Voila un nouveau chapitre, j'espère qu'il sera à votre gout :)
Sachez que j'ai fais corriger les cinq premiers par une bêta, vous pouvez aller y jeter un coup d'oeil.
Voila voila.
Bonne lecture.
Bye :)
(Pour la première fois je dépasse les 5000 mots!)
Chapitre 6
Resté seul dans la bibliothèque, Severus soupira. Merlin, comment s'était-il laissé embarquer dans cette histoire ? Et tout ça à cause de Dumbledore qui plus est…
Et comment ce sale gosse avait-il osé ? Comment avait-il osé lui parler de Pétunia Evans ? Il n'aurait jamais imaginé que le Griffondore puisse entendre la voix stridente de sa tante à travers la porte de son placard. Grossière erreur, bien évidemment. Et il ne pouvait certainement pas se permettre de faire de telles erreurs par les temps qui courent. Surtout pas lui. Sa vie dépendait de ses choix, de ses décisions… Il ne devait rien laissé au hasard.
Pourquoi ma tante vous-a-t-elle reconnu ?
Merlin. Pourquoi ? Parce que c'était la sœur de Lily bien sûr, parce qu'il avait le malheur de la croiser quand il venait prendre le goûter dans le salon des Evans en compagnie de sa meilleur amie, parce qu'elle le traitait de monstre, parce qu'il s'était moqué d'elle quand elle avait envoyé une lettre à Dumbledore pour intégrer la prestigieuse école de sorcellerie…
Parce qu'il la connaissait depuis qu'il était gosse.
Voilà pourquoi.
Tout simplement… Mais comment aurait-il pu le lui dire ? Comment pouvait-il seulement lui en parler ?
Il en était incapable. Comment expliquer à un gamin qu'il avait choisi la Lumière par amour pour sa mère ? Pouvait-il lui dire qu'il ne faisait que survivre depuis la mort de cette dernière ? Comment lui décrire la haine qu'il éprouvait à son encontre simplement pour avoir eu les mauvais parents ?
Comment…
Cela faisait vraiment trop de questions. Et Severus n'était pas vraiment sûr de vouloir se plonger dans ce genre de réflexion qui lui vrillait le cœur. Il craignait surtout de ne pas en sortir indemne.
Il savait depuis le jour où il avait appris la mort des Potter par Albus, au sommet de la falaise, qu'il ne pourrait que haïr le gamin. Le haïr pour être le fils de James Potter, le haïr pour être la cause du sacrifice de Lily, le haïr pour être le fruit de l'amour du couple Potter, le haïr pour être ce foutu Survivant.
Il ne pouvait en être autrement.
Et ironiquement, Severus haïssait Harry Potter uniquement pour des faits dont il n'était pas responsable. Le gosse n'avait qu'un an à l'époque…
Il se passa une main lasse sur le visage avant de plonger son regard dans les flammes. Dire qu'au début il était venu ici pour être tranquille et seul. Il avait retardé au maximum sa venue dans cette saleté de maison. Merlin, il allait vivre chez Sirius Black ! Le destin pouvait vraiment se montrer cruel… Ou bien avoir un drôle de sens de l'humour si on ajoutait les Weasley et autres Griffondores à l'équation.
D'ailleurs, tous les amis Griffondores de Potter étaient-ils au courant des conditions de vie de leur précieux Elu ?
Weasley. Granger.
Depuis quatre ans ces trois-là semblaient être soudés par la hanche, que savaient-ils ?
Etrangement, il avait du mal à imaginer Potter leur faire un exposé oral de sa vie chez les Moldus. Il était bien trop arrogant pour montrer une quelconque faiblesse. Il aurait pu, évidemment, vouloir attiser la pitié de son fan club en leur détaillant tous les sévices qu'il subissait quotidiennement, mais visiblement sa fierté était trop grande pour cela.
Par son silence, Potter avait révélé bien plus de choses qu'il ne le souhaitait. Mais Severus n'était pas un espion pour rien. Il savait lire tous les signes. Ses mains tremblantes, sa posture tendue, ses sautes d'humeur, sa précipitation à fuir la conversation… Il était clair pour lui que le Griffondore ne lui avait même pas dit la moitié des faits, la moitié de ce qu'il subissait quotidiennement chez sa… famille ?
Sa famille… Comment pouvait-on considérer ses horribles Moldus comme une famille ? Par ses propres parents, Severus avait une sacrée expérience dans le domaine. A ses yeux, il n'avait jamais eu de famille et n'en aurait jamais. Et cela le satisfaisait grandement. Pas d'amour, pas de faiblesse. Grand bien lui fasse.
Il se leva dans un soupir et entreprit d'aller fouiller un peu la bibliothèque des Black. Après tout, il était fort probable que certains ouvrages puissent être intéressants…
Il trouva son bonheur dans un livre relatant la composition des Potions Egyptienne du XIVème siècle.
Avec un dernier regard pour le feu de cheminée ronflant paisiblement, il quitta la pièce afin de retrouver la tranquillité de sa nouvelle chambre.
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-« Non, Cédric… Pitié. »
Il était allongé, le nez dans l'herbe, et son regard plongé dans des yeux bleus. Des yeux atrocement vides.
-« Cédric, réveille-toi, je t'en supplie… Cédric ! »
Mais les yeux continuaient à le fixer, impitoyablement.
-« Je t'en supplie Cédric… Je ne voulais pas, pardonne-moi… Je te jure que je ne voulais pas… » Supplia-t-il lamentablement.
Au prix d'un effort surhumain, il commença à ramper au sol, la main tendu vers le visage blanc et sans vie. Ses jambes étaient lourdes. Trop lourdes. Elles ne voulaient plus le porter. Alors, avec toutes la force de ses bras il se traina jusqu'au corps de son camarade, s'écorchant les coudes et enfonçant ses ongles dans la terre. Ses yeux verts, toujours ancrés au regard horriblement vide du Poufsouffle, brillant d'une rage et d'une conviction profonde. Non, il ne le laisserait pas mourir. Pas là. Pas par sa faute. Pas comme ça.
Au bout de plusieurs minutes d'effort intense, il tendit une main tremblante vers la joue de son camarde. Mais au moment même où ses doigts frôlaient sa peau froide, une voix glaciale envahie l'air.
-« C'est ta faute, Harry. Tu le sais, n'est-ce pas ? »
La voix lui fit monter les larmes aux yeux. Pas à cause de l'accusation, car il savait très bien que Cédric avait raison, mais à cause de son visage. Sa bouche était tordue dans un rictus haineux et tout son visage était crispé sous le coup de la colère. Mais malgré cela, ses yeux bleus étaient désespérément vides.
-« Cédric, pardonne-moi… »
-« Harry… »
-« Je voulais pas… »
-« Harry ! Bon sang ! Réveille-toi ! »
Le garçon se redressa brusquement, avalant une grande bouffée d'air qui lui brûla les poumons. Instinctivement, il repoussa le bras qui lui secouait doucement l'épaule et recula brutalement jusqu'à l'autre bout du lit. Il grogna légèrement lorsque son dos heurta douloureusement le mur.
Il tenta, sans grande réussite, de discerner qui se cachait derrière la tâche floue. Il vit une main se tendre vers lui et attrapa inconsciemment ce qu'on lui tendait. Ses lunettes. Il les mit sur son nez et reconnu avec soulagement le visage plein de taches de rousseur de son meilleur ami qui le fixait avec inquiétude.
-« Eh vieux, ça va ? Je n'arrivais pas à te réveiller… »
-« Hmm… Oui, ça va… Désolé. Je t'ai réveillé ? » Demanda piteusement Harry.
-« Non. » Ron lui sourit doucement. « Ma mère nous a appelé, le petit déjeuner est prêt. »
-« Quelle heure est-il ? » S'enquerit-il tout en se levant.
Il était encore fatigué. Sa nuit avait été courte, il n'avait trouvé le sommeil qu'après de longues heures de réflexion et avait finalement cédé aux nombreux bâillements qui menaçaient de le submerger.
-« Neuf heures ! Maman est une vraie tortionnaire. » Répondit Ron en riant.
Harry lui sourit en retour et se dirigea vers la salle de bain. Il pouvait sentir le regard curieux et inquiet du roux mais il n'avait aucune envie de se lancer dans une quelconque explication. Oui, ses cauchemars étaient violents. Oui, de grosses cernes noires creusaient son visage. Et oui, il n'avait plus passé une nuit tranquille depuis la résurrection du Seigneur des Ténèbres. Et alors ? Pas la peine de s'apitoyer là-dessus…
Il se glissa avec soulagement sous la douche, appréciant le calme du moment. L'eau chaude, presque brûlante, détendit rapidement ses muscles qui s'étaient inconsciemment contractés suite à son cauchemar.
Lorsqu'il quitta la salle de bain, Ron était déjà parti. Il s'habilla rapidement puis descendit dans la cuisine, un léger poids sur l'estomac. Sa faim n'était toujours pas revenue…
Avec un grand sourire crispé et une bonne humeur feinte, il entra dans la cuisine où une bonne partie de la petite maisonnée était déjà attablée. A son grand soulagement, Snape était absent. Il n'était pas vraiment sûr de pouvoir lui faire face maintenant. Pas après…tout ça.
-« Harry ! Mon chérie ! Entre, viens, tout est prêt, il ne manquait plus que toi. »
Mrs Weasley lui fit un grand sourire tout en l'asseyant de force sur une chaise. Sirius lui fit un clin d'œil moqueur en guise de bonjour. Elle lui mit d'office une assiette garnie sous le nez l'accompagnant d'un regard sévère. Visiblement, elle ne lui laissait pas vraiment le choix...
A contrecœur, il attrapa sa fourchette et commença à picorer son assiette. Il se retrouva rapidement plongé dans une discussion animée avec les jumeaux. De ce qu'il comprit des explications enthousiastes des deux rouquins, ils avaient trouvé un merveilleux terrain de jeu dans la Maison des Black. Ce nouvel environnement leur permettait d'effectuer de nouvelles expériences.
-« Harry, tu peux venir un instant s'il te plait ? »
La voix d'Hermione le tira de ses pensées et, après s'être excusé auprès des jumeaux, Harry suivit son amie jusqu'au petit salon qui se trouvait à côté de la cuisine. Il s'assit face à la jeune fille sur le fauteuil vert. Tout dans cette maison était tellement… Serpentard…
Il arqua un sourcil en voyant Ron s'assoir face à lui, à côté de la Griffondore. Il n'avait pas vu le jeune homme lui avait emboîté le pas.
Harry se fit la remarque qu'il n'allait pas vraiment aimer ce qui allait suivre. Les visages de ses amis étaient tendus, leur posture gênés… Ron avait un peu rougi et Hermione avait pris cet air pincé, air qu'elle ne prenait uniquement dans les situations importantes.
-« C'est un interrogatoire ou quoi ? » demanda-t-il en riant afin de détendre l'atmosphère.
Mais seul un silence gêné lui répondit et il déglutit difficilement.
-« Hum… En quelque sorte. »
La réponse d'Hermione lui fit plisser les yeux. Décidemment, il n'aimait vraiment pas ça…
-« Ecoute mon pote, en fait, Hermione et moi on s'inquiète vraiment pour toi… » Commença Ron.
-« Oui, on a remarqué que depuis Juin tu n'es pas en grande forme. » Hermione leva la main quand Harry ouvrit la bouche pour protester. « Ecoute-moi, c'est tout à fait normal et on le comprend, ne t'en fais pas. Mais il n'empêche qu'on à constater que tu n'allais vraiment pas bien depuis que tu es arrivais ici… »
-« Hermione ! » Coupa-t-il mi amusé, mi agacé. « Ça va, je t'assure. C'est vrai que ces derniers temps n'ont pas été faciles mais je vous assure que ça va. Je gère, vous n'avez pas à vous en faire pour moi. »
-« Harry, tu ne manges plus, tu es toujours tendu et tu es de mauvaise humeur. Et Ron vient de me raconter que ce matin tu cauchemardais assez violemment… »
Ce dernier se prit un regard noir de la part d'Harry mais ne baissa pas les yeux pour autant.
-« C'est vrai… Je suis désolé mais je m'inquiète vraiment pour toi. Et vu ta tête de ce matin tu trouvais ça normal de te réveiller à moitié en pleure et… »
-« Je ne pleurais pas ! » répliqua Harry d'un ton meurtrier.
-« D'accord, d'accord…. » S'empressa de répondre Ron tout en levant les mains en signe d'apaisement. « Mais reconnais quand même que ce n'est pas normal de cauchemarder comme ça… C'était… effrayant… »
Harry se frotta les tempes, il était bien trop fatigué pour réfléchir correctement…
-« Vous savez que ça n'a pas été facile pour moi depuis… son retour. Le Tournoi me hante encore et j'ai du mal à me défaire de toutes ces images, j'ai l'impression que la nuit au cimetière est gravée sur mes paupières, je la revoie dès que je ferme les yeux… Et Cédric… Enfin bref, ce n'est pas facile… »
Harry leur offrit un petit sourire mais Hermione ne fut pas dupe puisqu'elle alla s'assoir sur l'accoudoir de son fauteuil.
-« Tu sais Harry… » Dit-elle tout en lui prenant la main « Tu n'es pas tout seul, on est là nous. On sera toujours là pour toi. Je comprendrais que tu nous en veuille du fait qu'on ne t'ai pas tenu au courant cet été, mais cela n'empêche pas… »
Ron hocha énergiquement la tête pour approuver ses paroles.
-« On est tes meilleurs amis mon vieux ! Alors tu peux tout nous dire ! »
-« Je sais… C'est pas simple voilà tout… Sans compter le mois que j'ai passé à Privet Drive coupé du monde. Je n'avais aucune nouvelle, je ne savais même pas comment ça se passait pour Voldemort, qu'est-ce qu'il faisait etc… »
-« C'est Dumbledore… On aurait vraiment voulu te le dire nous, mais il trouvait ça trop risqué. » Expliqua maladroitement Hermione.
-« Ouais je sais… Sirius me l'a réexpliqué hier après-midi mais bon… Ça reste en travers de la gorge. » Répondit amèrement Harry.
Et c'était vrai. Dumbledore agissait bizarrement avec lui depuis quelques temps. Le Griffondore n'avait pas eu l'occasion de voir le vieil homme seul à seul ne serait-ce qu'une fois, et il était étrangement distant. Oh, il était toujours aussi gentil et il n'avait pas perdu son côté grand père, mais le Directeur avait une étrange retenue envers lui. Il avait changé.
Etait-ce la guerre ? Sûrement. Il ne devait plus avoir le temps de sympathiser avec tous ses élèves. Et il devait avoir certainement des choses bien plus importantes à penser… Il eut un rire amer lorsqu'il réalisa qu'il avait plus parlé avec Snape qu'avec le Directeur.
-« Qu'est-ce qui te fait marrer vieux ? »
-« Oh rien c'est stupide… C'est Snape, je l'ai croisé hier soir après que tu sois allé te coucher. »
-« Ah bon ? Je ne savais même pas qu'il était arrivé… »
-« Mais si voyons ! » S'exclama Hermione « Il est reparti je ne sais où ce matin très tôt, il y a eu une réunion de l'Ordre, je ne sais pas par contre quand il compte revenir… »
-« Et comment tu sais tout ça ? » Demanda suspicieusement Harry.
-« Oh c'est bête ! Pattenrond grattait à ma porte pour sortir, j'ai entendu des bruits dans le couloir et du coup je suis allée voir. Il ne devait même pas être six heures… »
Ron sembla dubitatif mais ne commenta pas.
-« D'ailleurs Harry, comment ça s'est passé quand Snape est venu te chercher chez toi ? Ça devait lui faire bizarre d'être dans une maison moldue… »
Harry déplora le changement de sujet… Il pâlit sensiblement et fit de son mieux pour ne rien laissé transparaitre de son malaise.
-« Bien. Enfin… Normal. Il m'a juste récupéré, on est parti en transplanant. C'est horrible comme sensation. » Fit-il avec une grimace.
-« Ouais, c'est le transplanage d'escorte qui fait ça, mon père me l'avait déjà fait et j'avais failli rendre mon déjeuner… »
Harry fut soulagé de voir son ami roux si dupe, il s'était laissé entrainer facilement sur le nouveau sujet… Cependant, il n'apprécia pas le long regard songeur que lui lança la jeune fille, tout comme la main qui s'était subitement contracté sur la sienne.
Etait-il donc si mauvais menteur que ça ?
La conversation partie finalement sur des sujets bien moins sensibles, détendant Harry qui apprécia grandement cette sérénité familière qu'il retrouvait toujours auprès de ses amis. Et ce fut dans des éclats de rire qu'il pénétrèrent tous les trois, une heure plus tard, dans la cuisine.
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L'odeur du café. Merlin, il aurait pu se noyer dans sa tasse. Severus ferma un instant les yeux tentant, sans grand succès, d'oublier le brouhaha qui l'entourait. Il s'adossa un peu plus confortablement à sa chaise et but avec délice une gorgée de café agréablement brûlante.
-« Etes-vous certain de ce que vous avancez mon garçon ? »
Il jeta un regard agacé au Directeur. Pourquoi était-il obligé d'utiliser ce surnom horriblement affectueux dans la cuisine de Black avec la moitié de l'Ordre présent ?
-« Oui. » daigna-t-il répondre. « J'ai été appelé dans la nuit, je viens à l'instant d'arriver. Il n'y a pas d'erreurs. Je les ai vus de mes propres yeux. »
Cette dernière affirmation jeta un froid sur la petite assemblée.
-« Et évidement parce que Servilus le dit, tout le monde doit le croire ! »
Severus leva les yeux au ciel. Merlin, il n'était même pas six heures et le clébard voulait déjà mordre.
-« N'aurais tu pas un os à aller ronger quelques part Black ? Laisse donc les grandes personnes discuter entre elles. »
-« Espèce de… »
A moitié levé, Sirius fut interrompu par la main autoritaire du Directeur. Il se tut sous l'ordre muet de Dumbledore, ce qui arracha un sourire satisfait à Severus.
-« Severus ? Pouvez-vous poursuivre ?» Demanda le Directeur sans se soucier de l'air boudeur qu'arborer Black.
Il se redressa sur sa chaise, regardant une à une les personnes présentes autour de la table. Les habitants des lieux en somme.
-« Le Seigneur des Ténèbres m'a fait appeler cette nuit. » Il grimaça légèrement, pas très fier. Black se prit un regard noir suite à son reniflement moqueur. « Certains de ses anciens Mangemorts se sont présentés à lui hier soir. » Continua-t-il malgré tout.
-« Comment ça 'anciens' ? » Demanda Lupin.
Merlin, pourquoi donc Lupin était-il revenu ? Soit disant pour pouvoir avoir les dernières informations... Il ne passait qu'en coup de vent pour cette réunion mais cela suffisait amplement à donner de l'urticaire à Severus. Dire qu'il devait déjà se coltiner Black, cette erreur de la nature était vraiment de trop.
-« Que ne comprends-tu pas à ce mot Lupin ? Tu ferais mieux d'aller ouvrir un livre plutôt que de t'amuser à courir dans les plaines les soirs de pleine lune. » Rétorqua Severus avec acidité.
-« Oh ça va bien ! » s'écria Mrs Weasley à l'autre bout de la table. « Insulter Rémus ne fera pas avancer les choses. Qu'entendez-vous par ancien Severus ? »
Ce dernier la toisa longuement, hésitant entre répondre ou continuer d'insulter cette petit assemblée –ce qui lui faisait le plus grand bien-, mais comme elle le disait si bien, insulter les gens ne fera pas avancer les choses.
-«Les anciens, ceux qui ont désertés les rangs, ceux qui sont allés se cacher en Juin plutôt que de se présenter à lui au cimetière. »
Il échangea un regard entendu avec le Directeur. Apparemment, les rumeurs du Ministère n'étaient pas infondées.
-« Et de combien de personnes parlons-nous exactement ? »
Il laissa quelque seconde de silence afin de préserver le suspens. Merlin, il devait vraiment faire quelque chose pour ses manières théâtrales, ça ne pouvait plus durer…
-« Une bonne dizaine. »
Un concert d'hoquètements et de glapissements accueillirent la nouvelle. Puis, après plusieurs secondes, il prit plaisir à porter l'estocade finale.
-« Cela lui permettra de recueillir de nouvelles recrues et de sortir les anciennes d'Azkaban. »
La pièce explosa dans un brouhaha d'indignation et de colère. Bien, au moins l'Ordre pouvait être agressif, c'était bon à savoir.
-« Silence. » Tonna la voix autoritaire de Dumbledore tout en jetant un regard noir à Severus. « Mes enfants, je vous conjure de garder votre calme. Pour le moment rien n'est fait, ce ne sont que les ambitions de Tom Jedusor. »
-« Ah oui ? Et vous avez un as dans votre manche Albus, afin d'éviter cela ? » Demanda Kingsley, non sans venin.
-« Là n'est pas la question mon cher. »
Ce petit éclat de voix eu au moins le mérite de faire taire tout ce petit monde. Severus s'adossa à sa chaise et but une nouvelle gorgée de café, curieux de savoir comment le vieil homme pourra se tirer de ce mauvais pas. Certes, ils savaient que Jugson, Mulciber et tous les autres finiraient par reprendre contact avec le Maitre afin de lui promettre fidélité et servitude, mais Severus étaient malgré tous étonné par la rapidité des faits.
-« Et puis comment ça se fait que Voldemort les ai repris à son service ? Je le croyais rancunier. » Demanda Black.
Severus grimaça au nom employé mais se contenta de répondre suite aux regards curieux qui s'étaient tournés vers lui.
-« Le Seigneur des Ténèbres a besoin de troupes. Bien évidemment, il leur a fait part de son… mécontentement. » Il eut un petit sourire sadique au souvenir des hommes gémissants par terre suite aux nombreux sorts du Lord afin de les punir de leur désertion.
-« Hum… » Fit Tonks, peu encline à partager son amusement face à cela. « Vous pensez donc qu'il est probable que Vous-savez-qui aille chercher ses fameuses troupes à Azkaban, Professeur ? »
Il acquiesça.
-« En effet Miss Tonks. Tout comme il est probable qu'il cherchera dans les jeunes diplômés fraichement sorti de Poudlard. »
-« Ouais ! Il suffit de surveiller les avant-bras de tous les Serpentards et cette partie du problème sera vite réglée. » Répondit Black avec assurance.
Un rictus dangereux fit son apparition sur le visage de Severus, provoquant quelques frissons autour de la table.
-« Ai-je véritablement besoin de te rappeler ton grand ami de Griffondore, Peter Pettigrow ? »
Il eut à peine le temps de finir sa phrase que Black fut debout, baguette levé, le visage tordu dans une grimace haineuse.
-« Sirius ! » S'exclama la moitié de la table. Mais ce ne fut que quand la main du loup-garou se posa sur son épaule qu'il se rassit, légèrement trembla.
Sans attendre la réplique injurieuse de Black qui promettait d'être colorée, Severus se leva et se dirigea vers la porte. Il prit tout de même le temps d'indiquer ses intentions au Directeur.
-« Cette comédie à suffisamment durée, tout ceci est inutile. Je vais voir de ce pas quelques contacts à l'Allée des Embrumes afin de constater ce qu'il en est des rumeurs. » Il jeta un regard pénétrant au Directeur qui baissa les yeux. « Après tout, il est parfois nécessaire de se fier aux qu'en-dira-t-on. »
Il tourna les talons dans une envolée de cape, satisfait de laisser perplexe les personnes derrière lui. Excepté le Directeur bien entendu, car si ce dernier avait accordé plus de crédit aux ragots du Ministère, tout cela aurait pu être évité. Et il le savait. Ils en étaient conscient tous les deux.
Il sortit de la maison, savourant l'air froid vivifiant qui le réveillait doucement. Cela faisait des heures qu'il était debout, de trop longues heures à son gout. Mais il avait vraiment eu besoin de quitter l'ambiance oppressante de cette maison sordide, alors n'importe quelle excuse aurait fait l'affaire. Celle-ci plus qu'une autre cependant.
Il arpenta un temps les rues encore endormis avant de rejoindre la ruelle qui servait de lieu de transplanage. Sans perdre de temps à observer le décor lugubre du lieu, il transplana dans l'Allée des Embrumes.
Il passa près de trois heures à interroger plus ou moins subtilement plusieurs de ses contacts dans ce lieu sinistre. Potionnistes, criminels, antiquaires, voleurs. Sans grand résultats.
Il finit sa mission en passant à l'antiquaire du Chemin de Traverse afin de renouveler ses stocks de Potions. D'après ses souvenirs, il y avait un laboratoire dans le sous-sol de Square Grimmaud… Dumbledore pouvait peut-être l'obliger à s'installer chez Black, mais certainement pas à abandonner son art.
Et c'est le moral passablement bas qu'il regagna le 12, Square Grimmaud. Il retint une grimace mécontente lorsque des éclats de voix lui vinrent aux oreilles, et c'est avec un soupir qu'il constata que la cuisine était maintenant infestée d'adolescents bruyants. Merlin, cela ne finirai donc jamais ?
Il passa silencieusement devant la cuisine, soulagé que la porte soit fermée, il pourrait ainsi regagner tranquillement sa chambre… Mais de nouvelles voix venant cette fois-ci du petit salon retinrent son attention.
-« Je ne pleurais pas ! »
Il s'immobilisa complètement en reconnaissant la voix de Potter, se penchant légèrement, il reconnut au travers de l'interstice les deux autres Griffondores.
Ronald Weasley tenta de calmer sans grand succès son camarade.
-« Vous savez que ça n'a pas été facile pour moi depuis… son retour. Le Tournoi me hante encore et j'ai du mal à me défaire de toutes ces images, j'ai l'impression que la nuit au cimetière est gravée sur mes paupières, je la revoie dès que je ferme les yeux… Et Cédric… Enfin bref, ce n'est pas facile… »
Eh bien voilà, on y était. Que tout le monde sorte les mouchoirs, petit prince Potter nous fais une crise mélodramatique. Prince ? Non, malgré toute l'animosité qu'il ressentait encore pour la progéniture de James Potter, il n'avait plus le droit de penser à lui de cette façon. Un vague sentiment de culpabilité monta en lui avant qu'il ne le refoule rapidement…
Plongé dans ses pensées, il loupa les paroles dégoulinantes de bons sentiments que ses amis lui servirent.
-« Je sais… Ce n'est pas simple voilà tout… Sans compter le mois que j'ai passé à Privet Drive coupé du monde. Je n'avais aucune nouvelle, je ne savais même pas comment ça se passait pour Voldemort, qu'est-ce qu'il faisait etc… »
Severus eut un léger ricanement amer… C'était donc ça qui lui posait problème quand il était à Privet Drive ? Le fait d'être coupé du monde magique ? Le Griffondore aurait mieux fait de se méfier du monde Moldu, il n'aurait peut-être pas fini enfermé dans un placard par cette grosse brute s'il avait fait plus attention à ses arrières.
-« C'est Dumbledore… On aurait vraiment voulu te le dire nous, mais il trouvait ça trop risqué. »
-« Ouais je sais… Sirius me l'a réexpliqué hier après-midi mais bon… Ça reste en travers de la gorge. »
Dumbledore. Encore. Mais à quoi donc jouait le Directeur avec ce pauvre gosse ? A croire que la majorité des décisions qu'il prenait pour le gamin était erroné. Il devait vraiment avoir une discussion avec le vieil homme. Certes, Severus craignait de plus en plus ce qui ressortirait de cette conversation, mais cela devenait relativement urgent.
-« … Snape, je l'ai croisé hier soir après que tu sois allé te coucher. »
Il revint soudain à la réalité en entendant son nom, assez curieux des horreurs que pourraient dire les Griffondors sur lui en son absence.
-« Ah bon ? Je ne savais même pas qu'il était arrivé… »
-« Mais si voyons ! Il est reparti je ne sais où ce matin très tôt, il y a eu une réunion de l'Ordre, je ne sais pas par contre quand il compte revenir… »
-« Et comment tu sais tout ça ? »
-« Oh c'est bête ! Pattenrond grattait à ma porte pour sortir, j'ai entendu des bruits dans le couloir et du coup je suis allée voir. Il ne devait même pas être six heures… »
Ne dit-on pas que la curiosité a tué le chat ? Bien évidemment, ça aurait été le bon moment pour faire une de ses entrées fracassantes dont il avait le secret, mais étant donné qu'il était lui-même en train d'écouter à la porte, cela aurait été un peu hypocrite.
-« D'ailleurs Harry, comment ça s'est passé quand Snape est venu te chercher chez toi ? Ça devait lui faire bizarre d'être dans une maison moldue… »
Cette fois, tous ses muscles se tendirent, appréhendant la réponse. Il était véritablement curieux de la version que Potter allait donner à ses amis. Il était tout de même étonné que ce sujet n'ai pas été abordé bien plus tôt.
-« Bien. Enfin… Normal. Il m'a juste récupéré, on est parti en transplanant. C'est horrible comme sensation. »
Bien. Au moins, c'était clair. Il n'en avait parlé à personne étant donné que ces deux-là étaient sûrement les premiers sur la liste. Pourquoi Diable gardait-il cela pour lui ? Il n'allait pas s'en plaindre mais ça aurait été légitime de la part de Potter de… partager cela avec ses amis. Bien qu'il approuve totalement le fait de garder le silence sur ce passage peu glorieux de leur existence. Entre Potter et son placard, et lui et sa crise de magie. Il n'y avait pas vraiment de quoi se vanter…
Constatant avec un certain regret que la conversation déviait sur des sujets bien plus frivoles, Severus de décida à reprendre sa route jusqu'à sa chambre.
Il tourna et retourna dans tous les sens dans sa tête la conversation qu'il venait de surprendre, ou d'écouter, ce serait un terme plus exact.
Plus ça allait, plus Severus avait l'impression que personne ne connaissait véritablement les conditions de vie du Survivant. Le Garçon-qui-a-survécu, voilà une expression qui lui correspondait bien finalement. Survécu à des Moldus violents, à Voldemort, à un basilic, à un loup-garou… C'était un peu trop d'occasion de survivre pour un enfant si jeune à son gout…
Dumbledore se cachait derrière tout cela bien évidemment, voulant encore et toujours faire du garçon une arme puissante et formaté par les soins d'un vieil homme… Et pendant ce temps il jouait au papy gâteau distribuant des friandises à tour de bras. Tant d'hypocrisie…
Et Harry au milieu de cette guerre, Harry qui n'avait rien demandé à personne…
Il allait vraiment devoir parler au Directeur. Mais pas tout de suite. Là, il devait d'abord s'effondrer sur son lit.
Review! Review! Review!
