Salut les sushis ! Bien ou bien ? Moi plutôt bien, je suis heureuse de vous retrouver pour ce chapitre des opposés s'attirent, qui marque un tournant nouveau de l'histoire ! :) Il ne clôture pas l'arc 2, mais c'est une étape importante, vous comprendrez rapidement pourquoi ! :) ET aussi, il est long. Trèèèèèèès long, plus de 6,800 mots ! Alors je souhaite vraiment ne pas vous rebuter sur la longueur, mais là, je devais écrire autant ! X) Vous verrez pourquoi !

Réponses aux reviews des gentils anonymes !

Luxie : Tu as raison, bien que celui-là fasse plus de 6,800 mots ! X) *te donnes un cookie* Merci moi aussi j'adore son surnom ! :) Merci à toi d'avoir sauvé mes acteurs ! XD Me vouer un culte ? Carrément ! X) Tu sais que je t'adore ? ;) Je te retrouve dans les reviews de ce chapitre ma Luxie ! A plus ! :)

Disclaimer : Les persos et l'univers de One Piece ne sont pas à moi, de même pour le titre du chapitre, qui appartient aux studios Nintendo, plus précisément au monde "champignon, niveau 3" du jeu "Super Mario 3D World", dont je me suis inspiré ! :) Ah oui, le concept de l'Arme Antique est à minimilie ! Filez-voir toutes ses fictions, elle sont superbes !

Enjoy ^^


ARC-2 : PROMESSE À TENIR

CHAPITRE 8 : Nuit sur la mangrove

Pestant contre moi-même, la seule chose que je peux faire, que je parviens à faire est tomber à genoux, complètement estomaquée. Au milieu de cette foule, je suis cette chose répugnante et faible qui n'arrive pas à mettre de mots sur ce qu'elle ressent, à s'avouer ses sentiments, à voir en face la réalité, aussi dure soit-elle.

Faible.

Et spectatrice, une fois de plus.

Les larmes coulent d'elles-mêmes. La douleur est bien présente dans mon cœur, la plaie est encore ouverte, malgré mes vains essais qui désiraient chaque jour la reléguer un peu plus au plus profond de moi, aux oubliettes de mon mental, là où je pensais ne jamais avoir à lui refaire face.

Finalement, ce rouquin n'a pas tort. Je ne peux que revoir Ace pour arrêter de me faire du mal. Je n'arrive pas à l'oublier, lui et ses mimiques, lui et ses beaux yeux en amandes ressemblant à deux pépites d'argent bouillonnantes de fierté et d'enjouement aux lueurs du soleil, lui et sa chevelure de jais dans laquelle mes mains veulent se perdre…

Je me relève, chancelante, pour courir jusqu'au bar, bousculant des gens, me frayant un chemin à travers cette cohue qui donne l'impression de se refermer sur moi, de m'enfermer dans un carcan de douleur sous les rayons du soleil se couchant doucement à l'horizon.

J'ouvre la porte du « Bar de l'Arnaque » à la volée, Shakky tente en vain de me retenir par le bras, ayant vu les larmes ruisselants sur mon visage. Certains clients me dévisagent mais arrêtent bien vite grâce aux méchantes œillades de Shakky.

M'étant dégagée de sa prise, je monte à l'étage et claque la porte avant de m'effondrer sur le lit en position fœtale, resserrant la couverture épaisse de couleur pourpre autour de moi.

Faible.

Avec le brun, notre rapprochement a été plus fusionnel que je ne l'aurais cru. Et pourtant, aucun de nous n'a franchi la limite imposée d'elle-même par nos corps, nos esprits, qui je le pense, en veulent pourtant toujours plus.

Mais quand la fraternité passe avant tout, comment faire ? Comment réagir à nos instincts face à ce sentiment dévastateur ? C'est si compliqué…

Un coup sur la porte me sort des méandres de mon esprit, alors que je jette un coussin sur la porte susmentionnée, petit avertissement à celui ou à celle qui me dérangera.

« Cla-chan ?! C'est Shakky ! Est-ce que ça va ? » Fait une voix de l'autre côté de la porte.

Comme si ça pouvait aller…

« Pardon Shakky-sama, mais j'ai besoin de rester seule un moment. Je reviendrais t'aider ce soir, si tu as encore des clients. Je clame, étouffant mes sanglots.

- D'accord, mais ne te forces pas, Cla-chan. Je viendrais te chercher si j'ai besoin de toi, ne t'en fais pas pour ça. »

J'entends ses pas claquants sur le plancher, s'éloignant doucement de ma chambre, avant de redescendre dans la salle principale. Il me parvient quelques rires, des chansons paillardes et autres stupidités de hors la loi cherchant un peu de repos.

Décidant de les ignorer, je rabats sur moi la couette, m'enfonçant d'avantage dans mon lit douillet. Je me tourne sur le dos et inspecte du regard cette chambre qui est mienne depuis plus de trois mois.

Exiguë, mais claire, malgré les rideaux pourpres cachant les rayons hasardeux de l'astre solaire en cette fin d'après-midi. Il y a un seul lit, le mien, pourvu d'une couverture épaisse tout aussi pourpre que les lourds rideaux m'obstruant la vue. Au fond de la petite pièce, il y a une grande armoire, prenant quasiment toute la place d'un pan du mur. À côté de cette même armoire en bois ébène, réside un petit bureau, sur lequel est posé un petit escargophone à mon effigie, de couleur écarlate, avec de grands yeux dont les cils charbonneux sont recourbés au possible. À la droite du petit escargot, un dessin de l'Archipel fait par mes soins, ainsi qu'une petite photo d'Ace et de moi, sur le pont du Moby Dick, nous chamaillant par une matinée ensoleillée, entourée de quelques Commandants riant de nous, ou de moi plutôt, qui venait de me casser la figure sur un torchon et un seau qui devaient servir à lustrer le pont. La photo représente donc mon beau brun aux tâches de rousseurs riant aux éclats, accompagné de ses amis Commandants, et moi, la mine déconfite, trempée comme si on venait de m'arroser.

D'un mouvement brusque, je me retourne de nouveau pour me retrouver face à face avec le mur couvert d'une peinture claire, presque blanche.

Ensuite, c'est le néant.


J'émerge doucement de mon sommeil que je voulais réparateur, mais qui ne le fut finalement pas tant que ça. Un coup sur la porte vient de me réveiller. Je sors en grognant du lit, avant de regarder le réveil positionné sur ma table de nuit. Il est presque 23h00, le coup de feu du soir, qui a dû commencer il y a une bonne demi-heure.

J'ai dormis pendant un peu plus de trois heures.

Je me rends d'un pas tranquille à la salle de bain pour me requinquer en disant que j'arrive dans cinq minutes à Shakky qui, je le suppose se trouve derrière la porte. Des cernes gigantesques prennent place sous mes yeux, je ne suis vraiment pas belle à voir. Je soupire simplement, refusant de faire des efforts quant à mon apparence. Je me change rapidement, troquant mon top noire et mon short en jean contre une nouvelle tenue propre.

Puis d'une démarche que je voudrais tant assurée et déterminée, je me glisse vers la porte. Des rires et des chants me parviennent de l'autre côté. Ma main se fait moite sur la poignée en bois. Je pousse la porte. Doucement.

Je descends les escaliers, essayant d'arborer un air assuré. Alors que je me rapproche de plus en plus de la salle principale, bercée dans une douce lumière tamisée, je ne peux m'empêcher de trembler comme une feuille morte prête à s'envoler sous le souffle impétueux et lunatique du vent.

Débouchant enfin dans le bar, je me faufile derrière le comptoir avant de préparer les commandes que prends Shakky. Elle n'en a pas l'air, mais cela lui fait du bien que je l'aide. Il ne faut pas croire, mais elle n'est plus toute jeune…

« Cla-chan ! Te voilà ! J'aurais préférée te laisser tranquille ce soir, mais j'ai vraiment besoin de toi ! Nous avons beaucoup de clients… La soirée va être bien remplie. »

J'acquiesce avec un semblant de sourire, puis commence à servir les hors la loi venus se désaltérer. La plupart m'ont reconnu, mais d'autres, complètement bourrés, c'est à peine s'ils m'ont remarqué. En tout cas, tant que ceux qui m'ont identifié ne font rien, tout baigne. Sinon, se sera mauvais !

J'amène une bière à un jeune homme, ressemblant plus à un adolescent qu'à un truand cruel, je me demande bien si je me dois de lui servir à boire. Il semble avoir à peine 17 ans ! Ce n'est qu'un gamin !

Shakky me confirme par un geste que je peux lui donner sa boisson alcoolisée. Je continue alors ma danse entre les clients, me dirigeant toujours plus vers le jeune homme. Me penchant pour poser sa chope de bière blonde, un détail me frappe de plein fouet, m'enfonçant un peu plus dans ma douleur et ma peine. Ses yeux, ce sont les mêmes… Mêmes nuances tout aussi profondes les unes que les autres, mêmes ombres charmeuses s'y reflétant avec grâce…

Je me fige instantanément, stupéfaite. Un bruit retentit alors, aussi tranchant qu'un couteau. Il me semble loin, très loin.

« Vous avez lâché ma boisson ! »

Ce n'est qu'alors que je comprends ce qu'est ce bruit de fracas que j'avais entendu il y a quelques secondes. Bredouillant, je retire mon regard de ses iris hypnotisant et file chercher un torchon pour nettoyer le sol.

Le seul verre que j'ai lâché, c'est celui de mon premier service, il y a déjà trois mois. Mais depuis, c'est le premier. Shakky paraît interpellée. Et moi, je le suis tout autant qu'elle. Cette dernière met sa main sur mon épaule, compatissante, avant de me prendre le torchon des mains et d'aller nettoyer à ma place.

Pendant ce temps, et jusqu'à ce que la barmaid m'adresse à nouveau la parole, je suis restée figée, complètement paralysée par mes sentiments. Par ce que je ressens et qui me revient toujours en pleine face alors que je pensais les avoir oubliés et refoulés là où ils seraient impossibles à déterrer. Mais non, ils ne le sont décidément pas, ces foutus sentiments.

« Que s'est-il passé, Cla-chan ? Me demande affectueusement la barmaid en me conduisant derrière le comptoir.

- J'ai eu une absence, Shakky-sama. Merci. »

Elle acquiesce de mauvaise foi, avant de me demander de refaire une bière à cet adolescent. Je dévisage celui-ci et sens son regard sur moi. Le feu me monte aux joues. C'est comme si Ace me regardait.

Alors que je le sers à nouveau en échappant à ses prunelles me rappelant celles d'un certain pyromane, je jette un coup d'œil discret à l'horloge. Il est 23h27. Encore un peu moins de deux heures à tenir et je pourrais enfin finir ma nuit.

Plus que deux petites heures à tenir.

Et ma danse à travers les clients du bar recommence.


La nuit était tombée depuis quelques heures sur tout l'Archipel, éclairé par de petites lanternes dispersées au coin des groves et des rues. L'une d'elle éclairait le « Bar de l'Arnaque », dont l'intérieur était plongé dans la pénombre la plus totale, seul persistaient quelques rayons hasardeux de l'astre lunaire.

Dans une des chambres de l'étage du bar, la barmaid, après avoir eu la certification qu'aucun bruit ne parviendrait de la chambre d'à côté, s'extirpa de l'étreinte puissante de son amant, qui grogna puis se tourna dans le lit, le tout sans se réveiller. Rayleigh tenta dans son sommeil de rabattre son bras sur la taille de Shakky, mais celle-ci se dégagea et sortit de la pièce avant qu'il ne puisse tenter quoi que ce soit d'autre. Le second de Roger était arrivé au bar peu après que Clara ne soit montée se coucher. Cette dernière avait d'ailleurs bien senti l'aura qui se dégageait de lui.

La brune descendit dans la pièce principale, sortit un escargophone à son effigie d'un tiroir et s'assit précautionneusement sur une banquette avant de composer un numéro.

La première sonnerie retentit, cassant le silence pesant régnant jusqu'alors en maître dans la pièce.

Deux sonneries, trois sonneries…

Ce n'est qu'au bout de la septième que quelqu'un décrocha.

« Hum… Allô ? Fit une voix endormie à l'autre bout du fil.

- Bonjour, Marco. »

À en juger l'expression de stupeur de l'appareil animalier surmonté d'une coiffure ressemblant à s'y méprendre avec un ananas, on pourrait facilement en déduire que le vis-à-vis de la barmaid était bien réveillé, rien qu'à avoir reconnu la voix de la grande brune.

« Shakky-san ? Comment vas-tu ?

- Bien, mais il me semble que tu ne poses pas la question à la bonne personne.

- Cla-chan ne va pas bien ?

- Non, non, ironisa-t-elle. Sinon pourquoi m'évertuerais-je à t'appeler à trois heures du matin ? »

L'escargophone fit une drôle de moue, avant que la voix encore endormie du Phoenix ne s'élève dans l'air.

« Que se passe-t-il ?

- Votre présence lui manque beaucoup, horriblement. Et ce n'est pas avec un vieux couple de loups de mers qu'elle sera heureuse… Rétorqua la barmaid.

- Maintenant que tu me le rappelles, je ne me souvenais pas te savoir mariée à Rayleigh, Shakky-san. C'est pas que vous n'allez pas ensemble, mais plutôt que j'imaginais Rayleigh rester un coureur de jupons toute sa vie.

-Eh, bien, petit Phoenix, il faut croire qu'il a trouvé la motivation pour arrêter ! Rit Shakky, avant de prendre une nouvelle cigarette et de se parer d'un air plus sérieux.

- Mais dis-moi, Shakky-san. Tu parles de nos présences ?

- Pas exactement, petit Phoenix. En particulier celle de Poing Ardent. Il semble avoir pris une place importante dans la vie de la mistinguette, à tel point que cela l'effraie au plus haut point. Mais le problème, c'est qu'elle ressent de plus en plus l'aura démoniaque de l'Arme Antique. »

Le silence lui répondant, elle continua, incité par celui-ci.

« Il passera bientôt à l'action. Le mental de la petite Clara est fragilisé. Si elle ne se bat pas, il ne fera qu'une bouchée d'elle…

- Tu sais ce que nous avons convenu, Shakky-san. Je fais confiance à Rayleigh. Mais n'hésitez pas si les choses tournent mal. Rétorqua le blond.

- En es-tu sûr ? C'est que…

- Oui, Shakky-san. Dans la lettre adressée à Rayleigh, toutes les instructions sont données si jamais tout ne se passe pas comme prévu. C'est malheureux, mais nous n'aurons pas le choix. S'il parvient à s'emparer d'elle, c'est terminé.

- J'en suis bien consciente, petit Phoenix. Mais je l'aime bien, cette mistinguette. Au fait, avez-vous appris pour sa prime ? S'enquit alors la barmaid.

- Oui, nous avons lu l'article dans le journal, nous sommes fiers d'elle, Père en particulier. Pour une première prime, c'est déjà beaucoup, si on compare à certains pirates. Ace était tout euphorique en voyant l'affiche sur le journal, dit lui, elle sera contente. Renchérit Marco, mystérieux.

- Je n'y manquerais pas, petit Phoenix. En tout cas, si les choses se déroulent bien, faites la revenir sur le Moby Dick le plus rapidement possible. Ne la détruisez pas plus qu'elle ne l'est déjà. »

Et elle raccrocha sans plus de cérémonie. Alors qu'elle se levait, la brune sursauta vivement en sentant un souffle chaud sur sa nuque et deux bras puissants l'entourer fébrilement.

« Je t'ai réveillé ? Demanda la barmaid tandis que le second de Roger l'embrassait tendrement sur son épaule dénudée.

- Non, je ne dormais que d'un œil.

- Réflexe de vieux loup de mer ? Souffla Shakky en souriant.

- Certainement. »

L'ancienne pirate de l'ère de Roger se lova un peu plus contre son amant.

« Je devais l'appeler. J'espère que tu ne m'en veux pas…

- Ne t'inquiète pas pour ça, Shakky. De toute façon, nous nous devions de le contacter en cas d'extrême nécessité. Avec cette Arme Antique qui lui rode autour et qu'elle entend de plus en plus jour après jour, tu te devais de le prévenir que bientôt, nous connaîtrons le dénouement de tout ceci.

- Humm… Soupira-t-elle en remontant à l'étage, accompagné de l'artisan en revêtement.

- Mais tu le sais aussi bien que moi, Shakky, nous n'aurons pas à hésiter si les choses ne se passent pas comme prévu. »


« Viens… »

J'ouvre soudainement les yeux. Je me trouve dans mon monde intérieur.

« Allez Clara ! Viens… Rejoins-moi ! »

Me tournant vers l'origine de la voix, je me relève vivement. L'espèce de trou noir. Il semble se dégager de lui une aura mystérieuse qui me force à m'en approcher…

« C'est bien ma belle ! » Susurre la voix mielleuse.

De l'autre côté du passage, des yeux vairons brillent dans l'obscurité ambiante. Ils m'hypnotisent. Comme sur le Moby Dick. Sauf que là-bas, j'avais encore la force de lutter. Plus maintenant.

Je m'avance contre ma volonté vers l'antre noire et ténébreuse, mains tendues en avant, comme si elles voulaient passer de l'autre côté… Je ne comprends que trop tard mon erreur. Mes mains ont touché le passage, s'enfonçant à l'intérieur.

Et je n'ai rien pu faire pour éviter ça.

« Enfin ! Enfin je vais te soumettre à ma volonté ! Donne-moi les pleins pouvoirs ! » Rit diaboliquement l'Arme Antique.

Il est sous forme d'une ombre entourée de volutes de fumée noire. Le trou noir prend de l'ampleur, alors que l'être de noirceur s'infiltre dans mon monde intérieur.

Je recule vivement, plus hypnotisée pour un sou. Je suis juste terrifiée et estomaquée. Ray-sensei avait beau eu me prévenir qu'il n'hésiterait pas à tenter de s'emparer de mon esprit lorsque le mien sera fragilisé, mais je ne pensais pas qu'il agirait aussi tôt.

Et malgré tout ce temps, je sais juste que c'est une Arme Antique. Mais laquelle ? Dans notre monde, nous connaissons seulement Poséidon, alias la Princesse Sirène Shirahoshi, et Pluton, qui serait un vaisseau de guerre capable de réduire à néant des îles entières et dont les plans ont été détruits par Franky.

J'ai le nom de la dernière Arme sur le bout de la langue. Autant être fixée tout de suite.

« Qui êtes-vous ? Demandais-je d'une voix qui dérailla avant la fin.

- Moi ? Fais donc preuve d'un peu de jugeote ! Réplique l'être de noirceur d'une voix suave. Je suis celui qui voit et qui sait tout… Et comme tu le remarqueras, « La Tueuse Écarlate », j'ai attendu tellement longtemps que ton esprit soit en mesure de se soumettre à moi, à ma volonté et à mon pouvoir destructeur… Et ce jour, il est enfin arrivé ! » Ricane-t-il machiavéliquement.

D'un bond, je m'écarte et empoigne fermement mes armes, censées se trouver sur moi. Oui, censées. Car elles n'y sont pas. Et merde. Alors que je panique en m'écartant le plus possible de cette chose, celle-ci se transforme en un homme, mais je ne distingue pas son visage, caché par sa grande cape noire. Seul ses grands yeux vairons, l'un d'un bleu semblable au mien et l'autre d'un rouge sang, ressortent dans l'obscurité ambiante.

Je n'en ai pas l'air, mais je flippe à mort.

« Et qui te dis que je vais me laisser faire ?! Je m'écrie en évitant une attaque qui se dirigeait vers mon estomac.

- C'est évident que tu n'as pas le mental assez fort pour me vaincre ! Tu es blessée, fragilisée psychologiquement… Tu es amoureuse, mais tu ne sais pas quels sont les sentiments de Portgas ! Ça me paraît pourtant clair, humaine ratée !

- Je me battrais !

- Tu es faible, femelle insignifiante. Tu ne m'opposeras pas grande résistance, et j'en aurais vite terminé avec toi.

- Je ne suis pas faible ! » Tonnais-je, remontée.

Il disparaît l'espace d'un instant de ma vision, pour surgir derrière moi. Un coup de pied me fait voltiger quelques mètres plus loin. J'atterris douloureusement, avant de cracher une gerbe de sang et de m'appuyer sur mes coudes, dans l'espoir vain de me relever.

Jouons la carte de l'ignorance.

« Mais qui es-tu réellement ? Je sais pas moi… Un fantôme ? Ou peut-être la mort ? »

Je sais parfaitement que c'est une Arme Antique, mais je veux des explications plus concrètes, et vite.

« Je sais pertinemment que tu sais qui je suis, mais je vais tout de même te répondre, sale humaine. Je suis pire que tout ce que tu me décris… La mort hein ? Je causerai la tienne. Rit-il avec un sourire diabolique. Mais plus décemment, je porte le doux nom « d'Uranus l'Omniscient », je suis ce que vous, misérables humains, appelez les « Armes Antiques du Siècle Oublié » ! Je suis un démon, oui, un démon de l'ancien monde ! »

Mes yeux s'écarquillent. Uranus… Je me disais aussi que j'avais déjà entendu ce nom quelque part…

Et à part ça, je me suis faites griller… En même temps, il dit bien être omniscient, non ? Mais quoi qu'il en soit, il en veut à ma vie. Je vais me défendre par tous les moyens que je possède.


Dans le bar, Rayleigh et Shakky venaient tout juste de se recoucher après que la barmaid ait passé un appel au Commandant de la Première Flotte de Barbe Blanche. Alors que les deux anciens pirates dormaient paisiblement, le second de Gol D. Roger fronça les sourcils dans son sommeil, avant d'ouvrir paresseusement les yeux.

Autour de lui, l'air était lourd, tel un fardeau reposant douloureusement sur ses épaules. Son amante le ressentit elle aussi car elle s'assit dans les draps, se tournant vers Rayleigh qui, tâchant de faire le vide dans son esprit, avait fermé ses yeux noirs, se concentrant le plus possible pour détecter une présence inhabituelle aux alentours, sondant les lieux mentalement.

« Que se passe-t-il, Rayleigh ? Demanda la grande brune, préoccupée.

- Je ne suis pas sûr mais l'air s'est considérablement alourdi depuis quelques minutes… J'ai peur que ce soit… »

L'étrange présence qu'il connaissait pourtant bien venait de l'intérieur du bar. Il n'y avait qu'eux dans l'habitation, aucun client… Ouvrant subitement les yeux, il comprit alors. Et c'était pas bon.

« Merde… Clara ! »

Le second de Roger courut jusqu'à la chambre de Clara, avant d'enfoncer la porte sans plus de cérémonie. Pas la peine de toquer, il savait pertinemment ce qui était en train de se passer, malheureusement.

« Cla-chan ! » S'écria alors la barmaid en voyant le corps de la jeune fille, allongée sur lit.

Celui-ci tressautait, prit de spasmes incontrôlables. Des convulsions, pour faire simple.

« Qu'est-ce qui lui arrive ? Demanda Shakky, sachant pourtant la réponse.

- Exactement la même chose qu'à Roger, il y a de cela environ 30 ans… »

La barmaid, se retournant alors doucement, lui chuchota :

« Uranus ? »

Rayleigh acquiesça, le regard sombre. S'agenouillant devant la jeune femme, il secoua énergiquement la tête.

« J'aurais dû lui dire, lui expliquer.

- Maintenant, il est un peu tard pour les regrets et pour culpabiliser, Rayleigh. »

D'un coup, la jeune femme rousse s'arqua dans sa convalescence qui n'en était pas vraiment une, avant que les deux arrivants ne voient une tâche rouge s'agrandir sur sa jambe droite.

« On ne peut pas l'aider de quelques manières qui soient ? Fit alors la brune en prenant la main de Clara.

- Non, répondit Rayleigh en posant sa main sur le front de la rousse. Uranus m'empêche d'accéder à son monde intérieur. Je pourrais forcer, mais je la tuerai.

- Donc, nous n'avons plus qu'à attendre le dénouement du combat… Mais si… Et si c'est lui qui gagne ? »

Après un énième soupir, le second de Roger sortit péniblement de sa poche un revolver, qu'il chargea par la suite au granit marin.

« Si Uranus gagne, le monde devra subir la vengeance sans nom « d'Uranus l'Omniscient ». Quand il aura accompli son triste dessein, détruisant tout lien quelconque sur ceux qui l'ont asservi et réduit à néant durant le Siècle Oublié, la vie sur Terre n'aura plus lieux d'être, et le monde pourrait sombrer dans le chaos… Commença Rayleigh.

- Et si c'est le cas, personne ne rechapera à Uranus. N'est-ce pas ? Poursuivit Shakky.

- Exactement. Nous ne devrons donc pas hésiter un seul instant.

- Mais… Cla-chan…

- Pour l'Arme, son corps n'est qu'un réceptacle. La Clara que nous connaissons sera morte à l'instant où son esprit sera manipulé par Uranus. »

La barmaid souffla, baissant les yeux et serrant dans ses mains celles de Clara. Il avait raison, bien malheureusement. Il ne leur restait plus qu'à attendre, alors qu'à l'intérieur du corps gracile de la rousse, un combat faisait rage.

Il ne restait plus qu'à espérer, encore et toujours.


« Avant que tu ne me poses une question stupide, femelle ratée, je sais que tu connais certaines choses sur ma petite personne.

- Et comment peux-tu en être aussi sûr ? Répliquais-je avec hargne en me désistant sous lui, l'empêchant de me faire toucher à l'épaule par sa… Faux ?

- C'est pour cela que je t'ai choisie, voyons ! Je te rappelle être omniscient… je sais tout, je vois tout ! Tu n'es pas de ce monde, pauvre femelle ratée ! Tu connais en partie l'avenir, et parviens à me percevoir… Peu de personne ont un mantra assez élevé pour réussir cela… »

Je déglutis en lui envoyant un coup de pied dans la mâchoire, qui le fait voler quelques mètres plus loin, me permettant de reprendre un bon appui sur mes pieds et de souffler pendant deux microsecondes avant qu'il ne revienne à la charge.

« Je ne suis même pas étonné de voir que tu me crois !

- Bien sûr que je te crois, Démon ! M'écriais-je en bloquant son poing pour lui envoyer le mien dans son ventre. De là où je viens, puisque tu m'as perçu à jour, nous savons que les Armes Antiques existent réellement et qu'elles peuvent détruire des îles entières !

- Tu n'es pas aussi crédule que tous tes confrères insignifiants, au moins ! Cela me sera bien utile par la suite ! Mais vois-tu, femelle ratée, dans ton véritable monde, vous l'ignorez, mais nous ne pouvons être détruit… Nous, les Démons de l'Ancien Temps ! Mais à cause de vous, misérables vers ! Siffla-t-il haineusement, trois d'entre nous sont condamnés à servir votre sale race en tant qu'Arme pour le restant de notre vie, car vous avez malheureusement réussi à nous priver de notre enveloppe charnelle !

- Mais vous vous êtes échappez, il y a huit cent ans ! Finissais-je, essoufflée, en imaginant une barrière de fluide combatif pour ne pas que son attaque m'atteigne.

- Exactement ! Mais nous sommes faibles… Extrêmement faibles… » Chuchote-t-il en bondissant sur moi.

D'un bond, il me plaque au sol, avant de tenter d'abattre sa faux sur moi, qui tourne la tête au dernier moment pour éviter de me faire trancher comme du beurre. Je n'ai pas d'armes, je vais vite finir par mourir si ça continue comme ça !

Et ça se dit faible, il se fout littéralement de moi !

« Arrête ton baratin ! » Je crie, tentant de me dégager.

J'y parviens d'un coup de hanche, me retrouvant par la suite au-dessus de lui. J'essaie de lui donner un coup de poing, mais il se contente d'esquiver. Sautant, je m'éloigne le plus possible de l'Arme Antique qui se relève également et marque un temps d'arrêt.

« Je dois admettre que tu te débrouille bien, même très bien, alors que ta stupeur est on ne peut plus visible… C'est un atout qui me servira par la suite ! » S'écrie le jeune homme aux yeux vairons en fonçant vers moi, pied levé, prêt à m'assener un coup violent.

Que je me prends d'ailleurs en plein ventre, me faisant voltiger avant d'atterrir douloureusement sur quelque chose qui ressemble vaguement à un énorme rocher. Le bruit d'une côte qui se fracture résonne en moi pendant quelques instants.

Je suis mal barrée, mais alors vraiment très mal barrée de chez mal barrée !

Me relevant avec difficulté, je me tiens les côtés. Je souffre atrocement, mais ce n'est rien comparé à ce qu'il va sûrement m'infliger dans peu de temps. Allez Clara, on se reprend !

Je commence à courir vers lui, je dois être tout sauf crédible.

Mais on s'en fout.

« Pourquoi moi ? Pourquoi es-tu dans ma tête ?

- Allez, essaies de deviner ! Répond-t-il avec fourberie.

- Répond moi, Démon ! Criais-je en lui décochant un coup de pied dans la mâchoire, qu'il évite et atterrit plus loin sur ses jambes, reprenant un bon appui.

- Je te croyais un peu plus intelligente que ça, sale femelle ratée ! Ma présence dans ton esprit est pourtant évidente ! Étant donné que je ne suis plus qu'un esprit errant, j'ai donc besoin de me réintégrer dans un corps, pour que je puisse enfin me servir de toutes mes capacités ! Une fois que j'aurai détruit ton âme et que ton corps me servira, enfin je serai libre de mes actions ! J'anéantirai la race humaine pour tout ce qu'ils nous ont fait subir et libérerai mes frères ! » Rit-il avec démence.

Il veut prendre possession de mon corps. Ce que m'a raconté Ray-sensei est totalement vrai. Je commence à paniquer, mais j'essaie de ne pas le montrer. L'aura qui se dégage de l'Arme me cloue sur place, c'est complètement dingue. Celle-ci déborde de haine, de rage… Et dans tout ça, je n'ai aucun moyen de défense. Je me demande comment je vais m'en sortir. S'il me tranche avec sa faux, s'en est fini de moi.

« Pourquoi mon corps plutôt que celui d'un autre ? Qu'ai-je de particulier ?

- Bonne question, remarqua-t-il. La réponse est ce qu'il y a de plus simple, tu es parvenue à me sentir ! Ton mantra est très élevé, et c'est ce que je recherche… »

Bon, qu'est-ce que mon Haki de l'Observation vient faire là ? Et pour répondre à ma question muette, il poursuit.

« Certains humains ne peuvent percevoir ma présence. Si je tente de m'emparer de leurs corps, ceux-ci se décomposeront dans l'immédiat, faute de pouvoir supporter mes pouvoirs. Mais toi, tu es jeune, en forme physiquement et fragilisée moralement… Ton petit corps fera un parfait réceptacle ! »

Je déglutis en reculant prudemment. Le Démon tourne autour de moi. Il prépare quelque chose, c'est sûr !

« Mais tu vois, pour réussir à prendre le contrôle du corps, je dois en premier charmer l'âme qui y réside ! Celle-ci va percevoir mon esprit et me faire une place de plus en plus grandissante dans son mental… Jusqu'à ce que cette âme s'enlise dans les ténèbres et cède sous mon charme, me léguant son corps et son esprit, devenant ainsi mon réceptacle !

- Sauf que tu n'as pas réussi avec moi ! Je continue, voyant où il veut en venir.

- Exactement ! Ton corps, je vais le prendre, oui, mais par la force ! Éclate-t-il d'un rire fou. Cette chasse est exaltante, comme je les aime ! »

Il fonce vers moi, j'évite son attaque d'un roulé boulé, jusqu'à sentir une vive douleur s'échapper de ma joue gauche. Ma main remonte lentement à celle-ci, et la retire toute poisseuse.

Du sang.

Je déglutis à nouveau.

La situation ne peut pas être pire, je suis désarmée dans mon monde intérieur, avec aucun moyen d'en sortir et de dissiper les ténèbres s'échappant du passage par lequel Uranus est entré, ceux-ci envahissant tout l'espace de mon monde intérieur.

Le Démon tourne autour de moi, prenant de la vitesse. Je ferme les yeux brièvement, avant de ressentir très nettement sa présence, où qu'elle soit et quoi qu'elle fasse. Le Haki mène mes mouvements et mes décisions.

Il saute sur ses bras et fait tournoyer ses jambes, que je distingue à peine à cause de la vitesse. Mais je les sens. C'est encore mieux ! J'évite souplement les coups portés sur ma personne en sautant dans tous les sens telle une féline, alors qu'Uranus s'évertue à me toucher sans pour autant y parvenir.

Sans prévenir, il fonce sur moi et me touche à l'épaule, du sang s'écoule de la plaie. Un gémissement de douleur s'échappe de ma bouche.

« Tu as beau avoir un mantra élevé comme tu viens de m'en faire une démonstration, tu n'es pas assez attentive à ce qui t'entoure… Tu comptes trop sur tes yeux ! » Susurre une voix derrière moi.

Et merde ! J'ai baissé ma garde…

« Les hommes sont comme les arbres, ils ne connaissent que la surface du monde. Ils voient la vie éclore, s'épanouir, se diversifier et se multiplier mais ils ignorent la sève sacré qui agit dans l'ombre. Ils ont des yeux mais ne savent pas voir. Le regard est plus que la porte de l'âme, il est son avenir ! »

D'un coup de pied dans l'estomac, il m'envoie valdinguer assez brutalement. J'atterris douloureusement sur le dos en crachant du sang. Bordel de nouilles pas fraîches ! Il m'a cassé au moins deux côtes le con !

« Tiens, tu n'es apparemment pas assez rapide non plus… »

Je tente de me relever mais il m'en empêche, me donnant un nouveau coup de pied qui me fait tomber le ventre. Je m'écroule en gémissant de douleur et d'effarement. Puis c'est un cri qui retenti quand il me frappe dans l'estomac avant de s'asseoir tranquillement sur moi.

Je ferme les yeux en sentant le métal frais sur ma jugulaire, bien en vue maintenant qu'il me maintient le crâne en arrière. Je gesticule sous lui, cherchant en vain à me libérer de son emprise malheureusement bien trop forte pour moi.

Je refuse de perdre ! C'est tout simplement impossible…

« C'est bien dommage, je pensais que tu serais plus difficile que cela à attraper ! Je suis déçu. Mais apparemment, c'est déjà la fin, mais ne t'en fais pas, je veillerai personnellement à ce que ceux que tu as aimés, en commençant par Portgas, aient une mort rapide ! »

Non… Je ne peux pas perdre ! Pas maintenant… Ace… S'il venait à mourir, je ne m'en remettrai pas ! Et il en est de même pour Père, Marco, Thatch, Izou et tous les autres ! Et que dira Rayleigh, lui qui a placé ses espérances en moi ?! Et Shakky, qui est devenue ma presque mère…

Ray-sensei m'a toujours dit que si mon mental est en symbiose parfaite avec mon corps, je parviendrais à tout. Un combat, c'est une question de mental. Si celui-ci défaille et commence à douter, le corps suit forcément, et c'est la fin.

Mais je suis dans mon monde intérieur, j'y fais ce que je veux… Mon tuteur m'a appris à y faire interagir des objets, et même à les faire entrer dans mon monde intérieur. Et ça, ce foutu Démon ne l'a sûrement pas envisagé…

« Je ne perdrai pas… » Tonnais-je, la voix rauque en rouvrant les yeux.

Je vois la lame de sa faux s'approcher de moi, avant qu'il ne retienne son coup final pour exploser d'un rire dément.

« Ne raconte pas n'importe quoi, Cla-chan ! Tu as déjà perdu voyons ! Quand tu auras passé l'arme à gauche, passe le bonjour à Gol D. Roger de ma part !

- Ne m'appelle pas Cla-chan ! » Je gronde, appelant intérieurement mes deux armes.

D'un coup, Uranus écarquille ses yeux vairons en voyant foncer sur lui mon poignard. Je profite de sa stupeur pour lui décocher un coup de genoux dans le thorax puis un uppercut qui le fait voler sur plusieurs mètres.

M'enlevant de son emprise, je récupère l'Ensorceleuse en même temps que je pointe mon revolver vers lui.

« Mais comment…?! Articule-t-il en se massant le cou, devenu rouge après mon coup.

- Ici, je suis dans mon monde intérieur, Démon ! Tant que j'ai le mental pour me défendre, tu n'arriveras à rien ! Tu ne peux pas parasiter cet endroit si j'ai le mental pour t'en empêcher ! » Criais-je en ajustant mon revolver pour qu'il soit pointé entre ses deux yeux.

Autour de nous, les ténèbres qui avaient pris place dans mon monde intérieur se dissipent peu à peu. Son emprise doit faiblir, il ne devait visiblement pas s'attendre à ce que je reprenne un aussi grand avantage.

« Mais tu sais quoi, misérable vermine, peu importe ! Continue Uranus en brandissant sa faux vers moi d'un air enragé. Mes années d'expériences vont te détruire, pauvre femelle ratée ! »

Le combat débute, coups contre coups, parades contre parades, poignard contre faux, coups de pieds contre coups de poings et inversement. J'ai préféré ranger mon revolver, il me sert plus pour les combats éloignés que rapprochés.

Les attaques pleuvent et les parades continuent de s'enchaîner.

« Tu continues à te battre ? Je suis étonné devant tant de détermination de ta part, Cla-chan. Fit-il en appuyant sur le dernier mot, évitant une droite de ma part.

- Je me battrai jusqu'au bout !

- À quoi bon ?! Pourquoi faire ?! Tu es une anomalie de ce monde, Cla-chan, ne l'oublie pas ! Une simple spectatrice…

- Tais-toi ! Criais-je en me baissant pour éviter son coup de pied.

- Ces gens te blâment pour ta liberté, veulent te voir exécutée, toi qui empêche la « Justice » de faire son boulot, ces Dragons Célestes qui vous prennent pour des moins que rien et ne respectent pas la valeur d'une vie… Pourquoi se battre pour eux ?

- Je me fiche d'eux ! Criais-je en parant sa faux de ma lame

- Je les détruirai si tu te laissais faire ! Tu n'es pas tentée ? Ne veux-tu donc vraiment pas être mon réceptacle ? C'est pourtant là un honneur que je te fais ! Poursuit l'Arme Antique d'un ton mielleux pour mieux m'amadouer.

- Je ne serai jamais ton réceptacle pour servir ton dessin diabolique ! Met-toi bien ça dans le crâne ! »

Le Démon s'éloigne de moi, nous restons tous deux sur nos gardes. Je sens le coup final approcher, et c'est soit ça passe, soit ça casse.

« Tu n'es qu'un obstacle à ma victoire, une foutue crétine un peu trop optimiste que je vais m'empresser de tuer ! Cracha Uranus en brandissant son arme, enragé.

- Je ne mourrai pas de ta main ! M'exclamais-je alors avec toute la détermination dont je peux faire preuve. Je ne mourrais que pour voir Père devenir le Seigneur des Pirates !

- Je te félicite d'avoir réussi à rentrer dans son équipage ! Mes premières victimes sont toutes choisies…

- Ne t'approche pas d'eux ! Je gronde en m'élançant vers lui.

- Pour cela, il faudrait déjà que tu me battes ! »

Le bruit des lames s'entrechoquant résonne dans mon monde intérieur, puis nous nous éloignons l'un de l'autre en se croisant. Le silence qui règne en maître a quelque chose de pesant.

Le son tranchant d'une lame qui se casse me sort de ma stupeur. Mes yeux se baissent vers l'Ensorceleuse, en espérant que ce ne soit pas ma lame qui s'est brisée. Mais non, elle est intacte, ses reflets rouges se propageant dans l'espace, doux avertissement de mort.

Mais alors… Ça veut dire que…

Je me retourne vivement vers Uranus, tombé au sol, sa faux cassée en deux dans ses mains pâle comme la mort. J'ai gagné. Il a perdu.

« Non… Non ! NON ! Ce n'est pas possible… Ta détermination ne peut pas être plus forte que la mienne… Toutes ces années d'expériences balayées par un simple coup… Murmure-t-il en me fixant de ses yeux vairons.

- Il faut croire que si, Démon ! M'écriais-je en fonçant sur lui avant de mettre mon poignard sur sa jugulaire.

- C'est bon, tu as gagné… » Grince-t-il entre ses dents tout en lâchant les deux bouts de sa faux.

Il se dégage de moi et se relève, les mains levées en signe de paix, avant de me demander de baisser mes armes, tendues vers lui pour éviter tout acte défavorable. J'abaisse mon revolver ainsi que mon poignard tout en gardant un œil sur Uranus

Mes jambes ne me supportent plus, je suis éreintée, exténuée. Tombant à genoux et soufflant comme pas possible, je le vois avancer vers moi.

« Que fais-tu ? Demandais-je soudainement, dubitative, mais aussi prise de doute. Pourquoi es-tu toujours là ? Ne t'ai-je pas vaincu ?

- Je ne peux plus partir, ma Reine… » Fit-il en soufflant.

Je sens dans ses deux derniers mots de la haine et de l'hypocrisie. Je déteste cette sensation.

« Et donc ? Continuais-je, vexée de ne pas avoir eu une réponse correcte.

- Et donc à présent et jusqu'à ce que tu meures, je ferai partie de toi, mes connaissances seront tiennes, mes compétences te serviront. Entend la voix de toutes choses, discerne les, sens les, ma Reine. » Fit-il en plaçant ses doigts fins et aussi pâle que la mort sur mes tempes.

Pour ponctuer les propos de l'Arme Antique, une douleur lancinante me vrille l'esprit. Je me contorsionne en criant, puis m'effondre au sol dans un bruit mat et sourd. Trop d'informations, trop de choses.

La douleur est insoutenable, insupportable, horrible, omniprésente et inévitable. C'est une tornade d'informations qui ne cesse d'accroître en moi. Elle prend de l'ampleur et devient incontrôlable, elle me balaie de l'intérieur avec fureur…


Et voilà mes sushis ! J'espère ne pas vous avoir rebuté avec la longueur de ce chapitre, mais tout ce que je voulais y faire apparaître est très important donc ça a donné ce chapitre de plus de 6,800 mots !

Donnez moi vos avis, dites moi ce qui vous intrigue, ce que je peux améliorer, bref, tout ça quoi ! :) et ne vous en faites pas, vous allez adorer le nouvel ami à Clara, j'en suis persuadée ! :) Et si vous avez des questions sur l'Arme Antique, d'où vient son nom, ses pouvoirs ou je ne sais quoi d'autre, je serai ravie de vous expliquer ma théorie là-dessus ! X3 Alors dites moi tout ça par PM, je ne mords pas ! ;)

N'hésitez pas à tabasser le bouton review ! X) Si on atteint les 150 reviews avec ce chapitre, je vous décerne la médaille des meilleurs revieweurs. Et surtout, n'oubliez pas que celui qui poste le 150ème commentaire aura un cadeau ! X) AU fait, ceux qui ont déjà commenté le chapitre 18 peuvent le refaire en mettant un com sans leur compte, mais indiquez moi qui vous êtes quand même !

Hug,

La Reine des poissons-sushis angéliques des ténèbres enneigés, (merci à Ic'ilver de m'avoir trouvé ce surnom, très pompeux d'ailleurs, non ?! X3)

Reviews et ananas, j'vous aime putin !