Coucou!

Pfiou, déjà le chapitre 5... Et toujours pas de Love... Waaah, mais j'suis lente . Je tiens à m'excuser du retard, j'ai eu pas mal de choses à faire, plus une perte d'inspiration, plus une série de doutes et de questions sur ce que j'écrivais... Ouais, avant j'avais une fin en tête, maintenant j'ai deux déroulements possibles et trois fins différentes... Et j'ai énormément de doutes... Et en plus, j'suis pas satisfaite de ce que j'ai écrit, mais je pouvais pas faire autrement x)
Mais je continuerais! Parce que lire vos reviews me fait toujours chaud au coeur, et me vous me boostez toujours! ^^

Aussi, je passe la fic en M parce que... On sait jamais. Et que y'aura des scènes explicites à un moment ou à un autre.

Passons au tour des reviews, donc:

Kurosaki-Shiba Mitsuki: Tu verras dans ce chapitre si toutes tes hypothèses sont avérées... Huhu... et contente que ça te plaise ^^

Audrey Takarai: Haha, je sais, je suis le sadisme incarné, et j'ai encore pleins de surprises en réserves, huhu... Sinon, contente que tu adore, et voici la suite tant attendue ^^ Et comme pour plus haut, tes doutes seront confirmés ou non... huhu...

Personne: Oui, c'est effectivement l'un de mes plans... :3 Nah, je blague... Mais j'aime bien torturer les esprits x)

Tatakae: J'adore mettre du suspense dans ce que j'écris, donc tu risques d'être servie! x)

Fandemanga: Contente que ma fic de plaise à toi aussi ^^ Voici donc la suite tant attendue ~

La musique jouée au début est la musique que Levi jouait dans le précédent chapitre, donc Vogel Im Kafig au piano. S'il y a d'autres, c'est que c'était pas assez important pour que je les mettes. Si vous voulez vous mettre dans l'ambiance, j'ai écouté beaucoup de Secondhand Serenade, de OST de Tokyo Ghoul, et des OST de la partie 2 de l'OAV no regrets! Sinon, comme je perds un peu de mon inspiration, je sais pas quand je reposterais, désolée TwT

Bref, Bonne lecture!


Chapitre 5 : Souvenirs

Eren

Tout c'était déroulé sept ans plus tôt, un soir. Eren n'avait que dix ans. Et ce soir-là, tout avait changé. Ce soir-là, sa mère avait un concert-gala à la plus grande salle de concert de la vile, la salle The Titanhall, car Carla Jaeger était la musicienne la plus renommée du moment. Un petit jeune ayant la vingtaine se faisait également connaître, alors que sa carrière était récente, mais Eren ne se souvenait plus de son nom, bien qu'il soit déjà allé à l'un de ses concerts par l'intermédiaire de sa mère. Il n'avait d'yeux que pour elle, sa mère qui selon lui était la meilleure, même s'il reconnaissait que celui qui se faisait connaître jouait magiquement bien également… Mais tout de même, il faut avouer que Carla avait un véritable don, c'est comme si ses doigts entamaient une danse avec les touches du piano à chaque fois qu'elle jouait, comme si son esprit tout entier n'était qu'une partition vivante. La musique même faisait partie de son énergie vitale, c'était impressionnant.

Grisha Jaeger, quant à lui, était un chirurgien réputé pour les innombrables miracles qu'il aurait accompli. Mais à ce moment-là, il ne travaillait pas… Non, il était en… « Congé maladie », dira-t-on.

Cette nuit-là, donc, Carla Jeager avait joué sa dernière composition, sous l'oreille attentive de tous ses admirateurs, dont le fameux musicien qui se faisait connaître, ainsi que sa propre famille. Eren s'était dit qu'il se souviendrait toujours de ce morceau… Oui, toujours.

Après qu'elle ait finit de jouer, Carla Jaeger fut acclamée par toute la salle. Puis, elle était retournée auprès de sa famille, recevant de spéciales félicitations de leur part, en particulier d'Eren qui était tout excité par le talent et le succès de sa mère.

« T'es la meilleure ! » Lui disait-il en riant aux éclats, propageant sa bonne humeur en faisant sourire ses parents.

Ils se rendirent ensuite au gala organisé en faveur des vingt ans de carrière de Carla. La soirée fut longue en échanges, certains compositeurs discutant avec la prodige, certains musiciens papotant également avec elle, certains admirateurs venant la remercier et la couvrir de louanges. Eren, lui, s'était endormi sur un canapé bien avant la fin. Ses parents quittèrent la fête dans les derniers, il n'y avait déjà presque plus personne lorsqu'ils s'étaient rendus au parking souterrain où il n'y avait plus que quelques voitures appartenant sûrement au personnel. Carla tenait son fils endormi dans ses bras, marchant tranquillement aux côtés de son mari jusqu'à la voiture.

« Tu aurais pu le ramener plus tôt… », déclara Grisha.

« Tu sais très bien que je ne pouvais pas », lui répondit sa femme d'un air doux.

« Alors tu aurais dû le laisser à la maison » renchérit l'homme.

« Chéri, tu as vu toi-même que c'est lui qui voulait venir ! Et il avait l'air de bien s'amuser ! »

Grisha regarda sa femme, puis son fils.

« Il dort. C'est amusant ? »

« Il est tard, il doit être fatigué…. », justifia la musicienne.

« Ce pourquoi tu aurais dû le laisser à la maison. »

« Mais c'est lui qui a insisté pour venir ! Et je ne pouvais pas le laisser tout seul. »

« Les babby-sitter, ça existe. »

Carla soupira. Son mari ne voulait décidément rien entendre. Il serait difficile de le raisonner, mais elle pouvait toujours essayer de trouver les mots. »

« Je ne connaissais personne de disponible pour s'occuper de lui… Et je ne fais pas confiance aux babby-sitter. Je préfère être sure qu'il aille bien. Allez, aide-moi à l'installer. »

Grisha ouvrit la porte arrière de la voiture et commença à aider sa femme à installer leur fils sur la banquette arrière. Mais soudain, l'homme serra son emprise sur le garçon, tremblant légèrement.

« De toutes façons, ce môme est bon à rien. Que tu l'ai pris avec toi ou que tu le laisses à la maison, ça n'aurait rien changé. »

Carla regarda son mari, subitement tétanisée. Elle passa une main douce sur le dos de son mari.

« Grisha ? Grisha, calme-toi… As-tu pris tes médicaments ? »

L'homme, tremblant de plus belle, donna un violent coup de bras à son épouse, la repoussant.

« J'ai pas besoin de ces merdes ! Je vais très bien, j'suis pas fou ! »

Carla se rapprocha de son mari, lui prenant par le bras pour essayer de le calmer.

« Grisha, calme-toi, tout va bien, on va rentrer et tu vas prendre tes m–»

L'homme repoussa sa femme plus violemment, l'envoyant au sol.

« NON ! J'en ai pas besoin, je vais très bien je dis ! Juste ce stupide môme inutile qui me tape sur le système. »

Grisha se dirigea de nouveau vers son fils une étincelle de folie dans ses pupilles.

« Tu vas voir, Carla, je vais tout arranger… »

Un sourire carnassier s'était dessiné sur son visage, alors qu'il portait sa main à son fils endormi. Il le sortit violemment de la voiture, le jetant au sol. Le gamin, profondément endormi, ne se réveilla point, il ne fit qu'un gémissement de douleur. Toujours aussi fou, Grisha s'avança vers son fils, et lui donna un coup de pied, alors que Carla sursauta sous la violence et se jeta sur son mari alors que celui-ci s'était accroupi, prêt à frapper son propre fils. La musicienne le retînt de porter le coup en s'accrochant fermement à son bras, tentant de le raisonner.

« Grisha, stop ! Viens prendre tes médicaments, tu n'es plus– »

Elle se reçut un coup d'épaule en plein fouet, puis fut plaquée au sol par son mari qui la tenait par les épaules.

« G-Grisha, arr–»

Sa voix s'étrangla lorsque les jambes de son mari vinrent lui couper la respiration.

« Ne me dit pas ce que je dois faire ! » Cria-t-il, perdant totalement ses esprits. Carla essaya de se dégager, mais cela ne fit qu'empirer la situation, Grisha ayant commencé à la battre au visage alors qu'elle gémissait, tentant toujours de se défaire de l'emprise de son mari.

Puis soudain, les clapotements de pas d'une personne qui court se firent entendre, et Grisha fut dégagé par un magistral coup de pied. Un jeune homme, la vingtaine, les cheveux noir retombant sur ses yeux gris, venait de lui faire lâcher Carla, qui toussotait pour reprendre son souffle, frottant sa mâchoire douloureuse après les coups. Elle regarda ensuite l'étranger et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle reconnut ce musicien reconnu avec qui elle avait déjà discuté. Celui-ci avait vu toute la scène et avait décidé d'agir.

« P'tain mais c'est qui lui ? D'où il s'autorise à venir comme ça ? »

Il se releva et se jeta sur l'étranger et le rua de coups, tandis que ce dernier tentait d'esquiver et de riposter. Le jeune aux cheveux noirs lança ensuite son regard acier à Carla, qui était tétanisée, essayant d'intervenir.

« Partez », dit-il. « Partez loin, je– »

Sa phrase resta en suspend alors qu'il se prit un coup dans les côtes.

« D'où tu t'adresses à ma femme comme ça ? Tu la connais ? J'vais te tuer ! J'VAIS TE TUER ! »

Il redoubla d'énergie pour ruer l'étranger de coups, celui-ci essayant toujours tant bien que mal à esquiver.

« Grisha, ne lui fais pas de mal ! » Supplia Carla.

« Tu le connais bien, donc ! C'est avec un jeunot que tu me trompes, c'est ça ? J'vais le buter ! »

« Qu-qu'est-ce que tu racontes mon cœur ? Je ne t'ai jamais trompé, je t'ai toujours ai– »

« FERME-LA ! Ça fait longtemps que j'ai des doutes ! »

Il perdait totalement ses esprits, devenant fou. Il continuait de crier tout en envoyant des coups à l'étranger.

« Ce n'est qu'un collègue ! »

Carla essayait toujours d'intervenir, mais Grisha ne l'écoutait absolument pas. Il était focalisé sur l'idée d'abattre cet étranger qui l'avait dérangé, et qui selon lui était l'amant de sa femme. Sauf que l'étranger ne connaissait Carla que par son nom et son métier. Il ne la connaissait pas personnellement, ce qui prouvait la folie de Grisha.

Celui-ci repoussa l'étranger, puis, perdant patience, sortit un couteau de sa veste.

« J'vais te faire ta peau ! »

Il s'élança sur le jeune homme, qui essayait d'esquiver de plus belle et de répliquer. Mais ce n'était pas simple, il devait toujours éviter les coups de couteau de l'enragé, et ne pouvait donc répliquer correctement. Puis, à force de donner des coups, le fou commença à anticiper les mouvements du plus jeune, et réussit à le coincer du côté où celui-ci esquivait. Il se reçut donc un coup de couteau en plein dans l'épaule, et se stoppa sous la douleur, écarquillant les yeux. Grisha profita de l'instant pour mettre l'étranger à terre, le plaquant au sol avec ses genoux. Un rictus de pure folie étirait ses traits, alors que ses yeux exorbités accompagnaient son visage de fou. Il reprit la parole, donnant un coup au visage de l'étranger à chaque fin de phrase.

« Je vais te détruire. Je vais détruire tes rêves. Je vais détruire ta vie. Tu ne pourras plus jamais connaître ma femme ! »

Et, soudainement, il enfonça sa lame dans la main droite de l'étranger, si profondément qu'elle traversa la paume et se figea dans le sol de pierre. Les yeux de l'étranger s'étaient écarquillés sous la douleur, alors qu'il pouvait sentir le liquide chaud s'étaler autour de sa main. Lui qui était rempli de rêves musicaux, voilà qu'ils venaient de voler en éclat en un coup de couteau. L'étranger était sidéré. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il lui arrivait. Il n'arrivait pas à s'imaginer que tout allait se finir. Non, il ne pouvait pas abandonner là. Tout ne pouvait pas finir là. L'horreur de devoir tout arrêter se reflétait dans ses yeux, et bien qu'il n'y croyait pas une seconde, une petite voix au fond de lui savait. Elle savait que c'était trop tard, maintenant. Sa main souffrante le lui annonçait, elle aussi. . Néanmoins, il combattit la douleur, fronçant les sourcils, ayant tout de même cette once de souffrance dans les pupilles. Il refusait de tout perdre maintenant. De perdre ce en quoi il avait toujours cru. De perdre cette seule chose qui le rattachait à la vie, au monde.

Il prit un regard froid, le toisant, et lui cracha au visage une salive mélangée au sang de ses blessures à la mâchoire. Grisha le regarda, et son regard s'emplit d'une nouvelle folie alors qu'il plaquait l'étranger de plus belle au sol.

« Insolent ! Comment oses-tu !? J'vais définitivement te buter! »

Et avant que l'étranger ne puisse réagir, il lui planta le couteau dans l'épaule droite, alors que les yeux du jeune homme s'écarquillaient sous la douleur. Le fou, enragé, fit glisser le couteau vers le bas, arrachant une grimace de souffrance au musicien,alors que le sang se répandait sur le sol. Il luttait toujours. Il ne pouvait pas abandonner ici. Il devait gagner du temps, le temps que les secours arrivent pour sauver Carla et son fils. Alors même si la peur de perdre la vie ici le secouait, même si la terreur de ne plus pouvoir se servir de ses mains pour jouer des instruments le hantait, il tentait de gagner du temps pour distraire Grisha. Les pupilles des yeux du musicien tremblaient, montrant la douleur qu'il ne voulait pas laisser paraître. Grisha retira brutalement le couteau du corps de sa victime, qui avait une large plaie de l'épaule jusqu'au torse, assez profonde pour l'immobiliser mais pas assez pour le tuer sur l'instant, bien que le sang s'écoulait lentement hors de son corps. Le fou éclata de rire, dévisageant sa victime qui luttait pour ne faire paraître aucun sentiment, tentant de garder l'attention que lui portait l'homme qui avait perdu l'esprit.

« Hahaha, tu fais moins le malin, hein ? »

Le blessé lui jeta un regard froid et pas le moins du monde effrayé. Un mince sourire sournois se dessina même sur son visage.

« Rien à battre », dit-il. « J'ai déjà appelé la police et les secours. Ils ne devraient pas tarder à arriver. » Ce qui était vrai. Il l'avait fait juste avant de passer à l'action.

« Petit merdeux ! » cria Grisha de rage, levant sa main pour lui asséner un nouveau coup de couteau. Mais Carla avait enfin réussi à se lever et à intervenir.

« Grisha, arrêtes ! », avait-elle crier en lui retenant le bras malgré ses quelques blessures.

Le concerné, stoppé dans son mouvement, s'était tourné vers elle, un regard meurtrier, tandis que le blessé la suppliait de ses yeux de partir. Mais, courageuse, elle continua de retenir le bras de son mari. Mais celui-ci l'envoya valser d'un simple mouvement de bras, tout en se relevant, et s'acharna à nouveau sur l'étranger, s'amusant avec un rire ténébreux à lui donner des coups de pieds, tandis que Carla se relevait de son côté. L'inconnu, lui, endurait. Il ne pouvait plus rien faire, de toutes façons. La douleur et le sang qu'il perdait l'étourdissait déjà bien assez, et ses paupières devenaient lourdes. Néanmoins, bien que Grisha le battait, il restait éveillé. Il ne pouvait se permettre de perdre connaissance. Il devait s'assurer que sa collègue de travail, ainsi que son enfant, s'en sortent vivants. Puis la douleur l'immobilisait. Il lui était impossible de faire un quelconque mouvement. Il subissait donc la colère et la folie du mari de la musicienne.

Grisha lui donna finalement un violent coup de pied qui l'envoya valser quelques mètres plus loin, laissant une traînée de sang derrière le corps – toujours en vie – de l'étranger, qui par la violence du coup cracha une bouffée de sang, luttant toujours pour rester éveillé. Grisha allait se jeter sur lui pour définitivement l'achever, mais Carla se jeta sur lui, l'attrapant par la taille.

« Stop, Grisha ! Arrêtes ça !»

Il essaya de se dégager, puis finit par la repousser violemment, la plaquant au sol.

« D'où tu me donnes des ordres ?! »

Il commença à la frapper. L'inconnu regardait la scène d'un œil horrifié. Il aurait aimé intervenir, mais il lui était totalement impossible de bouger. Il ne pouvait qu'espérer que les secours qu'il avait appelé arriveraient rapidement. Mais ils semblaient énormément longs à arriver. Et la scène qui se déroulait sous ses yeux l'horrifiait au plus au point.

« Sale femme ! Tu n'as pas l'autorisation de me donner des ordres ! »

Il continua de la frapper au visage, alors qu'elle tentait désespérément de se débattre.

« G-Grisha, st- »

« NE ME DICTES PAS CE QUE JE DOIS FAIRE ! »

Il lui donna un coup plus violent, qui l'envoya valser un peu plus loin. Elle se releva, et alors qu'elle fut debout, la lame que son mari avait se planta droit dans sa poitrine, alors que ses yeux s'exorbitaient et que le sang giclait hors de son corps. Tremblant, Grisha lâcha la lame, laissant sa femme s'écrouler devant lui pour laisser paraître derrière elle Eren, qui s'était réveillé il y a un moment déjà et qui regardait la scène d'un regard horrifié, des gouttes de sang de sa propre mère ayant atterrit sur son visage. Il tremblait, les yeux emplis de larmes. Il était traumatisé. Comment son propre père pouvait-il faire une chose pareille ? Il semblait sur le point de hurler.

« T'es pas censé dormir, toi, mioche inutile ? Fous-moi le camp ! Ou non, je vais régler ton compte une bonne fois pour toutes. Tout est de ta faute. »

Un sourire carnassier se dessina sur son visage, alors qu'il se baissait pour sortir d'un coup sec le couteau du corps de sa femme, dont le sang s'était déjà répandu sur le sol. Il s'approcha dangereusement de son fils, qui tremblait. Il était tellement effrayé que sa voix était coupée. Il tentait de reculer, mais son père se jeta sur lui, lançant un coup de pied puissant dans ses jambes pour l'empêcher de fuir. Il se plaça ensuite au-dessus de lui, et lui donna deux coups de poings pour l'assommer et l'empêcher de se débattra. Sonné, Eren regardait son père d'un air horrifié, alors que du sang perlait au coin de sa bouche. Grisha allait planter le couteau dans le corps de son propre fils, mais, terrifié, celui ci contourna le coup et envoyé valser la lame.

« Sale gamin ! »

Fou de rage – et fou tout court – Grisha recommença à frapper son fils. Au visage, aux côtes, à la tête. Partout, tant que ça pouvait lui faire mal. Eren, terrifié par la puissance et la folie de son père, arrêta de bouger, faisant le mort. Son père tendit alors le bras pour atteindre la lame, et la planta d'un geste tremblant dans le bas du ventre de son fils. Il retira la lame, et allait porter un nouveau coup, quand soudain des voix se firent entendre.

« Plus un geste ! Arrêtez tout de suite ! »

Grisha se retourna pour voir des officiers de polices qui le visaient de leur revolver.

« Posez votre arme et mettez vos mains sur votre tête ! »

« D'où croyez-vous pouvoir me donner des ordres ?! »

Il se redressa, un nouveau sourire aux lèvres, et s'élança vers les officiers. Ils tirèrent, en légitime défense. Le fou s'écroula, une mare de sang s'étalant autour de lui.

« Occupez-vous des blessés, vite ! »

Les secours, qui étaient derrière les officiers, se jetèrent sur les blessés. Carla avait déjà perdu énormément de sang, beaucoup plus que l'inconnu, et elle fut la première à être emmenée, bien qu'il n'y avait plus d'espoir pour elle. Ses yeux étaient déjà vides de vie.

L'inconnu fut emmené également. Il avait perdu pas mal de sang . Mais on pouvait voir sa lutte pour rester en vie. On pouvait également voir l'horreur dans ses yeux. L'horreur de la scène qui s'était produite sous ses yeux. Ainsi que la culpabilité et de tristesse. Il était choqué, horrifié. Il se sentait mal, de ne pas avoir pu agir, et d'être le seul survivant. Il se sentait coupable, responsable, de la mort de Carla, son mari et leur fils.

Ce qu'il ne savait pas, en revanche c'est que Eren était vivant. Il avait effectivement fait le mort, trop terrifié, horrifié, traumatisé par son père. Et alors qu'on l'emmenait et qu'un voile noire recouvrait sa vue, il se dit qu'il se souviendrait toujours du dernier morceau de sa mère...Car il signait le changement de sa vie.


« Monsieur ? »

Le concerné ne répondit pas, assis sur son lit d'hôpital. Ses yeux étaient vide, comme si son âme les avaient quitté. Ses blessures étaient pansées, bien que toujours aussi douloureuses. Il regardait ailleurs, perdu dans ses pensées, dans ses souvenirs. On pouvait voir dans son regard le choc et l'horreur de la terrible épreuve qu'il avait vécue. C'était la seul chose qu'on pouvait discerner au sein de ses pupilles qui avaient perdues leur lueur. Autrefois, elles étaient d'un argent magnifique, comme le trésor d'un glacier se mélangeant à du cristal. Là, le regard avait certes les propriétés d'un glacier, mais c'est parce qu'il était aussi froid que le mont Fuji, et il était réduit à un terne gris acier.

« Monsieur ! »

Il tourna lassement la tête vers celui qui l'interpellait. A quoi bon? Il avait l'impression d'être privé de tout, maintenant. Il releva néanmoins ses glaçons vers son interlocuteur, les fixant sur son visage pour montrer qu'il était à l'écoute.

« Vous êtes en état de parler ? »

Le concerné hocha la tête, sans détacher ses yeux de son interlocuteur.

« Bien . Pouvez-vous me dire votre nom ? »

L'homme détacha ses yeux pour détourner la tête, regardant par la fenêtre inaccessible de la chambre, comme s'il avait peur de son propre nom, de son propre passé. Comme s'il avait honte de sa propre personne. Comme si l'épreuve qu'il avait vécu suffisait à troubler ses souvenirs et à vouloir le faire s'oublier. Cependant, après un long silence, il répondit d'une voix éteinte :

« ...Levi. Je m'appelle Levi Ackerman. »

L'interlocuteur hocha la tête, ne relevant pas la célébrité du nom, sachant que ça ne ferait qu'empirer les choses. Levi avait reposé son regard terni par les événements sur la personne qui s'adressait à lui.

« Bien. Enchanté, Levi. Je peux te tutoyer ? »

« Tch... Si ça vous chante. »

L'homme hocha la tête.

« Je suis Mike Zacharias, un psychologue appartenant aux enquêtes spéciales. Comme tu es le seul conscient, et le seul ayant assez récupérer pour répondre, la police aimerait te poser des questions. Mais elle estime qu'en raison de possibles traumatismes que tu as eu, il faudrait d'abord que tu en parles à un psy. Et c'est là que j'interviens. »

Levi soupira, puis serra les dents. Pourquoi essayait-il de lui faire comprendre subtilement qu'il était le seul vivant ? Sérieusement, « Tu es le seul conscient » et « tu es le seul capable de répondre », ça pouvait rapidement traduire « Mec, t'es le seul en vie ». Pourquoi faisait-il cela?Pour le rassurer ? A quoi bon, Levi était là lorsque ça c'était passé, il avait bien vu comment Carla s'était fait poignardé en plein cœur et avait perdu tout son sang, comment le fils de cette dernière s'était fait battre à mort jusqu'à ne plus bouger. Et c'en était assez pour qu'il pense qu'il avait été inutile. Après tout, il n'avait fait que reporter leur mort... Ou peut-être avait-il même empiré les choses. Peut-être que le mari de Carla se serait calmé s'il n'était pas intervenu. Peut-être seraient-ils tous en vie, à l'heure qu'il est...
Non. Il avait vu à quel point Grisha avait perdu la raison. Il n'y avait plus rien qu'on aurait pu faire pour lui. Même Carla n'aurait eu que de minces chances de le raisonner. C'était tout de même de minces chances... Avait-il finalement eu tort d'intervenir ?

« On n'est pas obligé de commencer par ça. Tu peux parler d'autre choses, si tu veux, pour commencer. Tu dois être sous le choc. »

Levi regarda Mike à nouveau, le fixant comme s'il venait de l'insulter.

« Tch, j'suis pas un faiblard. J'vais tout raconter maintenant. »

Et il raconta tout, ce qui fut plus difficile que ce qu'il pensait. Il ne s'imaginait pas à quel point ce serait dur d'énoncer chaque passage, de les décrire comme si la scène se reproduisait sous ses yeux. Il ne s'était pas douté que cela lui ferait une boule au ventre, que cela lui donnerait la nausée, à un tel point que parfois il faisait des pauses. Il ne s'était pas non plus douté que cela lui donnerait de légers tremblements qu'il tentait tant bien que mal de cacher. Il était livide, et tremblait de plus en plus lorsque Mike, qui l'écoutait depuis le début, le coupa.

« Tu es sûr que tu veux tout raconter ? Ne te force pas si tu ne veux pas. Le choc est toujours récent. »

Levi lui jeta un regard froid, alors qu'il tremblait de plus belle, puis souffla un bon coup et serra ses poings pour faire passer ce qui le traversait, ignorant la douleur de sa main blessée. Il reprit son récit, mais fut coupé quelques secondes plus tard par un soubresaut, alors que sa propre main s'était posée sur sa bouche, son visage blanc comme celui d'un mort. Il tremblait de plus belle, les yeux écarquillés, surpris de ce qui lui arrivait. Il se demandait ce qu'il se passait chez lui, pourquoi son corps réagissait comme ça, pourquoi il était secoué de nausées terribles lorsqu'il racontait un simple souvenir récent, pourquoi il tremblait lorsqu'il décrivait ce qu'il avait vécu, pourquoi son autre poing se serrait jusqu'au sang, pourquoi les larmes coulaient sur ses joues sans qu'il le veuille. Pourquoi les nausées ne voulaient-elles pas le quitter, lui donnant l'impression d'être dans un bateau qui tanguait constamment, pourquoi sa tête lui tournait inlassablement, pourquoi est-ce que les paroles du psychologue lui posant des questions sur ce qui lui arrivait semblaient lointaines. Pourquoi, petit à petit, un voile noire occupait sa vision...

Non. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas être faible à nouveau. Le regard perdu, il ôta lentement sa main tremblante de devant sa bouche, et d'une voix tout aussi tremblante, il continua son récit, serrant les poings à l'énonciation des meurtres de Carla et son fils. Il regardait par la fenêtre lorsqu'il termina son récit, devenant silencieux à nouveau. Il tentait de calmer ses tremblements, d'ignorer ses nausées et de ne pas faire attention à la vive douleur qui se répandait aussi bien dans sa main que dans le reste de son corps.

Mike, lui, avait écouté Levi tout le long. Celui-ci lui avait tout raconté, partant de lorsqu'il avait vu la scène et appelé la police, jusqu'au moment où les secours étaient arrivés – trop tard, selon lui. Le psychologue remarqua que le musicien ne semblait pas savoir que seul les parents avaient succombés à leurs blessures, et que l'enfant était toujours dans un état critique. Mais il ne voulait pas lui informer cela, pas pour l'instant du moins, ça ne ferait que le rendre plus mal si l'enfant venait à mourir plus tard. Il avait également vu que, bien qu'il veuille le nier, Levi avait un énorme traumatisme. Le passage où celui-ci avait faillit perdre connaissance sous ses yeux avait été suffisant pour le confirmer. Mais il ne le mentionna pas. Il continua à parler calmement à Levi, essayant de faire parler celui-ci de tout et de rien, qu'il puisse se relâcher. Levi ne s'en rendait pas vraiment compte, mais au fil du temps, cela l'aidait de parler, même s'il évitait d'aller sur certains sujets. D'un côté, ça lui enlevait un certain poids des épaules, de parler. Mais Levi avait tout de même du mal à se remettre de ce traumatisme...


Levi jouait. Cela faisait une semaine maintenant qu'il avait pu sortir de l'hôpital. Une semaine qu'on l'avait enfin laissé sortir de cet endroit morbide et qui puait la mort et les maladies, de cet endroit qui ne faisait que lui rappeler qu'il avait échoué. Lui rappelé qu'il n'avait pas réussi à sauver deux personnes. Qu'il avait peut-être même empiré leurs cas. Et cela le tuait. Il se sentait horriblement coupable. Il se disait que s'il n'avait pas intervenu, peut-être que Carla et son fils seraient toujours vivant. Ou que peut-être que s'il aurait été plus fort, il aurait pu gagner plus de temps sans que personne ne soit blessé. Mais il avait fallut qu'il échoue, qu'il voie ses rêves se volatiliser sous ses yeux, qu'il voie son idole et le fils de celle-ci se faire assassiner sous ses yeux. Et il avait fallu qu'il porte le poids de tout ça. Sans compter des innombrables appels venant de l'hôpital pour il ne savait quoi. Il ne répondait jamais. Il filtrait les appels. Il ne voulait plus aucun lien avec ce merdier. Juste les rendez-vous mensuels, et encore. Mais il ne voulait en aucun cas recevoir une seule chose de plus de la part de ces foutus médecins qui étaient arrivés trop tard, et qui n'avaient rien pu faire. Il savait que ce n'était pas de leur faute. Mais il n'y pouvait rien. C'était soit il s'en prenait à lui-même, soit il s'en prenait à ces foutus médecins. Et parfois, il valait mieux que ça soit ces docteurs incapables qui prennent...

Ces derniers avaient d'ailleurs demandé à Levi de « trouver un moyen d'arrêter de penser à ce qui c'était passé ». Ils lui avaient demandé de se lancer dans un projet qui pourrait l'aider à se sentir mieux, à arrêter de se sentir coupable. Ils lui avaient tout de même demander de se ménager, car ses blessures étaient toujours récentes. Mais Levi s'en fichait, et bien évidemment, il avait décidé de recommencer le piano, le violon, et tous les instruments auquel il pouvait toucher. Il s'était lancé dans l'idée de retrouver la mélodie que Carla jouait ce soir là, et de la rejouer sous tous ses angles. Mais pas avec les partitions. De simple souvenir, à l'oreille. Pas pour voler le travail de Carla, ou pour se faire du mal. Non, il le faisait pour lui rendre hommage, et pour se repentir. Par pure rédemption, il avait décidé de réussir à jouer cette mélodie. Et c'est là que ses doutes, ses pires craintes s'étaient réalisées.

Dès qu'il posait ses mains sur le piano, sa droite le lançait terriblement. Il lui était impossible de la bouger. Elle était comme paralysée. Comme si des éclairs se lançaient dans toute sa paume, comme si quelqu'un s'était retrouvé à l'intérieur et lui enfonçait des épingles dans chaque millimètres de muscle. Il avait essayé le violon, et ce n'était que pire, il avait faillit lâcher l'instrument, et s'était retrouvé au sol, des larmes de rage et de frustration coulant sur ses joues. Pourquoi n'y arrivait-il pas ? Pourquoi une simple blessure le faisait tant souffrir ? Bordel, pourquoi pouvait-il ne plus faire la seule chose qui le faisait vivre ! Pourquoi chaque instrument qu'il essayait ne le faisait que plus souffrir ? Pourquoi devait-il souffrir encore plus, alors qu'il ne pouvait même pas accomplir sa rédemption, son hommage...

Il ne savait pas. Il ne savait pas pourquoi la vie lui interdisait cette seule chose à laquelle il tenait. Il ne savait pas pourquoi l'hôpital s'acharnait à l'appeler. Il ne répondait toujours pas. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas qu'on lui confirme ce qu'il craignait le plus. Et pourtant, lors d'une visite médicale, il parla au médecin de cette douleur impensable qu'il ressentait dans sa main, ainsi que dans son épaule, lorsqu'il jouait. Le médecin l'avait longuement observé, puis avait réfléchit, avant de déclarer :

« Vos blessure à la main droite et aux deux épaules sont bien trop profondes. Vous devez arrêtez tout de suite la musique si vous voulez garder l'usage de vos membres, ou si vous ne voulez pas avoir de problèmes. C'est trop atteint pour qu'on puisse opérer, et il y a 95% de chances que sa empire. Mais avec une rééducation régulière, vous pourrez peut-être reprendre vos activités. »

Levi avait pesté. D'où ce docteur lui disait qu'il fallait qu'il arrête la musique ? Il ne pouvait tout simplement pas. Il ne pouvait pas abandonner cette seule chose qui le maintenait en vie, cette seule chose qui lui rendait le sourire, cette seule chose qui le faisait se sentir bien. Il ne pouvait pas abandonner sa rédemption sans se rendre plus malade encore, sans se sentir plus mal et plus coupable. Non, il devait continuer la musique. Par respect. Par hommage. Par culpabilité. Et peut-être par égoïsme. C'est pourquoi il avait continué à s'entraîner au piano, à s'en déchirer la main et les membres. Il avait dû abandonner le violon, parce qu'à chaque fois qu'il essayait, il avait l'impression que sa main allait définitivement l'abandonner. Mais il continuait le piano, même si sa main le faisait souffrir. Le piano était devenu son seul espoir. A côté, il faisait tout de même de la rééducation. Il avait mal, mais c'était pour la bonne cause. Et c'est comme ça qu'un jour, sa main l'avait subitement lâchée alors qu'il faisait la simple action qu'était d'écrire les notes sur une partition. Sa main l'avait soudainement transpercé de douleur. Il avait crié, hurlé tellement il avait mal, lui qui n'avait pas l'habitude de laisser paraître ses sentiments, il souffrait bien trop pour le cacher. Il avait été emmené d'urgence à l'hôpital, où on lui avait dit qu'il faisait trop travailler ses blessures, et que c'était sa dernière chance d'arrêter la musique. Il avait crié, il les avait envoyé balader, il les avait insulté de tous les noms. Il avait hurlé de rage, hurlé qu'on ne lui enlèverait pas la musique, qu'il savait ce qu'il faisait, et que tout se passerait bien. Il avait carrément envoyé chier les médecins, qui étaient restés bouche bée devant la vulgarité de Levi. Oui parce que, il avait été tellement vulgaire que ça ne peut pas être retranscrit. Et il était sortit de l'hôpital sans attendre de réponse, laissant les pauvre médecins en plan, ne comprenant pas ce qui venait de leur arriver. Puis Levi avait persévéré, persévéré à continuer le piano. Il ne lâchait pas l'affaire. Il devait le faire, il devait continuer la musique, il devait finir de retranscrire ce morceau. C'était vital.

Et c'est comme ça, qu'un second jour, sa main s'était littéralement paralysée. Il avait tellement mal qu'il ne pouvait pas bouger un muscle. Il s'était assis contre le mur, laissant des larmes de frustration couler le long de ses joues. Il était retourné à l'hôpital, où on lui avait annoncé que c'était trop tard, maintenant. Même la rééducation n'y ferait plus rien. Il devait définitivement abandonner la musique s'il voulait garder l'usage de sa main. Il avait crié, hurlé encore une fois qu'il ne pouvait pas arrêter. Il avait même faillit s'en prendre aux médecins, mais on l'avait stoppé, et de toute façon, il n'en avait pas la force. Il s'était effondré en constatant sa faiblesse. Il avait regardé sa main qui avait tant vécu. Et il n'avait pas perdu espoir. Il se faisait du mal, bien sûr, aussi bien physiquement que psychologiquement. Mais il s'en foutait. Il n'abandonnait pas. Il jouait du piano au moins une fois par semaine, pour tout de même éviter de perdre sa main. Et même si des tâches simples devenaient de plus en plus difficiles à exécuter, il ne perdait pas espoir. Il effaçait toujours les messages de l'hôpital, et continuait. Et après de longs essais, après de longues souffrances, il réussit enfin à rejouer le morceau parfaitement. Sa main lui faisait toujours mal, mais était toujours là. Et c'est comme ça qu'il avait réussit à se sentir mieux. Et comme sa main ne l'avait pas lâché, il n'avait pas perdu espoir, et avait continué à un rythme régulier.


Eren

Pourquoi ? Pourquoi se retrouvait-il là ,dans cette salle entièrement blanche qu'il ne connaissait pas ? C'était la première chose qu'il avait remarqué, lorsqu'il avait finalement ouvert les yeux : Le blanc, et une douce lumière qui arrivait par la fenêtre. Que faisait-il dans cet endroit qui lui était inconnu ? Etait-il … ?

Non. Il avait bien trop froid, bien trop peur. Il avait horriblement mal de partout, c'est à peine s'il pouvait bouger. Pourquoi ? Il ne savait pas. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait fait un cauchemar, un cauchemar bien trop réaliste, effrayant, terrifiant même, et horriblement traumatisant. Il en frissonnait rien qu'en y repensant. Tout ce qu'il voulait, c'était serrer fort ses parents dans ses bras, et dissiper le traumatisme récent. Tout ce qu'il voulait, c'était les retrouver, et s'assurer que son cauchemar en était bien un...

Une infirmière fit son entrée. Une infirmière ? Pourquoi une infirmière ? Cela voulait donc dire qu'il se trouvait dans un hôpital ? Mais pourquoi ? Cela n'avait aucun sens... A moins que... A moins que son cauchemar n'en était pas un ? Non, impossible !... Il ne pouvait pas être réel...

« Alors, Eren, comment te sens-tu mon garçon ? »

Le concerné releva la tête vers son interlocutrice, tremblant légèrement, les yeux vide d'émotion, les joues trempées par la sueur et les larmes. Il planta ses iris émeraudes et terne dans ceux de l'infirmière. On pouvait voir les pupilles de l'enfant trembler sous la peur de la réponse à la question qu'il allait poser.

« Où sont mes parents ? » demanda-t-il d'une petite voix.

L'infirmière soutînt le regard insistant de l'enfant, puis baissa les yeux en soupirant. C'était toujours difficile à annoncer, ce genre de choses, mais ça faisait partie du métier. A force de faire ce genre d'annonce, elle avait prit l'habitude. Mais annoncer à un enfant qu'il était désormais orphelin, c'était toujours quelque chose de difficile. Elle s'avança donc vers Eren, et posa sa main sur sa petite tête, caressant doucement ses cheveux alors que l'enfant la fixait dans l'espoir qu'on lui contredise ses craintes. Mais l'infirmière lui adressa un sourire triste, avant de déclarer :

« Je suis désolée, Eren. »

Ces quelques mots suffirent au jeune garçon. Les souvenirs, aussi douloureux soient-ils, fusaient dans son esprit. Il se prit la tête entre les mains, alors que des larmes coulaient inconsciemment le long de ses joues. C'en était trop. Trop d'un coup. Il était traumatisé, en état de choc. C'en était définitivement trop pour lui. Ses pupilles, ainsi que son corps, tremblaient.

« Non... », murmura-t-il. « Non. » répéta-t-il plus fort. Il éclat en sanglots.

« Non ! Non, je... je veux pas ! I... Ils ont pas le droit ! »

L'infirmière essaya de calmer Eren, lui caressant gentiment le dos.

« Je sais, je sais... Mais ne t'en fais pas, ça va aller. Des gens seront là pour toi, et on va contacter ta famille extérieure... »

Eren savait très bien que c'était une mauvaise idée. Jamais il n'avait eu contact avec sa famille autre que ses parents. Il ne connaissait ni ses grand-parents, ni ses oncles, ses tantes, et encore moins ses cousins – si jamais il en avait. Et, de ce qu'il se souvenait, ses parents avaient gardés de mauvaises liaisons avec leur famille. Ce qui revenait à dire que c'était une très, très très mauvaise idée. Et puis, il se disait que tout ce qui lui arrivait n'était pas possible. Ses parents ne pouvaient pas être morts. Non, c'était impossible. Ce dont il se souvenait ne pouvait être qu'un cauchemar. Oui, ça ne pouvait pas être autre chose...

Eren ne se calmait pas. Au contraire, ses sanglots n'étaient que plus forts, son souffle lourd, rapide et haletant, son corps tremblait et des gouttes de sueurs perlaient sur son front. Il était perdu, il ne savait plus quoi penser, il ne savait plus ce qu'il devait penser de sa vie. Il paniquait, en raison de ses souvenirs, en raison de son traumatisme, en raison de tout. Il faut dire qu'il était encore jeune...

L'infirmière, voyant que l'état d'Eren empirait, essaya de le rassurer à nouveau.

« Eren, calme t- ... »

Mais le jeune garçon commença subitement à paniquer encore plus, perdant son souffle, cherchant à le retrouver en haletant. La sueur perlait encore plus sur son front, alors que ses tremblements se faisaient plus violent. S'il ne se calmait pas tout de suite, ses blessures pourraient se rouvrir.

« Eren, calme toi, inspire, expire, insp- »

Le gamin entrait dans une panique totale, il ne pouvait plus arrêter ses larmes, ses halètements, ses tremblements il ne pouvait plus respirer convenablement. Il commençait à jeter des regards terrorisés autour de lui, alors que le sang commençait à se faire voir par-delà ses bandages, ses blessures se rouvrant. L'infirmière n'eut pas d'autres choix que d'appeler les docteurs qui arrivèrent en vitesse, et qui tentèrent de contrôler le jeune garçon qui se débattait sans remarquer qu'il ne faisait qu'empirer son cas. Puis, à force de trembler, de haleter, de pleurer et de se débattre, il se fatiguait, et commençait à perdre de l'énergie dans ses mouvements. Les médecins en profitèrent pour lui administrer un calmant, avant de le ramener au bloc pour s'occuper de ses blessures qui s'étaient remises à saigner. Après avoir reçu de nouveaux soins, on l'avait ramené dans sa chambre, pour qu'il se repose.

Les médecins avaient parlés de son cas. Ils en avaient déduits qu'Eren avait subit un énorme traumatisme, et qu'une amnésie partielle, voir sélective, pouvait s'instaurer, d'où le fait qu'il ait oublié – ou plutôt non accepté – le sort de ses parents. Ils s'étaient mis d'accord sur le fait qu'Eren aurait besoin d'un énorme soutient s'il ne voulait pas risquer de finir comme son père. Après tout, qui ne devenait pas fou en voyant son propre paternel commettre un meurtre sous ses yeux ? Meurtre de sa maternelle, qui plus est ? Quel jeune enfant n'aurait pas de séquelles psychologiques après un tel événement ? Les docteurs voulaient à tout prix éviter que le jeune garçon souffre ou se retrouve avec de séquelles trop importantes. C'est pourquoi ils avaient décidés qu'Eren serait suivi par un psychologue. Ils se dirent que parler avec Levi – seul autre survivant – lui ferait peut-être du bien aussi. Mais ce dernier n'avait jamais répondu au téléphone, et évitait toujours le sujet lorsqu'il se rendait à l'hôpital. Ils ne purent donc jamais le mettre au courant. Eren, lui, fut aidé psychologiquement. On lui assigna un psychologue, même si le petit ne parlait pas énormément. Lorsqu'il put enfin sortir de l'hôpital, sa famille ne voulut pas de lui. Mais il fut recueillit par sa généreuse vieille voisine, qui habitait la maison près de la sienne. Comme ça, il ne se sentait pas trop loin de chez lui.

Un jour, alors qu'il était chez cette voisine, il s'était mis à parler tout seul.

« A qui parles-tu ? » lui avait demandé la vieille dame.

« A mes parents ! » lui avait répondu le jeune garçon. La vieille dame lui avait ensuite sourit d'un air triste, mais n'avait rien dit. Elle estimait que ça lui faisait une protection, de parler à ses parents, que ça lui comblait son vide de parler au fantôme de ceux qui avaient toujours étés là pour lui. Les docteurs, ainsi que le psychologue, bien que sceptique, pensèrent de la même manière. Pour eux, ça ne ressemblait qu'à un enfant qui se sentait seul, triste, et qui parlait à l'esprit de ses parents comme compensation. Ils ne se doutèrent jamais qu'Eren avait véritablement oublié l'accident, qu'il avait traité comme un cauchemar, qu'il pensait véritablement que ses parents étaient toujours là, juste trop occupés pour s'occuper de lui, et qu'il avait commencé à considéré la vieille voisine comme sa propre grand-mère, pour que le reste de ses pensées soient cohérentes. Il avait continué le violon, prenant des cours, comme compensation également.

Et puis, cinq ans plus tard, alors qu'Eren avait quinze ans, la vie fit son boulot, et la vieille dame décéda de vieillesse. Eren se sentit... Seul à nouveau. Abandonné. Attristé. Il ne pouvait vivre dans un monde où tous ceux qui s'étaient occupés de lui mourraient. Alors, il retourna à sa maison – sa vraie maison. Il utilisa l'argent que ses parents lui avaient laissés pour payer la maison et les cours, et commença des petits boulots. Et c'est comme ça qu'il commença sa vie indépendante, tout en croyant que ses parents étaient toujours là. Juste trop occupés pour s'occuper de lui et être absents souvent, ayant quelque chose pour ne pas travailler, ce qui l'obligeait à travailler lui même, de plusieurs petits boulots dans la semaine. Il s'était imaginé des raisons pour tout, à en dévier ses propres souvenirs. Il avait continué à joué du piano chez lui, ainsi que le violon, mais il avait arrêté les cours de violon, trop coûteux pour lui, qui n'utilisait son argent que pour ses besoins, et l'argent de sa mère pour la maison. Car, techniquement, c'était toujours la leur.
Et c'est comme ça qu'il avait peu à peu sombré dans une vie imaginée. Puis, un jour, le masque de sa vie avait volé en éclats.