Note de l'auteure :Tout d'abord, merci aux deux reviewers et aux quelques followers, ça motive à poster.
Je m'excuse de ne pas avoir posté plus tôt, je suis vraiment désolée mais les cours ont repris puissance 2 et c'est, par conséquent, difficile à suivre. Comme je n'avais pas fini sur ce second chapitre, je n'avais donc pas le temps d'avancer et je voulais également travailler sur un début de 'vrai' plan pour cette fan-fiction.
Ce soir j'essaye donc de poster un premier jet du second chapitre qui est, je vous le concède, très mal écrit. J'ai bel et bien l'intention de le retravailler. Cependant, je ne le ferai pas avant mars-avril : je pars au Royaume-Uni à cette période et n'aurai, vraisemblablement pas accès à internet. J'essayerai de poster les premières versions des trois premiers chapitres que je retravaillerai pendant mon séjour en Angleterre : vous aurez donc les chapitres entièrement ré-écrits ( les trames de chapitres seront cependant les mêmes mais l'écriture sera revue ) lors de mon retour en mai ( ou, si je le peux, avant ) ainsi que le quatrième chapitre ( je l'espère ).
En attendant, j'espère que vous apprécierez ce deuxième chapitre, assez conséquent.

PS : Je voulais vraiment vous poster ce chapitre ce soir ( je n'aurai pas le temps après ) : aussi n'ai-je pas eu le temps de le relire encore : il est possible qu'il y ait des fautes, je m'en excuse.


Chapitre 2

Lorsqu'elle se réveilla, Hermione se trouvait encerclée de silhouettes encapuchonnées et masquées. Elle eut une pensée pour le Ku-Klux-Klan, ce groupe de terroristes – du moins Hermione les considérait-elle comme tels - racistes américains dont on venait justement de reparler sur la télévision moldue les citant comme responsables pour une série de meurtres sur des personnes de couleur … tout cela au nom de la suprémacie blanche…. Finalement, se dit-elle, les costumes n'étaient pas les seules ressemblances entre les mangemorts et le Ku-Klux-Klan : si les derniers tuaient – massacraient même – au nom de la supposée suprématie d'une couleur, les premiers se permettaient les mêmes atrocités, voire pire, au nom d'une idéologie « du sang » …. Les uns comme les autres lui paraissaient tout aussi absurdes.

Cette première pensée effacée, Hermione s'avisa enfin que, semblables au Ku-Klux-Klan –mais ô combien plus dangereux – ou pas, il n'était pas bon de se retrouver seule entourée de morbides mangemorts tous plus fous les uns que les autres. Surtout lorsque l'on n'était rien d'autre qu'une « sale petite sang-de-bourbe ». Surtout lorsqu'on s'appelait Hermione Granger, amie d'Harry Potter et récemment promue au titre – honorifique ou non d'ailleurs – de nouvelle proie de Voldemort destinée aux plus tragiques des achèvements avant de périr … tout aussi tragiquement. Un frisson de terreur autant que de dégoût lui parcourut l'échine. Ma baguette, songea-t-elle, sa main se posant instinctivement sur sa poche : de laquelle, bien entendu, sa baguette avait disparu. Vraisemblablement : tout espoir de s'enfuir était anéanti. Non, ce n'était pas possible. Elle devait s'enfuir, partir loin horriblement loin d'ici. Elle ne devait pas les laisser l'avoir. Pas tant pour sa propre vie que pour celle de ses parents, celle d'Harry, celle du monde. Un rire glacial retentit bientôt résonnant contre les murs nus. Un rire sarcastique, profondément sadique et cruel. Un rire monstrueux qu'Hermione perçut comme émanant de Lucius Malfoy. Mais comment savoir où il se trouvait, caché derrière ces masques et ses capes ? Bande de lâches songea la jeune femme. Mais Malfoy lui-même répondit à la question qu'elle n'avait pas formulée, s'avançant, tenant à la main la baguette d'Hermione. D'un geste, il retira son masque, posant sur elle un regard dédaigneux les yeux brillants de haine mais aussi d'autre chose, une sorte de joie mêlée à … à du soulagement.

- Perdu quelque chose, Sang-de-Bourbe ?

Un grand rire saisit l'assemblée qui l'entourait et semblait attendre quelque chose. Ou plutôt quelqu'un, elle n'en doutait pas un instant. La terreur la submergea lorsqu'elle réalisa enfin qu'elle allait devoir affronter le Seigneur des Ténèbres dans très peu de temps. Inconsciemment, la jeune sorcière avait imaginé, espéré pour être plus précis, qu'elle aurait un petit répit, un peu de temps pour se faire la situation, du temps pour l'analyser et y apporter une situation. Non.
Elle sentit bientôt ses mains trembler et les posa à plat sur les dalles sur lesquelles elle était toujours étalée, incapable de se relever. En ce moment précis, elle aurait souhaité hurlé, se battre becs et ongles, laissez libre à ce sentiment suffocant qui s'était emparé d'elle : la peur. Non ! Elle était Hermione Granger, elle était une Gryffondor, elle était l'enfant à qui ses parents avaient toujours appris à analyser rationnellement une situation et à l'affronter coûte que coûte. Elle ne leur laisserait pas voir à quel point elle était terrorisée. Elle ne leur laisserait voir ni la peur, ni la douleur, ni rien, absolument rien, hors de question ! Dans un sursaut de courage autant que de dignité, la jeune femme releva le menton et darda sur Lucius un regard polaire où elle mit tout le dédain possible.

- Attention Lucius, vous risquez de vous blesser…

Hermione avait parlé sans réfléchir, cherchant à être le plus cassante possible et à établir les choses clairement : elle ne supplierait pas, elle ne pleurerait pas et ils ne l'intimideraient pas. Pourtant, lorsqu'elle avisa le sursaut de surprise qui avait saisi les spectateurs et l'expression piquée et furieuse sur le visage de Malfoy elle fut fière et sut précisément qu'elle avait frappé là où cela faisait mal. Depuis l'histoire de la salle des Prophéties – et l'échec cuisant de Malfoy et de ses petits amis – Hermione se doutait que ce dernier devait être en bien mauvaise posture vis-à-vis de son maître mais elle s'avisa aussi qu'il semblait avoir terriblement perdu confiance en lui. Alors, silencieusement, Hermione observa le visage d'ordinaire agréable quoique méprisant de Lucius Malfoy se congestionner de fureur avant que celui-ci ne lui assène une violente gifle qui, si tant était qu'elle eût été debout, l'aurait sûrement propulsée à terre. De nouveaux, les rires des Mangemorts retentirent à ses oreilles tandis que, le goût du sang emplissant sa bouche, elle sentit les mains de Lucius agripper violemment son menton pour la forcer à l'affronter.

- Comment oses-tu espèce de sale Sang-de…

- Sang-de-Bourbe ? Vous l'avez déjà dit et m'en avez abreuvé les six dernières années … comme Drago d'ailleurs… Décidément, vous autres Mangemorts manquez cruellement d'imagination … ou de vocabulaire !

Une nouvelle gifle, sur l'autre joue cette fois, la propulsa un peu plus face contre terre et fut bientôt suivie d'un puissant coup-de-pied dans le ventre. A choisir, Hermione ignorait ce qu'elle préférait : les méthodes Moldues ou Sorcières quand cela touchait à la violence. Réflexion faite, aucune, se dit-elle se promettant de se venger un jour de Malfoy, aucune.

Sur cette pensée, la porte s'ouvrit avec fracas et, tandis que l'assemblée entière s'agenouillait, tête baissée, la jeune sorcière dut se contrôler pour ne pas pousser un cri d'horreur mélangé à la plus grande peur qu'elle eût jamais ressentie tandis que le Seigneur des Ténèbres s'avançait vers elle. Son cœur se mit à pulser si fort qu'un instant, elle crut que sa poitrine risquait d'exploser. Dans sa tête, mille-et-une pensées auxquelles s'ajoutaient tant et tant de visages se bousculèrent soudainement : ses parents en premier lieu, puis vinrent les Weasley Molly qui avait toujours été comme une seconde mère pour elle, une sorte de mère dans le monde sorcier, Arthur dont Ron avait tant hérité, Bill qu'elle avait eu l'occasion de rencontrer quelques fois et qu'elle s'était peint comme le grand-frère qu'elle aurait aimé avoir, Charlie qu'elle n'avait vu qu'en photo ou presque mais dont elle avait tant et tant entendu parler, Percy qui, quoi que ses actions récentes n'aient rien de bien glorieux, n'en faisaient pas moins un membre des Weasley, Fred et George qui l'avaient tant agacée et tant fait rire, Ron qui était tellement, tellement .. Ron, ses pensées se fixèrent alors sur Remus qu'elle était venue à tant apprécier ces dernières années, Nymphadora, les professeurs de Poudlard qui lui avaient tant apporté, principalement le professeur McGonagall qu'elle admirait et estimait tant, Albus Dumbledore et du directeur, son esprit glissa vers Harry. Ô Merlin, Harry, elle allait causer sa mort et celle de tant et tant d'autres, elle en était sûre. Ces dernières années, elle avait lu et relu à quel point Voldemort était puissant et terriblement dangereux. Elle avait entendu des centaines de fois sinon plus qu'il était incontestablement parmi les meilleurs Legilimens des siècles derniers. Qu'avait-elle pour se défendre par conséquent ?

Son regard se posa donc sur celui qu'elle redoutait tant, s'efforçant aussi bravement que possible de taire les battements affolés de son cœur. Mais lorsque ses yeux se posèrent sur lui, elle eut le plus grand mal du monde à réprimer la nausée qui la saisit.

Oh, bien sûr Harry lui avait décrit, plusieurs fois d'ailleurs, sa rencontre avec Voldemort, comment celui-ci était devenu un monstre, comme il était hideux. Pourtant, au fond d'elle, naïvement, son amie s'était toujours imaginé qu'il en rajoutait, elle s'était toujours imaginé qu'il devait ressembler à n'importe quel humain « juste avec quelques caractéristiques en plus ». Quelques caractéristiques en plus, la pensée aurait presque pu la faire rire la situation n'eût-elle été aussi désespérée. Devant elle se tenait l'homme – non, plutôt la chose, l'être – le plus hideux qu'elle n'aurait jamais plus imaginé même dans ses pires cauchemars : le nez n'était plus que deux fentes, tout comme ses yeux et elle fut tétanisée en prenant pleinement conscience de toute l'étendue de sa ressemblance avec son serpent… Et Hermione eut encore plus envie de vomir. Finalement, elle ignorait quel était le plus terrifiant : qu'il eût pu ressembler à n'importe quel homme tout en étant horriblement monstrueux à l'intérieur ou bien qu'il soit justement aussi monstrueux en dedans qu'en dehors ? Elle avisa alors qu'il avait posé son regard furieux sur Lucius et l'espace d'une demi-seconde elle ressentit presque de la compassion pour lui avant de finalement décider qu'il n'en méritait pas. Et puis, Lord Voldemort se tourna vers lui, la jaugeant de son regard froid et posant sur elle ce qui aurait pu passer pour un horriblement sourire reptilien avec pour conséquence de faire frissonner plus que de raison la jeune femme. D'un coup de baguette – qu'Hermione reconnut comme appartenant à Lucius Malfoy, étrange ! – il la libéra de ses liens invisibles avant de tendre une main squelettique vers elle.

- Allons Lucius, n'as-tu donc aucun savoir vivre ? Relevez-vous donc jeune fille.

Un instant, le regard de son interlocutrice de figea et elle se demandant à quel jeu jouait donc le seigneur des Ténèbres. Son ton aurait sûrement pu passer pour avenant mais au goût d'Hermione, il eût encore mieux valu qu'il ne parlât pas du tout…. Sans se saisir de la main tendue, Hermione se releva. Elle refusait de le toucher, en premier lieu parce qu'il était absolument hors-de-question qu'elle n'eusse qu'effleuré la main de ce monstre, dans un second temps parce que qui sait ce qu'il eût fait alors… Dans sa tête seul les mots « Protéger Harry » résonnaient.

Un long moment se passa sans que personne ne parle. Voldemort la jaugeait, elle savait pertinemment qu'il se délectait de la peur qu'il lirait dans ses yeux et qu'elle ne pouvait pas entièrement chasser, mais elle se doutait aussi qu'il essayait de trouver ses points forts et ses faiblesses. Pour mieux la forcer à trahir Potter. Pour mieux la briser. Alors, chose dont elle ne se serait jamais pensée capable, Hermione soutint son regard et trouva en elle assez de force pour y mettre toute la haine et le mépris du monde. Un instant, elle vit le regard du monstre en face d'elle s'assombrir et crut que sa dernière heure était venue. Mais non, au lieu de cela, il se tourna simplement l'assemblée qui n'osait plus ni bouger, mis à part une silhouette qui semblait extrêmement excitée et Hermionne n'eût guère de difficulté à deviner qu'il s'agissait de Bellatrix Lestrange, cette psychopathe ! D'un geste de feinte hospitalité – qui paraissait plutôt menaçant d'ailleurs – Voldemort décida de présenter Hermione, bien que tous la connaissaient au moins de nom, à ses serviteurs.

- Mes chers amis, laissez-moi vous présenter notre invitée, miss Hermione Granger.

Sans qu'elle ne comprenne ni comment ni pourquoi, un rire sec s'empara de la sus-nommée et elle ne chercha pas même à la réprimer. Invitée ? Elle doutait réellement que le Seigneur des Ténèbres eût jamais invité quelqu'un… et certainement pas elle. Elle savait qu'elle paierait sûrement pour cet affront. Mais quitte à se battre désarmée, il lui restait au moins sa langue et son esprit – pour l'instant – et elle comptait bien s'en servir.
En l'entendant rire, tous les visages s'étaient tournés vers elle dans un bruit de consternation. Certains avaient enlevé leur masque et l'observait avec une rage et un mépris non-dissimulés. Et étonnamment, elle s'en moquait éperdument, bien au contraire, cela sembla lui redonner de la force.

- Invitée ? Allons, Tom, nous n'avons vraisemblablement pas la même définition du mot « inviter »… Normalement, tout le plaisir d'une invitation réside dans le fait que « l'invité » en question est absolument, totalement libre de décider s'il veut venir ou pas … Je ne me rappelle pas qu'on m'aie donné le choix, non pas que j'aurais accepté d'ailleurs… Et puis … par pitié, n'essayez pas de vous montrer courtois, vous insultez notre intelligence à tous les deux …

Un instant, Voldemort ne répondit rien, trop stupéfait pour parler ou même réagir. Personne au monde n'avait jamais osé lui répondre ainsi – excepté peut-être l'horrible vieux fou qu'était Albus Dumbledore mais c'était une autre histoire – et encore moins oser utiliser son nom, son vrai nom … Et puis la fureur se peignit sur son visage tandis que les yeux de la petite peste osait savourer sa victoire. La dominant de toute sa taille, il hurla désormais :

- Comment oses-tu utiliser ce nom, espèce de… hurla-t-il.

A ce moment-là Hermione prit pleinement conscience qu'il ne la tuerait pas, même si elle se montrait insolente, pas tout de suite du moins : il avait besoin d'elle, des informations qu'elle pouvait lui donner. Et étonnamment la première pensée qui lui vint à l'esprit après que Voldemort se fut mis à hurler fut qu'elle avait jusqu'à lors survécu à six ans de disputes en tout genre de Rogue, et qu'elle pouvait par conséquent bien survivre à quelques cris d'un fou furieux … Alors, sans se départir de ce petit air supérieur qui, elle le savait, irritait tellement les gens, elle reprit avec tout l'ennui qu'elle pouvait mettre dans sa voix :

- Sang-de-Bourbe ? Juste ce que je disais, quel manque d'originalité … Quant au nom … Renieriez-vous vos origines …. Tom ?

Elle avait poussé trop loin sa chance, elle le vit dans les fentes qui servaient d'yeux à son ennemi. Avec un sourire, il hocha la tête en direction de Bellatrix qui s'écria bientôt d'une voix horriblement joyeuse :

- Endoloris.

Et soudain, plus rien ne comptait, ni le lieu ni les personnes qui l'observaient. La douleur nouvelle, intenable lui vrilla les dos, les jambes et la tête. C'était horrible, pire que tout ce qu'elle avait jamais vécu. Et tout c'était passé tellement vite ! Lorsque Bellatrix avait allègrement agité sa baguette, Hermione avait à peine eut le temps de comprendre ce qui allait suivre avant de sentir ses jambes se défiler et de se retrouver, encore une fois, à terre. Aussitôt, une sensation de brûlure s'était emparé de ses jambes remontant progressivement le long de son dos sans cesser d'augmenter en intensité.
Un long moment Hermione s'était efforcée de garder les idées claires, se répétant inlassablement je ne crierai pas, je ne crierai pas, je ne … Soudain la douleur atteignit un point tel que la jeune sorcière perdit tout contrôle. Ses lèvres, qu'elle avait serrées avec tant de force s'ouvrirent soudainement, ne pouvant réprimer non pas un simple gémissement, mais un horrible cri qui se répercuta violemment dans la pièce, provoquant même certains rires dont celui, glacial de Voldemort auquel se mêlait le ricanement hystérique de sa tortionnaire.
Jamais Hermione n'avait imaginé qu'on pût souffrir autant. Tandis que la brûlure dans son dos ne cessait guère, bien au contraire, la jeune femme sentit un liquide couler le long de sa colonne vertébrale et de ses jambes, jusqu'à ce que ses vêtements détrempés collent à la peau. Elle ne pouvait plus respirer. La douleur s'était emparée d'elle, l'enserrait de ses longs bras cruels dans le but évident de la briser. Comment pouvait-on survivre à cela ?
Elle allait mourir. La réalisation la frappa soudainement. Elle allait mourir, elle avait sous-estimés le sadisme de Lord Voldemort, s'était crue à l'abri d'un quelconque danger mortel parce qu'elle était l'amie d'Harry, parce qu'elle leur serait utile. Elle s'était trompée et son erreur allait lui coûter la vie. Ils allaient la tuer.

Oh le plaisir que devait ressentir Bellatrix à cet instant même, elle n'en doutait pas un instant. Cette vieille folle l'avait toujours haïe. Pas tant parce qu'elle était l'amie de Potter de façon surprenante, plutôt parce qu'elle n'était rien qu'une « sale petite sang-de-bourbe » comme elle l'avait entendu si souvent ces dernières années. Bellatrix était folle. C'était un euphémisme. Elle aimait voir les gens souffrir, elle aimait les voir mourir. Elle se délectait de la douleur et du sang comme un vampire. Et la seule chose à laquelle sa présente victime parvenait à songer était que cette psychopathe devait s'amuser comme un enfant le jour de Noël…

Et puis, tout cessa. Plus rien. Oh, la douleur était toujours là, elle lui vrillait toujours le dos et les jambes. Sa tête menaçait toujours d'exploser et chacun de ses membres lui paraissait terriblement engourdi. Mais elle ne sentait plus la douleur à l'intérieur comme un animal qui cherchait à la ronger, à l'étouffer. Elle avait toujours mal, horriblement, terriblement mal mais quelque chose en elle que Bellatrix en avait terminé avec elle. Jusqu'à la prochaine fois. Et soudain, tandis qu'elle s'évertuait à retrouver son souffle, une pensée saugrenue lui traversa l'esprit : Bellatrix serait-elle celle qui lui lancerait le fatal « avada kedavra » ? Bellatrix serait-elle chargée de la tuer ? Le Seigneur des Ténèbres se débarasserait-il des basses besognes comme il venait de le faire ? Mais rien de cela n'importait : qui que ce soit qui exécute le geste, elle serait morte. Intérieurement, Hermione se félicita d'avoir modifié la mémoire de ses parents. Au moins, elle ne leur manquerait pas.

Mais si, l'espace d'un instant, elle avait songé que cela s'arrêterait là, la sorcière s'était trompée, terriblement trompée. Le sadique n'en avait pas terminé avec elle, bien au contraire. Alors même qu'elle s'efforçait de reprendre et son souffle et ses esprits, elle entendit bientôt la voix glaciale s'exclamer :

- Legilimens !

Une nouvelle vague de panique la submergea tandis qu'elle songeait qu'il était, à cet instant même dans sa tête, qu'il allait effeuiller chacun de ses souvenirs, jusqu'aux plus privés, et s'en servir contre elle mais surtout contre tous ceux qu'elle aimait. C'était horrible, pire qu'un cauchemar car elle n'avait aucune chance de se réveiller en se disant que rien de cela ne s'était passé. Cela se passait en cet instant même. Lord Voldemort, le plus puissant des Mages Noirs, celui dont tous craignaient de ne prononcer que le nom, était dans son esprit et que pouvait-elle faire ? Certes, elle avait lu, à titre informatif seulement, quelques livres sur le sujet, les rares qu'elle eût pu trouver. Mais entre la théorie et la pratique, il y avait une différence et Hermione avait eue maintes et maintes fois l'occasion d'observer cet immense fossé.

Elle était donc là, sans défense face à cette intrusion dans ses réminiscences. Le pire restait de se dire qu'il n'y avait rien, absolument rien qu'elle put faire. Bientôt, il aurait accès à tous ses souvenirs concernant Harry et elle n'avait aucun doute qu'au moins l'un d'entre eux lui permettrait de briser son ami. Elle allait causer leur perte, à tous.

Elle restait là, la panique enserrait ses membres, la paralysant, la glaçant. La terreur sans nom qui s'emparait d'elle déferlait comme une vague un soir de tempête, menaçant à tout instant de la submerger. Son cœur tambourinait avec frénésie contre sa cage thoracique qui elle-même menaçait de rompre. Le temps s'était arrêté, suspendu dans l'air dans lequel elle-même avait l'impression de flotter. Eut-elle eu une occasion de s'enfuir en courant, elle en aurait sûrement été incapable tant ce sentiment suffocant s'était imprégné en elle. Quoiqu'il en fût, il n'y avait pas d'échappatoire. Pas d'espoir.

Et alors que ces mots résonnaient dans sa tête, « aucun espoir », un cri de rage lui fit reprendre conscience de la réalité tandis que les yeux de Voldemort semblaient lancer des éclairs. Les narines frémissantes de fureur, il l'observait, semblant sur le point de la tuer ou la torturer à tout moment et un frisson la saisit en repensant à ce qu'il pourrait advenir, eût-il décidé de s'en prendre à elle.

A la dérobée, la jeune femme lui jeta un regard et ce qu'elle vit fut loin de la rassurer. Là, devant elle, se tenait le Seigneur des Ténèbres, son visage reptilien plus pâle encore que d'ordinaire, ses yeux étrécis et le regard plus mauvais qu'Hermione n'eût jamais pu l'imaginer, sa bouche déformée dans un rictus de fureur, il semblait trembler de haine et de rage mêlée.

- Severus ! hurla le mage noir.

L'assemblée s'écarta, laissant passer le Maître des Potions lequel affichait un visage absolument impassible et ne jeta pas même un regard à la pauvre jeune femme à ses pieds. Elle frémit à la vue de cet homme tandis que des milliers de souvenirs l'assaillaient. Poudlard, les cours de potions, les années qui avaient défilées, Harry, Ron, l'épisode de la Cabane Hurlante, la nuit au Ministère …. L'homme rejoignit son Maître devant lequel il s'agenouilla.

- Maître ?

- Tu ne m'aurais pas volontairement trompé, Severus, n'est-ce pas ?

- Monseigneur ?

- Elle n'était qu'une étudiante, n'est-ce pas Severus ?

- Oui, Maître.

- Alors dis-moi …. Qui donc lui a appris l'Occlumencie … Ou quoique ce soit…. Comment expliques-tu que je ne vois rien ! fulmina le Fourchelang tandis que Nagini s'agitait à ses côtés. »

Un éclair d'incompréhension traversa les yeux sombres du Professeur. Comment diable était-il possible que la fille soit capable d'occulter ses pensées au plus puissant des Legilimens ? Elle n'avait pas appris l'Occlumencie, il aurait pu le jurer : il avait vu la panique s'emparer d'elle lorsqu'elle avait compris ce que s'apprêtait à faire son agresseur. Par conséquent, Severus Rogue, pourtant extrêmement doué en Occlumencie ne comprenait absolument pas comment la jeune fille avait pu empêcher le plus grand Mage Noir de tous les temps de pénétrer dans son esprit.

- Monseigneur me permettrait-il de …

- Fais !

Sur un hochement de tête, Severus Rogue se retourna vers la jeune femme qui l'observait et il put lir sur son visage de nombreuses émotions contradictoires : le visage de Granger n'avait jamais été bien difficile à déchiffrer : la jeune fille était tout bonnement incapable de cacher ses émotions, ce qui le rendait encore plus sceptique quant à son prétendu don soudain d'occlumencie. Là devant lui se mélangeaient peur et mépris, haine, peine mais aussi un courage et une effronterie dont il n'aurait jamais cru la jeune fille capable. Et de la résignation, beaucoup de résignation et pas n'importe quel type de résignation. Ce genre de résignation que l'être humain adopte quand quelque chose au fond de lui lui fait comprendre qu'il n'y a plus rien à faire. Que la fin est proche. Et tout autant qu'il méprisait la jeune Gryffondor, il ne pouvait oublier qu'elle avait été son élève pendant de longues années. Certes la jeune fille était un insupportable rat de bibliothèque qui semblait prendre plaisir à cumuler les défauts en étant également amie avec Potter et de surcroît une Gryffondor, n'ayant même pas le sang pur, mais elle restait aux yeux du Professeur de Poudlard une jeune fille, une enfant, une vie à sauver et il détestait voir sur ce visage tant de résignation.

Mais l'heure n'en était plus aux réflections. Ici, dans cette pièce, entouré de ces gens, Severus Rogue était un Mangemort. Severus Rogue était le Mangemort le plus proche de Voldemort et il était donc inconcevable qu'il laisse passer ses propres scrupules avant ses devoirs.

Levant sa baguette de bois sombre et la pointant sur la jeune femme à qui il n'adressa qu'un regard froid, le même qu'il lui avait réservé pendant toutes ces années à Poudlard, il déclara d'une voix apathique :

- Legilimens.

Une nouvelle fois, Hermione tressaillit. Elle n'avait pas eu le temps de comprendre, d'analyser ce qui venait de se passer avec Voldemort qu'elle trouvait à nouveau son esprit assailli par quelqu'un, qui, vraisemblablement, ne lui voulait pas que du bien. Mais la séance de Torture qu'elle venait de subir et tous les évènements passés l'avaient épuisée. Elle ne chercha pas même à se défendre – d'ailleurs l'eût-elle seulement pu-, trop occupée à contenir tant bien que mal la douleur qui lui vrillait le crâne.

Severus s'était attendu à entrer sans problème dans l'esprit de la jeune femme dans lequel, il en était sûr des centaines d'images toutes aussi dénuées d'intérêts les unes que les autres se seraient montrées à lui. Parmi ces souvenirs, il n'aurait qu'à en choisir un ou deux montrant Potter mais qui ne soient pas trop compromettants et les offrir au Maître des Ténèbres lequel, sans nul doute possible, en désirerait plus et serait par conséquent obligé de garder la fille vivante. Aussi, quelle ne fut pas la surprise du Legilimens lorsque face à lui se dressa une immense statue de chouette laquelle semblait dispenser une sorte d'aura rose pâle. Il en aurait presque ri. D'un pas, il tenta de franchir l'aura qui émanait de la chouette mais se retrouva propulsé en arrière et ce faisant, hors de l'esprit de Granger. Par trois fois il réessaya. Rien. Absolument rien.

Sur sa nuque, il sentit le regard de Voldemort le fixer avec curiosité et impatience et craignit l'instant fatidique où il lui annoncerait qu'il ne pouvait pas non plus accéder aux pensées de la jeune femme et que tout cela ne ressemblait à aucune forme d'Occlumencie dont il eut pu avoir connaissance. Aucun doute qu'à cet instant précis Granger deviendrait inutile : Voldemort laisserait donc ses serviteurs les plus dérangés – Bellatrix notamment- s'amuser avec elle avant de l'éliminer. Quant à lui, il n'échapperait probablement pas aux plaisirs sadiques du Maître.

- Severus ? grinça-t-il.

- Je, hésita son serviteur, je ne comprends pas Monseigneur, je n'ai jamais vu cela de ma vie, cela ne ressemble à aucun autre type d'Occlumencie que j'aie pu rencontrer jusqu'à présent …

- Vraiment ? C'est curieux… As-tu la moindre idée d'où cela viendrait ? Le vieux fou ?

- Non, Maître, je l'ignore. Et je ne pense pas que Dumbledore soit à l'origine, je reste convaincu qu'il serait aussi étonné que je le suis.

- Je veux que tu enquêtes sur le sujet, Severus. Elle pourrait nous être plus utile que je ne le pensais.

- Maître … répondit Severus en inclinant la tête.

- Queudver ! ordonna Voldemort. Emmène la fille aux cachots. Nous réessaierons plus tard.