Plus d'un mois sans chapitre ? Moi ? Alors que je suis HYPER régulière ? Jamais xD

J'espère que vous allez bieeen !

J'ai voulu vous l'offrir pour le nouvelle an mais j'ai eu la flemme, donc bah j'le sors maintenant

Espérons que 2021 sera meilleure que 2020 sinon c'est la merde mdrr

Mycetina:

Toujours là toi, ça fait plais'! Ouais, j'aime bien leur faire faire des trucs mignons, mais pas trop sinon c'est gnangnan et ça fait bisounours, et en plus ils seraient OOC, pas évident de les gérer xD

Bonne lecture !

Shadow


Kid bailla en récupérant le chocolat chaud de Law dans le micro-onde. Il était rentrés vers quatre et demi, quand Law s'était mis à trembler et à se blottir contre Kid en dormant alors qu'il était toujours lourdement drapé de ses bras et de son manteau. Là, le roux avait jugé bon de rentrer.

Et dieu qu'il avait galéré.

Bah oui, il fallait réussir à se lever sans réveiller le petit brun, ouvrir la porte du toit, ne pas se casser la gueule dans les trois marches qui suivaient – et même si il ne l'avouerait jamais, il avait bel et bien trébucher –, trouver les clés dans son manteau en soutenant l'enfant et avancer dans son appartement sans se taper le moindre meuble.

Kid avait désormais un bleu au tibia et le petit orteil en compote.

Putain de table basse.

Du haut de l'un des tabouret, Law étouffa à son tour un bâillement en se frottant les yeux.

Le brun s'était assoupi sur le roux et s'était réveillé en sueur, ne sachant où il était. Les murs blancs du camp s'étaient pendant un instant superposés à la chambre plongée dans l'obscurité qu'il occupait, jusqu'à ce que la vue lui revienne et qu'il distingue le sweat jaune et noir qu'il avait pris comme doudou. Ce sweat lui semblait important sans qu'il ne sache l'expliquer, et l'avoir près de lui l'apaisait assez pour qu'il puisse grappiller quelques heures de sommeil.

L'odeur du chocolat le sortit un peu de sa léthargie. Et le courant d'air qu'il sentit sur ses jambes nues à cause du t-shirt qui n'arrivait pas jusque là finit de le réveiller.

-Kid… ?

Le roux leva son nez de son café pour planter ses yeux cuivrés sur Law.

-Je vais m'habiller comment aujourd'hui ?

-Bah avec des fringues, tu vas pas me chourer mes rideaux non plus, lança Kid avec nonchalance.

-M-mais, protesta Law, j'ai rien d'autre, moi, je n'ai que ça…

-T'inquiète, j'ai déjà prévu, rassura le roux. On y va ce matin.

La respiration de Law se bloqua. Il releva doucement la tête, regardant Kid avec des yeux animés par la peur et brillants de larmes. Tout son corps se contracta et il se replia sur lui-même, comme pour se fondre avec le tabouret sur lequel il était assis. Ses muscles crispés tremblaient légèrement, et Kid se demanda ce qu'il avait pu dire pour l'effrayer ainsi. Les yeux gris humides de son vis-à-vis ne le laissaient pas de marbre, et il pouvait y lire une lueur de déception.

Law, lui, se sentait trahi. Il aurait dû s'en douter, s'y attendre, mais non, le brun y croyait, il pensait que le colosse roux était différent. Visiblement, il s'était trompé.

-Je savais que j'aurai pas du te faire confiance, sanglota l'enfant en passant frénétiquement les doigts sous ses yeux. Je savais que t'allais me ramener !

Kid saisit enfin le problème. À cause de sa peur, Law avait comprit de travers le « on ira ce matin », et le roux ne savait absolument pas quoi faire pour se rattraper.

Putain de malentendu.

Kid souffla et se leva avant de faire pivoter Law sur lui-même pour se retrouver en face du gamin. Gamin qui s'éloigna autant que l'assise surélevée lui permettait.

-M-m'approche pas ! J'veux pas y aller, je veux pas, JE VEUX PAS ! Finit-il par hurler, les doigts crispés dans ses cheveux, les larmes traçant des sillons sur ses joues basanées.

-STOP ! Cria le roux, la voix rauque, ce qui eut pour seul effet de stopper net les bruits de sanglots, mais pas la course des gouttes d'eau salées sur le visage de l'enfant.

Kid attrapa les mains de Law, les délogeant des mèches brunes que les petits doigts martyrisaient avant de reprendre, plus calmement.

-Ce matin, on va aller t'acheter des vêtements à ta taille et qui te plaisent. Ensuite, on va aller chercher à manger parce que je sais déjà que j'aurai la flemme de faire un truc et 'faut qu'je fasse des courses. Et enfin, on rentrera ici.

Kid sentit que ça n'allait pas être de tout repos à l'instant même où il passa les portes automatiques du centre commercial. Bah oui.

Merde, on est samedi.

C'est vrai que le samedi n'était pas le meilleur jour pour aller faire les courses. Le monde affluaient dans tous les sens et la marée humaine était plus dense que d'habitude à cause du fait que c'était le week-end des vacances. Et vacances dit fête pour la plupart des étudiants. Quand on est forcé de vivre dans un bled paumé dans la pampa, faut bien trouver des occupations. Mais il aurai quand même dû y aller avant. Non seulement pour lui, qui détestait la foule, mais aussi pour le gosse qui lui broyait les doigts et plantait ses ongles dans son jean noir.

-O-on est vraiment o-obligé ?

Kidd hocha la tête sans le regarder et entendit l'enfant déglutir bruyamment. Il n'était pas à l'aise. Ses mains martyrisaient le pantalon du roux, et il se retenait à grande peine de partir en courant. La marée humaine représentait, pour lui, des potentiels dangers, tous autant qu'ils étaient. Il esquissa un mouvement de fuite, mais les yeux ambrés métalliques de Kidd se posèrent sur lui, comme pour lui intime de rester et de ne pas s'éloigner. Et le roux se mit en marche. Il attira un cadi à lui grâce à son magnétisme, et Law le regarda avec incompréhension.

Le rouquin lui fit signe de laisser tomber avant de l'attraper et de le mettre dans le cadi. Law fronça les sourcils, regarda le roux, puis s'assit dos à lui, contre la grille en métal. Silencieux, il observa la foule aller, venir, changer en fonction des rayons, rire, des couples de disputer, des amis se croiser, des solitaires dans le coin livres, des groupes au rayon boissons ou bonbons, les bon-vivants au rayon alcool pour la prochaine fête. Curieusement, Law n'avait plus peur de toute cette foule. Peut-être était-ce le regard de Kidd qui déviant sur lui de temps en temps qui le rassurait, ou bien était-ce le fait d'être protégé par les barreaux de métal autour de lui qui le rendait aussi calme. La cage d'acier lui conférait une sorte d'armure et tenait les gens à distance. Il se sentait à l'abri, derrière ces grilles qui formaient un bouclier contre la moindre personne qui lui voudrait quelque chose. Il avait l'impression d'être invisible, d'être spectateur de la vie des autres sans jamais en faire partie.

L'allure régulière et le roulis du cadi l'endormi presque, et il l'aurait sans doute fait si le roux n'avait pas brusquement changer de direction le faisant sursauter. Le brun lui jeta un regard interrogateur, mais Kidd y répondit par un geste, signe qu'il devait garder le silence. Bien qu'il ne comprenne pas tout, Law acquiesça et agrippa les bords de la casquette blanche à tâches noires que Kidd lui avait donné pour la baisser encore sur sa tête.

Kidd avait réalisé l'ampleur de l'erreur qu'il avait commis.

Il était mieux que personne ne sache la mésaventure de Law, sinon, le rouquin savait que ça allait partir dans tout les sens et que le Law adulte ne le supporterait pas. Mais il lui avait rendu sa casquette. Sa putain de casquette, alias la marque de fabrique de Trafalgar Law, le Chirurgien de la Mort.

Et comme le hasard fait si bien les choses, il allait aller au rayon des dosettes de café lorsqu'il était tomber sur Bepo, Penguin et Sachi. Et il avait réalisé que même en enfant, ils reconnaitraient celui qu'ils appellent «capitaine». Même si celui-ci était plus timide, plus peureux, même si il n'avait plus son sourire arrogant, son caractère farouche, ses tatouages, son aura dangereuse, son audace, ni même ses rêves. Mais ils le reconnaitraient, Kidd le savait, il le sentait. Alors il avait brusquement changer de direction pour qu'ils ne remarquent pas le brun.

Le reste des courses s'était passé plus ou moins bien. Le roux avait laisser l'enfant choisir les vêtement qu'il mettrait. Résultat: du jaune, du bleu, du blanc, du gris et du noir. Le roux n'avait même pas été étonné. Law avait dû être mis dans le siège, Kidd faisant ses courses toutes les deux semaines, et il avait tout fait pour éviter les gens qu'il connaissait. Et quand ce supermarché était le seul de la ville, ce n'était pas une mince affaire. Law avait bien vu que le roux était sous pression et avait donc garder le silence, se faisant discret pour ne pas lui causer d'ennuis.

Le roux soupira en se laissant choir sur le banc en mousse d'un fast-food après avoir commander. Le brun avait découvert la ta blette et avait à tout prix voulu cliquer lui-même sur les touches, émerveillé par l'écran interactif où s'affichait toute une liste de menus. Les courses déjà ranger dans la voiture, les deux étaient désormais libre de manger sans avoir d'affaires à surveiller.

Law souffla en se recroquevillant contre le dossier garni et la fenêtre.

-Ça va ? Lui demanda le roux en passant une main dans ses propres cheveux.

-Y'a du monde, marmonne Law en tentant de fusionner avec son siège.

Le bruit résonnait dans l'espace clos, la chaleur des radiateurs se mêlait à celle du magasin, le fast-food étant dans la galerie, et Law commençait à étouffer. Tous ces gens, toutes ces histoires, toutes ces personnalités, toutes ces conversations, tout ça lui donnait mal à la tête et envie de vomir.

-Kidd ?

Ce dernier se retourna immédiatement en entendant la voix du brun. Elle était faible, tremblotante, un peu aiguë, et surtout, angoissée. Kidd pouvait sentir le moindre de ses doutes, la moindre de ces questions et de ces incertitudes alors que celui-ci n'avait fait que l'appeler.

Law prit sur lui et essaya de respirer. Toute cette foule, cette marée humaine, les bruits l'atteignaient violemment, et d'un seul coup, comme lorsqu'un volet claque sous la force d'une tempête, ses nerfs lachèrent. Il se leva en vitesse et couru le plus vite possible hors du bâtiment. Il n'entendit pas Kidd l'appeler, il ne vit pas les gens se retourner sur son passages, spectateurs curieux qui se demandaient si il fallait l'arrêter ou laisser le roux se débrouiller.

Par contre, il sentit bien quelque chose le percuter, ou il se sentit percuter quelque chose, il ne savait pas –sûrement un peu des deux. Law tomba par terre avant de soulever la casquette qui lui était tombée sur les yeux pendant le choc.

-Hé, petit, ça va ? Tu t'es pas- blessé… Oh bordel… Capitaine ?