Salut,

Voila un nouveau chapitre, j'espere qu'il vous plaira.

La cavalerie arrivera dans le prochain chapitre :)

Bonne lecture.

Bye!

PS : Merci à Yelle80 pour la correction.


Chapitre 3

L'astre radieux venait de prendre contact avec l'horizon. Le soleil déclinait et se reflêta dans la surface sombre du Lac Noir. Le pourpre et l'orange se marièrent un instant. Les couleurs fanèrent au fur et à mesure que la boule orangé disparaissait derrière les montagnes. Le soleil disparu, tamisant ainsi le ciel sombre où l'on pouvait apercevoir quelques étoiles précoces.

La lumière feutrée de la lune prit la relève, la nuit tombait…

Le même refrain, chaque soir.

L'obscurité était tellement prévisible…

Severus soupira doucement. Appuyé au garde-fou de la tour d'astronomie, il contemplait tranquillement le coucher du soleil depuis une bonne demi-heure. Depuis son entrée à Poudlard, il avait toujours aimé admirer le soleil disparaissant peu à peu du paysage. Pendant ses études à Poudlard, il avait pris l'habitude de passer ses soirées ici dans la plus haute tour du château, du moins, quand le temps le permettait. L'homme n'avait jamais réussi à se lasser de la vue féerique qu'offrait le lieu.

Beaucoup pensait qu'il aimait passer tout son temps enfermé à double tour dans ses cachots obscurs. Certains jeunes Poufsouffle pensait même qu'il était un vampire! Il n'allait pas les contredire… Severus eut un rictus amusé. Les élèves créaient eux-mêmes des rumeurs le rendant plus effrayant qu'il ne l'était déjà. Tant de naïveté le laissait pantois…

Son regard se perdit dans le paysage, la noirceur de la nuit avait envahi le tableau.

Il ne devait pas s'attarder. Le Directeur l'attendait à vingt heures précise et lui même ne supportant pas les retardataires, il mettait un point d'honneur à être ponctuel. Tandis qu'il descendait les escaliers pour se rendre au bureau directorial, son visage se crispa et il retint un grognement. Tout son corps le faisait souffrir depuis son entrevue avec le Seigneur des Ténèbres. L'homme serpent n'était pas satisfait, bien évidemment. Quand l'était-il ?

Les informations que son rôle d'espion lui permettait de transmettre au Lord ne contentait plus ce dernier. Dumbledore et lui s'étaient mis d'accord, pour une fois, sur le contenu des renseignements qu'il avait le droit de rapporter. Certaines données étaient fausses et d'autres totalement inutiles. Voldemort lui avait fait connaitre son mécontentement grâce à divers Doloris et autres tortures.

Il était évident que le Seigneur des Ténèbres n'avait pas été satisfait d'autant plus qu'il avait été incapable de lui annonçer quand le jeune Potter quitterait Privet Drive pour rejoindre une résidence surveillée de l'Ordre du Phénix. Soit le Terrier soit l'ancienne demeure des Black. A vrai dire, Severus soupçonnait que le Directeur lui-même ignorait quand il irait chercher le garçon. Dumbledore n'avait pas l'air pressé de récupérer son précieux Survivant.

Arpentant les différents couloirs de l'école de sorcellerie, le Maître des Potions fronça les sourcils. L'attachement que son mentor éprouvait pour le Garçon-Qui-a-Survécu semblait s'être amoindri depuis que le jeune homme avait annoncé haut et fort le retour du Seigneur des Ténèbres il y a de cela quelques semaines.

Il se souvenait de cette journée comme si c'était hier. Alors qu'il patrouillait aux abords du labyrinthe spécialement dressé pour le Tournoi des Trois Sorciers, il avait ressenti une vive et ancienne douleur sur son avant-bras. L'ancien Mangemort avait blêmi à cette sensation ressorti de son sombre passé. Il avait passé de longues minutes à observer stupidement le tatouage souillant sa peau, n'arrivant pas à en accepter la signification. Le retour du Seigneur Des Ténèbres. Ce ne fut qu'une fois que l'information eût atteint son cerveau qu'il avait pris entièrement conscience. Il s'était mit à courir vers le directeur de Poudlard pour l'informer de l'horreur de la situation.

Secouant la tête pour se remettre les idées en place, il réalisa que la situation n'avait guère évoluée. Dumbledore et le Survivant étaient traités de fous par la Communauté Magique, le Lord Noir montait en puissance, l'Ordre du Phœnix faisait beaucoup d'actions inutiles, et lui, en bon petit soldat avait repris son rôle d'espion.

Pourquoi?

Pour racheter toutes ses fautes et ses erreurs passées. Pour se faire pardonner de tous ces innocents morts cruellement sous sa baguette. Pour enlever le tatouage infâme qui entachait son bras. Pour se dégager de la promesse de servitude qu'il avait faite au Lord à peine son diplôme en poche. Pour que la Lumière puisse enfin régner.

Pour Lily.

Evidemment pour Lily. Avant tout pour Lily. Il vivait pour elle. Chaque action lui étaient dictées par la jeune femme, figée à tout jamais dans ses vingt et un ans. Ce n'était pas non plus comme s'il avait le choix. Il était responsable de sa mort. Tout était de sa faute. Une vie entière ne suffirait pas pour qu'il puisse se repentir…

Non, il ne devait pas penser à cela, il n'en avait pas le droit. Maintenant que la guerre était officieusement de retour il ne pouvait plus se morfondre et se perdre dans la mélancolie. Merlin, il n'était pas faible !

Il renforça sensiblement ses barrières d'occlumencie puis dissimula le souvenir de la jolie rousse aux yeux vert émeraude au fin fond de son esprit. Là où personne ne pourrait jamais l'atteindre…

Arrivé devant la gargouille du bureau du Directeur il prononça le mot de passe d'une voix froide, se fustigeant mentalement. Il ne devait pas laisser ses pensées se promener dans son esprit. Il se devait de tout contrôler. Il ferma brièvement les yeux tout en remettant les dernières barrières de son esprit. Son visage, déjà froid, devint glacial tandis que son masque d'impassibilité reprit sa place.

Tout à sa concentration, il n'entendit pas les pas se rapprocher de lui. La sorcière qui apparût derrière la gargouille se figea, surpris de se retrouver nez à nez avec le Maître des Potions. Maître qu'elle trouva soucieux, donc coléreux. Le Professeur McGonagall lui adressa un sourire en coin avant de tourner les talons jusqu'à la tour des Gryffondors, là où se trouvait ses appartements personnels. Severus se contenta d'un bref hochement de tête un peu sec. Bien que l'homme considère le Professeur de Métamorphose comme son égal et apprécie de converser avec elle, il ne se montrait pas amicaux outre mesure avec elle. Seules leurs joutes verbales opposant leur Maisons rivales démontraient l'affection qu'ils se portaient mutuellement.

Ce ne fut qu'une fois qu'il fût devant la porte du Bureau du Directeur qu'il se demanda vaguement pourquoi la femme était dans l'antre de Dumbledore. Il frappa deux coups secs contre le montant en bois. Un léger « Entrez » se fit entendre. La porte vint valdinguer contre le mur après que Severus l'ai poussé avec bien plus de force que nécessaire. Il devait bien se l'avouer, il avait toujours adoré faire voler les portes.

Trop habitué aux entrées légèrement théâtrales de son Professeur de Potions, Dumbledore ne sursauta pas, contrairement à son phœnix Fumseck qui poussa un chant plaintif à l'encontre de l'homme qui l'avait réveillé.

-« Vous vouliez me voir Albus ? »

-« En effet mon enfant, asseyez-vous, je vous en prie. »

D'un geste raide, Severus prit place dans l'imposant fauteuil recouvert de chintz. Comme à son habitude, il retint un frisson en s'installant. Pourquoi les fauteuils du Directeur étaient obligatoirement rouges ? Maudit Gryffondor !

-« Un bonbon au citron peut-être ? » proposa le vieil homme en lui tendant une coupelle.

Severus leva les yeux au ciel. A chaque fois il lui faisait le même cinéma. Cela devait faire une bonne dizaine d'années qu'il refusait systématiquement les sucreries de Dumbledore mais ça n'empêchait jamais ce dernier de prendre une mine attristé comme si l'homme en noir l'avait profondément blessé en refusant la friandise.

-« Vous ne m'en voudrez pas si je me sers une tasse de thé alors. C'est dommage! Ces bonbons sont des nouveautés de chez Honeydukes. Ambrosius Flume me les a envoyés tout spécialement pour… »

-« Albus ! » Il se pinça l'arête du nez « Pourquoi suis-je ici ? »

Ce vieux fou glucosé et ses maudites divagations ! Il l'obligeait à venir à cette heure-ci, dans son bureau, alors qu'il venait de passer la journée auprès du Seigneur des Ténèbres, tout ça pour parler bonbons. Albus Dumbledore était peut-être le sorcier le plus puissant du siècle –à l'instar de Tom Jedusor- mais pour Severus, c'était avant tout un vieux sénile dont le taux de cholestérol devait crever le plafond. Il se demanda un instant pourquoi la si intransigeante Madame Pomfresh ne lui avait pas interdit le consommation de sucre.

-« Oui mon garçon, j'y arrive. Rien de bien urgent, vous verrez par vous-même. »Il tira plusieurs parchemins d'un tiroir de son immense bureau et les posa en face de son employé.
« De nombreuses rumeurs circulent ces temps-ci dans les couloirs du Ministères de la Magie… »

-« J'espère que je ne suis pas ici pour quelques ragots…» Répondit-il distraitement tout en parcourant les dossiers sous ses yeux. Ses sourcils se froncèrent en constatant qu'il s'agissait de fiches individuelles concernant d'anciens Mangemorts. « Jugson, Salyen, Mulciber… »

-« Oui, en effet, ce ne sont que de vieux noms… »

-« Je ne vois vraiment pas où est le problème, Albus. Ces hommes ont désertés les rangs des Mangemorts après la chute de leur Maître. Voldemort n'a jamais supporté les traîtres ou les lâches! Ils ne leur restent que quelques semaines à vivre, quelques mois tout au plus. »

-« La peur. Voilà où est le problème mon enfant. Ces quelques hommes se cachent depuis le retour de Tom Jedusor. Mais des bruits de couloirs disent qu'ils finiront par rejoindre leur Maître. »

Le Maître des Potions arqua un sourcil. Dumbledore n'écoutait jamais les ragots et les potins en ce qui concernait la guerre. Ses informations venaient de sources sûres dont il voulait visiblement taire le nom.

-« Quand bien même, ils seront soient punis soient tués par le Lord. A ce jour, il est bien trop préoccupé par Potter et par vous-même pour s'occuper de ses serviteurs déserteurs. Seul Karkaroff a déjà payé car beaucoup de ses anciens compagnons se sont retrouvés à Azkaban par sa faute. Bellatrix Lestrange par exemple … »

De l'inquiétude se lut soudain sur le visage du vieil homme.

-« Une évasion ? Compte-il libérer ses fidèles d'Azkaban ? »

-« Pas aujourd'hui non… » dit-il d'une voix doucereuse « Mais il finira pas le faire un jour ou l'autre. Actuellement le Lord n'a pas gagné assez de puissance. Certes, sa résurrection a été un succès mais le nombre de ses partisans est très faible comme vous le savez. »

Tout à son explication, une soudaine lueur de compréhension se lut dans le regard de Severus. Ses yeux se posèrent sur la fiche de Mulciber… Voilà, cette rumeur ! Cela n'en était pas vraiment une mais plutôt une suite logique d'idées plausibles que pourraient avoir le Seigneur des Ténèbres.

Présentement, le but du Lord était de grossir ses rangs. Cependant, beaucoup avaient fui le pays ou n'accordaient aucun crédit au témoignage de Potter concernant son retour. Il eut un rictus amusé. Le Seigneur des Ténèbres allait devoir mettre son égo démesuré de côté pour reprendre près de lui tous les traîtres et autres chiens galleux qui avaient fui. Et c'est seulement à cette condition qu'il pourrait prendre d'assaut Azkaban.

Il s'était toujours demandé pourquoi le Seigneur lui avait pardonné aussi vite d'être resté à Poudlard durant les quatorze années qu'avaient duré son absence. De plus, il avait mis quelques heures à répondre à son appel. Il n'était pas venu le rejoindre directement. L'homme ne pouvait simplement pas se permettre de tous les punir.

Au fil des semaines, le mage noir gagnait en puissance c'était un fait indéniable pour tout le monde. Du moins, pour ceux qui avaient conscience de son retour. Fudge et les autres crétins du Ministère continuaient à fermer les yeux sur l'évidence malgré les nombreuses explications et suppliques du Directeur de Poudlard.

Ils parlèrent ainsi de la montée en puissance du Seigneur des ténèbres durant quelques minutes. Certes, aujourd'hui il n'était pas encore un véritable danger, sa seule victime pour le moment avait été le jeune Diggory, tué de sang-froid par Pettigrow le soir même de sa résurrection. Cependant, comme l'expliquait clairement Dumbledore, le Lord Noir profitait du fait que tout le monde dénigraient Potter afin de pouvoir rassembler le plus d'adeptes. Le directeur avait d'ores et déjà envoyé Hagrid pour approcher les géants ainsi que Remus Lupin pour négocier avec les Loups garous. Beaucoup d'entre eux avaient déjà cédés à Greyback soit à cause d'un chantage soit simplement par plaisir.

Le résultat était évident pour tout l'Ordre du Phœnix : la guerre était là. Ils étaient de nouveau plongés quatorze ans en arrière, combattant des hommes masqués et sadiques.

A ce jour, toute personne étant plus ou moins proche d'Albus Dumbledore était en danger. Beaucoup de personnes s'étaient déjà réfugié au quartier général. Les Weasley, Nimphodora Tonks et Remus Lupin –qui était souvent absent à cause de sa mission pour l'Ordre-, Hermione Granger et Sirius Black –qui n'avait guère le choix-, vivaient depuis le début du mois de juillet au Square Grimmaurd.

Seuls quelques professeurs restaient à Poudlard, comme le Professeur McGonagall ou lui-même, afin d'être plus proche de Dumbledore. Pour la Directrice des Gryffondors cela s'apparentait d'avantage à une question d'honneur de pouvoir rester au Château. Les Gryffondors ne se cachaient pas ! C'était d'ailleurs pour cela qu'ils étaient les premiers à mourir sur les champs de batailles… Fichus Lions !

-« C'est pourquoi je pense que ce serait une bonne idée que tous les acteurs importants du côté de la Lumière soient rassemblés en un même lieu. »

Il fut brutalement tiré de ses pensées par les derniers mots du Directeur. Ce ne fût qu'à ce moment-là qu'il réalisa qu'il avait eu les yeux fixés sur la fenêtre durant tout le petit monologue du vieil homme, comme un jeune enfant dissipé. Il grogna.

-« Comment ça ? Nous sommes déjà tous à Poudlard. L'école deviendra rapidement le symbole de la résistance. »

-« En effet, mais durant les vacances, tous se trouvent au Square Grimmaurd… Je compte moi-même m'y installer dans les jours à venir afin d'être plus proche de tout le monde. Ainsi nous pourrons plus facilement travailler à faire avancer les choses. »

-« Ou voulez-vous en venir Albus ? » Son mauvais pressentiment fut accentué par les yeux pétillants du Directeur.

-« Eh bien, j'aurais besoin de vous ainsi que de Minerva sur place. Vous… »

-« Vous plaisantez ? » L'incrédulité transperçait sa voix.

-« Severus, mon enfant… »

-« Il est hors de question que je m'installe dans ce taudis grouillant de Gryffondors ! »

Sous le coup de la colère, ses mains se serrèrent autour des accoudoirs. Vieux fou ! Pourquoi irait-il dans cette vieille baraque croulante ? La maison familiale des Black, la maison de Sirius Black, Merlin… Infesté de Weasley !

Il avait ses propres appartements dans les cachots de Poudlard. Bien que sobre, il les aimait.

-« Severus, vous savez bien que votre rôle d'espion nous oblige à nous voir quotidiennement… »

Alors que Severus ouvrait la bouche pour pouvoir de nouveau le houspiller à sa guise et faire entendre son mécontentement, sa tirade mourut sur ses lèvres tandis qu'un feu vert apparaissait dans la cheminée du bureau directoriale.

Tous deux, surpris, tournèrent la tête en direction des flammes. Dumbledore fut le premier à se lever, il s'agenouilla devant l'âtre alors qu'une tête apparaissait au travers de la braise. Debout derrière le vieil homme, Severus observa la femme apparaître.

-« Arabella ! » s'exclama Dumbledore avec un sourire sincère, bien qu'un peu crispé.

-« Bonsoir Albus, j'espère que je ne dérange pas. » Elle jeta un regard en biais au Maître des Potions qui la fusillait du regard.

-« Non, pas du tout. Un problème à Privet Drive ? »

A ce nom les sourcils de Severus s'arquèrent légèrement. Ainsi c'était elle la vieille cracmol qui devait garder un œil sur le petit prince Potter… Il avait appris il y a une dizaine d'années que Pétunia Dursley, la sœur de Lily, avait paniquée quand à l'âge de trois ans son neveu commençait à faire de la magie. Suite à cela, elle avait envoyé une lettre à Dumbledore le priant de reprendre le jeune garçon avec lui, craignant pour sa famille. Si le Directeur n'avait donné aucune réponse à la missive, il avait placé quelques jours plus tard Arabella Figg à Privet Drive. Aussi bien pour surveiller les Dursley que pour la sécurité de l'enfant.

-« Vous savez très bien que oui, il y a toujours un problème là-bas. »

Le ton froid et cinglant surpris Severus qui s'avança d'un pas, nul gêné d'écouter une conversation qui manifestement ne le concernait pas. Il fut surprit de voir de la lassitude s'inscrire sur le visage de son mentor.

-« Arabella, ma chère, vous savez bien que je n'y peux rien. Il est malgré tout en sécurité là-bas. C'est sa famille… »

-« Vous appelez ça une famille Albus ? Vous savez, je l'observe depuis ce matin. Il a dû travailler toute la journée au jardin sous un soleil écrasant et quand il a bu au tuyau d'arrosage son ahuri d'oncle l'a frappé. »

-« Arabella… »

-« De l'eau Albus ! » Elle semblait véritablement furieuse maintenant. « Ils sont allé jusqu'à le priver d'eau, cela est allé trop loin !»

Ce ne fut pas de la surprise mais de la stupéfaction qui traversa Severus. A quoi rimait tout cela ? Il ne devait pas parler d'Harry Potter… Lui n'était qu'un sale gosse pourri gâté, comme son père. Sa tête ne passait même plus la Grande Porte de Poudlard tant elle était gonflée. Son arrogance devait être due au traitement de sa famille qui devait céder à tous ses caprices. En même temps, il ne devait pas y avoir cinquante sorciers vivant dans cette banlieue de Londres étant donné la protection dont elle bénéficiait.

Un frisson mauvais traversa sa colonne vertébrale.

-« De qui parlez-vous ? »

La question sauta de ses lèvres sans son consentement. Les mots traîtres étaient sortis de sa bouche avant même qu'il pense à les ravaler. Il se maudit intérieurement en voyant les deux personnes se retourner vers lui. Il leur lança un regard noir en voyant qu'ils le fixaient, sans gêne.

Mais ce qui l'intrigua fût le regard embarrassé que lui rendit le Directeur avant de détourner les yeux. Seule Mrs Figg sembla satisfaite puisqu'elle lui répondit sans hésitation.

-« Harry Potter bien sûr ! Qui d'autre ? Notre cher Survivant se fait taper dessus sans que quiconque… » Expliqua-t-elle d'une voix venimeuse.

-« Arabella ! » Ils sursautèrent tout deux face à la voix forte et colérique du Directeur « Cela suffit, je vais m'en occuper dès demain matin. »

Sans oser ajouter un mot de plus, la vieille dame hocha sèchement la tête et disparut de l'âtre dans une étincelle de braises. Le Directeur se leva doucement, s'aidant des pierres de la cheminée pour se remettre droit. Il retourna s'assoir sous le regard acéré de son Maître des Potions. Il lui fit un signe de la main en lui indiquant de s'assoir en face de lui mais l'homme en noir ne bougea pas.

Severus n'aimait pas les images qui étaient en train de se former dans son esprit. Harry Potter, battu, assoiffé ? Non, ce n'était pas possible. A la mort de Lily, le Directeur lui avait promis de prendre soin de l'enfant. Il l'avait lui-même promis à Lily sur sa tombe. Il lui avait juré, la gorge serrée, qu'il s'assurerait du bien-être du seul membre de sa famille ayant survécu. Alors, il avait accepté que Dumbledore prenne la décision de confier le nourisson à sa soeur, Pétunia. Bien qu'il sache quelle horrible personne elle était, Severus savait qu'elle avait aimé sa soeur. Bien qu'elle déteste la magie.

Lui, Severus n'était même pas capable de regarder l'enfant sans se noyer dans sa culpabilité pour avoir décimer sa famille. Alors il se mettait en colère et attisait la haine du garçon, c'était plus simple ainsi.
Mais le Directeur, lui, savait. Il savait quoi d'ailleurs? Quelles étaient donc les conditions de vie du gamin? Merlin, il était perdu.

-« J'exige des explication Albus. » siffla-t-il.


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