Bonsoir à tous ! Voilà, j'ai eu plus de reviews que d'habitude, et surtout je suis en vacances donc je publie assez tôt. Chapitre un peu spécial comme vous le verrez avec le « où il est question » ! J'ai respecté la longueur normale, mais ce chapitre parle plus de Sakura elle-même et de sa relation aux autres (si on voit ça d'un point de vue philosophique ;) ). Aussi je me dépêche à publier rapido pour que vous soyez satisfaits plus vite !

(vu que je publie tout en vitesse je n'ai pas eu le temps de répondre aux quelques reviews mais je remercie au passage Akane, lou, EdelweissJ (à qui je répondrai puisqu'elle a un compte ) et bien sur Lilika à qui je ne suis plus sûre d'avoir répondu mais ça ne saurait tarder. Merci beaucoup pour vos reviews, elles m'ont fait avancer!)

Je ne vous en dis pas plus, bonne lecture à tous:)

Chapitre Quatre

Où il est question de l'anniversaire de Sakura.

Je regardai ma montre d'un air las, j'allais bientôt finir mes heures au combini. Je regardai par la porte le soleil se coucher. L'hiver avait doucement touché à sa fin quelques jours plus tôt, étrangement en accord avec le début du printemps, le 21 mars. Nous allions bientôt être au mois d'avril. Mais avant ce mois qui était un de mes préférés, il se passait quelque chose, un événement soi-disant particulier, qui n'était pas de mes événements préférés, surtout quand Ino me forçait à le fêter.

Nous étions le 27 mars, et demain serait le 28, autrement dit le jour de ma naissance. Je soupirai en regardant l'étalage de crayons de papiers colorés que nous venions d'installer. Quand j'étais petite, et même adolescente, j'adorais ce jour-là, puisque c'était mon jour. Puis petit à petit, alors que j'imaginais que rien ne pouvais m'arriver de mal ce jour là et que tout devait être exceptionnel, j'avais perdu le goût de prendre une année de plus. Mes parents m'appelaient puis m'envoyaient un chèque tous les ans, des fois avec une carte. Ichiraku me faisait un panier surprise avec divers produits que j'avais vu et revus, c'était sa façon à lui de me souhaiter mon anniversaire tout en écoulant les stocks non-vendus. Aussi j'avais droit à un bon repas le soir. Puis il y avait Ino, qui voyait les choses en grands, qui voulait écumer les bars et se faire voir en boîte de nuit.

J'eus un pincement au cœur. J'avais arrêté de compter les semaines, je savais juste que j'avais repris les cours depuis deux semaines, le même train-train quotidien, sans aucun changement dans ma vie. Aucun changement sans compter le fait que je ne parlais plus à Ino et que je ne pouvais plus m'enlever de la tête un beau brun arrogant. Le pincement au cœur avait été dû, cette fois, au fait qu'Ino me manquait.

Je remis mon dos droit lorsqu'une femme entra dans le combini, lui dis bonjour, et laissa mon esprit divaguer une nouvelle fois. Je ne sais pas par quelle force j'avais réussi à résister aux appels d'Ino, mais je l'avais fait. Je ne voulais plus me laisser marcher dessus. Elle m'avait notamment appelé trois fois de suites lorsque j'étais revenue de ma dernière livraison chez Sasuke. Peut être que ma force de source inconnue était née de cette dernière rencontre. Je secouais la tête. Tu repars, là, Sakura. La femme entrée tout à l'heure vint jusqu'à moi, des enveloppes et une boîte de chewing-gum goût fraise à la main. Elle paya et reparti. Je voulu me dire que c'était ma dernière cliente puisqu'il était déjà 21h45 et que je n'avais qu'une envie, celle d'aller me coucher. A cette pensée ma mâchoire s'étira longuement dans un bâillement. J'avais une chance, celle d'être en week-end ce soir. Demain, nous étions samedi et j'avais toute ma journée.

Je jetais un coup d'œil à mon portable, non loin de moi. Je n'avais aucun message. Le dernière d'Ino avait été vocal, le soir où j'avais refusé les trois appels, elle y disait la voix tremblante « Je crois que je commence à comprendre... Sakura, tu m'en veux ? Je suis désolée... »

J'avais écouté le message plusieurs fois et l'avais retenu contre me gré. Désormais, en pensant que notre amitié était peut être en train de s'éteindre, je ne pouvais m'empêcher de ressasser les souvenirs de notre rencontre et de notre longue histoire de meilleures amies. Si en arrivant à Tokyo, je me serais sentie désemparée sans elle, lorsque nous étions plus jeunes, c'était plutôt l'inverse. Ino avait souffert un nombre incalculable de fois de chagrins d'amour. Je l'avais sûrement vu pleurer plus de fois pour un garçon que je n'avais pleuré dans toute ma vie. Je regardai les gens passer dans la rue, le menton posé sur ma paume . Peut être était-ce parce que je n'avais jamais été amoureuse.

Mon cœur s'emballa à la pensée de Sasuke, et de toutes les parties de son corps sur lesquelles j'étais restée fixée trop longtemps. Je me sentis rougir, de toute son anatomie, son visage était clairement la partie la plus parfaite que j'avais pu voir de lui. Je me demandai alors quand je le reverrais. Encore faut-il savoir si tu le reverras un jour ! Son « peut-être » avait longtemps résonné dans mon cerveau, j'avais imaginé toutes les significations possibles.

Je laissai tomber ma tête en avant. C'était dans ce genre de moment que j'avais besoin de parler à une amie. Fichues émotions. Toujours la tête baissée, je sentie la masse de mes cheveux basculer vers le bas, suivant mon mouvement. Je vis mes pointes roses fourchues. Qu'est ce que c'est moche ! Une idée me vint à l'esprit. Je savais ce que j'allais aller faire demain, me faire couper les cheveux ! Ca c'est une idée brillante ! Mes cheveux s'arrêtaient environ à ma poitrine. Enfin, un coté était plus long que l'autre d'au moins deux centimètres, ils avaient poussés irrégulièrement. Ino trouvait ça négligé, mais moi, je m'en fichais, je les aimais longs. Elle m'avait d'ailleurs demandé si je cherchais à lui ressembler, un soir où elle avait bu. Je me souviens n'avoir pas su quoi répondre. Lui ressembler ? Je l'avais souvent trouvé plus belle et meilleure en tout, mais de là à vouloir lui ressembler..

Le bruit de fond de la porte du combini fut désagréable. Elle commence à grincer, merde, ça va vite devenir insupportable. Je décidai de regarder une dernière fois mes pointes fourchues avant de tourner la tête et saluer la ou le client, mais ce dernier fut plus rapide que moi.

-Sakura !

Hein ? Une fois de plus je mis un certain moment avant de comprendre qui se dressait devant moi.

-Lee ?

C'était Lee, le garçon à la coupe au bol, aux épais sourcils et au goût prononcé pour le vert. Mais qu'est ce qu'il faisait là? Je compris alors à ma réaction intérieur que j'avais nourris une rancune envers lui pour ne jamais m'avoir rappelé. Non pas qu'il m'intéressait, mais j'avais estimé que c'était la moindre des choses. Il s'approcha de moi.

-C'est fou ! Je ne savais pas que tu travaillais ici ! S'exclama-t-il dans un grand sourire.

Il avait avancé jusqu'à ma caisse, ses grands yeux ronds fixés dans les miens ne semblaient pas vouloir s'en décoller. Je me sentie gênée.

-Ah euh, eh bien, si.

Je me grattais la tête pour occuper ma main. Il avait comme quelque chose de différent de la dernière fois. Ce n'était pas physique. Eh merde, j'avais l'impression que je m'étais faite avoir au jeu du « se faire désirer » qui lui avait donné un air plus sûr de lui.

-Je suis déjà venu ici pourtant, et ce n'était pas toi !

Il avait dit sa phrase en tournant autour de lui et regardant les produits.

-Je ne peux pas y travailler 24/24, non plus.

Je ne savais pas si faire preuve de sarcasme était une bonne chose, mais je ne pu m'en empêcher. Il balança un « oui, c'est vrai ! » en rigolant, puis devint de nouveau sérieux et me re-fixa avec un sourire.

-Je ne pensais vraiment pas avoir la chance de te revoir !

Le coté « se faire désirer » qui lui donnait un semblant de confiance en lui s'effaça quand je compris qu'il espérait toujours quelque chose de moi. J'eus un rire faux, aux échos de gêne. Puis soudain, son visage se décomposa, et il laissa tomber sa tête comme je l'avais fait un peu plus tôt. Une aura sombre sembla l'entourer comme si le désespoir s'était abattu sur lui. Etait-ce possible de pouvoir exprimer ses émotions si fortement ?

-J'ai essayé de te recontacter le lendemain de notre rencontre.

Rapidement je me revis dans une tenue immonde, au café avec Ino il y a des semaines. Elle m'avait planté en beauté pour me laisser seule avec Lee. Je retrouvai un bout de l'amertume que j'avais envers elle, elle faisait comme bon lui semblait sans jamais penser à moi. Puis je haussai les sourcils de surprise, ce que disait Lee ne collait pas avec ma version. Je n'avais jamais eut ni appel, ni message de sa part. Mais je n'eus pas le temps de le dire qu'il continua.

-La première fois ça ne répondait pas, je me suis dit que tu ne voulais pas me revoir.

Ce qui n'est pas totalement faux.

-Puis j'ai rappelé une seconde fois, et là une grand mère a décroché.

Une grand-mère ? Les miennes étaient toutes les deux mortes lorsque j'étais jeune, ça n'avait de près ou de loin rien à voir avec moi. Il soupira.

-Au départ, j'ai cru que tu m'avais donné un faux numéro !

Ce qui était faux, cette fois-ci. Il releva les yeux vers moi et se mit à rire, comme bêtement.

-Puis en y réfléchissant, j'ai compris que c'était moi qui avait sûrement fait une erreur en recopiant le numéro ! Je m'étais dépêché de le prendre, ne voulant pas trop te déranger.

J'eus un pincement au cœur. C'était donc ça. Son air abattu m'avait fait de la peine et j'avais compris que toute l'amertume que j'avais eut envers lui pour m'avoir demandé mon numéro sans me rappeler était vaine, ce n'était pas vraiment de sa faute.

-Ah, lui répondis-je, oui ça doit être ça, car je n'ai jamais eut aucun appel.

Ses yeux se mirent à pétiller.

-Ouf, alors !

Il avait toujours cet air incroyablement honnête qui était souvent inexistant chez les autres. Je réussis à faire évanouir ma gêne pour presque être contente de l'avoir revu. Si son physique n'était pas de la partie, sa sincérité en faisait une personne intéressante. Ses yeux ne se détachaient plus des miens. Ma gêne revint.

-Euh, tu es venu pour acheter quelque chose, sinon ?

Il tapa son poing droit sur sa paume gauche, sa bouche en forme de O, comme si il avait totalement oublié. Cette mimique me fit rire, puis il sembla réfléchir. Mes yeux se décalèrent jusqu'à l'horloge non loin de là. Et je me vis espérer qu'il n'en ai plus pour longtemps, pour pouvoir remonter chez moi tranquillement. Sa tête bascula de nouveau.

-Je ne me souviens plus.

J'eus un nouveau rire. Il me faisait de la peine, mais était drôle.

-Ce n'est pas grave, tu reviendras un autre jour.

A la fin de ma phrase, son visage se releva, ses yeux plus rond qu'avant, et beaucoup plus pétillant.

Merde, merde merde.

J'ouvris de grands yeux à mon tour, réalisant que ce que je venais de dire ressemblait fortement à une invitation. Mais non ! Non non non ! Ce n'était pas ça du tout, il aurait fallu que je lui dise, mais ça serait de l'impolitesse. Un sourire se dessina sur son visage. Je me sentie rougir de honte. Eh merde.

-Ne te méprends pas, ce n'était pas une invitation du tout ! M'exclamais-je.

Qu'est ce que j'avais moi, à toujours me retrouver dans des situations gênantes ? Je m'attendais à ce qu'il refasse son mouvement de tête désespéré pour détendre l'atmosphère mais il n'en fit rien. Il eut même une moue triste mélangée à un sourire, qui me fit une peine atroce.

-J'imagine bien ne t'inquiète pas !

Ouf.

-Sakura ?

Je relevai la tête, comme si je venais d'effectuer un garde-à-vous. L'espace de quelques secondes je me demandai si la prononciation de mon prénom était pour le coté solennel ou pour le coté « ça touche les gens de les appeler par leurs prénoms »

-Est ce que je peux t'inviter à manger quelque chose un soir ?

Quoi ?

C'était la première fois qu'un garçon m'invitait à faire quelque chose. Je ne pu empêcher mon coté superficielle de me dire que j'aurais préféré que ça soit un garçon plus séduisant qui le fasse. Puis après deux baffes à la moi intérieure superficielle, je ne pu m'empêcher de penser que de toute évidence, j'aurais été mille fois plus heureuse d'entendre ces mots de la bouche de Sasuke. Chose qui n'arriverait jamais. Mon cœur se serra. Pourquoi est ce que je pensais à cet arrogant ? Pourquoi dans ce genre de situation ?

-Oui, d'accord.

Comme une sorte de doigts d'honneur à ce sentiment amoureux que j'avais développé pour Sasuke, j'acceptai l'invitation de Lee. C'était le plus stupide pied de nez que j'avais pu me faire à moi-même. Je n'étais décidément pas seule dans ma tête, certaines fois. Mais je venais de faire un heureux. Je vis qu'il tâcha de se contenir, mais son sourire débordait largement sur ses joues. Il brandit son pouce en avant, ce geste qui m'avait fait tant rire la dernière fois me fit juste sourire ce soir. Il avait un coté attachant. Mais ce n'est pas Sasuke. Mais il a un coté attachant.

Il s'approcha de la caisse, prit un papier sur le bloc note non loin de là et griffonna quelque chose. Une fois qu'il eut fini, je distinguai son numéro de téléphone.

-Voilà ! J'espère que tu m'enverras tes coordonnées bientôt.

Je fus prise d'une peur étrange, celle que mon deuxième moi, celui qui ne veut que Sasuke, m'empêche d'envoyer un message à Lee, que « j'oublie » ou que je recule. Cette peur engendra mon geste.

-Tu ne veux pas que je t'appelle maintenant pour que tu aies mon numéro ? Ca sera plus simple.

Sans trop comprendre il acquiesça. Je vis son visage s'éclaircir lorsque nos portable furent connectés, puis après m'avoir dit au revoir il quitta le lieu, sans rien n'avoir acheté, mais heureux. Je soupirai avant d'aller dans l'arrière boutique appeler Ayame pour qu'elle prenne ma relève, ce qu'elle s'empressa de faire. Après avoir pris des nouilles à réchauffer dans la boutique, je montai dans mon appartement, les mis dans le micro-ondes, le démarrai, et allai m'affaler dans mon canapé.

Bon sang. En regardant la blancheur de mon plafond, je repensai à Ino. Et ce qu'elle avait dû vivre en tant que fille constamment amoureuse. Je ne savais pas si j'étais amoureuse de cet arrogant Sasuke. Mais Ino m'avait toujours dit qu'être amoureuse c'est avant tout vouloir être avec la personne tout le temps. Et je me trouvais dans ce désir inutilement sans fin. Je me tournais sur le coté, ma table basse était plus intéressante. En repensant à ce Sasuke, je me sentis commencer à fulminer.

« Peut être. »

Quel culot ! Cet idiot avait très bien compris où j'avais voulu en venir, qui plus est.

-Raah !

Je me plaquais un oreiller sur le visage en entendant le four micro-ondes sonner. Qu'est ce qui m'a pris de m'intéresser à un type comme lui ! L'arrogance même ! Quoi de plus ennuyant qu'un garçon beau qui a conscience d'être beau ? Mais il l'est vraiment, quand même..

Je me relevai rapidement, m'infligeant la tête qui tourne, avant d'aller sortir mes nouilles cuites pour les manger devant la télé qui n'avait ce soir pas grand intérêt.

Demain serait mon anniversaire. Je n'avais pas envie. D'un coté j'étais contente que Lee ne le sache pas, il en aurait fait une tonne alors que nous nous connaissons à peine. Qu'allait faire Ino ? Chaque année, elle se sentait aussi obligée d'en faire trop parce qu'elle craignait que je ne me sente trop seule, loin de mes parents. Ce qui n'était pas particulièrement vrai puisque lorsque j'étais près de mes parents, je me sentais tout aussi seule.

Après une petite demi heure de programme abrutissant j'allai mollement jusqu'à mon lit. Demain était censé être ma journée. Et m'endormant doucement, je ne pu me retenir d'imaginer qu'elle serait parfaite si seulement je revoyais Sasuke.

Je me réveillai vers dix heures du matin. Un peu plus tôt à six heures trente, mon réveil m'avait sorti de mes rêves brutalement puisque j'avais stupidement oublié de l'enlever pour le début du week-end. Et ce genre de détail n'indiquait pas une très bonne journée. D'un soupire je me levai, traînant des pieds jusqu'à la minuscule salle de bain, à exactement trois pas de ma chambre. Une journée dynamique, non pas que j'aimais particulièrement qu'elles le soient, se devait de commencer par une douche, pour sortir mes esprits du sommeil. En sortant de la douche, serviette autour de moi, je me vis dans le miroir et repensa aussitôt au fait qu'il fallait que j'aille me faire couper les cheveux. Ils m'étaient devenus, particulièrement en l'espace d'une nuit, insupportables.

Comme pour rentrer parfaitement dans mon pseudo planning, on sonna à l'entrée. Je troquai la serviette pour une peignoir. Le temps d'arriver jusqu'à la porte, j'avais fait plusieurs suppositions Ca pourrait sûrement être Ayame qui venait me donner le magnifique et presque inutile panier des produits invendus pour mon anniversaire, ou peut être serait-ce Ino. Je ne saurais d'ailleurs pas quoi faire si c'était Ino.

J'ouvris, les cheveux roses aux pointes fourchues dégoulinants, gouttant sur mes pieds, -sensation désagréable- et les joues rougies par une douche un peu trop brûlante.

Mauvaise pioche.

C'était le facteur. Un minable facteur, en dessous de toutes mes espérances. Et en plus de ça, il resta bloqué sur mon peignoir pas assez fermé sur ma poitrine. Pourtant j'ai pas celle d'Ino alors arrête de reluquer ! Je me grattai la gorge en tachant de me rhabiller pour ne plus attirer son regard.

-Euh, oui, bonjour, j'ai un colis pour vous, signez ici s'il vous plaît.

Un colis ?

Je m'empressai de signer, intégrant l'idée que le paquet qu'il avait sous le bras était pour moi.

-Merci ! Voilà.

Il me tendit le colis avec un sourire. Sourire qui n'était ni amical, ni hypocrite, ni mauvais. Quoi que si, un peu, c'était un sourire dragueur. Je refermai la porte derrière lui, m'appuyant sur cette dernière. Mon Dieu un facteur venait de me faire un sourire dragueur. Cette journée commençait définitivement mal. Je m'attardai sur l'expéditeur, et me sentis pâlir.

« Fleuristes Yamanaka. »

J'imagine que j'avais eu à moitié bon alors, puisque c'était d'Ino. Et j'étais sûre que ce n'était pas des fleurs. Je posai le paquet sur le table basse. Avais-je vraiment envie de l'ouvrir maintenant ? Je ne savais même pas si j'avais envie de pardonner à Ino. Je retournai dans la salle de bain pour me sécher les cheveux, puis dans ma chambre pour m'habiller. Je choisi un pantalon noir, il était particulièrement moulant mais je me sentais bizarrement bien dedans. Ino m'avait dit de nombreuses fois qu'il me faisait « des fesses d'enfer ». Je n'avais plus osé le remettre. Pour ne pas faire provocatrice, le haut était beaucoup plus sobre, je choisis une tunique grise, et pour éviter son décolleté je mis un léger tee-shirt blanc à fines bretelles en dessous, qu'on ne distinguait qu'en triangle sur ma poitrine. Je me regardais dans la glace. « Le parfait look de coincée » m'aurait balancé Ino. Je soupirai. Elle n'aurait pas eut tord, puisque si ce pantalon me faisait un beau postérieur, il était caché par la tunique. Tant pis, Sakura ! Ça ne sert à rien de vouloir plaire.

Je quittai ma chambre, mais m'arrêtai un instant, imaginant que je croisais Sasuke aujourd'hui. Pas trop attirante, cette tenue. Je ne lui taperai sûrement pas dans l'oeil. Même si c'était déjà foutu et que je ne le croiserai pas aujourd'hui. Et merde ! Si je me mettais à penser à faire des choses par rapport à certaines conditions, je ne m'en sortirais jamais. Je m'assis sur mon canapé, face à ce paquet. C'était comme si j'étais face à Ino à cet instant même. Je ne devais et ne pouvais reculer, il fallait que je l'ouvre.

Qu'est ce que ça allait être? Elle ne m'avait jamais fait de cadeau de la sorte.

Sans plus attendre je tirai, -arrachai- le scotch sur le carton et doucement ouvris le colis. D'abord je ne vis rien, c'était des couches de papier pour protéger. Puis je vis quelque chose de vert. C'était un tissu. Non, c'est quand même pas.. Je pris le cadeau complètement en mains. C'était un pull. Un pull vert, un vert spécial, pas très commun, mais joli. Pourquoi un pull ? Une feuille tomba à mes pieds, c'était une lettre.

« J'ai toujours pensé que tu ne te mettais pas assez en valeur ! J'ai tout de suite pensé à toi en le voyant, il ira parfaitement avec tes yeux. J'espère qu'on pourra se voir aujourd'hui.

Je t'embrasse

Ino.

PS : Pardonne-moi, encore une fois. Et joyeux anniversaire ma Sakura. »

Non. Il ne fallait pas qu'une larme vienne perler au coin de mon œil. Ça aurait été inutile de pleurer. Même si ce petit mot était adorable et que, bon sang, Ino me manquait terriblement. Je poussai un lourd soupire. J'étais tiraillée entre l'envie de lui sauter au cou pour la remercier, et de l'étrangler pour toutes les fois où elle s'était servie de moi. Mais elle ne m'avait pas oublié. Une meilleure amie n'oublie pas sa meilleure amie, pas à son anniversaire.

Je m'attardai plus longuement sur la coupe du pull, il avait l'air plutôt normal, peut être un peu large au niveau des épaule, mais ne semblait pas avoir de décolleté en V ou U plongeant. Mais il fallait que je me méfie, ça restait Ino, et ça restait une envie de me mettre en valeur. Soudain je tiquai, la couleur de ce pull était la même que celle de mes yeux. Et voir la couleur de mes yeux si largement étalé sur un pull me donna un sentiment bizarre.

Il fallait que je l'essaye.

Rapidement je retournai dans ma chambre, ayant enlevé et laissé par terre ma tunique et mon tee-shirt, j'enfilai le pull pour me regarder mon reflet dans la glace de mon armoire.

Oh putain.

Je déglutis.

Putain, putain putain.

Je m'étais très largement trompée sur la possible neutralité de ce pull. Ce dernier était tout SAUF non provoquant. Mes épaules étaient complètement dénudées, et j'avais beau essayé de remonter le tissu, il retombait toujours. Quant au décolleté, il n'était certes pas très prononcé mais finissait en une légère pointe au niveau de mes seins. Je n'avais, autrement dit, pas intérêt à me baisser en le portant.

Non, non. Je ne le porterai pas. Ma nuque et une partie de mes omoplates étaient visibles, bref, outre ma poitrine le haut de mon corps était presque entièrement dénudé. Je me sentis rougir. Porter un tel vêtement avec ce pantalon, qui pouvait librement exposer mon postérieur, c'était un invitation direct à toute la gente masculine. « Hey ! Regardez ! »

Je m'essayai sur mon lit pour me prendre la tête entre les mains. Je n'arrivais tout de même pas à trouver à ce haut d'autres points négatifs, c'était presque la première fois que je trouvais qu'un pull m'allait bien. Allez, Sakura ! Si je porte une veste par dessus, personne ne fera attention. Je me relevai et me regardai une dernière fois. Si je croisais Sasuke habillée ainsi.. Oh, et puis tant pis.

Il fallait maintenant que j'aille chez le coiffeur. C'était urgent. Après avoir fait un bref rangement dans mon appartement, je pris une veste noire, l'enfilai, pris mon sac et sortis. C'était parti. Je sortais pour ma journée d'anniversaire . Je n'étais pas encore dans la rue que j'avais déjà la manie de regarder partout autour de moi. Non pas comme si je m'attendais à ce qu'on me saute dessus, mais plutôt pour éviter les gens que je connaissais. Même si le nombre des personne que je connaissais se résumait à... Peu. La première personne que je croiserais serait sûrement Ichiraku. Après, peut être Ayame. Je ne croiserais sûrement pas Lee aujourd'hui. Faites que non. Ce n'était pas la journée. Aussi j'espérais qu'il attendrait demain pour m'inviter à sortir. Même si j'aurais préféré qu'il ne se sente pas obligé de le faire tout court.

J'arrivai dans la boutique. Ayame la tenait, je m'étais trompée, c'était ma deuxième supposition qui s'avérait fausse en cette matinée, c'était maintenant sûr cette journée ne serait pas la mienne. Autant dire que je ne verrai pas Sasuke non plus. Je soupirai discrètement, avant de croiser la mine enjouée de ma collègue.

-Ah ! Bonjour Sakura, joyeux anniversaire !

Souris, Sakura, force toi à sourire.

-Aahah, merci Ayame ! Répondis-je en me grattant la tête.

-Tu sors ?

Son sourire était aimable, joyeux, sincère. Le mien était hypocrite, forcé et faux. J'étais contente qu'elle me le souhaite, mais pas au point de sourire jusqu'aux oreilles comme je venais de le faire.

-Oui, je vais chez le coiffeur ce matin.

J'accompagnai ma phrase d'un geste de la main pour toucher mes pointes abîmées. Elle tapa ses mains l'une contre l'autre, toujours enjouée, avant de s'exclamer :

-Oh c'est super, ça va te rafraîchir !

J'eus mon deuxième sourire forcé de la journée. Comment dois-je le prendre au juste ?

-Papa ! S'exclama-t-elle, Sakura est là !

Je secouai ma main en lui chuchotant un « non, non, ne le dérange pas » mais il était trop tard, Ichiraku débarqua aussitôt d'une façon un peu empotée, un torchon sur l'épaule et une odeur de ramen sur lui.

-Joyeux anniversaire Sakura !

Il reparti aussitôt. Bah ? C'était court. Comme par effet de surprise il réapparu tout aussi vite, un panier dans la main avec un petit nœud rose accroché à l'anse. J'eus un petit rire. Le fameux panier. Je m'étais amusée en prenant ma douche à imaginer ce qu'il y aurait cette année. Du savon ? Des sucreries ? Des tickets à gratter ? Des chocolats ? Des crayons multicolores, un bloc-note ? Tu es mauvaise, Sakura. Avec un sincère sourire, cette fois, je pris le panier. Il était recouvert d'un tissu pour cacher le contenu.

-Merci beaucoup à vous ! M'exclamai-je. Mais est ce que je peux ouvrir après, je dois sortir maintenant.

-Mais bien sûr, Sakura !

Je m'abaissai légèrement en signe de remerciement avant de sortir du combini, laissant mon propriétaire et ma collègue tous sourires derrière moi. Ichiraku me lança un « Profite bien de tes vingt-deux ans ! »

Et ce fut la phrase en trop.

Vingt-deux ans. J'étais née depuis vingt-deux longues années. J'eus un frisson en m'élançant dans les rues bondées de Tokyo. Je crois que j'avais commencé à ne plus aimer mon anniversaire depuis mon arrivée à Tokyo. J'étais ici depuis trois années, et les jours se ressemblant tous plus les uns que les autres, ma vie étant d'un monotone, je ne la voyais même plus défiler sous mes yeux. Elle m'échappait. Je ne contrôlais plus rien.

Un homme me bouscula d'un coup d'épaule. Il était pressé, ne s'arrêta pas et ne s'excusa pas. Quoi de plus normal ici ? Je soupirai. J'avais vingt-deux ans. C'était beaucoup. Je me revoyais encore dix ans plus jeune comme si c'était hier. Et ma vie n'avait pas évolué. Enfin si, depuis mes douze ans, elle avait évoluée, mais pas depuis mon arrivée à Tokyo. Je m'ennuyais dans mon quotidien et surtout dans mes études, puisque mon truc à moi, c'était surtout la pratique. Je n'avais rencontré personne et, surtout, j'étais encore vierge, à vingt-deux ans putain. Je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils à cette pensée, aussi superficielle soit-elle. Ino l'avait fait à ses dix-sept ans. Certaines fois, je me demandai ce que je pouvais bien faire de ma jeunesse. Et voilà que tu te remets à parler comme une vieille. Souvent je m'étais imaginée travailler aux urgences d'un grand hôpital de Tokyo, rencontrer un médecin aimable, beau, gentil, aux mêmes ambitions que moi pour son travail, il serait mon premier homme, peut être mon dernier et certainement mon seul. Mais je me voyais heureuse et c'était tout ce qui m'importait. Seulement mes études ne s'arrêteraient que dans trois ans et je ne pouvais pas me laisser pourrir lentement dans mon quotidien morne jusqu'à ce que je travaille vraiment.

Et puis il y avait Sasuke.

Je secouais la tête.

Je marchai à un rythme normal. Ce qui, dans Tokyo, valait une marche lente en comparaison au rythme de la plupart des habitants. Je savais où j'allai aller me faire couper les cheveux, et j'étais presque arrivée. Je croisai brièvement mon reflet dans une vitrine, et me confortai dans cette idée d'aller chez le coiffeur. Mes cheveux était informes, j'avais dû les couper une seule fois depuis mon arrivée et ils avaient arrêtés de pousser comme si ils étaient fatigués eux-même de la vitesse à laquelle les choses allaient.

J'arrivai à bon port, les choses s'accélérèrent. Un homme me prit en charge, un homme qui n'échappai pas au cliché des coiffeurs efféminés. Mais lui au moins s'éclatait dans son travail, ce qui me conforta une fois de plus. J'avais hésité à lui demander conseil pour ma coupe, mais en croisant une dernière fois mon reflet dans le miroir, ces cheveux sans forme, je décidai d'agir sur un coup de tête.

-Alors, on fait juste les pointes ? Répéta-t-il.

-Non, on coupe jusqu'au dessus des épaules.

Il eut un sourire en me regardant dans la glace.

-Très bon choix.

Et tout se déroula très vite. Il prit soin de mon cuir chevelu, complimenta la couleur de mes cheveux qui allait parfaitement avec mes yeux, et en affinant la coupe, il glissa même que ce pull m'allait à ravir, était classe et sensuel. Compliment qui me fit rougir. J'avais trouvé une deuxième Ino. Lorsque nous étions jeunes, nous nous étions fait un concours de celle qui aurait les cheveux les plus longs. J'avais gardé cette hantise de les couper depuis. C'était la première fois que je m'apprêtais à les avoir aussi courts.

-Eeeet voilà !

Après un rapide coup de sèche cheveux, je pu voir le résultat. Je fus perplexe au départ. Comment se juger soi-même ?

-Ca vous va à ra-vir, souffla-t-il.

-Ah, eh bien, merci, répondis-je.

Je ne savais pas si il complimentait son propre travail ou non, mais en me regardant une dernière fois, j'arrivai à être satisfaite. J'avais retrouvé du volume, mes cheveux brillaient et les pointes revivaient. Après avoir payé et reçu quelques conseils de sa part, je pu partir.

Le soleil avait fait son apparition. Mais je n'enlèverais pas ma veste pour autant. Surtout en pleine rue. Me faire couper les cheveux m'avait apporté une certaine bonne humeur, qui m'était rare, surtout le jour de mon anniversaire. En repassant devant la même vitrine dans laquelle je m'étais regardée plus tôt, je fus surprise de me trouver... Jolie. Je me plaisais. Et le choc fut tel que je ne pus retenir un rire. Je venais de me sourire à moi-même. A travers la vitrine, les gens me regardaient.

Eh merde.

Rougissante, je repris ma route. Les rues étaient pleines. C'était incroyable, un peu de soleil + samedi était égal à un afflux monstre de personnes. Nous étions même obligés de nous coller entre nous pour nous croiser quelques fois. Heureusement que la rue que je pratiquais et dans laquelle se situait le combini était piétonne. Je me serais mal vue serrée comme une sardine sur un trottoir avec des inconnus, à attendre le feu verre pour traverser par cinquantaine les gigantesques passages piétons. Je soupirai. Peut être que Tokyo n'était pas faite pas moi. Où que je n'étais pas faite pour Tokyo. Sur cette pensée, je n'étais plus qu'à deux pas du combini. Je me demandai si Ayame et Ichiraku trouveraient ma coupe joli. Et l'espace de quelques secondes j'oubliai même m'être disputée avec Ino, imaginant si elle me complimenterait où non. Je failli louper l'entrée du combini, tellement il y avait du monde. Un bruit plutôt infernal, mais je réussi à voir de loin l'entrée que je connaissais tant. Les gens passaient et me coupaient devant à toute allure, semblant être en mode « accéléré » couper devant eux pour atteindre le combini revenait presque à couper en plein milieu d'une autoroute. A coups sûrs, je me ferais bouler.

Je m'arrêtai donc un instant. Entre des tas de personnes avançant vite, je repérai en fronçant les sourcils une tête blonde qui ne bougeait pas, devant mon entrée. Il serait sûrement l'obstacle final pour que je me retrouve enfin au calme. Je réussis à m'approcher un peu plus avant que, de nouveau, des gens me coupent devant.

Puis mon cœur s'arrêta de battre, d'un coup net et franc.

-Eeeh, Sasuke ! Ici c'est écrit qu'ils font des ramens, sous tes yeux en plus ! Viens, on y va !

Sasuke.

Sasuke était là.

Sasuke, ce Sasuke là, le jour de mon anniversaire, devant le combini où je travaillais. Mon rythme cardiaque était beaucoup trop violent, insupportable, comme si l'organe s'apprêtait à sortir, bondir de ma poitrine. Je tentai de poser mon esprit quelques secondes pour observer la scène. Un garçon de sa taille, blond, celui qui était devant l'entrée s'agitait en tirant Sasuke par le bras. Il voulait visiblement des ramens. Il bougeait trop, c'en était agaçant, je ne voyais plus bien l'autre bel arrogant. L'idée qu'ils puissent rentrer dans le combini et que j'y rentrerais après, l'idée que je puisse croiser Sasuke dans un autre cadre, le mien, me glaça le sang. Mon cœur ne voulait pas se calmer. Comme si tout se faisait silencieusement autour de moi, j'observais avec attention la réaction de la personne qui m'intéressait.

Et je le vis, de dos, s'approcher en râlant et regarder à travers la porte vitrée. Cette porte donnait une vision directe sur la caisse, je le savais, c'était mon passe-temps favoris que de regarder à travers l'agitation de Tokyo. Je me projetai à la place d'Ayame, et pour la première fois de ma vie j'aurais tout donné pour me retrouver derrière cette caisse, croiser son regard derrière la porte, et peut être le voir rentrer.

Je me mordis la lèvre et espérant sa réaction. Entre, entre. Les passants qui marchaient à toute allure se faisaient comme parasites, j'étais agacée. Bon sang, entre ! Écoute ton imbécile d'ami ! Comme si le temps était mit au ralenti quelques instants, je le vis légèrement se pencher et regarder discrètement à travers la porte. Presque aussitôt il se releva et se tourna dos au blond, qui avait l'air d'attendre autant que moi sa réponse.

-Non. Allons ailleurs.

Non. Il avait dit non. Cet abruti dans toute son arrogance avait dit non, il savait que je travaillais ici, que les yakitoris y étaient bons, il s'est penché pour regarder au moment où je n'y étais pas et a décidé de ne pas y aller, comme ça, arbitrairement et-

J'entendis seulement mon rythme cardiaque résonner dans mes tempes lorsque l'espace de quelques secondes, une hypothèse étrange se forma dans mon esprit.

-Oh alleeeeez, Sasuke !

Ce garçon blond disait tout haut ce que j'espérais silencieusement.

-J'ai dis non.

Il a re-dit non ! L'idiot ! J'eus un élan d'énervement. Ce garçon était l'impertinence même ! Je rêve ! Sans comprendre mon geste, je décidai de me diriger vers eux rapidement. C'était une pulsion de la même sorte que celle qui m'avait poussée à dire à Sasuke que je voulais le revoir, la dernière fois que je l'ai vu. Et son « non, allons ailleurs » était aussi violent que son « peut-être ». Cette fois-ci, je n'allais pas me laisser avoir à mon ramollissement dû à ces sentiment incontrôlables et-

Je n'eus pas le temps de penser à ce que je pourrais bien lui dire en étant face à lui que je me fis violemment bousculer en tombai au sol.

-Bordel ! Vous pouvez pas faire attention !

Cette situation rentrait dans le top trois des situations les plus gênante, et prenait généreusement la première place. Je venais de m'étaler par terre, non loin de Sasuke, et je venais pour une des première fois laisser aller ma vulgarité que je gardais d'habitude bien cachée. L'homme qui m'avait bousculé, et j'en étais sûre, ne marchait pourtant pas rapidement. Je l'avais catégorisé dans le rythme de marche « molle » en imaginant que j'aurais le temps de passer devant lui. Sauf que bien sûr, je n'avais pas pris en compte le fait qu'il était en train de lire un livre en marchant. Putain c'est quoi son problème, personne ne lit en marchant, encore moins à Tokyo !

Il se pencha à mon niveau en me tenant le poignet -comme si il avait essayé de m'empêcher de tomber, alors que pas du tout- Il portait un masque blanc qui cachait sa bouche, comme beaucoup de gens à Tokyo qui veulent éviter la pollution, il avait sûrement coiffé ses cheveux gris avec un pétard et portait et un bandeau bleu marine / noir qui recouvrait son œil gauche. Je regrettai soudain mes paroles. Un borgne ? J'eus de la peine pour lui en imaginant qu'il n'avait sûrement pas fait exprès de me bousculer si il ne voyait presque rien. Eh merde, je me mis à rougir fortement au moment où il m'aida à me relever, et où je remis en place mon pull sous ma veste.

-Désolé, je ne pouvais pas calculer que vous alliez me couper devant.

Comme je n'avais pas calculé que tu ne me verrais pas parce que tu lisais.

-C-c'est rien.

Sa façon subtile de glisser un reproche dans son excuse me fit penser que c'était peut être un homme intelligent. Il faisait bien une tête de plus que moi, et à peine avait-il finit sa phrase qu'il se remit à sa lecture, un livre orange à la main qui était.. « Icha icha paradise », un livre de pervers. Mon Dieu. Je voulu vite me débarrasser de cette situation gênante et je partis derrière lui, tête presque baissée vers le combini.

-Ooh, c'est Kakashi-sensei !

La voix du blond d'i peine une minute me rappela à l'ordre. Sasuke était là. Mais je ne comptais plus aller le voir pour lui exposer ma colère ou encore pire ma frustration de ne pas l'avoir revu plus tôt. Je ne pus m'empêcher de relever la tête lorsque son ami blond avait crié cette phrase. Ce dernier faisait de grands gestes, et à coté de lui, le regard de Sasuke croisa le mien. Où plutôt, le mien plongea dans le sien. Et pour la première fois sur son visage je pus lire l'étonnement. Il avait très légèrement haussé les sourcils, expression inconnue mais qui le rendait irrésistiblement mignon, et j'avais même distingué sa bouche si attirante s'entrouvrir un tout petit peu. Il ne s'attendait pas à me voir là, pour une fois, c'était moi qui le surprenais. Mais cet instant fut beaucoup trop rapide, puisque prise de court par ma gêne je baissai la tête un peu plus, avant d'accélérer le pas et rentrer dans le combini.

J'étais passée toute proche de lui sans me retourner.

Une vraie gamine.

-Wah Sakura ! Cette coupe te va vraiment super bien ! S'exclama Ayame.

-M-merci, je monte, à plus tard.

Sans me retourner un seul instant je pris la direction de mon appartement, et c'est seulement devant la porte de ce dernier que je pus reprendre ma respiration. Elle s'était coupée depuis que j'avais croisé les yeux sombres de Sasuke. Réaction idiote. J'étais une véritable idiote. Le jour de mon anniversaire, en plus. Je frappai un coup sur ma porte, comme si cela allait me soulager.

-Eh merde !

Je respirai à toute allure. Bon sang que je pouvais haïr ce sentiment ! Mes membres s'étaient mis à trembler, mon cœur à battre encore plus vite, quelle idiote je faisais, et lui, quel idiot ! Pourquoi fallait-il que ça me tombe dessus ? J'en venais presque à regretter mon quotidien morne où mes sentiments n'étaient mêlés à la vie de personne, et surtout pas à celle d'un garçon arrogant comme ce Sasuke. Je pris une profonde inspiration en posant ma paume sur mon front. C'est stupide. Pourquoi tu t'énerves ? C'est toi qui a fuis !

Sujette à une autre pulsion, je décidai de redescendre, mes pieds avalant les marches de l'escalier à toute allure. Etait-il encore là ? J'arrivai en trombe dans le combini, mes yeux directement dirigés vers la porte. Plus de Sasuke. Plus de regard, plus de chance de lui reparler.

-Ça va bien, Sakura ?

Je me retournai vers Ayame qui venait de me poser cette question, l'air inquiète. J'eus un rire bête en me grattant la tête.

-Aah, oui oui, j'avais une envie pressante !

-Ah, d'accord. Répondit-elle dans un sourire.

Je poussai un soupire de soulagement. Soulagée de quoi ? Je ne savais pas très bien. Je passai ma main dans ma nuque pour me détendre et fut surprise du contact direct entre la peau de mon cou et ma paume. On pouvait vite oublié qu'on s'était coupé les cheveux. Ayame était toujours en train de me regarder en souriant. L'air de dire « ça te va vraiment bien ! » Ou alors c'était de l'hypocrisie. Puis je vis mon panier à coté de la caisse. Il m'attendait toujours, deuxième cadeau de la journée. Je m'en approchai, intriguée.

-Oh ! Maintenant que j'y pense, continua Ayame, tu as reçu une enveloppe de tes parents.

-Merci Ayame.

Je récupérai l'enveloppe d'une main tandis que l'autre s'occupait à bientôt ouvrir le panier. Je la lirai plus tard.

-Papa, papa ! Sakura ouvre ses cadeaux !

Je lançai un regard à ma collègue, une seconde fois pour lui faire comprendre qu'il fallait qu'elle arrête de déranger son père à tout bout de champs sans réel prétexte. Cela n'empêcha pas Ichiraku d'arriver une deuxième fois de la deuxième salle où il faisait yakitoris, ramens et autres bonne nourriture à manger sur place ou à emporter.

-Oh quelle jolie coupe !

-M-merci ! Répondis-je, rouge. Mais ne vous dérangez pas pour moi.

-Ne t'en fais pas, il n'y a pas de clients.

Ses yeux plissés ne me disaient pas si il était déçu ou non. Je ne pus m'empêcher de penser que l'ami blond à l'air un peu idiot de Sasuke et Sasuke lui-même auraient actuellement pu être des clients. Je soupirai intérieurement en commençant à ouvrir le panier. Qu'est ce que ça pouvait être gênant, d'ouvrir un cadeau et de se sentir presque obligée d'exagérer la réaction lorsqu'on est devant ceux qui l'ont offert.

-Bon, eh bien j'ouvre ! M'exclamai-je.

Et j'ouvris. Voilà la troisième chose sur laquelle j'avais tord aujourd'hui : ces cadeaux étaient loin d'être pathétiques, et ne venaient pas non plus de la boutique. Je sentis ma mâchoire s'ouvrir sous le poids de l'étonnement.

-Oui, nous avons voulu marquer le coup ! Annonça Ichiraku.

Dans le panier se trouvait non seulement un parfum, mais aussi une petite boîte à bijou que j'osais à peine prendre dans mes mains.

-Vas-y, ouvre !

Ayame était impatiente et scrutait ma réaction. J'ouvris tout doucement, et j'eus le souffle coupé de voir un pendentif en pierre précieuse verte.

-C-c'est... Bafouillai-je

-De l'émeraude ! Comme tes yeux.

Je relevai ces derniers vers Ichiraku et Ayame. J'étais quasiment au bord des larmes. Si mes parents n'étaient plus près de moi, j'étais maintenant sûre que je pouvais considérer ces deux comme des membres à part entière de ma famille. Je n'étais plus entièrement seule. Et ce sentiment se confirma lorsque je vis leurs expressions sincères de joie en voyant ma propre expression.

-Il ne fallait pas.. Chuchotai-je.

Je m'avançai vers eux et comme ils n'étaient pas loin l'un de l'autre, j'en pris un chacun d'un bras pour les remercier.

-Merci beaucoup !

Je m'écartai pour scruter le bijou de plus près. C'était une boule d'émeraude parfaitement ronde. Le mot juste aurait été une perle d'émeraude. Je décidai de la mettre sur le champs, ce qui ne fut pas compliqué avec mes cheveux coupés qui ne me génèrent pas dans ma nuque.

-Alors ? Dis-je après avoir mis le collier.

Ayame tapa ses deux mains l'une contre l'autre en lançant un « par-fait ! Surtout avec ton pull ! »

Je les remerciai une dernière fois, profitant de petits miroirs à vendre pour me regarder brièvement. Cette journée n'était peut être pas si mauvaise, après tout.

Je restai un long moment avec Ayame à la caisse, pour parler et profiter de cette bonne humeur qui flottait dans l'air. Ichiraku nous avait préparé des ramens pour le repas du midi, on les mangea tous les trois tranquillement. C'était l'occasion de penser que l'ami blond de Sasuke -étonnant d'ailleurs vu son caractère qu'il ait un ami- aurait aimé les ramens d'Ichiraku. C'étaient les meilleurs, et je n'étais pas une amatrice de ces soupes. Quelques pensées furtives vers le regard étonné de Sasuke me traversèrent encore quelques fois la journée. Mais je réussi à contrôler mon esprit pour pas qu'il n'aille trop vers cet arrogant qui faisait douloureusement battre mon cœur.

Je dû remonter dans mon appartement l'après-midi pour travailler mes cours. Je passai environ deux heures dessus, une heure sur des exercices, une autre heure à regarder et m'assoupir devant la télévision. En me réveillant, il était déjà dix-huit heures et je me rendis compte que j'avais monté l'enveloppe d'anniversaire que mes parents m'avaient envoyé mais je ne l'avais pas ouverte. Quelle cruche. D'un bâillement j'allai la récupérer, me rasseoir sur le canapé pour l'ouvrir. Il y avait comme un poids, ce n'était pas un simple chèque. Des pièces ? Non. J'eus un rire, puis je laissa glisser l'objet de l'intérieur de l'enveloppe jusque dans le creux de ma main. J'ouvris de grands yeux. Encore une fois j'avais été surprise par mon entourage. Voilà que dans ma paume se trouvait un bracelet en argent. En regardant plus près, c'était des pétales de fleurs de cerisier qui pendaient joliment. Décidément, j'avais de quoi être émue en cette journée d'anniversaire. Mes parents m'avaient laissé un mot, avec comme PS : « Des pétales d'argent pour notre fleure Sakura, donne nous de tes nouvelles et n'oublie pas de bien ranger ton appartement. »

Cette dernière phrase m'arracha un rire. Je voyais mal mes parents se laisser aller à la poésie, mais je me retrouvai particulièrement touchée par ce cadeau et par cette journée d'anniversaire. Alors que j'essayais d'accrocher le bracelet tant bien que mal, mon portable sonna et me fit sursauter par la même occasion. Merde ! C'est pas le moment ! J'oubliais le bracelet un instant pour aller décrocher en vitesse ?

-Allô ?

-Sakura ? C'est moi..

C'était Ino. J'eus un pincement au cœur. Je n'avais pas encore réfléchis à ce que je voulais comme tournure pour notre amitié.

-Ah ?

-Avant que tu dises quoi que ce soit, me coupa-t-elle, je tiens à m'excuser de vive voix !

Elle soupira, son souffle était tremblant, et c'était peut être la seule preuve dont j'avais besoin pour comprendre qu'elle se sentait véritablement concernée et qu'elle ne cherchait pas seulement à passer au dessus de ça en se débarrassant du problème.

-Je t'écoute, répondis-je.

Mais je tenais tout de même à faire durer la chose, ça aurait été trop facile si elle comprenait maintenant que je lui avais déjà pardonné.

-J'ai vraiment été conne, hein ?

Elle eut un rire nerveux.

-Je pensais qu'avec Kiba, ma vie prenait le tournant que j'attendais depuis si longtemps, soupira-t-elle. Mais je savourais tellement ce bonheur que je n'ai pensé qu'à moi.

Et c'était vrai. Elle avait au moins mit le doigt sur le véritable problème. Il suffisait juste qu'elle parle du problème du baby-sitting du chien pour avoir tout bien cerné.

-Le coup du chien l'autre soir, c'était le pompon non ?

Un autre rire nerveux. Je connaissais Ino par cœur, lorsqu'elle tournait ses phrases à l'interrogative avec sa voix chevrotante et ses rires sonnant faux, c'était sa meilleure façon de s'excuser. Elle était mise à nue et se sentait dépourvue de toute sa confiance. Je faillis rire devant son ton trop sérieux, mais me retint pour la laisser continuer.

-Saki... C'était la première fois que tu me faisais vraiment la tête et...

J'avais presque l'impression qu'elle allait se mettre à pleurer. Je choisis ce moment pour la couper.

-Ca va aller Ino, ma colère est passée.

-C-c'est vrai ? S'exclama-t-elle.

-Oui, oui.

Je me mis à rire, ce qui me soulageai, cette conversation devenait trop sérieuse.

-Oh Sakuraa ! J'ai eu si peur de te perdre !

J'entendais son sourire à travers sa voix.

-Ca fait tellement longtemps qu'on ne s'est pas vues, enchaîna-t-elle, on a pleins de trucs à se raconter !

-Ca, c'est vrai.

Je ne lui avais toujours pas parlé de Sasuke. Je pensais trop à lui pour ne pas lui en parler.

-Mon cadeau t'a plu ? Me demanda-t-elle, enjouée. Je suis sûre qu'il te va à ravir.

-Oui, je le porte, là. On m'a fait des compliments.

-Waah, je te l'avais dis Saki !

-C'est gentil, merci.

Même si je l'avais seulement au téléphone, je me sentis rougir de tous ces compliments.

-Quand est ce qu'on peut se voir Sakura ?

Elle avait retrouvé sa voix de fille enjouée et heureuse, c'était ce qui importait. Elle rajouta un « N'importe quand, Kiba passera au second plan ! » Et si Kiba passait au second plan, c'était un sacré progrès.

-Je ne sais pas trop, on verra, bientôt ? Je dois voir Lee aussi.

-Wah ah oui ! Ce mec aux gros sourcils ? Kiba ne l'a pas vu depuis longtemps, mais même si il est moche il est gentil, apparemment !

Et elle recommençait même à refaire de longues phrases pleine de détails superficiels comme elle avait l'habitude.

-Moui, répondis-je. Il ne m'intéresse qu'amicalement.

Elle rit.

-Pourquoi, as-tu quelqu'un d'autre en vue ?

Sa phrase était totalement ironique puisqu'elle savait que je repoussais toute forme de masculin et que je n'étais pas intéressée par une relation. Cependant, malgré toute l'ironie qu'elle portait, je ne réussis pas à répondre. Le visage de Sasuke m'avait glacé. Il y eut donc un long silence.

-Oh merde.. Sakura ?

-O-oui.

J'entortillai une de mes courte mèche autour de mon doigt, nerveusement.

-OH MON DIEU !

Cette réaction était à la hauteur d'Ino.

-Qui, qui, qui ?!

Je frappai ma paume contre mon front.

-Tu ne le connais pas puisque je l'ai rencontré lors d'une livraison.

-Oooh Sakura ! Dis-moi tout !

-Non, non, pas par téléphone, je te raconterai quand on se reverra !

-Mais, râla-t-elle, je ne peux pas attendre !

Je me mis à rire. J'avais retrouvé ma meilleure amie. Cependant, je ne voulais vraiment pas que cette conversation s'éternise. Si j'avais eu la force de lui faire la tête pendant si longtemps, je n'aurais pas la force de ne pas lui raconter au téléphone. Et il ne fallait pas que je le fasse. Je devais trouver mes mots, cadrer mes propres sentiments avant de me jeter à l'eau et en parler à la première personne extérieure à ma double personnalité. Putain.

-Tu pourras attendre ! Je dois y aller, maintenant. On se tient au courant.

-Nonn Sakura !

-A bientôt, Ino !

Je l'entendis pousser un petit cri et rigoler juste avant de raccrocher. Je venais presque de lui raccrocher au nez, comme dans les séries américaines. Je poussai un lourd soupire. La solution la plus simple avec Ino serait encore de la laisser me poser un tas de questions auxquelles je répondrais par « Oui » ou par « Non ». elle serait capable de faire un portrait robot avec ce genre de choses. Je rigolai. Il était tard, je devais véritablement aller me coucher. Cette fois, cette journée était finie pour de bon.

En traînant des pieds comme en m'étant levée ce matin, je me dirigeais vers ma chambre après avoir éteins la télé et fermé mes classeurs de révisions. Je m'affalai sur mon lit. Enlevai mollement mon pull et mon pantalon, détachai mon collier et m'allongeai dans mon lit, au calme, pour me refaire calmement le film de ma journée. Je poussai un soupire de bien-être, j'étais exceptionnellement heureuse. Comme une véritable enfant je revoyais tout ce que j'avais eu et de la part de quelles personnes. ma nouvelle coiffure , mes parents, Ino, Ichiraku, Ayame, le regard de Sasuke...Peut être que ma 22ème année ne serait pas comme les autres, finalement.

–-

Voilà voilà ! Chapitre fini ! Et posté à une allure phénoménale ! Comme vous l'aurez vu, puisque c'est un chapitre un peu spécial, il y a une petite apparition de Naruto ! Brève, autant que celle de Sasuke. J'espère que ça ne vous aura pas trop déçu ? Qu'il n'y ait pas de grand passage sur Sasuke. Ce chapitre comme dit plus haut est surtout sur Sakura (après tout, c'était sa journée!) Mais attendez de voir ce qui vous attend au prochain chapitre ! Ce que vous ne saurez seulement si vous postez des reviews :) Pensez à la joie que ces dernières me procurent ! S'il vous plaît ! (Allez j'arrête de supplier ;) ) Vous avez vu aussi que Kakashi a fait sa petite apparition, bref j'ai tout manigancé pour que cet anniversaire soit spécial, ce chapitre aussi!j'ai glissé quelques clins d'oeil à la véritable histoire, tout ça tout ça. Je m'arrête donc ici, on se retrouve au prochain chapitre après des méga tonnes de reviews (même un bout de phrase ! Ca sera toujours ça ! -Ok là je fais désespérée! Je ne le suis pas vraiment, je suis dans un état similaire à celui dans lequel je suis quand je reçois une review : hystérique ! Aucune raison d'avoir pitié ;)-) Bref en espérant sincèrement que ça vous ai plu. C'est le but ! A bientôt pour la suite :)

Auk.