.
Mais non, Vegeta ne l'a pas oublié. Il le forme pour qu'il devienne son second. Aujourd'hui est une journée de formation comme une autre.
" - J'ai, comme tu le constates, beaucoup de difficultés à rendre un jugement ", énonce Vegeta en se frottant le visage. " Qu'est-ce que tu me conseilles ? "
S'il veut devenir un bon second, Kiui doit apprendre à se faire respecter des autres et à le conseiller avec intelligence. Un dernier critère qui a toujours fait défaut à Nappa, loin d'être le saiyan possédant le plus de neurones.
De plus, Kiui appartient à cette nouvelle génération qui va construire et modeler la Terre des saiyans. C'est pour des gens comme lui et les métis que Vegeta construit le futur. Pas pour des gens comme Nappa ou Kikuimo, qui ont fait leur temps et vivent toujours accrochés au fantôme de Vegetasai.
Kiui, qui a l'air à deux doigts de vomir, se reprend et jette un coup d'oeil à la forme ridicule de Zukkini à terre, avant de s'adresser au roi et à la foule. Sa voix est loin de valoir celle de Nappa, mais tout le monde l'écoute.
" - Zukkini n'a pas voulu faire de tort au roi ou aux saiyans. Il a voulu protéger une humaine. "
Nappa marmonne un juron. Son successeur en devenir se positionne donc dans le camp des décadents et des faibles. Le futur de la glorieuse race saiyan est officiellement mal barré.
L'aura d'Endaibu n'est plus qu'un tumulte de colère. Des chuchotement indignés émanent de la foule.
" - C'est sa faiblesse. Le moyen de le contrôler ", continue d'énoncer Kiui d'un voix éteinte.
" - Tu parles pour lui ou pour toi ? " demande avec acidité Nappa à l'adolescent.
Kiui regarde son aîné avec haine et grogne après lui. Nappa n'a pas à ramener Miria dans l'histoire. Après cette réaction qui fait rire Nappa, Kiui reprend.
" - Si on lui promet la sécurité de son humaine, il fera tout ce qu'on lui ordonne. Il deviendra meilleur si cela lui permet de la protéger. "
Nappa marmonne un "gerbant" et d'autre saiyans chuchotent des qualificatifs assez semblables.
Mais Vegeta affiche un air satisfait. Ce gamin est définitivement un bon choix pour reprendre le rôle de Second.
" - Malin ", se contente de dire le roi en adressant un regard entendu à ce balourd de Nappa.
Sans crier gare, Vegeta se place devant Zukkini, toujours assis par terre, et lui administre un formidable coup de poing qui lui explose l'apophyse zygomatique. L'enfant s'écrase durement au sol et hoquette de douleur tout en crachant le sang frais émanant de sa langue mordue. Mais comme son roi est devant lui et le regarde, il se redresse de son mieux, au moins pour retrouver une position assise.
" - Crois moi, tu mérites bien pire ", lui lance Vegeta en serrant le poing en direction de l'enfant.
Le souverain des saiyans inspire à fond, comme si un poids avait soudainement quitté ses épaules. Ne pas savoir quoi faire est un sentiment déroutant auquel il ne goûte guère. Qu'il est bon de redevenir sûr de soi. La solution qui s'offre à lui est moins mauvaise que ce qu'il craignait.
" - Tu vas vivre Zukkini ", affirme Vegeta en regardant l'enfant de haut.
Un sonore "bang" retentit dans les rangs des saiyans, preuve qu'un guerrier de l'espace s'est envolé à grande vitesse. Endaibu ne veut pas entendre la suite et préfère s'en aller. Son départ est accompagné par des murmures désapprobateurs.
La décision de Vegeta est loin, très loin de faire l'unanimité.
" - Tu vas vivre et tu vas faire en sorte de mériter de vivre. "
Parce que bon, c'est quand même une putain de trahison pour une putain de mauvaise raison qui les ont mené ici.
" - Tu vas guérir. Tu vas t'entraîner. Et tu vas morfler. "
Vegeta se penche pour reprendre possession de la mâchoire du morveux et le soulever du sol. Le morveux va l'écouter et bien enregistrer ce qu'il a à lui dire.
" - Zukkini, on va passer un accord toi et moi. La vie de ton humaine, Videl, sera en danger tant que tu ne me ramènera pas Son Gohan. "
Le saiyan bave du sang sur le gant blanc du roi. Mais il est tout ouïe.
" - Tu es plus faible que le fils du traître. Moins de potentiel. Alors tu vas te surpasser, reproduire le miracle d'avant et aider ton peuple. "
Vegeta trouvera un moyen de faire s'améliorer les guerriers de l'espace. Que ce soit par le biais de Kakarotto ou de Zukkini.
" - Le jour où tu me ramènera Son Gohan après l'avoir vaincu à la loyal, tu pourras ramener ton humaine avec toi. Il ne lui sera fait aucun mal et tu pourras agir avec elle comme bon te semble. Et tu te rendras disponible pour n'importe quel test et examen qui te sera demandé. "
Malgré l'inconfort de sa position, Zukkini regarde son roi avec des yeux emplis d'espoir. Le roi Vegeta est un saiyan de parole. S'il garanti la sécurité de Videl, ce sera respecté.
" - Marché conclu ou je t'achève tout de suite ? "
" - Ce sera fait Majesté. "
Le bougre ose sourire, manifestement comblé par le déroulé de sa situation. C'en est trop pour Vegeta.
Il rebalance l'enfant par terre, qui demeure mollement allongé au sol avec le même sourire idiot. Lui qui se voyait mourir sans jamais revoir Videl, il a maintenant une chance de la ramener à ses côtés tout en mettant la main sur cette enflure de Son Gohan qui demeure, il faut bien le reconnaître, la cause de tous ses tracas.
Nappa n'a qu'une envie, c'est d'écraser de sa botte le visage au sourire idiot de l'enfant.
" - Daizu, approche ", commande le roi.
Le sourire sur le visage de Zukkini se fane et il observe l'arrivée du saiyan à qui il a, en partie, arraché un bras avec ses dents. Son aîné barbu, la trentaine bien tassée, une large cicatrice sous la bouche et la chevelure longue lui arrivant au dessus des omoplates, se triture avec compulsion le bout de son moignon bandé.
" - Le gamin t'a mutilé et sans les caissons de régénération, il y a des chances que tu demeures ainsi jusqu'à la fin de ta vie. Tu as le droit à un coup. "
Il n'y a définitivement plus aucune trace de sourire sur le visage de Zukkini. Les visages de Nappa, Kikuimo, Kurementai, Kabocha et beaucoup d'autres affichent en revanche des expressions satisfaites. Il est bon de constater que, malgré la décision impopulaire du roi, ce dernier n'a pas totalement oublié ce qu'est la justice saiyan.
" - Tu m'as bien compris hein, interdiction de le mutiler ", lui rappelle Vegeta d'une voix ferme. " Alors fais en sorte que le coup te comble un minimum. "
Daizu regarde Zukkini avec haine et fait craquer les doigts de sa main désormais unique avant de s'avancer vers lui. L'enfant prend une profonde - mais pas trop - respiration afin de se préparer au coup à venir.
Encaisser était définitivement plus aisé lorsqu'il avait perdu la boule.
Sonné, Zukkini reste au sol en attendant que les flashs de lumière dans ses yeux disparaissent. Mais il n'est pas assez sonné pour ne pas entendre la phrase suivante de son roi.
" - Les quatre autres qui l'ont combattu. Approchez. Vous avez le droit à un coup vous aussi. "
Malgré lui, un grognement échappe à Zukkini. Il se serait bien passé du défilé des revanchards.
Après le passage à tabac, il a tellement perdu le contrôle de son corps qu'il ne parvient même pas à maintenir sa queue de singe autour de sa taille.
" - Dommage pour Endaibu qu'il soit parti. Je lui aurait aussi accordé un coup. Peut être même deux ", ricane Vegeta, ce qui provoque l'hilarité dans les rangs de son peuple. " Radditz, toi aussi tu as combattu le gamin. Tu veux profiter de ton droit ? "
" - Vu comment il l'a défendu, je le vois bien passer son tour ", aboie Nappa en se demandant s'il ne peut pas foutre une beigne à Zukkini à la place de Radditz.
Radditz adresse un haussement de sourcils très exagéré à Nappa et Vegeta puis se volatilise pour apparaître immédiatement après aux côtés de la forme allongée de Zukkini.
" - Vous plaisantez j'espère. "
Là, il inflige un immense coup de pied à la tête de Zukkini, qui crache du sang et une dent sur une distance de trois mètres.
Radditz se penche ensuite pour ramasser Zukkini et le force d'une main à ouvrir la bouche. Il ricane, satisfait. Comme il le souhaitait, le coup porté au visage de l'enfant a fait sauter l'une de ses incisives.
" - Bon courage pour aller faire le joli coeur auprès de ton humaine ", lui sort-il avant de le laisser tomber comme un mannequin flasque et sans vie au sol.
Malgré lui, Kiui caresse sa dentition avec sa langue. Et Nappa éclate de rire. La scène est à la fois comique et juste. De toute façon, il sait qu'il pourra toujours foutre une petite rouste bien sentie à Zukkini si l'envie lui en prend. Vegeta a dit de ne pas le mutiler. Il n'a rien dit concernant quelques passages à tabac inopinés.
Bulma Brief redresse la tête de la cuvette des toilettes en poussant un râle signifiant bien son ras-le-bol. Le parasite à moitié macaque qu'elle a dans le ventre lui cause à nouveau des misères.
Si au moins Miria était à ses côtés, elle se sentirait moins seule, assise qu'elle est sur le carrelage froid des toilettes, à rendre encore une fois le repas qu'elle a consommé quelques heures plus tôt. Mais non, Miria est partie depuis longtemps. Alors Bulma est seule. Comme d'habitude.
Maintenant qu'elle est revenue vivre dans les appartements de Vegeta, elle se fait la réflexion que la salle de bain est bien moins pratique et ergonomique que celle qu'elle utilisait lorsqu'elle vivait dans son placard. Au moins, le mur était plat et elle pouvait s'adosser sans problème dessus pour reprendre des forces. Là, le mur aux carrelages verdâtres irréguliers et loin d'être droits l'empêche de s'asseoir convenablement. Saloperie de palais.
Elle a froid. Mais Bulma ne veut pas encore retourner dans la chambre. Elle n'est pas certaines qu'elle n'aura pas besoin, immédiatement après, de faire le trajet inverse pour retourner voir sa magnifique cuvette à dorures.
L'humaine hésite plusieurs minutes tout en réfléchissant à la possibilité d'installer un tapis moelleux dans les toilettes. Cela soulagerait ses fesses et ses pauvres genoux mis à rude épreuve. L'ancien propriétaire des lieux n'a jamais dû avoir de gueule de bois, sinon, il n'aurait pas aménagé ses toilettes de la sorte.
Puis soudain, la porte s'entrebaille et Vegeta apparaît, les bras croisés, comme toujours.
Il a une sale gueule.
" - Pourquoi tu restes là, par terre ? Tu serais mieux dans le lit. "
Elle lui jette ce même regard dur plein d'exaspération et de mépris qu'elle lui lance depuis ses retrouvailles avec Kakarotto.
" - Je ne sais pas quand je vais revomir. "
Le ton employé et le regard lui signifient clairement qu'elle estime que c'est sa faute.
" - Le lit est à quelques mètres. "
" - J'y retournerai quand je serai prête. "
Ils s'affrontent du regard quelques secondes. Vegeta lâche le premier. Zukkini lui a pourri sa journée et son humeur est exécrable. Il n'a pas la patience de supporter l'attitude de Bulma Brief à son égard.
Il ne le montre pas, mais le comportement de la terrienne, combinée à son état de santé, l'angoisse. Cette grossesse est une inconnue pour lui aussi.
Dans la culture saiyan, les femelles enceintes continuent à se battre et de guerroyer jusqu'à la toute dernière minute, allant même jusqu'à accoucher au milieu du champs de bataille. Une fois le cordon rompu, elle replonge dans le conflit avec un rugissement guerrier et un peu libéré grâce à leur nouvelle liberté de mouvement, leur progéniture dans les bras ou cachée quelque part.
Mais Bulma Brief n'est pas une saiyan. C'est une frêle et fragile humaine qui, vu les exemples précédents, a toutes les chances de mourrir à cause de sa grossesse.
Et Vegeta ne veut pas qu'elle meurt. Il veut que la terrienne vive, mette au monde leur enfant et l'éduque avec lui. Il veut que cette haine dans ses yeux bleues se tarisse et qu'elle l'embrasse, le touche et lui parle comme avant.
Ce travail sera long. Rude. Il lui demandera une patience qu'il n'a jamais eu.
Ce soir n'est pas le bon jour.
Alors il ne dit rien, se contente de tourner le dos à la future mère de son fils et disparaît de son champs de vision. Il sent la tension dans l'aura de Bulma Brief diminuer. Il détecte toujours du dégoût de soi, du malaise, une profonde tristesse, de la peur, de la colère dirigée à son encontre… Il y a tout cela, mais il n'empêche qu'elle se sent mieux en son absence.
Le pincement au coeur de Vegeta est ténu, mais réel.
Bulma lui jette un regard noir en surveillant son départ. Elle a accepté de retrouver le confort d'un appartement meilleur pour sa sécurité, son confort et sa santé. Cela ne veut pas dire pour autant qu'elle veut quoi que ce soit à faire avec son propriétaire.
Dans son esprit à elle, Vegeta est parfaitement apte à tenir sa promesse, c'est-à-dire la protéger, sans avoir à l'approcher, la toucher ou lui parler.
Voilà voilà !
Le travail de malade sur ce (long) chapitre, vous avez pas idée...
La personnalité de Zukkini n'a fait que s'enrichir au fil de l'histoire. Au début, j'avoue que je l'ai créé un peu par défaut. Parce que j'avais besoin d'un enfant saiyan pour mieux faire avancer certains pans de l'histoire. Et comme il n'existe aucun enfant saiyan dans DBZ, bah je l'ai inventé. Lui donner une place aussi importante dans le récit n'était pas du tout anticipé, contrairement à d'autres choses.
Au final, sa présence est vraiment bénéfique. Elle permet de s'émanciper (un peu) des dynamiques connues, anticipées, souhaitées. Zukkini est un bon outil pour jouer la carte de la surprise :)
Bon allez, fin du blabla !
J'espère que le mood ne va pas trop rapidement se carapater au loin XD
Encore merci pour votre fidélité et laissez des comms siou plait ;)
