Bonjour à tous ! Apès un petit retard, voilà la suite. Ce chapitre, pour me rattraper, est donc plus long !:) J'espère qu'il vous plaira ! Encore merci à mes deux uniques revieweuses, ahah, Lilika à qui j'ai répondu , et Akane à qui je vais répondre ici, dans la petite parenthèse . Ce chapitre Trois est maintenant à vous ! J'ai incorporé un petit résumé en quelques mots de ce qui va se passer dans le chapitre au début en gras, aussi, pour mettre l'eau à la bouche:)
(à Akane : Merci pour ce très gentil commentaire, je suis heureuse que tu puisses facilement te mettre à la place de Sakura, et j'espère que ça continuera ! Quand à la dimension autour de Sasuke, elle s'agrandit dans ce chapitre:) Quant au fait d'être recroquevillé debout... Eh bien en fait, je ne sais pas ! Ahah tu m'as posé une colle sur ma propre phrase ! Elle n'est pas cohérente, mais je ne trouvais pas de mot équivalent suffisamment fort, elle se faisait toute petite, quoi:) Encore merci àet à bientôt!)
Bonne lecture à tous !
Chapitre Trois :
Où il est question de grossesse, de chien, et du muret des « Uchiha »
-Je peux vous aider ?
Lorsque je travaillais dans ce combini, je m'ennuyais sacrément. Alors quand il y avait un client ou une cliente, le menton posé sur ma paume de main, je les regardais aller et venir dans la petite structure, cherchant l'objet de leur désir. Pourtant, le combini était bien organisé, c'est moi qui range les minuscules rayons, donc forcément c'est organisé. Mais tout était tellement condensé que les gens s'y perdaient très vite. Surtout quand le bloc note se retrouvait à coté des nouilles à réchauffer. Si je vous assure, c'est bien rangé pourtant.
Voyant que la jeune femme qui venait de rentrer dans le combini tournait en rond, râlant visiblement contre mon travail, je me permis de l'interrompre dans sa recherche pour savoir si elle avait besoin d'aide. Lorsque je lui posai la question, elle releva subitement la tête, légèrement rouge.
-Euh, ouais, je suppose..
Il y avait tellement de gens étrangement vêtus à Tokyo, étrangement coiffés et même étrangement effrayants que je ne faisais plus attention. Je ne pu cependant pas m'empêcher de noter les quatre couettes blondes qui étaient dressées sur le crâne de la cliente. Elle avait un beau visage, mais semblait avoir un caractère assez... Fort. Ses sourcils froncés venaient de me le dire. Elle se rapprocha de la caisse, puis s'abaissa vers moi.
-Est ce que vous auriez... commença-t-elle, les yeux sur le coté. Je cherche un.. Merde vous avez des tests de grossesse ou pas dans ce fichu magasin ?
Elle s'était relevé violemment pour dire sa dernière phrase. Je trouvai drôle qu'elle arrive à s'énerver seule parce qu'elle était gênée. Souvent, et comme je ne devrais pas le faire, je m'imaginais une vie derrière les emplettes des gens. Ce qu'il y avait de plus drôle, c'était les garçons qui cherchaient à cacher une boîte de préservatifs derrière d'autres articles inutiles. C'est que des capotes bordel ! Aussi je ne pu m'empêcher d'imaginer que cette fille présente devant moi ne voulait pas d'un enfant. Elle était contrariée.
-Oui, nous en avons.
Je passais devant elle pour la guider. Et je ne fis que quelques pas pour arriver devant le bout de rayon « pharmacie », ils étaient en bas. Elle fit une moue, comme pour me dire que c'était vraiment mal indiqué, puis elle se baissa. Je l'ignorai pour la laisser choisir son test. Soudain, je m'imaginais dans sa situation. Qu'est ce que j'aurais fait si j'avais dû acheter un test, là comme ça, ma vie dépendant de mon urine sur un bâtonnet en plastique ? Pour ça, faudrait déjà avoir couché ma vieille. Et ça c'est pas gagné. Mon esprit divagua sur la question. Il était vrai que j'étais encore vierge, et que dans mon entourage, plus grand monde ne l'était. Même si mon entourage était restreint. Puisqu'Ino l'avait déjà fait, et plusieurs fois avec différentes personnes, imbattable, et puis TenTen et son copain aussi, l'avaient déjà fait. On faisait régulièrement la cour à Ayame, et je savais après l'une de nos nombreuse discussions entre trois et quatre heures du matin, qu'elle avait déjà cédé au charme de l'un d'entre eux, elle avait donc déjà fait l'amour, elle aussi. Je me demandais alors si un garçon comme Lee l'avait déjà fait. Pourquoi, il fait parti de ton entourage maintenant ? Le gars t'a même pas rappelé !
Je soupirai en retournant à la caisse. Le sentiment d'avoir plu à ce garçon aux épais sourcils avait été éphémère. Il ne m'avait jamais recontacté. Avais-je touché le fond, puisque même un garçon de la catégorie « repoussant » ne voulait pas de moi ?
Il ne me restait plus qu'une semaine de vacance. Après ça, j'étais repartie pour la fac et toutes ses joies, prendre le train matin et soir, et faire des heures supplémentaires au combini. Cela faisait donc environ deux semaines que j'avais recroisé Lee d'une manière particulièrement gênante dans la rue, et deux semaines qu'après lui avoir passé mon numéro et lointainement espérer qu'il ne me rappelle pas, je regrettais ces pensées et désirais enfin être désirable aux yeux de quelqu'un. Je remis mon menton sur ma paume en soupirant, regardant au loin dans la rue. Lee n'a sûrement jamais couché. Pas si il ne rappelle jamais les filles qu'il a eut l'audace d'accoster du moins. Alors que la cliente caractérielle aux quatre couettes continuait de farfouiller les vingts centimètres carrés offerts aux tests de grossesses, une fois de plus mon cerveau divagua. Je me demandais si Sasuke, le brun arrogant aux yakitoris l'avait déjà fait. Pouah ! Quelle question ! Je mimais une moue désespérée dans le vide. Évidemment, qu'il l'avait déjà fait. Peut être même qu'il avait pulvérisé le record d'Ino. L'association des deux prénoms me fit imaginer l'espace de quelques secondes un possible couple, sexuellement parlant. Je secouais la tête violemment. Bordel ! Ça n'arrivera jamais !
Puis, après un grattement de gorge qui n'était pas le mien, je tournais les yeux en face de la caisse. La cliente s'était décidée. Eh bah. Elle avait choisi le moins cher. Tout ça pour ça. Je cherchais sur la boîte le code barre pour la faire payer, et je mis un certain temps à le trouver, il était minuscule. Je sentis alors une aura étrange. Elle était en train de me dévisager, mi en colère, mi gênée. Elle devait penser que je regardais le test en détail et que je m'intéressais de trop près à sa vie privée. Je détournais les yeux pour lui annoncer le prix, d'une façon neutre. Le billet était déjà devant moi, elle avait croisé les bras.
-Vous voulez une poche ? Demandai-je.
Une fois de plus elle me dévisagea, et prit la boîte entre ses mains nonchalamment. Elle rougissait encore.
-Pour le temps que ça va prendre, non, merci. Soupira-t-elle.
Il y eut un silence. Je ne savais pas quoi dire. Devais-je au moins dire quelque chose ? Non sérieux, pars maintenant que ça soit moins gênant. Si elle avait commencé à se diriger vers la sortie, j'aurais pu dire un « aurevoir » et c'était fini. Mais là, elle restait fixée sur le test de grossesse. Quoi, tu vas le faire là, sous mes yeux ? Elle eut un rire presque silencieux.
-C'est idiot hein, souffla-t-elle à la vitrine. J'imagine que les femmes qui viennent acheter un test, elles sont toujours hyper contentes, limite elles étalent leur vie, vous demande si vous avez des couches, des biberons, alors qu'elles ont encore le ventre plat.
J'eus de la peine pour elle. Elle semblait complètement déboussolée. Et moi, je ne savais stupidement pas quoi répondre.
-Non, ça arrive rarement, répondis-je.
Elle tourna la tête vers moi, le regard interrogateur.
-Je veux dire, en général ces femmes là préfèrent aller dans des pharmacies.
Bon sang Sakura, t'as d'autres trucs complètement sans intérêt à balancer ? Mais ma phrase eut son effet. Elle se mit à rire. Où alors était-ce de la panique ? Je vis une larme perler au coin de son œil, son regard toujours pointé vers la rue, comme si elle regardait les passants en se demandant à quoi ressemblerait sa vie. Elle marmonna un « C'est à cause de ce stupide fainéant. » , ou du moins, c'est ce que je cru comprendre. Ce n'était de toute évidence pas adressé à moi. Elle renifla, puis après m'avoir lancé un dernier regard, prit une inspiration et partie vers la sortie. Je lui lançai un au revoir auquel elle ne répondit rien. Ou alors, elle avait répondu innaudiblement.
Je poussai un lourd soupire du plus profond de mes poumons une fois que l'atmosphère redevint normale. Je n'enviais en rien sa situation, mais on pouvait dire qu'elle au moins, elle avait un quotidien rebondissant. Ce qui n'était pas mon cas. De temps en temps, quand je devais aller livrer des yakitoris à ce Sasuke, mes journées sortaient de l'ordinaire. Et encore, j'y suis allé que deux fois. Comme il avait attendu une semaine avant de repasser commande la première fois, je m'attendais à ce que le beau brun arrogant en recommande il y a une semaine. Mais il n'en fit rien. C'était encore une façon d'être stupidement obsédée par les règles. Peut être devenais-je superstitieuse. Raah !Je pris ma tête entre mes mains. Pourtant, je n'avais pas rêvé, il avait dit « à bientôt ». A bientôt, c'est pas au revoir, encore moins adieu, c'est à bientôt. Et ces deux mots, à moins que ce garçon ne sache pas parler, on les utilise quand on sait qu'on reverra la personne. Eh merde ! Il fallait que j'arrête d'y penser. Je me mis à vaguement regarder les gens qui passaient dans la rue, il me restait une heure et demi avant que ma journée se termine, j'étais exemptée de livraison ce soir.
Deux heures plus tard, après avoir passé le relais à Ayame, je remontais dans mon appartement, où la chaleur avait été justement rétabli. Je me fis un chocolat chaud en guise de récompense personnelle pour mon travail d'aujourd'hui. Oui et alors ? Je comptais faire mes révisions pour être prête pour la rentrée, dans une semaine, mais un bon bain chaud n'aurait pas été de refus avant. Cependant, c'est ce moment que choisi une personne pour sonner à ma porte. Je me mis à calculer mentalement les possibilités. Il y avait plusieurs choix, soit c'était Ino, fort probable, soit c'était Ichiraku, peut être, Ayame, peu probable, Lee qui m'aurait retrouvé, improbable, Sasuke qui m'aurait retrouvé, impossible. Je soupirai. Je me faisais de la peine à moi-même, des fois. J'allai ouvrir en traînant des pieds.
C'était Ino. Bingo.
-Oh ma Saki ! Je te dérange ?
Qu'elle prenne la peine de sonner était même bizarre à vrai dire. Elle me dérangeait dans ma tranquillité, oui. Mais je soupirai un « non, non », qui aurait aussi bien pu être remplacé par un « oui oui » ou « tu choisis pas le bon moment » ou «merde je voulais être toute seule. » Mais Ino était ma meilleure amie, et sa joie de vivre me décrocha un sourire. Elle enleva son manteau noir qu'elle mit sur le dossier de mon canapé, avant de s'y asseoir. Elle avait mit une jupe noire, moulante, des collants à motifs, et un haut assez large, violet. J'avais mis un pantalon sombre trop serré aux fesses, un haut noir et un large gilet vert. Je ne pouvais m'empêcher de comparer, lorsqu'elle était dans les parages.
-Alors, tu as fini ta journée de boulot ? S'exclama-t-elle.
-Oui enfin. Répondis-je en me serrant le chocolat chaud. Tu veux boire quelque chose ?
-Oh, non, non ! Je ne fais que passer.
Je me retournais vers elle, son visage était presque déformé par la joie. Car oui, Ino était actuellement très heureuse. Pendant que j'attendais la commande du bel arrogant Sasuke il y a une semaine, le garçon qu'Ino attendait tous les jours à la boutique, « Kiba » était venu lui rendre visite. Oui, enfin.Et je serais capable de décrire la scène comme si j'avais été à la place de l'un d'eux, puisque ma meilleure amie m'avait pour ainsi dire rabâché les moindres détails environ trois fois. Je savais qu'il était grand, ses cheveux ébouriffés marrons étaient « trop adorables » il rougissait facilement, et alors qu'il avait attaché la laisse de son chien devant la boutique, il avait fait une sorte de « déclaration » à Ino, lui expliquant la raison se sa venue, qu'il ne pensait jamais la revoir, patati, patata. Elle avait donc été aux anges, vivant le rêve du prince charmant éveillée. « Bon, le truc qui cassait tout, c'était le gros chien blanc derrière qui arrêtait pas de nous regarder » m'avait-elle répété. « mais holala, c'était parfait ! » Il lui avait demandé si il pouvait la revoir, et le soir même ils avaient mangé ensemble. En terrasse, pour le chien, Aka quelque chose. Les détails, je préfère les passer. Surtout quand il s'agissait « de son visage trop mignon et la façon dont il la regardait »
-Ah bon, tu fais quoi après ? Demandai-je.
-Je vois Kiba !
Oui, évidemment, quelle question stupide. Je me mis, après avoir bu une gorgée et posé la tasse, à ranger un peu le bazar de ma minuscule cuisine. C'est donc lorsque j'étais dos à elle que je l'entendis taper nerveusement du pied au sol, et se gratter la gorge. Oh putain, ça présage rien de bon. Je fis alors mine de continuer de ranger.
-Dis, Sakura...
Non non non.
-Mh ?
-C'est super gênant de te demander ça, tu sais...
Je soupirai en me retournant vers elle, les bras croisés. Elle avait pris son visage qui était censé me faire pitié et avait les yeux presque larmoyants.
-Tu sais, le chien de Kiba, chuchota-t-elle.
-Il a un chien ?
Bon sang, bien sûr que je le savais. J'avais été la première à le remarquer lorsque le garçon m'avait demandé comment s'appelait Ino et que sa laisse dépassait de son manteau. En faisant mine de ne rien savoir, je prenais un air détaché, et elle oserait moins me poser la question que je redoutais.
-Mais si je t'en ai déjà parlé, tu sais !
Elle avait hésité et froncé légèrement des sourcils avant de répondre. Oui, je savais, c'était un gros chien imposant au poil blanc, qui les avait regardé trop fixement lorsque Kiba faisait sa déclaration à Ino. Je secouais la tête pour insister à ses yeux je ne connaissais pas cette bête. C'était sans compter sur la malignité de mon amie.
-Oh, tu le verrais, il est adorable ! S'exclama-t-elle en tapant ses deux mains l'une contre l'autre. On a envie de lui faire des câlins !
Mon Dieu. Elle essayait de me berner, elle en profitait. C'est ainsi que le chien gros, blanc et qu'on ne pouvait pas emmener partout devint le chien adorable, sans taille précise, à qui on pourrait faire des câlins à longueur de journée. Pour un peu, je me demandais si elle n'essayait pas de me vendre le pauvre animal. Fichu coté commerçant. Alors qu'elle continuait sur sa lancée, je l'arrêtai net, les bras toujours croisés.
-Ino, accouche, qu'est ce que tu veux ?
La première partie de ma phrase me fit étrangement penser à la fille qui était venue dans la boutique un peu plus tôt dans la journée. Je me disais qu'à l'heure qu'il était, elle devait sûrement être fixée sur son futur.
Ino soupira en baissant la tête.
-On aurait besoin que tu le gardes le temps d'une petite heure... Chuchota-t-elle.
NON.
Elle avait bien pesé ses mots, me faisant de gros yeux. Elle n'avait pas dit une demi-heure puisque ça n'aurait pas été crédible, elle n'avait pas non plus dit plus d'une heure puisque ça aurait été trop long pour que j'accepte.
-Tu rigoles ? Répondis-je, un chien ici dans mon appartement ?
-Ooh Sakura je te promets qu'il est calme ! Fais moi confiance !
Lui faire confiance ?
-Mais... Mais c'est non Ino je-
Son téléphone sonna, elle s'empressa de répondre, j'imaginais déjà l'autre propriétaire du chien à l'autre bout. Elle soupira.
-Non, je crois qu'elle ne veut pas. Mais oui, je sais Kiba mais... Oui d'accord à tout de suite.
Elle raccrocha, la tête baissée. Voilà qu'elle me jouait le rôle de la fille malheureuse. Entre toi et moi, c'est qui qui est la plus malheureuse, franchement ? Je fronçai les sourcils. Il ne fallait pas que je craque. J'avais toujours en tête un bon bain chaud, quelques révisions et dormir tôt. Tout cela n'était plus possible ou sacrément compromis avec un chien. Elle releva les yeux vers moi.
-On va s'arranger, on trouvera bien quelque chose !
Elle fit un sourire forcé, avant de se relever. Non, ne craque pas, non Sakura. Je ne sais pas si c'était une technique particulière de sa part, mais je regrettais amèrement d'avoir refusé. Elle mit son manteau, j'avais le sentiment de l'avoir trahie. Je veux pas me coltiner son chien, putain...
-C'est d'accord, dis-je d'un souffle.
Son regard s'illumina. « C'est vrai ?! Oh tu es la meilleure ! » Elle me sauta au coup, avant d'appeler son petit ami pour lui dire, enjouée. C'était maintenant sûr, elle avait tout préparé pour faire en sorte que je sois d'accord, ma meilleure amie était officiellement une manipulatrice.
Quelques minutes plus tard, on frappa à ma porte. Ino alla ouvrir presque comme la propriétaire des lieux, et je vis alors pour la seconde fois dans ma vie le « Kiba » en question. Il avait toujours le même manteau, et tenais une laisse rouge dans la main. A ses cotés, assis, un gros, voir ENORME chien blanc, touffu, avec de la bave et un épi de poil sur la tête. Ino embrassa son bien aimé en levant une jambe arrière comme une princesse heureuse. Le garçon me fit un signe de tête en guise de bonjour. Le contact visuel bref qui s'installa entre nous annonçait un pacte, on ne dirait jamais à Ino qu'ils se sont rencontrés grâce à moi. Il avait dû vite comprendre qu'elle vivait sur un petit nuage et qu'il ne valait mieux pas la faire redescendre sur terre. Peut être aimait-il aussi sa position de « prince charmant sorti de nul part ».
Le chien aboya, et ça me fit sursauter. Kiba fronça des sourcils en le regardant, puis lui dit de se taire. Son regard avait des airs de « on avait dit que tu jouerais le gentil chien ! » Je soupirai, j'étais dans de beaux draps, les animaux imposants étaient interdis dans l'immeuble. Je jetai un coup d'oeil au chien. Donc si tu pouvais éviter de te faire remarquer..
Kiba entra dans l'appartement, suivit de l'animal, ils se postèrent devant moi.
-Il s'appelle Akamaru. C'est un bon chien, mais je ne peux pas l'emmener partout, dit-il en le regardant comme son fils. C'est pourquoi je te remercie de le prendre ce soir.
Ce soir ? Tu veux dire une heure ? Ino m'avait bien eut. Son copain faisait sérieux, comme ça, puisqu'il mettait des distances entre les gens et lui. Il ne devait sûrement pas être rassuré de laisser son animal de compagnie, mais Ino n'était pas du genre à laisser quoi que ce soit empiéter sur sa relation amoureuse. Je posais mes mains sur mes genoux, me penchant vers « Akamaru »
-Enchantée !
Je pointais un doigts vers moi.
-Moi, c'est Sakura, j'espère qu'on va bien s'entendre.
Arrête ça tout de suite Sakura, on dirait une cinglée. Puisque son maître avait l'air de le considérer comme un enfant, j'en fis de même. C'était peut être la seule façon de le rassurer sur ma fiabilité en tant que « baby-sitter ». Je soupirai intérieurement, pourquoi je faisais ça ? Je me relevai.
-Il est tranquille, comme chien ? Demandai-je.
-Comment ça ? Répondit-il en fronçant des sourcils.
-Je comptais aller prendre un bain, je peux le laisser seul pendant ce temps la ?
Il prit le temps de réfléchir, ce qui n'était pas bon signe. Non seulement je gardais son chien, mais en plus je lui laissais des occasions de se montrer exigent. Ino prit alors Kiba par le bras, pressée. « On a plus le temps là, ton chien se tiendra bien ne t'en fais pas, Sakura est une fille fiable ! » Et en plus elle se fait avoir à tous les coups ! Sans qu'il eut le temps de répliquer quoi que ce soit, elle le tira vers la sortie, me gratifiant d'un large sourire . Il lança à son chien un dernier « sois sage ! » Et la porte claqua.
Bon bon bon...
Je baissais la tête vers l'animal, ayant lourdement senti qu'on devrait se côtoyer plus d'une heure. J'avais dis à Ichiraku que même si je ne devais pas travailler, je pourrai être présente en cas d'urgence. Je priais pour que ça n'arrive pas. Le chien alla jusqu'à la porte et s'assit face à elle. Comme si son maître allait la rouvrir en criant « mais non, c'était une blague ! Allez viens » La pauvre bête me faisait de la peine. J'allai lui caresser l'épi blanc dressé sur sa tête, mais il n'eut aucune réaction, respirant par la bouche et faisant goûter de la bave sur mon parquet. Bon sang.
-T'en fais pas, il va revenir.
Voilà que je me mettais à lui parler, alors qu'il ne répondrait pas. C'était toujours une présence, après tout. Par manque de réaction, je soupirai.
-Bon eh bien si ça ne te dérange pas, je vais aller prendre un bain.
Je lui lançai un dernier coup d'oeil avant de partir, aucune réaction, il était plutôt calme après tout. Tranquillement je me dirigeai vers ma salle de bain, laissant la porte ouverte, puisque de toute façon « Akamaru » avait l'air plutôt décidé à surveiller l'entrée. Après avoir fait couler l'eau chaude et m'être déshabillée, je rentrai dans l'eau. Troooooop bon. C'était ma récompense de la journée, celle qui me faisait oublier tous mes soucis, si soucis il y avait. Je pouvais me laisser librement aller à penser, quelques minutes jusqu'à ce que l'eau se refroidisse.
Alors que je m'apprêtais à mettre du produit à mousser, je sentis un regard se poser sur moi. Lentement je tournai la tête vers l'entrée de la salle de bain, et dans un sursaut je vis le chien, tranquillement assis, me fixant, la gueule toujours ouverte et pleine de bave. Je fus prise d'une certaine gêne. A part mes parents quand j'étais petite fille, je ne crois pas que beaucoup de personnes aient eu l'occasion de me voir nue. Même si il ne me voyait pas entièrement, et que surtout, ce n'était pas une personne. Je cachai ma poitrine avec mon bras, fronçant des sourcils.
-T'étais pas obligé de venir, tu sais.
Mais il ne bougea pas. Je me sentis rougir.
-Allez, psst ! Va-t-en ! Retourne à la porte !
J'accompagnai ma phrase d'un geste du bras qui lança de l'eau en dehors du bain. Le produit moussant commença à faire son effet, et bientôt, telle une petite fille qui joue avec de la mousse, je recouvrai avec cette dernière mes seins discrètement. Je devais être ridicule. J'étais de toute manière ridiculement pudique. Et le chien, si il en était capable, devait bien se moquer de moi dans une situation pareille. Il fallait que je change de technique. D'un geste brusque je fis semblant de voir quelque chose au loin dans l'appartement.
-Oh, c'est Kiba ! Coucou Kiba !
Encore une fois, j'agitai ma main, lançant cette fois de la mousse. Stoppant mon geste, je jetai un coup d'œil dans la direction de l'animal. Il venait de se coucher face à moi. Mon Dieu, mon quota de ridicule allait exploser. Je pouvais presque deviner que le chien me trouvait stupide. Il aurait été le premier à savoir que Kiba était là. J'imaginais alors la situation si ça avait vraiment été le cas, moi recouverte de mousse dans mon bain m'écriant « coucou Kiba » Tellement stupide. D'un soupire je me laissai glisser sur les parois pour que tout mon corps et la moitié de mon visage soient dans l'eau. J'étais presque cachée, mais cela ne servit pas à faire déguerpir le chien. Je décidai de faire comme si il n'était pas là, m'allongeant dans la baignoire et tournant les yeux vers lui.
-Eh bien, tu seras le premier être de sexe masculin à me voir nue et formée.
Même si j'étais ridiculement formée.
-Si tu as l'occasion de voir Ino nue, tu verras qu'elle est beaucoup mieux foutue que moi.
Je délirais. Voilà que je parlais à ce chien. L'espace d'un instant j'imaginais un scénario dans lequel une mini caméra aurait été posée dans la houppette d'Akamaru. Noonn. Je fermais les yeux pour penser à autre chose que cette possibilité où même Ino nue devant un chien. Après tout je devais relativiser, ce n'était qu'un animal, peu importe s'il me voyait nue. Sans savoir trop pourquoi, et espérant intérieurement qu'il n'y ait pas de lien particulier, je me mis à réfléchir à Kiba et son ami Lee. Oui celui qui ne m'avait jamais rappelé. Peut être que Kiba savait pourquoi. Mais je ne pouvais pas lui demander puisqu'Ino n'était pas censée savoir. Tout cela était compliqué. C'est ce que je pensai en regardant une fois de plus le chien.
-Tu le connais toi, Lee ?
Arrête Sakura, t'es pathétique. L'animal ne bougea pas.
-Oui, tu as déjà dû le voir. Répondis-je à moi-même en regardant le plafond. Il est franchement pas très beau.
Ses gros sourcils et sa coupe au bol me revinrent à l'esprit.
-C'est une raison pour se permettre de ne jamais rappeler quelqu'un après qui on a couru ?
Voilà que le chien avait fermé les yeux. Même lui je l'ennuyais avec mes histoires. Je me fichais pas mal de ce garçon à qui je n'avais parlé brièvement que deux fois, mais je me sentais juste plus profondément rabaissée dans ma conviction de ne plaire à personne.
-Sinon, il y a bien ce garçon là, Sasuke.
Étrangement, le chien releva la tête en entendant le prénom.
-Lui par contre, c'est un canon. Un vrai de vrai, beau de chez beau.
Je me sentis rougir en repensant au visage de l'intéressé. Akamaru avait reposé sa tête sur le sol et me regardait.
-Je crois que c'est la première fois que quelqu'un me plaît vraiment...
Je n'arrivais pas à savoir si je me parlais à moi-même ou bien au chien. J'avais l'impression de faire le topo sur ma vie ridiculement vide. Mais contrairement aux fois où je me parlais toute seule -J'avais vite essayé de perdre cette habitude, m'étant à plusieurs reprises trouvée dans des situations gênantes.- parler à un chien donnait l'impression d'être écoutée. Et aussi de ne pas pouvoir être critiquée. Voilà peut être ce qui me manquait, je n'étais jamais à l'abri de quelques réflexions avec Ino. Je me mis à faire des formes avec mon doigt à la surface de l'eau.
-Je ne l'ai vu que deux fois. La dernière, il m'a dit « à bientôt » mais je ne l'ai jamais re-livré depuis.
Je poussai un soupire de désespoir. Les chiens par contre eux, ne pouvaient pas donner de conseil. Bien qu'il n'y avait pas de conseil à recevoir concernant une attirance à sens unique envers un garçon qui ne vous considère que comme une livreuse.
J'eus un frisson. L'eau s'était considérablement refroidie, il était l'heure de sortir. Je m'agitai dans la baignoire, ce qui fit réagir le chien. Il se rassit au moment où je comptais sortir discrètement pour ne pas subir ma nudité à travers des yeux. Il était assis comme si il attendait quelque chose. Je pouvais presque l'imaginer penser « c'est bon, je suis prêt à mater tu peux sortir ! » J'étais de nouveau gênée, mais je décidai d'agir avec rapidité et souplesse. Après m'être mise accroupie, je me relevai en forçant sur mes jambes d'un coup, ce qui eut pour effet de lancer une magnifique flaque aux pattes du chien. Mais il n'eut pas peur pour autant. Très vite j'agrippai le peignoir qui était accroché non loin de là, pour cacher mon corps tout aussi rapidement. Voilà, l'instant « honte d'être toute nue face à un chien » ne dura que quelques secondes.
Avec agilité je sortis du bain et fis en sorte que la baignoire se vide sans en mettre partout. J'épongeais le sol, fermai le peignoir et caressa le chien qui cette fois se montra réactif. Il aboya et couru vers la porte. Non, commence pas à aboyer ! Mon manque de réaction le calma aussitôt. Je n'étais pas du genre à me soumettre aux désirs d'un animal. Celui-ci en l'occurrence était juste malheureux d'être sans son maître. Et peut être parce qu'il a dû subir mes histoires.
Une dizaine de minutes après avoir allumé la télévision, j'étais changée. Je n'avais pas pu opter pour un pyjama puisque je savais que j'allais revoir Ino et son charmant copain. Si lui ne l'était pas plus que ça, son chien tendait à le devenir à mes yeux. Enfin, charmant, juste parce qu'il ne faisait pas de bruit. Il avait reprit sa place devant la porte, et alors que j'allais entamer le reste de la soirée à regarder des stupidités à la télé, il se déplaça mollement jusqu'à mon tapis, et même jusqu'à mes pieds. Je me demandais si on pouvait changer de maître, lorsqu'on était chien. Et lorsque je commençais à me poser des questions stupides, il fallait en général que j'arrête de réfléchir.
J'avais trouvé un film assez bateau à regarder, je m'étais endormie devant, et sûrement devant celui qui suivit puisque je me réveillai sur un générique de fin, et que mon horloge négligemment accrochée dans ma cuisine affichait une heure du matin. Je sursautai. Quoi, une heure du mat' ? J'étais jusque là affalée sur mon canapé dans une position inqualifiable, et lorsque je me penchai pour vérifier que le chien n'avait pas fugué, je me rendis compte qu'il avait gentiment continué d'attendre devant la porte. Il était particulièrement agité, sa queue remuant activement de droite à gauche et de gauche à droite, il tournait en rond devant la porte. C'était un signe, et alors que je faisais le lien dans mon cerveau endormi que chien = Kiba = Ino = je me suis bien faite avoir, comme si Akamaru avait vu juste, je vis la porte s'ouvrir tout doucement.
Un « wouf ! » fut suivit d'un « Chuuut Akamaru »
Oui oui, Ino essayait de rentrer discrètement en pensant justement que j'avais dû m'endormir. Elle était maligne jusqu'au bout. Bordel, elle va me le payer Je m'empressai de m'asseoir sur le canapé les bras croisés, comme si je n'avais pas dormi un seul instant et que je les attendais. Je clignais rapidement des yeux pour qu'ils soient bien ouverts, et alors qu'Ino passa la tête dans l'encadrement de la porte, son regard plongea dans le mien et elle laissa tomber sa tête en soupirant.
« Eh merde » souffla-t-elle.
Ça avait marché. Ils rentrèrent tous les deux, et après s'être platement excusés, qu'Ino m'ait dit qu'elle me raconterait tout, non sérieux je veux pas savoir, ils partirent, le chien content, m'ignorant comme si nous ne venions pas de partager des choses. Ok c'est moi qui avait tout partagé, dont ma nudité, avec cette pauvre bête, mais tout de même, il aurait pu s'attacher à moi, un peu.
J'étais allée me coucher aussitôt. Et autant dire que je n'avais pas réussi à me rendormir cette nuit-là, j'en avais définitivement voulu à Ino.
Plusieurs jours s'écoulèrent, l'échéance de la fin des vacances approchait. Il était 17h et j'étais à la caisse du combini, attendant des clients. Je n'avais pas répondu aux appels d'Ino, et elle n'avait pas cherché à me voir au combini. Je ne pouvais dégager de mon cœur l'amère sentiment lié au fait qu'elle se soit servie de moi pour sa soirée en amoureux. Et quelle soirée ça a dû être... Je m'étais repassée plusieurs fois les images du moment où les deux étaient revenus pour chercher le chien. Ino était complètement débraillée. Elle avait les cheveux détachés et ébouriffés, ses joues étaient roses et son rouge à lèvres avait généreusement débordé de sa bouche. Kiba lui, avait la chemise détachée en dessous de son manteau, au moins quatre boutons avaient été arrachés, ses cheveux naturellement ébouriffés étaient, alors que je n'imaginais pas ça possible, encore plus en bataille qu'avant. Sans parler de leurs affaires mal mises et de leur respiration plutôt rapide.
Je n'ai jamais voulu me mêler de la vie sexuelle de ma meilleure amie, mais ce soir là, j'avais reçu comme un coup de fouet l'évidence qu'elle était sexuellement active et qu'elle ne s'en cacherait plus. J'avais finalement trouvé une logique dans le fait qu'elle étalait toujours son bonheur, que le sexe faisait maintenant parti de son bonheur, donc qu'elle l'étalerait aussi. Cependant, le fait qu'ils aient sûrement fait ça sur mon palier ou non loin, profitant du dernier instant sans chien, ne me faisait pas rire. Je soupirai. Certains jours, j'avais l'impression que tout ce qui était important dans la vie de jeunes de mon âge me manquait. A savoir l'amour, le sexe, vivre au jour le jour et tout ce qui était lié à ces trois critères. Des fois, comme dans le cas de la jeune cliente venue chercher un test de grossesse, j'avais le sentiment que certains mélangés entre eux ne faisaient pas bon ménage, comme sexe et vivre au jour le jour.
Je lâchai un grognement.. Il fallait que j'arrête de réfléchir à de telles stupidités. Peut être que ma vie n'était pas palpitante comme celles de certains, mais qui dit que je n'étais pas le genre de personne à s'épanouir une fois qu'elle avait un travail, une situation stable ? Je secouais la tête. Putain Sakura tu parles comme une vieille ! J'eus une sueur froide en pensant que je ne profitais peut être tout simplement pas de ma vie. Et alors que j'étais dans un tourbillon de pensées négatives, Ichiraku débarqua de l'arrière boutique avec un sac en main. Sac qui sentait bon le plat tout juste cuit. Il avait une mine de déterré que je ne lui connaissais pas.
-Qu'est ce qu'il se passe ? Lui demandai-je.
-Oh... Soupira-t-il, les affaires vont mal.
Mon regard s'assombrit à son tour.
-A-ah ? Bafouillai-je
-Le concept des livraisons est passé dans d'autres combinis, beaucoup plus professionnels.
J'avais vaguement entendu parler de cette histoire par Ayame l'autre jour. Mais elle ne s'était pas attardée. Je me demandais pourquoi je n'avais dû que rester à la boutique sans faire de livraisons après ces derniers temps, ou faire seulement trois livraisons par jour. Pendant quelques secondes je me demandai si j'étais responsable puisque pas assez rentable dans mes livraisons. Et comme si il m'avait entendu, en me tendant la poche il annonça un « ce n'est pas de ta faute va.. Au moins, j'ai toujours le mérite de faire ma propre nourriture. Il faudrait que tu ailles livrer celle-ci, par ailleurs. » Il me faisait de la peine. J'avais toujours pensé qu'Ichiraku n'avait pas sa place à Tokyo, il était beaucoup trop artisanal, et travaillait à son rythme. Celui de Tokyo était effréné, impitoyable, une nouvelle idée était prise et reprise, tournée dans tous les sens jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à en tirer, qu'elle soit épuisée.
Je pris la poche pour l'ouvrir en voir ce qui dégageait cette odeur. Mon cœur fit un bon.
Des yakitoris.
Comme si c'était un message directement adressé à moi, je sentis une excitation glisser dans mon corps des pieds à la tête, une joie me prendre au diaphragme et une envie de courir sortie de nul part. Je saisi le papier avec l'adresse qui était à l'intérieur. Bingo. Aussi rapidement et sans pouvoir décrocher le sourire à mes lèvres, je demandai à Ichiraku si il fallait que j'aille livrer dès à présent. Il me répondis que oui, Ayame allait reprendre la boutique, et chérissant les yakitoris, je sortis immédiatement pour enjamber mon vélo et quitter la mini cour.
C'était Sasuke. Je ne sais pas d'où sortait cet engouement, comme si je m'étais empêchée d'être enjouée les deux dernières semaines et demi qui venaient de s'écouler. Comme si j'avais attendu ce moment depuis la dernière fois que je l'avais vu, et que si il n'avait jamais repassé commande, je m'apprêtais à être dans une continuelle attente morbide le reste de ma vie. Tu réfléchis trop, Sakura. J'avais enfilé une veste chaude, le froid de l'hiver toujours présent. Je pédalais à pleine allure, si bien que je faillis renverser un piéton. Je me retournais en continuant de rouler, si bien qu'une fois de plus, je failli entrer en choc, mais avec une voiture cette fois-ci. Je m'arrêtais sur le trottoir pour prendre une grande inspiration. Bon sang, ma vie était-elle si insignifiante que je prenais une banale livraison pour un rendez-vous ? Reprend-toi, reprend-toi ! Je secouais la tête, soupirant une dernière fois. J'étais finalement détendue. Ou plutôt, je venais de me rappeler qu'il ne connaissait même pas mon prénom et que c'était un garçon arrogant, vraiment beau, qui se croyait supérieur à tout le monde et qui surtout n'était jamais content de l'heure à laquelle je livrais. Même si c'était ma faute.
C'est donc tranquillement que je repris mon chemin, me battant contre mes propres palpitations cardiaques. Quelques minutes plus tard, après avoir noté que je connaissais désormais le chemin par cœur, j'arrivai à destination. Et mon cœur se ré-emballa. Je posai la main sur ma poitrine comme pour l'apaiser. Ça n'eut pas grand effet, et on aurait plus dit que je me touchais les seins sans raison. Je mis mon vélo sur béquille, pour me diriger calmement vers la sonnette. Après tout, j'étais en avance, mais seulement d'une dizaine de minutes.Je m'écartais après avoir sonné. Il ne se passa rien. Je ne décelai même pas un mouvement dans la maison, il ne semblait y avoir personne. Ce n'était que dix petites minutes d'avance, pas plus. Alors ouvre.
Après avoir vainement sonné une deuxième fois, je décidai d'attendre. Jusqu'à quand, je ne savais pas, mais je ne voulais pas être venue pour rien. Je ne voulais pas être venue sans le voir. Puis je fus prise de court par mon imagination. Et si c'était un des deux hommes bizarres qui arrivait ? Celui qui était une sorte de serviteur soumis aux lunettes, et son maître aux longs cheveux qui faisait frissonner rien que par sa pâleur, sa voix et ses yeux de serpent. Je ne voulais pas tomber sur l'un d'eux. Moi, je voulais juste revoir Sasuke. Je réfléchis aux possibles airs de parenté mais n'en trouva décidément aucun. Je ne voulais en voir aucun, non plus. Je l'aurais plus vu dans une famille normale, voir parfaite. Il n'y avait que des parents parfaits, du moins physiquement, pour mettre au monde un garçon à la plastique pareille. Je me mis à rougir en repensant à son visage, puis à son corps suant après l'effort. Je n'avais jamais trouvé un corps suant aussi attirant, il devait bien y avoir un problème quelque part, ce garçon était... Tout ce qu'il ne m'était jamais arrivé de désirer.
Je soupirais. C'était bien trop beau, d'imaginer qu'il puisse s'intéresser à moi. Moi la livreuse de yakitoris, qui devait d'ailleurs sentir comme ces derniers, qui était maladroite, sans formes particulières et qui avait à la rigueur, pour seul atout ses yeux. Je me mis à rire. Je me plaignais de mon corps plat, mais si j'avais eu celui d'Ino, je n'aurais pas su quoi en faire, ni même le mettre en valeur. Après tout-
Je sursautai, je venais d'entendre un gros bruit inattendu. C'était mon vélo qui était tombé, la béquille ne tenant plus vraiment. Je poussai un soupire de soulagement avant de me relever pour aller le remettre. La béquille ne tenait plus du tout, il fallait le faire tenir sur le muret. Je cherchais un endroit où le mettre, avant de choisir un coin de muret qui avait été envahi par le lierre. Ca donnait un petit coté sauvage à la maison, mais après avoir vu une partie du somptueux jardin, je ne trouvais pas ça négligé du tout. Je calai donc mon guidon entre quelques racines le lierre. Mais je réalisai bien vite que cet endroit n'était pas si anodin, lorsque je vis sur quelques feuilles apparaître une lettre. C'était un « i » Mon Dieu, il y avait là dessous la plaque de la maison avec le nom de famille. Je n'avais même pas fait attention à ce détail, mais les maisons japonaises en avaient toujours une. Piquée d'une incontrôlable curiosité à propos du garçon que je désirais, je repoussais avec difficulté le lierre de façon à voir le nom en entier.
« Uchiha »
Uchiha Sasuke. C'était son nom.
Je me mis à rougir. Sans raison, comme à chaque fois que ça le concernait. J'allai commencer à inventer une histoire derrière ce nom, avant d'être coupée dans mon élan par un bruit parasite. Des pas qui s'étaient arrêtés. Mon cœur s'emballa à toute vitesse et comme prise en train de faire une bêtise, je me relevai brusquement vers la personne. Deuxième vague de palpitation, c'était lui. Les mains dans les poches, le regard sombre et les sourcils froncés à leur maximum, il me toisait. Je fronçai le regard à mon tour, avant de me rendre compte que j'étais la personne en faute. Merde merde merde.
-J-je suis désolée je- Bafouilla-je maladroitement, mon vélo est tombé et-
-En avance, encore.
Ses pupilles n'avaient pas l'air de vouloir quitter les miennes. Cette manie de fixer les gens en était presque insolente, mais terriblement attirante. Je ne su pas quoi répondre à cette phrase. Je l'avais imaginé me reprocher ma curiosité déplacée, me virer de devant chez lui rapidement, ma haïr du regard (quoi que, c'était presque fait) mais pas me dire que j'étais en avance. De plus, je ne l'étais pas tant que ça. Mais il aurait été inutile de lui faire remarquer. Il avança lentement vers le portillon.
-V-vos yakitoris. Dis-je en tendant la poche.
-Pourquoi t'obstiner à me vouvoyer, on a le même âge.
Bam. Une froideur glaciale comme l'hiver. Comment pouvais-je le tutoyer alors qu'il déployait une telle présence ? Je fus tout de même heureuse. Le tutoyer signifiait que nous étions plus proches que lors de notre première rencontre. Ou alors que c'est juste ridicule vu qu'on a le même âge. Il ouvrit le petit portail pour passer derrière, et je l'attendis sagement. Je ne pouvais pas me montrer impolie dans tout. Arriver en bas des trois marches devant sa porte, il tâtonna ses poches de pantalon, les deux devant, puis celle sur l'arrière. Je me sentis rougir en restant trop longtemps fixée sur son postérieur. Il n'était pas désagréable après tout et- Bon sang Sakura arrête le massacre. Je tournai le regard au loin, les joues rosies.
Puis j'attendis. J'attendis d'entendre un bruit de trousseau de clé, de porte qui s'ouvre, peut être de porte qui se ferme, bref, tout, mais pas un grognement masculin, puis un profond soupire. La curiosité me piqua, puis lorsque mes yeux se posèrent sur lui, je fus stupéfaite de voir qu'il était particulièrement gêné, puisque apparemment les clés restaient introuvables. Je faillis échapper à rire, mais me concentra pour le garder coincer au fond de ma gorge. Ses gestes étaient teintés d'énervement. Il pris avec habilité son portable dans sa poche arrière de pantalon, ce qui me fit une fois de plus poser mon regard sur cette partie de son corps qui était décidément plutôt agréable à regarder. Regarde ailleurs avant qu'il ne te voit, idiote ! Au moment où il bascula son bassin légèrement sur son coté , je m'empressai de relever les yeux vers les siens. Il me regarda les sourcils froncés quelques secondes en attendant que la personne qu'il appelait réponde. Puis ses yeux s'attardèrent ailleurs lorsque sa voix résonna dans le calme du quartier.
-C'est moi. Je peux savoir pourquoi tu as fermé la porte en partant ?
Son ton était brutal, terriblement viril, même si je n'aurais pas aimé être à la place de la personne à qui il téléphonait. Il se tourna vers la porte comme si il ne voulait pas que j'entende sa conversation. Pour lui montrer que je n'en avais pas l'intention, je me mis aussi dos au petit portail, mais mes oreilles entendaient toujours.
-Tu viens une fois tous les mois et c'était ma clé, ça t'es pas venu à l'idée-
Il fut couper dans son élan. Avant de reprendre encore plus fort.
-Kabuto habite pas ici alors non je suis pas rentré avec lui !
J'essayais malgré moi de comprendre à qui il pouvait bien téléphoner. Le nom du serviteur aux cheveux gris et aux lunettes me fit réfléchir à la question, ce n'était pas avec lui qu'il parlait, donc, et comme si Sasuke allait me donner la réponse, je me retournai discrètement pour recommencer à l'observer.
-Tu te fiches de moi ? Je fais comment pour rentrer si tu reviens pas avant demain ?!
Il commença à s'agiter devant sa porte, à tourner en rond d'un pas agacé, le regard d'un garçon terriblement viril, mais en colère.
-Non je me calmerai pas, je suis à la porte de ma propre maison borde-
Il fut stoppé dans son élan une seconde fois.
-C'est ça.
Il raccrocha au nez de la personne. Ou du moins ça y ressemblait fortement. Sasuke laissa tomber son bras, serrant son téléphone comme si il allait l'écraser. Après avoir poussé un soupire, il tourna la tête vers moi, me regarda. J'eus un léger sursaut lorsque nos yeux se croisèrent, le noir des siens étant particulièrement troublant. Puis comme si de rien n'était il reprit son portable, et téléphona de nouveau, se retournant face à la porte une fois de plus. Cependant cette fois, la personne ne sembla pas vouloir décrocher. Voyant le temps d'attente s'allonger, j'imaginais la colère en lui s'agrandir et lui remonter à la gorge. Mais Sasuke semblait être une personne calme. Dieu ce que c'est sexy. Je commençais à avoir l'habitude de mes pensées déplacées à son égard. Si je ne connaissais rien de sa personnalité, je m'étais particulièrement bien habituée à son physique et ne m'en lassais pas. C'était ce que j'étais en train de penser lorsque mon regard se mit à suivre tous les mouvements de son corps. Je me demandai alors si, en connaissant plus sa personne, je m'apprêtais à rentrer dans la catégorie des filles susceptibles de tomber amoureuse. Je secouais la tête, c'était impossible. Au même moment, je compris que la personne qu'il essayait de joindre ne répondrait pas. Il allait laisser un message.
-Kabuto, c'est moi. Itachi a fermé la maison et est parti avec ma clé, il pensait que je rentrerais avec toi.
Il soupira en passant sa main dans ses cheveux, véritablement agacé.
-Je prends pas de cours ce soir mais dès que tu peux ramène ta clé, vite.
Il insista sur le dernier mot, ses yeux s'étant posés sur la poche de yakitoris que je tenais de mes deux mains. Le groupe de mots «cours ce soir » me fit dire que ce certain « Kabuto » était peut être un professeur. Ou le larbin de l'autre à la tête de serpent qui semblait être professeur d'un art martial japonais. Les choses commençaient à s'éclaircir dans mon cerveau. Sasuke raccrocha donc, une seconde fois, prenant une inspiration. C'est alors que tranquillement, les mains dans les poches, il descendit les quelques marches pour rejoindre le portillon, l'ouvrir, le fermer derrière lui et s'asseoir sur le petit muret de sa propre maison. Tout cela sous mes yeux qui avaient un mal fou à se détacher de lui. Il avait maintenant l'air de prendre son temps, je le vis fouiller dans sa poche et sortir ce qui avait l'air d'un porte-feuilles.
-Je te dois combien ?
-E-euh... 600 yens.
J'avais eu un mal fou à reprendre mon activité cérébrale normale. Je connaissais les prix par cœur, mais l'espace de quelques secondes face à cette présence si virile qu'il dégageait, je cru bien ne jamais m'en souvenir.
Il fouilla un instant dans son porte-feuilles noir, et je m'approchai discrètement pour qu'il n'aie pas à se relever. Je ne pu contenir une certaine tristesse de m'envahir. C'était allé beaucoup trop vite. Et si il ne recommandait plus jamais ? Je n'étais pas à l'abri de ne jamais le revoir, puisque si j'en mourrais d'envie, je pouvais aussi clairement affirmer qu'il n'en avait, lui, rien à faire. J'essayais de réfléchir activement à une façon qui pourrait me faire rester ici plus longtemps, mais ne trouvai décidément rien. Ça risquait de se finir ainsi, et j'allais retourner à ma vie morose, reprendre les cours et-
-Merde.
Je relevai les yeux vers lui, il baissa la tête et mit deux doigts à la base de son nez. Il semblait encore plus embêté qu'il ne l'était tout à l'heure.
-Je n'ai pas la monnaie, annonça-t-il en relevant les yeux.
Aussi rapidement que la tristesse avait noyé mon humeur, je sentis monter en moi une pulsion de joie. J'avais vite conclu qu'il devrait attendre ce « Kabuto » pour me payer, et donc que nous étions condamnés -pour lui- pour mon plus grand bonheur -pour moi- à rester attendre tous les deux. Il posa ses coudes sur ses genoux avant de rejoindre ses mains devant son visage, l'air concentré et contrarié. Je me rendis compte que j'étais stupidement plantée devant lui, à attendre, les mains prises par la poche que je ne quittais plus. Bordel, bouge, Sakura ! Tu n'auras pas cette occasion tous les jours ! Mon cœur battait à toute allure. Qu'est ce qu'il m'arrivait ? Pourquoi mon rythme cardiaque devenait incontrôlable à la simple pensée que je me retrouve seule avec le garçon qui me plaisait ? Un peu plus et j'allais me mettre à transpirer, en plein hiver. Je me repris mentalement en main. C'est maintenant ou jamais. Je lançais un coup d'œil à gauche du portillon, cette partie du muret où était inscrit et caché le nom « Uchiha ». Puis sans trop réfléchir j'allai m'asseoir aux cotés du garçon ténébreux, taisant mes palpitations.
Il n'eut pas de réaction. Cela semblait normal, peut être, que je ne reste pas à attendre debout qu'un homme vienne ouvrir la porte. Je sentais sa présence proche de moi, environ trente centimètres, ce qui était fortement déstabilisant au début, mais qui devint juste agréable au bout de quelques instants. Réalisant que la poche de yakitoris lui revenait, je lui tendis sous ses yeux d'un geste maladroit.
-Vous me paierez après, ce n'est pas un problème.
Il me lança un regard noir.
-E-euh, je veux dire, tu pourras me payer après..
Je toussotai de gêne en détournant les yeux. Je ne savais même pas si son regard noir était parce que je l'avais vouvoyé ou non. Je ne savais même pas si son regard était vraiment méchant, à vrai dire. C'était juste terriblement gênant. Ma main se libéra, il prit les yakitoris en se redressant. Le silence fut percé par le bruit de froissement de la poche, et l'odeur délectable se diffusa autour de nous. Mon regard fut attiré comme un aimant vers lui. Il fallait que je le regarde, en train de manger et voir sa réaction. Le voir tout court. Je me frappai mentalement, je devenais folle.
-J'espère qu'ils n'ont pas refroidis, c'est pour ça qu'il faudrait les manger maintenant.
Je tentai vainement de combler le silence. Je faisais aussi attention à ne pas utiliser de phrases où je devrais dire « tu », puisque je n'étais définitivement pas prête à cela. Sasuke prit une des petites brochettes , puis en la mettant sur le coté il fit glisser une boulette de la baguette pour qu'elle atterrisse dans sa bouche. Il fit ça avec une parfaite dextérité. Trop sexy. Il n'avait l'air gêné de rien. Ni par le silence, ni par notre proximité, ni par le fait que je l'observe fixement en train de manger. Je me sentis rougir en fixant les mouvements de sa forte mâchoire qui broyait les yakitoris. Sakura tu dis n'importe quoi bon sang. J'aurais pu rester là des heures. Mais j'étais frustrée du silence qu'il imposait.
-J'espère qu'ils sont bons ?
C'est pourquoi je décidai de le briser, en posant plus ou moins cette question. Il avala sa bouchée, et tourna la tête pour me regarder. Mon Dieu, mon Dieu, ne me regarde pas comme ça. Je devais être rouge pivoine. Son regard était tout ce qu'il y avait de plus normal, mais il était à seulement 30 centimètres du mien, et mes nerfs lâchaient d'un rien en sa présence. Puis, il eut un geste que je ne compris pas tout de suite. Il me tendis sa brochette.
Hein ? Quoi ?
Pourtant, il me la tendait bien. J'ouvris de grands yeux. Je devais faire quoi, là ? Mordre dedans?Alors qu'il venait de le faire juste avant moi ? Quoi ? Non ! Aaah !
-A toi de juger, répondit-il.
Mon cœur allait exploser. Ce qui était physiquement impossible, surtout si je m'en référais à mes cours de médecine, mais c'est pourtant le sentiment que j'avais et qui me prenait à la poitrine. Je trouvai un juste milieu, au lieu de mordre dedans comme l'aurait fait une petite copine par exemple, je pris la brochette. Et c'est là que nos doigts se frôlèrent. J'avais un trop plein d'émotion en si peu de temps. Sa main était chaude, la mienne devait être glacée en raison des sueurs froides que j'avais.
-Finis-la.
C'était sa deuxième phrase.
-Quoi ? Non, je ne peux pas, c'est-
-Je m'en fiche.
Il avait finit sa phrase en me regardant brièvement. Je ne cherchai pas à répondre quoi que ce soit.
Plusieurs minutes passèrent, il mangeait tranquillement ses yakitoris, pendant que je tournais la baguette en bois qui servait de brochette dans mes mains. J'avais finis de manger sa brochette, et j'avais trouvé ça bon, comme l'attestait le talent d'Ichiraku pour la nourriture.
Je cherchais maintenant quelque chose à dire, puisque « Kabuto » ne devrait plus tarder à arriver. Mais je ne trouvais pas. « Alors comme ça tu aimes les yakitoris ? », « Tu t'appelles Uchiha ? », « Tu fais du kendoka ? », « C'est qui Itachi ? », « Rassure-moi, le mec avec sa tête de serpent qui fait peur, c'est pas ton père ? », « Putain embrasse-moi ! ». Je secouais la tête discrètement pour me remettre les idées en place. Puis spontanément j'engageai une discussion qui n'aurait peut être ni queue ni tête.
-Je m'appelle Sakura !
Dis-je en penchant la tête sur le coté et en souriant, mes yeux dans les siens. Je m'étais habituée à sa présence, je me sentais plus à l'aise. Même si mon cœur battait à tout rompre et que mes joues restaient rosies. Il haussa légèrement les sourcils, ne s'attendant visiblement pas à ce que je me présente au bout de plus de dix minutes de notre troisième rencontre. En y repensant, c'était stupide. Cette pulsion de « je veux que tu te souviennes de moi et que tu veuilles me revoir » avait été stupide. Et je pu la regretter entièrement durent les quelques secondes qui la suivirent. Mon regard se décala vers mes pieds, mais je tâchai de garder mon sourire qui semblait plus crispé à présent. Qu'est ce que je viens de faire...
-Et moi Sasuke.
Ce n'était pas un raté finalement.
-Sasuke Uchiha ?
Mais ça allait le devenir. Eh merde. C'était la question gênante que j'avais mise dans ma liste de questions ou choses que j'aimerais dire mais qui étaient déplacées. Ma spontanéité venait de me planter un couteau en plein cœur. Il y eut un profond silence. Pas un silence « je réfléchis » mais un « je ne répondrai pas ». Il venait de me regarder avec des yeux noirs. Je passais désormais pour une fille indiscrète, génial. Il soupira. Je passais pour la fille indiscrète et agaçante. C'est à ce moment là que je voulu me rattraper, m'enlisant encore plus profondément dans la maladresse.
-Non euh, je veux dire, bafouillai-je, c'est ce que j'ai vu en posant mon vélo et, enfin, il était tombé donc je l'ai posé sur le muret et-
-Sasuke Uchiha, oui.
Il m'avait coupé en répondant à mon autre question. « Tais-toi » aurait été aussi valable. Je soupirai à mon tour, désespérée. Qu'est ce que je venais de faire ? Moi qui voulait gagner de précieux points, je venais juste d'en perdre, alors que je n'en avais peut être même pas. Un score négatif pour la livreuse de yakitoris indiscrète.
-Pardon, c'était déplacé. Soufflai-je à mes pieds.
Un nouveau silence.
-Pas tellement.
Quoi ? Je relevai les yeux vers lui, interloquée. Il regardait au loin, fixement, imperturbable.
-Tant que tu ne m'en demandes pas plus.
Comme pour accompagner sa réplique, une brise fraîche d'hiver passa entre nous. Ma poitrine se mit à me faire souffrir, plus que d'habitude. A cet instant, je lui trouvais plus que sa plastique de rêve. Il n'était pas simplement beau... Je n'arrivais pas à le quitter des yeux. J'étais obnubilée. Un sentiment aussi douloureux que puissant me prenait au diaphragme, et me poussais à vouloir tout savoir de lui. Je ne pouvais pas m'arrêter là.
-Je n'en demanderai pas plus, alors.
Mais je devais me tenir à respecter ce qu'il disait. Tant pis pour cette envie brûlante de le connaître. Il avait éveillé ma curiosité. Pourquoi ne fallait-il pas que j'en demande plus ? Était-ce à propos de sa famille ? Il se releva légèrement, pour prendre son portable dans sa poche arrière, ce qui amena une troisième fois mon regard sur son postérieur. Sauf que cette fois-ci, en relevant les yeux, je vis qu'il me regardait le regard presque froncé. A moins que ça ne soit son expression habituelle. Je penchais pour cette possibilité. Il devait s'impatienter. C'est pourquoi il tenta d'appeler une seconde fois, du moins c'est l'impression que ça dégagea, l'homme aux lunettes.
Cette fois-ci, ce dernier décrocha avec empressement.
-Tu aurais pu me rappeler.
Il avait mis son autre main dans sa poche et continuait de regarder au loin.
-A tout de suite.
Quelques secondes chrono, il avait fait vite. Après avoir remis son portable dans sa poche, il reprit sa position et toujours sans me regarder annonça :
-Il est en chemin.
-Ah... C'est bien.
Ma voix fut teintée d'une note de tristesse, et j'espérai qu'il ne l'ait pas entendu. Après tout, je ne voulais pas passer pour la livreuse dépressive, en plus de celle qui est maladroite et indiscrète.
-Comme ça tu auras l'argent pour repartir travailler.
J'eus un rire. Était-ce de la gentillesse de sa part ? Je regardai ma montre brièvement.
-J'ai bientôt fini ma journée, et on m'a remplacé au combini donc c'est bon.
Je cru entendre un « mh » sortir de sa bouche, ou de son nez, comme signe d'approbation. Il n'était définitivement pas du genre bavard. Mais je n'avais pas envie de dépasser la limite de l'indiscrétion pour pouvoir tenir une conversation. Je lui lançais un regard en coin. Même si j'en meurs d'envie, putain.
-Tu étudies à la faculté de Tokyo ?
Pourquoi j'ai demandé ça ? Il est évident que, même si je me fiche pas mal des gens que je croise à la fac, un garçon d'un telle beauté n'aurait pas pu passer inaperçu. Que ce soit par rapport à moi, ou encore aux autres filles. Je me frappai intérieurement. Il sera traumatisé par moi et mon indiscrétion, et ne recommandera plus jamais.
-Non.
Bam. Voilà, si c'était pour avoir une réponse pareille, j'aurais finalement mieux fait de savourer le silence qui était beaucoup plus agréable que cette atmosphère tendue. J'avais l'impression de l'agresser dans son intimité, avec des questions simples qui n'auraient pas posées problème pour d'autres personnes.
-Tu es du genre curieuse.
Une balle en pleine poitrine aurait peut être eu le même effet. Et en plus de ça, il m'avait privé de son regard, restant fixé sur les maisons en face. Il avait même tourné le regard dans le sens opposé au mien. Je me sentais rougir comme jamais, et aurait volontiers voulu m'enfuir, poursuivie par la honte. Je soupirai.
-Désolée... Je m'intéresse aux gens.
Mensonge.
J'avais failli rajouter « que j'apprécie » mais je n'en avais rien fait, et c'était tant mieux. Comment pouvais-je dire si je l'appréciais ou non ? Il n'avait presque pas ouvert la bouche depuis son arrivée. Même si le peu de mots qu'il avait dit, aussi insignifiants étaient-ils, m'avaient adsorbé et donné une terrible envie de l'embrasser. Je devenais sujette au bon vouloir de mes hormones, maintenant.
-Je pratique des arts martiaux à haut niveau.
C'était peut être sa plus longue phrase. Et peut être sa plus sexy. L'image de lui dans un habit traditionnel noir, ouvert sur son torse suant me revint à l'esprit. J'en eu un frisson de plaisir visuel. Il tourna la tête dans le sens opposé, encore une fois, et je pu observer sa nuque. Partie que je trouvais attirante chez un garçon. Ou peut être seulement chez lui. J'étais perdue.
-Je prends quelques cours à domicile, avec lui.
Comme il avait dit cette phrase le visage tourné, je ne savais pas où son regard allait. Je me penchais. Au loin je vis l'homme aux cheveux gris et lunettes arriver, le pas pressé. Les choses s'éclairaient peu à peu dans mon esprit. Si lui était un professeur à domicile puisque Sasuke ne pouvait pas prendre de cours réguliers à la fac, puisqu'il pratiquait un sport à haut niveau, alors l'autre homme aux yeux de serpent était peut être juste son professeur d'art martial ? En revanche, le garçon « Itachi » de tout à l'heure restait inconnu pour moi.
Sasuke se releva. Non, reste ici, avec moi ! Il ne m'écouta pas. Bien vite, Kabuto arriva à notre hauteur, je me relevai à mon tour.
-Je reconnais bien ton frère, là, dit-il.
Son frère ? Si je faisais un lien rapide entre pourquoi il était ici, et la seule personne dont je connaissais le prénom mais dont le lien avec Sasuke me restait inconnu, je pouvais conclure qu ' « Itachi » était son frère. Grand, petit ? Non, ça devait être son grand frère, il semblait pouvoir se déplacer facilement.
-Contente-toi d'ouvrir.
Sasuke avait retrouvé son ton coté glacial du peu de fois où je l'avais vu. Est ce que ça voulait dire qu'il avait été différent, plus doux avec moi ? Tu rêves, Sakura. L'homme aux lunettes soupira, d'un air de dire que le beau brun ténébreux ne respectait rien. Il nous dépassa, passa le portillon, suivit par Sasuke, et alla ouvrir la porte avec sa clé. Je restai à ma place, sage, à attendre l'homme de mes rêves revenir. La porte resta entre-ouverte, et je poussai à mon tour un soupire. Était-ce possible de s'attacher à un presque inconnu? Je n'avais plus envie de partir. Mais je réalisai que je n'avais plus le choix, lorsqu'il ressorti, l'argent en main. Arrivé devant moi, sans repasser le portillon, il me passa l'argent. Nos mains se touchèrent, plutôt longtemps, puisque les pièces faillirent tomber au sol. Son visage était froncé, agacé, était-ce ma faute ? J'espérais que non, et j'espérais encore plus le revoir.
-Merci pour l'argent, dis-je d'un souffle.
Il releva juste les yeux vers moi, comme pour me dire que c'était franchement inutile que je le remercie. Et il avait raison. Ses yeux étaient restés un peu trop longtemps dans les miens. Je sentie mon corps de raidir, et fondre à la fois. Je me sentais incapable et vide, si je repartais en sachant que je ne le reverrai pas, mais je me sentais aussi capable de n'importe quoi si j'avais la certitude de le revoir un jour, bientôt. Comme si mon destin se jouait à cet instant précis. Il se retourna, les mains dans les poches. Mon cœur s'accéléra, violemment, comme si je ne contrôlais plus rien. Mon visage me brûlait déjà, m'apprêtais-je vraiment à faire cela ?
-J-J'aimerais beaucoup te revoir !
Merde.
Il s'arrêta.
Merde merde merde.
Mes idées se mélangèrent, bientôt je ne serai plus capable de réfléchir. Il ne se retournait toujours pas, toujours de dos. Il devait me trouver stupide. Stupide stupide stupide, pourquoi t'as fait ça, Sakura ? Il fallait que je me rattrape.
-Enfin-, je veux dire, au combini, nous aimerions vous revoir au combini, les yakitoris y sont meilleurs ! M'essouflai-je.
Il avait tourné le buste à moitié vers moi au court de ma phrase, ce qui m'avait déstabilisé, et avait failli me faire stopper dans mon élan. Je fus stupéfaite, prise en pleine poitrine, lorsque je vis son visage après avoir fini ma phrase. Il souriait. Un sourire que j'aurais presque qualifié de moqueur. Je fus doublement plus gênée. Pourquoi ? Il ne me croyait pas ? Avais-je été aussi peu crédible ? Je baissais la tête, me sentant pathétique. Mais quand je sentis qu'il n'allait pas répondre, je relevai les yeux, plongeant dans les siens d'un saut périlleux. Mon cœur ne s'en remettrait pas cette fois, son regard était redevenu sérieux, peut être trop.
Le temps venait de s'arrêter.
Il se retourna, repartant.
-Peut être.
Et il ne me regarda plus. Il était parti. La porte se ferma derrière son dos, ses omoplates, sa nuque, ses cheveux ébènes. Le temps n'avançait plus, ma propre personne, associable, sans sentiments particuliers, ne pensant qu'à ses études, à la vie morose, sans palpitation. Ma propre personne, ici, devant le muret des « Uchiha » venait d'être bousculée par cet arrêt du temps.
J'étais amoureuse.
–-
Voilà pour ces 19 pages OpenOffice ! Si certains sont intéressés par la suite, il faudra des reviews ! Plus il y aura de reviews, plus la publication sera rapide ! Vous ne serez pas déçus, alors à vos claviers chers lecteurs que j'apprécie tant ! Vous ferez de moi une femme heureuse ! A bientôt pour la suite des aventures de Sakura. Bientôt (mais pas tout de suite) : l'arrivée de Naruto ;)
-Auk.
