Salut,

Oui, je sais, c'est impardonnable, voila pourquoi je ne m'excuserais pas. Si un chapitre vide a été posté il y a quelques semaines cela a été fait complètement contre ma volonté. Je ne sais vraiment pas ce qu'il s'est passé, voila pourquoi je l'ai supprimé au plus vite. Voila pour ce point :)

Maintenant Je m'excuse pour le retard de publication entre les deux chapitres mais le syndrome de la page blanche, vous savez ce que c'est. J'espere que vous ne m'en voulez pas trop... (air contrit).

Voila, mon Mea Culpa est fait :)

Sur ce, bonne lecture !

Bye ;)


Chapitre 8

-« Il vient d'arriver Mon Seigneur. » annonça-t-il calmement en guise de salutations.

-« Comment ? » demanda alors la voix sifflante.

-« Dumbledore. » répondit-il simplement.

Le Directeur et lui avaient décidé qu'il resterait hors de cette affaire. Si jamais le Seigneur des Ténèbres apprenait que c'était Severus qui était allé récupérer le Survivant à Privet Drive sans l'avoir averti, seule une mort lente et douloureuse l'attendrait. Alors ils avaient décidé de raconter au Mage Noir que c'était tout simplement Albus Dumbledore lui-même qui s'était chargé de cette mission en toute discrétion et sans avertir personne.

-« Et ou l'a-t-il emmené ? » demanda Voldemort.

-« Square Grimmaud, Maitre. A l'ancienne demeure familiale des Black, là où Sirius Black ainsi qu'une bonne partie de l'Ordre se cache. Vous ne pourrez l'atteindre là-bas, le sang des Black protège la demeure ainsi qu'un puissant Fidelitas de Dumbledore… »

-« La ferme ! » Hurla soudain le Mage noir et Severus senti tout son corps se tendre d'un seul coup. Il était allé trop, il n'aurait jamais dû faire ce simulacre de leçon à Voldemort. Crétin.

Il baissa humblement la tête de façon à dégager sa nuque. Il avait vite compris au fil des années que Voldemort appréciait de voir la nuque de ses victimes, bien trop conscient qu'elle pouvait se briser d'un simple coup.

-« Honnêtement Severus, je commence vraiment à me demander à quoi sert un espion qui ne ramène pas d'informations… » Commença le Seigneur des Ténèbres d'une voix doucereuse et menaçante. « Tu as été particulièrement inutile ces derniers temps… »

Severus dut retenir une grimace lorsque qu'il entendit quelques ricanements et reniflement moqueurs dans son dos.

La situation tournait mal.

Et Merlin savait à quel point il n'aimait pas quand la situation lui échappait de la sorte. Il était présentement agenouillé au sol, aux pieds de Voldemort et entourait de Mangemorts sadiques et moqueurs. Ça allait mal, très mal. Il pouvait l'entendre dans chaque intonation que prenait la voix sifflante. Son Maitre était insatisfait, ce qui était normal. Mais il ne pensait tout de même pas que la punition viendrait si tôt.

-« Devrais-je te rappeler ou vont tes allégeances ? » Demanda la voix qui était devenu maintenant moqueuse.

-« Jamais Maitre, je ne fais que vous servir. » Il vint ramper à ses pieds, un puissant sentiment de haine déferla en lui mais il le cacha bien rapidement au fin fond de son esprit.

Il n'avait pas le choix. S'il voulait ressortir vivant de cette assemblée il allait devoir montrer ses remords et rapidement.

Pas que sa vie avait une quelconque importance à ses yeux, loin de là. Il se serait sacrifié ici et tout de suite pour une noble cause sans une once d'hésitation. Mais il y avait la guerre. Il était un espion au service de la Lumière et il devait agir comme tel.

C'est pourquoi il n'hésita pas un instant avant de poser sa tête sur le bord de la robe du Lord, ni même quand il lui jura fidélité encore et encore. Il lui pria de lui pardonner, lui promit qu'il ne le décevrait plus, et le Mage noir piétina sa fierté avec un sourire cruel. Pourtant Severus n'était pas un homme stupide, loin de là, il savait bien que ce comportement de soumission et de rédemption ne l'exempterait pas des punitions. Il pouvait d'ores et déjà sentir la baguette de Pettigrow frémir d'excitation. Cependant, ce comportement qui lui donnait envie de s'arracher la peau n'avait qu'un but : l'épargner. Il devait sortir d'ici vivant et cela était le seul moyen. Aussi répugnant soit-il.

-« Je le sais Severus… » Répondit Voldemort d'une voix paternel qui lui donna la nausée.

-« Pardonnez-moi… » Dit-il dans un dernier soupir.

-« Bientôt mon enfant, bientôt… » Et avant même que Severus puisse enregistrer les mots du Seigneur des Ténèbres, une vague de douleur déferla en lui.

Il se retrouva rapidement sur le dos, sa tête frappant le sol avec une force inouïe tandis que son corps convulsait allègrement. Mais malgré la douleur du Doloris, ses lèvres restèrent scellées. C'était quelque chose qu'il avait tout de suite réalisait. Il ne savait pas comment, surement grâce à ses dons Occlument mais une part de lui rester toujours consciente lors des séances de tortures. La partie lucide de son cerveau était enfermé quelque part au fin fond de son esprit là où personne ne pouvait l'atteindre. Pas même la douleur.

C'est ainsi qu'il gardait toujours sa dignité, peu importe la torture, contrairement aux autres Mangemorts. Ce ne fut pas une raison pourtant pour qu'il ne cède pas à la panique lorsque la voix sifflante du Seigneur des Ténèbres retentit.

-« Venez donc mes amis, aidez-moi à le rendre plus efficace. » Malgré la crispation de ses muscles et sa tête qui menaçait d'exploser, Severus ressentit le sourire pervers de son Maitre dans chacune de ses cellules.

Son bras se déchira dans une douleur indescriptible. Malefoy.

Un poignard s'enfonça dans la chair de sa cuisse. Mulciber.

Un sortilège de brulure vint ravager son torse. Pettigrow.

La première chose que Severus réalisa en se réveillant était qu'il était seul. La seconde chose fut que chaque cellule de son corps le faisait souffrir. Il tourna légèrement la tête vers la fenêtre et dut retenir un gémissement de douleur. Que lui avait-il fait une fois qu'il s'était évanoui ?

La nuit était tombée…

Il n'aimait pas être inconscient lors des séances de tortures… Pas qu'il aimait souffrir, non… Mais au moins il savait clairement ce qu'il allait devoir endurer. Qui savait quels sortilèges tordus avait-il reçu ?

Allongé, seul, dans le noir, Severus ferma les yeux. Il se concentra sur son corps. Il avait besoin de savoir précisément de quoi il souffrait avant de prendre une quelconque décision. Portoloin d'urgence ? Potions ? Attente ?

Il occluda rapidement la douleur lorsque celle-ci devint trop intense, se concentrant uniquement sur les sensations.

Epaule droite, il se souvint du regard acier de Lucius. Les muscles tétanisés, les Doloris du Seigneur des Ténèbres. Respiration laborieuse, brûlure de la poitrine par Pettigrow. Jambe gauche endolorie, le poignard planté dans sa cuisse. Il avait une estafilade sanglante au niveau de son ventre et un hématome était nait à l'arrière de son crâne, ça il ne s'en souvenait pas.

Bien. Cela aurait pu être pire, surtout des blessures superficielles. Il prit une grande inspiration en ignorant la douleur que cette action provoqua quelque part sa poitrine et se mit en position assise à l'aide de son bras valide. Un violent vertige le prit et il eut tout juste le temps de se tourner sur le côté avant de rendre son déjeuner sur la pierre poisseuse du Manoir Malefoy. Il grogna.

Il fouilla rapidement dans les poches internes de sa cape, comme tout Maitres des Potions et espion qui se respectent, il avait de quoi se remettre en état rapidement. Il but tout d'abord une potion anti douleur, ce qui était le plus urgent. Puis, son estomac désormais vide se remplit rapidement de reconstituant sanguin, potion de force, potion cicatrisante, anti nauséeux et tout ce que l'homme en noir pouvait juger utile pour pouvoir tenir debout sans tanguer.

Après de longues minutes de soins qui auraient sans aucun doute fait hurler Madame Pomfresh de longues heures étant donné les excès et les mélanges pas très recommandable du professeur, Severus se sentit enfin capable de tenir sur ses jambes –ou plutôt sur sa jambe- sans s'écrouler misérablement au sol.

Il se leva lentement et fut plus que satisfait de voir qu'il tenait debout, pas dit qu'il puisse marcher avec sa jambe gauche mais c'était déjà ça. Son regard fut attiré vers la flaque de sang dans laquelle il gisait quelques minutes plus tôt. Il eut un regard dégouté.

Il avala une nouvelle fiole d'anti douleur après avoir réalisé qu'il ne pourrait définitivement pas se déplacer sans cela.

Ce fut avec une profonde lassitude et une grande fatigue que Severus Snape quitta lentement le Manoir Malefoy. Il transplana, sans se retourner, vers Square Grimmaud. Il prit tout de même le temps d'être présentable avant de franchir la porte. Sort de nettoyage sur ses robes et sur son visage. Voilà, plus de sang séché.

Il passa la porte en silence et resta un instant dans le couloir sombre et paisible. Il était épuisé, las. Severus s'assura d'un regard que sa blessure à l'épaule était bien dissimulée avant d'avancer. Ce à quoi il ne s'attendait pas cependant fut l'énorme chien noir qui apparut soudainement, sortant de l'obscurité dans laquelle il attendait. Sirius Black. Ses yeux se posèrent sur l'animal qui n'en était plus un désormais. A la place se tenait un homme droit et musclé qui le dévisageait haineusement.

-« Alors Snivellus, tu t'es bien amusé ? »

-« Tu n'imagines pas à quel point clébard. » La lassitude et la souffrance étaient responsables de la rudesse de ses paroles.

Black franchi les quelques pas qui les séparés et empoigna fermement sa robe. Il se pencha vers lui, une lueur de haine dans le regard.

-« Tu as peut-être dupé Dumbledore espèce de salaud, mais moi tu ne m'auras pas. Jamais. »

-« Ravi de l'apprendre. » Railla-t-il, mais il pouvait bien sentir qu'il n'y a avait pas la fougue habituelle.

-« Tu es et tu resteras un putain de Mangemort. Pour toujours. » Il l'envoya en arrière si bien que sa tête alla cogner contre le mur qui se trouvait derrière lui. Et avec la chance qui le caractérisait si bien se fut sur l'hématome que cela cogna. Le temps qu'il reprenne ses esprits Black était parti.

Tout en passant sa main dans ses cheveux pour vérifier les dégâts, il observa le couloir désormais vide. Black... Il aurait dû s'y attendre. Ce n'était pas la première fois après tout qu'il lui réservait ce genre d'accueil.

Du sang sur ses doigts. Merde.

-« Severus ? »

Et voilà, le raffut qu'avait fait son dos en cognant contre le mur avait alerté Dumbledore de son arrivée.

Merde.

Saleté de Black. Il entendit des voix dans la cuisine, il comprit ainsi qu'une réunion était sur le point de commencer. Merde. Il n'était pas en état d'assumer une réunion. Il pouvait déjà sentir la fièvre monter en lui et le gout amer du sang et du vomi en bouche. Il devait se rendre au plus vite dans sa chambre où il avait suffisamment de matériel pour se soigner correctement, et où il avait un lit aussi.

Pourtant, quand la voix de Dumbledore retentit de nouveau, lui demandant de venir, Severus n'hésita pas une seconde de plus. Après tout c'était ce qu'on attendait de lui, non ?

Il pénétra dans la cuisine d'un pas assuré et passa sa soirée à faire différents rapports sur les agissements de Voldemort. Quand il rejoignit sa chambre plusieurs heures plus tard, personne ne s'était rendu compte de rien.

C'était ce que faisais un bon espion après tout, n'est-ce pas ?

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-« Et maintenant ? »

-« Il n'y a pas de 'h' à Bézoard, Ronald. Et les ailes de fées ne doivent pas bouillir deux minutes mais deux minutes trente. »

-« Oh je t'en prie Hermione ! Qui verra la différence franchement ? » Se plaignit Ron qui commençait visiblement à en avoir assez de son devoir.

-« Snape quand il corrigera ton travail. » Répondit Harry, devançant ainsi sa meilleure amie qui semblait avoir une réplique salée qui ne demandait qu'à sortir.

Sirius ricana devant la mine déconfite du jeune Weasley et se reçu un coup de poing dans le bras de la part de son filleul.

-« Au lieu de te marrer Sirius, aide nous ! »

Ils étaient tous les quatre assis dans le petit salon au coin du feu, les trois Gryffondors tentant tant bien que mal d'étudier tandis que Sirius essayait de les aider. Enfin… Ses connaissances en potions semblaient bien maigres, surement trop Serpentard au gout de l'Animagus… Sirius semblait donc avoir décidé de les embêter lui et Ron. Merlin seul savait pourquoi…

-« Mais c'est ce que je fais ! » Geins-t-il d'une voix plaintive. Même Hermione leva les yeux au ciel devant sa comédie flagrante.

-« Bon alors ? Je dois parler de la pierre de lune dans la conclusion oui ou non ? » Repris Harry qui commençait vraiment à s'énerver devant son parchemin.

-« Tout dépend si tu as déjà présenté les caractéristiques dans la présentation ! » Répondit Hermione, agacée, apparemment il n'était pas le seul à perdre patience.

Il allait tuer Snape ! Quelle idée de leur donné une dissertation aussi longue à faire pendant les vacances… Certes, ils avaient normalement les deux mois d'été mais c'était les vacances ! Merlin…

Il griffonna les spécificités de la pierre de lune en bas de son parchemin et put enfin mettre un point final à son fastidieux devoir. Il s'écroula contre le dossier de son fauteuil avec un profond soupir de soulagement.

-« Fini ! » Déclara-t-il à l'assemblée.

-« Non mais sérieux quoi ! J'en suis qu'à la moitié moi ! J'en ai marre là ! » Ah, visiblement Ron aussi craquait, dans pas longtemps il enverrait tout voler.

-« Allez Ron ! Un peu de courage t'as presque fini. » Encouragea Hermione.

-« Non, c'est bon je finirais plus tard ! »

Et voilà. Ron laissait tomber. Ce n'était pas son meilleur ami depuis quatre ans pour rien non plus…

-« Une partie d'échec ? » Proposa Harry tout en ignorant le regard noir d'Hermione.

-« Avec plaisir ! » Répondit son ami roux avec soulagement.

-« Ronald ! Tu dois finir ton devoir ! »

-« Mais je suis fatiguée Hermione… Qu'est-ce que ça peut te faire ? J'aurais qu'à copier la fin sur le devoir d'Harry. »

-« Non mais ça va pas ?! »

Zut, la partie d'échec serait remise à plus tard si ses deux amis commençaient à se disputer. Il tourna un regard fatigué vers son parrain et fronça les sourcils lorsqu'il le vit observer Hermione.

-« Sirius ? » Demanda-t-il, perplexe.

-« Hein ? » Il semblait vraiment surpris, comme s'il venait de se réveiller.

-« Qu'est-ce qu'il y a ? »

-« Oh » Il eut un sourire amusé. « C'est juste que c'est incroyable la façon dont Hermione ressemble à Lily. Elle avait le même tempérament et s'emportait aussi vite lorsqu'il s'agissait d'études… »

-« Ah. »

Il ne trouva rien d'autre à dire… Il observa Hermione qui était en train de gronder Ron d'une façon très maternelle. Lily était pareille ? Combien de fois la jolie rousse avait obligé les Maraudeurs à faire leurs devoirs plutôt que d'aller trainer dans les couloirs de Poudlard ?

-« Tu n'imagines même pas le nombre de fois que James a fui en courant la salle commune pour échapper à Lily, surtout en période d'examens… Il n'y avait que Lunard pour accepter de travailler avec ta mère. » Continua Sirius, amusé, sans se rendre compte de la mélancolie soudaine de son filleul.

-« Et toi ? » Demanda Harry, curieux malgré lui. Il adorait lorsqu'on lui parlait de ses parents et de cette époque qu'il ne connaissait pas mais son cœur se vrillait systématiquement à chaque fois. James aurait dû être la personne lui racontant ces vieilles histoires…

-« Moi ? » Sirius éclata de rire, rire qui ressemblait assez à un aboiement… « Je courais derrière James avec nos balais sous le bras. On finissait toujours sur le terrain de Quidditch quand Lily poussait une de ses colères, on savait que c'était le seul endroit où elle n'irait pas nous chercher… »

-« Comment ça ? »

-« Elle ne savait pas voler, ce n'est pas quelque chose que l'on apprend dans les livres… » Répondit Sirius avec un sourire nostalgique.

Le regard d'Harry se tourna de nouveau vers ses deux amis qui commençaient maintenant à se hurler dessus. Ron essayait de parlementer avec des arguments –sans queue ni tête- que Hermione démonter sans vergogne.

-« Elle était si studieuse que ça ? » Demanda de nouveau Harry. Sirius parlait énormément de James et des Maraudeurs, mais très peu de Lily.

-« Peut-être pas autant… Elle était très intelligente, ça oui. » Répondit son parrain distraitement. Il se tourna soudainement vers lui, ancrant ses yeux aux siens avec sérieux. « Ta mère était une personne exceptionnelle Harry, et tu tiens beaucoup d'elle. »

Il baissa les yeux, gêné.

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-« Espèce de crétin inutile ! »

-« Je t'interdis de me parler comme ça sale cabot ! »

-« Ah oui ? Et pourquoi ça ? Ne nous dis pas que tu n'étais pas au courant, sale traitre ! »

-« Sirius ! » Tonna soudainement la voix de Dumbledore. « La loyauté de Severus n'est pas un sujet soumit à débat, j'ai une confiance totale en lui. »

Severus lui envoya un regard noir en retour, il n'avait certainement pas besoin de l'aide du Directeur pour se défendre.

-« Eh bien apparemment il vous a bien berné Albus. » Hurla Sirius tout en balançant le journal du jour sur la table.

La nouvelle était tombée ce matin. Severus n'était pas tant étonné que ça, il pensait simplement que le Seigneur des Ténèbres attendrait un peu plus longtemps. Quant à sa non-participation à cette affaire, il s'y attendait à dire vrai… Après les évènements d'il y a trois jours, il était tout à fait normal que le Mage noir le laisse en dehors de ce coup magistrale.

-« Espèce d'abruti. Ne parle pas de ce dont tu ne sais rien Black. » Menaça Severus. Il en avait plus qu'assez de la scène du clebs. Tout son cinéma ne servait à rien si ce n'était que de se donner en spectacle devant une bande d'adolescents effrayé.

-« Oh la ferme Servillus ! »

-« Je vois que tes arguments volent toujours aussi haut. » Railla le Maitre des Potions. Rien n'énervait plus un Gryffondor que l'arrogance des Serpentards.

La nouvelle était tombée ce matin. Evasion Massive d'Azkaban titré la Gazette du Sorcier en première page. Autant dire que cela avait déclenché une véritable tempête dans l'Ordre du Phœnix. Dès les premiers hurlements de stupeur de Tonks qui avait été la première à se lever, tous s'étaient rassemblés dans la cuisine pour en discuter. Enfin, plutôt pour se hurler dessus les uns les autres, paniquant tous ensemble et reportant la faute chez son voisin. Autant dire qu'il était le coupable idéal pour une bande de Gryffondors furieux.

-« Arrêtez cela tous les deux. » avertit le Directeur d'une voix sévère. Un seul regard aux adolescents regroupés dans un coin de la cuisine lui suffit. Ils n'avaient pas besoin d'assister aux vieilles rancunes de deux adultes…

Sirius, d'une façon très mature, croisa les bras sur sa poitrine et se laissa tomber sur une chaise. Et comme si ce simple mouvement était censé annoncé quelque chose, tous ceux mirent à bouger en même temps. Chacun prit une chaise dans laquelle ils se laissèrent choir de fatigue tandis que Mme Weasley, aidée d'une Tonks maladroite, alla préparer du café et un petit déjeuner pour tout le monde.

-« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée… » Commença Minerva en regardant les adolescents prendre place autour de la table. Severus ne pouvait être que d'accord, ces gamins n'avaient rien à faire dans une réunion d'urgence de l'Ordre.

-« Sirius ! » Appela d'une voix suppliante Potter. Sale gosse.

Un simple hochement de tête de son parrain suffit à redonner le sourire à Potter. Black était son responsable légal –même si de son point de vue Black était tout sauf responsable- donc s'il lui donnait son autorisation de rester, ça ne regardait que lui.

Cela n'empêcha pas cependant la matrone Weasley de jeter dehors tous ses enfants ainsi que Granger. Visiblement, elle, elle était responsable.

-« Sirius, Harry n'a rien à faire là… » Commença-t-elle d'une voix geignarde qui horripila Severus.

-« Ça suffit ! » Déclara-t-il, lassé de toutes ses simagrées. Son autorité naturelle suffit à emmener le silence dans la pièce. « Albus » Invita-t-il une fois que le calme fut de mise.

-« Merci mon enfant. » Commença Albus, visiblement reconnaissant que quelque ait finalement prit les choses en main.

Reniflement méprisant de Black que tout le monde ignora d'un accord tacite.

-« Comme nous avons pu le voir il y a quelques minutes maintenant en première page de la Gazette, il semblerait que Voldemort ait finalement mit son plan en exécution. » Continua le Directeur de sa voix pleine de sagesse. « Plusieurs Mangemorts se sont échappés, notamment le couple Lestrange qui représente à ce jour la plus grande menace. » Il eut un regard d'excuse vers Black que celui-ci ignora, bien trop plongé dans sa haine pour sa cousine. « La folie de Bellatrix n'est plus à narrer… Ce jour est à marquer d'une pierre noire pour le monde sorcier. »

Un silence lourd accueilli sa déclaration.

-« Ce que j'ignore toujours c'est pourquoi nous n'avons pas été averti de cela ! » La voix coléreuse de Black brisa le calme du moment.

-« Nous pourrions écrire une encyclopédie de ce que tu ignores clébard, mais cela n'est pas nouveau, n'est-ce pas ? » Demanda de sa voix doucereuse Severus.

-« Severus, ce n'est pas le moment. » La voix d'Albus le rappela à l'ordre.

Il se pinça l'arête du nez. Tous les regards étaient maintenant braqués sur lui, attendant une explication de leur espion. Espion qui n'espionnait plus grand-chose pensa-t-il distraitement…

-« Voilà maintenant trois jours que le Seigneur des Ténèbres ne m'a plus fait appeler. » Il s'assura d'un regard que son auditoire était attentif. « Il a été assez…mécontent de ne pas avoir été averti de l'arrivée de notre cher Elu en ces murs. » Tandis que les souvenirs de sa punition lui revenaient en mémoire, il fut irrité de voir deux regards se voiler. Le premier, celui du Survivant, qui ne semblait pas apprécier d'être dans les plans de Voldemort. Et le second, remplit de tristesse et de compassion dégoulinante, venant du Directeur.

Seul celui de Black était moqueur.

-« Es-tu sûr que ça va Severus ? » Demanda la voix emplie d'inquiétude du Directeur, le vieil homme était bien trop conscient du genre de punition qu'infligé Voldemort.

Il fit claquer sa langue contre son palais et eut un geste irrité de la main. Il haïssait lorsque Dumbledore se souvenait qu'il allait à la mort presque tous les soirs.

-« Là n'est pas le problème Albus. » Fit-il, énervé. « Le Premier Cercle du Lord s'est maintenant largement élargi. Son armée s'agrandit de jours en jours, il ne lui manque plus que les Loups Garous et les Géants pour que ses troupes soient aussi nombreuses que lors de la première guerre. »

-« Ou en est Remus d'ailleurs ? » Demanda soudainement le clébard. Visiblement, seul son meilleur ami à poil pouvait lui faire changer les idées. Potter leva lui aussi la tête à cette question.

Bien évidemment, le sale gosse se souciait tellement des meilleurs amis de son magnifique géniteur. La grandeur des Maraudeurs, la noblesse Griffondoresque de ces quatre-là. Il aurait presque était déçu que James soit mort, juste pour que le gosse voit de ses propres yeux la soi-disant noblesse de l'homme… Cela dit, étant donné la façon dont il regardait Black tandis que Dumbledore lui répondait, à tous les coups il aurait cru les yeux fermés son imbécile de père.

Il fixa le gosse avec colère jusqu'à ce que celui-ci tourne la tête vers lui sentant probablement son regard fixe.

Son agressivité fondit comme neige au soleil lorsque ses yeux se heurtèrent violemment aux deux orbes émeraude qui le regardaient avec étonnement. Ignorant sans même sans rendre compte le Directeur qui continuait à déblatérer sur les agissements des Loups Garous, il se souvint soudainement d'une jolie rousse. De ses grands yeux verts. Douloureusement identiques.

La noblesse Gryffondorienne… Oui, il ressemblait tellement à sa mère… Harry n'aurait pas cru son père, non. Pas le Harry qu'il avait appris à connaitre depuis quelques jours. Il avait les yeux de sa mère. Cette force tranquille qui émanait de ce vert redoutable.

Comment avait-il pu être aveuglé de la sorte ?


La critique devrait, en matière de littérature, être une sorte de pédagogie de l'enthousiasme.

L. Aragon