Vous avez de la chance, je suis dans une période où j'aime bien écrire ;)
Voilà, la cavalerie est là, j'espère que ça ne va pas vous décevoir.
Sinon, je vous invite à aller lire mon autre fic qui est un Granger/Snape et à y laisser votre petit commentaire.
Ce qui ne vous empêchera pas d'en laisser un pour celle la aussi :p
Si vous avez des idées pour la suite n'hésitez pas :)
Enfin voila, tout ça pour ça!
Sur ce, bonne lecture!
Merci à Yelle80 pour la correction.
Chapitre 4
Severus Snape marchait d'un pas tranquille dans la longue rue de Privet Drive. Ses bottes claquaient le goudron froid à chacun de ses pas accentuant ainsi le silence de ce début de matinée. Seuls quelques consciencieux employés partant travailler troublaient le calme du lieu. Ces derniers ne se gênaient pas pour lancer des regards irrités à l'étrange personnage qui ne correspondait pas à la conformité de la rue.
Severus, ne s'embarrassant pas de bonnes manières, fusillait du regard quiconque avait le malheur de le dévisager trop longtemps. A vrai dire, l'homme ne savait plus trop ce qu'il faisait là. Il avait eu la veille une conversation mouvementée avec Albus Dumbledore et depuis, le Maître des Potions était légèrement hagard.
La seule chose dont il était certain était qu'il était sorti du bureau, quelques minutes après le départ de Mrs Figg, en ayant la responsabilité d'allé chercher le Survivant dès le lendemain matin chez sa famille Moldu. Il ne savait plus s'il s'était lui-même proposé ou si cela avait été un ordre de Dumbledore…
En revanche, il se souvenait parfaitement de la fureur qui l'avait habité durant la discussion animé qu'il avait eu avec le Directeur.
Avec un regret évident et une gêne tout aussi visible, Dumbledore lui avait fait comprendre que leur Précieux Elu avait quelques 'désaccords' avec sa famille Moldu. Mais ce ne fût qu'après avoir houspillé le vieil homme que Snape avait eu ses réponses. Il avait alors quitté Albus Dumbledore, sans un regard, dégouté.
C'est pourquoi Severus Snape se trouvait là, à marcher dans une rue qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'arpenter, à la recherche de la maison portant le numéro quatre. Il n'avait pas pu transplaner plus près, une bulle de protection d'un kilomètre entourant le quartier…
Les pensées de l'homme en noir étaient légèrement embrouillées. Plusieurs de ses repaires avaient explosés en un millier d'éclats la veille mais il se refusait pourtant de voir les faits avec la logique qui le caractérisait habituellement.
Non, il ne voulait pas voir Potter comme un pauvre gosse maltraité. Ce simple terme l'agacait. Ce n'était pas logique, cela n'allait pas dans l'ordre des choses. Il ne voulait pas le croire. Potter était uniquement comme son père. Depuis sa première année le gamin avait mit un point d'honneur à être la réplique exact de sa Némésis. Aussi arrogant, aussi insolent…
Dès qu'il avait croisé le regard du gosse, assis à la table des Gryffondors, fier comme un paon de sa nouvelle célébrité, son jugement était fait. C'était clair, définitif. Des préjugés ? Peut-être… A vrai dire il s'en moquait.
Que le gamin le haïsse, cela lui allait très bien.
Au moins, il prenait plaisir à lui rendre la pareille. Il aimait la supériorité qu'il avait aujourd'hui, le pouvoir que son rôle de professeur lui octroyait sur la progéniture de James Potter. Et maudit soit-il parce que les yeux de Lily Evans le toisait avec haine. Une haine qu'il ne connaissait pas dans ce regard, une haine qu'il avait pourtant appris à apprécier ces dernières années.
Alors non. Il ne voulait surtout pas ressentir de pitié pour Harry Potter. Il voulait continuer à gouter les différentes saveurs que lui offrait cette animosité.
Plongé dans ses pensées, Severus Snape ne vit qu'au dernier moment le petit écriteau indiquant le numéro quatre. Il toisa la maison avec dédain, méprisant le jardin carré et sans tâche et dénigrant la maison trop parfaite qui semblait être clonée à ses voisines. Ces Moldus étaient si… conformistes.
Ignorant les regards curieux des voisins mais accordant un bref hochement de tête à la cracmol qui l'observait derrière sa fenêtre, il frappa deux coups secs à la porte.
Des raclements de chaises et des marmonnements furibonds se firent entendre à l'intérieur. Certes, il était tôt. Lui-même était sorti de son lit de mauvaise grâce ce matin mais le jour où Severus Snape se sentirait gêné de déranger quelqu'un à une heure indue n'était pas près d'arriver.
Se dressant de toute sa hauteur il jeta un regard dégouté à l'énorme Moldu qui, soufflant comme un bœuf, venait de lui ouvrir la porte. L'homme se figea en l'apercevant, blêmissant à vue d'œil, ce qui arracha un rictus satisfait au Maître des Potions.
-« Vernon Dursley je suppose ? » dit-il de sa voix dangereusement doucereuse.
L'homme le fixa, hébété, et Snape se surprit à penser que la ressemblance avec un cachalot ne pouvait pas être plus grande. Mais lorsqu'il sembla sortir de sa léthargie, ses petits yeux porcins se plissèrent et, de colère, son visage virant au rouge, Snape décréta que… la chose lui faisant face semblait plus apparenté à un porc.
Il eut une moue dégouté.
-« Qu'est-ce que vous me voulez ? Qu'est-ce que vous faites chez moi ? » Aboya-t-il.
Severus retint un soupir agacé en voyant que les cris de l'homme avaient alerté son épouse. C'est avec un grand mécontentement qu'il vit arriver Pétunia Dursley, encore en robe de chambre, avec un air anxieux sur le visage. Elle stoppa tout mouvement, le dévisageant ouvertement –et Merlin savait qu'il détestait ça !-, une grimace colérique envahissant ses traits fins.
-« Toi ! »Cracha-t-elle avec un écœurement perceptible pour tous.
-« Oui, moi. » Répliqua-il simplement de sa voix la plus menaçante.
-« Tu le connais ? » La stupéfaction était clairement visible dans la voix de Vernon Dursley. L'homme oublia même un instant sa colère.
Elle baissa la voix et se pencha vers son mari pour lui répondre, les yeux toujours braqués sur le sorcier qui se tenait dans l'entrebâillement de la porte.
-« Il était ami avec ma sœur, c'est un monstre, comme eux. »
-« Qu'est-ce que vous voulez ? » aboya Vernon Dursley.
Apparemment cette nouvelle avait ranimé la colère de l'homme qui fit un pas de côté de manière à se poster devant son épouse.
Severus se retint de lever les yeux au ciel. Etaient-ils stupides ? Visiblement oui. A croire qu'il rendait une visite de courtoisie, désirant boire un café avec eux. Une seule raison pouvait le pousser à venir ici.
-« Je viens chercher Potter. »
Il ne fut guère étonné de voir le cachalot, ou porc, tout dépendait de son humeur, gonfler le torse dans ce qu'il voulait être une posture effrayante. Echec lamentable, de son point de vue.
Cependant l'air inquiet et légèrement coupable de Pétunia lui arracha un froncement de sourcil. Il sortit sa baguette.
-« Où est le gamin ? » Gronda-t-il et il eut la satisfaction de voir les Dursley face à lui faire un pas en arrière. Il se savait impressionnant.
Il fut cependant interloqué en les voyants continué à reculer. Impressionnant, oui. Mais tout de même. Sa surprise s'intensifia en remarquant qu'ils s'étaient arrêtés devant une petite porte sous l'escalier. Pétunia, bien plus pâle, défi le verrou et laissa la porte du placard s'ouvrir dans un grincement sinistre. Quelle ne fût pas sa stupeur en voyant un jeune adolescent sortir, les joues cramoisies, du placard sous l'escalier. Le garçon regarda le sol, debout, sans avoir fait un pas.
Un silence lourd tomba dans le hall d'entrée. Etouffant. Ecrasant. L'air sembla s'épaissir pour devenir quasiment irrespirable. Pétunia lançait des regards quelques peu affolés à son mari qui, lui, dévisageait fièrement et ouvertement le sorcier, le mettant au défi de faire une remarque. Potter, un peu tremblant et le visage rouge de honte, fixait le sol comme s'il priait pour que ce dernier s'ouvre en deux et l'aspire. Severus, lui, regardait Harry.
Harry…
Le Maître des Potions avait plus que conscience qu'il devait avoir l'air sacrément stupide à cet instant mais il ne pouvait s'en empêcher. La bouche légèrement ouverte, les yeux écarquillés, il fixait le garçon… Garçon qui avait l'air tellement… misérable….
Le Gryffondor était maladivement maigre et son visage avait pris une intéressante couleur pourpre sous l'effet de la honte, qui, il le devinait aisément, devait le terrasser en ce moment. De larges cernes noires creusaient son visage, tout comme ses joues qui semblaient avoir disparus. Sa lèvre qu'il mordillait nerveusement était fendue laissant ainsi une petite marque rouge où le sang avait eu le temps de sécher.
Etrangement, il semblait plus petit, comme amoindri… Ou bien était-ce dû à ses vêtement qui semblaient dix fois trop grand pour lui ? Il portait un large tee-shirt beige tâché et élimé. Son large jean noir troué au niveau des genoux était serré à l'extrême à sa taille par une ceinture qui semblait avoir connu des jours meilleurs. Et ses vieilles baskets n'étaient guère en meilleur état…
Par Merlin que faisait-il dans ce putain de placard ?
Mais ce ne fût que quand son regard dériva vers le couple de Dursley qu'il comprit. La vérité lui sauta aux yeux et elle fit mal, très mal. Quelque chose se bloqua dans sa poitrine et il eut une espèce d'halètement pathétique qui fit baisser encore plus, si c'était possible, la tête du gamin. Il dévisagea intensément les trois personnes qui lui faisait face, deux évitaient à dessein son regard, le troisième le fixait avec insolence.
Il était dans un tel état d'hébétement qu'il mit du temps avant de réaliser que la colère montait en lui. Ses yeux se plissèrent dangereusement et il sentit sa magie remuer quelque part dans son corps. La fureur, renforçant inconsciemment sa magie, monta dans sa poitrine. Cette boule de puissance gonfla, s'épaissit et avant même qu'il ne pense à reprendre le contrôle sur celle-ci, elle explosa. Elle s'enfuie, sans même qu'il puisse reprendre le contrôle, par chaque parcelle de sa peau.
Les bibelots qui reposaient sur les étagères éclatèrent dans un ensemble parfait. La lucarne au-dessus de la porte d'entrée se brisa, laissant des bouts de verres par terre. La petite porte du placard claqua bruyamment en se refermant et le couple des Dursley fut projetés au loin. Ils retombèrent au sol comme des poupées inanimées.
Etrangement, mais Severus ne fut pas tant surpris, seul Potter ne fut pas touché par cette vague de puissance, comme si la magie l'avait contourné. Il était restait là, debout, tremblant comme une feuille, à fixer le sol les yeux écarquillés.
Le silence et le calme revinrent rapidement dans le petit hall exiguë et Severus s'en voulu immédiatement pour cette perte de contrôle. Merlin, ça ne lui était plus arrivé depuis une dizaine d'années ! Depuis la mort de Lily précisément…
Il resta planté là, les bras ballants, à regarder le carnage qu'il venait de faire, le remord s'insinuant traîtreusement dans ses veines… Oh, il ne regrettait pas d'avoir mis les deux Dursley à terre, loin de là. A vrai dire il aurait même été partant pour une petite séance de Doloris. Mais au moment même où cette idée lui traversait l'esprit son regard se posa sur le gamin qui tremblait toujours. Il n'avait pas bougé d'un pouce depuis son arrivée, planté là au milieu de la pièce, tremblant à la fois de honte et de peur. Car il ne faisait aucun doute. Potter avait senti sa magie s'échapper de lui, violente, brutale. Il avait de quoi être effrayé. Sa magie, en plus d'avoir été sauvage, était noir et sombre. Trop plongé dans l'Art Noir… Cela laisse des séquelles…
Il se pinça l'arête du nez, ferma les yeux et se concentra sur ses talents d'occlumens pour reprendre totalement le contrôle. Ce ne fût qu'une fois que son masque d'impassibilité repris sa place sur son visage qu'il s'autorisa à bouger. Il avança à pas lents, mesurés, vers le gamin. Le Gryffondor ne bougea pas d'un pouce, ce qui l'étonna un peu. Il se serait attendu à un mouvement de recul, une tension dans les épaules ou un quelconque signe de son malaise… Il posa une main sur son épaule afin de capter son attention mais le gosse ne semblait toujours pas réceptif. Sentant qu'il avait juste besoin de se reprendre, il le poussa doucement dans le dos vers les escaliers.
-« Va préparer tes affaires. » dit-il d'une voix neutre, dénué d'émotion.
Ce ne fût qu'à ce moment-là que le garçon bougea et monta les marches deux par deux, manquant de tomber dans sa précipitation. Le Maître des Potions décida de ne pas relever… Ce n'était vraiment pas le moment.
Seul dans le hall, Severus s'appuya contre le mur et passa une main lasse sur son visage.
Merlin, était-il devenu fou ?
En à peine quelques minutes, il avait perdu le contrôle de sa magie, détruit le hall d'entrée, assommé deux moldus et terrorisé le Survivant. Joli score.
Que lui était-il passé par la tête ? Lui qui contrôlait toujours tout…
Mais voir Harry Potter sortir misérablement de son placard… Non, il n'avait pas supporté. Ou était donc le sale gamin insolent et arrogant de Poudlard ? Celui qui regardait fièrement autour de lui, toisant l'assemblée…
Le gamin ne l'avait même pas regardé une seule fois dans les yeux, prostré dans sa position d'honteuse soumission. C'était écœurant. Il observa avec une certaine satisfaction les deux moldus allongés par terre, tel des marionnettes à qui on aurait coupés les fils. Qu'avaient-ils donc pu faire au gosse ? L'affamer ? Le séquestrer ? Visiblement…
La bosse se formant sur le front de cet abruti de Vernon Dursley lui arracha un nouveau sourire satisfait, au moins il n'avait plus à se soucier d'eux.
Jetant un regard autour de lui, il décida de réparer les dommages qu'avait provoqués sa perte de contrôle. Merlin, qu'il détestait perdre le contrôle. D'un coup de baguette magique la lucarne fut réparée et les bibelots, de nouveau intacts, avaient retrouvé leur place. Il jeta un regard méprisant au deux corps inertes. Non, non, il ne comptait pas les soigner. Ils avaient bien un crétin de fils non ? Il finirait bien pas les trouver…
Il soupira. Il allait devoir ramener le gosse au Square Grimmaurd. C'était sans doute ce qu'il y avait de mieux à faire… Il pourrait se remettre de ses émotions et se remplumer grâce à la mère Weasley. Et le fait d'être de nouveau avec ses amis et son parrain allait certainement lui remonter le moral. Par contre, il doutait que le Gryffondor apprécie grandement de le voir débarquer avec ses valises à la maison familiale des Black. Apparemment, Potter avait décidé de le fuir, ne le regardant même plus dans yeux… Mais il comprenait, c'était tout à fait légitime après tout. Avec la scène qui venait de se passer… Son humiliation d'être découvert vivant dans de telles conditions par son professeur honni. Sans compter qu'il avait dû le terroriser en assommant ses tuteurs… Oh Merlin, cette situation était surréaliste.
Il reprit conscience de la réalité en entendant le gamin s'activer à l'étage. Il devait faire sa valise songea Severus distraitement…
Son esprit dériva vers le Directeur…
Dumbledore. Dumbledore qui savait. Il connaissait les conditions de vie épouvantables du gamin. Il savait que ces moldus –nouveau regard venimeux en direction des corps- se comportaient aussi mal avec lui, simplement parce qu'il était un sorcier… Mais Dumbledore qui ne faisait rien pour le sortir de cette déplorable situation familiale, arguant que la protection du sang était primordiale. De qui devait être protégé le gosse ? De Voldemort ? Des Dursley ? Ou bien carrément de Dumbledore ?
La protection du sang… Quelle vaste plaisanterie ! C'était son propre sang qui le maltraitait, sa propre tante. Il avait toujours pensé que Pétunia avait aimé Lily, du moins suffisamment pour prendre soin de son neveu… Visiblement sa haine envers tout ce qui avait un rapport avec la magie surpassait tout l'amour que Pétunia avait pu ressentir un jour pour sa sœur. Il aurait presque trouvé ça triste…
Son regard fut attiré par le placard… Personne, personne ne méritait une telle vie. Grandir au milieu de ces monstres… Il fit de son mieux pour oublier la petite voix mesquine qui lui rappelait les 'plaisanteries' des Maraudeurs. Bon sang. Harry était peut-être la réincarnation de James Potter mais c'était un gosse, un gosse innocent, du moins à la base…
Et Lily… Elle devait se retourner dans sa tombe en voyant l'état déplorable dans lequel était son fils. Et lui avait échoué. Il n'avait pas su tenir sa promesse. Il n'avait pas su protéger le fils de Lily. En confiant Harry à Dumbledore, il avait naïvement fait confiance au vieil homme. Nouvelle erreur. Dumbledore l'avait trahi, oui. Il n'y avait pas d'autres mots. Quand lui faisait tout pour protéger le gosse malgré ses tendances à sauter tête la première dans le danger, Dumbledore le renvoyait chaque été à Privet Drive. Sot qu'il avait été.
Le bois craquant sous de timides pas lui firent relever la tête. Harry descendit difficilement les escaliers, trainant sa grosse malle d'une main et tenant la cage de son hibou de l'autre. Le tout les yeux rivés sur le sol. Severus retint un soupir quand le Gryffondor se planta devant lui. Il nota distraitement qu'il s'était changé….
-« Mr Potter. » Salua-t-il. « Vous êtes prêt ? »
Severus ne fit aucun geste pour montrer qu'il avait envie de se taper la tête contre le mur.
-« Oui, monsieur. » Répondit le gamin d'une voix enroué. Il se racla la gorge.
D'un négligeant coup de baguette la malle ainsi que la cage disparurent dans un hululement courroucé.
-« Bien. Partons. » Et sans un mot de plus il sortit, laissant le battant de la porte ouvert dans une invitation tacite. Si Potter se retourna vers ses tuteurs toujours inconscients au sol, il ne commenta pas.
Ils marchèrent ainsi quelques minutes jusqu'à la limite des barrières magique afin de transplaner. Ils furent tout deux grandement soulagé du silence de l'autre. L'air était lourd, tendu, affreusement gênant mais ni l'un ni l'autre ne trouvèrent les questions adaptés. Et Severus Snape ne faisait pas la conversation par plaisir. Ce ne fût que quand il senti la pression familière lui indiquant la fin du dôme que Severus se tourna vers l'adolescent qui évitait toujours son regard, à dessein.
-« Nous allons transplaner. »
Un simple hochement de tête lui répondit et il se retint de lever les yeux au ciel. Il fut cependant intrigué par le manque de curiosité du gosse. Il semblait tellement abattu…
Il posa sa main sur son épaule et ils disparurent dans le silence de l'aurore.
C'est avec une désagréable nausée que tout deux réapparurent quelques secondes plus tard à Londres. Square Grimmaurd. Le Gryffondor semblait curieux, ce qui devait être une amélioration… Enfin...
-« Lisez ça. Pas à voix haute. » Dit-il tout en sortant un bout de parchemin sur lequel était noté l'adresse du quartier général de l'Ordre du Phœnix. Le Directeur lui avait laissé cette note afin que le gamin puisse passer le Fidelitas. Il remarqua tout de même que le garçon fit un effort pour ne pas laisser leurs doigts se frôler lorsque qu'il lui rendit le bout de papier.
Sans un mot de plus, ils observèrent en silence la maison apparaître magiquement. Si l'homme parut ennuyé par le processus d'apparition, trop lent à son goût, le plus jeune fixait le tout la bouche ouverte, assez stupidement de son point de vue…
Connaissant le caractère curieux et bavard du Gryffondor, Severus remercia le ciel lorsque celui-ci se retint de poser une quelconque question. Visiblement la petite scène qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt était encore bien trop présente dans leurs esprits. Il entra dans la maison, le gamin, qui semblait fasciné, sur les talons. Sans plus de cérémonie, ils traversèrent le couloir et c'est avec une joie à peine dissimulé que le Maître des Potions fit voler la porte de la cuisine contre le mur.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui, visiblement surpris par cette brusque entrée. Il du retenir une grimace de dégoût quand toutes les personnes présentent se jetèrent sur le Survivant, dégoulinant de bons sentiments.
S'éloignant de cette effusion d'affection, il entendit la mère Weasley geindre de sa perte de poids, perte de poids assez impressionnante en un mois d'ailleurs, puis le fils Weasley rire stupidement à une blague qu'avait lancé le clébard qui servait de parrain à Potter et enfin la voix bien trop aigue de Miss Je Sais Tout, qui clamait à qui voulait l'entendre combien elle était heureuse de revoir son meilleur ami.
Mais ce fût pourtant la voix de Dumbledore qui résonna dans la pièce. Fort, trop fort. La main sur l'épaule de son Elu, son regard braqué vers le Directeur des Serpentards.
-« Tout s'est bien passé Severus ? » s'enquit-il innocemment.
Innocemment. Ce fût sans doute cela qui raviva son agressivité. Severus n'avait pas encore prit le temps de lui jeter au visage tout ce que le vieil homme lui inspirait. Colère. Dégout. Déception. Sentiment de trahison…
Il ouvrit la bouche, prêt à lâcher ses foudres sur le Directeur, quand son regard fut attiré vers le gamin qui avait relevé la tête. Il ne fixait non pas Dumbledore mais lui. Lui. Avec ses immenses yeux verts. Severus plongea dans son regard, la bouche encore légèrement ouverte, les mots coincés au fond de sa gorge, bien trop conscient du silence qui s'était fait dans la pièce en attendant sa réponse… Mais il ne pouvait plus parler. Non. Son monde venait de se réduire aux deux orbes émeraude qui le fixaient avec espoir. Ce regard qui pouvait lui faire oublier jusqu'à son nom. Ce vert si douloureusement semblable à la couleur du sortilège qui lui avait pris Lily.
Mais pourtant ce n'était pas de la haine qui y brillait, ce n'était pas le dégoût et le ressentiment qui ressortaient de ces yeux. Le fils de Lily ne le toisait pas comme il en avait pris l'habitude ces quatre dernières années. Non. Il y avait de l'espoir, beaucoup d'espoir et de la peur aussi… Comprenant la supplique silencieuse du garçon et bien trop conscient du silence gênant qui s'éternisait, il se décida à fournir une réponse au Directeur qui attendait patiemment.
-« Hum… Oui » Il se maudit pour sa voix enrouée « Oui Albus, tout s'est bien passé. »
Dédaignant les regards curieux, il tourna les talons pour quitter la maison tout en se demandant comment il avait réussi à se fourrer dans un tel pétrin.
Il fit de son mieux pour ignorer le regard vert émeraude brûlant de gratitude qui lui vrillait le dos.
Qu'en pensez-vous ?
