Salut salut ! Prêts pour le nouveau chapitre ? J'espère que oui !

Merci encore pour les reviews, les favoris et les follows !

Disclaimer : One Piece, à moi ? La bonne blague ! Il est à E. Oda et le restera toujours !

Enjoy ^^


ARC 1 : L'INTÉGRATION

CHAPITRE 9 : Again and again

« Je vais devenir folle, Marco ! Je n'en peux plus... » Gémis-je.

Le Phoenix s'approche de moi, me prenant par le poignet pour m'emmener à sa suite. Je me laisse faire. Le mois dernier a été un vrai supplice. Je vais finir par péter un câble, vraiment.

« Est-ce que tu as eu des… Comment te faire comprendre ? Est-ce que cette chose qui semble t'épier s'est manifestée ?

- Manifestée… ? Que veux-tu dire par-là ?

- Est-ce qu'elle est entrée en contact avec toi ? Poursuit Marco.

- Non, non ! Je… Je ne comprends pas. »

Il soupire et m'adresse une sorte de regard compatissant.

« Je veux comprendre, Marco. J'ai besoin de savoir.

- Il est encore trop tôt, Clara. »

Je me défais de son emprise et rebrousse chemin.

« Oi, où tu vas comme ça ?

- Je vais voir Ruben, j'ai besoin d'aller me défouler. Si tu n'as rien de plus à me dire, alors je m'en vais. »

J'adresse un regard derrière moi, assez longtemps pour voir que Marco me fixe partir, les bras ballants.

« Désolé Marco-san, je ne peux pas rester sans rien faire. Il faut que je bouge, que je me défoule. » Terminais-je en lui adressant un petit sourire triste.

Il émet à nouveau un petit soupir désolé.

Marco doit avoir ses raisons. Il sait quelque chose, j'en suis maintenant certaine. Barbe Blanche aussi sait ce qu'il se trame. Et ils ne me disent rien, alors que je souffre de martyre. Je comprends qu'ils puissent refuser de m'en parler tant qu'il n'y a pas eu de manifestations, mais tout de même ! Ça m'a tout l'air d'être assez important pour que je sois mise au courant…

Je retourne dans ma cabine et décide de me changer, optant pour des habits plus confortables pour m'entraîner. Je retire mon jean et mon pull léger, restant en sous-vêtements au milieu de la pièce. Le miroir positionné à côté de la porte me renvoie une image à laquelle je ne suis toujours pas habituée. Je m'approche doucement et contemple mon reflet.

Mon corps a bien changé, depuis que je suis ici. J'ai pris du muscle, et ma morphologie se rapproche de celle des femmes de cet univers, même si j'ai une tout petite poitrine comparé aux infirmières par exemple. Mon teint est matte, j'ai toujours été naturellement bronzée depuis petite, j'ai de très fortes origines italiennes, surtout du sud. Mes cheveux de base auburn presque châtain sont devenus d'un rouge écarlate et flamboyant. Je souris à cette vue. On dirait la chevelure d'Erza, bien que mes cheveux ne soient pas lisses jusqu'au bout, ils font de légères anglaises sur les pointes, qui m'arrivent au-dessus de la poitrine. Mes yeux bleus océan ressemblent à deux lacs.

Mais les cernes qui s'étalent sous mes paupières me montrent à quel point je suis fatiguée.

Je soupire doucement et tourne le dos au miroir, avançant vers l'armoire, de laquelle je tire un short léger, une brassière, un haut de survêtement et une paire de basket confortables. J'enfile ma tenue et attache mes cheveux en une queue de cheval haute avant de sortir.

Sur le chemin, je croise Ace.

« Oh, Clara ! Où vas-tu habillée comme ça ? Fait-il en me reluquant de haut-en-bas.

- Je vais m'entraîner, et arrête ça. » Lui demandais-je en remontant la fermeture de mon sweat.

Il pouffe légèrement, passant un bras par-dessus mes épaules. Nous nous dirigeons en discutant jusqu'à la salle d'entraînement, où Ruben m'attend.

« Je vais enfin voir le fruit de tes entraînements ! Se réjouit le Deuxième Commandant en tapant dans ses mains.

- Je vais t'impressionner, tu verras, Ace ! Ajoutais-je avec un petit sourire.

- Tu as intérêt à donner tout ce que tu peux, sinon je vais t'offrir une correction dont tu te rappelleras… » Me glisse-t-il dans mon oreille.

Son souffle contre ma peau me fais frissonner. Pas de froid, non. Je sers les poings pour me retenir de lui sauter dessus. Foutues pulsions !

« Baka, arrête de me dire des choses comme ça ! » Le réprimandais-je avec un petit sourire.

Je lui tape sur l'avant-bras et il recule les mains en l'air, comme s'il abandonnait. Nous rions tous les deux et rentrons dans la salle d''entraînement.

Ruben est dans un coin de la pièce, se battant contre un punching-ball. Il est en sueur, mais pas essoufflé pour un sou.

« Clara, je t'attendais ! Tu es prête ? Aujourd'hui on va faire un combat amical. Enfin, amical car on ne vas pas s'entre-tuer, mais je compte sur toi pour donner le meilleur de toi-même, car je ne te ferai pas de cadeaux ! »

Il m'offre son sourire le plus carnassier tout en s'épongeant avec une petite serviette. Il boit une gorgée d'eau avant de s'avancer sur le tatamis qui réside en milieu de pièce.

Ace va s'asseoir un peu plus loin, il y a des bancs tout autour du tatamis. Il pointe son pouce en l'air, comme pour me dire que tout va bien se passer.

« Clara, tu t'amènes oui ? S'impatiente Ruben.

- J'arrive, j'arrive. »

Je retire mon haut de survêtement et m'avance sur la piste, m'étirant avant de me mettre en position de combat.

Les pieds ouverts à une bonne distance, l'un un peu plus avancé que l'autre, le torse légèrement tourné, les mains positionnées devant moi, prête à en découdre. Ruben prend position. Il glisse ses pieds horizontalement et pivote vers moi.

Autour de nous, quelques pirates qui s'entraînent également lèvent le nez pour nous regarder.

« Bien, le premier qui immobilise l'autre pendant cinq secondes, comme d'habitude. »

J'acquiesce, étant habituée.

Je me concentre sur mon adversaire. Ruben a une garde parfaite, comme toujours. Je cherche un angle d'attaque qui pourrait le déstabiliser. C'est comme si je revivais la scène. Nous nous entraînons tous les jours, j'ai déjà fait ce combat des dizaines et des dizaines de fois. Mais ce n'est pas pour autant que j'arrive à pénétrer ses défenses. Ruben est très expérimenté. Trop pour moi. Je connais ses points faibles, ils connaît les miens.

Si bien que comme chaque jour, comme chaque fois, je ne trouve aucune ouverture.

En face de moi, Ruben jubile. Nous nous tournons autour, tels deux bêtes sauvages attendant de se bondir dessus. Deux prédateurs qui s'observent.

Il bondit soudain, mais je ne me laisse pas surprendre. Je suis habituée à ses attaques, à ses feintes, à sa manière de bouger et de donner les coups. Ruben vise mon flanc gauche, un de mes points faibles car je suis droitière ! Vivement, je fléchis ma jambe droite et m'appuie sur celle-ci pour éviter le coup. Plus vif que moi, il lève sa jambe qui effectue un mouvement circulaire pour me faucher.

Je m'abaisse rapidement sur mes jambes, mais il en profite pour me déséquilibrer et je tombe à la renverse, heurtant brutalement le tatamis.

Ruben se penche et essayant de se mettre à califourchon sur moi mais je roule sur le côté et me relève alors qu'il est encore en avant. Ma jambe le frappe sur le flanc et il s'affaisse légèrement. Je pense avoir le dessus mais son poing me frappe au plexus et la vivacité du coup me coupe le souffle ; je ne l'ai pas vu venir ! N'ayant pas dit mon dernier mot, je tombe au sol et le balaye, si bien qu'il tombe à la renverse dans un bruit sourd.

Un sourire carnassier s'affiche sur mon visage en sueur à cause de l'effort.

Mais je n'ai pas pensé que Ruben non plus, n'avait pas dit son dernier mot.

Alors avant qu'il puisse faire le moindre mouvement, je m'assois sur lui de tout mon poids, m'empare de ses avants bras et les maintiens fermement pour l'immobiliser. Mais c'est sans compter les nombreuses tactiques du pirate.

« Tu ne crois quand même pas que ça va se finir comme ça ? Tu commences à me connaître, maintenant, non, Cla-san ? » Souffle-t-il dans un murmure à peine audible tandis que je hausse un sourcil.

Il donne un coup de hanche et c'est moi qui me retrouve dominée. Il glisse tel un serpent derrière moi, passe un bras autour de mon coup, l'autre me tenant dans le dos. Il me fait une clé de bras qui me neutralise totalement, la douleur irradiant jusqu'à mon épaule et se propageant dans mon abdomen. Ne pouvant bouger, je frappe le sol dans un élan de colère avec ma main non maîtrisée.

Putain, c'est pas la première fois que ça arrive !

« Un, deux, trois... »

Le décompte commence.

« Quatre, cinq ! »

Mes yeux se ferment alors qu'il me relâche. La douleur est si intense dans mon bras droit que je me masse l'épaule pendant quelques temps.

Je me relève doucement, sous les yeux d'un Ruben très satisfait et d'un Ace qui affiche un petit sourire taquin, tout en jouant avec son collier de perles rouges.

« Ace, aucun commentaire. Fais-je en élevant la voix pour qu'il m'entende depuis les bancs.

- Clara, accepter la critique est quelque chose d'élémentaire !

- Je sais Ruben, je sais. Mais c'est comme ça à chaque fois, rien n'y fais !

- Quand ton Haki de l'Observation se sera développé, je t'assure que ça sera plus simple pour toi. Mais la technique est là. Ne crois pas que tu es bonne à rien, ça n'est pas vrai. »

Je soupire en levant les yeux au ciel. A vrai dire, la seule chose qui m'importe vraiment à cet instant, c'est le regard que porte le Deuxième Commandant sur moi. Je m'approche de lui et il me jette mon sweat ainsi qu'une serviette pour m'éponger.

Nous nous fixons tandis que je me rhabille.

« J'espère que tu es prête pour ta correction, hum ? »

Je fronce les sourcils sous l'effet de la surprise.

« Qu'est-ce que tu viens de dire ? Demandais-je.

- Tu as déjà oublié ? Même si tu t'es battue contre Ruben du mieux que tu as pu, ce n'était pas suffisant. Me taquine Portgas.

- C'est que... »

Avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, il m'attrape par le poignet et me tire à sa suite. Mes mots ne veulent pas sortir. Ils sont coincées dans ma gorge, où bien est-ce moi qui ne sait quoi dire, qui refuse de parler ?

Ace marche d'un pas pressé à travers les couloirs jusqu'à pousser la porte de ma cabine avec une certaine hâte, perceptible dans l'air. Cette insupportable tension est de retour. Je déglutis rien qu'à imaginer ce qu'il pourrait se passer maintenant que nous sommes tous les deux dans ma cabine. Seuls.

« Ace, tu ne devrais pas… Non, on ne devrait pas... »

Il ne réponds pas, toujours dos à moi. Il se tourne d'un seul coup et m'adresse un regard de braise, sans mauvais jeu de mot.

Toujours sans parler, il avance et je veux reculer, mais il glisse un bras derrière moi pour m'empêcher de fuir. Collée contre son torse, je suis comme paralysée, j'ose à peine respirer.

« C'est normal que l'on ai des pulsions, et je ne suis pas le seul, n'est-ce pas ? Dit-il doucement en me regardant droit dans les yeux.

- Je n'ai pas envie de le faire avec toi si finalement rien ne dure… Ce n'est pas cette relation que je veux entretenir avec toi, Ace. »

Il se mord la lèvre et mon esprit s'embrouille à cette vue si sensuelle.

Bordel de nouilles pas fraîche, reprend toi, ma vieille ! Bon, ça fait un petit moment que je n'ai pas eu d'aventure et ça devient difficile pour moi de me retenir mais tout de même, je vaux mieux que ça ! Je refuse de me laisser aller avec lui si notre relation devient purement charnelle. Car il y a quelque chose derrière. Je ressens d'autres sentiments pour Ace.

« Je vis ma vie de façon à ne jamais rien regretter. Alors ne me fais pas dire le contraire Clara. »

Je ne sais quoi répondre et je sens mes joues chauffer de plus en plus. Tout s'embrouille dans ma tête, entre le fait qu'Ace soit à quelques centimètres de moi et la douleur qui me vrille le crâne, plus rien ne va.

Ce n'est pas comme si les choses allaient forcément bien, mais là tout est parti en vrille. Réellement. Je ne contrôle plus rien et la situation m'échappe peu à peu. Mes mains se posent sur les joues du brun et mon regard se perd dans le sien.

Comment faire maintenant ? Puis-je ignorer les signaux que m'envoient mon cœur ?


Les gestes de Hiken se voulaient assurés, confiants, mais avoir Clara aussi près de lui faisait voler en éclat tout son self-control. Plus d'un mois qu'il se retenait de l'enfermer et lui faire vivre la meilleure nuit de sa vie.

Il ne savait plus très bien où il en était, si c'était purement une attirance sexuelle ou si il y avait plus. S'il n'y avait pas plus, il n'aurait pas regardé ses nakamas aller se soulager dans le bordel du coin sans les suivre. Ils avaient tous des envies après un long moment passé en mer, et les prétendantes ne manquaient pas ! Leur renommée faisait son travail, et ils cueillaient les femmes dans leur bras.

Mais là, c'était différent. Il ne pouvait s'empêcher de la taquiner tout le temps, de chercher son regard, de sourire lorsqu'elle était heureuse, de s'inquiéter si elle ne venait pas déjeuner, d'être un peu jaloux lorsqu'elle passait ses journées avec Zakuro, Ruben ou même Marco, lorsqu'ils dessinaient tous les deux dans la salle de navigation.

Le regard profond de la jeune femme lui intimait de faire quelque chose, et vite !

Il prit son courage à deux mains et poussa la jeune femme contre la porte. Clara buta contre le mur et grogna légèrement, mais se laissa faire. Ace plaça ses mains de chaque côté de son visage et posa son front sur le sien. Il ne bougea pas pendant une dizaine de secondes, fermant ses yeux au contact agréable.

« Je ne sais plus trop où j'en suis, mais je sais que j'ai envie de faire ça avec toi.

- Moi aussi. »

D'abord surpris par la réponse de la rouquine, il retira sa tête de la sienne et attrapa le menton de la jeune femme pour venir planter ses iris obsidienne dans ceux océan de sa partenaire.

« Qu'est-ce qu'on attend, alors ? »

Il se rapprocha brutalement du visage de la rousse, une main retraçant les courbes de son corps tortillant sous le sien. Clara laissa ses mains se perdre dans la chevelure du brun. Ses lèvres étaient charnelles, une douce courbe tentatrice. Il allait l'embrasser lorsqu'une sonnerie stridente retenti.

Ainsi coupés dans leur élan, la frustration s'empara d'eux alors que Clara, reprenant ses esprits, le repoussa vivement.

« Ace, qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle, perdue.

- Merde. Se contenta de jurer le Prince des pirates. Surtout reste ici, ne bouge pas et enferme-toi. Déplace un meuble contre la porte quand je serai parti. Les Marines n'ont pas le droit de toucher aux infirmières car elles ne font que leur travail, mais si tu restes ici c'est différent. Ils te prendraient pour une pirate. Alors je t'interdis de sortir de ta cabine. Compris ? »

Ils se faisaient attaquer ! La Marine était ici ! Refusant de rester sans rien faire, Clara répliqua.

« Je vais aller rejoindre Rina-san ! Je dois servir à quelque chose.

- Je refuse, tu dois passer sur le pont pour aller à l'infirmerie ! »

La jeune femme se mordit la lèvre. Elle avait oublié que l'infirmerie ne se trouvait pas du même côté du navire que les cabines et les dortoirs.

« Je pourrai me défendre, s'il te plaît ! »

Il secoua la tête de droite à gauche avec un air sérieux.

« C'est non. Fais ce que je t'ai dit. Je viendrai toquer à ta porte et tu pourras sortir. »

Ce n'était plus Ace, son ami et plus si affinité qui lui parlait, mais le Commandant, celui qui prenait des décisions importantes pour assurer la protection de ses nakamas.

« C'est d'accord, Commandant Ace-sama. » Abandonna Clara en lui répondant solennellement, l'appelant par son nom de « dirigeant ».

Son vis-à-vis eut un sourire en coin, il remit son chapeau orange sur son crâne, ouvrit la porte et la referma derrière lui doucement. Clara l'entendit courir. Elle se dépêcha de verrouiller la porte de l'intérieur et de faire glisser une commode contre celle-ci. Elle s'assit dos à la commode, n'ayant pour seule option que d'attendre que le temps passe et que la bataille se termine.

Elle pensa à l'éclat dans les prunelles du Commandant. Cet éclat avait disparu à l'instant où la sonnerie les avait coupé. Comme si rien ne s'était passé. Comme si ce qui avait failli se produire n'existait plus. Comme s'il avait oublié.


Tandis que je sors avec crainte de ma cabine derrière Ace, je ne peux m'empêcher de le détailler. Il a une vilaine entaille sur le dos et quelques égratignures.

« Tu devrais aller voir Rina-san. »

Au lieu de me répondre, il m'attire à sa hauteur et pose une main sur ma tête.

« Tu vois ça ? Fait-il en essayant de regarder derrière son dos, pointant du doigt sa blessure encore un peu sanguinolente. Imagine ce qu'il te serait arrivé si tu étais sortie ! Je n'agis pas comme si j'étais tout puissant, mais ils m'ont touché alors que je suis un Logia. »

Il me lance un regard entendu, signifiant sûrement : « tu as bien fait de m'écouter ».

Même si j'ai assez mal pris ses recommandations, il a endossé son rôle de Commandant et a su prendre la bonne décision pour que je ne sois pas blessée. Sous ses airs de pyromane-glouton-narcoleptique, c'est quelqu'un de très sérieux qui a le sens des responsabilités ! Après tout, il n'est pas le Deuxième Commandant pour rien.

« Maintenant c'est à toi de m'écouter, Ace. Vas te faire soigner, s'il te plaît. »

Il me sourit en fermant les yeux, pouffant légèrement.

« C'est d'accord. »

Nous sortons sur le pont supérieur et pénétrons dans l'autre aile du Moby Dick. J'ai pu constaté l'étendue des dégâts. A certains endroits les rambardes et le bastingage sont brisés, une des voiles est déchirée, et des mats menace de s'effondrer !

« Ils étaient combien ? Demandais-je, abasourdie par les pertes.

- Une flotte de dix. C'est le minimum pour un Empereur ! Même si ces enfoirés n'ont toujours pas compris que ça ne servait à rien... »

Ainsi, même les Yonkous ne sont pas intouchables ? Je pensais que la Marine les laissait régner « en paix » sur le Shin Sekai, puisqu'il est séparé en plusieurs territoires appartenant aux Empereurs…

« Pourquoi cette attaque ?

- A cause de Shanks. La Marine voit d'un très mauvais œil les rencontre entre Yonkous. Cela pourrait signifier une alliance ou pire, une guerre ! Ils font tout pour empêcher que cela arrive. Ils laissent les Empereurs faire leurs affaires mais interviennent quelques fois, et voilà ce qui arrive… » Se désola Portgas en secouant la tête et soupirant.

Je me souviens maintenant d'un passage dans le manga, où la Marine avait envoyé des flottes contre Shanks le Roux pour éviter la rencontre avec Edward Newgate.

Nous arrivons vers l'infirmerie, une file de pirates blessés s'étend jusqu'au bout du couloir. Certains sont bien amochés.

« Est-ce qu'il y a eu des morts ? » Fis-je doucement.

Le visage d'Ace se ferme et il baisse légèrement la tête.

« Oui, nous allons faire la cérémonie une fois que tout le monde se sera fait soigner. »

Je me mords la lèvre. On oublie souvent que la mort se trouve à notre porte, surtout dans un monde de pirate. Lorsque l'on lit le manga, la présence de la mort de nous saute pas aux yeux car rares sont les ennemis « tués », on voit souvent Luffy laisser la vie à ses adversaires. Le seul moment où nous avons vraiment vus des morts, c'était pendant MarineFord.

« Ne fais pas cette tête, la mort est quelque chose de courant dans ce monde. Il faut l'affronter. »

Ace a raison, dès que j'aurai appris à combattre, que je participerai à tout ça, j'y serai moi aussi confrontée. C'est inévitable.

Soudainement, ma tête me lance à nouveau. Je retiens un gémissement de douleur et plaque avec fureur mes mains contre mon front. Putain de merde.

« Ace, je dois retourner dans ma cabine, je ne me sens pas bien.

- C'est à cause des morts ? »

Je voulant pas qu'il apprenne la vérité, je hoche la tête et rebrousse chemin avec rapidité, ne pouvant plus supporter la tension qui règne dans mon esprit. Il est comme plombé par une force qui me dépasse totalement, impossible de m'en défaire. Je me sens de plus en plus épiée par quelqu'un, par quelque chose. Même sans Haki, je parviens à le sentir. Je ne sais pas ce que c'est, encore moins qui c'est, si c'est un humain. Et j'ai peur. Peur de savoir ce qui se trame vraiment.


Les barques s'enflammaient dans le lointain. Les flammes ne mourraient pas malgré le vent et les vagues, tel un brasier mort que l'on voudrait prolonger. Les gerbes de feu s'élevaient dans le ciel, emportant dans les eaux agitées du Nouveau Monde les cendres des corps enflammés.

« Davy Jones gardera leurs cendres à jamais. »

La voix de Marco retentit sourdement dans les oreilles de Clara. Elle ne pleurait pas. Ses yeux étaient fixées sur les barques et les flammes. Elle n'entendait pas les sanglots de certains pirates proches des défunts. Rien ne l'atteignait.

Seul le martèlement infernal sur son esprit la hantait. De plus en plus fort. Incessant. Monotone. Un véritable carcan l'enserrait. Des menottes dont elle n'avait pas la clé. Qu'elle ne pouvait pas retirer. Elle était juste prisonnière de la situation, observatrice de choses qu'elle ne pouvait pas contrôler. Clara sentait que ça allait mal tourner.

Vous savez, ce pressentiment qui vous prend aux tripes lorsque cela fait des jours et des jours que vous dormez seulement quelques heures par nuit, ce pressentiment qui vous hurle que quelque chose d'horrible va se produire ?

La clé.

Elle devait la trouver.


Alors ? Qu'en pensez vous ?

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Hug !