J'espere que tout va bien pour vous , je vous remercie pour les reviews du chapitre précédent ;)

Celui-là sera plus axé sur les sentiments de Harry, enfin bref, je vous laisse découvrir.

Bonne lecture,

Bye!

PS : Merci à Yelle80 pour la correction.


Chapitre 2

Avec un soupir, Harry essuya la sueur de son front avec le dos de sa main. En ce mois de Juillet, la chaleur était écrasante. Il sentait la transpiration qui collait ses vêtements à sa peau et sa tête commençait à tourner. Malgré cela, il continua consciencieusement à ramasser à l'aide du râteau toutes les feuilles mortes et autres détritus qui recouvraient la pelouse des Dursley. Depuis que son Oncle l'avait réveillé en tambourinant à sa porte à huit heures du matin, Harry s'occupait du jardin. La fraîcheur du matin avait été assez agréable, le réveillant doucement mais une fois les restes du froid de la nuit envolés, il ne lui restait plus que la morsure brûlante du soleil qui ne lui laissait aucun répit.

Le jeune homme avait faim, soif et il était épuisé. Il ne se souvenait pas avoir déjà ressenti une telle fatigue dans sa vie. Des cernes noirs avaient élus domicile sous ses yeux, sa peau déjà pâle était devenue cireuse et ses yeux vitreux. Comme son Oncle aimait le lui dire, il ressemblait à un cadavre qui avait oublié de mourir. Sans compter sa perte de poids qui aurait affolé Madame Weasley. En un mois, il avait dû perdre une dizaine de kilos accentuant ainsi son côté gringalet. Autant dire que son cousin Dudley s'en donnait à cœur joie lui volant le peu de nourriture que sa Tante Pétunia daignait lui accorder. Son nouveau jeu consistait à donner le maximum de coups à l'anormal de la maison–le plus fort possible bien évidemment- avant que celui-ci ne s'écroule.

Mais Harry n'en avait cure. Il était bien trop préoccupé pour se soucier des coups que lui infligeait l'Oncle Vernon et son cousin. Oh, il ne disait pas qu'il s'en fichait, loin de là mais il y était bien trop habitué pour s'en émouvoir. Après tout, les rares fois où il trouvait le sommeil, il se faisait réveiller en sursaut par son Oncle qui, furieux de ses cris, passait ses nerfs sur lui afin de pouvoir se rendormir. Un mal pour un bien sans doute… Car oui, les coups de son Oncle étaient affreusement douloureux mais ses cauchemars étaient bien pires…

Les cauchemars.

Harry ne savait pas quoi en faire… Ils étaient là, lui gâchant la vie mais pourtant il s'en accommodait. Il ne pouvait plus fermer les yeux sans voir le visage de Cédric qui lui demandait d'une voix affreusement suppliante de l'aider, de le sauver. Mais bien évidemment il était bien trop faible pour le sauver. Alors chaque nuit, il voyait le rayon vert foncer dans la poitrine de son camarade qui s'écroulait au sol dans un cri silencieux. Puis il le voyait lui. Lui qui osait rire de la mort du Poufsouffle. Lui qui posait son pied sur son visage. Lui qui le regardait en riant cruellement… Lui et ses yeux rouges…

Et puis il y avait les autres. Les cauchemars que Harry avait toujours connu depuis son arrivée au 4, Privet Drive, il y a de cela quatorze ans. Ceux où il voyait sa mère, supplier le Seigneur des Ténèbres pour sa vie à lui, son fils. Mais inévitablement, elle recevait le rayon vert que sifflait Voldemort. Et lui il était là, toujours, spectateur impuissant du meurtre de sa mère. Trop faible pour agir, trop lâche pour essayer. De toutes ces nuits d'horreurs où il se réveillait en hurlant, pas une fois il n'avait réussi à se mettre entre le sort et sa mère. Pas une fois.

De plus, depuis la résurrection de Voldemort en Juin, à laquelle il avait assisté et même participé bien malgré lui, le visage de sa mère apparaissait dans chacun de ses rêves. La seule nouveauté était que Cédric l'avait rejointe.

Une autre personne qu'Harry avait été incapable de protéger et qui était morte à cause de lui.

Son Oncle avait raison. Finalement il n'apportait que la mort et le malheur autour de lui…

Harry secoua la tête. Il n'avait pas le droit de se lamenter ainsi, c'était sa faute point à la ligne. Ses proches étaient en danger à cause de lui et il était incapable de les protéger. Des gens mourraient tous les jours simplement parce que lui, le Survivant, ne pouvait pas tuer Voldemort.

Il n'avait pas le droit de s'apitoyer sur son sort et de tomber dans le mélodrame.

Retenant un soupir, il s'obligea tant bien que mal à sortir de ses sombres pensées et à se remettre au travail. Il n'osait pas imaginer ce que lui ferait son Oncle si jamais il le trouvait là à rêvasser.

Après un coup d'œil satisfait à la pelouse désormais débarrassée de toutes les feuilles mortes, Harry décida de s'occuper des rosiers. Il alla chercher dans la cabane à outils un sécateur et commença à tailler les plantes qui se trouvaient devant la maison. Il glapit lorsqu'une épine vint se loger entre son ongle et son pouce. Bien entendu, Vernon ne s'était pas donné la peine de lui fournir des gants, arguant qu'il n'en aurait pas besoin. Le jeune homme s'était retenu de lever les yeux au ciel en entendant cela et il s'était tu sachant qu'il aurait été inutile de discuter avec l'homme.

Il porta le doigt blessé à sa bouche, tentant vainement de faire cesser l'écoulement de sang. Sa bouche sèche ne fut guère d'un grand secours… Il était midi passé et il n'avait eu le droit ni de boire ni de manger depuis la veille. L'intense chaleur estivale aggravait la déshydratation du jeune homme…

Il se tourna, hésitant, vers le tuyau qui servait habituellement à arroser les différentes plantes embellissant le jardin. Il avait soif, oui, mais il savait d'avance ce qu'il risquait si jamais quelqu'un le surprenait alors que sa Tante avait été extrêmement explicite : ni eau ni nourriture tant que le jardin ne serait pas parfait.

Mais il mourrait de soif. La chaleur était insupportable, le soleil lui brûlait la peau et son doigt était douloureux. Autant il ne se plaignait pas de ne pas pouvoir manger, bien au contraire, la faim l'avait désertée depuis plusieurs semaines, mais l'eau restait malgré tout indispensable. Et étant donné qu'il n'avait le droit qu'à une douche par semaine, il n'avait pas souvent l'occasion de voler un peu d'eau…

Après quelques minutes d'intenses réflexions, sa bouche sèche et pâteuse prit la décision à sa place. Il prit soin de regarder autour de lui afin de vérifier que tous les Dursley étaient toujours dans la maison à regarder la télévision. Le jardin, tout comme la rue était déserte, et aucun membre de sa famille ne décrochait les yeux du journal télévisé de treize heures. Seule Mrs Figg sortait ses chats sur le trottoir d'en face mais elle ne représentait pas une quelconque menace. Depuis qu'Harry était petit, il avait toujours trouvé sa vieille voisine un peu folle. Elle le regardait toujours étrangement et sa maison sentait le chou. Elle devait sûrement être sénile…

Prenant son courage tout Gryffondorien à deux mains, il se faufila le plus discrètement possible jusqu'au tuyau d'arrosage. Il se retourna une dernière fois pour vérifier que personne ne le voie et commença à boire après avoir tourné le robinet.

L'eau fraîche lui remit rapidement les idées en place. Sa tête cessa de tourner et la sensation de sècheresse qui était présente depuis de trop longues heures dans tout son corps disparut rapidement. Il se mit à boire goulûment de grosses gorgées d'eau, apaisant ainsi sa gorge sèche et douloureuse. Après de longues minutes il passa son doigt douloureux sous le jet d'eau. La sensation de bien-être se répandit dans tout son corps. Il ne s'était pas vraiment rendu compte à quel point il était assoiffé jusqu'à ce qu'il se passe la tête sous l'eau…

-« Espèce de sale gosse, ingrat, voleur ! »

La voix tonitruante, qui ne pouvait appartenir qu'à son Oncle, le fit se retourner brutalement. Une peur panique comme il n'en connaissait qu'à Privet Drive le saisit. Il coupa l'eau, bien trop conscient que l'homme avait tout vu pour ne serait-ce que penser à nier les faits. Comme à son habitude, son Oncle était absolument furieux, son visage boursouflé avait viré au rouge, ses petits yeux porcins avaient plissés disparaissant ainsi dans une grimace colérique. L'homme avança à grande enjambées vers lui, ses points serrés le long de son corps.

Harry baissa la tête par habitude. Il avait compris au fil des années que cet acte de soumission plaisait, consciemment ou non, à son bourreau personnel. Vernon se planta devant lui, le dévisageant avec fureur.

-« Mon Oncle, je… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. L'homme lui décocha une gifle magistrale qui l'envoya à terre. Allongé au sol, Harry posa machinalement sa main contre sa joue et sentit un liquide chaud entre ses doigt. Il saignait. Son Oncle n'y était pas allé de main morte. Il eut à peine le temps de se remettre de sa chute qu'une main puissante l'attrapa par la peau de coup, le faisant gémir de douleur. L'homme, prit dans sa colère, ne se soucia pas que son neveu ne soit pas sur ses jambes. Il le traina mi allongé, mi agenouillé jusqu'à l'intérieur. Tout en marmonnant dans sa barbe des accusations à l'encontre de l'adolescent, il le jeta violemment dans le placard sous l'escalier. Le fait que la tête du garçon heurta rudement le bois de l'escalier ne fit qu'arracher un sourire pervers et satisfait à l'adulte.

Assis par terre, Harry remonta ses genoux contre sa poitrine en essayant tant bien que mal de réguler sa respiration. Non. Non, il ne céderait pas à la crise de panique qui menaçait de le submerger. Non.

Il aspira une goulée d'air qui lui brûla la poitrine, des larmes perlèrent au coin de ses yeux.

Il détestait le placard.

Son placard.

Deux ans. Ca faisait deux ans qu'on ne l'y avait plus jeté. Pourquoi avait-il bu ? Pourquoi ? En quatorze il avait été assoiffé et affamé des dizaines, des centaines de fois ! Jamais il n'aurait dû craquer et céder à la tentation. Il était faible ! Oncle Vernon l'avait suffisamment bien dressé pour qu'il ne puisse plus faire ce genre d'erreurs… Que lui était-il donc passé par la tête ?

Merlin, ce qu'il regrettait…

Il ne voulait plus du placard, non plus jamais. C'était pire que les gifles, pire que les coups de ceinture, pire que les insultes et l'ignorance. Tellement pire.

Le placard représentait ses ténèbres. Son monde de peur et de noirceur.
Enfant, il avait beau pleurer, crier, supplier sa Tante, jamais elle ne le laissait sortir. Il était seul, personne pour se soucier de lui, aucun adulte qui prenait soin de lui, aucune épaule sur laquelle pleurer. Cette solitude lui broyait le cœur, comme si quelqu'un le lui prenait, l'écrasait et lui renvoyait son organe vitale détruit, en plein visage.

Et le noir. Il n'aimait pas le noir. Il n'aimait pas être tout seul dans ce monde, il ne voulait pas être tout seul. Il ne voulait pas être dans son placard. Il le détestait. Il s'était juré de tout faire pour ne plus jamais avoir à y aller, de bien obéir à l'Oncle Vernon, d'être docile et soumis. Mais il était faible, trop faible et il avait échoué lamentablement.

Il n'avait jamais voulu réveiller l'homme au beau milieu de la nuit. Chaque soir, pour ne pas s'endormir, il restait debout pendant des heures au milieu de sa chambre ou bien faisait ses devoirs a trois heures du matin. Mais il était faible. La fatigue le rattrapait bien malgré lui et il finissait toujours par sombrer dans les limbes du sommeil. Et comme s'ils l'attendaient, les cauchemars apparaissaient tout de suite, ne lui laissant aucun répit. Alors il se réveillait en hurlant puis son oncle, furieux, lui faisait passer toute envie de dormir à grands coups de ceinture.

Harry était bien conscient qu'en temps normal son Oncle ne l'aurait pas enfermé dans le placard. Il l'aurait frappé, certes, puisqu'il le méritait mais il ne serait pas allé à une telle extrémité. Mais voilà, il n'avait pas été sage. Son Oncle, déjà excessivement peu patient avec lui, ne l'était plus du tout. Il allait passer la nuit ici, dans le noir, dans son minuscule placard. Il le sentait, il le savait. Chaque fibre de son corps lui criait qu'il n'était pas près de sortir de là.

Mais il ne valait pas mieux que ça ! Il l'avait bien cherché après tout. Il était insupportable. C'était normal que personne ne veuille de lui, que personne ne l'aime. Car personne ne l'aimait n'est-ce pas ? Sinon, il ne serait pas ici, il n'aurait pas le dos douloureux à cause des plaies qui n'avaient pas eu le temps de cicatriser. Il ne serait pas en boule en train de pleurer dans son placard, il ne serait pas… Si quelqu'un l'aimait, quelqu'un serait venu le chercher !

Il gémit pitoyablement, posa sa tête contre ses genoux et se laissa glisser au sol.

Le petit matin le trouva roulé en boule, allongé par terre et somnolant, des traces de larmes sur ses joues creuses.


Reviews S'il vous plait !

( C'est pas une supplique mais presque )

;)