Salut salut ! Comment ça va bien ? J'espère que vous êtes prêts pour un nouveau chapitre des OS'A ! *jingle en fond*

Merci encore pour toutes les reviews, les favoris et les follows !

Disclaimer : Pourquoi je dois le dire ? BOUHOUHOU ! One Piece n'est pas à moi...* Part bouder en chouinant*

Enjoy ^^


ARC 1 : L'INTÉGRATION

CHAPITRE 10 : Dignité et sincérité, amitié et amour

Assise sur une caisse en bois sur le pont supérieur, je dessine sans grande volonté. Une mouette qui prend le soleil, posée sur le mat principal me sert de modèle. J'ai bien tenté de faire une reproduction d'une scène de poker entre mes frères de cœur, mais ils sont partis avant que j'ai pu finir. Ce dessin restera une esquisse.

Plongée dans mes pensées, je sursaute lorsque deux mains se posent sur mes épaules.

« Clara !

- Ace, tu m'as bien l'air joyeux aujourd'hui !

- Regarde ça !

- Ne crie pas, je vais regarder ! M'amusais-je en saisissant le papier qu'il colle contre mon visage.

C'est un avis de recherche, celui de Luffy ! Sa prime est de 30 000 000 de Berrys, il a donc vaincu Arlong !

« Tu as vu, c'est mon petit frère !

- J'ai vu Ace, arrête de crier, ça me donne mal au crâne. »

J'ai déjà mal à la tête. Mais je suis habituée, hum ?

Je lui rends la prime et me lève, coinçant mon carnet à dessin dans la ceinture de mon short. Je m'appuie contre le bastingage, perdant mon regard dans l'immensité de l'océan. Le brun se positionne à côté de moi et passe son bras par-dessus mon épaule. Il me presse contre lui et joue avec une de mes mèches de cheveux. Je soupire bruyamment.

« Un problème ? »

Ainsi collée contre lui, je peux entendre les battements de son cœur. Le mien martèle violemment dans ma poitrine. Nos organes vitaux cognent dans nos poitrines, nous poignardant de l'intérieur, c'est pourtant une sensation agréable.

« Non. »

Si.

« Je me pose des questions. Je ne sais pas ce qu'il est advenu de moi là-bas, chez moi. Et je ne sais pas ce qu'il adviendra de moi ici.

- Je pense que tes parents et tes amis auraient voulu que tu vives ta vie comme si tu allais mourir à chaque instant. Je ne les connais pas, mais c'est ma manière de voir les choses. Tu devrais faire comme moi, jamais de regrets, quitte à avoir des remords ! Je t'assure que se lâcher de temps en temps peut te faire du bien.

- Tu as raison, tu m'apprendras ? Fis-je taquine, avec un sourire en coin.

- Évidemment ! »

Il rit avec joie et j'en oublie presque mes soucis. Tout devient plus clair quand il est à mes côtés.

« Que sais-tu sur mon petit frère ? »

Sa question inattendue me déstabilise.

« Luffy ? Eh bien, je connais les membres de son équipage, sa famille, son fruit du démon. Et d'autres choses aussi.

- Comme ? Continue Ace en se détachant de moi et en me regardant droit dans les yeux.

- En vérité, beaucoup de choses. Je réponds en baissant la voix.

- Notre passé ? »

J'acquiesce simplement. Son visage s'assombrit d'un coup, et il détourne le regard, que je soutenais jusqu'à présent. J'aimerai tellement lui dire que Sabo est en vie ! Mais il est préférable qu'il l'apprenne par lui-même.

« Je sais que tu le sais. Tu nous l'as déjà dit. »

Il parle de Gol D. Roger, son père.

« Mais je veux te poser cette question quand même. Et si Gol D. Roger avait un fils ? »

Je baisse les yeux en me mordant la lèvre inférieure. Finalement, le brun m'a posé la fameuse question.

« Je pense que sa vie ne doit pas être facile, il faudrait qu'il montre sa vraie valeur car on le considérerait et le comparerait toujours à son père. Mais tu sais Ace, je ne vais pas m'offusquer de ta paternité, je t'apprécie tel que tu es, même ayant Gol D. Roger pour père. Je ne t'apparente pas à lui, pour moi, tu es Portgas D. Ace, et personne d'autre. Ta paternité n'a aucune importance, vraiment. L'homme que je vois en face de moi n'est pas Roger, seulement Portgas D. Ace, fils de Barbe Blanche, Commandant de la Deuxième Division. »

Il est interloqué.

Il ne devait pas attendre de moi une telle réaction. Il semble soulagé et quelque peu désolé d'avoir douté de moi. Pensait-il que j'allais m'offusquer pour une telle broutille ? Peu importe son ascendance, il est Portgas D. Ace, un point c'est tout.

« Merci.

- Ce n'est rien, juste la vérité. Souriais-je. Tu pensais vraiment que ça allait suffire pour te débarrasser de moi ?

- Ce n'était pas mon but Clara. » Fit-il en me collant contre son torse.

Je me contente de sourire. Les mots sont coincés dans ma gorge.

« Je suis désolé pour ce qu'il s'est passé hier. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. »

Mes joues se réchauffent brusquement.

« Tu avais tes raisons. Et moi aussi. Mais j'aurai dû te gifler pour ça. Disons que tu m'en dois une puisque je ne l'ai pas fait, hum ?

- Je suis allé trop vite, comme d'habitude. Ça n'arrivera plus, tu as ma promesse. Je déteste avoir des dettes, mais je n'ai pas le choix.

- Heureuse de l'entendre. A moins que tu veuilles que je te gifle maintenant ?

- Je m'en passerai, merci. Fait-il sur un ton ironique.

- Tu devrais arrêter de te comporter comme si tu étais tout puissant !

- Mais je suis tout puissant ! » Se justifie-t-il en riant franchement.

Je lève les yeux au ciel tandis qu'il m'attire à nouveau contre lui, un sourire digne d'un porteur du D. collé au visage.


Nous mangeons tous ensemble au réfectoire, dans la bonne humeur. Mais je sais que cette facette joyeuse ne sert qu'à camoufler la tristesse de certains. Ace essaye de me faire sourire comme il le peut. Ne voulant pas le laisser en reste et appréciant ses efforts, je décide de lui reparler de Luffy.

« Normalement, tu aurai dû retrouver Luffy sur une île du Paradis : Alabasta ! Mais comme j'ai altéré le futur, il serait mieux que tu fasses en sorte d'y aller. Comment je ne sais pas, mais je pense que tu as envie de le revoir, n'est-ce pas ?

- Évidemment, c'est mon frère après tout ! Je m'arrangerai pour me rendre là-bas, ne t'en fais pas. D'après toi, dans combien de temps il y sera ?

- Étant donné qu'il vient d'avoir sa première prime, il a battu Arlong, donc ils sont encore sur East Blue. Dans quelques mois, sans doute ! Réfléchis-je, tête penchée sur le côté.

- Bon, ce n'est pas encore le moment alors ne te compliques pas la vie, nous verrons bien plus tard. Me souris le jeune homme avant de prendre une nouvelle bouchée de viande.

- Morfale ! » Riais-je.

L'ambiance se veut agréable, un homme entame un air au piano et fredonne quelques notes. Je me prélasse sur ma chaise tandis que je vois Thatch s'avancer vers moi.

« Et bien Cla-chan, comment vas-tu ? »

Je souris tendrement à l'entente du suffixe placé derrière mon prénom. Il a commencé à m'appeler comme ça depuis que je l'ai sauvé.

Il prend place sur une chaise qui traîne vers notre table et s'installe à mes côtés. Il m'impressionne encore un peu, il est très grand par rapport à moi !

« Je vais bien, mais ça pourrait aller mieux si cet abruti de pyromane arrêtait de s'endormir toutes les trente secondes ! Il y a des fois où c'est impossible de tenir une conversation avec lui…

- Il est désespérant, pas vrai ? S'amuse le Quatrième Commandant.

- Oui ahah, mais nous l'aimons comme ça ! »

Je capte le regard de Thatch, qui semble joueur.

« Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit de mal ?

- Rien, bien au contraire ! Tu as cru que je n'avais pas remarqué ton petit jeu avec Ace, hum ?

- De quel jeu parles-tu ? Fis-je, essayant vainement d'esquiver les questions.

- N'oublie pas que moi aussi je suis passé par là quand j'avais ton âge, Cla-chan ! C'est tout à fait naturel.

- Il n'y a rien entre Ace et moi. Enfin si. Non. C'est compliqué. M'embrouillais-je en balbutiant.

- Marco a remarqué, et moi aussi. Ajoute-il doucement. J'ai toujours pensé que ce genre d'histoire n'avaient pas à avoir lieu sur un navire pirate.

- Je dois le prendre comme un avertissement ?

- Non, pas du tout ! Au contraire, je connais Ace, il ne s'est jamais ouvert à une femme comme il l'a fait avec toi. Tu dois prendre soin de cette relation et l'entretenir. Je sais que peux lui apporter beaucoup de choses, comme lui t'en apporteras également. Il dort encore, donc je vais te poser une question. Est-ce que tu l'aimes ? »

Je n'ose pas répondre. Mon regard coulisse sur Ace, endormi dans son assiette depuis maintenant quelques minutes. Je l'aime ? Non, c'est trop simple. Je n'ai pas pu tomber amoureuse de lui en si peu de temps. Ce n'est pas de l'amour, mais il y a quelque chose.

« Je ne suis pas amoureuse, Thatch-san, mais s'il continue à agir comme ça, alors il se peut bien qu'il finisse par voler mon cœur. »

Ça me tue de l'admettre, mais c'est la vérité.

« Fais les bons choix, Cla-chan. »

Thatch se lève, m'enlace furtivement et disparaît à travers les tables. Le bruit distinctif des masticages parvient à mes oreilles. Ace est réveillé et a repris son repas comme si de rien n'était.

Je dois admettre qu'il m'a charmé, et pas qu'un peu. J'ai fini mon repas depuis déjà bien longtemps alors je décide de me lever pour retourner m'entraîner, comme chaque jour depuis que j'ai intégré l'équipage.

Ma tête me tourne brusquement, comme lorsque l'on se lève trop vite et que l'on voit flou. C'est la même sensation détestable. A l'instant où je commence à reprendre mes esprits, une voix s'immisce à l'intérieur et vrille dans mon corps tout entier. Je me sens possédée par une âme qui n'est pas la mienne.

Et bien ma belle, il était temps, n'est-ce pas ? Cela fait longtemps que j'attendais ce moment ! Tu ne peux plus m'ignorer…

C'est un homme qui me parle, sa voix est suave et mielleuse, comme empreinte de bons sentiments hypocrites. La douleur qui me parcourt est bien supérieure à celle ressentie ce dernier mois. Elle la dépasse en tout point. C'est insoutenable ! Elle me ronge de l'intérieur, j'ai l'impression que ma tête va exploser.

Je m'accroche désespéramment à la table, ne pouvant dire le moindre mot pour prévenir Ace à quelques centimètres de moi.

Il est l'heure ma belle, plus tu me refoules et plus tu souffres… Tu dois me faire confiance ! Susurre la voix.

Je veux qu'elle se taise, il le faut ! C'est comme si chaque mot résonnait en moi avec une ampleur qui me dépasse. Ses paroles s'impriment dans mon esprit, elles me torturent.

« Clara ! »

Ace réagit alors que mon souffle devient court.

« Oi, ça ne va pas ? »

Je ne peux répondre. Je respire par saccade, l'air me manque.

Cette chose en moi… Je l'entends !

On me consume de l'intérieur, plus je résiste, plus je me fais du mal. Mais je dois résister, il ne faut pas que la chose prenne le contrôle. Sinon, ce sera la fin. La fin de tout.

La suite n'est que douleur.


Une sensation de flottement étrange se répand dans mon corps. Suis-je morte ? Non, c'est bien pire que la mort.

« Putain de merde, réveille-toi oui ! »

La surprise du coup sur ma joue ne suffit pas à ce que je sorte de mon drôle de coma.

J'ai envie de remonter, de me sortir de cette sensation étrange et malsaine, mais on me retient. On m'empêche de me réveiller, de retrouver le monde des vivants. On me consume de l'intérieur, on me fait du mal, et il m'est impossible d'arrêter ça. Je veux crier, mais aucun son ne sort. Un ricanement se fait entendre, et des yeux vairons apparaissent dans mon champ de vision. Tout autour est noir, c'est l'obscurité totale. Les pupilles de cette chose brillent dans le néant, elles l'illuminent. Il y a dans ces yeux une lueur malsaine, dangereuse et meurtrière.

J'ai peur. Peur de ne pas savoir ce qui m'arrive. Mes yeux se ferment à nouveau, je ne veux pas savoir ce qui se passe.

« Viens Clara… »

Mes yeux se rouvrent subitement.

« Allez viens, rejoins-moi ma belle… »

Me tournant vers l'origine de la voix, je pâlie à vue d'œil. Où suis-je ? Une sorte de trou noir lévite dans l'air ambiant, aspirant les limbes de mon esprit. La voix vient de là.

« Ma belle… »

J'ai peur, l'angoisse et la crainte m'animent, mais je suis désireuse de savoir ce qui se trouve de l'autre côté du trou noir. Je m'avance doucement, une main tendue. La curiosité est un vilain défaut.

« C'est bien ma belle ! Rejoins-moi ! »

Cette voix me charme. Je suis comme ensorcelée. Plus rien ne peut m'arrêter dorénavant.

« Continue Clara, avance… Il est temps… »

Les iris vairons m'hypnotisent. Cette fois, j'avance contre ma volonté.

« Je vais enfin avoir les pleins pouvoir ! Fais-moi entrer ! »

Non. Je ne dois plus avancer. Ces mots me réveillent brutalement. Reculant, je demande, apeurée.

« Qui êtes-vous ?!

- Tu le sauras bien assez tôt ! C'est dommage, j'avais presque réussi ! Le moment n'est pas encore venu on dirait. Tu es plus déterminée que tu ne le montres. Mais je réussirais, sois en sûre… »

Il suffit de cette réplique pour que je rouvre les yeux et inspire une grande bouffée d'air, comme si j'en avais été privée.

« Clara, répond-moi !

- Ace... » Articulais-je péniblement, le corps parcouru de spasmes.

Hiken me couvre de son regard protecteur. A ses côtés, un des docteurs, Rina et Thatch.

« Clara, inspire et expire doucement. » Me conseille Rina.

Je m'exécute sans broncher, encore secouée par ce qu'il vient d'arriver. Le doc me fait me relever en position assise et prend ma température qui n'a rien d'anormale. Il me dit qu'il ne peut rien faire de plus à part me conseiller de me reposer. Rina acquiesce et demande à Ace et Thatch qu'ils me conduisent jusqu'à ma cabine.

Ils m'aident à me relever doucement et je fais quelques pas, chancelante.

« Marco, il faut que je parle à Marco ! » M'écriais-je une fois mon calme retrouvé.

Ace ne cherche pas à comprendre et rebrousse chemin, me laissant aux bons soins du Quatrième Commandant.

« Viens Clara, tu dois aller dormir un peu. Marco va bientôt arriver. »

Il ouvre la porte de ma cabine, ne me quittant pas d'une semelle.

« Je dois me doucher et me changer, je suis transpirante. »

Le châtain me lance un sourire réconfortant avant de quitter ma cabine. Marco entre quelques secondes plus tard, ordonnant à Ace de ne pas nous déranger.

« Clara, explique-moi ce qu'il vient de se passer.

- Ces manifestations dont tu me parlais… J'ai entendu une voix qui m'appelait. C'était la voix d'un homme, il voulait que je le rejoigne… J'étais comme ensorcelée, mais à l'instant où il a dit qu'il aurait enfin les pleins pouvoirs, c'est comme si on m'avait donné une claque, et je me suis immédiatement rendue compte qu'il ne fallait pas que j'avance plus. »

Le Premier Commandant me fixe intensément de ses prunelles cobalts, comme s'il attendait quelque chose.

« Tu es en sueur, va te doucher et repose-toi. Je viendrais te chercher et nous irons parler à Père.

- Marco je t'en pris dis-moi ce qu'il se passe ! Je ne comprends pas... »

Ce n'est pas un vent que je me prends, mais une tornade. Monsieur ne daigne répondre, en bon représentant de l'indifférence et du je-m'en-foutisme. Il m'ignore royalement, sortant simplement de ma chambre. J'entends à travers le mur les exclamations de voix de Ace et Thatch, qui veulent savoir ce qui se trame.

Je rage intérieurement, en colère contre Marco. Il a intérêt à avoir une bonne raison de me cacher tout ça.


« Tu penses qu'ils racontent quoi là-dedans ? Se questionna Thatch, tournant en rond depuis une heure et des poussières devant la cabine du paternel.

- Aucune idée Thatch ! Tu penses que Clara a fait une bêtise ? » Demanda à son tour le brun aux tâches de rousseur, appuyé contre un mur.

Le plus vieux dodelina de la tête en soupirant. Irrécupérable, ce gamin.

Les deux se demandaient bien ce que leur jeune sœur avait pu faire de mal pour être enfermée dans la chambre de l'ancien. On entendait Marco crier, jurer dans sa barbe, lui normalement si maître de lui-même et aussi chaleureux qu'un glaçon, et il nous parvenait le son du rire si étrange de l'ancêtre. Il devait vraiment avoir un gros problème.

Ace s'approcha doucement de la porte, tendit l'oreille et resta campé là, essayant en vain d'entendre quelques bribes de phrases.

« Ace, arrête d'écouter aux portes !

- Tu veux autant que moi savoir ce qu'il se passe alors chut ! » Lui intima Ace en mimant le geste.

Le brun, tous les sens en éveil, parvenait à percevoir quelques mots.

« Mais pourquoi moi ? Je n'ai rien fait pour qu'il me choisisse !

- Gurarara ! Je savais bien que tu avais du potentiel ma fille !

- Comment va-t-elle réussir à la contrôler… »

Ce sont les seules phrases que le Deuxième Commandant arriva à entendre, puisqu'il fut brusquement rejeté en arrière. La porte a été ouverte par un Phoenix passif, tenant la jeune femme rousse par le bras.

« Marco lâche-moi ! Je refuse d'y aller ! Supplia Clara, essayant tant bien que mal de se défaire de la prise de fer du blond.

- Ce n'est pas une option, mais un ordre… Marmonne ce dernier en grinçant des dents.

- Marco ! Appelèrent Thatch et Ace en se plantant devant le premier commandant pour l'empêcher d'aller plus loin.

- Je n'ai pas le temps. Laissez-moi passez.

- Mais Marco ! Qu'est ce qu'il se passe ?

- Laissez-moi passer tout de suite. Continua Marco en regardant ses frères de cœur avec sévérité.

- Mais…

- J'ai dit tout de suite. »

Thatch et Ace se lancèrent un regard en coin, interrogatifs. Depuis quand Marco n'avait pas été aussi ferme ? D'ordinaire, il avait cet air je-m'en-foutiste, mais il était rare qu'il sorte de ses gonds. Le châtain et le brun s'écartèrent chacun d'un côté, sentant que ce n'était pas le moment de se liguer contre le Premier Commandant. Son air déterminé les dissuadait de prononcer le moindre mot de protestation.

C'est ainsi que Marco poursuivit sa route, traînant derrière lui une rousse en furie, qui criait dans tous les sens pour ne pas se laisser emmener. Faisant la sourde oreille, le blondinet la poussa dans sa cabine, la sommant de préparer ses affaires pour un long voyage.

« Nous partirons dès que j'aurai fait apprêter le navire et que mes hommes seront prêts pour le voyage. »

Il partit, laissant une Clara déconcertée derrière lui. Elle était figée, l'émotion la traversant de toute part.

Elle ne voulait pas partir. Elle refusait de tous les quitter. Certes, dans la vie il faut faire des choix et ce ne sont pas toujours ceux que l'on souhaiterait faire ni les plus réjouissant. Ce choix-ci en faisait partie. C'était pour son bien si elle devait partir. Barbe Blanche avait décidé cela car c'était le meilleur pour elle.

Il avait dit qu'elle serait accueillie par quelqu'un qui pourrait l'aider mieux qu'eux.

Elle devait profiter des quelques instants avec sa nouvelle famille, leur dire qu'elle les aimait. Car on sait jamais ce qu'il peut arriver.


Je suis sur le pont du navire de la Première Division, accoudée au bastingage, perdue dans mes pensées. Nous naviguons vers la première partie de Grand Line, nous devons nous rendre sur l'archipel Sabaody, en espérant que la personne que Marco cherche y soit.

Je n'ai rien demandé moi… Mais maintenant que cette voix s'est éveillée, Père dit qu'il n'y a aucun retour en arrière possible. Il faut que je lutte, que je combatte pour ne pas qu'elle prenne le contrôle sur moi. Sinon, ce sera le début de la fin. Le pire, c'est que Père veut que j'apprenne à contrôler cette chose, avec l'aide de cette mystérieuse personne qui, parait-il, en sait d'avantage à ce sujet sensible que mon Capitaine.

Je fais la moue, soupire et retourne à l'intérieur du navire en grommelant.

« Bah alors miss ? Ça va pas ?

- Non ça ne va pas du tout… On va voir qui d'abord ? Le questionnais-je en marmonnant dans ma barbe inexistante.

- Quelqu'un… Me répond Max, météorologue de la Première, les yeux pétillant et ne cachant pas son plaisir à me voir ainsi, dépitée.

- Personne ne veut me dire... Fis-je en gonflant les joues et en me retournant.

- Allez Clara ! Ne fais pas ton hamster et ramène-toi dans la salle de navigation, Marco veut te voir. » M'ordonne-t-il en me poussant dans la direction de la salle susmentionnée.

C'est en traînant des pieds que je pousse la porte.

« Enfin. Je commençais à me demander où tu étais passée Clara. Fit Marco, absorbé par ses documents de navigation.

- Maintenant que je suis là, qu'est-ce qu'il se passe Marco ? Je dois savoir. Si je vous quitte pour une durée indéterminée, qu'est-ce qui m'attend ?

- Clara… Tu te souviens de ce que Père a dit ? »

Hochant la tête discrètement, je m'affale sur une chaise, les bras ballants. Et comment que je m'en souviens. Comment oublier ce qu'il m'a dit ?


Alors que je me présente devant père, il m'observe, me scrute de ses yeux perçants, qui semblent lire en moi comme dans un livre ouvert. De quoi vous filez les jetons pour le restant de votre vie.

« Alors comme ça, ma fille, tu dis entendre une « voix », c'est bien ça ? »

Je hoche la tête avant de trouver un intérêt très prenant à une poussière sur le parquet.

« Regarde-moi ma fille. »

Je relève mon regard bleu, qui se perd dans celui marron doré de mon Capitaine, que je suis à présent fière d'appeler « Père ».

« Es-tu consciente de la chose qui est en toi ?

- Non… Je ne comprends pas ce qui m'arrive !

- Ma fille, toi qui viens d'un autre monde, où vous connaissez beaucoup de choses sur le notre, sais-tu ce que sont les « Armes Antiques du Siècle Oublié » ? »

A l'entente de cette phrase, un long frisson me parcourt de la tête aux pieds, me glaçant sur place. Les Armes Antiques ? Pluton, Uranus et Poséidon. La princesse du Royaume Ryugu : Shiraoshi, est Poséidon, Pluton, c'est un navire capable de détruire le monde et dont les plans ont été détruits par Franky, mais nous ignorons ce qu'est Uranus.

« Serait-il possible que ?... » Je souffle, attendant la réaction des deux hommes.

Père dodeline de la tête.

« Clara, ma fille, ce qui est en toi ne dois pas prendre le contrôle. Jamais. C'est compris ? Bat-toi intérieurement, fais le nécessaire pour que cette voix ne prenne jamais le dessus. Je sais que tu as les capacités pour. Souhaite très fort que cette petite voix se taise, qu'elle arrête de te vriller l'esprit, ce sont les seuls conseils que je peux te donner. En attendant, tu dois aller demander conseils à quelqu'un qui saura mieux que nous tous t'éclairer sur ce sujet. Alors va ma fille, tu partiras avec la flotte de Marco pour revenir dans une durée indéterminée, quand tu comprendras mieux ce qui se cache en toi et comment le maîtriser. »

Mes yeux s'agrandissent sous l'effet de la surprise. Partir ? Pour une durée indéterminée ? Non… Je ne peux pas les laisser.

« Non père… Dites-moi que ce n'est pas vrai ?

- J'en suis désolé ma fille, mais c'est le meilleur moyen de t'aider et de te sauver. Tu seras plus forte quand tu reviendras, j'en suis sûr.

- Je… »

Barbe Blanche tend sa main devant lui et je pose mes mains sur ses grands doigts. Marco se tient en retrait, un éclat étrange brille dans ses yeux cobalts. Marco me larguera sur Saboady auprès de cette fameuse personne et il repartira au bateau mère pour me laisser seule face à mon destin.


Je relève la tête et fixe Marco intensément. Il soutient mon regard, s'approche de moi et s'accroupit pour être à ma hauteur.

« Fais le pour toi, pas seulement pour nous. C'était un choix difficile à faire, je le sais. Mais si tu veux continuer de vivre normalement, si je puis dire, il faut que la personne que nous allons voir t'apprenne des choses, qu'elle t'entraîne et qu'elle t'aide. Dis-moi que tu l'écouteras.

- Je l'écouterais… Grommelais-je de mauvaise foi.

- Bien ! » Termine-t-il en retournant à ses cartes.

Bon, j'arrête de démoraliser maintenant ! J'ai dis au revoir à tout le monde, Thatch m'a dit qu'il fallait que je sois attentive à ce que m'expliquerai dirait la personne mystère, et Ace lui, m'a dit de revenir encore plus forte, qu'il savait que j'étais capable de vaincre cette voix étrange. Izou m'a juré de tuer la personne mystère susmentionnée si elle me faisait du mal, ce à quoi Vista a répondu que s'il voulait avoir tout l'équipage de Barbe Blanche sur le dos, c'était la meilleure chose à faire.

On m'a ébouriffé les cheveux, j'ai été serrée dans plusieurs paires de bras et Ace m'a donné une tape dans le dos qui m'a fait voltiger jusqu'à l'autre bout du pont. S'en est suivi une course poursuite, puis je me suis jeté dans ses bras et mes lèvres ont déposé un baiser furtif sur sa joue gauche parsemée de tâches de rousseurs. J'avais envie de l'embrasser pleinement, mais je ne l'ai pas fait.

« Je t'attendrais, mais surtout, reviens plus forte… » M'avait-il dit en me faisant monter dans le navire de la première division.

Cette phrase veut à la fois tout et rien dire. Et le pire, c'est que je veux qu'elle signifie quelque chose de bien particulier. Quelque chose qu'Ace ne peut pas m'offrir, enfin je ne crois pas.

Un énième soupir sort de ma bouche pour se mêler à l'air marin qui rentre dans la salle de navigation pas un petit hublot. Nous allons bientôt nous arrêter à une petite île à l'entrée du Nouveau Monde sous la protection de père, pour faire le revêtement du bateau. J'ai hâte de me rendre sur l'île des Hommes-Poissons, même si nous allons devoir vite repartir pour Sabaody.

Je m'arme d'une feuille qui traîne par-là, d'un crayon et d'une gomme. La mine glisse toute seule sur le papier pour redessiner le visage d'Ace. Oh bordel de nouilles ! Voilà que je le dessine maintenant ! Alors que je grommelle en pliant le dessin en boule, Tom rentre dans la pièce et me regarde d'un air suspicieux. Je déglutis en lançant la boule de papier dans la poubelle la plus proche.

Par tous les saints caleçons de papa d'Ace, faite qu'il n'aille pas voir !

Merde… Il a vu.

« Rend moi ça Tom ! Lâche-le !

- Taratata ! Alors c'est donc notre jeune Commandant que tu dessinais ! Il va être ravi de l'apprendre !

- Comment ça, ravi ? Demandais-je, incrédule.

- Vous êtes proche, non ? Je vais l'appeler par escargophone pour lui raconter ça !

- Pas question Tom ! Tu n'as pas intérêt à le faire ! Sinon je te…

- Sinon quoi ? Me nargue-t-il avec amusement.

- Tu n'as pas le droit ! » Je réponds.

Je me jette sur le jeune homme plus si jeune que ça et le plaque au sol pour récupérer ma feuille toute froissée.

« Qu'est-ce qu'il se passe encore ! Crie une voix que je ne connais que trop bien, Marco.

- Ri-rien Marco-sama ! Fit alors Tom, déglutissant et pâlissant à vue d'œil.

- Dégonflé… » Je souffle en souriant, profitant de ce moment d'inattention pour lui reprendre mon dessin.

Je le remets en boule et cours à toute vitesse vers la cabine qui m'a été attribuée. J'entends Marco dire à Tom de retourner à ses occupations. Plus que quelques foulées et je suis dans ma chambre. J'entre, balance le dessin dans la poubelle en jurant et m'enferme dans la salle de bain.

Avançant prestement vers le lavabo, je m'y accoude et plante mon regard dans celui de mon reflet. Il brille dans mes yeux une flamme étrange, des cernes bleuâtres ornent mon visage, Bien que j'ai le teint bronzé naturellement, on remarque facilement qu'il est plus pâle que d'habitude. Je me sens fatiguée. Oui, tout ceci me fatigue tellement…


Ce que la jeune femme ignorait, c'est qu'Ace pensait aussi à elle.

Il était perturbé. C'était comme un grand vide qui régnait au fond de lui depuis qu'elle les avait quitté. Et la jolie rouquine risquait de ne pas revenir avant un bon bout de temps.

Il refusait de l'admettre mais Clara avait tranquillement fait sa route dans son cœur étourdi, se répandant en lui comme quelque chose de familier, et brisé toutes ses défenses une à une.

Ace vivait dans l'amertume, prisonnier de son passé, et cette jeune femme l'en avait tiré.

Il se souvint de la dernière fois où il l'avait vu. Hier, juste avant qu'elle n'embarque avec Marco. Elle se tenait là, devant le bastingage. Attendant qu'il ne s'approche. Il avait capté son regard océan brillant sous la lumière du soleil brûlant du Nouveau Monde. Ace ne parvenait pas à détourner le regard, comme si une force invisible l'en empêchait. Une force qui les liait. Son cœur s'était emballé et il ne comprenait pas cet affolement. Il devenait ivre à chacun de ses gestes.

Ainsi baignée dans la lumière, entourée du ciel bleu, il n'avait pu s'empêcher de la trouver magnifique.

Et elle l'avait observé. Elle l'avait observé de ses deux pupilles saphirs luisantes. Elle s'exposait à lui, de tout son être et cela le fascinait.

Le temps semblait figé. Seul le vent venait les déranger. Le vide qui régnait en eux ne demandait qu'à être rompu, mais quelque chose les retenait. Un obstacle situé entre l'amitié et l'amour. Une barrière qu'Ace ne voulait pas franchir. Il était déjà allé trop loin avec elle et s'en voulait. Il voyait qu'il avait avait déclenché en elle une lueur indomptable. La lueur de l'amour. Le retour en arrière était impossible.

Soupirant, Ace attrapa une chope de saké et la vida d'un trait sous les encouragements de sa Division et des autres Commandants.

« Je peux savoir à quoi tu joues, Ace ? »

Il se retourna, se retrouvant face au visage tendu de Thatch.

« Pardon ?

- Tu m'as bien entendu. Je te parle de Clara. Tu as cru que ce que tu avais fait aller passer inaperçu ? Pourquoi est-ce que tu agis ainsi ?

- Ah parce que tu me surveilles, maintenant ? Fit Hiken avec ironie.

- Crois-moi, il valait mieux que je t'en parle moi plutôt que Marco. S'il n'était pas parti, c'est lui qui t'aurai passé un savon. Répliqua le plus vieux.

- Quel est le problème ?

- Tu sais très bien que le problème, c'est toi. Nous avons parlé l'autre jour.

- En quoi ça me concerne ?

- Ses sentiments te concernent, baka ! »

Ace fronça les sourcils, plongeant ses yeux dans le reflet cuivré de son saké.

Elle l'aimait, il le savait. Mais c'était impossible qu'il lui offre ce qu'elle attendait de lui. Car il était un pirate, un pirate libre ! Et elle était libre aussi.

« Elle m'aime. »

Thatch haussa un sourcil et répondit :

« Elle a refusé de l'admettre. Elle me l'a avoué à moitié, en fait.

- Je ne saurai jamais lui donner ce qu'elle attend.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Tu ne peux pas savoir tant que tu n'as pas essayé. Conseilla-t-il. Tu devrais arrêter de te faire du mal. Quand elle sera de retour, ne fais pas tout foirer. »

Portgas soupira longuement et Thatch lui offrit une accolade amicale. Il en avait besoin. Faire foirer les choses, voilà un domaine dans lequel il excellait. Ce soir, il allait boire, boire pour oublier, pour oublier Clara. Il n'y avait plus que des bons alcools et des mauvais pressentiments.


Alors ? A vrai dire, on rentre dans le vif du sujet, le prochain chapitre est le premier du 2ème Arc ! Il va être centré sur son entraînement avec vous verrez qui ! Mais ne vous en fait pas, je ne vais pas me contenter de décrire son entraînement, il va lui arriver beaucoup de chose à cette pauvre Clara ! J'espère vraiment que ça ne va pas trop vite, mais c'est nécessaire pour le reste de l'histoire.

Pour les reviews, c'est dans le carré en bas ! ^^

Hug.

Votre auteure qui aime martyriser ses personnages.